La classe de Nasser Al-Khelaïfi…

Nasser Al-KhelaifiAlors que le PSG se débat avec le fair-play financier…quand ses propriétaires pourraient s’offrir sans problème Ronaldo ou Messi, alors que ledit PSG va être bientôt le seul grand club européen candidat à la Ligue des Champions à ne pas pouvoir recruter…alors qu’il n’a pas de dettes, il y a des présidents de club en France qui ne cessent de lui chercher des poux dans le tête…parce qu’il est riche. Et il n’y a pas que l’ineffable J.M. Aulas, qui essaie par tous les moyens de se singulariser depuis que son club ne domine plus financièrement et sportivement le football de club français, car maintenant s’y ajoute le président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot. Je rappelle au passage  que ce dernier a soutenu J.M. Aulas, quand ce dernier voulait annuler les résultats du RC Lens…pour récupérer les points perdus contre cette équipe en proie à d’inextricables difficultés financières !!!

Fermons la parenthèse pour dire que le président rémois n’est pas à une contradiction près vis-à-vis du PSG, qui ne lui procure pas un si grand plaisir, alors qu’en mars 2013 il avait tout fait pour récupérer un maillot de Beckham. Il devrait aussi se réjouir d’avoir dans notre championnat un club capable d’aligner autant de joueurs de classe mondiale. Par parenthèse, rien que pour la Copa America, le PSG aura une demi- douzaine de joueurs sélectionnés en équipe du Brésil, d’Argentine et d’Uruguay. Evidemment, ce n’est ni le cas de l’Olympique Lyonnais et encore moins de celui du Stade de Reims. Il est vrai que si Lyon est resté aujourd’hui, y compris cette année, à un niveau proche de ses meilleures années, entre 2000 et 2010, avec plusieurs jeunes issus du centre de formation, tel n’est pas le cas du Stade de Reims, dont on rappellera qu’il fut le club phare de ce que l’on n’appelait pas encore la Ligue1, en ayant été à six reprises champion de France entre 1949 et 1962. Rien que ça ! Et nous devons aussi ajouter que les Rémois ont remporté la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en 1953 et ont été deux fois finalistes (1956 et 1959) de la Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions).

A cette époque J.P. Caillot n’était pas né ou à peine, mais son père a dû lui dire que le Stade de Reims dans les années 50 était un club rassemblant la plupart des meilleurs joueurs français, certains étant même parmi les tous meilleurs européens à leur poste (Kopa, Fontaine, Piantoni, Vincent, Penverne, Jonquet). D’autre part il dominait largement le championnat de France quand il n’était pas engagé dans les joutes européennes. Enfin son budget était certainement le plus élevé avec, outre les joueurs cités précédemment, Colonna, Marche, Bliard, Rodzik, Muller, Wendling etc. Cela dit, contrairement au PSG de nos jours, même s’ils n’étaient  pas supporters du Stade de Reims, les gens respectaient ce club, notamment parce qu’il était le principal représentant de notre pays dans la Coupe d’Europe. Et puis Reims à l’époque n’était pas la propriété du Qatar, mais de la maison Pommery, Henri Germain, le président, ayant lui aussi sa marque de champagne. Bref tout cela sentait bon le terroir. Problème, parmi tous les grands clubs des années 1950, seul le Stade de Reims ne peut plus espérer jouer le moindre rôle en Europe…parce que manquant de moyens financiers comparé aux autres grands clubs historiques européens, lesquels finissent toujours par se relever des inévitables crises qui accompagnent leur histoire. La Juventus en a apporté une nouvelle preuve hier soir, en dominant le Real Madrid malgré ses stars achetées 50 ou 100 millions.

Seulement dans les pays voisins du nôtre, il y a une passion du football beaucoup plus saine que chez nous. Déjà les supporters respectent les joueurs, alors que chez nous des soi-disant supporters incultes en arrivent à interrompre l’entraînement d’une équipe, parce que celle-ci a des résultats insuffisants. Et ce n’est pas un conte puisque c’est arrivé ce matin à Nice. Et pourtant,  quand on regarde l’effectif niçois, qui peut imaginer que cette équipe puisse se mêler à la lutte pour les places européennes ? Au contraire, alors que l’on s’en prend à l’entraîneur (Claude Puel), on devrait le féliciter d’obtenir d’aussi bons résultats parce qu’il perd chaque année ses très bons joueurs. Voilà le problème du football français, et cela ne sert à rien de chercher des excuses aux difficultés de notre Ligue 1, et à son manque d’attractivité. En outre, si un investisseur reprend un club pour faire une belle équipe européenne, il sera vilipendé, dénigré par ces fameux pseudo-supporters qui n’accepteront pas cet investisseur s’il est par exemple qatari. Non, en France on veut être les meilleurs en étant des gagne-petit. Oui Ibrahimovic avait raison quand il disait que « la France ne mérite pas le PSG ».

Aujourd’hui, si le PSG est considéré comme un grand club et s’il donne de la visibilité à la Ligue 1, il le doit aux dirigeants qataris. Et si un club français doit remporter la Ligue des Champions dans les années qui viennent, ce sera le PSG. Nous sommes au XXIè siècle, et on n’y peut rien changer, en espérant que le fair-play-financier finisse par mourir de sa belle mort, du moins tel qu’il est, pour que cette victoire en Ligue des Champions ne tarde pas trop. Fermons la parenthèse pour noter, aussi, que 70% des Français souhaitaient la défaite du PSG contre le FC Barcelone en quart de finale de la Ligue des Champions! Imagine-t-on la même chose en Italie, Espagne, Allemagne ou Angleterre ?  Imagine-t-on aussi dans ces pays autant de soutiens à un dirigeant se permettant d’essayer de changer le résultat d’un championnat acquis sur le terrain, comme l’a fait J.M. Aulas, le président de l’OL ? Ah j’oubliais : Aulas est français, donc respectable même quand il manque de respect à son sport et à son championnat. Mais au fait, à qui appartient Chelsea ? A un Russe. A qui appartient Manchester United ? A une famille américaine. Et l’Inter de Milan etc. Autant de pays où cela ne gêne personne que le patron soit étranger. C’est ça la France, ou plutôt une certaine France parce que tout le monde n’a pas cette mentalité.

Et pourtant les Français vont devoir s’y faire, car aujourd’hui on annonce la possible vente des Girondins de Bordeaux à un Indien. J’en connais plus d’un qui avoir du mal à l’accepter ! Des Qataris, des Indiens…il ne manquerait plus que des Chinois, des Indonésiens ou des Emirati ! Que tout cela est ridicule ! Et bien moi, si ces gens veulent investir dans nos clubs de football, de basket ou de rugby, je dirais bravo…comme on le fait ailleurs. Pour ma part, je ne m’occupe pas de la nationalité des sportifs pour apprécier leurs performances. La preuve, mon sportif préféré s’appelle Contador, mon pilote de F1 préféré s’appelle Raikkonen, mon joueur de rugby préféré s’appelait Wilkinson, mais mon pilote de rallye préféré s’appelle Ogier, et mon athlète préféré s’appelle Mekhissi. Je suis très éclectique, et c’est valable aussi pour les sportives féminines, mon admiration sans borne allant à des jeunes femmes comme Kim Gevaert (Belgique), Christine Arron, Muriel Hurtis, Myriam Soumaré, Mary Pierce, Amélie Mauresmo, mais aussi auparavant à Chris Evert (Etats-Unis) ou Hanna Mandlikova (Tchéco-australienne).

