Contador peut réussir son chef d’oeuvre l’an prochain…

 

pistoleroQuel est le meilleur coureur cycliste actuel ? S’il est difficile de faire un choix pour les classiques d’un jour, où personne ne domine réellement comme Philippe Gilbert en 2011, en revanche dans les courses à étapes le meilleur reste incontestablement Alberto Contador, lequel a retrouvé en 2014 une suprématie perdue en 2013, après son horrible période entre 2011 et 2012, où il fut privé de Tour de France et où l’UCI lui a supprimé ses victoires acquises sur la route en 2011, suite à son contrôle anormal sur le Tour 2010 pour des doses ridicules de produit interdit (clembutérol) qui, en aucun cas, ne pouvaient l’avoir aidé à améliorer ses performances.

En tout cas, tout le monde se réjouit de la décision affirmée et assumée du Pistolero de tenter le doublé Giro-Tour, au moment où ses rivaux (Froome, Nibali, Quintana, Rodriguez, Valverde) misent tout ou presque sur une victoire dans le Tour de France, avec pour Froome une tentative de doublé Tour-Vuelta, inédit depuis le changement de date du Tour d’Espagne. Et en parlant de Froome, on souhaite tous que le coureur britannique soit au top au moment du Tour, comme Contador, pour avoir de nouveau droit au duel que nous n’avons eu l’an passé que dans le Dauphiné et la Vuelta.

N’oublions que ce sport comme beaucoup d’autres n’atteint sa dimension supérieure qu’à travers les duels qu’il engendre. Dans les années 40, nous avons connu la lutte pour le pouvoir entre Coppi et Bartali, deux des plus grands champions de tous les temps. Ensuite au début des années 50, ce fut Coppi contre Koblet. Dans les années 60, il y eut le duel Anquetil-Poulidor, faute d’avoir eu droit  à la rivalité entre Anquetil et Rivière qui aurait été autrement plus dure, si ce dernier n’avait vu sa carrière brisée à l’âge de 24 ans. Puis à la fin des années 60 et au début des années 70, ce fut l’époque où Merckx gagnait tout ou presque malgré des rivaux  de la classe de Gimondi ou Luis Ocana, ce dernier étant le seul capable dans ses grands jours de battre à la régulière « le Cannibale », comme Koblet fut le seul à pouvoir se hisser au niveau de Coppi vingt ans auparavant. Ensuite vint l’ère Hinault, mais comme à l’époque d’Anquetil et Merckx, ses challengers (Fignon, Moser, Saronni) ne pouvaient que l’inquiéter épisodiquement dans ses grandes années. Puis vint l’ère Indurain avec comme contradicteur  principal Rominger, sans que celui-ci puisse s’élever au niveau de son rival. Enfin arriva la domination d’Armstrong dans le Tour de France, lui aussi parfois menacé mais jamais battu par Ullrich ou Basso.

Est-ce que le duel Contador-Froome ressemblera au duel Coppi-Bartali, avec de grandes victoires pour l’un et l’autre, même si au final l’un (Coppi)  était au dessus de l’autre (Bartali), ou bien est-ce que ce sera comme le duel entre Anquetil et Poulidor ou Armstrong et Ullrich, avec la victoire dans la quasi-totalité des cas des premiers nommés ? Là est  toute l’interrogation des amateurs de vélo après la Vuelta 2014, où Contador avait réussi sa « résurrection » un peu mieux que Froome, après leurs chutes dans le Tour de France, même si le sentiment de tous les vrais amateurs de vélo, ceux qui voient les choses objectivement sans être déformés par le prisme du dopage ou le pur et imbécile chauvinisme, reste que le Pistolero est sans doute un tout petit cran au-dessus du Kényan blanc.

Si j’ose cette affirmation, c’est parce qu’il ne faut surtout pas avoir sa vision déformée par le spectacle du Contador 2013…qui n’était pas le vrai Contador, pour de multiples raisons, à commencer par le fait qu’il venait de vivre deux années terribles, malgré une victoire laborieuse dans la Vuelta 2012, comme je l’ai rappelé auparavant. Ce Contador 2013 n’avait en effet rien à voir avec celui du Tour 2009 ou du Giro 2011, qu’il avait outrageusement dominé. En fait ce Contador version 2013 n’était guère meilleur que celui de 2010, où il faillit être battu dans le Tour par Andy Schleck, loin de valoir Froome, très supérieur au Luxembourgeois contre-la-montre et aussi meilleur en montagne avec ses démarrages supersoniques…auxquels semble s’habituer Contador, comme on a pu le constater cette saison au Dauphiné et à la Vuelta, étant le seul à pouvoir y répondre et même à contrer un peu plus haut.

Et pour revenir au Tour 2010, si le crack espagnol l’a finalement emporté sur la route, c’est uniquement sur l’expérience, en leurrant à plusieurs reprises son rival Andy Schleck, aujourd’hui jeune retraité, comme Anquetil l’avait fait avec Poulidor en 1964, notamment au Puy-de-Dôme, sans oublier son équipe qui, précisément, lui avait permis de bluffer en menant grand train en montagne, comme si elle préparait une attaque de son leader. Ce fut tout particulièrement le cas dans la montée de Morzine-Avoriaz, alors que Contador était dans un mauvais jour. D’ailleurs Contador avait fini ce Tour très fatigué, signe que la condition physique n’était pas vraiment au niveau espéré…et que le clembutérol ne l’avait pas du tout aidé.

Mais pourquoi ce retour en arrière ? Tout simplement parce que je voudrais dire deux mots sur la possibilité ou l’impossibilité de réaliser de nos jours le doublé Giro-Tour, le dernier en date étant l’œuvre de Pantani au siècle précédent (1998). Il est vrai que depuis cette date, Contador n’a pas pu tenter ce pari, sauf en 2011 où il avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En 2008, en effet, Contador fut privé de Tour de France parce que son équipe d’alors, Astana, était dans l’œil du cyclone pour des contrôles antidopage positifs de Vinokourov et Kashhechkin. A ce propos, compte tenu des derniers éléments sur le thème du dopage concernant cette même équipe, à présent dirigée par Vinokourov et dans laquelle figure Nibali, le vainqueur du Tour cette année, il est intéressant de noter que cinq cas positifs de dopage lourd dans la galaxie Astana, ne l’auront pas privée de sa licence World Tour. On comprend pourquoi l’ancien président de l’UCI, Pat Mac Quaid, a pu   dire qu’il y avait sans doute eu une forme d’injustice à l’égard de Contador en 2010-2011, injustice qui a fait le bonheur des contempteurs du cyclisme, et de nombre de forumers sur les sites de sport, aussi ignares que malveillants.

Fermons la parenthèse, pour revenir à cette année 2011 où Contador ne put réellement défendre ses chances dans le Tour avec l’intégralité de ses moyens, d’abord en raison de deux chutes pendant l’épreuve qui l’handicapèrent au niveau du genou, et ensuite parce que le Pistolero, tout grand qu’il est, quelle que soit sa force de caractère, sa confiance en lui, ne pouvait pas ne pas penser que, même vainqueur, sa victoire lui serait retirée. D’ailleurs tout le monde savait bien que Contador serait suspendu à ce moment-là, le désir de l’UCI et plus encore de l’AMA étant d’abord de faire un exemple. Et quel meilleur exemple, même pour des quantités de produit ridiculement faibles, indécelables dans la quasi-totalité des laboratoires du monde entier, quel meilleur exemple dis-je que condamner Contador, le meilleur cycliste de la planète, quitte à donner ses trophées à des coureurs précédemment confrontés au dopage…alors que Contador était autorisé à disputer ces épreuves.

