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	<title>esca aime le sport</title>
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	<description>histoire du sport (cyclisme, rugby, athlétisme, tennis, automobile, football, boxe...)</description>
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		<title>Le F.C. Porto, l’exemple à suivre pour l’Olympique Lyonnais</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 08:44:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>msjsport</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2012/02/fc-porto-1987.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1604" title="FC Porto 1987" src="http://spain39.files.wordpress.com/2012/02/fc-porto-1987.png?w=150&#038;h=110" alt="" width="150" height="110" /></a>Alors que l’Olympique Lyonnais a disputé mardi soir le match aller des huitièmes de finale de la Ligue des champions, stade que l’O.L. a atteint pour la huitième fois consécutive, j’imagine déjà quelles seront les réactions de son président, J.M. Aulas, s’il ne parvient pas à passer ce premier obstacle dans la phase d’élimination directe de la compétition phare en Europe. Et si je parle ainsi, c’est parce que Lyon a dû se contenter d’un seul but d’avance face à l’Apoel de Nicosie, de loin l’équipe la plus faible de celles encore présentes à ce stade de la compétition, ce qui laisse pour le match retour un suspens auquel personne ne s’attendait pas. D’ailleurs, si l’O.L. ne s’était pas qualifié de manière miraculeuse face à Zagreb, l’O.L. ne serait plus aujourd’hui qu’un bon club français luttant pour arracher une place européenne.</p>
<p style="text-align:justify;">Si j’évoque J.M. Aulas de cette manière, c’est parce qu’on l’entend moins aujourd’hui qu’à l’époque où l’O.L. remportait ses sept titres de champion de France consécutivement (entre 2002 et 2008), ce qui signifie que son club est rentré dans le rang, en se contentant de se qualifier pour la Ligue des Champions (douze fois de suite quand même !), et parce que l’Olympique Lyonnais, encensé et loué par la presse pour sa gestion sportive depuis bientôt deux décennies, n’a plus les moyens d’animer le marche français des transferts, après quelques échecs retentissants accumulés ces dernières années. On peut citer le duo Keita-Bodmer acheté à prix d’or au LOSC, ou encore Gourcuff payé au prix d’un joueur du Real Madrid ou du Barça…et qui n’est plus titulaire aujourd’hui. Cela ne signifie pas que je mésestime le rôle éminent de J.M. Aulas dans le football français, loin de là, qui a fait de son club une véritable référence au niveau national, et a fait connaître l’Olympique Lyonnais au niveau européen. En revanche, lui qui se veut un gagneur invétéré, n’arrive pas à faire de Lyon ce que le F.C.Porto, par exemple a fait avec des moyens plus faibles. J’y reviendrai.</p>
<p style="text-align:justify;"> Les détracteurs de J.M. Aulas lui reprochent aussi, très souvent, d’en vouloir à tout le monde (ou presque) à chaque échec, allant même jusqu’à dénoncer le système, c’est-à-dire le manque de moyens dont disposent les clubs français à l’échelle européenne, pour expliquer le fait que, même au plus fort de sa domination du football français, l’Olympique Lyonnais n’a jamais été en mesure de remporter la Ligue des Champions, comme ce fut le cas autrefois pour le Stade de Reims, deux fois finaliste de la Coupe d’Europe en1956 et 1959 et vainqueur de la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en 1953, ou encore de l’Olympique de Marseille, vainqueur de la Ligue des Champions en 1993, sans oublier l’AS Saint Etienne et l’AS Monaco, finalistes respectivement en 1976 et 2004. Au passage on notera la difficulté qu’ont les clubs français pour se maintenir au plus haut niveau…ce qui n’est pas le cas des grands clubs dans les pays voisins.</p>
<p style="text-align:justify;">En parlant du manque de moyens des clubs français, on peut supposer que J.M. Aulas met de côté aujourd’hui le Paris Saint-Germain, qui bénéficie des fonds des investisseurs qataris. Fermons la parenthèse, pour dire que l’on peut trouver cette attitude du président lyonnais d’autant plus curieuse que J.M. Aulas a presque toujours tout obtenu des instances sportives et politiques de son pays, jusques et y compris la possibilité d’introduire son club en Bourse…avec la réussite que l’on connaît (la valeur de l’action oscille en ce moment entre 4.20 et 4.25 euros contre 24 euros au moment de l’introduction du titre OL Groupe en bourse en février 2007), sans oublier l’introduction des paris sportifs dont il fut un ardent promoteur.</p>
<p style="text-align:justify;">Peut-être J.M. Aulas aurait-il dû gérer son club de manière plus rationnelle, par exemple en faisant des efforts pour donner à son club une politique sportive…adaptée à ses moyens. Quoiqu’il fasse, l’Olympique Lyonnais ne suscitera jamais la ferveur qui est celle du Barça à Barcelone, du Real à Madrid, de Manchester United à Manchester, de l’AC Milan et l’Inter à Milan ou de la Juventus à Turin…ni même l’O.M. à Marseille ou le PSG à Paris. C’est ainsi et pas autrement, et les clubs étrangers que je viens de citer ont une histoire que n’a pas l’Olympique Lyonnais. Ils sont au sommet du football européen depuis beaucoup plus de 50 ans…alors que l’Olympique Lyonnais est au sommet du football français depuis une dizaine ou une douzaine d’années, avec un passé peu fourni sur le plan du palmarès avant la période 2002-2008, se limitant à quatre victoires en Coupe de France (1964,1967,1973,2008), plus une demi-finale en Coupe des Coupes en 1964 avec des joueurs comme Aubour, Djorkaeff, Mignot, Combin, Di Nallo, Rambert, peut-être en valeur absolue la plus belle équipe qu’ait eue le club.</p>
<p style="text-align:justify;">Oui, J.M. Aulas aurait dû faire preuve à une certaine époque d’un peu plus réalisme quant à l’évolution de son club. Si une non-qualification pour les quarts de finale de la Ligue des Champions serait une catastrophe sportive, vu le standing de son adversaire en huitième de finale, en revanche une non qualification en fin de saison pour la Ligue des Champions ne devrait pas être le drame que cela représenterait aux yeux de J.M. Aulas, notamment sur le plan financier. Il est vrai que, s’il parait normal qu’en juin le nouveau PSG, version qatarie, remporte le championnat, et que l’OM se qualifie pour la Ligue des Champions au vu de son passé et parce que l’OM marche fort après un début de saison difficile, voir Montpellier La Paillade se qualifier pour cette même Ligue des Champions au détriment de l’Olympique Lyonnais, avec une équipe composée uniquement de bons joueurs de Ligue 1, serait une forme d’humiliation pour un club ayant régné presque sans partage pendant sept ans sur le football français.</p>
<p style="text-align:justify;">Une équipe qui a encore quelques grands noms dans ses rangs (Lloris, Bastos, Lisandro etc.), mais qui n’a plus rien gagné depuis la fin de la saison 2007-2008, où l’O.L. avait réalisé pour la première fois le doublé Coupe-Championnat. Et qu’arriva-t-il à la fin de cette saison glorieuse? Tout simplement, J.M. Aulas décida de remplacer son entraîneur, Alain Perrin, par un autre, Claude Puel, qui avait bien réussi…à Lille, et qui, d’après J.M. Aulas, allait permettre à son O.L. de franchir la dernière marche de son ascension, celle qui allait le conduire à une victoire en Ligue des Champions. Hélas pour J.M. Aulas, si Alain Perrin ne pouvait être comparé à Mourinho, Puel ne pouvait pas davantage soutenir la comparaison avec un Guardiola, un Lippi ou un Ancelotti. Et au lieu de poursuivre sa progression et de continuer à régner sur le football français, l’Olympique Lyonnais n’allait cesser de régresser dans la hiérarchie de la Ligue 1, malgré une place de demi-finaliste en Ligue des Champions en 2010, en ayant battu les Girondins de Bordeaux en quart de finale après avoir éliminé le Real en huitième.</p>
<p style="text-align:justify;">Exploit sans lendemain, comme si c’était trop beau pour être vrai. Sans lendemain aussi parce que certains joueurs cadres sont partis, comme Juninho ou Benzema, ou avaient vieilli, comme Cris. Et comme on s’était trompé sur les remplaçants, il arriva inéluctablement ce qui devait arriver, à savoir l’échec, un échec qui rappelle un peu celui du grand Stade de Reims au début des années 60, lequel ne s’en remit jamais. Espérons que l’Olympique Lyonnais n’imite pas son glorieux prédécesseur, ou plutôt devrais-je dire ses glorieux prédécesseurs, car on peut mettre dans le lot l’AS Saint-Etienne, qui n’est plus que l’ombre du club qui menaçait le Bayern  de Munich dans les années 70, et faisait peur à tous les plus grands clubs européens. En parlant du Bayern, comme du reste je pourrais le faire d’Arsenal, je ne suis pas sûr que ces clubs aient des moyens tellement plus considérables que ceux de l’Olympique Lyonnais il y a quatre ou cinq ans. Et je pourrais surtout ajouter dans le lot le F.C. Porto, champion incontesté des clubs portugais avec le Benfica de Lisbonne, à qui l’Olympique Lyonnais aurait dû essayer de ressembler.</p>
<p style="text-align:justify;">Au fait, est-ce que l’effectif de Porto a été tellement supérieur à celui de l’Olympique Lyonnais dans ses meilleures années? Sans doute pas. Est-ce que le F.C. Porto dispose de moyens financiers aussi conséquents que ceux des grands clubs européens? Non, et pourtant le F.C. Porto rivalise depuis bien longtemps avec les grands d’Europe. N’oublions pas que le F.C. Porto a remporté 2 fois la Ligue des champions anciennement appelée Coupe d’Europe des clubs champions (1987 et 2004), la Coupe Intercontinentale (1987 et 2004) devenu le championnat du monde des clubs, et la  Coupe de l’UEFA (2003) devenue la Ligue Europa dont le F.C. Porto est tenant du titre, sans parler de ses vingt cinq titres de champion du Portugal. Bref, un grand d’Europe sur le plan des résultats, pour ne pas dire un très grand, puisqu’il soutient la comparaison avec les plus grands clubs du continent (12<sup>e</sup> meilleur club de tous les temps d&#8217;après l&#8217;actualisation annuelle du classement historique de la FIFA).</p>
<p style="text-align:justify;"> C’est donc bien cet exemple que l’Olympique Lyonnais aurait dû suivre, et non pas s’imaginer qu’il allait pouvoir rivaliser avec les monstres sacrés du football européen…qui sont nombreux à avoir des cadres techniques ou des joueurs en provenance du F.C. Porto, Mourinho et Villas Boas les entraîneurs aujourd’hui au Real et à Chelsea, mais aussi des joueurs comme Falcao, vendu l’an passé plus de 40 millions d&#8217;euros à l’Atletico de Madrid, mais aussi Luis Fabiano qui fit les beaux jours du F.C. Séville, ou encore Pepe qui joue au Real, sans oublier Lisandro Lopez qui joue…à l’Olympique Lyonnais, autant d’entraîneurs et de joueurs arrivés au club sans être les stars qu’ils sont devenus. En tout cas, cela montre que la cellule de recrutement de Porto se trompe rarement dans ses choix, tant sur les techniciens que sur les joueurs…lesquels sont revendus cinq ou dix fois leur prix d’achat aux plus grands clubs européens. Mais ces ventes n’affaiblissent pas pour autant la valeur de l’équipe qui sait parfaitement se renouveler.</p>
<p style="text-align:justify;"> Un simple exemple suffit à illustrer la différence entre Porto et Lyon : Aly Cissokho, acheté par l’O.L. plus de 10 millions d’euros à Porto en 2010, était un joueur opérant en 2007-2008 à…Gueugnon, club de Ligue 2 française. Mais là où la différence est criante, c’est quand on voit le nombre de joueurs vendus par l’Olympique Lyonnais, notamment Diarra, Tiago, Essien, Abidal et Malouda, sans parler de Ben Arfa et surtout Benzema, qui ont dû rapporter ensemble (dans les années allant de 2006 à 2010) entre 100 et 150 millions d’euros. Et par qui les a-t-on remplacés ? Réponse, par des joueurs loin de valoir les partants, à part Lisandro et encore, alors que le F.C.Porto ne cesse de recruter des joueurs qui deviennent par la suite des grandes vedettes, comme par exemple le Brésilien Hulk que l’on va s’arracher l’été prochain avec des offres allant de 50 à 80 millions d’euros. Qui voudrait mettre plus de 20 millions d’euros pour un seul joueur de l’O.L. ? Personne, je dis bien personne !</p>
<p style="text-align:justify;">Et cela me fait dire qu’au lieu de vendre des joueurs pour les remplacer par d’autres presque aussi chers, ou changer d’entraîneur après un doublé, peut-être que l’Olympique Lyonnais aurait dû essayer de travailler dans la durée tant pour ses joueurs cadres que pour ses techniciens, ce qui ne l’aurait pas empêché pas de réaliser quelques belles opérations financières. Et surtout insister davantage encore sur la formation maison qui lui a déjà donné des joueurs comme Ben Arfa et surtout Karim Benzema, aujourd’hui un des meilleurs joueurs du monde, titulaire au Real Madrid, sans parler de Gonalons ou Lacazette, jeune joueur qui, mardi soir, a marqué le but vainqueur contre Nicosie. Dans le même ordre d’idées, peut-être aussi que J.M. Aulas aurait dû comprendre que dans son club la partie sportive doit être séparée de la partie administrative, par exemple comme à Barcelone où Guardiola a les pleins pouvoirs sur la gestion de l’effectif qui lui est attribué.</p>
