Prost : “le professeur” allait aussi très,très vite
Publié : 19 janvier 2012 Filed under: automobile | Tags: championnat du monde, Formule1, Mac Laren, prost, Renault, senna, Williams 1 Commentaire »
Il y a un peu plus de 25 ans (en octobre), le sport automobile français allait enfin connaître le grand bonheur d’avoir un champion du monde de Formule1. Cela faisait 36 ans que l’on attendait cela, et ce fut Alain Prost qui nous donnait ce bonheur. D’ailleurs, pour être tout à fait objectif, quelle que soit la qualité de Maurice Trintignant ou Jean Behra dans les années 50, puis plus tard de J.P. Beltoise et François Cevert dans les années 60 et 70, ou encore Patrick Depailler, Jacques Laffite, Jean-Pierre Jarier, J.P. Jabouille dans les années 70 ou Didier Pironi, René Arnoux et Patrick Tambay dans les années 80, force est de reconnaître que le meilleur de tous ces champions fut bel et bien Alain Prost, qui en plus figure au panthéon de son sport pour l’intensité de son duel avec Ayrton Senna.
Il y avait bien Jean-Pierre Jarier, surnommé « Godasse de Plomb », qui était peut-être le pilote le plus rapide de la F1 dans les années 70, ce qui lui aurait valu de courir pour Ferrari s’il ne s’était pas engagé auparavant chez Shadow. Au passage il faut souligner que ce fut finalement Lauda qui hérita du volant qui était promis à J.P. Jarier, de quoi donner à notre compatriote des regrets éternels, quand on voit la carrière que fit Lauda chez Ferrari (2 titres de champion du monde en 1975 et 1976). Toujours est-il que J.P. Jarier, ne gagna jamais un seul grand prix, même si son talent avait explosé de nouveau en plein jour quand il domina, tant aux essais qu’en course, le nouveau champion du monde, Mario Andretti, chez Lotus, pour les deux grands prix qu’il fit dans cette écurie après la mort de Ronnie Peterson à Monza en 1978.
Un autre pilote, Jacques Laffite, avait aussi frôlé le titre en 1979 au volant de sa Ligier, après avoir remporté les deux premiers grands prix de la saison. Simplement il a manqué à Laffite et Ligier, cette année-là, des moyens pour poursuivre jusqu’au bout le développement d’une voiture bien née, sans oublier la malchance qui avait accablé l’écurie quand Depailler eut son accident de deltaplane en été. Trois ans plus tard, un autre accident, aux essais du grand prix d’Allemagne, allait avoir des conséquences encore plus terribles pour Didier Pironi, car lui aurait été à coup sûr champion du monde tellement son avance était importante au championnat sur ses rivaux, laissant finalement le titre à Keke Rosberg (père de Nico) pour 5 points, alors qu’il n’avait pas disputé les 4 derniers grands prix.
Bref, on commençait à se dire que jamais les Français n’y arriveraient, d’autant qu’en 1983 Prost rate le titre de deux points. Une misère d’autant plus injuste que cette année-là l’écurie Brabham, dont le patron était Bernie Ecclestone l’actuel grand argentier de la F1, utilisa un carburant non conforme, ce qu’Ecclestone reconnut en disant que c’était « une erreur de bonne foi ». Problème, Renault ne déposa jamais réclamation, ce qui était pour le moins curieux parce que Renault était sûr de gagner. Certains ont donné comme explication le conflit entre Renault et Prost, ce dernier ayant quitté Renault en fin de saison pour rejoindre Mac Laren. Cela dit, chacun des fans du pilote français se disait qu’avec Mac Laren Prost allait à coup sûr être couronné, et que l’année 1984 serait la bonne. Hélas, Prost perdit la couronne mondiale pour un demi-point, laissant le titre à Lauda…qu’il avait pourtant dominé toute l’année.