Tout cela pour dire que je reste persuadé que le doublé Giro-Tour reste du domaine du possible encore aujourd’hui, malgré des contrôles de plus en plus fréquents et de plus en plus sophistiqués. Cela étant, s’il y a aujourd’hui un coureur capable de le réaliser c’est Contador, à condition de ne pas avoir de problème de santé ou de n’être pas confronté aux chutes inhérentes aux grandes épreuves à étapes les premiers jours. En 2014, s’il en avait eu le dessein et sans la malchance, Contador pouvait réaliser ce fameux doublé, car c’était le plus fort. Il aurait aussi pu le faire en 2011, sans les problèmes multiples auxquels il a été confronté, dont j’ai déjà parlé. Il suffit de voir comment il a terminé le Tour 2011, avec une attaque suicidaire lors de la dernière étape de montagne à 95 kilomètres de l’arrivée, n’étant rejoint qu’à quelques encablures de l’arrivée, plus sa troisième place contre-la-montre le lendemain, veille de l’arrivée, à 53s de Tony Martin sur la distance de 42.5 km, pour s’apercevoir qu’il aurait pu gagner ce Tour et faire le doublé, après un Tour d’Italie, dont certains ont dit que c’était le plus dur depuis des décennies.

Voilà pourquoi je pense que le Pistolero peut réussir ce doublé, et je ne suis pas le seul à le penser. Certes la concurrence est très sévère, et elle l’est d’autant plus que ses principaux rivaux vont faire l’impasse sur le Giro pour arriver à leur maximum sur le Tour de France, mais ce n’est pas une raison pour douter de la capacité de Contador à réussir ce banco, qui serait son chef d’œuvre en carrière, et qui lui permettrait de se rapprocher à une unité du record de Merckx au nombre de grands tours remportés (11). Le regretté Laurent Fignon ne s’y était pas trompé en ayant envisagé pour Contador ce doublé Giro-Tour pour 2011, à la condition de courir le Giro à 90%de ses possibilités, un doublé que ce même Laurent Fignon aurait dû réaliser en 1984, si les organisateurs du Giro de l’époque n’avaient  pas quelque peu aidé Moser. Mais ça c’est une autre histoire, et aujourd’hui, ce ne serait plus possible. Comme, semble-t-il de nos jours, on ne suspend plus les sportifs pour quelques poussières de clembutérol trouvées dans leurs urines, certains étant même acquittés sans la moindre difficulté. Mais ça aussi c’est une autre histoire…

Michel Escatafal


Platini trouvait normal d’avoir 3 fois de suite le Ballon d’Or…

ballon d'orDécidément le comportement de Michel Platini insupporte de plus en plus les amateurs « éclairés »de football. Après le fair-play financier qui aboutit à favoriser uniquement les clubs historiques, parfois lourdement surendettés au détriment de ceux qui appartiennent aux nouveaux riches sans dette, voilà qu’il se mêle de vouloir désigner le Ballon d’Or, récompense individuelle suprême du joueur de football. Au nom de quoi ? Parce qu’apparemment il a du mal à accepter que le Ballon d’Or revienne au meilleur joueur, reprochant à ceux qui votent pour cette distinction de choisir toujours les meilleurs, en l’occurrence depuis quelques années Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Cette préférence qu’il avait déjà manifestée par le passé, en criant haut et fort que Ribéry méritait davantage le Ballon d’Or que les deux autres nominés, finit par agacer tout le monde au point qu’Ancelotti a cru bon de dire que « Le poste de président de l’UEFA est important, je pense que prendre position sur le sujet du Ballon d’Or n’est pas correct ». Et c’est tout à fait vrai, même si Neuer, le gardien du Bayern Munich et de l’équipe d’Allemagne, ne déparerait pas au palmarès.

Cela étant, cette querelle n’existerait pas si la récompense qu’est le Ballon d’Or n’était pas devenue ce qu’elle est de nos jours, et était toujours décernée comme elle l’était auparavant, c’est-à-dire uniquement par des journalistes de France Football qui faisaient « le boulot » en leur âme et conscience, sans trop se soucier des désidératas des uns et des autres. Pour mémoire je rappellerais une fois encore que ce Ballon d’Or, a été créé il y a 57 ans par Gabriel Hanot, responsable à l’époque de la rubrique football de l’Equipe et de France-Football, pour récompenser le meilleur joueur européen de l’année. Gabriel Hanot qui avait beaucoup d’idées, puisque c’est aussi lui qui créa à peu près à la même époque la Coupe d’Europe des clubs champions, devenue aujourd’hui la Ligue des Champions. Hélas pour lui, qui aujourd’hui sait que cet ancien excellent footballeur au début du siècle précédent (12 fois international) est le créateur de deux évènements considérables du monde du football ? Plus personne ou presque, sauf ceux qui s’intéressent à l’histoire en général et à celle du sport en particulier.

Cela dit, même si beaucoup de choses ont changé, les idées sont restées, et c’est toujours la même ferveur qui entoure la remise du Ballon d’Or, évènement qui fait rêver tous les footballeurs, du plus grand au plus petit depuis 1956, année où Stanley Matthews obtint le tout premier trophée à l’âge de 41 ans devant les deux super cracks du Real Madrid à cette époque, Di Stefano et Kopa…qui lui étaient bien supérieurs. Cela dit Matthews était anglais, et Hanot avait un amour fou pour le football d’Outre-Manche, sans doute parce que les Anglais ont inventé ce jeu…ce qui montre qu’il est arrivé à certaines époques que le meilleur n’ait pas été couronné. C’est pour cela que nous sommes nombreux à dire que ce trophée, ô combien important pour un footballeur, l’est finalement beaucoup trop, parce qu’il dépend grandement de la qualité des équipiers qui sont autour de la « star ». L’an passé Ribéry avait bénéficié de l’exposition du Bayern Munich pour s’inscrire parmi les trois nominés, avec les éternels Messi et C. Ronaldo. Toutefois si Ribéry joue au Bayern, c’est parce que c’est un excellent  footballeur, remarque qui vaut pour tous les joueurs des grands clubs, y compris Neuer.

Alors qui emportera le Ballon d’Or cette année? Très certainement Cristiano Ronaldo, une troisième fois, comme Platini en son temps (qui n’avait pas protesté à l’époque !)…ce qui ne sera que justice, et je trouverais normal que Neuer soit son dauphin, d’autant qu’il est incontestablement le meilleur gardien actuel. Néanmoins les statistiques de C. Ronaldo sont toujours aussi hallucinantes, et malgré une Coupe du monde où lui et son équipe (Portugal) n’ont pas été souverains, son aura dans le monde du football est restée égale à celle des années précédentes, tout comme sa superbe sur un terrain. De plus, il reste la grande star du Real Madrid, et son apport dans le dixième titre européen (C1) du club madrilène fut constamment décisif tout au long de la campagne 2013-2014. En outre, et c’est la différence par rapport à Messi, joueur d’un seul club, il a aussi largement contribué à la victoire en Ligue des Champions de Manchester United en 2008, juste avant de rejoindre le Real Madrid.

Si je parle autant de la Ligue des Champions, c’est parce que cette récompense qu’est le Ballon d’Or désigne souvent un joueur qui a gagné une épreuve prestigieuse, même si le reste du temps il n’a pas fait des étincelles. Ce ne sera pas le cas cette année avec Ronaldo, s’il est le lauréat, malgré une Coupe du Monde décevante, comme en 2008, où il fut beaucoup moins brillant au Championnat d’Europe des Nations qu’en Champions League. Toutefois, il y a eu dans le palmarès des cas beaucoup plus choquants, outre celui de Stanley Matthews dont j’ai parlé précédemment.