<p style="text-align:justify;">Voilà quelques réflexions qui me viennent à l’idée sur un club qui a énormément progressé au début des années 2000, et là on peut dire un grand merci à J.M. Aulas, mais qui semble plafonner depuis quelques années, et surtout depuis le départ de Perrin, dernier entraîneur titré du club. Cela dit, et c’est sans doute ce qui est le plus rassurant, les évènements vont contraindre J.M. Aulas à réduire de plus en plus la voilure en ce qui concerne les investissements de joueurs, et à faire davantage confiance à sa formation. A ce propos, on observe qu’il a préféré un entraîneur « maison », Rémy Garde, qui, pour le moment, obtient d’aussi bons résultats que Claude Puel. En outre l’équipe est composée avec de nombreux jeunes joueurs (Gonalons, Fofana, Lovren, Lacazette) qui devraient atteindre leur meilleur rendement dans les années à venir. Et qui sait si ce n’est pas la meilleure façon pour franchir ce cap…jusqu’alors infranchissable. Après tout, y-avait-il tellement plus de joueurs de grande notoriété à l’AS Monaco en 2004, quand ce club atteignit la finale de la Ligue des Champions…battue par le F.C. Porto. Porto et Monaco plus riches que Lyon à l’époque et même aujourd’hui ? Cela m’étonnerait. Raison de plus pour prendre le F.C. Porto pour exemple, et non les grands clubs ayant une riche histoire.</p>
<p style="text-align:justify;">Escatafal</p>
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		<title>Martine-Maurice Prat, le duo magique du grand F.C. Lourdes</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 06:07:44 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;"><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2012/01/martine1.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1569" title="martine" src="http://spain39.files.wordpress.com/2012/01/martine1.png?w=116&#038;h=150" alt="" width="116" height="150" /></a><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2012/01/maurice-prat.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1570" title="Maurice Prat" src="http://spain39.files.wordpress.com/2012/01/maurice-prat.png?w=118&#038;h=150" alt="" width="118" height="150" /></a>Quand on évoque le rugby français dans son histoire, on pense toujours à ses attaquants. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils symbolisent mieux que quiconque le fameux « french flair » qui a depuis toujours fasciné les Britanniques, même si les trois-quarts ne sont pas les seuls à avoir fait briller notre rugby. A ce sujet, les Britanniques ont eu eux aussi leurs génies de l’attaque, même si c’est plutôt à l’ouverture qu’ils  se sont illustrés (Jack Kyle, Cliff Morgan, Richard Sharp, David Watkins, Barry John etc.). En tout cas, parmi ces merveilleux représentants de l’attaque française, il y a deux hommes dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce site, Roger Martine et Maurice Prat, véritables frères siamois de la ligne de trois-quarts  lourdaise, prédécesseurs des frères Boniface que j’ai évoqués longuement il y a quelques mois dans un article intitulé « Merveilleux frères Boniface ».</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Maurice Prat et Martine ont laissé ensemble une trace inoubliable dans notre rugby, s’inscrivant en lettres d’or dans la légende du rugby national et du XV de France, mais aussi dans celle du rugby tout court. D’ailleurs, comme l’a dit Jean Prat dans un livre de souvenirs, ils auraient été l’un sans l’autre, chacun de leur côté de remarquables trois-quarts centre, mais comme les Boniface plus tard, ils surent décupler leur rendement au bénéfice de l’équipe par une entente rare sur le terrain comme en dehors. Ils n’étaient pas frères dans la vie comme les Boni, mais ils étaient frères d’armes, en permanente communion sur le terrain et dans la vie de tous les jours. En fait, ils étaient unis par une même passion, qui les faisait discuter pendant des heures sur ce qu’ils avaient réussi…et parfois raté le dimanche précédent, ou dessiner chez l’un ou l’autre des combinaisons de jeu. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Toujours d’après Jean Prat, les deux hommes ne sont jamais contentés d’être complémentaires, chacun avec leur  vrai talent. Pourtant Martine était parfaitement capable « d’insuffler une charge explosive à toute ébauche d’attaque », alors que Maurice Prat avait toutes les qualités pour que son rôle fût magnifié par sa capacité à réussir des exploits personnels, sans parler de ses talents de défenseur, une défense jugée hermétique par tous les techniciens. Non, au contraire, ils cherchaient constamment à aller toujours plus loin dans ce qui n’avait pas encore été inventé par d’autres, tant en attaque qu’en défense.  Bref, ces deux hommes jouaient vraiment comme deux frères dans ce qui restera à jamais la plus belle ligne de trois-quarts que notre rugby ait connue jusque-là, et même peut-être après avec celle du Stade Montois des frères Boniface. Et comme pour ces derniers, on peut dire que si le talent ne va pas toujours par paire, deux grands attaquants se nourrissent chacun de réciprocité.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">A ce propos, le plus étonnant entre les deux hommes fut que leur destin commun était loin d’être écrit à l’avance. Déjà parce que Maurice Prat débuta seulement à l’âge de 17 ans, à une époque où il pouvait déjà jouer chez les juniors. Mais comme il était très doué, à peine un an plus tard il devenait international junior au poste d’arrière, qui semblait celui où il pouvait le mieux s&#8217;exprimer. Sa vitesse qu’il avait améliorée en faisant de l’athlétisme, son courage, sa terrible défense, lui assuraient pour des années une place de choix à ce poste dans la plus grande équipe de club de notre rugby jusqu&#8217;à l&#8217;avènement du professionnalisme . Dans ce club, le F.C. Lourdes, il fut couronné champion de France à 20 ans, en 1948, premier des huit titres du F.C. Lourdes. Ensuite on lui demanda de jouer à l’aile de la troisième ligne, parce qu’il manquait quelqu’un, ce qui permit  de découvrir en lui un talent de bagarreur qu’on ne lui connaissait pas vraiment. Mais cette polyvalence allait de nouveau s’exercer avec un retour plus rapide que prévu à l’arrière…qui semblait être son vrai poste.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Son modèle était Alvarez, l’arrière du grand aviron Bayonnais des années quarante, qui fut le premier à s’intercaler dans la ligne de trois-quarts  pour créer le surnombre. Et avec toutes ses qualités, Maurice Prat ne pouvait que devenir le meilleur arrière de son époque, sauf qu’un jour il fut obligé d’effectuer un remplacement au poste de trois-quarts centre. Et le voilà avec le numéro 12 sur le dos, un numéro qu’il allait porter pendant presque dix ans dans son club et en équipe de France (30 sélections), dont il deviendra un joueur incontournable à partir de 1951, sa première cape lui étant octroyée contre l’Irlande à Dublin. Le moins que l’on puisse dire est d’ailleurs qu’il n’eut pas de chance à cette occasion, car le pack irlandais avait tellement étouffé celui du XV de France que celui-ci ne put délivrer quasiment aucun bon ballon à ses lignes arrières, alors que le fameux ouvreur Jack Kyle put au contraire construire le jeu à sa guise, d’autant que Jean Prat était absent.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Il faudra attendre un an pour que Maurice Prat revienne en équipe de France (le 12 janvier 1952) contre l’Ecosse avec Roger Martine auprès de lui, qui fêtait la première de ses vingt cinq sélections. C’était la première fois que la jeune paire de centres lourdaise jouait ensemble en équipe de France. Maurice Prat avait un peu plus de 23 ans et Roger Martine venait tout juste de fêter ses 22 ans. Débuts d’une longue association qui sévissait déjà sur tous les terrains de France, et qui allait s’affirmer jusqu’en 1958 sur le plan international. Au total ils allaient jouer à douze reprises ensemble dans le XV de France, dont neuf fois en association au centre de la ligne de trois quarts, les trois autres fois, Martine opérant à l’ouverture,  par exemple contre l’Italie en 1954 alors que Maurice Prat était associé à André Boniface. En fait les deux hommes auraient dû opérer plus souvent ensemble en équipe de France, mais  ni l’un, ni l’autre ne furent épargnés par les blessures, ce qui explique par exemple que Maurice Prat ait arrêté sa carrière en 1959, en même temps que son frère Jean, mais lui avait à peine 31 ans soit cinq ans de moins que son frère.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Roger Martine en revanche, continuera sa carrière quelques années de plus, y compris en équipe de France où il participera notamment à la fameuse épopée en Afrique du Sud en 1958, que j’ai longuement évoquée sur ce site sous le titre « Le plus bel été du XV de France ». Martine fut immense durant cette tournée, s’avérant l’incontestable maître à jouer des lignes arrière, sans son complice lourdais Maurice Prat, retenu à son auberge par l’afflux des pèlerins pour le centenaire des apparitions à la grotte de Lourdes. Et oui, à cette époque le rugby n’était pas professionnel, et tous les joueurs avaient un métier à côté du rugby ! En revanche, étant employé à EDF, Roger Martine n’était pas confronté à ce type de problème, et il en profita pleinement, au point sans doute de n’avoir jamais été aussi grand qu’il ne le fût lors de cette tournée, éclaboussant toutes ses prestations de toute sa classe au centre ou à l’ouverture.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">On pourrait évidemment dire beaucoup d’autres choses sur ces deux merveilleux attaquants, mais l’essentiel est là, à savoir cette communion dans la passion d’un rugby d’attaque qui avait fait dire à une autre grande figure du rugby français, Amédée Domenech : « Si vous voulez voir du beau jeu, allez voir Lourdes ». Et c’est vrai que le F. C de Lourdes a emballé pendant plus de vingt ans les spectateurs du rugby, notamment pendant cette décennie 1950 où ce club a remporté cinq de ses huit titres de champion de France, avec sa géniale paire de centres. Et si l’on devait se souvenir d’un seul exploit de nos duettistes, ce serait cette attaque que nous ont raconté maintes fois nos amis montois  (j’étais trop jeune à l’époque pour assister au match) et qui avait permis à Lourdes de renverser le cours de la finale du championnat de France 1953 entre le F.C. Lourdes et le Stade Montois, à Toulouse. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Alors que le Stade Montois menait très justement, le F.C. Lourdes conserva son titre sur deux attaques géniales où Maurice Prat et Roger Martine prirent une large part. A la 65è minute, sur une énième offensive lourdaise, une passe croisée de Maurice Prat donna un ballon d’essai à Martine, ce qui remettait les Lourdais dans le match. Ensuite, à la 76è minute, alors que les Bigourdans étaient encore menés de cinq points (16-11 pour les Montois), on vit Jean Prat arracher le ballon à François Labazuy qui s’apprêtait à faire une touche tout près de la ligne de but lourdaise, et faire une longue touche à destination de son frère Maurice qui était à l’affût, trompant la vigilance des Montois qui s’attendaient à une touche courte. Maurice Prat récupéra cette passe longue, plaça une accélération et donna à Roger Martine, qui poursuivit le mouvement en déchirant la défense landaise pour offrir à Manterola, venu de nulle part, un merveilleux essai de cent mètres.  Cet essai assomma  tellement les joueurs du Stade Montois, parmi lesquels figurait au centre le jeune André Boniface (19 ans à l’époque), que les Lourdais finirent par remporter ce match et le Bouclier de Brennus, dont les spectateurs parlèrent  pendant plusieurs décennies tellement son final fut emballant.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Michel Escatafal</span></p>