Heureusement la Mac Laren, avec son moteur Tag-Porsche, dominait toujours la concurrence en 1985, avec comme challenger Ferrari et Alboreto. Cette fois, malgré tout son talent, Lauda n’avait aucune chance face à son coéquipier et rival, et personne pas même Alboreto n’allait empêcher Prost de réaliser l’exploit. En outre Prost avait un an de plus, et arrivait dans la plénitude de son talent, ce qui allait lui éviter de faire les quelques erreurs dont avait su si bien profiter Lauda l’année précédente. De fait, il arrivait à Brands Hatch, où avait lieu le grand prix d’Europe, avec 5 victoires dans sa besace, et 6 autres courses terminées dans les points.
Il ne lui manquait que 2 points, en précédant Alboreto, pour conquérir enfin ce titre qui semblait se refuser à lui, de quoi lui donner confiance d’autant qu’il restait encore deux autres grands prix à disputer, en Afrique du sud et en Australie. Mais Prost, comme tout le monde, se disait que le mieux était de rafler le titre tout de suite. Et ce fut ce qui arriva, après une course difficile où il passa dans l’herbe pour éviter dès le départ Rosberg, ce qui le fit rétrograder au milieu du peloton, mais il finit par dépasser Alboreto, et même si ce ne fut pas sa course la plus brillante il termina à une quatrième place qui comblait tous ses désirs.
L’année suivante, en 1986, il récidivera en profitant au maximum de la rivalité entre Mansell et Piquet chez Williams, dans un final qui a fait beaucoup jaser tellement il paraisait inimaginable qu’un des deux pilotes Williams puisse perdre le titre. Et pourtant ce fut le cas à l’issue d’un final à suspense qui fait penser à celui de 2008, quand Hamilton l’emporta sur Massa dans le dernier kilomètre de la dernière course. En 1986 donc, alors que Mansell et Piquet se battaient pour la première place dans le Grand Prix d’Australie à Adelaïde, Mansell réussit à ravir la première place à Piquet et se dirigeait tranquillement vers son premier titre mondial, quand un de ses pneus arrière éclata. C’en était fini du titre pour le Britannique, lequel allait échoir à son rival et équipier Piquet. Mais celui-ci fut arrêté par précaution peu après par son écurie, laissant ainsi Prost filer vers un titre qui lui tombait un peu du ciel, mais qui le vengeait de ceux perdus en 1983 et 1984 alors qu’il était déjà le meilleur.
Prost venait de triompher définitivement de la malédiction qui frappait les pilotes français, et il allait confirmer ce titre en 1989 devant Ayrton Senna sur une Mac Laren à moteur Honda, à l’issue du plus beau duel qu’ait connue la Formule 1 depuis l’année de sa création en 1950…avec celui de l’année précédente. En 1988, en effet, Prost avait de nouveau flirté avec le titre en marquant plus de points que son rival, mais Senna remporta le titre car on ne comptabilisait pas tous les résultats à l’époque (les onze meilleurs), et en plus il avait remporté huit victoires contre sept à son rival français. Prost sera encore une fois champion du monde en 1993 après une année sabbatique, l’emportant de nouveau sur Senna, mais cette victoire fut moins significative que les précédentes, car Prost n’était plus tout à fait Prost, comme il le fut jusqu’en 1990, année où sur Ferrari il ne s’inclina que lors du dernier grand prix à Suzuka. En revanche, la Williams Renault de Prost en 1993 était nettement supérieure à la Mac Laren-Ford de Senna. Il n’empêche, Prost restera à jamais comme un des plus grands pilotes de l’histoire de la F1 et son duel entre 1988 et 1990 avec Senna, sera sans nul doute le plus beau qu’ait connu la discipline reine de la Formule1, un peu à l’image du duel Coppi-Bartali en cyclisme dans les années 40.