Pour terminer je voudrais simplement faire remarquer à M. Caillot, que si le PSG est certes la meilleure équipe française, il n’écrase pas le championnat comme ce président rémois à l’air de le dire. J’ajoute même que le PSG souffre à présent, comme le Stade de Reims souffrait dans les années 50, de l’envie des équipes de faire le match de l’année contre eux. Et pour le PSG il y a, en plus, les soi-disant supporters qui en veulent terriblement à ce club…parce qu’il y a surtout des étrangers sur le terrain dans leur équipe (dans l’équipe type, il n’y a que Matuidi qui est français). Et alors, combien il y a d’Anglais à Arsenal ? Et l’attaque du FC Barcelone, n’est-elle pas composée de Messi (Argentine), Suarez (Uruguay) et Neymar (Brésil) ? Et hier soir, qui composait l’attaque de la Juventus ? Tevez (Argentine) et Morata (Espagne).

Tournons la page, et revenons à ce que j’écrivais auparavant pour signaler que si la victoire à trois points avait existé à cette époque, le Stade de Reims aurait été champion de France avec 2 points d’avance en 1949 (devant Lille), mais avec 8 points d’avance en 1953 (devant Sochaux), avec 8 points en 1955 (devant Toulouse), avec 13 points en 1958 (devant Nîmes), et avec 9 points en 1960 ( devant Nîmes) et grâce à la différence de buts en 1962 (devant le Racing de Paris). On le voit,  à part aux deux bouts de la période faste rémoise, il y avait une nette domination du Stade de Reims pendant une dizaine d’années. Cela M. Caillot doit le savoir ! En tout cas, si les succès du PSG ne le font pas « bander », moi je trouve particulièrement attristant sa prise de position vis-à-vis du RC Lens pour se maintenir en Ligue 1 avec plus de facilité. Et je ne crois pas que Mr Henri Germain aurait eu la même position que lui sur cette affaire. Cela m’amène à écrire, une nouvelle fois, combien j’apprécie la classe des dirigeants qataris face aux multiples attaques dont ils sont la cible. Messieurs Aulas et Caillot devraient s’inspirer de l’attitude de Nasser Al Khelaifi, ou de Roman Abramovitch (Chelsea) ou de Florentino Perez (Real Madrid), pour ne citer qu’eux. Ils ont de l’argent certes, mais ils ne s’occupent que de leur club !

Michel Escatafal


Le Tour d’Italie vu à travers l’alphabet

maillot roseCe samedi 9 mai 2015, va commencer la deuxième plus grande épreuve du calendrier cycliste international, le Tour d’Italie ou si l’on préfère le Giro. Un parcours long de 3486 kilomètres, un peu moins dur que certaines éditions, mais plus difficile que quelques autres, notamment à l’époque de Moser-Saronni, où les organisateurs escamotaient ce qui a fait la grande caractéristique de l’épreuve, la montagne. Cette année il y en aura encore pas mal, et, même si le parcours ne sera pas aussi difficile qu’en 2011 ou que dans certaines éditions des années 40 ou 50, il sera quand même exigeant avec 7 arrivées en altitude, l’ascension de cols mythiques comme le Mortirolo ou la Finestre, plus un contre-la-montre individuel de presque 60 kilomètres. Bref de quoi faire pour les coureurs, et de quoi aussi assurer un minimum de suspens pour la victoire finale, laquelle ne devrait pas échapper à Contador, sauf accident ou grosse défaillance. Néanmoins il devra faire attention à des coureurs comme Porte, devenu très bon en montagne et surtout très bien épaulé par son équipe Sky, ou comme Rigoberto Uran, sans oublier celui qui sera le favori des tifosi, Aru, révélation de l’an passé avec une troisième place au Giro et une cinquième à la Vuelta.

Voilà pour la présentation sommaire de cette course au maillot rose 2015, un maillot rose qui fait immédiatement penser aux Girardengo (2 fois vainqueur en 1919 et 1923), Binda (5 victoires dans les années 20 et 30), Bartali (3 fois vainqueur dans les années 30 et 40), Coppi (5 victoires entre 1940 et 1953), Magni ( 3 victoires entre 1948 et 1955), Koblet (premier étranger vainqueur en 1950), Gaul (2 victoires en 1956 et 1959), Anquetil (2 victoires en 1960 et 1964), Merckx ( 5 victoires entre 1968 et 1974), Hinault ( 3 fois vainqueur en 1980, 1982 et 1985), Fignon (premier en 1989), Indurain (vainqueur en 1992 et 1993) ou plus près de nous Contador qui l’emporta en 2008 et 2011. Encore une fois, je vais répéter que c’est Contador qui s’est imposé en 2011, même si le palmarès officiel (pour l’instant !) indique Scarponi.

Comme j’ai déjà beaucoup écrit sur le Giro, je vais me livrer à un petit jeu que l’on retrouve dans les journaux spécialisés avec pour chaque lettre de l’alphabet un coureur qui a marqué l’histoire du Giro et quelques autres que j’aurais pu inscrire sur le même plan. Je ne sais pas si toutes les lettres seront utilisées, mais je vais quand même essayer, en commençant par A comme Adorni, vainqueur en 1965. Vittorio Adorni fut un des champions italiens dans les années 60, remportant, outre le Giro, le Tour de Romandie (1965), le Tour de Belgique (1966), le championnat d’Italie en 1969, et le championnat du monde sur route en 1968. Un joli palmarès pour un coureur dont peu de monde se souvient en dehors de l’Italie, mais qui était un de ceux que craignait le plus Jacques Anquetil. A aussi comme Alavoine, qui fut le premier français à s’illustrer dans l’épreuve italienne, en terminant troisième en 1920.  A aussi comme Anquetil, mais l’extraordinaire rouleur normand a tellement fait parler de lui qu’il n’est pas la peine d’insister. A comme Armstrong qui ne courut le Giro qu’une fois (en 1969), et ne le gagna jamais.

B comme Bobet, qui n’a jamais gagné le Giro, mais qui aurait dû le gagner en 1957. Tous les ingrédients étaient réunis pour qu’il l’emporte, malgré un début de saison quelque peu laborieux. A la tête d’une forte équipe avec Geminiani, son fidèle Barbotin, Antonin Rolland et son frère Jean, on imaginait mal que le triple vainqueur du Tour soit battu. Il le fut pourtant, à la fois à cause de sa témérité, attaquant dès la première étape, prenant le maillot rose dès le début de la course, même si son but était de distancer Charly Gaul, vainqueur l’année précédente, avant la montagne. Cela pouvait très bien s’expliquer, mais un évènement aller déclencher la colère du grimpeur luxembourgeois qui avait le maillot rose sur les épaules. Bobet voulant à tout prix faire la peau de Gaul lança une bordure avec ses coéquipiers. Résultat, Gaul perdit 10 minutes, mais se promit de se venger. Il le fit un peu plus tard en soutenant à fond Nencini, suite à une crevaison de ce dernier immédiatement exploité par Bobet et Baldini. Mais comme Baldini était italien, il refusa de relayer Bobet, lequel finit par être rejoint par Nencini et Gaul juste avant l’arrivée. Sans les relais de Gaul, Nencini ne serait jamais rentré et aurait perdu 10 minutes, si l’on en croit Geminiani. Finalement Bobet perdra ce Giro pour…19 secondes. J’aurais pu aussi écrire B, comme Binda, comme Baldini, maillot rose en 1958, Balmanion, deux fois vainqueur en 1962 et 1963, Battaglin, vainqueur en 1981, un des rares coureurs à avoir fait le doublé Giro-Vuelta, Bitossi, l’homme au cœur fou, plusieurs fois meilleur grimpeur du Giro. Bien sûr, j’aurais aussi pu écrire B comme Bartali, dont j’ai très souvent évoqué le nom sur ce site.