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		<title>Contador traité comme Scipion</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 21:08:25 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2012/02/a-contador.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1585" title="A. Contador" src="http://spain39.files.wordpress.com/2012/02/a-contador.png?w=150&#038;h=113" alt="" width="150" height="113" /></a>Contador condamné ! Une condamnation scandaleuse pour sa sévérité, à propos de laquelle je reparlerai un peu plus loin. Mais avant toute chose je suis attristé non seulement devant cette sentence ô combien injuste, mais aussi par l’affligeante médiocrité des commentaires. Et quand j’écris « affligeante », je devrais même employer le mot « effrayante », avec des gens qui déclarent qu’il faudrait presque appliquer  la peine de mort au coureur espagnol…parce qu’il se serait peut-être dopé, ce que personnellement je n’ai jamais cru. Et je le crois encore moins depuis la démonstration qu’il a faite l’an passé au Giro où, hyper surveillé par les instances anti-dopage (24 contrôles tous négatifs),il a écrasé la concurrence à la manière d’un Hinault des grands jours, d’un Merckx plus cannibale que jamais ou d’un Coppi au sommet de son art. Un Giro qu’il va perdre sur le tapis vert, alors qu&#8217;il avait l&#8217;autorisation d&#8217;y participer par l&#8217;UCI, comme du reste le Tour de France 2010, plus les autres courses de moindre notoriété qu’il a remportées, suite au jugement du TAS rendu public hier.</p>
<p style="text-align:justify;">Et si certains s’imaginent que mon jugement sur la sévérité de certains commentateurs sur les sites français est déformé, qu’ils regardent les réactions de certains forumers soi-disant « amateurs de vélo », avec les inévitables réflexions sur les Espagnols qui seraient beaucoup plus laxistes que les Français. Comme si dans notre pays il n’y avait que des gens intègres ! En tout cas des réflexions qui montrent que certains habitants de notre pays sont à la fois haineux et envieux. Et dire que la France, un si beau pays, est le premier a avoir fait une Révolution pour chasser l’obscurantisme et avoir longtemps incarné les valeurs de la dignité et de la fraternité entre les hommes. Que reste-t-il de tout cela ?</p>
<p style="text-align:justify;">Cela dit, il y a quand même matière à s&#8217;interroger sur ce jugement rendu hier, dans la mesure où le TAS donne deux ans de suspension à Contador, tout en reconnaissant qu&#8217;il n&#8217;y a pas de preuve qu&#8217;il se soit dopé. Certes je n&#8217;ai jamais pratiqué le droit que j&#8217;ai étudié à la fac, mais un tel jugement m&#8217;apparaît hautement critiquable, même si la justice sportive est différente de la justice civile en ce qui concerne la preuve de la faute. Il n&#8217;empêche, un tel jugement est contre toute logique, contre le principe même de la justice, et de la présomption d&#8217;innocence. Une telle sanction aussi peu étayée ouvre la porte à toutes les dérives, et ce d&#8217;autant plus qu&#8217;à cette époque, seuls trois ou quatre laboratoires pouvaient trouver une aussi infime quantité de produit interdit. En outre, la définition du dopage est « l’usage de substances ou de méthodes artificielles pour améliorer le rendement sportif ». Bien entendu, personne de bonne foi n’acceptera l’idée que Contador ait pu voir ses performances améliorées avec une si petite quantité d’anabolisant et, s’il fallait en avoir la preuve, il suffit de se référer à la performance ô combien décevante qu’il a réalisée lors de l’étape c.l.m. de ce Tour  2010 qui lui  a été fatal. Voilà pour les faits !</p>
<p style="text-align:justify;">Oui, comment peut-on condamner quelqu&#8217;un sur des présomptions de culpabilité? En effet, le TAS affirme « qu&#8217;aussi bien le scénario de la contamination de la viande que celui de la transfusion sanguine, étaient, en théorie, des explications possibles pour justifier un contrôle antidopage positif mais qu&#8217;ils étaient tous deux hautement improbables ». Du coup, pour étayer leur jugement, les juges disent que « de l&#8217;avis de la formation arbitrale et sur la base des preuves produites, la présence de clembutérol a été plus vraisemblablement causée par l&#8217;ingestion de suppléments nutritifs contaminés ». Très bien, sauf qu&#8217;on est dans une nouvelle hypothèse qui n&#8217;apparaît pas plus clairement que les autres.</p>
<p style="text-align:justify;">En fait l&#8217;AMA et l&#8217;UCI voulaient une sentence sévère pour justifier de leur crédibilité. Problème, jamais l&#8217;AMA n&#8217;a paru aussi peu crédible quand on pense au nombre de dossiers de dopage avérés, à propos desquelles elle n&#8217;a exigé aucune investigation supplémentaire après des sanctions de pure forme. Quant à l’UCI, elle pourrait contribuer à complètement ruiner le champion espagnol, si ce dernier devait régler les 2.5 millions d’euros (70% du salaire) que la fédération internationale réclame en cas de sanction égale à deux ans, sans parler des prix que Contador a reçus de ses victoires entre juillet 2010 et février 2012 et qu’il devra rendre, sans parler aussi de ses frais de tribunal et d’avocats. Bref, il fallait faire rendre gorge à Contador , tout en l’empêchant de pouvoir participer aux J.O. de Londres, ce qui explique, aux yeux des journaux espagnols, l’incompréhension sur la date de début de la suspension. Cela étant, une chose est sûre : avec cette sanction impitoyable pour ne pas dire pitoyable, encore une fois, c&#8217;est le cyclisme qui trinque !</p>
<p style="text-align:justify;">Heureusement dans ce mauvais feuilleton qui dure depuis 536 jours, il y a la réaction des coureurs ou des anciens coureurs, qu’il s’agisse d’Indurain, Merckx ou Oscar Pereiro, lui-même vainqueur du Tour de France suite au déclassement de Landis. Si j’ajoute cette précision c’est pour saluer la réaction d&#8217;Andy Schleck, une réaction qui l’honore, ce qui est normal car c&#8217;est un champion. Evidemment il ne peut pas avoir la même réaction que les forumers qui ont tous couru après la gloire, parfois et même souvent après la victoire, ou tout simplement qui ne sont jamais monté sur un vélo de compétition sur la route ou sur une piste. J&#8217;observe la même retenue chez Scarponi. Bravo Messieurs! Cela prouve que vous avez l&#8217;intelligence du cœur, ce qui fait d’autant plus regretter la réaction de certains personnages évoluant dans le monde du vélo depuis des décennies…qui semblent découvrir le problème du dopage dans le cyclisme en particulier, et le sport en général. Et puisque ce blog est consacré à l’histoire du sport, je voudrais rappeler que dans le monde du vélo il y a déjà eu des injustices énormes sous couvert de lutte contre le dopage, même si la sentence finale, pour dure qu’elle fût pour les protagonistes, n’a rien à voir avec celle qui frappe Contador.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous étions vers la fin du Giro 1969, très exactement le 2 juin,  et Eddy Merckx, le grand Eddy Merckx avait dominé tous ses rivaux dans l’ascension des Trois Cimes du Lavaredo, une ascension d’autant plus difficile qu’elle se faisait sous la neige. A trois jours de l’arrivée, personne ne doute qu’il a remporté son second Giro avec son avance de 1mn14s sur Gimondi, son seul véritable interlocuteur, mais qui lui était un peu inférieur partout. Toutefois, c’était sans compter sur le contrôle antidopage qui faisait apparaître des traces d’un stimulant, dont j’ai oublié le nom, dans ses urines. Merckx eut beau protester de son innocence, eut beau recevoir les témoignages de sympathie du médecin contrôleur lui affirmant qu’il le croyait innocent, Merckx sera déclassé, la contre-expertise s’avérant elle-aussi positive, une contre-expertise à laquelle Merckx ne fut pas conviée sous le fallacieux prétexte qu’on ne pouvait pas le joindre…alors qu’il était resté cloîtré dans son hôtel.</p>
<p style="text-align:justify;">Et si l’on ajoute que les mauvaises langues affirmaient que le médecin contrôleur était un intime de Gimondi, il faut reconnaître qu’Eddy Merckx avait le droit de croire au complot, même s’il reçut le réconfort de certains coureurs italiens, notamment Vito Taccone, Paolini…et Felice Gimondi, lequel allait hériter de la victoire finale. Personne ne saura ce qui s’était passé réellement en cette fin de Giro, mais force est de reconnaître qu’Eddy Merck, qui jure encore aujourd’hui qu’il ne s’était pas dopé, subit l’opprobre ce jour-là, et que cet évènement allait le suivre jusqu’à la fin de sa carrière. Et encore avait-il la chance qu’à cette époque il n’y ait pas internet, sinon j’imagine la réaction des forumers à propos de cette affaire, certains n’hésitant pas à la rappeler quand Merckx s’indigne de ce que vient de subir Contador…alors que nombre de ces forumers excités n’ont pas connu l’époque Merckx.</p>
<p style="text-align:justify;">Autre rappel qui remonte à 1966, avec le record de l’heure non homologué de J. Anquetil, lequel avait couvert 47.493 km, soit 146 mètres de plus que Roger Rivière en 1958, ce qui était un sacré exploit. Et pourtant ce record n’a jamais existé sur les tablettes des records…faute pour Anquetil de satisfaire au contrôle antidopage, dont les modalités étaient différentes selon les fédérations. En outre, au moment de sa tentative, il était prévu que Jacques Anquetil ne serait pas ennuyé par un quelconque contrôle. Résultat, le coureur normand fit cet exploit pour rien, ce qui n’empêcha pas tout le monde de saluer la portée de sa performance exceptionnelle…alors qu’il avait presque 33 ans. Et pour terminer sur le sujet, il faut noter que si Anquetil a eu recours dans sa carrière à des stimulants, cela ne l’a pas empêché de faire une carrière qui a duré treize longues années. Cependant force est de reconnaître que les contrôles antidopage ont permis de rendre le cyclisme moins dangereux pour ses pratiquants au plus haut niveau et, accessoirement, ont permis ces dernières années de ramener le cyclisme à ses bases antérieures, avec des poids légers qui grimpent mieux que des coureurs de 80 kg et plus, ce qui n’était plus la cas à une certaine époque. Ce n’est pas une raison pour faire du zèle vis-à-vis de certains coureurs au moindre problème. Bref, il y a la loi et l’esprit de la loi !</p>
<p style="text-align:justify;">Un dernier mot enfin pour raconter un épisode historique que j’évoquais sur Cyclism’Actu, dont je recommande une nouvelle fois la lecture. Fermons la parenthèse, pour s’interroger sur la manière dont un certain Caton, moraliste vétilleux, essaya de détruire la réputation de Scipion l&#8217;Africain. Nous étions en 187 av. J.C., et Caton était tribun, ce qui lui permit  de demander à Scipion et à son frère Lucius qui revenaient d&#8217;Asie en triomphateurs, de rendre compte au Sénat des sommes versées par Antiochus comme prise de guerre. C&#8217;était certes une requête parfaitement légitime, mais qui surprit les Romains parce qu&#8217;elle mettait en doute la probité  du vainqueur de Zama, laquelle en fait était au-dessus de tout soupçon.</p>
<p style="text-align:justify;">On ne comprend toujours pas la raison qui poussa Caton à faire cela. Peut-être voulut-il simplement rétablir le principe, qui commençait à tomber en désuétude à cette époque, que les généraux, quels que fussent leur nom et leur mérite, eussent à rendre des comptes? Peut-être aussi y avait-il là dessous une violente antipathie pour le clan Scipion, esthétisant, hellénisant et modernisant pour l&#8217;époque? Sans doute un peu des deux. En tout cas cette prétention coalisa contre celui qui l&#8217;avançait nombre de gens lettrés de Rome.</p>
<p style="text-align:justify;">Il n’empêche, Scipion fut convoqué devant l&#8217;Assemblée pour s&#8217;expliquer. Le châtiment fut épargné à Scipion grâce à un certain Tiberius Gracchus (père des Gracques) qui avait épousé Cornelia, sa fille, sans pour autant être son ami. Mais il fut convoqué une seconde fois, et cette fois refusa de se présenter. Rempli d&#8217;amertume, il préféra se retirer dans sa villa de Literne où il résida jusqu&#8217;à sa mort. Cela dit, Caton n&#8217;était pas un saint, comme en témoigne ce qui ressort de son <em>Traité sur l’Agriculture. </em>Par exemple, il nourrissait ses esclaves d’olives pourries, leur faisait boire de l’eau coupée de vinaigre, les habillait de haillons. Quand ces esclaves étaient vieux et usés, pour ne pas nourrir de bouches inutiles, il les vendait pêle-mêle avec les bœufs hors de service et la ferraille hors d’usage. Bref, Caton était un monument d’avarice qui ne pensait qu’à l’argent…au nom de la morale.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans tout cela n’y-a-t-il pas quelque analogie avec le cas Contador ? Après tout que reproche-t-on surtout à Contador, glorieux vainqueur de six grands tours ? De s’être dopé ? Mais si c’était le cas, il y a longtemps que son cas serait réglé et il finirait de purger sa suspension de deux ans. En plus, il n’y a pas la moindre preuve qu’il ait pris un produit pour améliorer ses performances, donc si l’on s’est acharné sur son cas, c’est tout simplement pour faire un exemple. Mais alors pourquoi l’AMA réagit-elle ainsi chaque fois qu’un cycliste de grande notoriété rencontre un problème…et très rarement pour les autres sportifs ? Là est toute la question, et c’est pour cela que l’AMA a remporté une victoire à la Pyrrhus, et que le cyclisme vient de subir une terrible défaite. J’ose simplement espérer qu’à l’inverse de Scipion, Contador persistera dans son idée de remonter sur son vélo pour prouver de nouveau à tous ses détracteurs qu’il fait partie de la plus belle histoire du cyclisme, quitte à continuer à susciter, plus particulièrement en France, une jalousie aussi morbide que ridicule.  Et qu&#8217;il me permette de faire une suggestion, à savoir profiter de ces six mois pour travailler sur la piste afin de s&#8217;attaquer en fin de saison au record de l&#8217;heure, lequel a besoin d&#8217;un sérieux rafraîchissement.</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Escatafal</p>
