Vélo (piste et route), football et Formule1 ont bien rempli ce week-end

pervis et baugéAvant de parler Formule 1, je voudrais souligner quelques faits d’armes ou péripéties ayant eu lieu au cours de la dernière semaine, à commencer par les championnats du monde de cyclisme sur piste où les Français ont brillé, comme d’habitude, ce qui a permis de mettre en valeur des noms comme ceux de F. Pervis (deux titres en kierin et au km), de Baugé qui a remporté son cinquième titre mondial en vitesse (évidemment je ne compte pas son déclassement en 2011 pour trois contrôles manqués), de Morice (médaille de bronze en poursuite), de Coquard et Kneisky (or dans l’américaine), et enfin de d’Almeida et Sireau qui ont conquis avec Baugé la médaille d’or de la vitesse par équipes. Voilà, c’est fait, en espérant que, comme c’est le cas pour les handballeurs, on parle d’eux à d’autres moments qu’aux championnats du monde. Et oui, la France c’est aussi ça : à part le football et quelques privilégiés emblématiques comme Tony Parker ou Renaud Lavillenie, on oublie vite les autres sportifs, même s’ils sont les meilleurs dans leur discipline. On ne parle d’eux que quand ils gagnent ou s’ils ont un problème personnel, par exemple lié au dopage.

La France c’est encore les remarques acerbes de quelques soi-disant amateurs de vélo, qui au lieu de se réjouir d’avoir assisté au commencement du duel Froome-Contador, ont profité du Tour d’Andalousie la semaine dernière pour évoquer…le dopage, sujet que les Français adorent. Lors de la première arrivée au sommet, c’était Contador qui était dans le collimateur parce qu’il avait remporté la première manche, devant Froome. Le lendemain, ce dernier battait à son tour Contador, et certains mettaient cela sur le compte de je ne sais quel produit. Bref, les soi-disant supporters du cyclisme s’en sont donné à cœur joie ! Encore heureux (pour eux) que Baugé ou Pervis soient français, parce sinon…

Autre remarques qui concernent le football, et qui m’attristent profondément, le PSG malgré les moyens quasi illimités de son actionnaire est toujours cruellement frappé par le fameux fair-play financier, invention de Michel Platini pour empêcher les riches investisseurs de chambouler la hiérarchie avec les clubs qu’ils achètent ou sont susceptibles d’acheter. Si j’écris cela une nouvelle fois (désolé si je me répète), c’est parce que je lis qu’Arsenal négocierait actuellement avec Palerme le transfert de Dybala, joueur argentin suivi depuis un certain temps par le PSG. Et le pire est que ce club pourrait emporter la mise pour 30 millions d’euros. Oui, j’ai bien lu quelque part pour 30 millions, somme dérisoire pour l’actionnaire qatari, mais considérable pour le PSG qui n’a pas le droit de dépenser plus de 65 millions pour l’année…alors qu’il n’a aucune dette et que son résultat est à l’équilibre dans les faits. J’ai dit dans les faits, parce que l’UEFA a divisé par deux l’apport de son principal sponsor qatari. Au fait pourquoi diviser par deux ? Pourquoi pas par trois ? Ou alors pourquoi se préoccuper de la qualité de ce contrat de sponsoring, à partir du moment où ce n’est pas de l’argent « sale » ? Décidément personne ne pourra reprocher à Michel Platini de favoriser le football français, et son club phare le PSG ! Tout le monde peut dépenser des dizaines, voire même des centaines de millions en transfert…sauf le PSG. Est-ce normal ?

Dernière remarque liée au football avant d’aborder le sujet de la Formule 1, le ridicule d’un certain Jean-Michel Aulas, lequel n’en finit plus de twitter depuis que l’Olympique Lyonnais est en tête de la Ligue 1, en arrivant à écrire des âneries sans nom, se moquant entre autres de ses voisins stéphanois (traités d’autistes !), quand il ne vilipende pas les arbitres pour avoir oublié un pénalty, omettant de dire qu’à la fin de la saison les erreurs d’arbitrage se compensent et ne faussent pas l’issue du championnat. Imagine-t-on Nasser Al-Khelaïfi ou Florentino Pérez se livrer à ce genre de facéties ? Rien que cela montre que l’Olympique Lyonnais ne tire pas dans la même catégorie que le Real Madrid ou le PSG, n’en déplaise aux supporters lyonnais, dont certains trouvent géniale la communication de J.M. Aulas . En tout cas, si cette année l’Olympique Lyonnais est champion de France, c’est tout simplement parce qu’il n’était pas européen (éliminé en phase préliminaire de la Ligue Europa), et sans doute aussi parce que les Rhodaniens furent sortis très tôt de la Coupe de la Ligue et de la Coupe de France, contrairement à l’AS Monaco ou le PSG, encore en course sur quatre compétitions, y compris en Ligue des Champions.

Et à propos de cette compétition, j’ai hâte de voir ce que vont faire les jeunes lyonnais l’an prochain face aux grands d’Europe, ce qui nous permettra de voir la réelle valeur du groupe lyonnais, vu que l’Olympique Lyonnais n’a pas d’argent pour recruter, comme en témoignent les résultats d’OL Groupe, dont le résultat net affiche un solde négatif de 9.4 millions d’euros, certes moins élevé que l’an passé (14,1 millions), mais quand même très important. Ce résultat est d’autant plus inquiétant qu’il est permis de se demander combien de temps il pourra garder des joueurs comme  Lacazette et Fekir, qui font l’objet d’attentions des plus grands clubs européens, prêts à leur donner beaucoup plus que ce que peut faire l’OL. Il paraît que le grand stade va résoudre tous les problèmes économiques de ce club, ce que je souhaite, même si j’ai du mal à voir l’avantage à court ou moyen terme de disposer de sa propre enceinte achetée à crédit, surtout si l’on en a une à disposition pour quelques millions d’euros annuels (pour le Parc des Princes, dont le PSG a la concession pour 30 ans, c’est environ 1,5 millions par an). N’oublions pas que ce stade va coûter plus de 400 millions d’euros, et qu’il faudra rembourser les dettes. Après on parle de 70 à 100 millions de revenus futurs supplémentaires grâce à ce nouveau stade et ses annexes (à voir!), à condition que l’Olympique Lyonnais fasse chaque année la Ligue des Champions…ce  qui est le cas par exemple du Bayern Munich, sauf que le Bayern aura toujours plus de moyens à sa disposition que l’OL, les charges en Allemagne, par exemple, étant nettement moindres qu’en France. On verra bien, même si je le répète, je souhaite le meilleur pour l’Olympique Lyonnais.

kimi et sebastianCette fois j’arrête mes réflexions sur les autres sports, pour enfin aborder le sujet de la Formule1 et les essais de pré-saison qui se sont déroulés ces dernières semaines, notamment ceux de Barcelone ce dernier week-end. Mais avant toutes choses  je voudrais évoquer brièvement le décès (hier) de Gérard Ducarouge, qui fut un très grand ingénieur, que ce soit chez Ligier, Alfa-Romeo et Lotus, où il côtoya avec bonheur le jeune Ayrton Senna. Fermons cette triste parenthèse, car la vie continue, et posons une première question sur la saison à venir de Formule 1 (premier G.P. en Australie le 14 mars) : le team Mercedes a-t-il été rattrapé partiellement ou totalement ? Réponse : non, comme en témoignent les performances de Rosberg le week-end dernier à Barcelone…avec des pneus médium. Rien à voir donc avec les super tendres utilisés par Lotus, qui ont permis à Grosjean et Maldonado de se situer aux premier et troisième rangs de la hiérarchie. Derrière les Lotus et la Mercedes on notera la bonne performance de Ricciardo au volant de la Red Bull, mais aussi celle de Kimi Raikkonen sur la nouvelle Ferrari, sans utiliser des pneus super tendres. Enfin, juste derrière Raikkonen, on aperçoit déjà une Williams-Mercedes (Massa) qui n’a jamais réellement cherché la performance.

Bien évidemment, lesdites performances sont à prendre avec des pincettes, mais elles signifient quand même quelque chose. Apparemment la Lotus est bien née et elle va disposer du moteur Mercedes, le même que celui de Rosberg et Hamilton, moteur dont disposeront aussi les pilotes Williams (Massa et Bottas) qui ont brillé l’an passé. Le moteur Renault semble lui aussi s’être amélioré cette année, ce dont va bénéficier Ricciardo et son coéquipier Kvyat, mais aussi Toro-Rosso, qui avec le très jeune Vestappen au volant a obtenu un prometteur huitième temps à Barcelone. Cela dit, l’écurie qui semble avoir le plus progressé semble être Ferrari, à la fois au niveau du moteur, constat confirmé par Nasr qui avait déjà utilisé le précédent, mais aussi au niveau du châssis. Néanmoins, aux yeux de tous les observateurs, Mercedes et son carburant miracle fourni par Petronas restent quand même devant. Si je parle de miracle à propos de l’essence fourni par la pétrolier malaisien, c’est parce que des experts affirment que cela offre une quarantaine de CV supplémentaires au moteur Mercedes, qui plus est grâce à un procédé parfaitement légal. Pas comme en 1983, où Alain Prost et Renault furent privés d’un titre mondial à cause d’une essence non conforme qui aidait grandement le moteur BMW de la Brabham de Piquet.