C comme Coppi, comme Contador, ce qui est trop facile, mais plutôt C comme Clerici, cet inconnu suisse qui ne gagna pratiquement que le Giro en 1954, grâce à la bienveillance de son ami Koblet, qui, en grand seigneur qu’il était, se mit entièrement à la disposition de son compatriote, et termina à la deuxième place. C quand même comme Cippolini et ses quarante-deux victoires d’étapes.

D comme Di Luca, qui remporta le Giro en 2007, battant le jeune Andy Schleck, dont le jeune âge (22 ans à l’époque) laissait prévoir une grande carrière, qu’il ne fit pas malgré sa grande classe, se contentant d’une victoire dans Liège-Bastogne-Liège. C’est un petit palmarès pour un coureur de cette classe,alors que celui de Di Luca est beaucoup plus fourni, mais trop de zones d’ombre planent sur ses victoires au Giro et dans plusieurs grandes classiques pour qu’on insiste sur ces performances.

E comme Enrici, vainqueur du Giro en 1924, après avoir pris la troisième place en 1922. Ensuite il termina cinquième en 1926.

F comme Fuente, le remarquable grimpeur espagnol, vainqueur de deux Tours d’Espagne en 1972 et 1974. Il gagnera en tout neuf étapes dans le Giro, dont cinq lors du Giro 1974, qu’il terminera à la cinquième place à 3mn22s de Merckx, qui remportait son cinquième Tour d’Italie, après avoir subi une défaillance dans une étape de plaine qui lui coûta une perte de temps de six minutes sur le super champion belge. Il termina aussi second en 1972, laissant le maillot rose à Merckx. F aussi comme Fornara, remarquable rouleur italien qui termina sur le podium, comme nous dirions de nos jours, en 1953, ce qui signifie qu’il fut le meilleur derrière les deux supers cracks qu’étaient Coppi et Koblet. La preuve, si Coppi l’emporta avec 1mn29s sur Koblet, Fornara termina troisième à 6mn55s de Coppi, Bartali prenant la quatrième place à plus de 14mn du campionissimo. F comme Fignon évidemment, second en 1984, mais vainqueur en 1989.

G comme Girardengo, considéré comme le premier campionissimo de l’histoire du cyclisme italien. Il gagna deux Tours d’Italie en 1919 et 1923, remportant dans cette même épreuve 30 victoires d’étapes. Il fut neuf fois champion d’Italie, et s’imposa six fois dans Milan-San Remo entre 1919 et 1928, sans oublier ses trois victoires dans le Tour de Lombardie (1919, 1921 et 1922). A noter que, comme Coppi, il était né à Novi Ligure (1893). Il fut à son époque une véritable idole en Italie, et son palmarès serait beaucoup plus fourni sans la guerre de 1914-1918. J’aurais aussi pu citer Luiggi Ganna, premier vainqueur du Giro (1909), Charly Gaul et son fabuleux exploit dans l’étape du Monte Bondone en 1956, où il écrabouilla tous ses adversaires dans la pluie, la neige et le froid, bénéficiant aussi de l’astuce de l’ancien champion Learco Guerra (vainqueur du Giro 1934) qui lui fit prendre un bain chaud dans une auberge au pied du col. G encore comme Gimondi (triple vainqueur) qui, sans Merckx, aurait un palmarès extraordinaire. Cela dit, on n’oubliera pas qu’il récupéra injustement une victoire dans ce Giro en 1969, Merckx étant déclassé pour dopage…sans que personne n’ait pu démontrer sa culpabilité. Curieux que ce genre de choses arrive très souvent aux plus grands !

H comme Hampsten qui s’imposa en 1988, et devint le premier Américain à s’imposer dans le Giro. Sa victoire restera à jamais dans toutes les mémoires en raison des conditions dantesques qui régnèrent sur l’étape Valmalenco-Bormio avec un passage au sommet du fameux Gavia, col mythique s’il en est avec ses 17 kilomètres de montée à presque 8% de moyenne. Si Hampsten s’imposa dans ce Tour d’Italie, c’est parce qu’il sut mieux que les autres se protéger du froid intense (-5 °) qui régnait sur la région. Mais aussi grâce à une paire de lunettes de skieur pour y voir plus clair, ce qui lui permit de suivre le Néerlandais Erik Breukink, qui remporta l’étape, mais qui avait trop de retard au classement général pour s’emparer du maillot rose, lequel échut à l’Américain, au grand dam des Italiens qui voyaient déjà Chioccioli en vainqueur. J’aurais évidemment pu écrire H comme Hinault, mais ceux qui me lisent savent que j’ai souvent parlé du « Blaireau » sur ce site, lui qui figure juste derrière Merckx au classement des plus beaux palmarès. H aussi comme Hesjedal, premier Canadien vainqueur d’un grand tour, qui s’imposa dans le Giro 2012.

I comme Indurain, deux fois triomphateur de la grande épreuve italienne en 1992 et 1993, faisant aussi le doublé Giro-Tour au cours de ces deux années. Indurain figure parmi les plus grands champions de l’histoire du cyclisme, à la fois grand rouleur et grimpeur puissant, le meilleur de sa génération au début des années 90. C’est pour cela qu’on peut dire qu’il a gagné ses deux Tours d’Italie comme ses cinq Tours de France à la manière de Jacques Anquetil autrefois.

J comme Jalabert, qui aurait pu gagner le Giro 1999 si …Pantani avait été banni de la course pour un taux hématocrite trop élevé un jour plus tôt. Si j’écris cela, ce qu’on ne trouve nulle part ailleurs, c’est parce que Jalabert était le plus fort cette année-là, derrière le surpuissant Pantani, qu’il essaya en vain de suivre lors de l’étape qui arrivait à Madonna di Campiglio. Il y réussit pendant la plus grande partie de l’étape, mais il paya les efforts faits pour suivre « le Pirate » vers la fin de l’étape. Il avait remporté trois étapes, plus le classement par points et avait été maillot rose pendant six jours. Le vainqueur final sera le pâle Ivan Gotti (déjà vainqueur en 1997), de quoi donner des regrets à notre « Jaja » national.

K comme Koblet, premier étranger, comme je l’ai déjà écrit à remporter le Giro (1950). J’ai beaucoup écrit sur le Suisse, sans doute le seul coureur de son époque, dans ses meilleurs jours, capable de suivre le grand Coppi dans un grand tour. Qu’on se rappelle le Giro 1953, sans doute un des plus beaux duels que le cyclisme nous ait offert. Dommage que sa carrière ait été aussi courte, mais le bel Hugo, si bien gâté par la nature, ne savait pas résister aux tentations de la vie facile, difficilement compatible avec les exigences de la haute compétition. K comme Kubler, autre star suisse de l’époque, qui ne peut s’enorgueillir que d’une troisième place en 1951 et 1952.