Le premier exemple qui me vient à l’esprit est celui de l’année 1982, quand Paolo Rossi remporta le trophée…parce qu’il avait marqué 6 buts lors de la Coupe du Monde en Espagne entre les quarts de finale et la finale, que l’Italie avait remportée. Le reste du temps, il a quasiment été aux abonnés absents. Il faut reconnaître que ses dauphins de l’époque, Giresse et Boniek méritaient le Ballon d’Or beaucoup plus que lui. Mais il peut arriver que gagner un grand trophée (Coupe du Monde, championnat d’Europe des Nations) en étant  le meilleur joueur du tournoi, ne suffise pas pour emporter l’adhésion.

Cet exemple concerne plus particulièrement un Français, Thierry Henry. Cette année là, en 2000, la France avait été sacrée championne d’Europe des Nations, en grande partie grâce à Thierry Henry. Et pourtant ce fut Figo qui fut désigné, sans doute parce qu’il jouait au Real Madrid et, nous avait-on dit, parce qu’Henry n’avait pas marqué en finale du championnat d’Europe. C’était quand même tiré par les cheveux, et à partir de là je n’ai plus considéré la remise du Ballon d’Or de la même manière. Pas parce que c’était un Français qui aurait dû avoir la récompense, la preuve puisque je suis de ceux qui pensaient l’an passé que Ribéry était loin du niveau de Ronaldo, Messi ou même Ibrahimovic, mais parce que je considérais qu’il y avait trop d’éléments qui échappaient à la logique des amateurs de football que nous sommes.

D’ailleurs Thierry Henry, bien qu’il ait figuré pendant 5 ou 6 ans parmi les tout meilleurs joueurs du monde, n’a jamais remporté le Ballon d’Or, ce qui est une profonde injustice. En 2003 on lui a préféré Nedved, probablement parce qu’il jouait à la Juventus de Turin. En dehors de cela je ne vois pas la raison d’avoir placé Nedved devant Henry, parce qu’en plus le buteur français avait survolé de toute sa classe la Coupe des Confédérations, sans compter qu’il avait gagné la Cup (avec Arsenal) et avait été sacré meilleur buteur mondial de l’année. Néanmoins il n’est pas le seul grand footballeur à n’avoir jamais gagné le Ballon d’Or, alors que beaucoup d’autres ayant moins de classe et au palmarès nettement moins fourni l’ont remporté.

Simonsen (1977) ou Belanov (1986) étaient d’excellents joueurs, mais franchement que leur nom figure parmi les lauréats et pas Ferenc Puskas et Sandor Kocsis (Hongrie), Mazzola et Riva (Italie), Schuster (Allemagne), Giresse, Tigana, Henry ou Iniesta a quelque chose de choquant. Et puisque je parle de Français, ils sont quand même 4 à avoir été élus Ballon d’Or, à savoir Raymond Kopa en 1958, Michel Platini à 3 reprises en 1983, 84 et 85 (le seul avant Messi à l’avoir eu trois fois de suite), Zinedine Zidane en 1998 et, plus surprenant, Jean-Pierre Papin (en 1991)  à l’époque où il jouait à l’Olympique de Marseille. La France figure ainsi en bonne place  parmi les pays ayant eu des lauréats (6 fois) juste derrière les Pays-Bas et l’Allemagne (7 fois)  et devant l’Angleterre, l’Italie et le Brésil (5 fois),  puisque depuis 1995 les non –européens jouant en Europe peuvent postuler.

D’ailleurs Georges Weah, l’ancien joueur du PSG, a été élu en 1995, et je regrette que Drogba ou Eto’o ne figurent pas au palmarès, car eux aussi l’auraient mérité. En revanche, coté club, la France est très loin (seulement l’OM avec Papin), ce qui veut dire que pour avoir le Ballon d’Or il fallait  ou il faut jouer en Italie, plus particulièrement à la Juventus et au Milan AC (16 trophées), en Espagne, au Real et au Barça (17 aussi), en Allemagne au Bayern ( 5 ) et en Angleterre à Manchester (4). Normal, c’est dans ces clubs et ces pays que l’on recrutait  les meilleurs joueurs…jusqu’à l’arrivée de nouveaux riches (comme on dit) russes (Chelsea), émiratis (Manchester City) ou qataris (PSG). Enfin, il vaut mieux être attaquant ou milieu de terrain (53 Ballons d’Or) que défenseur (4 Ballons d’Or) ou gardien de but (1 Ballon d’Or). Cela peut paraître injuste car à l’image de Yachine en 1963, un gardien comme Banks dans les années 60 (Angleterre), ou plus près de nous Barthez, Buffon (Italie) ou Casillas (Espagne) auraient mérité eux aussi le trophée. Et cette année ce ne serait pas un scandale si Neuer l’emportait…même si l’on sait qu’il terminera second ou troisième ce qui serait anormal, car Messi ne le mérite pas cette année autant que C. Ronaldo ou Neuer.

Un dernier mot enfin, si je devais choisir le triplé le plus prestigieux ce serait celui de 1959 avec Di Stefano comme Ballon d’Or suivi de Kopa et John Charles (Gallois de la Juventus de Turin). Celui de 1974 avec Cruyff (Pays-Bas), Beckenbauer (Allemagne) et Deyna (Pologne) n’était pas mal non plus, tout comme celui de 1989 avec Van Basten, Baresi et Rijkaard, sans oublier ceux de 2009 et 2011 avec Messi, C. Ronaldo et Xavi, ou celui de 2012  avec Messi, Ronaldo et Iniesta. Cela dit un trio Ronaldo, Neuer, Messi a aussi beaucoup d’allure, ne serait-ce qu’en plaçant un gardien à un niveau inédit depuis 2006 avec l’Italien Buffon. Ce serait aussi le deuxième gardien allemand à être sur le podium après Oliver Kahn en 2001 et 2002. Ce dernier succédait sur ce podium au gardien tchèque Viktor en 1976, lequel fut en quelque sorte le successeur de Yachine, seul gardien, je le répète, à avoir été Ballon d’Or (1963).

Michel Escatafal


Dans le sport aussi, « il ne faut jamais vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait mis par terre »

FDCe devait être un remake de l’année 1991, et ce fut un « bide » presque total ! Telle est la conclusion que l’on peut tirer de cette finale de Coupe Davis à Lille, dimanche dernier. Et pourtant nombre de supporters y ont cru après le premier match, où un super Monfils a écrasé un  petit  Federer, manifestement inquiet pour la suite de la compétition en raison de sa blessure récente, qui l’avait empêché de défendre ses chances en finale du Masters. Et, compte tenu de la supériorité supposée des Français en double, ces mêmes supporters se disaient qu’on allait revivre l’édition de 1991, avec une énorme victoire d’Henri Leconte au premier match contre Sampras, puis une défaite somme toute normale de Forget contre Agassi, pour se retrouver avec une égalité au score à la fin de la première journée. C’est là que la belle histoire s’arrête, parce que les Français n’avaient pas réalisé que les Suisses avaient une équipe aussi forte. Certains même s’étaient carrément montrés condescendants en affirmant qu’il fallait à tout prix que Federer joue…pour que la victoire ait une saveur vraiment agréable. Bref, on faisait fi des chances de Wawrinka, lequel devait se faire laminer par les Français. Enorme erreur de jugement, dû essentiellement au chauvinisme franchouillard qui anime à la fois les supporters et, plus grave encore, les journalistes, spécialisés ou non.

