L’avenir radieux des Bleus du basket

 Si notre équipe féminine de basket a pris l’habitude de remporter des médailles au championnat d’Europe ces dernières années, avec deux médailles d’or (2001, 2009) et une de bronze en 2011, les autres ayant été gagnées en 1999, 1993 et 1970 (argent), il n’en est pas tout à fait de même chez les hommes, où la plupart des médailles ont été acquises avant 1960. En effet, notre sélection masculine n’a jamais remporté le titre européen, et ses médailles européennes récentes se résument à une médaille d’argent cette année et une de bronze en 2005. Les autres ont été obtenues, en 1949 (argent) et en 1959, 1953, 1951 et 1937 (bronze). Cela étant, notre sélection masculine a aussi obtenu une médaille d’argent aux J.O. de Londres en 1948, et à ceux d’Athènes en 2000.

Cependant, pour être tout à fait objectif, et sans vouloir minimiser les exploits antérieurs de notre équipe nationale masculine, on ne peut décemment pas comparer les performances réalisées aux J.O. de 1948, et aux J.O. de 2000, comme il n’est pas possible de comparer la valeur de la médaille d’argent européenne acquise ces derniers jours avec celle de 1949. Si l’on commence par les J.O., il suffit de se rappeler qu’en 1948 l’équipe de France fut écrasée en finale par celle des Etats-Unis (65-21), alors qu’en 2000 notre équipe fit mieux que résister, puisqu’elle termina à dix points des Américains (85-75), après s’être rapprochée à quatre points (72-76) à quatre minutes de la fin, ce qui obligea l’entraîneur américain à demander un temps mort.

Autre précision, en 1948 l’équipe des Etats-Unis était composé uniquement de joueurs amateurs, universitaires, alors qu’en 2000 elle était composée de joueurs opérant en NBA, entre autres Vince Carter, Alonzo Mourning ou Tim Hardaway. Quant à notre équipe, elle avait la chance d’avoir dans ses rangs quelques uns des meilleurs joueurs européens, notamment Sciarra, Rigaudeau, Risacher, Foirest, Bilba, Julian, et un pivot de 2m17, Frédéric Weiss.

A présent, revenons au championnat d’Europe 1949, pour noter que la médaille d’argent fut obtenue dans une compétition qui ne méritait en aucun cas l’appellation championnat d’Europe, car la participation y était vraiment très faible. En fait sept pays, dont trois situés en Asie, prirent part à la compétition qui fut remportée par l’Egypte. L’Egypte, pays organisateur, remporta ses six matches (poule unique), alors que la France termina à la deuxième place avec cinq victoires et une défaite contre l’Egypte (57-36). Ensuite nous trouvions dans l’ordre du classement final la Grèce, la Turquie, les Pays-Bas, la Syrie et le Liban.

Parmi les joueurs français qui participèrent à cette mini compétition, on trouvait des noms qui seront très connus plus tard comme entraîneur ou cadre dirigeant de la fédération, notamment Robert Busnel, pivot de cette équipe (1.92m) qui faisait aussi fonction d’entraîneur, André Buffière, futur grand entraîneur de l’ASVEL et de Limoges, ou encore Chocat, Desaymonet, Perniceni, Freimuller ou l’arrière-ailier Vacheresse, une des figures emblématiques du basket français dans les années 40 et 50. Par parenthèse on observera la taille des pivots à l’époque (environ 1.90m) alors que les Espagnols parlant de l’équipe de France étaient très surpris de la taille de Kévin Séraphin qui ne mesure…que 2.06m.