L comme Le Mond, qui termina troisième du Giro en 1985, derrière Hinault et Moser, ce que nombre d’amateurs de vélo ont oublié. Cette place sur le podium préfigurait sa victoire dans le Tour de France 1986. Le Mond, dans le sillage de Bernanrd Hinault montait en puissance, comme on dit, mais dans ce Giro Hinault était encore le plus fort.

M comme Massignan, merveille de petit grimpeur italien, comme il le prouvera aussi dans le Tour de France en étant le lauréat du grand prix de la Montagne en 1960 et 1961. Il finira à la troisième place du Giro 1962, après avoir été quatrième en 1960 à l’âge de 23 ans. Hélas pour lui, il ne confirmera jamais les espoirs placés en lui, et son palmarès sera finalement très maigre. Evidemment j’aurais aussi pu écrire M comme Merckx, comme Motta, vainqueur du Giro 1966 (en montant « les cols en roue libre..quand Anquetil devait pédaler » aux dires de Geminiani), grand rival à l’époque de Gimondi, même si son palmarès ne le confirme pas malgré une victoire dans le Tour de Lombardie en 1964, le Tour de Suisse en 1967 et le Tour de Romandie 1971. M comme Mottet aussi, qui termina deuxième en 1990 derrière Gianni Bugno. M comme Moser évidemment, qui s’imposa dans la controverse face à Laurent Fignon en 1984, ce dernier s’estimant volé entre les changements de parcours et les poussettes non sanctionnées. Cela étant Moser figure parmi les grands du cyclisme pour l’éternité. M comme Magni aussi, surnommé « le lion des Flandres » pour ses trois victoires au Tour des Flandres entre 1949 et 1951, et vainqueur de trois Tours d’Italie en 1948, 1951 et 1955. (J’ai consacré deux articles sur lui sur ce site en 2012).

N comme Nencini, dont j’ai déjà parlé avec Louison Bobet, mais plutôt N comme Nibali, qui remporta son unique Giro à ce jour en 2013, dans une épreuve marquée par le mauvais temps. Nibali est aussi un coureur qui figure parmi les rares vainqueurs des trois grands tours avec Anquetil, Gimondi, Merckx, Hinault et Contador, même si son palmarès est encore très loin de celui de ses prédécesseurs.

O comme Oriani, vainqueur en 1913. C’était un excellent coureur avant la première guerre mondiale, puisqu’il inscrivit aussi à son palmarès  le Tour de Lombardie en 1912. Mais je préfère O comme Olmo, grand poursuiteur dans les années 30 et 40, recordman de l’heure en 1935 (45.090 km), champion d’Italie sur route en 1936, vainqueur de Milan-San Remo en 1938. Après sa carrière cycliste il créa une usine de bicyclettes à Celle-Ligure, devenu une des références dans le monde des cyclistes, notamment avec la gamme « Biciclissima ». O comme Ortelli qui finit à la troisième place en 1946, après avoir remporté une étape et porté le maillot rose six jours durant. Il est connu aussi pour avoir été un redoutable rival pour le grand Fausto Coppi en poursuite, puisqu’il l’a battu à deux reprises en 1945 et 1946.

P comme Petterson, Gosta de son prénom, vainqueur du Giro 1971, après avoir gagné le Tour de Romandie en 1970. Avec ses trois frères, il fut à trois reprises champion du monde amateurs du contre-la-montre par équipes pour le compte de l’équipe de Suède. Nul doute que s’il était passé professionnel plus tôt, son palmarès serait beaucoup plus étoffé.  P aussi comme un autre Suédois, Prim, qui eut la malchance en 1982 d’avoir à affronter Bernard Hinault, terminant second cette année-là comme la précédente. Evidemment j’aurais pu écrire P comme Pantani, qui réalisa le doublé Giro-Tour en 1998, et dont le nom résonne toujours aussi fort dans le cœur des tifosi, sans doute un des plus grands grimpeurs de l’histoire du vélo. P comme Panizza, qui courut dix-huit fois le Giro, ne l’abandonnant que deux fois, qui donna du fil à retordre à Hinault en 1980, le champion breton ne prenant le maillot que l’avant-veille de l’arrivée. P comme Pambianco, qui l’emporta en 1961 devant Jacques Anquetil, P comme Petacchi et ses vingt-deux victoires d’étapes.

Q comme Quintana. Le symbole du renouveau du cyclisme colombien a remporté l’an passé le Giro, première victoire pour lui dans un grand tour à l’âge de 24 ans, devant un autre colombien Rigoberto Uran. Quintana est pour beaucoup le futur grand crack du vélo sur route, parce qu’il est déjà au niveau de Contador ou Froome, beaucoup plus âgés que lui. Ce sera un des grands favoris du Tour de France, après avoir remporté cette année Tirreno-Adriatico.

R comme Rodriguez, deuxième du Giro 2012, qui court toujours après un succès dans un des trois grands tours nationaux. Comment a-t-il pu s’y prendre pour perdre le Giro 2012 ? J’aurais aussi pu écrire R comme Rominger, le meilleur coureur de sa génération derrière Indurain, vainqueur du Giro 1995 et de trois Vueltas. Mais surtout R comme Roche, le remarquable coureur irlandais, qui réussit la même année un exploit que seul Merckx réussit à accomplir, à savoir remporter le Giro, le Tour de France et le championnat du monde sur route. Dans le Giro 1987, il dut affronter dans sa propre équipe Carrera, l’Italien Visentini, chouchou des tifosi, fils d’un riche industriel, vainqueur du Giro 1986 devant Saronni et Moser. En fait, malgré un succès juste avant le Giro dans le Tour de Romandie, Roche devait aider Visentini à gagner son second Giro. C’était du moins l’intention de ses employeurs…qu’il contraria jusqu’au bout au point de s’imposer, malgré les demandes réitérées de respecter les consignes d’équipe.

S comme Saronni, vainqueur du Giro en 1979 et 1983. Grand rival de Moser à cette époque, il bénéficia de l’aide des organisateurs qui avaient tendance à faire des parcours sur mesure pour les deux champions italiens. Et comme ils n’avaient rien de grimpeurs ailés, on se retrouva avec des parcours que nombre d’observateurs jugeaient indignes du Giro, la montagne faisant partie intégrante de sa légende. S aussi comme Simoni et Savoldelli qui s’imposèrent tous deux à deux reprises entre 2001 et 2005.

T comme Tonkov, deuxième coureur russe, après Berzin (1994), à remporter le Giro. Il s’imposa en battant l’Italien Zaina et Abraham Olano, lequel portait le maillot de champion du monde sur les épaules. Tonkov, qui fit la totalité de sa carrière en Italie, se classera neuf fois dans les dix premiers entre 1992 et 2002. Il aimait manifestement le Giro, plus que le Tour de France qu’il ne termina jamais les trois fois qu’il le courut. T comme Taccone aussi, petit grimpeur italien de grand talent, surnommé « le grimpeur des Abbruzes », qui remporta le grand prix de la Montagne en 1963. T aussi comme Vincenzo Torriani, inamovible directeur du Giro entre 1948 et 1993, au chauvinisme exacerbé aux yeux de certains, comme on a pu le constater à travers l’absence de sanctions pour les coureurs bénéficiant de poussettes, ou, comme je l’ai indiqué, pour faire des parcours sur mesure au profit des coureurs italiens.