Au cours de ces essais hivernaux, la SF15-T a fait montre de qualités que Raikkonen a pu exploiter, ce qu’il n’avait jamais réussi à faire avec la voiture de l’an passé…ce qui a fait considérablement baisser sa côte, au point d’être considéré par ceux qui ne connaissent la F1 que depuis trois ans comme un has-been. Il l’était d’autant plus devenu à leurs yeux que son coéquipier s’appelait  Fernando Alonso, lequel avait l’énorme avantage d’être chez Ferrari depuis cinq ans, et d’en être le leader incontesté, comme il l’était quand il avait pour coéquipier Massa, lequel a retrouvé le goût de piloter chez Williams après avoir été dans les faits un numéro 2 triste au sein de la Scuderia . En outre, alors qu’en début de saison Raikkonen accumulait les pépins y compris des accrochages où il n’était nullement impliqué, par exemple à Monaco alors que le podium s’offrait à lui, Alonso de son côté ne souffrait d’aucun problème. Enfin, chacun affirme que sur le plan « politique » Alonso est sans doute le meilleur. Quand j’écris « politique », cela signifie qu’il s’est toujours arrangé pour avoir l’équipe à son entière disposition. A ce propos, et cela n’est jamais souligné, on notera que l’écart entre les deux pilotes s’est considérablement réduit en fin de saison au point de faire quasiment jeu égal lors des derniers grands prix, Raikkonen bénéficiant de toutes les attentions de l’équipe technique de la Scuderia.

Cependant, loin de moi l’idée d’écrire qu’Alonso n’a pas été meilleur que Raikkonen en cette année 2014, Alonso ayant réussi à mieux tirer son épingle du jeu que son coéquipier finlandais, dont tout le monde sait qu’il lui faut une voiture réglée pour lui pour en tirer la quintessence. Dans ce cas, c’est un des tous meilleurs, peut-être même le meilleur. En revanche, il y a un problème récurrent chez lui, lié au réglage du train avant, qui doit absolument lui convenir. Néanmoins si Alonso et Raikkonen avaient disposé d’une Mercedes, ils auraient eux aussi fait un et deux au championnat du monde. Pour en revenir à ce fameux train avant, Kimi avait d’ailleurs connu un peu le même problème chez Mac Laren, avant sa première arrivée chez Ferrari, puisque d’après Pat Fry, quand  il avait pour coéquipier Montoya, « ils ont consommé sept suspensions avant différentes tout au long de la saison », ce qui a fait dire à l’ingénieur britannique que « pour tirer le meilleur de Kimi, vous devez avoir la voiture pour le faire » (toile F1.com).

En tout cas la voiture de cette année, dessinée par son ancien ingénieur chez Lotus, Allison, lui convient beaucoup mieux,  et je suis persuadé que cette saison on retrouvera le vrai Kimi, avec comme nouveau coéquipier Vettel, dont le style de pilotage se rapproche du sien, et qui est aussi son ami. La preuve il vient de s’acheter une maison…en Finlande! Un Vettel qui n’a guère fait mieux qu’Iceman l’an passé, puisque tout quadruple champion du monde qu’il était, il fut lui aussi dominé par le presque débutant Ricciardo, qui avait eu beaucoup de mal en course face à J.E. Vergne chez Toro Rosso. Et oui, c’est ça la Formule 1, et ceux qui écrivent sur les forums feraient bien d’acquérir cette culture historique sans laquelle il est impossible de tirer des conclusions. Qui se rappelle que Sébastien Bourdais tenait la dragée haute à Vettel à ses débuts chez Toro-Rosso en 2008? Personne, parce qu’à partir du moment où les deux hommes ont eu la nouvelle voiture, Vettel a su en tirer profit immédiatement, contrairement à Bourdais qui à partir de mai est devenu « un tocard », ce qu’il n’était pas évidemment.

Mais si l’on remonte quelques années auparavant, qui aurait imaginé que Mansell puisse devenir champion du monde après avoir raté le titre en 1986 avec la Williams-Honda, battu par Prost qui disposait d’une Mac-Laren inférieure, ce même Prost qui fut son équipier et le domina copieusement chez Ferrari en 1990 (71 points contre 37). Mansell ratera encore le titre en 1987, toujours sur Williams-Honda, battu par son équipier Nelson Piquet, pourtant moins rapide que lui. Cela ne l’empêcha pas de devenir champion du monde en 1992, en écrasant la concurrence avec sa Williams-Renault, comme rarement un pilote ne le fit, battant son coéquipier (Patrese) de plus de 50 points (52) et Schumacher sur Benetton-Ford, troisième du championnat du monde, de 55 points. Cette année-là le binôme Mansell- Williams-Renault était absolument imbattable, remportant 8 des 10 premiers grands prix, ce qui lui permit d’assurer son titre mondial alors qu’il restait 5 grands prix à courir. Lui qu’on avait tellement moqué pour ses fautes grossières, pour ses manques en termes de réglage, venait d’administrer la preuve qu’avec une voiture qui lui convenait, il était presque invincible.

Voilà quelques considérations qui demanderaient de plus amples développements, mais ce sera pour une prochaine fois. Cela dit, j’en profite pour noter qu’hier Alain Prost  a eu 60 ans. Que le temps passe vite, surtout quand on pense qu’Ayrton Senna est mort depuis bientôt 21 ans! Prost-Senna, Senna-Prost, peu importe qui était le meilleur, mais ce que je sais c’est que ce fut l’un des plus beaux duels que le sport automobile et le sport tout court nous ait offert.  Une sorte de Coppi-Koblet ou Coppi-Bartali en cyclisme ou pourquoi pas, et sans chauvinisme, un duel du type de celui que vont nous offrir cette année, si la malchance ne s’en mêle pas, Contador et Froome, séparés de deux secondes à la fin du Tour d’Andalousie, le troisième étant à plus de 2mn30s après 5 étapes.  Pardon pour cet article fourre-tout, mais j’ai pris plaisir à l’écrire, et j’espère que vous éprouverez le même plaisir à le lire.

Michel Escatafal


En rouge et blanc…

collaratlético madrid

Avant de commencer mon propos, je voudrais souligner une fois encore l’extraordinaire performance de l’équipe de France de handball, qui vient de remporter son dixième titre international depuis 1992 (5 titres mondiaux, 2 titres olympiques et 3 titres européens) ce qui est tout simplement prodigieux. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, car on ne parle que de cela ou presque depuis hier soir, sauf pour souligner que ce nouveau titre mondial ne changera, hélas, rien à l’exposition médiatique du handball, qui continuera à être diffusé uniquement sur beIN SPORTS, les chaînes publiques ou gratuites ne s’y intéressant qu’à partir des demi-finales des grandes compétitions auxquelles participent notre merveilleuse équipe nationale…ce qui est lamentable. En outre, et c’est tout aussi triste, notre pays demeurera un pays en voie de développement en ce qui concerne les infrastructures, comparé à d’autres pourtant moins riches que nous. En revanche ils seront reçus demain par le président de la République, ce qui est quand même une forme de reconnaissance de la patrie à leur égard, une patrie qui, il faut le reconnaître, n’est pas très sportive, comparée aux pays voisins du nôtre, à commencer par l’Espagne.

En parlant de ce pays, cela me fait une transition toute trouvée pour évoquer le football espagnol et la Liga. Pour tout le monde, en France et dans le monde, s’il faut citer des clubs de football espagnols, on répondra tout naturellement et sans hésiter : le Real Madrid et le F.C. Barcelone. En revanche peu de gens évoqueront l’Atlético de Madrid qui, pourtant, est lui aussi un grand d’Europe, comme en témoignent son palmarès européen et ses performances récentes dans les compétitions organisées par l’UEFA, la plus belle étant évidemment la finale de la Ligue des Champions l’an passé, où le Real Madrid a fini par s’imposer dans les prolongations (4-1). Des prolongations arrachées après 93 minutes de jeu grâce à un but de Sergio Ramos, qui rappelait une précédente mésaventure en 1974 sur laquelle je reviendrai. Mais à peine quelques années auparavant, l’Atlético avait remporté deux fois la Ligue Europa en 2010 et 2012, année où un certain Falcao marquait 12 buts dans cette compétition, dont 2 en finale, et la Supercoupe de l’UEFA suite à ces deux triomphes dans la petite Coupe d’Europe.

Cela étant, le palmarès européen de l’Atlético de Madrid compte aussi une victoire dans feu la Coupe des Coupes (1962), mais aussi dans la Coupe Intercontinentale (1974), remplacée par la Coupe du Monde des clubs depuis 2005. En outre, comment ne pas parler de cette finale de Coupe d’Europe (en 1974) contre le grand Bayern Munich (Beckenbauer, Muller, le gardien Maier, Breitner, Hoeness) qui formait l’ossature de l’équipe qui allait enlever la Coupe du Monde quelques semaines plus tard contre les Pays-Bas de Cruyff. Un match où les Madrilènes furent crucifiés à la dernière minute de la prolongation sur un tir lointain de Schwarzenbeck, comme il n’en a sans doute plus réalisé un seul dans sa carrière, après que Luis Aragones (futur sélectionneur espagnol vainqueur de l’Euro 1988) ait marqué le premier but 5 minutes auparavant. Ensuite l’histoire sera cruelle, puisqu’à l’époque on faisait rejouer la finale deux jours après, l’Atlético s’inclinant lourdement dans le deuxième match (4-0), dans un stade à moitié vide, les Espagnols n’ayant pas récupéré de la déception du premier match. Il est vrai que n’être pas champion d’Europe pour quelques secondes et quelques centimètres a de quoi donner des regrets éternels ! A ce propos on notera que le Bayern Munich est un véritable bourreau pour les clubs espagnols, puisqu’il battit en finale de la Ligue des Champions 2001 le F.C. Valence dans la séance des tirs au but (5-4).