Michel Escatafal
Rétro : Jean-Claude Killy au niveau de Tony Sailer
Publié : 12 janvier 2012 Filed under: ski | Tags: goitschel, jeux olympiques, killy, perillat, sailer Laisser un commentaire »Alors que la Coupe du Monde de ski s’apprête à retrouver un de ses rendez-vous historiques à Wengen dans une indifférence quasi générale en France, je voudrais revenir sur ce qui s’est passé il y a un peu moins de 44 ans (entre le 9 et le 17 février 1968) lors des Jeux Olympiques de Grenoble, avec le triplé de J.C. Killy. Oh certes je ne suis en rien un spécialiste du ski, mais en revanche j’ai en mémoire, comme beaucoup de gens de ma génération, l’exploit extraordinaire réalisé par le skieur de Val d’Isère. A cette époque en effet on voyait du ski à la télévision régulièrement, et depuis les J.O. de 1960, notre équipe nationale était la meilleure du monde. Elle avait surtout dans ses rangs les deux meilleurs skieurs de la décennie, Périllat et Killy, et la meilleure skieuse, Marielle Goistchel, laquelle avec sa sœur allait se partager les titres en slalom à Grenoble.
En 1968, avant les Jeux, la question que tout le monde se posait était de savoir si réaliser le triplé descente-slalom spécial et slalom géant était encore possible, comme l’avait réussi Toni Sailer à Cortina d’Ampezzo en 1956, où il avait laissé tous ses adversaires à plusieurs secondes dans chaque épreuve. Pour réaliser un tel exploit il n’y avait que Killy, parce qu’il était plus régulier que Périllat, lequel en outre ne faisait plus grande chose en descente, alors qu’en 1961 il avait écrasé la discipline de toute sa classe après avoir obtenu la médaille de bronze aux J.O. de Squaw Valley l’année précédente, à peine âgé de 20 ans. Donc le peuple français attendait J.C. Killy, qui en plus avait été dominateur aux championnats du monde de Portillo en 1966, en remportant la descente et le combiné, alors que Périllat avait dû se contenter du slalom géant.
Le 9 février, nous voilà tous, parents et enfants, devant notre écran sur le coup de 11h ou midi (je ne sais plus) pour le départ de la descente, épreuve reine des J.O. d’hiver comme le 100 m en athlétisme. Et justement le premier à partir s’appelle Guy Périllat, qui fait une course quasi parfaite, sans que tout le monde réalise qu’il a réussi un temps extraordinaire, même s’il a battu le record de la piste. Après tout on se disait que peut-être ce jour-là les conditions sont exceptionnelles, donc il faut attendre que d’autres concurrents soient descendus. On allait attendre longtemps, jusqu’au dossard 14, celui de J.C. Killy qui allait battre son copain de l’équipe de France de 8 centièmes de seconde. Les spécialistes diront que le style un peu plus en force de Killy avait eu raison de celui plus technique et plus coulé de Périllat. Déjà on savait que Périllat n’égalerait pas Sailer, mais c’était toujours une hypothèse envisageable pour Killy.
Le dimanche 11 rebelote, avec a priori l’épreuve la plus facile pour Killy, quasiment imbattable en slalom géant. Et c’est ce qui se passa puisqu’il l’emporta dans les deux manches avec une large avance sur ses adversaires, deux secondes sur le Suisse Favre et trois sur l’Autrichien Messner. Là il y avait déjà davantage de Toni Sailer dans les écarts qui séparaient Killy de ses rivaux. Etait-ce un bon présage pour le slalom spécial ? Pour beaucoup d’observateurs c’était le cas, même si nombre d’entre eux se posaient la question de savoir si le skieur de Val d’Isère n’allait pas craquer au dernier moment, un mal bien français à l’époque. En outre le slalom spécial est plus aléatoire comme épreuve que les deux autres, avec des risques de chute ou de porte manquée plus importants. En disant cela je ne fais que répéter ce qu’en disaient les techniciens ou les journalistes spécialisés.