Résultat, une terrible déception à l’issue de cette finale, laquelle aura laissé un goût amer aux joueurs, aux spectateurs et aux téléspectateurs français, lesquels pensaient que la finale était gagnée avant de l’avoir joué. Et oui, les joueurs suisses sont tout simplement meilleurs que les joueurs français, comme en témoigne leur classement, Federer n°2 mondial et Wawrinka n°4, alors que Tsonga et Monfils naviguent largement au-delà de la dixième place (Tsonga 12è et Monfils 18è). En outre, ce n’est pas au niveau de l’expérience que l’on pouvait espérer quelque chose de plus, car, sur ce plan, Federer et ses 17 succès en tournois du Grand Chelem, et même Wawrinka, vainqueur de l’Open d’Australie en début d’année, savent ce que la pression d’une finale veut dire.

Et cela s’est vu pendant cette finale de Coupe Davis, notamment pendant le double, où les Suisses ont joué leur meilleur tennis, alors que les Français ont été plutôt décevants. Cela étant, et on l’avait oublié dans notre pays qui ne s’intéresse absolument pas à l’histoire du sport, il faut quand même se rappeler que Federer et Wawrinka sont capables de former une excellente équipe de double. Qu’on en juge à travers cette performance : un titre olympique en 2008, en battant en demi-finale les rois de la discipline depuis plus de 10 ans, les frères américains Bryan (700 victoires et 103 titres remportés sur le circuit, dont 16 en grand chelem, plus un titre olympique en 2012). Rien que cela aurait dû convaincre les supporters français que la victoire en double était loin, très loin, d’être assurée.

Mais le pire était à venir, avec les tensions entre les joueurs après le quatrième match et la victoire de Federer sur Gasquet qui donnait la Coupe à la Suisse. Là aussi que n’a-t-on pas lu à droite et à gauche sur la supposée morgue suisse, notamment celle de Wawrinka, lequel ne semble pas très bien tenir l’alcool. Mais est-ce tellement étonnant que Wawrinka ait quelque peu chambré les Français? Que n’avait-on pas dit sur la soi-disant brouille entre Federer et Wawrinka, après leur extraordinaire demi-finale du Masters. Certains parlaient de l’inévitable mauvaise ambiance qu’il allait y avoir entre les deux joueurs, alors que l’équipe de France formait une vraie famille. Je ne dis pas, en écrivant cela, que les joueurs français ne s’estiment pas. D’ailleurs je n’en connais aucun, pas plus d’ailleurs que Federer et Wawrinka. Je ne sais pas davantage si ces derniers sont amis ou ennemis, mais ce que j’ai vu samedi et dimanche, c’est une équipe suisse soudée, y compris les remplaçants inconnus. Manifestement Wawrinka voulait remporter son second grand trophée de l’année, et Federer rentrer encore un peu plus dans la légende du tennis, en gagnant le seul trophée qu’il lui manquait, en dehors de la réalisation du grand chelem.

C’est d’autant plus méritoire pour Federer et Wawrinka de soulever le fameux Saladier d’Argent, que la Suisse n’est quand même pas un grand pays de tennis, malgré ses succès ces dernières années. N’oublions pas qu’il aura fallu attendre l’avènement de Federer, pour que la Suisse enlève un tournoi du Grand Chelem (Wimbledon 2003). Et il aura fallu l’arrivée au plus haut niveau de Stan Wawrinka, pour que la Suisse puisse postuler pour une victoire en Coupe Davis, cette épreuve exigeant d’avoir au moins deux joueurs dans les meilleurs mondiaux pour pouvoir s’imposer. Cela explique d’ailleurs pourquoi les Français dans les années 20 et 30, les Australiens dans les années 50 et 60, mais aussi les Américains a toutes les époques, sauf depuis 1995 (une seule victoire en 2007) ont trusté les titres, grâce à un réservoir important de champions…que la France n’a plus jamais eue depuis l’époque des « Mousquetaires » avec Lacoste, Cochet, Borotra et Brugnon. Sauf, à un degré moindre, avec Noah, Leconte et Forget, ce qui a permis à Leconte et Forget de s’imposer en 1991 contre Sampras et Agassi. A ce moment Forget était septième mondial et venait de réaliser sa meilleure saison en simple. Quant à Leconte, son classement ne voulait rien dire (cent-cinquante neuvième à l’ATP parce que longtemps blessé au dos), car chacun savait bien qu’il était toujours capable, sur un match, de battre n’importe qui. En outre, son entente avec Forget lui a permis de former la seule équipe de double invaincue en Coupe Davis (11 victoires en autant de matches).

Et puisque je suis dans l’histoire de la Coupe Davis, je voudrais terminer en disant à tous ceux qui comparent les joueurs à des époques différentes, que si Federer figure bien évidemment dans les tous meilleurs joueurs de l’histoire du tennis, personne n’a le droit d’affirmer qu’il est le plus grand de tous. Certes, son palmarès compte 17 victoires en tournois du Grand Chelem, mais il n’a pas réalisé le Grand Chelem, comme Rod Laver à deux reprises. Combien de tournois majeurs ce dernier aurait-il remporté s’il n’avait pas été dans les rangs des professionnels entre 1962 et 1968 ? Et Rosewall ? Et Gonzales ? Et Kramer ? Et Borg, qui a arrêté sa carrière à 25 ans après avoir gagné 6 fois Roland-Garros et 5 fois Wimbledon dans les années 70 et 80 ?

Certes, on me rétorquera que si Nadal avait eu l’idée de naître cinq ou six ans plus tard, Federer aurait réalisé au moins deux fois le Grand Chelem, mais il y avait Nadal, lui-même vainqueur de 14 tournois du Grand Chelem, dont 9 victoires à Roland-Garros, sans oublier son titre olympique en 2008 et ses 4 victoires en Coupe Davis. Cela étant, qui pourrait dire qu’il aurait battu Borg à Roland-Garros ? Personne, parce que chaque génération a son ou ses superchampions, et, il n’est même pas possible de faire la comparaison au niveau du palmarès pour les joueurs de tennis, parce que, comme je l’ai écrit précédemment, les meilleurs professionnels ne pouvaient pas affronter les amateurs jusqu’en 1968. Bref, on tourne en rond, comme si l’on voulait savoir si Coppi aurait réussi à décrocher Contador dans le Stelvio, ou si Fangio aurait pu battre Prost, Senna ou Schumacher à Spa Francorchamps.

Michel Escatafal

 


Nos rugbymen pourraient devenir des héros en 2015, y compris ceux qui sont nés à l’étranger

K et SAvant de parler rugby, je voudrais souligner une fois encore combien le monde du sport est plein de contradictions. Si j’écris cela c’est parce que je viens de lire sur différents sites que si Angel Di Maria n’a pas signé cet été au Paris Saint-Germain, c’est tout simplement parce qu’il lui était interdit de recruter un autre joueur après l’achat de David Luiz. C’est donc bien ce fameux et ridicule fair-play financier qui a empêché le PSG de se renforcer comme il l’aurait souhaité, pendant que le Real Madrid, le FC Barcelone ou plus encore Manchester United dépensaient des sommes folles pour se renforcer…malgré un niveau de dettes considérable, alors que le PSG n’en a pas. Et après certains nous expliqueront que le fair-play financier est une bonne chose, ce qui est vrai…pour empêcher les clubs ayant des actionnaires richissimes de concurrencer les clubs historiques, lesquels ne veulent pas partager le gâteau qui est le leur depuis des décennies. Il sera amusant de voir le résultat de la plainte formulée par certaines associations auprès du tribunal de première instance de Bruxelles, dont on ne voit pas comment il pourrait entériner ce fair-play financier tel qu’il est. Après tout, comment empêcher des gens qui ont de l’argent de l’investir dans le football…comme d’autres l’ont fait quelques années auparavant ? Ce serait d’autant plus curieux qu’en Europe on ne parle que de concurrence en matière économique. Pourquoi ce qui est valable partout, y compris pour le rail, l’eau ou l’énergie, ne le serait pas pour le football ?