Sur le plan purement espagnol les Colchoneros, comme on appelle les joueurs de l’Atletico, ont remporté 10 titres de champion d’Espagne (le dernier l’an passé) et autant de Coupes d’Espagne (la dernière en 2013), sans parler de 2 Supercoupes d’Espagne en 1985 et 2014. Pour l’anecdote, l’Atlético Madrid fut fondé en 1903 par trois étudiants basques qui ont voulu donner à leur nouveau club le même nom que celui de Bilbao, ce qui explique aussi que les Colchoneros portent, comme les Basques de l’Atlétic Bilbao, le maillot rouge et blanc, certains affirmant que ces maillots coûtaient moins chers à confectionner que dans une autre couleur, parce que le rouge et le blanc étaient utilisés en literie pour faire des matelas (matelas se dit colchón en espagnol). Et puisque nous sommes dans l’histoire de l’Atlético de Madrid, il faut noter que l’essentiel de sa gloire est due au fait que ce club luttait presque d’égal à égal avec le Real Madrid et le F.C. Barcelone dans les années 60, même si le Real n’était plus le grand Real et si le Barça n’avait pas digéré sa défaite (injuste) en finale de la Coupe d’Europe 1961 contre Benfica.

Ce grand Real à l’époque avait encore de beaux restes, même s’il avait perdu quelques joueurs importants comme l’arrière Marquitos, le demi Zarraga, sans oublier Raymond Kopa qui avait quitté le club à la fin de la saison 1958-1959, et même si les Santamaria, Puskas, Di Stefano commençaient à ressentir le poids des ans. Quant au Barça, sa finale perdue en mai 1961 contre Benfica avait quelque peu disloqué l’équipe, notamment l’arrêt, le départ ou le déclin de quelques joueurs comme le gardien Ramallets, le meneur de jeu Suarez, qui quitta le club pour l’Inter de Milan, l’avant-centre brésilien Evaristo, les milieux Verges et Garay ou les attaquants anciennement hongrois comme Kubala, Kocsis et Czibor. Cependant cette équipe était malgré tout une des meilleures en Europe, ce qui n’empêcha pas l’Atlético de Madrid de remporter 3 Coupes d’Espagne entre 1960 et 1965, plus le championnat en 1966.

C’est à cette époque, en 1962, que l’Atlético remporta la deuxième édition de la Coupe des Coupes en battant en finale la Fiorentina (1-1 et 3-0) qui était tenante du titre. Cette finale fut jouée en deux temps, d’abord le 10 mai à Glasgow où les deux équipes ne parvinrent pas à se départager, Peiro et le remarquable Suédois de la Fiorentina, Kurt Hamrin, marquant chacun un but, les prolongations n’y changeant rien. Ensuite les deux clubs se mirent d’accord pour jouer le second match en septembre à Stuttgart, où cette fois les colchoneros l’emportèrent facilement (3-0), avec des buts de Jones, Mendoza et l’inévitable Peiro.

En revanche l’année suivante l’Atlético ne réussit pas à conserver son trophée face à Tottenham, qui écrasa les Madrilènes sur le score de 5-1, avec deux doublés de Jimmy Greaves (un des meilleurs joueurs anglais de l’histoire) et Dyson, plus un de White, Collar marquant pour l’Atlético sur pénalty. Au passage on notera que c’était la première victoire d’un club anglais dans une Coupe d’Europe. Il y en aura bien d’autres ! Cela dit, malgré le départ de son meilleur joueur, Peiro, pour le Torino (deuxième club de Turin) avant de rejoindre le grand Inter de Milan, l’Atlético remportera en 1966 le titre de champion d’Espagne, comme je l’ai dit précédemment, au nez et à la barbe du grand rival madrilène qu’était le Real qui, cette année-là, remporta sa sixième Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions), avec comme vedettes le gardien Araquistain, et les attaquants Amancio, Grosso et…Gento, seul survivant de la grande équipe de la décennie 50.

Parmi les meilleurs joueurs de l’Atlético à ce moment, on citera des noms connus comme le gardien Madinabeytia, les arrières Rivilla, Griffa, Rodriguez, le demi Glaria et son compère brésilien Ramiro, ancien coéquipier de Pelé à Santos (jusqu’en 1959), et les attaquants Jones (originaire de la Guinée Equatoriale), Chuzo, Mendoza et le plus connu de tous Collar, sans oublier Adelardo qui a joué 511 matches en rouge et blanc, soit 41 de plus que Collar (470). Tous ces joueurs sont les prédécesseurs les plus glorieux des héros les plus récents du club, qui ont emballé ces dernières années l’Europe du football, depuis le gardien belge Courtois, jusqu’à l’ancien joueur du PSG Rodriguez, en passant par Juanfran, Koké, Lopez, Adnan Turan, Miranda, Godin, Filipe Luiz et les buteurs stars que furent ou sont l’Uruguayen Forlan, le Colombien Falcao, surnommé le Tigre, et Diego Costa. Ces deux derniers jouent à présent en Angleterre, avec des fortunes diverses, Falcao, qui n’arrive pas à s’imposer à Manchester United et Diego Costa qui, au contraire, régale les supporters de Chelsea. Mais si l’un et l’autre ont quitté l’Atlético, il y a la relève qui est arrivée, avec Mandcuzik, Torres et notre Antoine Griezmann, qui a réussi très rapidement à convaincre l’entraîneur Simeone de sa grande valeur. Simeone, dont on évoque le nom au PSG pour l’été prochain en remplacement de Laurent Blanc. Par parenthèse, il était plutôt cocasse de lire hier une info du quotidien AS, qui croit savoir que l’Atlético Madrid allait trainer le Paris Saint-Germain devant la FIFA pour avoir approché leur entraîneur sans l’accord du club ibérique. Si l’information est juste, ce serait une nouvelle preuve de l’hypocrisie qui règne dans le monde du football, car cette pratique (accord du club pour une approche de l’un de ses joueurs ou entraîneurs) est évidemment très répandue.

Au passage, on notera que l’Atlético de Madrid était tombé en deuxième division au début des années 2000, en raison de multiples problèmes, notamment financiers. Cela ne les a pas empêché de rebondir, alors qu’en France des clubs comme le Stade de Reims, l’OGC Nice, l’AS Saint-Etienne, qui ont dominé le championnat de France pendant des périodes plus ou moins longues, n’ont jamais retrouvé le niveau qu’avaient ces clubs à l’époque où ils faisaient de bons résultats en Coupe d’Europe (2 finales de C1 pour le Stade de Reims en 1956 et 1959, une finale de C1 pour l’ASSE en 1976, et un quart de finale de C1 pour l’OGC Nice en 1960). L’Atlético de Madrid a tellement rebondi, que s’il y a globalement domination sur le plan national du Real et du Barça, sur ces cinq dernières années le palmarès européen de l’Atlético est quasiment égal à celui du Real Madrid, malgré un budget très inférieur. Il est vrai que le Real est le club champion des transferts en achetant pour des sommes considérables des joueurs comme Bale ( près de 100 M d’euros) ou encore comme Illaramendi (32 M d’euros) et Khedira… qui ne jouent quasiment pas, ce qui n’a pas empêché ce même Real d’avoir fait signer cet hiver le jeune Brésilien Luca Silva pour 14 Millions d’euros. Preuve que le fair-play financier ne s’applique pas à tout le monde !

A ce propos, je voudrais revenir de nouveau sur cette invention loufoque de l’UEFA, qui favorise les clubs installés, parfois très endettés, au détriment des nouveaux riches, comme le PSG ou l’AS Monaco en France. Ces deux clubs étaient, en effet, susceptibles à très court terme de s’immiscer au plus haut sommet des clubs de notre continent, jusqu’à la mise en place de ce fair-play financier, qui est venu briser leur élan, avec une interdiction scandaleuse de recruter les joueurs qu’ils veulent, les empêchant de lutter à armes égales avec les Manchester United, Real Madrid, FC Barcelone, Bayern Munich ou Chelsea. Si j’emploie le mot « scandaleuse », c’est parce que des clubs surendettés comme certains ténors en Angleterre ou en Espagne, dont l’Atlético de Madrid, semblent pouvoir acheter à tout va, alors que le PSG, sans dette, en est réduit à faire des comptes d’apothicaire pour recruter un joueur. A croire que l’on veut vraiment empêcher le club parisien de jouer dans la cour des grands !

Néanmoins il y a un espoir, avec la plainte déposée par des supporters du PSG…qui pourrait bien mettre à mal cette institution dont Platini, président de l’UEFA, est si fier, mais qui contrevient au droit communautaire de l’U.E., et qui empêche les clubs qui en ont les moyens d’investir. Comment le PSG peut-il jouer à armes égales avec un plafond d’investissement en joueurs limité à 60 millions d’euros, alors que d’autres comme Manchester United ont pu dépenser 200 millions cet été , et qu’ils sont prêts à investir 90 millions d’euros aujourd’hui pour embaucher Hummels (défenseur central) et De Bruyne (milieu)? A croire que tout le monde peut recruter qui il veut…sauf le PSG ! A propos, comment le PSG peut-il attirer quelques uns des meilleurs joueurs de la planète avec 60 millions d’euros, généreusement octroyés par l’UEFA, alors que cette somme est devenue presque banale sur le marché des transferts ? Et quand j’écris cela ce n’est pas une galéjade, dans la mesure ou un joueur comme Otamendi, défenseur de Valence, a une clause libératoire de 80 Millions d’euros. Quelle blague de la part de l’UEFA, qui en plus ne veut même pas tenir compte des règles fiscales, lesquelles ne sont pas du tout les mêmes en Angleterre, en Allemagne ou en France !