En plus, en slalom, il y avait une concurrence sans doute plus forte qu’en géant, notamment avec un autre skieur surdoué, l’Autrichien Karl Schranz, qui obtiendra au cours de sa carrière 3 titres mondiaux en descente, au combiné et en géant. Mais il était aussi très fort slalom, comme il allait le prouver le samedi 17 février à l’issue d’une épreuve dont il sera à la fois le héros et le grand perdant.
La première manche allait tout d’abord rassurer les supporters de Killy car, faisant fi de la pression, Killy terminait premier de cette manche. Cependant les écarts étaient trop faibles pour qu’il ait course gagnée, si tant est qu’on puisse faire cette remarque en slalom spécial. Les principaux favoris se tenaient en effet en 69 centièmes de seconde. En outre la visibilité était très faible du haut jusqu’en bas du tracé. Killy s’élança le premier dans la deuxième manche mais stupeur, son temps fut dépassé par le second concurrent, Hakkon Mjoen le Norvégien. Heureusement pour Killy, Mjoen avait escamoté deux portes et il fut disqualifié. Ouf !
Peu après ce fut au tour de Schranz de dévaler la pente entre les piquets. Prenant tous les risques, son festival se termina avant l’arrivée après avoir été déséquilibré à la porte 17. Reouf ! Cette fois on pouvait y croire, car Mjoen et Schranz étaient les deux plus dangereux adversaires de Killy et ils étaient sortis tous les deux. Du moins c’est ce qu’on croyait, car finalement Schranz fut autorisé à recourir cette deuxième manche… parce qu’il aurait été gêné par un commissaire de piste tout près de la porte 17. Schranz repartit et réalisa un temps global inférieur à celui de Killy. Malheur pour le Français, qui ne pouvait pas réussir son grand chelem (comme Sailer), et bonheur pour l’Autrichien qui était enfin champion olympique ! Cela étant le jury international considèra que Schranz n’avait pas été gêné comme il l’avait indiqué, et le disqualifia, au grand dam de la délégation autrichienne. Celle-ci fit appel de cette disqualification, mais dans la soirée le verdict tomba et Schranz était bien disqualifié.
Evidemment cela allait déclencher une polémique qui entacha quelque peu la victoire et le triplé historique de Killy, les Autrichiens considérant que les Français n’vaient pas été sportifs sur le coup. Je ne me risquerais pas, 44 ans plus tard, à porter un jugement pour savoir si Schranz avait été gêné ou pas, n’en ayant pas du tout les compétences, mais les plus franchouillards des supporters trouvèrent insupportable que Schranz ait pu recourir une deuxième fois, alors qu’il était allé à la faute. Les supporters autrichiens au contraire, estimaient que ce commissaire n’aurait jamais dû se trouver là, et donc qu’il était normal que Schranz ne fût pas disqualifié. Cela dit une chose est sûre : si Killy était sorti à la place de Schranz et dans les mêmes conditions, jamais les Autrichiens n’auraient accepté qu’il soit autorisé à refaire une deuxième fois le parcours.
Dommage cette polémique, car cela a quelque peu terni l’exploit de Killy. Malgré tout on oublia très vite ces péripéties, et pour tout le monde Killy était considéré comme le plus grand skieur de tous les temps avec Tony Sailer. Plus personne ensuite ne réussira aux J.O. ou aux championnats du monde le triplé réalisé par ces deux superchampions, y compris chez les femmes. Les J.O. de Grenoble resteront ainsi dans l’histoire comme la fête de Killy, et la fête de tout le ski français avec la médaille d’argent en descente de Périllat et les médailles d’or et d’argent des sœurs Goitschlel en géant et en slalom. Qu’il semble loin ce temps où le ski français dominait le monde ! En tout cas grâce à Killy et ses copains, nous avions passé une dizaine de jours magnifiques pour le sport français.