Fermons cette introduction sur l’économie du sport pour parler à présent de rugby, ce que je n’avais pas fait depuis un certain temps. Il est vrai que depuis plusieurs années notre équipe de France n’avait pas de quoi enthousiasmer les foules tant au niveau des résultats que de la manière dont elle s’y prenait pour essayer de gagner ses matches, ce qui n’arrivait que très rarement face aux grandes nations du rugby. Or hier soir le XV de France a battu un des ténors du rugby mondial, deux fois vainqueur de la Coupe du Monde (1991 et 1999) et finaliste en 2003. Cette performance est d’autant plus méritoire que les joueurs français ont non seulement gagné, mais aussi réussi des actions offensives auxquelles nous n’étions plus habitués, ce qui a cloué le bec de ceux qui prétendaient que la victoire contre les Fidji (40-15) ne signifie rien, alors que les Fidjiens ont superbement résisté aux Gallois samedi après-midi (13-17). Une victoire aussi qui n’est pas dû à l’arbitrage « maison » de Monsieur Owens, lequel, malgré un match globalement correct, a fait preuve d’une certaine mansuétude vis-à-vis des Australiens, notamment sur certains placages litigieux, alors qu’il n’a pas hésité à sortir un carton jaune pour Talès, au demeurant mérité si l’on applique le règlement avec toute sa rigueur, alors que ce dernier venait à peine de rentrer en jeu.

Mais me direz-vous, comment le staff de l’équipe de France a-t-il pu rétablir aussi vite une situation que d’aucuns jugeaient désespérée il y a quelques jours, surtout en vue de la prochaine Coupe du Monde dans moins d’un an, après trois ans de tâtonnements ? Est-ce déjà l’effet Blanco, qui est venu apporter sa touche personnelle à notre équipe nationale, ce qui fait dire à certains que c’est lui le vrai sélectionneur du XV de France ? Peut-être, pourquoi pas ? En tout cas, on a l’impression que les joueurs français sont plus libérés qu’avant, et qu’ils n’ont plus peur de prendre certains risques comme ces dernières saisons, sans parler aussi de leurs progrès dans le domaine de la conquête. Autant de questions, auxquelles on aura la réponse dans le prochain Tournoi des 6 nations.

En revanche il semble certain que les sélectionneurs ont enfin trouvé les hommes qu’il fallait à certains postes, et notamment au niveau de la charnière. Il aura fallu en essayer une bonne quinzaine avant, enfin, d’en avoir une ou deux qui tiennent la route au niveau international. Certes là aussi il ne faut pas s’emballer trop vite, mais à la mêlée Tillous-Bordes et plus encore Kockott apportent ce qu’un Parra par exemple, malgré ses  plus de 50 sélections, n’a jamais pu amener au XV de France, notamment cette capacité à accélérer le jeu afin de mettre ses partenaires dans les meilleures conditions. Comme je l’ai écrit dans un article sur lui il y a presque deux ans (Parra est-il un grand demi de mêlée ? C’est surtout un remarquable buteur), le demi de mêlée clermontois est d’abord et avant tout un excellent buteur, mais cela ne suffit pas au niveau international, surtout face aux numéros 9 des grandes nations du rugby. En tout cas, en deux matches contre les Fidji et l’Australie, Tillous-Bordes et plus encore Kockott ont démontré des qualités que l’on n’a jamais connues chez Parra. Doté d’un très bon jeu au pied, Kockott est rapide, puissant, et en plus c’est un gagneur dans tous les sens du terme, un de ces demis de mêlée capable de galvaniser son paquet d’avants, surtout quand le jus commence à faire défaut. Avant-hier soir, par exemple, il a remarquablement géré la fin de match, à un moment où les Français à 14, avec Atonio blessé, étaient sur le point de craquer. En outre son pied n’a pas tremblé quand il s’agissait de passer, à plus de 40 m, la pénalité de « la gagne » à 8 minutes de la fin du match

Oui, je pense que le XV de France a peut-être trouvé ses deux charnières pour la Coupe du Monde avec Tillous-Bordes et Lopez et celle qui aurait ma préférence composée de Kockott et Trinh-Duc. Là on a l’impression que c’est du solide, avec en outre dans les deux cas un buteur aussi prolifique et régulier que Parra. Mais notre XV national a sans doute aussi retrouvé un pack qui avance, comme en témoignent ses prestations contre les Fidgi et surtout contre l’Australie. Contre les Wallabies, les Français ont été dominés au début du match en mêlée, mais ils ont vite rectifié le tir et ont fini par être dominateurs, sauf tout à fait en fin de match. Ils disposent aussi d’un alignement qui leur a permis de récupérer bon nombre de lancers en touche. Et surtout, à côté des valeurs sûres que sont Dusotoir, Papé, Maestri ou Guirado, il a su trouver des joueurs comme les Toulonnais Menini et Chiocci, sans oublier le surpuissant pilier Atonio et le troisième ligne sud-africain Le Roux, qui a fait un match énorme samedi soir. Tout ce joli monde pouvant être accompagné à la Coupe du Monde par Picamoles, Nyanga ou même Haridornoquy qui, à Toulouse, retrouve une nouvelle jeunesse. Et derrière il y a aussi du beau monde, avec les révélations de Thomas et  Dumoulin, mais aussi Lamerat, plus des joueurs confirmés comme Fofana, Fritz, Huget ou Bastareaud, sans oublier Dulin et Spedding, pour ne citer qu’eux.

Au fait, j’observe que j’ai beaucoup parlé de joueurs étrangers ou d’origine étrangère, attribut qui semble beaucoup gêner nombre de Français qui ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de Kockott, Le Roux, Atonio, Spedding, ou encore Claessen, tous nés hors de notre pays. Ah les Français, ils ont quand même du mal avec les étrangers, même si leur nom se termine par a, i ou o, ce qui signifie qu’eux-mêmes sont nés de parents ou grands-parents issus de l’immigration, pour notre plus grand bonheur. Et oui, nombre de Français sont vraiment incorrigibles, alors qu’ailleurs ça ne choque pas grand-monde d’avoir dans son équipe nationale des joueurs étrangers, y compris en Nouvelle-Zélande alors que ce pays a une pépinière très riche en joueurs de talent. Certains s’en sont émus, mais les supporters des All Blacks se sont plutôt réjouis que l’on ait sélectionné le remarquable centre tongien Malakai Fekitoa.