Michel Escatafal


2015 ne sera pas du même cru que 1955, 1965, 1975, 1985 ou 1995 pour le cyclisme français

PoulidorJajaEnfin un Poulidor qui gagne ! C’est ce que semblent affirmer ceux qui ne connaissent pas la carrière de celui qui fut le meilleur coureur français, et même mondial, des années 60 (après Jacques Anquetil)  jusqu’au début des années 70, à savoir Raymond Poulidor. Car, contrairement à ce qu’on peut lire un peu partout, Poulidor a beaucoup gagné dans sa carrière professionnelle, avec notamment une Vuelta (1964), Milan- San Remo (1961), la Flèche Wallonne (1963), le Dauphiné Libéré (1966 et 1969), , le Grand Prix des Nations qui était à l’époque le véritable championnat du monde contre-la-montre (1963), Paris-Nice (1972 et 1973), la Semaine Catalane (1971) et un titre de champion de France (1961). Rien que ça ! Combien de coureurs d’aujourd’hui peuvent se prévaloir d’un pareil palmarès ? Très peu. En fait seuls Contador, Cancellara, Gilbert et Valverde peuvent s’enorgueillir d’une pareille collection de grandes victoires, avec une diversité que seul Valverde peut revendiquer.

Cela signifie que le petit-fils de Poulidor a de qui tenir d’autant que son papa, Adrie Van der Poel, fut lui-même un beau champion, remportant notamment un Tour des Flandres (1986), Créteil-Chaville appellation à l’époque de Paris-Tours (1987), Liège-Bastogne-Liège (1988) et l’Amstel Gold Race (1990), sans oublier un titre mondial en cyclo-cross (1996). Or, justement, c’est dans cette discipline que Mathieu Van der Poel vient d’être sacré champion des Pays-Bas à l’âge de 20 ans dans la catégorie Elite. Et comme le jeune homme  a déjà remporté le titre de champion du monde sur route juniors en 2013, on voit que son avenir apparaît doré, au point que beaucoup d’observateurs avisés du vélo pensent que c’est peut-être lui le futur crack de la fin des années 2010 et du début des années 2020. Dommage qu’il ait opté pour la nationalité néerlandaise diront les amateurs de vélo franchouillards, mais que les mêmes se consolent en se disant que s’il devient ce qu’il pourrait être, on se chargera de souligner à l’envie qu’il est d’abord le petit-fils de notre Poupou national.

Fermons la parenthèse pour évoquer ce que pourrait être l’année cycliste 2015, qui sera fatalement moins glorieuse pour le cyclisme français que les années 1955, 1965, 1975, 1985 ou 1995. Si j’évoque ces années se terminant par 5, c’est parce que nous sommes en janvier et que les pronostics commencent à fleurir sur la saison à venir, où l’on verra Contador tenter le doublé Giro-Tour, Wiggins et Martin faire une tentative sur l’heure, et Froome et Quintana tenter un doublé inédit, Tour-Vuelta, depuis Bernard Hinault en 1978, à une époque où le Tour d’Espagne se déroulait au printemps. Pour mémoire, l’année 1955 avait été marqué par le troisième succès de Louison Bobet dans le Tour de France, prouvant qu’il était bien le meilleur coureur de son temps, d’autant que cette même année il avait remporté le Tour des Flandres avec le maillot de champion du monde sur le dos. En 1965, l’exploit de la saison aura été le fabuleux doublé Dauphiné Libéré- Bordeaux-Paris de Jacques Anquetil, sept heures séparant l’arrivée de la course à étapes du départ de ce qu’on appelait le « Derby de la route » dont la distance était de 572 kilomètres. Une victoire hallucinante si l’on songe que Jacques Anquetil avait dormi seulement une heure avant de prendre le départ, en pleine nuit,  de la plus longue classique du calendrier. Evidemment les contempteurs du vélo ne manqueront pas de souligner qu’Anquetil n’avait pas avalé que du sucre pendant la course, mais le résultat était là : le coureur normand avait accompli un exploit insensé.

En 1975, c’est Bernard Thevenet qui allait se couvrir de gloire en faisant mordre la poussière au grand Eddy Merckx. Après une victoire au Dauphiné Libéré, Thevenet se sentait prêt pour frapper un grand coup lors du Tour de France et priver ainsi Merckx du record de victoires dans le Tour de France (5 à l’époque). La victoire du coureur bourguignon paraissait à première vue quelque peu utopique, car jusque-là seul Ocana avait vraiment battu le fantastique coureur belge à la régulière. Et pourtant, malgré un début de Tour un peu poussif, avec une perte de 52 secondes sur 16 km c.l.m. à Merlin-Plage (sixième étape), Thévenet ne perdait pas espoir, parce qu’il ne concédait que 9 secondes au « Cannibale » entre Fleurance et Auch sur une distance de 37 kilomètres (neuvième étape), preuve que la marge de Merckx n’était pas si importante. La confirmation viendra un peu plus tard sur les pentes du Puy-de-Dôme (quatorzième étape), où Van Impe s’imposait au sommet devant Thévenet, avec l’épisode imbécile d’un « beauf » sur le bord de la route, celui-ci donnant un coup de poing au foie à Merckx, lequel fut handicapé sur la fin de la montée. Mais ce coup de bêtise du spectateur n’expliquait pas tout, puisque lors de la première étape alpestre Thévenet allait reléguer Merck à près de 2 minutes, ce dernier s’effondrant après une descente du col d’Allos à tombeau ouvert, où il avait pris pratiquement une minute à Thevenet. Le lendemain Bernard Thévenet, revêtu de jaune, allait porter l’estocade définitive dans l’Izoard, là où tellement de grands champions (Bobet, Coppi…) ont écrit quelques unes de leur plus belles pages d’histoire.

En 1985, c’est Bernard Hinault qui réalisera de nouveau le doublé Giro-Tour, après avoir été dominé l’année précédente par Laurent Fignon dans le Tour de France. Cela étant, en 1984, malgré toute sa bravoure, Hinault ne pouvait rien contre le meilleur Laurent Fignon que l’on ait connu, en raison aussi des suites de son opération un an auparavant. L’année suivante en revanche Hinault retrouvera toute sa verve et s’imposera devant son équipier Greg Le Mond, malgré une chute à Saint-Etienne où il eut le nez cassé, et grâce aussi, il faut bien le dire, à la bienveillance de son directeur sportif, Paul Koechli, qui avait interdit à l’Américain d’attaquer son adversaire blessé. Cela permettait à Hinault de rentrer dans le club très fermé des quintuples vainqueurs du Tour  avec Anquetil, Merckx, et dix ans plus tard Indurain, lesquels seront dépassés dans les années 2000 par Armstrong, qui l’emportera à 7 reprises…même s’il ne figure plus au palmarès, contrairement à d’autres coureurs ayant avoué s’être dopés. Comprenne qui pourra !  Trente ans après, Hinault est toujours le dernier vainqueur français du Tour de France, et ce n’est pas en 2015 qu’il aura un successeur, même si cette année deux Français (Péraud et Pinot) sont montés sur le podium…en l’absence pour raison diverses de Froome, Contador et Quintana.

Enfin il faut ajouter la formidable saison réalisée par Laurent Jalabert en 1995, avec au printemps ses victoires dans Paris-Nice, Milan-San Remo, la Flèche Wallonne, le Tour de Catalogne, le Critérium International et à la fin de l’été la Vuelta. Ouf, n’en jetons plus ! Laurent Jalabert était bien à ce moment le meilleur coureur du monde, même si Indurain pouvait lui contester cette suprématie en ayant gagné cette même année 1995, le Dauphiné Libéré, le Tour de France et le championnat du monde contre-la-montre. Il n’empêche, en 1995, comme en 1996, 1997 et 1999, Jalabert terminera premier au classement UCI. Personnellement, si je devais souligner une victoire plus qu’une autre en cette année 1995 bénie pour lui, ce serait Milan-San Remo, où il fut le seul à résister à la terrible attaque de Fondriest, champion du monde en 1988 et vainqueur en 1993 de la Primavera, dans la montée du Poggio. A cette occasion Jalabert fit preuve, dans la descente qui menait à l’arrivée, d’un sang-froid extraordinaire, en roulant avec son adversaire pour conserver les 8 secondes d’avance qu’ils avaient au sommet, tout en ne se découvrant pas trop pour l’emporter au sprint , ce qu’il fit à l’issue d’un mano a mano d’anthologie, les deux hommes terminant aux deux premières places avec quelques mètres d’avance sur leurs poursuivants. Magnifique succès de « Jaja », d’autant  qu’il était le super favori des suiveurs, preuve qu’il était bien considéré comme le meilleur. Quand un autre Français remportera-t-il la magnifique classique italienne ? Je ne sais pas, même si nos deux jeunes sprinters, Bouhanni et Démare, sont en grands progrès depuis deux ans. Mais sera-ce suffisant pour vaincre sur la Via Roma ? Je le souhaite très fort, sans trop y croire cependant. Peut-être un jour Bryan Coquard, coureur très véloce et remarquable pistard, capable en outre de passer de courtes bosses ?

Meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2015.