Michel Escatafal
Une pensée pour Guy Boniface (6 mars 1937- 1er janvier 1968)
Publié : 1 janvier 2012 Filed under: rugby | Tags: Boniface, rugby Laisser un commentaire »
Le 31 décembre est une date qui rappelle de très mauvais souvenirs aux amateurs de rugby de ma génération car ce jour-là, il y a 44 ans, Guy Boniface était victime d’un accident de la route après un match de bienfaisance à Orthez. Il décèdera le lendemain des suites de ses blessures à l’âge de 31 ans. La mort venait de frapper un des plus brillants apôtres du jeu de ligne inspiré par Jean Daugé dans les années 40, et cultivé ensuite par le tandem lourdais Maurice Prat-Martine dans les années 50. Les frères Boniface prendront la relève dans les années 60, et nul doute que sans des sélectionneurs à la fois aveugles et de mauvaise foi, ils auraient encore marqué davantage leur époque tellement « la complicité dans le jeu d’attaque n’a atteint une aussi admirable perfection » pour parler comme Henri Garcia dans sa Légende du Tournoi.
J’ai déjà parlé des frères Boniface sur ce site et si je l’ai fait c’est tout simplement parce que les deux frères ont émerveillé mes premiers émois de rugbyman. Je revois encore Guy Boniface, sans son frère André, débuter en Equipe de France avec à ses cotés un autre très grand attaquant (centre ou demi d’ouverture) Jacky Bouquet. Ensuite il sera de nouveau régulièrement sélectionné (35 sélections en tout), le plus souvent d’ailleurs au détriment de son frère, les sélectionneurs appréciant sa hargne et la qualité de sa défense. Cependant, c’est quand même aux cotés d’André qu’il réalisa ses plus beaux chefs d’œuvre, et il serait trop difficile de citer tous les matches où « les Boni », comme on les appelait, firent la démonstration de leur extraordinaire talent.
On regrettera simplement qu’ils aient terminé leur carrière internationale le 26 mars 1966 parce qu’on leur reprochait d’avoir trop voulu attaquer dans un Pays de Galles-France qui tourna à la confusion des Français parce que, suite à une nouvelle attaque française, la passe de Gachassin à André Boniface fut déviée par le vent et interceptée par l’ailier Stuart Watkins, alors que l’essai paraissait tout fait. C’était la défaite pour un point (9 à 8) et les Boniface furent limogés dans la nuit (voir l’article intitulé Merveilleux frères Boniface…), ce que tout le monde trouvait très injuste puisqu’une souscription (1 franc) fut lancée par le journal l’Equipe auprès de ses lecteurs pour que les deux frères puissent assister des tribunes au match suivant, contre l’Italie à Naples (victoire de la France 21 à 0).
A noter que ce jour-là, on assista aux grands débuts en sélection de celui qui allait perpétuer la tradition des grands trois-quarts centres français, Jo Maso. Ce dernier formera à son tour avec son compère Trillo une paire de centres remarquables bien dans la tradition, ce qui ne les empêchera pas d’être confrontés aux mêmes tourments que leurs prédécesseurs pour ce qui est de l’Equipe de France. A l’époque les sélectionneurs n’aimaient pas beaucoup le talent qui leur paraissait toujours suspect.
Par la suite, d’autres grands attaquants continueront à porter haut le flambeau du jeu d’attaque à la française ( Bertranne, Sangalli, Codorniou, Sella, Charvet, Castaignède, Jauzion), mais jamais aucun d’entre eux n’atteindra l’aura que connurent en leur temps les Boniface. C’était il y a plus de 30 ans, mais pour ceux qui sont nés avant 1950, ce sont des souvenirs qui ne s’effaceront jamais. Cela dit, comme nous sommes au début de l’année 2012, je vous souhaite une bonne et heureuse année, avec l’espoir que le sport en général et le rugby en particulier nous apporteront encore plus de joies que l’année passée.
Michel Escatafal