U comme Ugrumov, coureur anciennement soviétique originaire de la Lettonie dont il porta les couleurs à partir de 1991. Il termina à la seconde place du Giro 1993 derrière l’intouchable Indurain, et finit troisième en 1995 derrière Rominger et Berzin.

V comme Valetti, vainqueur en 1938 et 1939, en devançant cette année-là Gino Bartali. V comme Van den Bossche, un des meilleurs lieutenants d’Eddy Merckx, qui accompagna tellement bien son leader dans les cols italiens en 1970, qu’il s’offrit le prix du meilleur grimpeur, et termina à la troisième place derrière Gimondi et Merckx. V aussi comme Van Steenbergen, un des meilleurs routiers-sprinters de l’histoire, triple champion du monde sur route, remarquable pistard, qui termina à la deuxième place du Giro 1951, derrière Magni (à 1mn46s) et devant Kubler. Un coureur beaucoup plus complet que ce que l’on peut imaginer.

W comme Weylandt, qui hélas mourra des suites d’une chute terrible, dans une descente à 25 km de l’arrivée, lors de la troisième étape de l’édition 2011. Un drame du vélo qui rappelle à ceux qui ne parlent de ce sport qu’à travers les affaires de dopage, que le cyclisme de haute compétition est à la fois très dur et très dangereux, et que, rien que pour cela, il mérite infiniment plus de respect que ne lui en accordent généralement les pourfendeurs du vélo n’ayant jamais pu monter la côte de l’église de leur village.

Y comme Yates. Cet ancien bon coureur britannique, qui a longtemps été directeur sportif de l’équipe Sky (Wiggins, Froome), a participé à trois Tours d’Italie (1987, 1989 et 1992), mais ne termina que l’édition 1992 à une modeste 87ème place. Cela dit, il est quand même resté un personnage important du vélo puisqu’il est aujourd’hui dans l’encadrement de l’équipe Tinfoff-Saxo d’Alberto Contador,  Ivan Basso (double vainqueur en 2006 et 2010), Roman Kreuziger et Michael Rodgers, qui accompagneront leur leader sur le Giro qui commence aujourd’hui.

 Z comme  Zilioli, qui termina à trois reprises second du Giro, dont une fois (1964) derrière Jacques Anquetil à seulement 1mn22s du Normand, la différence se faisant sur les 50 km de l’étape c.l.m. entre Parme et Busseto. Il sera deuxième aussi en 1965 et 1966, mais aussi troisième en 1969. C’était aussi un excellent coureur dans les courses d’un jour, ayant remporté entre 1963 et 1973, la quasi-totalité des semis-classiques italiennes.

Voilà un petit résumé de l’histoire du Giro à travers les noms de coureurs plus ou moins inconnus de nos jours, de champions qui ont brillé sur l’épreuve phare italienne, de grands champions qui l’ont emporté une ou plusieurs fois, et de superchampions qui se sont adjugé la victoire dans plusieurs grands tours pour ne pas dire les trois.

Michel Escatafal


En rouge et bleu, en rouge et noir…(2)

stade toulousain 2008Partie 2

Je n’évoquerai pas trop longtemps le FC Lourdes, sur lequel j’ai écrit  un article en août 2011 (La plus belle histoire d’amour du rugby français : J. Prat et le F.C. Lourdes) ou encore celui que j’ai mis en ligne en février 2012 (Martine-Maurice Prat, le duo magique du grand F.C. Lourdes). Cela étant les plus anciens n’ont pas oublié cette finale ébouriffante de 1958, où le grand FC Lourdes terrassa le SC Mazamet de Lucien Mias. Jamais peut-être ce FC Lourdais ne fut plus majestueux, pour ne pas dire plus imbattable. Tous les ingrédients étaient réunis pour en faire une finale exceptionnelle, à commencer par la personnalité des deux plus grands capitaines de l’histoire de notre rugby amateur, Jean Prat, appelé par les Britanniques « Monsieur Rugby » et Lucien Mias, « le docteur Pack ». Mais ce match que tout le monde attendait était aussi une confrontation comme les Français les adorent, entre le grand méchant loup qu’était la constellation d’étoiles du FC Lourdes, et l’agneau (loin d’en être un!) qu’était l’équipe mazamétaine, laquelle disposait d’excellents joueurs comme l’ailier Lepatey, les demis Duffaut et Serin, le pilier Manterola, frère du Lourdais, et Aldo Quaglio qui fera une grande carrière internationale à XV et à XIII. La constellation lourdaise était effectivement formée avec des joueurs déjà semi-professionnels (cafetiers, hôteliers, marchands de médailles), ce qui signifie qu’ils s’entraînaient presqu’autant qu’ils le souhaitaient, et qui en plus avaient le goût du rugby récité à la perfection. Enfin ces joueurs étaient les meilleurs à leur poste en France pour la majorité d’entre eux, et peut-être pour certains les meilleurs tout court.

N’oublions pas qu’en 1958, l’équipe de France alla battre les Gallois chez eux à Cardiff (16-6) avec tous les trois-quarts lourdais, Rancoule, M. Prat, Martine, Tarricq, plus l’ouvreur Labazuy, plus les troisièmes lignes Barthe et Domec. Si l’on ajoute à ces joueurs J. Prat, le demi de mêlée F. Labazuy qui n’était pas sélectionnable à cause de son passé treiziste et P. Lacaze, qui allait être un des héros de la tournée en Afrique du Sud, on imagine facilement que jamais le rugby français n’avait connu une aussi forte équipe dans son histoire. En fait, non seulement les Lourdais avaient les meilleurs centres du monde, les meilleurs troisièmes lignes, mais ils se comportaient comme des professionnels, la musculation intensive en moins.

De la musculation le pack de l’AS Béziers des années 70 n’en faisait pas beaucoup par rapport à aujourd’hui, mais c’était le pack le plus surpuissant que l’on ait connu jusque-là. Il allait le prouver plus particulièrement lors de la finale du championnat de France 1978…contre l’AS Montferrandaise, qui allait encaisser un sévère 31-9. Et pourtant il y avait nombre de bons joueurs chez ceux que l’on n’appelait pas encore les « jaunards ». Ils étaient pourtant déterminés à faire tomber l’ogre biterrois qui avait dans ses rangs Cantoni à l’arrière, les demis Cabrol et Astre, la troisième ligne Pesteil, Estève et Saisset, la deuxième ligne Palmié et Sénal et la première ligne formée de Martin, Paco et A. Vaquerin. Cette équipe ressemblait énormément au RC Toulon de nos jours, si l’on ose la comparaison. Toutefois je la mettrais derrière le FC Lourdes, parce que l’apport au XV de France de cette formidable équipe biterroise fut beaucoup plus modeste. Il n’empêche, s’il y avait eu une Coupe d’Europe à l’époque, l’AS Béziers en aurait remporté au moins quatre ou cinq, un peu comme le FC Lourdes deux décennies plus tôt. Voir la lecture aussi de ce que j’ai écrit en septembre 2012 sur l’AS Béziers (L’A.S. Béziers, ancien « grand » du rugby français).