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		<title>Le rugby pro ne peut exister que dans les grandes villes</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 17:39:27 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2012/02/top-14.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1580" title="top 14" src="http://spain39.files.wordpress.com/2012/02/top-14.png?w=116&#038;h=150" alt="" width="116" height="150" /></a>En ce début d’année un débat resurgit dans le rugby français pour savoir si l’on doit augmenter le nombre de clubs admis dans le Top 14, anciennement appelé championnat  de France. En fait le but de ces discussions est le passage de 14 à 16 clubs pour l’élite, passage soutenu par je ne sais trop qui, mais qui verra sans doute le jour dans les années qui viennent. Pourquoi revenir en arrière avec 16 clubs dans l’élite, alors que tous les amoureux de ce sport sont inquiets de voir les meilleurs joueurs enfiler les matches comme des perles… jusqu’au moment où survient la blessure, la blessure grave qui met entre parenthèses pour un long moment la carrière des joueurs. Certaines mauvaises langues suggèrent que c’est pour sauver l’Aviron Bayonnais et le Biarritz Olympique de Serge Blanco, solution que ce dernier refuserait même en cas de relégation du B.O., mais ce n’est pas uniquement à cause de cela.</p>
<p style="text-align:justify;">En effet, aujourd’hui le rugby ce n’est plus de la joyeuse rigolade comme à l’époque où il était amateur, parce qu’il y a des millions et des millions d’euros en jeu, et que des investisseurs de haute volée ont décidé de s’impliquer dans ce rugby devenu ultra professionnel, au même titre que le football, même si les sommes en jeu sont encore loin d’être au niveau de celles des « manchots ». Et pour générer des rentrées d’argent et attirer les sponsors, il faut de l’exposition, donc avoir un nombre toujours plus important de matches à disputer…pour faire plaisir aux chaînes de télévision. En fait, si je devais faire la comparaison, je dirais plutôt que le rugby me fait penser à la NBA, en raison du petit nombre de pays le pratiquant au plus haut niveau (Grande Bretagne, France, Irlande, Australie, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud), plus quelques nations n’existant qu’a travers leur équipe nationale formée avec des joueurs opérant en Europe ou en Australie et Nouvelle-Zélande (Argentine, Italie, Fidji, Tonga, Samoa, voire Etats-Unis et Canada). Néanmoins, malgré son absence d’universalité, le rugby professionnel, à l’exemple de la NBA (toutes proportions gardées), génère des ressources considérables à l’intérieur de son circuit fermé.</p>
<p style="text-align:justify;">Et c’est précisément à cause de tout cet argent qui coule à flot sur le rugby, que l’on enregistre ces débats entre ceux qui veulent que le rugby de club soit de plus en plus professionnel, quitte à donner des sommes très importantes aux meilleurs joueurs (nationaux ou étrangers ), et d’autres qui voudraient que le professionnalisme reste raisonnable. Problème, quand on vit dans le sport professionnel, on ne peut qu’avancer vers le toujours plus grand, plus gros, plus haut, plus fort et plus structuré, parce qu&#8217;à ce niveau le sport est aussi un spectacle. C’est valable pour les clubs, mais aussi pour les joueurs. Et tout cela se paie très cher, au point d’avoir aujourd’hui dans le Top 14 cinq clubs ayant un budget compris entre 20 et 33 millions d’euros, à savoir le Stade Toulousain (33.1 M), l’ASM Clermont-Ferrand (24.1 m), le Racing-Métro92 (22.4 m), le Stade Français (21.3 m) et le RC Toulon ( 20 M). Tous ces clubs sont dirigés comme des grandes entreprises, sont soutenus par des entités financières importantes, et leurs dirigeants sont des gens qui veulent faire évoluer le rugby vers un sommet d’excellence et de professionnalisme…que même nombre de clubs de football de Ligue 1 pourraient leur envier.</p>
<p style="text-align:justify;">Voilà pourquoi des gens comme Mourad Boudjellal (Toulon) ou Jacky Lorenzetti (Racing Métro) , qui vient de se séparer immédiatement et sans délai de son meilleur produit marketing, Sébastien Chabal, suite à un désaccord et un échange houleux avec l’entraîneur Pierre Berbizier, détonnent quelque peu dans un milieu qui, parfois, ne semble pas réaliser ce qui lui arrive. Et oui, il faut s’y faire, le rugby des champs ou si l’on préfère le rugby de Papa ou Grand-Papa, avec ceux qu’on appelait les « gros pardessus » en parlant des dirigeants de la fédération, n’existe plus. Aujourd’hui c’est le rugby du vingt et unième siècle qui a pris le pas sur le rugby tel qu’on le pratiquait et le connaissait jusqu’à la fin du siècle précédent. Il n’a rien à voir non plus avec le professionnalisme du rugby à XIII, instauré dans notre pays en 1934 par un immense joueur, Jean Galia, sport qui donnera à la France son premier titre mondial (officieux) dans un sport collectif (1951), avec ses Puig-Aubert, Merquey, Dop, Brousse, Calixte, Rinaldi ou Ponsinet.</p>
<p style="text-align:justify;">A propos de Puig-Aubert et Merquey, je ferais une petite parenthèse pour dire que ces joueurs qui ont marqué ce que l’on appelait le Jeu à XIII venaient du rugby XV où ils étaient déja des vedettes. Puig-Aubert fut un arrière champion de France avec l’USAP 1944, Merquey fut un centre international à XV en 1950, comme l’étaient aussi Roger Arcalis à l’arrière en 1950 et 1951, et plus tard les Lourdais Jean Barthe, qui était à la fin des années 50 le meilleur troisième ligne centre du monde, Pierre Lacaze, l’arrière de la victoire sur les Springboks en 1958, ou encore Quaglio le coéquipier de Lucien Mias au S.C. Mazamet, pilier de cette même équipe de France en Afrique du Sud, le Palois Claude Mantoulan, un des attaquants français les plus doués au début des années 60, sans oublier Jean Capdouze, autre centre de talent qui fut champion de France avec la Section Paloise en 1964. Tous ces joueurs ont marqué leur époque dans les deux rugby, preuve que la classe a toujours été suffisante pour briller à XV ou à XIII. D’autres en revanche choisiront le chemin inverse, mais infiniment moins nombreux. Je n’en citerais que trois, à savoir Jean Daugé le fameux centre bayonnais de la fin des années 40 et du début des années 50, François Labazuy le demi de mêlée du grand Lourdes, et Jo Maso qui fera les beaux jours de Toulon, de Narbonne et du XV de France dans les années 60 et 70. Cela étant, de nos jours le rugby à XIII, surtout en France, ne fait pas du tout le poids avec le XV, les meilleurs treizistes rejoignant peu à peu les meilleures équipes ou franchises à XV, et cela est valable même en Australie où le XIII est pourtant sport national, par exemple S.B. Williams, l’ancien joueur du R.C. Toulon.</p>
<p style="text-align:justify;">Fermons cette parenthèse treiziste, pour dire que de nos jours il n’y a plus de place dans la haute élite pour les petits clubs, ni pour les petites villes, parce que le rugby du vingt et unième siècle va vers le gigantisme à tous points de vue, et que gigantisme ne rime pas avec petite ville. Ce n’est pas pour rien si les clubs à gros budgets, dont j’ai parlé précédemment, sont ceux de villes comme Paris, Toulouse, Clermont-Ferrand ou Toulon, dont les agglomérations dépassent toutes 300.000 habitants. A ces clubs il faut ajouter Montpellier Hérault Rugby qui, d’ailleurs, fut finaliste l’an passé du championnat de France. Et les autres clubs me direz-vous ? Et bien, ils sont condamnés à évoluer un jour en deuxième division à l’exception du Lyon OU et de l’Union Bordeaux-Bègles, qui viennent de monter en Top 14, en attendant le F.C. de Grenoble et peut-être un jour un club de Marseille. C’est peut-être dommage, mais c’est une évolution irréversible.</p>
<p style="text-align:justify;">Cela étant, sur le plan historique, on ne fait que revenir aux origines de ce sport, puisque les premières équipes championnes de France s’appelèrent le R.C. France (1892, 1900, 1902), ancêtre du Racing Métro, le Stade Français (1893, 1894, 1895, 1897, 1898, 1903, 1908), l’Olympique, composé de laissés pour compte du Racing (1896) donc une équipe parisienne, le Stade Bordelais (1899, 1901, 1904, 1905, 1906,1907,1909, 1911), le F.C. Lyon (1910), le Stade Toulousain (1912), avant que la première équipe d’une petite ville finisse enfin par l’emporter en 1913, l’Aviron Bayonnais. Ces clubs de petites villes vont longtemps faire jeu égal avec les clubs des grosses villes. Clermont-Ferrand, par exemple, a dû attendre le professionnalisme et l’année 2010 pour remporter le Bouclier de Brennus, alors que l’US Quillan avait été champion de France en 1929. Il est vrai que cette équipe, fleuron sportif d’un village de 3.000 habitants, avait été construite de toutes pièces par un riche chapelier (Jean Bourrel), lequel avait recruté dix joueurs parmi les meilleurs en 1928 pour arriver cette même année en finale (battu par la Section Paloise 6-4) et rafler le titre de champion de France l&#8217;année suivante contre le F.C. Lézignan…avant de retomber très vite dans l’anonymat.</p>
<p style="text-align:justify;">Ensuite jusqu’à la fin des années 40, plusieurs clubs de petites villes s’illustrèrent, notamment le C.S. Vienne, le Biarritz Olympique, ou encore au début des années 50 l’US Carmaux à côté d’autres appartenant à des cités un peu plus importantes comme Agen, Castres, Pau ou Perpignan. Cela dit, le plus grand club de cette époque était celui d’une petite ville d’à peine 15.000 habitants, Lourdes, qui avait eu la chance d’être devenue un lieu de pélérinage parmi les plus fréquentés dans le monde, ce qui laissait aux joueurs du club non fonctionnaires des possibilités importantes pour trouver un emploi à leur convenance. Mais le F.C. Lourdes, huit fois champion de France entre 1948 et 1968 dont 7 fois entre 1948 et 1960, allait devenir aussi un lieu de pèlerinage…du rugby, grâce à l’action et à l’aura d’un joueur, Jean Prat, que les inventeurs du rugby (les Britanniques) ont appelé « Monsieur Rugby », lequel, comme disait Denis Lalanne, a le premier compris que le rugby était un jeu anglais, donc tout dans l’effacement de la personnalité au seul bénéfice de l’équipe. Et c’est comme cela que le F.C. Lourdes allait planer pendant un peu plus d’une décennie sur le rugby français, et donner à l’équipe de France nombre de joueurs d’une des plus belles équipes de l’histoire du rugby international (1958-1959). Aujourd’hui le F .C. Lourdes, que j’ai tellement admiré quand j’ai commencé à toucher mes premiers ballons de rugby, est en Fédérale 1. Bonjour tristesse !</p>
<p style="text-align:justify;">Ensuite ce sera le règne de deux équipes dont l’une, l’A.S. Béziers, est actuellement dernière de Pro D2, alors que l’autre, le S.U. Agenais, est arrivé à retrouver le Top 14 où il fait bonne figure cette année. Néanmoins, on voit quand même que l’ancien club de Razat, Lacroix, Zani ou Echavé (champion en 1962, 1965 et 1966), peine à se maintenir au plus haut niveau. En revanche, comme je viens de le dire, on a complètement oublié le Béziers des Dedieu, Danos, Gensane, Vidal ou Barrière (champion en 1961), comme celui des Astre, Cabrol, Cantoni, Estève, Saisset, Palmié, Paco ou Vaquerin, qui a dominé la décennie 70 et la moitié de celle des années 80. Et pourtant ce Béziers là a presque autant dominé le rugby français que le grand F.C. Lourdes vingt ans auparavant, l’empreinte internationale en moins. Quant aux autres clubs qui ont réussi à grapiller un Bouclier de Brennus entre 1960 et 1990, ils ont depuis longtemps quitté les avant-postes du rugby français. Parmi eux on citera le Stade Montois des frères Boniface (champion en 1963), la Section Paloise de Moncla, Saux et Piqué(en 1964), l’U.S. Montauban de Cabanier (en 1967), la Voulte Sportif des frères Camberabero( en 1970), ou encore le Stado Tarbais de Sillières et Abadie (en 1973), sans oublier le R.C. Narbonnais de Codorniou, Sangali et Claude Spanghero (en 1979), tout cela nous amenant au début du long règne du Stade Toulousain, 11 titres depuis 1985, année où il conquit le Bouclier de Brennus avec dans ses rangs  un certain Guy Novès, plus Charvet, Bonneval, Gabernet et les frères Portolan.</p>