Cela étant, rassurons-nous, car si d’aventure les Français remportaient la finale de la Coupe du Monde en 2015 grâce à un essai en dernière minute de Spedding, transformé par Kockott, les supporters du XV de France seraient les premiers à oublier que ni l’un ni l’autre ne sont nés à Mirande ou à Bayonne. En revanche, malheur à eux si la France était éliminée en demi-finale par la faute d’un coup de pied contré. Je vois d’ici les forumers s’insurger sur le fait  d’avoir sélectionné ces joueurs formés à l’étranger, au détriment de joueurs nés à Lavelanet ou Castelnaudary. Que tout cela est triste ! C’en serait même risible, si cela n’avait pas des relents de chauvinisme exacerbé. Heureusement mes parents ne m’ont pas élevé de cette manière, ce qui fait que mon rugbyman préféré s’appelle S.B. Williams suite à la retraite de Wilkinson, mon coureur cycliste préféré est Alberto Contador, mon pilote de Formule 1 favori est Kimi Raikkonen malgré son problème de train avant cette année sur sa Ferrari et pour le football c’est Pastore. Ah j’oubliais, même si je ne connais rien au basket, j’ai une énorme admiration pour Tony Parker, notre emblématique basketteur NBA, né à Bruges (Belgique), fils d’une mère néerlandaise, d’un père américain et marié à une française. En somme un vrai représentant d’une grande partie de la population de notre pays. J’espère qu’à Rio de Janeiro, aux J.O. 2016, ce sera notre porte-drapeau, car nul n’a davantage l’amour du maillot bleu frappé du coq que lui.

Michel Escatafal


Contador, Gignac, Sagnol, les étrangers du XV de France : du beau, du bête et parfois du méchant

kilimandjaro2kilimandjaroAujourd’hui je vais essayer de prendre le temps d’écrire sur ce blog que vous êtes nombreux à apprécier, ce dont je vous remercie, mais auquel hélas je n’ai pas trop de temps à consacrer. Et pourtant, des évènements à saluer il n’en manque pas, même si la saison de cyclisme est terminée, en rappelant une fois encore que le vélo reste pour moi le sport que je préfère devant le rugby et l’athlétisme. Cela dit j’aime aussi beaucoup le tennis, ou encore l’automobile, la boxe et le football, bien que n’ayant jamais pratiqué ces trois derniers sports…ce qui ne m’a jamais empêché d’éprouver un immense plaisir à les regarder. En fait la seule frustration que l’on ressent en évoquant des sports que l’on n’a pas connus autrement qu’en spectateur, c’est de ne pas avoir la moindre idée des souffrances ou des plaisirs qu’ils peuvent procurer. Cela dit, cessons de philosopher, et passons aux sujets que je veux aborder aujourd’hui, parce que lesdits sujets m’ont interpellé, pour la bonne raison que dans ce monde de communication exacerbée, où l’on écrit tout et n’importe quoi, on se dit qu’il était beau le temps où chacun pouvait apprécier ce qui se passait sur un terrain, un ring, un court, un circuit, une piste ou la route, sans devoir être obligé d’avoir droit aux bourdonnements provoqués par les réseaux sociaux.

Premier exemple qui me vient à l’esprit ce matin, André-Pierre Gignac. Depuis quelques semaines on ne parle que de lui dans notre beau pays…parce qu’il a marqué 10 buts en 12 matches depuis le début de la saison. Certes c’est une bonne performance, mais de là à en faire, à bientôt 30 ans, un des meilleurs attaquants d’Europe, il y a un pas que seuls les journalistes en mal de sensationnel ou les gogos peuvent franchir. Et des gogos il y en a beaucoup puisque, si l’on en croit un sondage, Gignac est le joueur préféré des Français (42%) juste derrière Zlatan Ibrahimovic (43%). Mais pire encore, pour ceux qui s’intéressent au football, c’est Gignac qui recueille le plus de suffrages (40%) devant Zlatan Ibrahimovic (39%). Et oui, c’est ça la France !

Pour mémoire, je rappellerais que Zlatan Ibrahimovic est considéré dans les milieux du football international comme un des quatre ou cinq meilleurs joueurs du monde, qu’il marqué 317 buts en 595 matches (0.53%), qu’il a tout gagné dans les cinq pays (Suède, Pays-Bas, Italie, Espagne et France) où il a joué, et qu’il en est à 50 buts en 100 sélections avec la Suède. En fait il ne manque à son palmarès que la Ligue des Champions…qu’il compte bien remporter avec le PSG. Quant à Gignac, il a certes gagné une Coupe de la Ligue et un championnat de France, mais il n’a marqué que 134 buts en 370 matches (0.36%) et 5 buts en 19 sélections (0.26%). N’en jetons plus, car c’est trop cruel pour les « franchouillards », d’autant qu’entre Fontaine, Papin, Trezeguet, Henry ou aujourd’hui Benzema, la France est une terre de grands buteurs devant l’éternel. Et ce n’est pas fini car à Lyon il y a un joueur, Lacazette, qui, à 23 ans, est déjà à un niveau sans doute supérieur à celui de Gignac.

Mais il n’y a pas que des gogos dans le football, car il y aussi des gens dans ce milieu qui ont tendance à se surestimer. Certains affirment que Gignac a pris « la grosse tête » devant cet afflux soudain de louanges de la part de la presse. Personnellement, ne le connaissant pas, je ne rentrerais pas dans ce jeu. En revanche Sagnol aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de faire des remarques sur les footballeurs africains…qui ne pouvaient que froisser ces derniers. Je ne connais pas non plus Sagnol (je ne connais aucun footballeur professionnel), mais les propos qu’il a tenus sur des gens qu’il côtoie chaque jour sont au minimum d’une grave bêtise. Espérons que cela lui servira de leçon dans l’avenir, même s’il a l’excuse d’être ou d’avoir été surtout excellent avec un ballon dans les pieds.

Cela étant le rugby n’est pas mal non plus en ce qui concerne l’étroitesse d’esprit. On en a pour preuve tous les commentaires acerbes des forumers sur les étrangers qui jouent ou sont susceptibles de jouer dans le XV de France. Au passage on notera que cela ne pose aucun problème ailleurs que dans notre pays, notamment en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Angleterre ou en Italie, où il y a davantage d’étrangers en équipe nationale qu’en France. Pire, ces franchouillards sont même en colère quand il s’agit d’un joueur…français, comme l’arrière Spedding. Certes ce dernier n’est français que depuis quelques semaines, mais il a la nationalité française. Et en plus il est très fier de porter le maillot bleu frappé du coq gaulois ! Au passage on notera que sur 30 joueurs sélectionnés pour le match contre les Fidji cet après-midi, il n’y a finalement que deux joueurs étrangers (Atonio et Kockott) a avoir le droit de jouer pour l’équipe de France sans être français. Pas de quoi se déchaîner comme certains le font en disant que le XV de France ne doit jouer qu’avec des joueurs français ! Et puis, au nom de quoi notre équipe nationale se priverait-elle du droit accordé à ces joueurs de jouer pour le pays dans lequel ils jouent depuis trois ans ? Décidément le peuple français est particulier à tous points de vue !

Il l’est notamment sur le dopage, les Français étant donneurs de leçons en chef sur ce sujet…sauf quand c’est un compatriote qui se fait prendre. Là on lui trouve toutes les excuses. En revanche s’il s’agit d’un étranger, là c’est le déchaînement, même si le résultat du contrôle est contestable (Contador). Nombre de Français sont même très méchants si le champion n’a jamais subi de contrôle positif…parce qu’il gagne (Froome en 2013). Il considèrent dans tous les cas de figure que ce ou ces champions qui dominent leur discipline prennent la place de leurs champions nationaux qui, évidemment, ne se dopent pas. Et tout cela est attisé par la presse qui, elle-même, paraît s’amuser de ces jugements où le chauvinisme est exacerbé, en laissant passer les insultes infâmes de certains forumers vis-à-vis de quelques coureurs qui sont les meilleurs représentants d’un sport, le vélo, qu’ils croient aimer.