Michel Escatafal


Le tennis et ses reines…parfois exaspérantes

cris evertsharapovaPour être franc, je n’apprécie pas cette nouvelle mode de vouloir à tout prix que chaque sport ait une compétition identique chez les hommes et les femmes. C’en devient même ridicule ! Qui oserait dire qu’un combat de boxe entre deux femmes puisse atteindre la beauté d’un Hagler-Léonard, d’un Hagler-Hearns, d’un Leonard-Duran ou d’un Ali-Frazier ? Est-ce qu’une championne cycliste peut offrir en montagne, sur une pente à 9 ou 10%, le merveilleux spectacle d’une « giclette » de Contador ou d’un sprint échevelé sur 300 ou 400 mètres de Froome ? Idem sur la piste, où aucune femme n’égalera la beauté sauvage d’un sprint de Pervis sur 200 mètres. En revanche, nombre de sports méritent que l’on accorde la même considération à celles ou ceux qui le pratiquent au plus haut niveau. Je n’en citerais que quelques uns, à commencer par la gymnastique, le patinage artistique, l’athlétisme ou la natation, sans oublier évidemment le tennis. Certes en écrivant cela je sais que je ne vais pas me faire que des amis, mais, comme disait Boileau qui n’a pas eu la chance de connaître le sport tel qu’il est devenu depuis le début du vingtième siècle, « j’appelle un chat un chat ».

Fermons la parenthèse, et revenons justement au tennis féminin, lequel fut longtemps le symbole de ce mélange harmonieux de force et de beauté, ce qui n’est nullement incompatible, qui fut depuis bien longtemps la marque de fabrique des tenniswomen. J’ai bien écrit depuis bien longtemps, car malgré toute la sympathie que je porte au tennis féminin, je suis de plus en plus perplexe quant à la beauté du spectacle présenté. J’ai du mal à me faire à ce jeu  où les championnes cognent de toutes leurs forces,  alors que les hommes, et notamment Roger Federer, font  preuve d’une grâce que l’on qualifierait presque de féminine. En effet, entre les ahanements ô combien bruyants de nombre de joueuses, et les poings serrés des autres avec une poussée d’adrénaline toute masculine, je me dis que les amateurs de tennis de 40 ans et plus ont eu bien de la chance d’avoir pu voir  en action une Chris Evert, à l’allure merveilleuse, joliment vêtue, sans muscle saillant comme une athlète, bref tellement féminine, ce qui ne l’empêchait pas de frapper fort dans la balle quand les circonstances l’exigeaient. Son revers à deux mains notamment était meurtrier en passing-shot, et rien que d’y penser  je m’en régale encore. En plus cette merveilleuse féminité ne l’a pas empêchée de devenir l’une des plus grandes joueuses de l’histoire, avec ses 18 victoires en simple dans les tournois du grand chelem.

Serena Williams, en valeur absolue (et de très loin) la meilleure des joueuses de ce temps (18 titres en simple dans les tournois comptant pour le Grand chelem plus un titre olympique, 13 en double avec sa sœur plus 3 titres olympiques, et 2 en double-mixte), est très différente : sa première vertu est d’être une terrible combattante, ou encore « une combattante de l’ultime » comme elle se qualifie elle-même. Et c’est vrai que cela lui va bien, comme elle l’a démontrée à de nombreuses reprises dans les finales des tournois majeurs, par exemple face à Justine Hénin qui, dans un autre style, était elle aussi une combattante de premier ordre. En tout cas, si une comparaison devait être faite entre Serena Williams et une autre joueuse américaine, ce serait avec Billie Jean King (12 tournois du grand chelem en simple dans les années 70). Billie Jean King avait un jeu complet, sans doute meilleure volleyeuse que Serena Williams, mais son jeu était quand même basé sur la puissance. Et pour ajouter à la comparaison, comme Serena Williams, la carrière de B.J. King fut émaillée d’ennuis physiques, plus particulièrement d’accidents musculaires. Enfin, comme Serena Williams, B.J. King fut aussi une grande joueuse de double (16 victoires en double dames en grand chelem et 11 en double mixte).

Et puisque nous sommes dans l’histoire, je voudrais rappeler que si B.J. King, Evonne Goolagong, Cris Evert, Monica Seles, Steffi Graf, ou les sœurs Williams, ont marqué l’histoire du tennis féminin, les deux meilleures joueuses, au moins depuis 1945, sont plutôt Margaret Court et Martina Navratilova. Et pas seulement parce qu’elles ont accumulé les victoires dans les plus grands tournois, mais en raison de la qualité de leur jeu qui n’avait aucune faille. Margaret Court totalise 24 victoires en simple dans les tournois du grand chelem, dont le grand chelem en 1970, plus 38 en double et double mixte. Très athlétique pour l’époque (1.75 m) elle savait tout faire, comme plus tard Martina Navratilova (18 titres en grands chelems, plus un grand chelem à cheval sur deux années, et 58 titres en tout) qui avait à peu près le même gabarit. Cela dit, la différence entre ces deux joueuses et Serena  Williams était que leur jeu était plus basé sur le service et la volée, et qu’il était plus beau à regarder pour l’amateur de tennis.

Cependant j’ai toujours bien aimé à titre personnel Justine Hénin, jeune retraitée ayant dû renoncer à la compétition début 2011, après avoir tenté un come back suite au premier arrêt de sa carrière  en 2008, sans doute parce qu’elle était exténuée, son jeu exigeant  une grosse dépense physique. C’est pour cela qu’elle mérite tous ses nombreux succès malgré son petit gabarit, d’autant qu’elle était sans doute  moins douée qu’une fille comme Amélie Mauresmo, une de ses plus grandes rivales, mais loin d’avoir son palmarès. Justine Hénin, en effet, a fait une très belle carrière avec 7 victoires en simple en grand chelem et une médaille d’or aux J.O. d’Athènes, battant en finale Amélie Mauresmo.

Personnellement cela me faisait plaisir de voir une jeune femme mesurant 1.67m et pesant 57 kg tenir la dragée haute à  d’autres infiniment plus puissantes qu’elle. C’est aussi  ce qu’avait réussi à faire pendant quelques temps au début des années 2000 la Suissesse Martina Hingis (5 victoires en simple en grand chelem), qui mesure à peine 1.70 et pèse moins de60 kg. Aujourd’hui c’est une Russe d’un tout autre gabarit (1.88m), Maria Sharapova, aussi belle que grande, qui est la plus dangereuse rivale de Serena Williams, du moins quand elle n’est pas blessée. Elle aussi a beaucoup de classe, jouant comme de nombreux joueurs dans les années 70, avec des attaques puissantes du fond du court. Mais elle est exaspérante pour le spectateur ou le téléspectateur, qui a l’impression de sortir du match aussi épuisé qu’elle à force d’entendre ses cris hallucinants chaque fois qu’elle frappe la balle. Néanmoins elle a remporté 5 tournois majeurs en simple dans sa carrière et a été à plusieurs reprises numéro une mondiale, la première fois en 2005, alors qu’elle avait 18 ans. Mais, à titre personnel, je préfère voir jouer Vénus Williams, même si elle n’est plus ce qu’elle était, qui aurait pu faire une carrière équivalente à celle de sa sœur sans ses problèmes de santé. Cela ne l’a pas empêché de compter 7 titres du grand chelem dont 5 à Wimbledon (45 en tout sur le circuit). En outre, parmi les  joueuses actuelles, elle est celle dont le jeu ressemble le plus à Margaret Court ou Martina Navratilova…quand elle est en forme.

Autre caractéristique du tennis féminin depuis le début du nouveau siècle, la hiérarchie fluctuante…quand Serena Williams est blessée, avec des joueuses qui accumulent les performances ponctuelles qui les font grimper au classement, au point d’avoir à la première place mondiale des  Caroline Wozniacki ou (un peu avant) Dinara Safina  n’ayant jamais gagné de tournoi du grand chelem, ce qui était impossible à l’époque de Margaret  Court , Billie Jean King, ou encore de l’Australienne aborigène Evonne Goolagong qui, a 19 ans, a réalisé le doublé Wimbledon-Roland-Garros (1971),  sans oublier  Chris Evert  et Martina Navratilova qui ont illuminé le jeu dans leurs duels des années 70 et 80, mais aussi Steffi Graf (années 80 et 90),  et Monica Selès au début des années 90, l’inventrice des cris sur le court, à l’imitation de joueurs comme Connors.

Tout cela appartient au passé, comme appartiennent au passé les succès de nos trois meilleures joueuses depuis les années 60, à savoir Françoise Durr, qui a remporté Roland-Garros en 1967, Mary Pierce qui a gagné à Melbourne (1995) et à Roland-Garros (2000), et Amélie Mauresmo, vainqueur à Melbourne et à Wimbledon en 2006, du Masters en 2005, autant d’ exploits lui ayant permis d’être à la première place mondiale pendant une partie de l’année 2006. Autre exploit français, beaucoup plus inattendu celui-là, la victoire à Wimbledon en 2013 de Marion Bartoli, jeune femme n’ayant jamais été mieux classée qu’à la septième place en 2010. Une victoire tellement improbable qu’elle décida d’arrêter sa carrière un mois et demi plus tard à l’âge de 28 ans, considérant sans doute qu’elle avait touché son Graal, laissant un grand vide dans notre tennis féminin. Qui sera la prochaine grande championne française ? Personne ne peut le dire, à supposer qu’elle soit née. Et sur le plan mondial, qui succèdera à Serena Williams ? Difficile de répondre, mais je mettrais bien une pièce sur la Tchèque Petra Kvitova (24 ans) qui vient de gagner cette année son deuxième le tournoi de Wimbledon, et qui fait beaucoup penser…à une ex-compatriote, Martina Navratilova. Toutefois il faudra qu’elle fasse preuve de plus de régularité dans les années à venir, si elle veut marquer à son tour l’histoire du tennis féminin.

Bonne et heureuse année 2015!