<p style="text-align:justify;">A propos du Satde Toulousain, qui allait remporter également 4 Coupes d’Europe depuis sa création en 1995 (le Real Madrid du rugby), on soulignera que ce fut le club qui sut le mieux franchir le pas du professionnalisme, avec un mélange de formation (Jauzion, Michalak, Poitrenaud) et de joueurs de talent recrutés à l’extérieur (Elissalde, Dussautoir). Les autres lauréats depuis 1985 appartiennent à la fois aux clubs des grandes villes (Stade Français, Toulon, Bègles, Clermont), mais aussi de plus petites agglomérations comme Agen, Castres, Biarritz (3 titres) et même Perpignan. Toutefois ces équipes, qui sont encore en Top 14, ont parfois toutes les peines du monde à s’y maintenir, à part Castres, et  figurent dans la deuxième moitié du classement du Top 14, certaines d’entre elles pour la première fois, comme le Biarritz Olympique ou l’USA Perpignan. Gageons que les années à venir seront encore plus difficiles pour les clubs de ces villes car, manifestement, la course aux armements dans l’élite est de plus en plus exacerbée. Il n’y qu’à voir les noms venant de l’étranger figurant dans nos meilleures équipes pour en témoigner (Wilkinson, Albacete, Mac Allister, Burgess, François Steyn, Hernandez, Sivivatu etc). Et ce n’est apparement qu’un début.</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Escatafal</p>
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		<title>Tamgho, l&#8217;avenir du triple saut si&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 22:00:57 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2012/01/tamgho.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1558" title="tamgho" src="http://spain39.files.wordpress.com/2012/01/tamgho.png?w=150&#038;h=99" alt="" width="150" height="99" /></a>Alors que Teddy Tamgho est en train de gâcher une de ses plus belles années pour avoir fait récemment la une des journaux au chapitre des faits divers, ce qui lui a coûté de voir son sponsor mettre fin à son contrat, et une suspension d&#8217;un an dont six mois avec sursis de la part de la Fédération Française d’Athlétisme…ce qui ne l’empêchera pas de participer aux Jeux Olympiques de Londres, je voudrais parler aujourd’hui d’athlétisme, et plus particulièrement d’une spécialité un peu moins connue que d&#8217;autres, le triple saut. Et si j’en parle, c’est parce que le triple saut est une des rares épreuves où les meilleurs athlètes font les deux saisons, la salle en hiver et en plein air l&#8217;été, ce qui devrait être le cas pour davantage d’épreuves afin que l’athlétisme ne soit pas, comme le ski, un sport dont la saison ne dépasse pas trois ou quatre mois. Cette situation est d’autant plus regrettable qu’autrefois il y avait une vraie saison en salle, notamment aux Etats-Unis, et que certains athlètes y réalisaient leurs meilleures performances, et pas seulement sur le sprint ou les sauts. En fait la situation de l’athlétisme en salle est un peu comparable à celle que connaît le cyclisme sur piste, qui n’existe plus qu’à travers quatre ou cinq épreuves dites de Coupe du Monde, plus les championnats d’Europe et du monde.</p>
<p style="text-align:justify;">Fermons la parenthèse, pour noter qu’un des meilleurs athlètes en «indoor» est précisément Teddy Tamgho, qui détient les titres européen et mondial en salle, mais aussi le record du monde de sa spécialité, le triple saut avec un bond de 17m92, réalisé l’an passé lors des championnats d’Europe en salle. En revanche, jusque-là, il a été moins performant en plein air, puisqu’il n’a pu décrocher que la médaille de bronze aux championnats d’Europe 2010, alors qu’il en était le grandissime favori. Cela dit, on ne sait pas ce qu’il aurait pu faire l’an passé s’il avait participé aux championnats du monde à Daegu, puisqu’il était blessé. Enfin, pour être complet, il a quand même terminé l’année avec la meilleure performance mondiale grâce à un bond de 17.98m réalisé en juin à New-York. Bref, compte tenu de son jeune âge (23 ans en juin prochain), Tamgho a sûrement un très grand avenir, et peut même être considéré comme le plus sûr espoir de médaille d’or français aux J.O. de Londres ou de Rio…s’il ne réitère pas quelques erreurs de jeunesse. Et le fait d’être entraîné par le Cubain Pedroso, qui présente de sérieuses références à la fois par son passé de champion du monde et olympique à la longueur, et par le fait qu’il ait entraîné sa compatriote Yargelis Savigne (double championne du monde du triple saut), est un gage supplémentaire de progression, pour l’aider à franchir la fameuse barrière des 18 mètres que tout le monde lui prédit, et qu&#8217;il aurait pu franchir dès le mois de mars aux prochains championnats du monde en salle s&#8217;il n&#8217;avait pas été suspendu.</p>
<p style="text-align:justify;">A ce sujet, il faut noter que les plus grands champions de ce concours si particulier qu’est le triple saut ont tous marqué l’histoire de l’athlétisme, en rappelant que la discipline date de la moitié du 19è siècle, et que son premier champion fut un Américain d’origine irlandaise, James Conolly, qui réalisa en 1896 un triple bond de 13,71m.  Ensuite, dès 1900, on franchira la barrière des 14m (Prinstein avec 14.47m), puis en 1906 on dépassera les 15 m avec John Bresnihan. Que de progrès en dix ans ! Mais il faudra attendre le 30 septembre 1951 pour voir un représentant de l’école brésilienne, Da Silva, franchir enfin les 16 m, en battant le record du monde avec un triple saut de 16.01 m. Cet homme va vraiment marquer son époque, en battant le record du monde aux J.O. d’Helsinki en 1952 avec un triple bond de 16.22 m à son cinquième essai. Surtout les spécialistes avaient noté qu’il avait réalisé ces 16.22 m avec une répartition quasi idéale  de 6.20 m au premier saut, puis 4.75 m au second et enfin 5.27 m au troisième.  Da Silva sera une véritable idole dans son pays, mais va aussi marquer pour longtemps l’histoire du triple. Il va porter le record du monde jusqu’à 16.56 m en 1955 aux Jeux Panaméricains à Mexico à 2200m d’altitude. Dés lors la discipline va s’accélérer puisque le Polonais Schmidt, champion d’Europe en 1958, capable de courir le 100 m en 10s.4/10, belle performance pour l’époque, va réussir à franchir la barre des 17 m. Très exactement  17.03 m,  avec une répartition très différente de celle de Da Silva (5.99 m+5.02 m+6.02 m). Nous étions entrés dans une autre époque, d’autant que la vieille cendrée allait être remplacée à partir de 1968 par du synthétique. Dès lors ce sont les 18 mètres que l’on envisageait.</p>
<p style="text-align:justify;">Déjà à Mexico, aux J.O. de 1968,  avec l’altitude plus un vent qui soufflait presque continuellement à 2m /seconde, sans oublier la piste en polyuréthane, on allait avoir droit à un concours extraordinaire qui, d’ailleurs, eut mérité que l’on en parlât davantage avec six athlètes qui ont dépassé  les 17 m, le record du monde ayant été battu plusieurs fois. Par l’Italien Gentile tout d’abord avec 17.22 m, puis ensuite par le Brésilien Prudencio qui franchit 17.27 m, avec un vent favorable de 2m/s donc juste à la limite autorisée,  avant que le Soviétique Victor Saneiev,  qui allait marquer lui aussi l’histoire  de la discipline, n’améliore le record avec 17.39 m, là aussi avec l’anémomètre bloqué à la limite autorisée de 2 m/seconde. Certains diront que c’était trop beau pour être vrai, un peu comme les 8.90 m de Beamon à la longueur dans les mêmes conditions, qui ont éclipsé le concours du triple, lequel méritait un autre traitement de l’information que celui qui lui fut réservé à l’époque. Saneiev a sans doute été le plus doué des triples sauteurs, au moins jusque là, avec un ensemble de qualités tout à fait exceptionnel. Il était en effet de capable de courir le 60 m en 6s 80, mais aussi de réaliser 8.20 m en longueur. Cela lui permettra de régner sur la spécialité pendant près de 10 ans, jusqu’à l’avènement d’un autre Brésilien, De Oliveira, qui allait réussir 17.89 m en 1975…à Mexico. De Oliveira, comme Saneiev, était un athlète très rapide avec une répartition qui indique qu’il utilisait au maximum sa vitesse, la décomposition de son triple saut étant de 6.10 m + 5 .36 m + 6.43 m.</p>
<p style="text-align:justify;">Après De Oliveira, de nombreux athlètes vont buter sur la ligne des 18 m, à commencer par Banks qui réalisera 17.97m à Indianapolis, un record qui tiendra dix ans, mais aussi le champion olympique 1987, le Bulgare Markov, ou encore l’Américain Conley  qui dépassera 18m (18.20) mais avec un vent trop fort (5m/s), jusqu’à ce qu’elle soit franchie par le Britannique Jonathan Edwards à deux reprises en 1995 avec 18.16 m et peu après avec 18.29 m, ce qui constitue l’actuel record du monde. Edwards aura été un immense champion puisqu’il a été champion d’Europe, champion du monde (2 fois) et champion olympique en 2000. En fait il aura tout gagné, sauf le titre de champion du monde en salle, titre qu’a remporté Teddy Tamgho, comme je l’ai souligné précédemment, sans doute l’athlète le plus doué que l’athlétisme français ait eu depuis bien longtemps, aujourd’hui troisième performer mondial derrière Edwards et l’Américain Harrison (18.09 m).</p>
<p style="text-align:justify;">Et puisque j’ai de nouveau évoqué Tamgho, quand réalisera-t-il ces fameux 18 mètres ? Sans doute cet été…si le manque de compétition et ses déboires privés ne le handicapent pas trop. Dans ce cas, pourquoi pas aux Jeux Olympiques de Londres ? Ce serait beau de réaliser plus de 18 m, et de battre le record du monde devant un ou deux milliards de téléspectateurs dans le monde. Il pourrait dans ce cas retrouver rapidement de nouveaux sponsors, et sa valeur marchande dans les meetings augmenterait considérablement, d’autant que le jeune homme  a le sens du spectacle. En outre il sait bien qu’il lui faut encore beaucoup travailler pour aller encore plus loin, ce qui est rassurant. Ce l’est d’autant plus que s’il travaille sérieusement, il a tout pour devenir une légende comme De Oliveira, Saneiev et Edwards. Et ce n’est pas moi qui le dis, parce que je ne suis pas un technicien du triple saut. En effet, j’ai lu dans <em>l’Equipe</em> l’an passé (en juin) que le recordman du monde, Edwards, considérait que les 17.98 m de Tamgho n’étaient  pas « une immense surprise », parce que Tamgho « est ce qu’on a vu de mieux depuis les années 90 », ce qui ne l’a pas empêché d’ajouter qu’il avait encore du chemin à parcourir pour battre le record du monde. Espérons simplement que Tamgho comprenne que l’on ne peut devenir un très grand champion qu’avec un sérieux à toute épreuve, à l’entraînement comme dans la vie.</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Escatafal</p>