 A présent je vais parler de cette équipe toulousaine de 2008, qui mérite elle aussi de figurer au Panthéon du rugby français. Etait-elle la meilleure formation toulousaine que l’on ait connue jusque-là ? Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est qu’elle était extraordinairement complète avec un pack d’avants redoutable, que ce soit en troisième ligne (Sowerby, Dusautoir, Bouilhou), en seconde ligne (Pelous, Albacete) ou en première ligne (Human, Servat et Hasan). Mais derrière c’était tout aussi solide et brillant avec Medard ou Poitrenaud à l’arrière, Heymans, Kunavore, Jauzion et Donguy en trois-quart et une paire de demis exceptionnelle composée de J.B. Elissalde, que j’avais qualifié de « Mozart du rugby » et à qui j’avais consacré un article quand il prit sa retraite de joueur en 2011 (J.B. Elissalde, si grand par le talent…), associé à Byron Kelleher, les deux hommes étant sans doute à l’époque les deux meilleurs demis de mêlée de la planète. Et sur le banc des remplaçants il y avait aussi du beau monde avec Millot-Chluski, Lamboley ou Florian Fritz.

Si j’ai fait cette énumération de joueurs c’est d’abord pour constater que nous étions vraiment entrés de plain-pied dans le professionnalisme, avec des Sud-Africains (Sowerby et Human,), des Argentins (Albacete, Hasan), un Fidjien (Kunavore) et bien sûr le All Black Kelleher. Ensuite, c’est pour citer tous les joueurs qui ont battu en finale…l’AS Clermont Auvergne, le finaliste préféré des grandes équipes de rugby, parce qu’à part une fois (Bouclier de Brennus 2010), les « jaunards » ont toujours échoué en finale du championnat de France, du Top 14 ou de la Coupe d’Europe. Ils n’ont d’ailleurs jamais été aussi proches de remporter un titre que cette année-là, battus 20-26 avec deux essais de chaque côté. Mais le Stade Toulousain était une très grande équipe et l’AS Clermont une excellente équipe, ce qu’elle est toujours avec quelques joueurs de grande classe comme l’arrière anglais Abendanon, les trois-quarts français Fofana et Nakaitaci, l’ailier fidjien Nalaga ou encore le seconde ligne irlandais Cudmore, sans oublier les ex-internationaux français Bonnaire et Rougerie, hélas aujourd’hui vieillissants. Du beau monde, mais pas au niveau du Stade Toulousain de 2008 ou du Toulon 2013-2014 (avec Wilkinson) ou 2015.

Michel Escatafal


En rouge et bleu, en rouge et noir…(1)

ToulonPartie 1

Alors que le football français est en train de se ridiculiser, avec les sorties de J.M. Aulas qui veut récupérer un titre de champion de France par tous les moyens, y compris en enfonçant un autre club professionnel, le RC Lens, la France du rugby est en train de vivre son âge d’or au niveau des clubs. Et pour cause, une nouvelle fois un club français, le RC Toulon, vient de remporter la Coupe d’Europe, qui plus est en battant  en finale un autre club français, l’AS Clermont-Auvergne (déjà battue en 2013). C’est quand même la quatrième fois depuis 2010 (Stade Toulousain) que cette compétition continentale enregistre un succès français, ce qui suffit à démontrer que notre Top 14 est bien au sommet du rugby de club en Europe, et sans doute dans le monde. D’ailleurs, si l’on regarde le palmarès depuis sa première édition en 1996, on s’aperçoit que les clubs français l’ont emporté à 8 reprises contre 6 à l’Angleterre et 6 aux franchises provinciales irlandaises. Ces huit victoires ont été remportées par 3 clubs, à savoir le CA Brive (1997), dont c’est le seul vrai titre de gloire, le Stade Toulousain (1996, 2003, 2005 et 2010) et le RC Toulon ces trois dernières années, exploit unique dans les annales.

Bravo donc au RC Toulon de Mourad Boudjellal, qui vient de réussir un triplé retentissant, et bravo aussi aux valeureux Auvergnats de Clermont (club autrefois appelé AS Montferrand), qui n’ont pas démérité et qui ont cru en leurs chances jusqu’au bout, même s’il faut bien admettre qu’ils ont été dominés par leurs vainqueurs. Des vainqueurs que nombre de crétins qualifient de « mercenaires », parce que dans l’effectif du RC Toulon il y a nombre de joueurs d’origine étrangère (Néo-Zélandais, Australiens, Sud-Africains, Anglais, Gallois, Ecossais, Fidjiens, Argentins, Italiens, Géorgiens), soit autant que de joueurs français dans l’effectif global. Mais quand il s’agit de jouer des matches à élimination directe, la proportion de joueurs étrangers est infiniment plus importante, puisque dans la finale de samedi à Twickenham il y avait 14 joueurs étrangers contre 7 français. C’est quelque chose d’insupportable aux yeux de soi-disant amateurs de rugby, qui n’ont toujours pas compris que la professionnalisation du rugby est aujourd’hui bien réelle, et que l’on n’y peut rien changer.

Pour ce qui me concerne, je ne boude pas mon plaisir, et tant pis si les champions d’Europe s’appellent Halpfenny, Mitchell, Hernandez, Wulf, Habana, Giteau, Masoe, Armitage, Smith, Fernandez-Lobbe, Williams, Botha, Hayman ou Chilachava. Pour les franchouillards, il restait quand même Bastareaud, Tillous-Borde, Taofifenua, Guirado, Orioli, Chiocci et Menini. On notera au passage que lesdits « mercenaires » ne sont pas n’importe qui, parce qu’ils sont tous internationaux dans leur pays, au même titre que les Français, et qu’il y a parmi eux des champions du monde comme Habana, Juan Smith et Botha (Afrique du Sud), ou encore comme Hayman et Williams (Nouvelle-Zélande). Bref du très beau monde pour pouvoir composer une fantastique équipe, dont certains affirment qu’elle est la plus belle équipe de club de l’histoire. Est-ce vraiment le cas ?

D’abord je vais répondre qu’il est impossible de comparer des équipes à des époques différentes, et ceux qui connaissent le rugby pour l’avoir pratiqué, savent bien que ce n’est plus le même jeu qu’il y a 20, 40 ou 60 ans. Pour autant les bases sont les mêmes, comme la forme du ballon, et j’ai la faiblesse de croire que les artistes des années 1950 ou 60 avaient autant de rugby dans les veines que ceux d’aujourd’hui. La principale différence, en plus des règles, c’est que de nos jours les jeunes gens sont plus grands, plus forts physiquement et qu’ils courent plus vite. Normal me direz-vous quand on sait qu’en 1954 le record du monde du 100m était de 10s2 (manuel) donc autour de 10s40 électrique, alors qu’aujourd’hui il est de 9s58. En outre le rugby est aujourd’hui un sport professionnel, avec tout ce que cela comporte, notamment le fait que les joueurs ne fassent que ça, sans parler des séances de musculation intenses qui n’ont rien à voir avec les muscles acquis par nos anciens piliers dans les travaux des champs.