Michel Escatafal


Contador peut réussir son chef d’oeuvre l’an prochain…

 

pistoleroQuel est le meilleur coureur cycliste actuel ? S’il est difficile de faire un choix pour les classiques d’un jour, où personne ne domine réellement comme Philippe Gilbert en 2011, en revanche dans les courses à étapes le meilleur reste incontestablement Alberto Contador, lequel a retrouvé en 2014 une suprématie perdue en 2013, après son horrible période entre 2011 et 2012, où il fut privé de Tour de France et où l’UCI lui a supprimé ses victoires acquises sur la route en 2011, suite à son contrôle anormal sur le Tour 2010 pour des doses ridicules de produit interdit (clembutérol) qui, en aucun cas, ne pouvaient l’avoir aidé à améliorer ses performances.

En tout cas, tout le monde se réjouit de la décision affirmée et assumée du Pistolero de tenter le doublé Giro-Tour, au moment où ses rivaux (Froome, Nibali, Quintana, Rodriguez, Valverde) misent tout ou presque sur une victoire dans le Tour de France, avec pour Froome une tentative de doublé Tour-Vuelta, inédit depuis le changement de date du Tour d’Espagne. Et en parlant de Froome, on souhaite tous que le coureur britannique soit au top au moment du Tour, comme Contador, pour avoir de nouveau droit au duel que nous n’avons eu l’an passé que dans le Dauphiné et la Vuelta.

N’oublions que ce sport comme beaucoup d’autres n’atteint sa dimension supérieure qu’à travers les duels qu’il engendre. Dans les années 40, nous avons connu la lutte pour le pouvoir entre Coppi et Bartali, deux des plus grands champions de tous les temps. Ensuite au début des années 50, ce fut Coppi contre Koblet. Dans les années 60, il y eut le duel Anquetil-Poulidor, faute d’avoir eu droit  à la rivalité entre Anquetil et Rivière qui aurait été autrement plus dure, si ce dernier n’avait vu sa carrière brisée à l’âge de 24 ans. Puis à la fin des années 60 et au début des années 70, ce fut l’époque où Merckx gagnait tout ou presque malgré des rivaux  de la classe de Gimondi ou Luis Ocana, ce dernier étant le seul capable dans ses grands jours de battre à la régulière « le Cannibale », comme Koblet fut le seul à pouvoir se hisser au niveau de Coppi vingt ans auparavant. Ensuite vint l’ère Hinault, mais comme à l’époque d’Anquetil et Merckx, ses challengers (Fignon, Moser, Saronni) ne pouvaient que l’inquiéter épisodiquement dans ses grandes années. Puis vint l’ère Indurain avec comme contradicteur  principal Rominger, sans que celui-ci puisse s’élever au niveau de son rival. Enfin arriva la domination d’Armstrong dans le Tour de France, lui aussi parfois menacé mais jamais battu par Ullrich ou Basso.

Est-ce que le duel Contador-Froome ressemblera au duel Coppi-Bartali, avec de grandes victoires pour l’un et l’autre, même si au final l’un (Coppi)  était au dessus de l’autre (Bartali), ou bien est-ce que ce sera comme le duel entre Anquetil et Poulidor ou Armstrong et Ullrich, avec la victoire dans la quasi-totalité des cas des premiers nommés ? Là est  toute l’interrogation des amateurs de vélo après la Vuelta 2014, où Contador avait réussi sa « résurrection » un peu mieux que Froome, après leurs chutes dans le Tour de France, même si le sentiment de tous les vrais amateurs de vélo, ceux qui voient les choses objectivement sans être déformés par le prisme du dopage ou le pur et imbécile chauvinisme, reste que le Pistolero est sans doute un tout petit cran au-dessus du Kényan blanc.

Si j’ose cette affirmation, c’est parce qu’il ne faut surtout pas avoir sa vision déformée par le spectacle du Contador 2013…qui n’était pas le vrai Contador, pour de multiples raisons, à commencer par le fait qu’il venait de vivre deux années terribles, malgré une victoire laborieuse dans la Vuelta 2012, comme je l’ai rappelé auparavant. Ce Contador 2013 n’avait en effet rien à voir avec celui du Tour 2009 ou du Giro 2011, qu’il avait outrageusement dominé. En fait ce Contador version 2013 n’était guère meilleur que celui de 2010, où il faillit être battu dans le Tour par Andy Schleck, loin de valoir Froome, très supérieur au Luxembourgeois contre-la-montre et aussi meilleur en montagne avec ses démarrages supersoniques…auxquels semble s’habituer Contador, comme on a pu le constater cette saison au Dauphiné et à la Vuelta, étant le seul à pouvoir y répondre et même à contrer un peu plus haut.

Et pour revenir au Tour 2010, si le crack espagnol l’a finalement emporté sur la route, c’est uniquement sur l’expérience, en leurrant à plusieurs reprises son rival Andy Schleck, aujourd’hui jeune retraité, comme Anquetil l’avait fait avec Poulidor en 1964, notamment au Puy-de-Dôme, sans oublier son équipe qui, précisément, lui avait permis de bluffer en menant grand train en montagne, comme si elle préparait une attaque de son leader. Ce fut tout particulièrement le cas dans la montée de Morzine-Avoriaz, alors que Contador était dans un mauvais jour. D’ailleurs Contador avait fini ce Tour très fatigué, signe que la condition physique n’était pas vraiment au niveau espéré…et que le clembutérol ne l’avait pas du tout aidé.

Mais pourquoi ce retour en arrière ? Tout simplement parce que je voudrais dire deux mots sur la possibilité ou l’impossibilité de réaliser de nos jours le doublé Giro-Tour, le dernier en date étant l’œuvre de Pantani au siècle précédent (1998). Il est vrai que depuis cette date, Contador n’a pas pu tenter ce pari, sauf en 2011 où il avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En 2008, en effet, Contador fut privé de Tour de France parce que son équipe d’alors, Astana, était dans l’œil du cyclone pour des contrôles antidopage positifs de Vinokourov et Kashhechkin. A ce propos, compte tenu des derniers éléments sur le thème du dopage concernant cette même équipe, à présent dirigée par Vinokourov et dans laquelle figure Nibali, le vainqueur du Tour cette année, il est intéressant de noter que cinq cas positifs de dopage lourd dans la galaxie Astana, ne l’auront pas privée de sa licence World Tour. On comprend pourquoi l’ancien président de l’UCI, Pat Mac Quaid, a pu   dire qu’il y avait sans doute eu une forme d’injustice à l’égard de Contador en 2010-2011, injustice qui a fait le bonheur des contempteurs du cyclisme, et de nombre de forumers sur les sites de sport, aussi ignares que malveillants.

Fermons la parenthèse, pour revenir à cette année 2011 où Contador ne put réellement défendre ses chances dans le Tour avec l’intégralité de ses moyens, d’abord en raison de deux chutes pendant l’épreuve qui l’handicapèrent au niveau du genou, et ensuite parce que le Pistolero, tout grand qu’il est, quelle que soit sa force de caractère, sa confiance en lui, ne pouvait pas ne pas penser que, même vainqueur, sa victoire lui serait retirée. D’ailleurs tout le monde savait bien que Contador serait suspendu à ce moment-là, le désir de l’UCI et plus encore de l’AMA étant d’abord de faire un exemple. Et quel meilleur exemple, même pour des quantités de produit ridiculement faibles, indécelables dans la quasi-totalité des laboratoires du monde entier, quel meilleur exemple dis-je que condamner Contador, le meilleur cycliste de la planète, quitte à donner ses trophées à des coureurs précédemment confrontés au dopage…alors que Contador était autorisé à disputer ces épreuves.

Tout cela pour dire que je reste persuadé que le doublé Giro-Tour reste du domaine du possible encore aujourd’hui, malgré des contrôles de plus en plus fréquents et de plus en plus sophistiqués. Cela étant, s’il y a aujourd’hui un coureur capable de le réaliser c’est Contador, à condition de ne pas avoir de problème de santé ou de n’être pas confronté aux chutes inhérentes aux grandes épreuves à étapes les premiers jours. En 2014, s’il en avait eu le dessein et sans la malchance, Contador pouvait réaliser ce fameux doublé, car c’était le plus fort. Il aurait aussi pu le faire en 2011, sans les problèmes multiples auxquels il a été confronté, dont j’ai déjà parlé. Il suffit de voir comment il a terminé le Tour 2011, avec une attaque suicidaire lors de la dernière étape de montagne à 95 kilomètres de l’arrivée, n’étant rejoint qu’à quelques encablures de l’arrivée, plus sa troisième place contre-la-montre le lendemain, veille de l’arrivée, à 53s de Tony Martin sur la distance de 42.5 km, pour s’apercevoir qu’il aurait pu gagner ce Tour et faire le doublé, après un Tour d’Italie, dont certains ont dit que c’était le plus dur depuis des décennies.