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		<title>Prost : &#8220;le professeur&#8221; allait aussi très,très vite</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 15:07:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il y a un peu plus de 25 ans (en octobre), le sport automobile français allait enfin connaître le grand bonheur d’avoir un champion du monde de Formule1. Cela faisait 36 ans que l’on attendait cela, et ce fut Alain Prost qui nous donnait ce bonheur. D’ailleurs, pour être tout à fait objectif, quelle que [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=spain39.wordpress.com&amp;blog=20480649&amp;post=1524&amp;subd=spain39&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;"><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2011/12/prost2.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1530" title="prost" src="http://spain39.files.wordpress.com/2011/12/prost2.png?w=103&#038;h=150" alt="" width="103" height="150" /></a>Il y a un peu plus de 25 ans (en octobre), le sport automobile français allait enfin connaître le grand bonheur d’avoir un champion du monde de Formule1. Cela faisait 36 ans que l’on attendait cela, et ce fut Alain Prost qui nous donnait ce bonheur. D’ailleurs, pour être tout à fait objectif, quelle que soit la qualité de Maurice Trintignant ou Jean Behra dans les années 50, puis plus tard de J.P. Beltoise et François Cevert dans les années 60 et 70, ou encore Patrick Depailler, Jacques Laffite, Jean-Pierre Jarier, J.P. Jabouille dans les années 70 ou Didier Pironi, René Arnoux et Patrick Tambay dans les années 80, force est de reconnaître que le meilleur de tous ces champions fut bel et bien Alain Prost, qui en plus figure au panthéon de son sport pour l’intensité de son duel avec Ayrton Senna.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Il y avait bien Jean-Pierre Jarier, surnommé « Godasse de Plomb », qui était peut-être le pilote le plus rapide de la F1 dans les années 70, ce qui lui aurait valu de courir pour Ferrari s’il ne s’était pas engagé auparavant chez Shadow. Au passage il faut souligner que ce fut finalement Lauda qui hérita du volant qui était promis à J.P. Jarier, de quoi donner à notre compatriote des regrets éternels, quand on voit la carrière que fit Lauda chez Ferrari (2 titres de champion du monde en 1975 et 1976). Toujours est-il que J.P. Jarier, ne gagna jamais un seul grand prix, même si son talent avait explosé de nouveau en plein jour quand il domina, tant aux essais qu’en course, le nouveau champion du monde, Mario Andretti, chez Lotus, pour les deux grands prix qu’il fit dans cette écurie après la mort de Ronnie Peterson à Monza en 1978.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Un autre pilote, Jacques Laffite, avait aussi frôlé le titre en 1979 au volant de sa Ligier, après avoir remporté les deux premiers grands prix de la saison. Simplement il a manqué à Laffite et Ligier, cette année-là, des moyens pour poursuivre jusqu’au bout le développement d’une voiture bien née, sans oublier la malchance qui avait accablé l’écurie quand Depailler eut son accident de deltaplane en été. Trois ans plus tard, un autre accident, aux essais du grand prix d’Allemagne, allait avoir des conséquences encore plus terribles pour Didier Pironi, car lui aurait été à coup sûr champion du monde tellement son avance était importante au championnat sur ses rivaux, laissant finalement le titre à Keke Rosberg (père de Nico) pour 5 points, alors qu’il n’avait pas disputé les 4 derniers grands prix.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Bref, on commençait à se dire que jamais les Français n’y arriveraient, d’autant qu’en 1983 Prost rate le titre de deux points. Une misère d’autant plus injuste que cette année-là l’écurie Brabham, dont le patron était Bernie Ecclestone l’actuel grand argentier de la F1, utilisa un carburant non conforme, ce qu’Ecclestone reconnut en disant que c’était « une erreur de bonne foi ». Problème, Renault ne déposa jamais réclamation, ce qui était pour le moins curieux parce que Renault était sûr de gagner. Certains ont donné comme explication le conflit entre Renault et Prost, ce dernier ayant quitté Renault en fin de saison pour rejoindre Mac Laren. Cela dit, chacun des fans du pilote français se disait qu&#8217;avec Mac Laren Prost allait à coup sûr être couronné, et que l&#8217;année 1984 serait la bonne. Hélas, Prost perdit la couronne mondiale pour un demi-point, laissant le titre à Lauda…qu’il avait pourtant dominé toute l’année.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Heureusement la Mac Laren, avec son moteur Tag-Porsche, dominait toujours la concurrence en 1985, avec comme challenger Ferrari et Alboreto. Cette fois, malgré tout son talent, Lauda n’avait aucune chance face à son coéquipier et rival, et personne pas même Alboreto n’allait empêcher Prost de réaliser l’exploit. En outre Prost avait un an de plus, et arrivait dans la plénitude de son talent, ce qui allait lui éviter de faire les quelques erreurs dont avait su si bien profiter Lauda l’année précédente. De fait, il arrivait à Brands Hatch, où avait lieu le grand prix d’Europe, avec 5 victoires dans sa besace, et 6 autres courses terminées dans les points. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Calibri;">Il ne lui manquait que 2 points, en précédant Alboreto, pour conquérir enfin ce titre qui semblait se refuser à lui, de quoi lui donner confiance d’autant qu’il restait encore deux autres grands prix à disputer, en Afrique du sud et en Australie. Mais Prost, comme tout le monde, se disait que le mieux était de rafler le titre tout de suite. Et ce fut ce qui arriva, après une course difficile où il passa dans l’herbe pour éviter dès le départ Rosberg, ce qui le fit rétrograder au milieu du peloton, mais il finit par dépasser Alboreto, et même si ce ne fut pas sa course la plus brillante il termina à une quatrième place qui comblait tous ses désirs. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Calibri;">L’année suivante, en 1986, il récidivera en profitant au maximum de la rivalité entre Mansell et Piquet chez Williams, dans un final qui a fait beaucoup jaser tellement il paraisait inimaginable qu&#8217;un des deux pilotes Williams puisse perdre le titre. Et pourtant ce fut le cas à l&#8217;issue d&#8217;un final à suspense qui fait penser à celui de 2008, quand Hamilton l&#8217;emporta sur Massa dans le dernier kilomètre de la dernière course.  En 1986 donc, alors que Mansell et Piquet se battaient pour la première place dans le Grand Prix d&#8217;Australie à Adelaïde, Mansell réussit à ravir la première place à Piquet et se dirigeait tranquillement vers son premier titre mondial, quand un de ses pneus arrière éclata. C&#8217;en était fini du titre pour le Britannique, lequel allait échoir à son rival et équipier Piquet. Mais celui-ci fut arrêté par précaution peu après par son écurie, laissant ainsi Prost filer vers un titre qui lui tombait un peu du ciel, mais qui le vengeait de ceux perdus en 1983 et 1984 alors qu&#8217;il était déjà le meilleur.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Calibri;">Prost venait de triompher définitivement de la malédiction qui frappait les pilotes français, et il allait confirmer ce titre en 1989 devant Ayrton Senna sur une Mac Laren à moteur Honda, à l&#8217;issue du plus beau duel qu&#8217;ait connue la Formule 1 depuis l&#8217;année de sa création en 1950&#8230;avec celui de l&#8217;année précédente. En 1988, en effet, Prost avait de nouveau flirté avec le titre en marquant plus de points que son rival, mais Senna remporta le titre car on ne comptabilisait pas tous les résultats à l&#8217;époque (les onze meilleurs), et en plus il avait remporté huit victoires contre sept à son rival français. Prost sera encore une fois champion du monde en 1993 après une année sabbatique, l&#8217;emportant de nouveau sur Senna, mais cette victoire fut moins significative que les précédentes, car Prost n&#8217;était plus tout à fait Prost, comme il le fut jusqu&#8217;en 1990, année où sur Ferrari il ne s&#8217;inclina que lors du dernier grand prix à Suzuka. En revanche, la Williams Renault de Prost en 1993 était nettement supérieure à la Mac Laren-Ford de Senna. Il n&#8217;empêche, Prost restera à jamais comme un des plus grands pilotes de l&#8217;histoire de la F1 et son duel entre 1988 et 1990 avec Senna, sera sans nul doute le plus beau qu&#8217;ait connu la discipline reine de la Formule1, un peu à l&#8217;image du duel Coppi-Bartali en cyclisme dans les années 40.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Calibri;">Michel </span></span><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Escatafal</span></p>
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		<title>Rétro : Jean-Claude  Killy  au niveau de  Tony Sailer</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 04:52:33 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Alors que la Coupe du Monde de ski s&#8217;apprête à retrouver un de ses rendez-vous historiques à Wengen dans une indifférence quasi générale en France,  je voudrais revenir sur ce qui s’est passé il y a  un peu moins de 44 ans (entre le 9 et le 17 février 1968) lors des Jeux Olympiques de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=spain39.wordpress.com&amp;blog=20480649&amp;post=1517&amp;subd=spain39&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;"><img class="alignleft" src="http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRlBHXAi0PArIxb92z9Apv87nbz64aMrXJcckeqPNsANz2kosCC3mGqSr0" alt="" width="99" height="135" /><img class="alignleft" src="http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSySpnkbeZFmyM1VJbIsI5IBFsLKLb2yRwr7EHS1a704VgFoGTe9w" alt="" width="93" height="125" /></span><span style="font-family:Calibri;">Alors que la Coupe du Monde de ski s&#8217;apprête à retrouver un de ses rendez-vous historiques à Wengen dans une indifférence quasi générale en France,  je voudrais revenir sur ce qui s’est passé il y a  un peu moins de 44 ans (entre le 9 et le 17 février 1968) lors des Jeux Olympiques de Grenoble, avec le triplé de J.C. Killy. Oh certes je ne suis en rien un spécialiste du ski, mais en revanche j’ai en mémoire, comme beaucoup de gens de ma génération, l’exploit extraordinaire réalisé par le skieur de Val d’Isère. A cette époque en effet on voyait du ski à la télévision régulièrement, et depuis les J.O. de 1960, notre équipe nationale était la meilleure du monde. Elle avait surtout dans ses rangs les deux meilleurs skieurs de la décennie, Périllat et Killy, et la meilleure skieuse, Marielle Goistchel, laquelle avec sa sœur allait se partager les titres en slalom à Grenoble.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">En 1968, avant les Jeux,  la question que tout le monde se posait était de savoir si réaliser le triplé descente-slalom spécial et slalom géant était encore possible, comme l’avait réussi Toni Sailer à Cortina d’Ampezzo en 1956, où il avait laissé tous ses adversaires à plusieurs secondes dans chaque épreuve. Pour réaliser un tel exploit il n’y avait que Killy, parce qu’il était plus régulier que Périllat, lequel en outre ne faisait plus grande chose en descente, alors qu’en 1961 il avait écrasé la discipline de toute sa classe après avoir obtenu la médaille de bronze aux J.O. de Squaw Valley l’année précédente, à peine âgé de 20 ans. Donc le peuple français attendait J.C. Killy, qui en plus avait été dominateur  aux championnats du monde de Portillo en 1966, en remportant la descente et le combiné, alors que Périllat avait dû se contenter du slalom géant.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Le 9 février,  nous voilà tous, parents et enfants, devant notre écran sur le coup de 11h ou midi (je ne sais plus) pour le départ de la descente, épreuve reine des J.O. d’hiver comme le 100 m en athlétisme.  Et justement le premier à partir s’appelle Guy Périllat, qui fait une course quasi parfaite, sans que tout le monde réalise qu’il a réussi un temps extraordinaire, même s’il a battu le record de la piste. Après tout on se disait que peut-être ce jour-là les conditions sont  exceptionnelles, donc il faut attendre que d’autres concurrents soient descendus. On allait attendre longtemps, jusqu’au dossard 14, celui de J.C. Killy qui allait battre son copain de l’équipe de France de 8 centièmes de seconde. Les spécialistes diront que le style un peu plus en force de Killy avait eu raison de celui plus technique et plus coulé de Périllat. Déjà on savait que Périllat n’égalerait pas Sailer, mais c’était toujours une hypothèse envisageable pour Killy.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Le dimanche 11 rebelote, avec a priori l’épreuve la plus facile pour Killy, quasiment imbattable en slalom géant. Et c’est ce qui se passa puisqu’il l’emporta dans les deux manches avec une large avance sur ses adversaires, deux secondes sur le Suisse Favre et trois sur l’Autrichien Messner. Là il y avait déjà davantage de  Toni Sailer  dans les écarts qui séparaient Killy de ses rivaux. Etait-ce un bon présage pour le slalom spécial ? Pour beaucoup d’observateurs c’était le cas, même si nombre d’entre eux se posaient la question de savoir si le skieur de Val d’Isère n’allait pas craquer au dernier moment, un mal bien français à l’époque. En outre le slalom spécial est plus aléatoire comme épreuve que les deux autres, avec des risques de chute ou de porte manquée plus importants. En disant cela je ne fais que répéter ce qu’en disaient les techniciens ou les journalistes spécialisés.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">En plus, en slalom, il y avait une concurrence sans doute plus forte qu’en géant, notamment avec un autre skieur surdoué, l’Autrichien Karl Schranz, qui obtiendra au cours de sa carrière 3 titres mondiaux en descente, au combiné et en géant. Mais  il était aussi très fort slalom, comme il allait le prouver le samedi 17 février à l’issue d’une épreuve dont il sera à la fois le héros et le grand perdant.