Sur ce plan il faut dire qu’ils sont bien aidés par les instances dirigeantes du cyclisme, comme en témoigne l’appel auprès du Tribunal arbitral du sport pour le cas Kreuziger, accusé de dopage (anomalies dans le passeport sanguin) sans jamais avoir subi de contrôle positif. Et pour faire bonne mesure, l’Union Cycliste internationale a demandé que le coureur tchèque (blanchi par sa fédération) écope d’une suspension de deux à quatre ans, et qu’on lui retire ses titres entre 2011 et 2013, ce qui modifiera le palmarès de l’Amstel Gold Race (2013) au profit de Valverde…à qui on avait enlevé entre autres le Tour de Romandie 2010…sans avoir été contrôlé positif. Comme pour Contador en 2012, et pour Valverde en 2010, nul doute que le TAS ira dans le sens de l’UCI, la seule incertitude résidant dans la durée de la suspension (2 ou 4 ans) ou dans le retrait des titres avant la suspension, Valverde par exemple ayant gardé tous ses titres avant 2010, alors qu’on a enlevé à Contador ceux qu’il avait conquis entre juillet 2010 et l’année 2011. De la belle ouvrage !!! Il en faut du mérite pour tenir à jour les vrais palmarès…surtout quand ceux-ci changent des années après !

Au fait, et si on attribuait à Pantani le Giro 1999 ? Oui, certains y pensent parce que trop de choses étonnantes se seraient passées en ce mois de mai 1999, dans une épreuve que le célèbre « Pirate » avait dominé de la tête et des épaules…jusqu’à cette sombre histoire de taux hématocrite trop élevé avant le départ de la vingt-et-unième et avant-dernière étape de ce Tour d’Italie. Je ne vais pas revenir sur ce fait divers connu et raconté à de multiples reprises, mais force est de constater que cela rappelait l’épisode de l’exclusion pour dopage d’Eddy Merckx lors du Giro 1969, où il fut contrôlé positif (amphétamine). Nombreux furent ceux qui pensèrent à une machination, avec toutefois pour Merckx une issue relativement heureuse, puisqu’il fut blanchi au bénéfice du doute, pouvant ainsi participer au Tour de France et le gagner. Pantani n’eut pas cette chance après son contrôle de 1999, pas plus que Contador lors du Tour de France 2010. Passons, même s’il serait incroyable qu’on attribue le Giro 1999 à Pantani, alors qu’il n’a pas franchi la ligne d’arrivée. Mais dans le vélo, et c’est hautement regrettable, on finit par se dire que tout est possible au niveau du résultat des courses. Je le répète encore une fois : qui sait si, dans 10 ou 15 ans, Armstrong ne retrouvera pas de nouveau ses victoires dans le Tour de France ?

Et puisque j’évoquais un épisode de la vie du super grimpeur qu’était Pantani, je voudrais souligner la performance de l’équipe Saxo-Tinkoff, qui a réussi à monter jusqu’au sommet du Kilimandjaro, plus haut sommet d’Afrique (5892m). Il est d’ailleurs amusant de constater que le premier à arriver au sommet fut…Alberto Contador devant son équipier Michael Valgren. Comme l’a souligné Biciciclismo, « il n’y a personne pour suivre Contador quand la route s’élève, et apparemment c’est aussi le cas dans la montagne » sans le vélo. Bravo au « Pistolero » et à son équipe, et bravo aussi aux 70% des personnes qui sont arrivées au sommet, ce qui a permis de doubler la donation de base prévue par l’équipe au profit d’un orphelinat et d’un club cycliste. Ceci est quand même plus réconfortant que ce que j’écrivais auparavant à propos de Sagnol, ou de ceux qui ne veulent pas d’étrangers y compris s’ils ont pris la nationalité française dans le XV de France.

Michel Escatafal


Si les contre-la-montre bloquent la course, pas de contre-la-montre la dénature

giro 2015tour 2105Avant d’évoquer le sujet de mon billet, le Tour de France, je voudrais souligner une fois encore la stupidité des instances qui régissent le sport à propos du dopage. En effet, alors que Lance Armstrong voulait prendre part hier à une course de charité à Greenville en Caroline du Sud, appelé le Gran Fondo Hincapie, on lui a tout simplement interdit la participation à cet évènement pour le motif qu’il est suspendu à vie pour dopage. Le plus triste dans cette décision est qu’on a l’impression qu’il est le seul sportif à s’être dopé pendant sa carrière et, bien entendu, il s’agit d’un coureur cycliste. Désolant, même si cela satisfait tous les censeurs qui n’ont jamais commis la moindre infraction leur vie durant…parce qu’ils sont parfaits, ce qui leur permet de se battre pour jeter la première pierre à destination d’un contrevenant, à supposer qu’il le soit réellement. En outre, que je sache, Armstrong n’est quand même pas un criminel, et il n’a pas davantage braqué une banque ou un magasin quelconque !!!

Après cette introduction indignée devant tant de bêtise et d’hypocrisie, revenons au sport, le vrai, pour dire qu’à présent nous connaissons le parcours de deux des trois grands tours de la saison cycliste, information d’autant plus intéressante qu’Oleg Tinkoff, patron de Tinkoff – Saxo Bank, est décidé à offrir un million d’euros aux quatre meilleurs coureurs à étapes actuels, à savoir Contador, Froome, Nibali et Quintana, s’ils décidaient de courir les trois grands tours l’an prochain. Certains observateurs ont trouvé l’idée intéressante, d’autres loufoques, tandis que nombreux dans notre pays pensaient que ce n’était rien moins qu’une incitation au dopage, obsession des Français ! Cela dit, est-ce vraiment une bonne idée ? Je suis dubitatif, parce qu’il paraît très, très difficile de « jouer la gagne » sur les trois épreuves la même année. Autre élément qui ne milite pas pour ce triplé : cela signifierait pour ces quatre coureurs de mettre toute leur énergie et leurs forces uniquement sur ces courses…ce qui serait injuste pour les organisateurs des autres courses du calendrier, notamment Paris-Nice, Tirreno-Adriatico, le Tour de Catalogne, le Tour de Romandie, le Tour du Pays-Basque, le Tour du Suisse ou le Dauphiné-Libéré. Autant d’épreuves qui appartiennent elles aussi à l’histoire et même à la légende du vélo, sans parler évidemment de l’impossibilité pour ces champions de disputer les Ardennaises, par exemple. Enfin, avant d’envisager de courir les trois grands tours nationaux en une même année, pour les gagner si possible, que les meilleurs coureurs envisagent d’abord de réaliser le mythique doublé Tour-Giro que seuls Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault, Roche, Indurain et Pantani ont réussi au cours de leur carrière.

Est-ce faisable de nos jours ? La réponse est clairement positive, surtout avec un Giro un peu moins dur que certaines années, par exemple comme celui qui nous est proposé en 2015. Pour mémoire je rappellerais que Contador aurait pu le réaliser en 2011, sans cette lamentable affaire de traces de clembutérol. Si j’écris cela, c’est parce que malgré un hiver ô combien perturbé par ce contrôle anormal, qui ne l’aurait pas été dans la quasi-totalité des laboratoires, Contador a fini cinquième du Tour de France, après avoir subi les affres de deux chutes au début et au milieu de l’épreuve qui ont abîmé ses genoux. En outre, il a fini très fort ledit Tour de France 2011, comme en témoignent son baroud d’honneur avec une attaque insensée à presque 100 km de l’arrivée lors de l’étape qui arrivait à l’Alpe d’Huez, et une remarquable performance contre-la-montre (la veille de l’arrivée), où il termina à la troisième place sur la distance de 42,5 km, à 1mn06s de Tony Martin, le roi du chrono ces dernières années. Tout cela pour dire qu’un Contador arrivant serein au départ du Tour de France, sans subir les sifflets et la vindicte des faux amateurs de vélo qui le considéraient comme un paria, aurait probablement gagné ce Tour de France tout à fait à sa portée. Il est d’ailleurs à la fois triste et amusant de voir aujourd’hui la plupart des Français ne s’intéressant qu’au Tour de France le porter dans leur cœur…parce qu’il a battu Froome à la Vuelta. Mais cela ne durera pas, parce qu’il est redevenu le meilleur. En France, et ce n’est pas nouveau, on n’aime pas les gagnants : la preuve, sur les routes de France au mois de juillet, on a toujours préféré Poulidor à Anquetil !