 Toutefois il n’est pas inintéressant de s’essayer à cette comparaison, comme a voulu le faire l’Equipe sur son site web. Pour ma part je comparerais le Toulon 2013 à 2015 au FC Lourdes des années 50, au Béziers de la décennie 70 et au Stade Toulousain 2008. C’est subjectif, mais j’assume mon choix, même si on aurait pu choisir le SU Agen des années 1962, 1965 ou 1966 avec ses Dehez, Razat, Hiquet, Lacroix, Zani, Sitjar, Fort, Lasserre ou Malbet, une équipe qui comptait dans ses rangs un étranger, italien, Franco Zani, sans doute le meilleur troisième ligne centre du monde à cette époque. Une équipe aussi capable d’offrir une sarabande d’offensives, au point que les Britanniques tressèrent des lauriers au rugby français et à son championnat, qui pouvait offrir un aussi magnifique spectacle que celui de la finale SU Agen-AS Béziers en finale du championnat de France 1962 (14-11), ou celui de la finale 1965 contre le CA Brive (15-8). A ce propos, on pourrait rappeler à J.M. Aulas une anecdote relative à cette finale, que n’aurait jamais dû jouer le seconde ligne briviste Normand, expulsé en demi-finales contre le Stade-Montois, et qui fut requalifié par le président de la FFR, Jean Delbert…pour ne pas diminuer les chances du CA Brive. Le président du SU Agen de l’époque, futur président de la FFR, n’y trouva rien à redire et ne s’adressa pas au CNOSF pour récupérer le titre perdu sur le terrain. Pauvre JM Aulas qui n’accepte pas que le PSG soit tellement plus riche que son Olympique Lyonnais!!!

Fermons cette parenthèse burlesque pour revenir au sport, au vrai, pour dire aussi qu’on pourrait comparer ce Toulon de Mourad Bodjellal au Stade Toulousain de 1989 qui battit en finale le…RC Toulon à l’issue d’un match d’anthologie, avec notamment cet essai de 90 mètres suite à une pénalité jouée à la main par Rougé-Thomas, lequel donna à Cigagna. Mal replacés, les joueurs toulonnais furent surpris. La balle arriva dans les mains du « magicien » Codorniou, qui fit un impeccable cadrage pour Charvet, lequel, après une course folle, marqua  un de ces essais qui ont fait la légende de ce sport, un essai dont tous ceux qui ont vu le match, au Parc des Princes ou à la télévision, se rappellent encore. Quelle accélération de Charvet flanqué à ses côtés de Rancoule, fils de l’ailier lourdais des années 50 ! Et oui, on en parle encore, comme on parlera longtemps de l’essai de Mitchell samedi dernier. Dans cette équipe toulousaine il y avait aussi J. Cazalbou, Janik, Cigagna, Cadieu, Morin, Soula et les frères piliers Portolan, de quoi composer une très belle équipe.

Michel Escatafal


Ayrton : tu nous manque depuis si longtemps!!!

Senna AAujourd’hui 1er mai, je ne peux que vous inviter à relire ce que j’ai écrit l’an passé, le 29 avril 2014, sur la disparition d’Ayrton Senna, certainement le plus charismatique des héros qui ont fait et font l’histoire du sport automobile (Senna était déjà un demi-dieu avant sa mort). Il était beau, riche, intelligent, et, pour beaucoup, le plus doué de tous les pilotes ayant œuvré en Formule 1. Il était incomparable, et la manière dont il est mort sur le circuit d’Imola a fini d’en faire à jamais le pilote mythique de la Formule 1, depuis sa création en 1950. Il n’a certes pas le plus beau palmarès, faute de temps, il n’a jamais piloté pour Ferrari, faute d’en avoir eu l’opportunité, mais son extraordinaire vélocité, sans doute jamais égalée, fait de lui le « champion des champions » de sa discipline, la plus prestigieuse des sports mécaniques. Voilà pourquoi je l’ai comparé aux demi-dieux de l’Antiquité.

Michel Escatafal


Palmarès des grandes courses depuis 1946 (mise à jour à la fin des classiques printanières)

MerckxhinaultCe tableau rassemble les victoires des meilleurs coureurs ayant couru après-guerre dans les grandes épreuves du cyclisme sur route. C’est un travail qui se veut le plus objectif possible, même si je suis bien conscient que l’on puisse discuter du barème des points attribués pour une victoire dans chacune des épreuves. Celles-ci ont été choisies en fonction de leur ancienneté et de leur permanence. Les plus récentes, l’ Amstel Gold Race et Tirreno-Adriatico, sont nées en 1966, mais toutes les autres ont été disputées pour la première fois avant 1948. Il y a 10 épreuves par étapes (Tour de France, Giro, Vuelta, Tour de Suisse, Dauphiné, Paris-Nice, Tirreno-Adriatico, Tour de Romandie, Tour du Pays-Basque, Tour de Catalogne), plus 9 classiques (Milan-San Remo, Tour des Flandres, Gand-Wevelgem, Paris-Roubaix, Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège, Amstel Gold Race, Paris-Tours, Tour de Lombardie), le championnat du monde sur route et le championnat du monde contre-la-montre. Concernant cette épreuve, créée en 1994, j’ai considéré que le Grand Prix des Nations, disputé pour la première fois en 1932, faisait office de championnat du monde avant sa création officielle.

Je précise de nouveau que je me refuse à tenir compte des changements dans les palmarès, pour les raisons que j’ai expliquées à plusieurs reprises, notamment celles liées au cas Armstrong. Pour moi, le palmarès ne doit changer que s’il y a dopage lourd et indiscutable, détecté immédiatement après une épreuve, par exemple Landis, positif à la testostérone dans le Tour 2006. Je rappelle au passage que Riis a été rétabli dans le palmarès du Tour, après en avoir été exclu, parce qu’il a fait des aveux publics, décision tout à fait normale puisque certains ayant avoué par le passé s’être dopé figurent toujours parmi les vainqueurs de l’épreuve. Quand à Héras, son quatrième succès dans la Vuelta lui a été rendu six ans après, suite à la mise en lumière d’irrégularités lors de l’examen des échantillons qui avait révélé des produits interdits…ce qui démontre la nécessité d’être très prudent lorsqu’on veut toucher aux palmarès déjà établis. Qui nous dit que dans 10 ou 15 ans, voire même avant, Armstrong ne figurera pas de nouveau au palmarès du Tour de France?

Pour voir le tableau cliquez →Palmarès au 27-04-2015



Wiggins, le F. Bracke de son époque

wiggins

Cette fois c’est fait, Wiggins va prendre sa retraite de coureur routier, mais pas celle de pistard. Est-ce une surprise ? Non, d’autant qu’il a 35 ans, un âge où un champion est en fin de carrière. Non, d’autant qu’il a obtenu en 2012 son bâton de maréchal en remportant le Tour de France, après avoir gagné le Critérium du Dauphiné en 2011 et en 2012, après s’être imposé cette même année dans Paris-Nice et le Tour de Romandie. Ensuite, comme s’il avait atteint son Graal, après avoir conquis la médaille d’or du contre-la-montre aux J.O. de Londres, il ne gagnera plus grand-chose, sauf le championnat du monde contre-la-montre l’an passé, qu’il avait préparé tout spécialement au contraire de Tod Martin, détenteur du titre les trois années précédentes. Bref, une carrière qui le situe en bonne place (53è) au niveau du palmarès sur route depuis 1946, juste derrière un autre grand retraité de 2015, Cadel Evans.