Voilà pourquoi je pense que le Pistolero peut réussir ce doublé, et je ne suis pas le seul à le penser. Certes la concurrence est très sévère, et elle l’est d’autant plus que ses principaux rivaux vont faire l’impasse sur le Giro pour arriver à leur maximum sur le Tour de France, mais ce n’est pas une raison pour douter de la capacité de Contador à réussir ce banco, qui serait son chef d’œuvre en carrière, et qui lui permettrait de se rapprocher à une unité du record de Merckx au nombre de grands tours remportés (11). Le regretté Laurent Fignon ne s’y était pas trompé en ayant envisagé pour Contador ce doublé Giro-Tour pour 2011, à la condition de courir le Giro à 90%de ses possibilités, un doublé que ce même Laurent Fignon aurait dû réaliser en 1984, si les organisateurs du Giro de l’époque n’avaient  pas quelque peu aidé Moser. Mais ça c’est une autre histoire, et aujourd’hui, ce ne serait plus possible. Comme, semble-t-il de nos jours, on ne suspend plus les sportifs pour quelques poussières de clembutérol trouvées dans leurs urines, certains étant même acquittés sans la moindre difficulté. Mais ça aussi c’est une autre histoire…

Michel Escatafal


Platini trouvait normal d’avoir 3 fois de suite le Ballon d’Or…

ballon d'orDécidément le comportement de Michel Platini insupporte de plus en plus les amateurs « éclairés »de football. Après le fair-play financier qui aboutit à favoriser uniquement les clubs historiques, parfois lourdement surendettés au détriment de ceux qui appartiennent aux nouveaux riches sans dette, voilà qu’il se mêle de vouloir désigner le Ballon d’Or, récompense individuelle suprême du joueur de football. Au nom de quoi ? Parce qu’apparemment il a du mal à accepter que le Ballon d’Or revienne au meilleur joueur, reprochant à ceux qui votent pour cette distinction de choisir toujours les meilleurs, en l’occurrence depuis quelques années Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Cette préférence qu’il avait déjà manifestée par le passé, en criant haut et fort que Ribéry méritait davantage le Ballon d’Or que les deux autres nominés, finit par agacer tout le monde au point qu’Ancelotti a cru bon de dire que « Le poste de président de l’UEFA est important, je pense que prendre position sur le sujet du Ballon d’Or n’est pas correct ». Et c’est tout à fait vrai, même si Neuer, le gardien du Bayern Munich et de l’équipe d’Allemagne, ne déparerait pas au palmarès.

Cela étant, cette querelle n’existerait pas si la récompense qu’est le Ballon d’Or n’était pas devenue ce qu’elle est de nos jours, et était toujours décernée comme elle l’était auparavant, c’est-à-dire uniquement par des journalistes de France Football qui faisaient « le boulot » en leur âme et conscience, sans trop se soucier des désidératas des uns et des autres. Pour mémoire je rappellerais une fois encore que ce Ballon d’Or, a été créé il y a 57 ans par Gabriel Hanot, responsable à l’époque de la rubrique football de l’Equipe et de France-Football, pour récompenser le meilleur joueur européen de l’année. Gabriel Hanot qui avait beaucoup d’idées, puisque c’est aussi lui qui créa à peu près à la même époque la Coupe d’Europe des clubs champions, devenue aujourd’hui la Ligue des Champions. Hélas pour lui, qui aujourd’hui sait que cet ancien excellent footballeur au début du siècle précédent (12 fois international) est le créateur de deux évènements considérables du monde du football ? Plus personne ou presque, sauf ceux qui s’intéressent à l’histoire en général et à celle du sport en particulier.

Cela dit, même si beaucoup de choses ont changé, les idées sont restées, et c’est toujours la même ferveur qui entoure la remise du Ballon d’Or, évènement qui fait rêver tous les footballeurs, du plus grand au plus petit depuis 1956, année où Stanley Matthews obtint le tout premier trophée à l’âge de 41 ans devant les deux super cracks du Real Madrid à cette époque, Di Stefano et Kopa…qui lui étaient bien supérieurs. Cela dit Matthews était anglais, et Hanot avait un amour fou pour le football d’Outre-Manche, sans doute parce que les Anglais ont inventé ce jeu…ce qui montre qu’il est arrivé à certaines époques que le meilleur n’ait pas été couronné. C’est pour cela que nous sommes nombreux à dire que ce trophée, ô combien important pour un footballeur, l’est finalement beaucoup trop, parce qu’il dépend grandement de la qualité des équipiers qui sont autour de la « star ». L’an passé Ribéry avait bénéficié de l’exposition du Bayern Munich pour s’inscrire parmi les trois nominés, avec les éternels Messi et C. Ronaldo. Toutefois si Ribéry joue au Bayern, c’est parce que c’est un excellent  footballeur, remarque qui vaut pour tous les joueurs des grands clubs, y compris Neuer.

Alors qui emportera le Ballon d’Or cette année? Très certainement Cristiano Ronaldo, une troisième fois, comme Platini en son temps (qui n’avait pas protesté à l’époque !)…ce qui ne sera que justice, et je trouverais normal que Neuer soit son dauphin, d’autant qu’il est incontestablement le meilleur gardien actuel. Néanmoins les statistiques de C. Ronaldo sont toujours aussi hallucinantes, et malgré une Coupe du monde où lui et son équipe (Portugal) n’ont pas été souverains, son aura dans le monde du football est restée égale à celle des années précédentes, tout comme sa superbe sur un terrain. De plus, il reste la grande star du Real Madrid, et son apport dans le dixième titre européen (C1) du club madrilène fut constamment décisif tout au long de la campagne 2013-2014. En outre, et c’est la différence par rapport à Messi, joueur d’un seul club, il a aussi largement contribué à la victoire en Ligue des Champions de Manchester United en 2008, juste avant de rejoindre le Real Madrid.

Si je parle autant de la Ligue des Champions, c’est parce que cette récompense qu’est le Ballon d’Or désigne souvent un joueur qui a gagné une épreuve prestigieuse, même si le reste du temps il n’a pas fait des étincelles. Ce ne sera pas le cas cette année avec Ronaldo, s’il est le lauréat, malgré une Coupe du Monde décevante, comme en 2008, où il fut beaucoup moins brillant au Championnat d’Europe des Nations qu’en Champions League. Toutefois, il y a eu dans le palmarès des cas beaucoup plus choquants, outre celui de Stanley Matthews dont j’ai parlé précédemment.

Le premier exemple qui me vient à l’esprit est celui de l’année 1982, quand Paolo Rossi remporta le trophée…parce qu’il avait marqué 6 buts lors de la Coupe du Monde en Espagne entre les quarts de finale et la finale, que l’Italie avait remportée. Le reste du temps, il a quasiment été aux abonnés absents. Il faut reconnaître que ses dauphins de l’époque, Giresse et Boniek méritaient le Ballon d’Or beaucoup plus que lui. Mais il peut arriver que gagner un grand trophée (Coupe du Monde, championnat d’Europe des Nations) en étant  le meilleur joueur du tournoi, ne suffise pas pour emporter l’adhésion.

Cet exemple concerne plus particulièrement un Français, Thierry Henry. Cette année là, en 2000, la France avait été sacrée championne d’Europe des Nations, en grande partie grâce à Thierry Henry. Et pourtant ce fut Figo qui fut désigné, sans doute parce qu’il jouait au Real Madrid et, nous avait-on dit, parce qu’Henry n’avait pas marqué en finale du championnat d’Europe. C’était quand même tiré par les cheveux, et à partir de là je n’ai plus considéré la remise du Ballon d’Or de la même manière. Pas parce que c’était un Français qui aurait dû avoir la récompense, la preuve puisque je suis de ceux qui pensaient l’an passé que Ribéry était loin du niveau de Ronaldo, Messi ou même Ibrahimovic, mais parce que je considérais qu’il y avait trop d’éléments qui échappaient à la logique des amateurs de football que nous sommes.

D’ailleurs Thierry Henry, bien qu’il ait figuré pendant 5 ou 6 ans parmi les tout meilleurs joueurs du monde, n’a jamais remporté le Ballon d’Or, ce qui est une profonde injustice. En 2003 on lui a préféré Nedved, probablement parce qu’il jouait à la Juventus de Turin. En dehors de cela je ne vois pas la raison d’avoir placé Nedved devant Henry, parce qu’en plus le buteur français avait survolé de toute sa classe la Coupe des Confédérations, sans compter qu’il avait gagné la Cup (avec Arsenal) et avait été sacré meilleur buteur mondial de l’année. Néanmoins il n’est pas le seul grand footballeur à n’avoir jamais gagné le Ballon d’Or, alors que beaucoup d’autres ayant moins de classe et au palmarès nettement moins fourni l’ont remporté.

Simonsen (1977) ou Belanov (1986) étaient d’excellents joueurs, mais franchement que leur nom figure parmi les lauréats et pas Ferenc Puskas et Sandor Kocsis (Hongrie), Mazzola et Riva (Italie), Schuster (Allemagne), Giresse, Tigana, Henry ou Iniesta a quelque chose de choquant. Et puisque je parle de Français, ils sont quand même 4 à avoir été élus Ballon d’Or, à savoir Raymond Kopa en 1958, Michel Platini à 3 reprises en 1983, 84 et 85 (le seul avant Messi à l’avoir eu trois fois de suite), Zinedine Zidane en 1998 et, plus surprenant, Jean-Pierre Papin (en 1991)  à l’époque où il jouait à l’Olympique de Marseille. La France figure ainsi en bonne place  parmi les pays ayant eu des lauréats (6 fois) juste derrière les Pays-Bas et l’Allemagne (7 fois)  et devant l’Angleterre, l’Italie et le Brésil (5 fois),  puisque depuis 1995 les non –européens jouant en Europe peuvent postuler.

D’ailleurs Georges Weah, l’ancien joueur du PSG, a été élu en 1995, et je regrette que Drogba ou Eto’o ne figurent pas au palmarès, car eux aussi l’auraient mérité. En revanche, coté club, la France est très loin (seulement l’OM avec Papin), ce qui veut dire que pour avoir le Ballon d’Or il fallait  ou il faut jouer en Italie, plus particulièrement à la Juventus et au Milan AC (16 trophées), en Espagne, au Real et au Barça (17 aussi), en Allemagne au Bayern ( 5 ) et en Angleterre à Manchester (4). Normal, c’est dans ces clubs et ces pays que l’on recrutait  les meilleurs joueurs…jusqu’à l’arrivée de nouveaux riches (comme on dit) russes (Chelsea), émiratis (Manchester City) ou qataris (PSG). Enfin, il vaut mieux être attaquant ou milieu de terrain (53 Ballons d’Or) que défenseur (4 Ballons d’Or) ou gardien de but (1 Ballon d’Or). Cela peut paraître injuste car à l’image de Yachine en 1963, un gardien comme Banks dans les années 60 (Angleterre), ou plus près de nous Barthez, Buffon (Italie) ou Casillas (Espagne) auraient mérité eux aussi le trophée. Et cette année ce ne serait pas un scandale si Neuer l’emportait…même si l’on sait qu’il terminera second ou troisième ce qui serait anormal, car Messi ne le mérite pas cette année autant que C. Ronaldo ou Neuer.