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">La première manche allait tout d’abord rassurer les supporters de Killy car, faisant fi de la pression, Killy terminait premier de cette manche. Cependant les écarts étaient trop faibles pour qu’il ait course gagnée, si tant est qu’on puisse faire cette remarque en slalom spécial. Les principaux favoris se tenaient en effet en 69 centièmes de seconde. En outre la visibilité était très faible du haut jusqu’en bas du tracé. Killy s’élança le premier dans la deuxième manche mais stupeur, son temps fut dépassé par le second concurrent, Hakkon Mjoen le Norvégien. Heureusement pour  Killy, Mjoen avait escamoté deux portes et il fut disqualifié. Ouf ! </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Peu après ce fut au tour de Schranz de dévaler la pente entre les piquets. Prenant tous les risques, son festival se termina avant l’arrivée après avoir été déséquilibré à la porte 17. Reouf ! Cette fois on pouvait y croire, car Mjoen et Schranz étaient les deux plus dangereux adversaires de Killy et ils étaient sortis tous les deux. Du moins c’est ce qu’on croyait, car finalement Schranz fut autorisé à recourir cette deuxième manche… parce qu’il aurait été gêné par un commissaire de piste tout près de la porte 17. Schranz repartit et réalisa un temps global inférieur à celui de Killy. Malheur pour le Français, qui ne pouvait pas réussir son grand chelem (comme Sailer), et bonheur pour l’Autrichien qui était enfin champion olympique ! Cela étant  le jury international considèra que Schranz n’avait pas été gêné comme il l’avait indiqué, et le disqualifia,  au grand dam de la délégation autrichienne. Celle-ci fit appel de cette disqualification, mais dans la soirée le verdict tomba et Schranz était bien disqualifié.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Evidemment cela allait déclencher une polémique qui entacha quelque peu la victoire et le triplé historique de Killy, les Autrichiens considérant que les Français n’vaient pas été sportifs sur le coup. Je ne me risquerais pas, 44 ans plus tard, à porter un jugement pour savoir si Schranz avait été gêné ou pas, n’en ayant pas du tout les compétences, mais les plus franchouillards des supporters trouvèrent insupportable que Schranz ait pu recourir une deuxième fois, alors qu’il était allé à la faute. Les supporters autrichiens au contraire, estimaient que ce commissaire n’aurait jamais dû se trouver là, et donc qu’il était normal que Schranz ne fût pas disqualifié. Cela dit une chose est sûre : si Killy était sorti à la place de Schranz et dans les mêmes conditions, jamais les Autrichiens n’auraient accepté qu’il  soit autorisé  à refaire une deuxième fois le parcours. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Dommage cette polémique, car cela a quelque peu terni l’exploit de Killy. Malgré tout on oublia très vite ces péripéties, et pour tout le monde Killy était considéré comme le plus grand skieur de tous les temps avec Tony Sailer. Plus personne ensuite ne réussira aux J.O. ou aux championnats du monde le triplé réalisé par ces deux superchampions, y compris chez les femmes.  Les J.O. de Grenoble resteront  ainsi dans l’histoire comme  la fête de Killy, et la fête de tout le ski français avec la médaille d’argent en descente de Périllat et les médailles d’or et d’argent des sœurs Goitschlel en géant  et en slalom. Qu’il semble loin ce temps où le ski français dominait le monde !  En tout cas grâce à Killy et ses copains, nous avions passé  une dizaine de jours magnifiques pour le sport français.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Michel Escatafal</span></p>
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		<title>Une pensée pour Guy Boniface (6 mars 1937- 1er janvier 1968)</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2012 16:01:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>msjsport</dc:creator>
				<category><![CDATA[rugby]]></category>
		<category><![CDATA[Boniface]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 31 décembre est une date qui rappelle de très mauvais souvenirs aux amateurs de rugby de ma génération car ce jour-là, il y a 44 ans, Guy Boniface était victime d’un accident de la route après un match de bienfaisance à Orthez. Il décèdera le lendemain des suites de ses blessures à l’âge de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=spain39.wordpress.com&amp;blog=20480649&amp;post=1546&amp;subd=spain39&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2012/01/guy-boniface.png"><img class="alignleft size-full wp-image-1547" title="Guy Boniface" src="http://spain39.files.wordpress.com/2012/01/guy-boniface.png?w=590" alt=""   /></a>Le 31 décembre est une date qui rappelle de très mauvais souvenirs aux amateurs de rugby de ma génération car ce jour-là, il y a 44 ans, Guy Boniface était victime d’un accident de la route après un match de bienfaisance à Orthez. Il décèdera le lendemain des suites de ses blessures à l’âge de 31 ans. La mort venait de frapper un des plus brillants apôtres du jeu de ligne inspiré par Jean Daugé dans les années 40, et cultivé ensuite par le tandem lourdais Maurice Prat-Martine dans les années 50. Les frères Boniface prendront la relève dans les années 60, et nul doute que sans des sélectionneurs à la fois aveugles et de mauvaise foi, ils auraient encore marqué davantage leur époque tellement « la complicité dans le jeu d’attaque n’a atteint une aussi admirable perfection » pour parler comme Henri Garcia dans sa <em>Légende du Tournoi</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">J’ai déjà parlé des frères Boniface sur ce site et si je l’ai fait c’est tout simplement parce que les deux frères ont émerveillé mes premiers émois de rugbyman. Je revois encore Guy Boniface, sans son frère André, débuter en Equipe de France avec à ses cotés un autre très grand attaquant (centre ou demi d’ouverture) Jacky Bouquet. Ensuite il sera de nouveau régulièrement sélectionné (35 sélections en tout), le plus souvent d’ailleurs au détriment de son frère, les sélectionneurs appréciant sa hargne et la qualité de sa défense. Cependant, c’est quand même aux cotés d’André qu’il réalisa ses plus beaux chefs d’œuvre, et il serait trop difficile de citer tous les matches où « les Boni », comme on les appelait, firent la démonstration de leur extraordinaire talent.</p>
<p style="text-align:justify;">On regrettera simplement qu’ils aient terminé leur carrière internationale le 26 mars 1966 parce qu’on leur reprochait d’avoir trop voulu attaquer dans un Pays de Galles-France qui tourna à la confusion des Français parce que, suite à une nouvelle attaque française, la passe de Gachassin à André Boniface fut déviée par le vent et interceptée par l’ailier Stuart Watkins, alors que l’essai paraissait tout fait. C’était la défaite pour un point (9 à 8) et les Boniface furent limogés dans la nuit (voir l’article intitulé <em>Merveilleux frères Boniface</em>…), ce que tout le monde trouvait très injuste puisqu’une souscription (1 franc) fut lancée par le journal l’Equipe auprès de ses lecteurs pour que les deux frères puissent assister des tribunes au match suivant, contre l’Italie à Naples (victoire de la France 21 à 0).</p>
<p style="text-align:justify;">A noter que ce jour-là, on assista aux grands débuts en sélection de celui qui allait perpétuer la tradition des grands trois-quarts centres français, Jo Maso. Ce dernier formera à son tour avec son compère Trillo une paire de centres remarquables bien dans la tradition, ce qui ne les empêchera pas d’être confrontés aux mêmes tourments que leurs prédécesseurs pour ce qui est de l’Equipe de France. A l’époque les sélectionneurs n’aimaient pas beaucoup le talent qui leur paraissait toujours suspect.</p>
<p style="text-align:justify;">Par la suite, d’autres grands attaquants continueront à porter haut le flambeau du jeu d’attaque à la française ( Bertranne, Sangalli, Codorniou, Sella, Charvet, Castaignède, Jauzion), mais jamais aucun d’entre eux n’atteindra l’aura que connurent en leur temps les Boniface. C’était il y a plus de 30 ans, mais pour ceux qui sont nés avant 1950, ce sont des souvenirs qui ne s’effaceront jamais. Cela dit, comme nous sommes au début de  l’année 2012, je vous souhaite une bonne et heureuse année, avec l’espoir que le sport en général et le rugby en particulier nous apporteront encore plus de joies que l’année passée.</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Escatafal</p>
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		<title>A propos du Dakar&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 10:09:00 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[automobile]]></category>
		<category><![CDATA[Dakar]]></category>
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		<description><![CDATA[Je m’intéresse au sport depuis mon plus jeune âge au point même que mes parents et leurs amis étaient étonnés d’une telle passion. Je n’avais pas six ans que déjà j’étais fasciné par les exploits de Coppi, Koblet, Bobet, ou encore de Fangio ou Ascari, puis de Martine, des frères Prat, Rancoule ou Lacaze. Plus [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=spain39.wordpress.com&amp;blog=20480649&amp;post=1541&amp;subd=spain39&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2011/12/dakar.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1542" title="dakar" src="http://spain39.files.wordpress.com/2011/12/dakar.png?w=150&#038;h=98" alt="" width="150" height="98" /></a>Je m’intéresse au sport depuis mon plus jeune âge au point même que mes parents et leurs amis étaient étonnés d’une telle passion. Je n’avais pas six ans que déjà j’étais fasciné par les exploits de Coppi, Koblet, Bobet, ou encore de Fangio ou Ascari, puis de Martine, des frères Prat, Rancoule ou Lacaze. Plus tard, quand j’avais onze ou douze ans, j’étais tellement passionné que pendant les vacances (à la campagne  chez mes grands-parents) il m’arrivait de me lever à 7 heures du matin pour prendre aussitôt mon ballon de rugby, afin de m’entraîner à taper des coups de pied placés ou des drops avec pour poteaux de but deux grands peupliers, placés au milieu d’un pré. Oui j’aime le sport et je le revendique. Je dirais même que quelques uns des plus beaux moments de ma vie sont dus au sport, notamment au vélo. Tout cela pour dire que je suis très compréhensif sur tout ce qui touche au sport. Je le suis d’autant plus que j’aurais aimé être ce que malheureusement je n’ai jamais pu être.</p>
<p style="text-align:justify;">J’aurais en effet payé très cher pour être par exemple le digne successeur de Roger Martine, un des deux ou trois  hommes qui ont le plus participé à ce que beaucoup ont considéré comme <em>l’an un</em> du rugby français à l’échelon international, pour reprendre une expression de Denis Lalanne. En disant cela je pense évidemment à la fameuse tournée de l’Equipe de France de rugby en Afrique du Sud en 1958 où notre Quinze national, emmené par Lucien Mias et Roger Martine, réussit l’exploit de terrasser chez eux les fameux Springboks pour la première fois (voir l&#8217;article &#8220;Le plus bel été du XV de France&#8221;). Mais j’aurais aussi aimé être le successeur de Louison Bobet, Jacques Anquetil ou Roger Rivière, c’est-à-dire franchir le Mont-Ventoux ou l’Izoard en tête dans le Tour de France, gagner le Grand Prix des Nations ou battre le record du monde de l’heure à plus 48 kmh de moyenne. Bref, j’aurais aimé, j’aurais aimé…En revanche je n’envie nullement les participants à ce que l’on appelle le <em>Dakar, </em>qui a lieu à présent…en Amérique du Sud (Argentine, Chili, Pérou).</p>
<p style="text-align:justify;">C’est vraiment le type d’épreuve pour laquelle je n’éprouve aucun intérêt, et je suis désolé de voir que la télévision publique française dépense autant d’argent pour suivre cet insipide périple de 15 jours ou trois semaines (je ne sais plus), alors qu’elle ne nous montre pas la plus petite spéciale du championnat du monde des rallyes, dominé de surcroît depuis 8 ans par le Français Sébastien Loeb. Un duel au couteau entre Loeb et Solberg, ou Loeb et Hirvonen, ou Loeb et Ogier, dans une spéciale du <em>Rallye d’Alsace</em> ou du <em>Rallye de Suède</em>, c’est quand même autre chose qu’une longue spéciale dans la Pampa argentine, à la fois pour le spectateur ou le téléspectateur, et sans aucun doute aussi pour le pilote. D’ailleurs pour bien montrer la différence de niveau, il suffit pour un ancien grand pilote de rallye de participer au <em>Dakar</em>, en Afrique ou ailleurs, pour le gagner ou au moins y briller immédiatement.</p>