En parlant de Poulidor et Anquetil nous revoilà plongé dans le Tour de France et son parcours pour 2015 dévoilé ces derniers jours. Un parcours dont on nous dit qu’il fait la part belle aux grimpeurs, ce qui est en partie vrai, mais surtout qui défavorise clairement les rouleurs…ce qui est pour le moins étonnant. Pourquoi un ridicule contre-la-montre de 14 km le premier jour ? Si j’ai employé le mot ridicule c’est parce que ces 14 kilomètres seront les seuls en individuel contre le chrono, une distance équivalente aux secteurs pavés dans l’étape de Cambrai. Voilà qui me gêne un peu si l’on se réfère à l’histoire du vélo sur route, car la première étape contre-la-montre dans le Tour de France date de 1934 (victoire du vainqueur, Antonin Magne, sur la distance de 90 km). En tout cas ces 14 kilomètres font parler, comme par exemple Julio Jimenez, grand escaladeur dans les années 60, qui n’hésite pas à dire qu’il devrait y avoir plus de contre-la-montre. Quant à Delgado, il pense carrément que cela est fait pour aider les nouveaux talents français.

En revanche tous ces gens oublient qu’il y aura, comme l’an passé, des pavés, et je doute que cela avantage les Français. Au fait, était-ce bien utile de remettre des pavés de nouveau cette année, avec les risques que cela comporte ? Rappelons-nous le Tour de France 1979, avec cette crevaison de Bernard Hinault qui lui a fait perdre 3mn26s par rapport à Zoetemelk, lequel avait aussi crevé, sauf que son équipier Sven Nilsson était à ses côtés pour lui donner immédiatement sa roue avant. Certes cette année-là Hinault a remporté son second Tour de France devant Zoetemelk, mais cette victoire il l’a surtout construite dans les contre-la-montre, à Bruxelles sur la distance de 33 km (36 s d’avance sur son rival néerlandais), puis entre Evian et Morzine (2mn37s d’avance sur la distance de 54km), et enfin à Dijon (1mn9s sur la distance de 48 km), après avoir gagné le deuxième jour un autre c.l.m entre Luchon et Superbagnères (24 km). Reconnaissons que là c’était trop, d’autant qu’il y avait en plus deux étapes de c.l.m. par équipe de 87.5 km et 90 km. De la folie pure !

En tout cas les anti-Contador ou anti-Froome, surtout nombreux en France, seront contents, car ni l’un ni l’autre n’est à l’aise sur les pavés, mais je trouve pour ma part hallucinant que l’on puisse quasiment supprimer le contre-la-montre individuel, pour le remplacer par des secteurs pavés plus longs que l’an passé. A ce compte là, il n’y a qu’à faire un Paris-Roubaix bis comme étape dans le Nord ! Pas sûr toutefois que le Tour de France y gagnerait. Autre étonnement, pourquoi avoir attendu la neuvième étape pour placer une étape contre-la-montre par équipes de 28 km ? A-t-on imaginé le handicap que cela constituerait pour une équipe ayant perdu deux coureurs sur chute dans l’étape des pavés, pour ne citer qu’elle ? Oui pourquoi cela ? J’avoue là aussi que je m’interroge sur les intentions des organisateurs. A-t-on vraiment privilégié le sport dans cette affaire ?

Résultat, il est du coup très possible que Froome fasse le choix de disputer le Giro et la Vuelta, où il aurait évidemment beaucoup plus de terrains à sa convenance, à commencer par les 60 kilomètres contre le chrono en individuel dans le Giro. Cela nous permettrait d’assister dès le printemps au grand duel entre Froome et Contador, puisque ce dernier va avoir comme premier objectif de remporter son troisième Tour d’Italie. Reconnaissons que c’est un programme très alléchant…en espérant que ce duel n’ampute pas trop les forces de celui qui courra aussi le Tour de France, Contador, auquel cas un Quintana ou un Nibali pourrait profiter de l’aubaine. Finalement, le million d’euros de Tinkoff aurait été mieux utilisé à l’offrir à ceux qui tentent le doublé Giro-Tour, ce qui aurait mis à égalité les quatre grands leaders. Au fait, et les Français ? Les amateurs de vélo du seul mois de juillet et autres franchouillards espèrent qu’un Tour sans c.l.m. ou presque pourraient voir les Pinot, Bardet, Rolland ou Barguil sur le podium. J’ai peur pour eux que ce ne soit qu’un rêve, car qui pourrait croire que Péraud aurait terminé second cette année si Froome et Contador n’étaient pas tombés ?

Michel Escatafal


Palmarès des grandes courses depuis 1946 (mise à jour à la fin de la saison 2014)

MerckxhinaultCe tableau rassemble les victoires des meilleurs coureurs ayant couru après-guerre dans les grandes épreuves du cyclisme sur route. C’est un travail qui se veut le plus objectif possible, même si je suis bien conscient que l’on puisse discuter du barême des points attribués pour une victoire dans chacune des épreuves. Celles-ci ont été choisies en fonction de leur ancienneté et de leur permanence. Les plus récentes, l’ Amstel Gold Race et Tirreno-Adriatico, sont nées en 1966, mais toutes les autres ont été disputées pour la première fois avant 1948. Il y a 10 épreuves par étapes (Tour de France, Giro, Vuelta, Tour de Suisse, Dauphiné, Paris-Nice, Tirreno-Adriatico, Tour de Romandie, Tour du Pays-Basque, Tour de Catalogne), plus 9 classiques (Milan-San Remo, Tour des Flandres, Gand-Wevelgem, Paris-Roubaix, Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège, Amstel Gold Race, Paris-Tours, Tour de Lombardie), le championnat du monde sur route et le championnat du monde contre-la-montre. Concernant cette épreuve, créée en 1994, j’ai considéré que le Grand Prix des Nations, disputé pour la première fois en 1932, faisait office de championnat du monde avant sa création officielle.

Je précise de nouveau que je me refuse à tenir compte des changements dans les palmarès, pour les raisons que j’ai expliquées à plusieurs reprises, notamment celles liées au cas Armstrong. Pour moi, le palmarès ne doit changer que s’il y a dopage lourd et indiscutable, détecté immédiatement après une épreuve, par exemple Landis, positif à la testostérone dans le Tour 2006. Je rappelle au passage que Riis a été rétabli dans le palmarès du Tour, après en avoir été exclu, parce qu’il a fait des aveux publics, décision tout à fait normale puisque certains ayant avoué par le passé s’être dopé figurent toujours parmi les vainqueurs de l’épreuve. Quand à Héras, son quatrième succès dans la Vuelta lui a été rendu six ans après, suite à la mise en lumière d’irrégularités lors de l’examen des échantillons qui avait révélé des produits interdits…ce qui démontre la nécessité d’être très prudent lorsqu’on veut toucher aux palmarès déjà établis. Qui nous dit que dans 10 ou 15 ans, voire même avant, Armstrong ne figurera pas de nouveau au palmarès du Tour de France?

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