Un dernier mot enfin, si je devais choisir le triplé le plus prestigieux ce serait celui de 1959 avec Di Stefano comme Ballon d’Or suivi de Kopa et John Charles (Gallois de la Juventus de Turin). Celui de 1974 avec Cruyff (Pays-Bas), Beckenbauer (Allemagne) et Deyna (Pologne) n’était pas mal non plus, tout comme celui de 1989 avec Van Basten, Baresi et Rijkaard, sans oublier ceux de 2009 et 2011 avec Messi, C. Ronaldo et Xavi, ou celui de 2012  avec Messi, Ronaldo et Iniesta. Cela dit un trio Ronaldo, Neuer, Messi a aussi beaucoup d’allure, ne serait-ce qu’en plaçant un gardien à un niveau inédit depuis 2006 avec l’Italien Buffon. Ce serait aussi le deuxième gardien allemand à être sur le podium après Oliver Kahn en 2001 et 2002. Ce dernier succédait sur ce podium au gardien tchèque Viktor en 1976, lequel fut en quelque sorte le successeur de Yachine, seul gardien, je le répète, à avoir été Ballon d’Or (1963).

Michel Escatafal


Dans le sport aussi, « il ne faut jamais vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait mis par terre »

FDCe devait être un remake de l’année 1991, et ce fut un « bide » presque total ! Telle est la conclusion que l’on peut tirer de cette finale de Coupe Davis à Lille, dimanche dernier. Et pourtant nombre de supporters y ont cru après le premier match, où un super Monfils a écrasé un  petit  Federer, manifestement inquiet pour la suite de la compétition en raison de sa blessure récente, qui l’avait empêché de défendre ses chances en finale du Masters. Et, compte tenu de la supériorité supposée des Français en double, ces mêmes supporters se disaient qu’on allait revivre l’édition de 1991, avec une énorme victoire d’Henri Leconte au premier match contre Sampras, puis une défaite somme toute normale de Forget contre Agassi, pour se retrouver avec une égalité au score à la fin de la première journée. C’est là que la belle histoire s’arrête, parce que les Français n’avaient pas réalisé que les Suisses avaient une équipe aussi forte. Certains même s’étaient carrément montrés condescendants en affirmant qu’il fallait à tout prix que Federer joue…pour que la victoire ait une saveur vraiment agréable. Bref, on faisait fi des chances de Wawrinka, lequel devait se faire laminer par les Français. Enorme erreur de jugement, dû essentiellement au chauvinisme franchouillard qui anime à la fois les supporters et, plus grave encore, les journalistes, spécialisés ou non.

Résultat, une terrible déception à l’issue de cette finale, laquelle aura laissé un goût amer aux joueurs, aux spectateurs et aux téléspectateurs français, lesquels pensaient que la finale était gagnée avant de l’avoir joué. Et oui, les joueurs suisses sont tout simplement meilleurs que les joueurs français, comme en témoigne leur classement, Federer n°2 mondial et Wawrinka n°4, alors que Tsonga et Monfils naviguent largement au-delà de la dixième place (Tsonga 12è et Monfils 18è). En outre, ce n’est pas au niveau de l’expérience que l’on pouvait espérer quelque chose de plus, car, sur ce plan, Federer et ses 17 succès en tournois du Grand Chelem, et même Wawrinka, vainqueur de l’Open d’Australie en début d’année, savent ce que la pression d’une finale veut dire.

Et cela s’est vu pendant cette finale de Coupe Davis, notamment pendant le double, où les Suisses ont joué leur meilleur tennis, alors que les Français ont été plutôt décevants. Cela étant, et on l’avait oublié dans notre pays qui ne s’intéresse absolument pas à l’histoire du sport, il faut quand même se rappeler que Federer et Wawrinka sont capables de former une excellente équipe de double. Qu’on en juge à travers cette performance : un titre olympique en 2008, en battant en demi-finale les rois de la discipline depuis plus de 10 ans, les frères américains Bryan (700 victoires et 103 titres remportés sur le circuit, dont 16 en grand chelem, plus un titre olympique en 2012). Rien que cela aurait dû convaincre les supporters français que la victoire en double était loin, très loin, d’être assurée.

Mais le pire était à venir, avec les tensions entre les joueurs après le quatrième match et la victoire de Federer sur Gasquet qui donnait la Coupe à la Suisse. Là aussi que n’a-t-on pas lu à droite et à gauche sur la supposée morgue suisse, notamment celle de Wawrinka, lequel ne semble pas très bien tenir l’alcool. Mais est-ce tellement étonnant que Wawrinka ait quelque peu chambré les Français? Que n’avait-on pas dit sur la soi-disant brouille entre Federer et Wawrinka, après leur extraordinaire demi-finale du Masters. Certains parlaient de l’inévitable mauvaise ambiance qu’il allait y avoir entre les deux joueurs, alors que l’équipe de France formait une vraie famille. Je ne dis pas, en écrivant cela, que les joueurs français ne s’estiment pas. D’ailleurs je n’en connais aucun, pas plus d’ailleurs que Federer et Wawrinka. Je ne sais pas davantage si ces derniers sont amis ou ennemis, mais ce que j’ai vu samedi et dimanche, c’est une équipe suisse soudée, y compris les remplaçants inconnus. Manifestement Wawrinka voulait remporter son second grand trophée de l’année, et Federer rentrer encore un peu plus dans la légende du tennis, en gagnant le seul trophée qu’il lui manquait, en dehors de la réalisation du grand chelem.

C’est d’autant plus méritoire pour Federer et Wawrinka de soulever le fameux Saladier d’Argent, que la Suisse n’est quand même pas un grand pays de tennis, malgré ses succès ces dernières années. N’oublions pas qu’il aura fallu attendre l’avènement de Federer, pour que la Suisse enlève un tournoi du Grand Chelem (Wimbledon 2003). Et il aura fallu l’arrivée au plus haut niveau de Stan Wawrinka, pour que la Suisse puisse postuler pour une victoire en Coupe Davis, cette épreuve exigeant d’avoir au moins deux joueurs dans les meilleurs mondiaux pour pouvoir s’imposer. Cela explique d’ailleurs pourquoi les Français dans les années 20 et 30, les Australiens dans les années 50 et 60, mais aussi les Américains a toutes les époques, sauf depuis 1995 (une seule victoire en 2007) ont trusté les titres, grâce à un réservoir important de champions…que la France n’a plus jamais eue depuis l’époque des « Mousquetaires » avec Lacoste, Cochet, Borotra et Brugnon. Sauf, à un degré moindre, avec Noah, Leconte et Forget, ce qui a permis à Leconte et Forget de s’imposer en 1991 contre Sampras et Agassi. A ce moment Forget était septième mondial et venait de réaliser sa meilleure saison en simple. Quant à Leconte, son classement ne voulait rien dire (cent-cinquante neuvième à l’ATP parce que longtemps blessé au dos), car chacun savait bien qu’il était toujours capable, sur un match, de battre n’importe qui. En outre, son entente avec Forget lui a permis de former la seule équipe de double invaincue en Coupe Davis (11 victoires en autant de matches).

Et puisque je suis dans l’histoire de la Coupe Davis, je voudrais terminer en disant à tous ceux qui comparent les joueurs à des époques différentes, que si Federer figure bien évidemment dans les tous meilleurs joueurs de l’histoire du tennis, personne n’a le droit d’affirmer qu’il est le plus grand de tous. Certes, son palmarès compte 17 victoires en tournois du Grand Chelem, mais il n’a pas réalisé le Grand Chelem, comme Rod Laver à deux reprises. Combien de tournois majeurs ce dernier aurait-il remporté s’il n’avait pas été dans les rangs des professionnels entre 1962 et 1968 ? Et Rosewall ? Et Gonzales ? Et Kramer ? Et Borg, qui a arrêté sa carrière à 25 ans après avoir gagné 6 fois Roland-Garros et 5 fois Wimbledon dans les années 70 et 80 ?

Certes, on me rétorquera que si Nadal avait eu l’idée de naître cinq ou six ans plus tard, Federer aurait réalisé au moins deux fois le Grand Chelem, mais il y avait Nadal, lui-même vainqueur de 14 tournois du Grand Chelem, dont 9 victoires à Roland-Garros, sans oublier son titre olympique en 2008 et ses 4 victoires en Coupe Davis. Cela étant, qui pourrait dire qu’il aurait battu Borg à Roland-Garros ? Personne, parce que chaque génération a son ou ses superchampions, et, il n’est même pas possible de faire la comparaison au niveau du palmarès pour les joueurs de tennis, parce que, comme je l’ai écrit précédemment, les meilleurs professionnels ne pouvaient pas affronter les amateurs jusqu’en 1968. Bref, on tourne en rond, comme si l’on voulait savoir si Coppi aurait réussi à décrocher Contador dans le Stelvio, ou si Fangio aurait pu battre Prost, Senna ou Schumacher à Spa Francorchamps.

Michel Escatafal

 


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