Pas mal pour un coureur qui avait certes beaucoup de classe, mais qui avait de grosses lacunes en montagne pendant très longtemps, en fait jusqu’en 2009, année où il avait perdu cinq kilos par rapport à son poids de forme antérieur. Année aussi où il décida de concentrer son activité sur la route, après avoir fait une grande carrière sur la piste, même si la piste de nos jours n’a plus la même attractivité qu’autrefois. En tout cas, il aura été quand même deux fois champion olympique de poursuite en 2004 et 2008, plus une fois dans la poursuite par équipes (2008), sans oublier ses titres mondiaux en poursuite individuelle (2003, 2007 et 2008), en poursuite par équipes avec la Grande-Bretagne (2007 et 2008), mais aussi un titre à l’américaine en 2008. Bref, un champion qui aura marqué son époque à sa façon, sur bien des points.

Pour ma part, je n’ai jamais été un grand fan de ce coureur pour plusieurs raisons. La première c’est qu’en fait il n’a réellement brillé qu’une année sur la route, en 2012. Pas de quoi l’inscrire parmi les champions légendaires. Ensuite pour certaines prises de position à l’égard du dopage, ce que je ne lui reprocherais pas s’il ne s’était attaqué à Alberto Contador, en 2011, au moment où ce dernier allait passer devant le Tribunal Arbitral du Sport. Qu’en savait-il de l’affaire Contador  et des traces infimes de clembutérol trouvées dans les urines du champion espagnol lors de l’étape de repos du Tour 2010? Pourquoi juger un coureur que les juges eux-mêmes n’arrivaient pas à juger ? Après tout Contador n’a jamais eu besoin de perdre une demi-douzaine de kilos pour être très fort en montagne ou même contre-la-montre sur les circuits très accidentés !

Passons, sauf pour dire aussi que le Tour de France qu’il a remporté en 2012 souffre quand même du fait que sa course et la tactique de l’équipe Sky l’ont outrageusement favorisé au détriment de Chris Froome. Ce dernier, ne l’oublions pas, était quand même autrement plus fort que lui en montagne, comme il l’a montré dans la montée vers Peyragude, où il a ridiculisé son leader en accélérant comme pour le mettre en difficulté, pour ensuite l’attendre ostensiblement pour bien montrer qu’il était le plus fort. Il l’était d’autant plus que dans ses grands moments, Froome en arrive même à lâcher Contador et Quintana, pourtant parmi les meilleurs grimpeurs de l’histoire du cyclisme. Cela étant, Wiggins était quand même un excellent coureur, et il a terminé sa carrière de routier et chez Sky sur une belle performance, en prenant dimanche dernier la dix-huitième place au vélodrome de Roubaix, après avoir fini neuvième l’an passé.

Que va-t-il faire à présent ? Et bien, après avoir disputé en mai le Tour du Yorkshire, il va s’attaquer au record de l’heure en juin…qu’il battra évidemment sans le moindre problème, et qu’il portera sans doute à un niveau bien supérieur aux 52.491 kilomètres de l’Australien Rohan Dennis. Normal, me direz-vous, il a le fond du routier et c’est un des plus grands poursuiteurs du nouveau siècle. En outre ce record a besoin de retrouver du lustre, et Wiggins est sans doute aujourd’hui le mieux placé pour l’amener au niveau des grands records de l’histoire, comme ceux de Coppi, Anquetil, Rivière ou Merckx. Fermons la parenthèse, pour noter que Wiggins va de nouveau se consacrer à la piste en vue des J.O. de Rio de Janeiro, ce qui est la meilleure façon pour lui de conclure une très belle carrière. Une carrière qui l’aura fait roi dans son pays, la Grande-Bretagne, après être né à Gand (en Belgique) d’un père lui-même très bon pistard australien, notamment dans les courses de six-jours, qui l’abandonna très jeune (à l’âge de deux ans). Peut-être ces épreuves de la vie lui ont-elles permis de se surpasser, et de devenir une idole en Grande-Bretagne, pays où la tradition cycliste est faible comparée à celle de ses voisins continentaux.

Avant de clôturer cet article, je ne voudrais pas manquer de poser la question de savoir à qui on pourrait le comparer dans l’histoire du vélo ? Le premier nom qui vient à l’esprit est évidemment Tom Simpson, premier grand champion britannique, mais c’est bien leur seul point commun. Curieusement ils sont à peu près au même niveau en ce qui concerne le palmarès sur route, Simpson ayant remporté trois grandes classiques entre 1961 et 1965 (Tour des Flandres, Milan-San Remo, Tour de Lombardie), plus Bordeaux- Paris en 1963, Paris-Nice en 1967 et le championnat du monde sur route en 1965, deux ans avant de mourir sur les pentes du Mont-Ventoux en 1967 dans les conditions que l’on sait. En fait Simpson, malgré toute sa volonté, n’était qu’un très bon coureur de classiques, incapable de gagner un grand tour à la régulière.

Autre nom auquel je pense, le Suisse Hugo Koblet. Comme Wiggins, Koblet était un remarquable pistard, deux fois finaliste du championnat du monde de poursuite en 1951 et 1954 et champion d’Europe à l’américaine en 1953 et 1954 (le championnat du monde n’existait pas encore). Mais la comparaison s’arrête là, car si la carrière du « pédaleur de charme » fut très courte (à peine cinq ans), elle fut très riche en grands succès sur route avec notamment un Tour de France (1951) et un Giro (1950) qu’il écrasa de toute sa classe. Celle-ci était tellement éclatante, que les suiveurs de l’époque racontent que dans ses meilleurs jours Koblet était le seul coureur capable de battre le grand Fausto Coppi à la régulière contre-la-montre, et de le suivre en haute montagne. Quand on sait que Coppi est considéré comme le meilleur grimpeur que le cyclisme ait connu, on imagine le niveau de Koblet dans ses moments de grâce, autrement plus élevé que celui de Wiggins !

Alors à qui ? Certains diront à Roger Rivière, mais le fantastique rouleur français était très, très supérieur à Wiggins contre-la-montre, et intrinsèquement largement au-dessus en montagne. En outre Rivière est à coup sûr le meilleur poursuiteur de l’histoire du vélo, imbattable pendant les trois années que dura sa carrière (entre 1957 et 1960), battant avec facilité lors des championnats du monde des spécialistes de la classe de Messina et Faggin (triples champion du monde chez les professionnels après l’avoir été chez les amateurs). Une chute dans le Tour de France 1960, qui lui était promis, lui brisa sa très courte carrière, qu’il agrémenta de deux tentatives victorieuses contre le record du monde de l’heure.

Reste peut-être Ferdinand Bracke, qui aurait pu et dû s’imposer dans le Tour de France 1968, vainqueur du grand prix des Nations en 1962 (véritable championnat du monde contre-la-montre à l’époque), mais aussi du Tour d’Espagne en 1971, et sur la piste deux fois champion du monde de poursuite (en 1964 et 1969), et recordman du monde de l’heure à Rome en 1967. Oui, finalement c’est peut-être à lui qu’on peut comparer le champion britannique, même si sa notoriété fut moins grande à l’époque. Il est vrai que nous étions à cheval sur l’ère Anquetil et l’ère Merckx, et à côté de ces deux « monstres » on trouvait des noms comme Van Looy, Jan Janssen, Rudi Altig, Felice Gimondi , Motta, Pingeon ou Poulidor.

Michel Escatafal


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