<p style="text-align:justify;">C’est aussi une épreuve qui suscite beaucoup de polémiques…parce qu’il y a des accidents à chaque édition ou presque. Pire même, il est arrivé parfois que ce soit des habitants ayant le malheur de se trouver sur le passage du rallye qui en aient été les victimes. Au total ce sont plus de 50 personnes (dont plusieurs enfants) qui ont été tuées dans cette épreuve qui mélange les genres, en faisant concourir des concurrents qui appartiennent au milieu du sport et du show-biz, même si ce dernier est moins représenté qu’il y a quelques années. Est-ce pour cela que l’on enregistre une baisse du nombre véhicules engagés? Je ne sais pas, mais le premier janvier 2011 c’était à peine 430 concurrents qui avaient pris le départ de Buenos Aires pour un périple de 9500 km à travers l’Argentine et le Chili. Cette année ce sera un peu plus, avec 465 véhicules attendus par les organisateurs, mais il y avait 600 concurrents en 1988 !</p>
<p style="text-align:justify;">A ce propos on ironise beaucoup sur le déplacement en Amérique du Sud du <em>Dakar</em> qui, comme son nom l’indique, se déroulait depuis sa création (en 1979) jusqu’en 2007 en Afrique, mais qui a été déplacé en Argentine pour des raisons de sécurité. Cela dit, on s’aperçoit qu’il est très difficile d’organiser ce type d’évènements en toute sécurité, même s’il est l’œuvre de super-professionnels comme le sont les gens d’<em>ASO</em> qui, rappelons-le, organisent à la satisfaction générale le <em>Tour de France</em> et la plupart des grandes épreuves du calendrier cycliste international. Mais organiser un grand tour cycliste, avec une caravane publicitaire et des coureurs, est quand même plus facile que diriger une course où les concurrents sont éparpillés sur des centaines de kilomètres dans des endroits où personne ne passe.</p>
<p style="text-align:justify;">D’ailleurs, si j’ai bonne mémoire, le Parlement européen avait été saisi de l’affaire il y a deux ans, en notant qu’apparemment peu de députés européens étaient fans de l’épreuve…à part Ari Vatanen, le Finlandais, quadruple vainqueur de l’épreuve. Toutefois si cette compétition apparaît assez incongrue pour nombre d’amateurs de sport, surtout en plein mois de janvier, elle est désormais bien installée dans le paysage sportif. Et n’en déplaise aux détracteurs du <em>Dakar,</em> cette épreuve a sans doute plus d’avenir qu’on ne l’imagine car, évidemment, il y a beaucoup d’intérêts financiers en jeu. Toujours le sport au service de l’argent et non l’inverse.</p>
<p style="text-align:justify;">En parlant d’argent, cela me fait penser aux récriminations des clubs de football furieux chaque hiver de devoir jouer le soir à 21 heures, avec les risques de blessure que cela comporte…pour les besoins de la télévision. Mais ces clubs oublient que ce sont eux qui ont provoqué tout cela, en demandant des sommes astronomiques (plus de 600 millions d’euros par saison) aux chaînes de télévision pour diffuser leurs coupes ou championnats. Il fallait être bien naïf pour ne pas s’imaginer que les chaînes en question auraient en retour leurs propres exigences. On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre, comme dit le proverbe.</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Escatafal</p>
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		<title>Il y a 55 ans, G. Hanot créait le Ballon d&#8217;Or</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 11:09:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il y a cinquante cinq ans Gabriel Hanot, qui était le responsable de la rubrique football de l’Equipe et de France-Football, créait le Ballon d’Or, censé récompenser le meilleur joueur européen de l’année. Gabriel Hanot avait beaucoup d’idées, puisque c’est aussi lui qui créa à peu près à la même époque la Coupe d’Europe des [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=spain39.wordpress.com&amp;blog=20480649&amp;post=1509&amp;subd=spain39&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://spain39.files.wordpress.com/2011/12/ballon-dor.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1539" title="ballon d'or" src="http://spain39.files.wordpress.com/2011/12/ballon-dor.png?w=108&#038;h=150" alt="" width="108" height="150" /></a>Il y a cinquante cinq ans Gabriel Hanot, qui était le responsable de la rubrique football de <em>l’Equipe</em> et de <em>France-Football,</em> créait le Ballon d’Or, censé récompenser le meilleur joueur européen de l’année. Gabriel Hanot avait beaucoup d’idées, puisque c’est aussi lui qui créa à peu près à la même époque la Coupe d’Europe des clubs champions, devenue aujourd’hui la Ligue des Champions. Le moins que l’on puisse dire est que Gabriel Hanot, qui fut par ailleurs un excellent footballeur au début du siècle précédent (12 fois international), avait trouvé le moyen pour qu’on se rappelle de lui chaque année au printemps et au début de l’hiver.</p>
<p style="text-align:justify;">Au printemps pour la finale de la Ligue des Champions et au début de l’hiver quand <em>France-Football</em> et aussi à présent la FIFA révèlent le lauréat du Ballon d’Or de l’année. Même si beaucoup de choses ont changé, les idées sont restées, et c’est toujours la même ferveur qui entoure cet évènement qui fait rêver tous les footballeurs, du plus grand au plus petit depuis 1956, année où Stanley Matthews obtint le tout premier trophée à l&#8217;âge de 41 ans devant Di Stefano et Kopa&#8230;qui lui étaient bien supérieurs à l&#8217;époque. Cela dit Matthews était anglais, et Hanot avait un amour fou pour le football d&#8217;outre-Manche, sans doute parce que les Anglais ont inventé ce jeu.</p>
<p style="text-align:justify;">Depuis 2010 le vainqueur est désigné par des journalistes internationaux, mais aussi par les capitaines et les sélectionneurs des équipes nationales, puisque le trophée est devenu « FIFA Ballon d’Or ». Cette année, comme en 2009 et 2010, le lauréat sera un joueur opérant en Espagne, et plus particulièrement au Barça ou au Real Madrid. Les trois nominés sont en effet, en attendant le résultat définitif, Xavi, C. Ronaldo et Messi, sacré en 2009 et 2010, lui-même succédant à Cristiano Ronaldo. Disons tout de suite que Xavi a peu de chances d’être élu cette année, ce qui est une forme d’injustice car si j’en crois les techniciens, les vrais, il est d’une régularité exceptionnelle au plus haut niveau, au point que Lizarazu dit de lui qu’il sera « difficilement remplaçable » au Barça le jour où il s’arrêtera de jouer. En outre, cela fait deux ans qu’il est sur le podium au classement…derrière les incontournables Messi et Ronaldo. Alors lequel des deux l’emportera ? Sans doute Messi, parce que les jeux sont faits depuis la Ligue des Champions remportée par le Barça, comme en 2009, et parce qu’il a marqué deux buts décisifs en demi-finale (contre le Real Madrid où joue C. Ronaldo)) et en finale (contre Manchester United) de la Ligue des Champions.</p>
<p style="text-align:justify;">En tout cas une chose est sûre, Messi et Cristiano Ronaldo sont les figures de proue de la planète football depuis quatre ans, avec toutefois une petite restriction pour l’un comme pour l’autre, à savoir le fait qu’ils soient moins décisifs avec leur sélection nationale qu’avec leur club. Messi en effet n’a pas spécialement brillé cet été dans la Copa America, pas plus d’ailleurs qu’il n’avait ébloui au cours du Mondial sud-africain. Son ratio but/matches joués en équipe d’Argentine n’atteint pas tout à fait 0.30, alors qu’avec son club il est presque à 0.71. La remarque vaut aussi pour Ronaldo, beaucoup plus prolifique avec le Real Madrid (presque un but par match) qu’avec la sélection portugaise (0.36), malgré les deux buts qu’il a marqués lors des barrages de qualification à l’Euro, contre la Bosnie. En revanche, Xavi qui joue milieu de terrain, est aussi brillant avec son équipe nationale qu’en club, ce qui devrait suffire pour qu’il remporte au moins une fois le Ballon d’Or.</p>
<p style="text-align:justify;">Comme je l’ai souligné précédemment, ce qui me gène un peu dans cette récompense, la plus belle à titre individuel, c’est qu’elle désigne souvent un joueur parce qu’il a gagné une épreuve prestigieuse, même si le reste du temps il n’a pas fait des étincelles. Ce n’est pas le cas cette année avec Messi malgré la Copa America, mais ce le fut en 2008 avec Cristiano Ronaldo, qui avait fait une très bonne première partie d’année, participant activement à la victoire de Manchester United en Ligue des champions, avant d’être beaucoup moins brillant, notamment au Championnat d’Europe des Nations…auquel ne participait pas Messi.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant il y a eu dans le palmarès des cas beaucoup plus choquants, et le premier exemple qui me vient à l’esprit est celui de l’année 1982, quand Paolo Rossi remporta le trophée…parce qu’il avait marqué 6 buts lors de la Coupe du Monde de football en Espagne entre les quarts de finale et la finale, que l’Italie avait remportée. Le reste du temps, il a quasiment été aux abonnés absents. Il faut reconnaître que ses dauphins de l’époque, Giresse et Boniek méritaient le Ballon d’Or beaucoup plus que lui.</p>
<p style="text-align:justify;">A contrario il peut arriver que gagner un grand trophée (Coupe du Monde, championnat d’Europe des Nations), et être le meilleur joueur du tournoi, ne suffise pas pour emporter l’adhésion. Cet exemple concerne plus particulièrement un Français, Thierry Henry. Cette année là, en 2000, la France avait été sacrée Championne d’Europe des Nations, en grande partie grâce à Thierry Henry. Et pourtant ce fut Figo qui fut désigné, sans doute parce qu’il jouait au Real Madrid et, nous avait-on dit, parce qu’Henry n’avait pas marqué en finale du championnat d’Europe. C’était quand même tiré par les cheveux, et à partir de là je n’ai plus considéré la remise du Ballon d’Or de la même manière. Pas parce que c’était un Français qui aurait dû avoir la récompense, mais parce que je considérais qu’il y avait trop d’éléments qui échappaient à la logique des amateurs de football que nous sommes.</p>
<p style="text-align:justify;">D’ailleurs Thierry Henry, bien qu’il ait figuré pendant cinq ou six ans parmi les tout meilleurs joueurs de la planète, n’a jamais remporté le Ballon d’Or. En 2003 on lui a préféré Nedved, sans doute parce qu’il jouait à la Juventus de Turin. En dehors de cela je ne vois pas la raison, parce qu’en plus Thierry Henry avait survolé de toute sa classe la Coupe des Confédérations, sans compter qu’il avait gagné la Cup et avait été sacré meilleur buteur mondial de l’année. Néanmoins il n’est pas le seul grand footballeur à n’avoir jamais gagné le Ballon d’Or, alors que beaucoup d’autres ayant moins de classe et au palmarès nettement moins fourni l’ont remporté.</p>
<p style="text-align:justify;">Simonsen (1977) ou Belanov (1986) étaient d’excellents joueurs, mais franchement que leur nom figure parmi les lauréats et pas Ferenc Puskas (Hongrie), Mazzola et Riva (Italie), Schuster (Allemagne), Giresse, Tigana ou Henry a quelque chose de choquant. Et puisque je parle de Français, ils sont quand même quatre à avoir été élus Ballon d’Or, à savoir Raymond Kopa en 1958, Michel Platini à trois reprises en 1983, 84 et 85 (le seul à l’avoir eu trois fois de suite), Zinedine Zidane en 1998 et, plus surprenant, Jean-Pierre Papin en 1991 à l’époque où il jouait à l’Olympique de Marseille. La France figure ainsi en bonne place  parmi les pays ayant eu des lauréats juste derrière les Pays-Bas et l’Allemagne et devant l’Angleterre, l’Italie et le Brésil puisque depuis 1995 les non –européens jouant en Europe peuvent postuler.</p>
<p style="text-align:justify;">D’ailleurs Georges Weah, l’ancien joueur du PSG, a été élu en 1995, et je regrette que Drogba ou Eto’o ne figurent pas au palmarès, car eux aussi l’auraient mérité. En revanche, coté club, la France est très loin (un seul l’OM avec Papin), ce qui veut dire que pour avoir le Ballon d’Or il faut jouer en Italie (Juventus et Milan AC qui comptent 16 lauréats à eux deux), en Espagne (Barcelone et Real avec 14 lauréats à eux deux), en Allemagne (Bayern) et en Angleterre (Manchester). Normal, c’est dans ces clubs et ces pays que l’on recrute les meilleurs joueurs. Enfin, il vaut mieux être attaquant ou milieu de terrain (51 Ballons d’Or) que défenseur (4 Ballons d’Or) ou gardien de but (1 Ballon d’Or).</p>
<p style="text-align:justify;">C’est parfaitement injuste car à l&#8217;image de Yachine en 1963, un gardien comme Banks dans les années 60 (Angleterre), ou plus près de nous Barthès, Buffon (Italie) ou Casillas (Espagne) auraient mérité eux aussi le trophée. Un dernier mot, si je devais choisir le triplé le plus prestigieux ce serait celui de 1959 avec Di Stefano comme Ballon d’Or suivi de Kopa et John Charles (Gallois de la Juventus de Turin). Celui de 1974 avec Cruyff (Pays-Bas), Beckenbauer (Allemagne) et Deyna (Pologne) n’était pas mal non plus, tout comme celui de 1989 avec Van Basten, Baresi et Rijkaard, sans oublier ceux de 2009 et 2011 avec Messi, C. Ronaldo et Xavi.</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Escatafal</p>
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