Ceci dit, quel est maintenant l’avenir de cette équipe de France, qui avait déjà frôlé le titre en 2005, puisqu’elle menait en demi-finale de sept points à quarante secondes de la fin contre les Grecs, futurs vainqueurs du championnat d’Europe. Que s’était-il passé ? Suffisamment de choses pour que la France fût battue, et l’on peut être sûr qu’une telle situation eut été impossible avec l’équipe actuelle. Et pourtant, si le groupe aligné en Lituanie comptait dans ses rangs un des meilleurs joueurs de la planète en la personne de Tony Parker, mais aussi un grand espoir du basket, lui aussi en NBA, Nicolas Batum, ou encore Joakim Noah, le pivot titulaire des Chicago Bulls (2,11m), sans oublier Boris Diaw, titulaire à Charlotte, plus d’autres excellents joueurs comme Gelabale, Fl. Pietrus, cette équipe était privé de plusieurs joueurs de grande expérience comme les joueurs de NBA Mickael Pietrus, Ronny Turiaf ou encore le jeune Rodrigue Beaubois, sans oublier Manhimi (2.13m), Diot ou Y. Diawara.

Tout cela pour dire, comme j’ai pu le lire dans la presse espagnole, que cette équipe de France a un avenir doré devant elle, et déjà l’an prochain aux Jeux Olympiques à Londres où, à part les Américains et peut-être encore les Espagnols, elle sera clairement candidate à une médaille. D’ailleurs Marca (journal espagnol) s’était amusé à composer ce qu’il appelait « un super equipo » avec Parker, Diot, ; Beaubois, Batum, Gelabale, M. Pietrus et Diawara ; Diaw, Turiaf, Petro, Mahinmi et Noah, c’est-à-dire avec les joueurs qui ont été obligés de déclarer forfait avant l’Euro. Effectivement cela aurait de l’allure, d’autant que ceux qui étaient dans la sélection en Lituanie et qui ne figurent pas sur les tablettes espagnoles, comme De Colo, Fl. Pietrus, Séraphin, Traore, Albicy ou Kahudi auront eux aussi leur mot à dire. Oui, jamais dans l’histoire de notre basket, y compris en 2005, nous n’avons eu autant d’atouts pour réaliser un exploit à la mesure d’une médaille olympique. En plus, tous ces joueurs auront acquis l’expérience de jouer ensemble sur la longueur d’un tournoi de trois semaines, et les jeunes auront un an de plus, ce qui devrait réduire encore davantage l’écart séparant les Bleus de l’équipe d’Espagne, elle-même finalement assez proche des Etats-Unis.

Tous ceux qui aiment ce sport, même s’ils ne connaissent pas le basket sur le plan technique (mon cas), ont apprécié la mentalité et l’envie des joueurs, comme en témoignent non seulement leur comportement sur le terrain, mais aussi les paroles de leur capitaine Tony Parker affirmant haut et fort : « J’ai toujours cru en moi et en l’équipe de France. Je suis fier d’être français. Certains étés c’était dur, mais je n’ai pas lâché l’affaire et aujourd’hui je suis récompensé. Je prends l’équipe de France avec coeur et je pense que je l’ai montré à tous mes coéquipiers. Pendant toute la préparation, je ne sortais pas, je restais dans ma chambre pour le but ultime ». Et Joakim Noah, fils de Yannick mais qui a su se faire un prénom, qui lançait à la cantonade : « On s’est battu comme des chiens, et on va se battre de nouveau comme des chiens » ! Comme tout cela est réconfortant en comparaison avec ce qui s’est passé l’an passé avec les footballeurs en Afrique du Sud ! Et en plus ces joueurs NBA viennent en équipe de France sans être payés, voire même en mettant la main à la poche. D’ailleurs n’est-il pas sympathique que Parker et Diaw mettent de l’argent dans des clubs français (ASVEL pour Parker, Bordeaux S.A. pour Diaw).

Hélas, mais il faut bien en parler et c’est cela le plus dramatique, le basket est traité à la télévision par le service public de la même façon que le hand, voire même moins. Pas une retransmission en clair jusqu’à la finale, et celle-ci retransmise sur France 4…que tout le monde ne reçoit pas, notamment dans certaines régions montagneuses. Est-ce normal, alors qu’on a droit chaque année sur le service public à la Coupe de la Ligue du début jusqu’à la fin. J’aime bien le football, mais pourquoi traiter ainsi le basket ? Au fait, y-a-t-il beaucoup de Français plus connus dans le monde que Tony Parker ? Heureusement l’an prochain ce sera les J.O., ce qui nous laisse l’espoir de voir à l’œuvre notre équipe. Voilà ce que m’inspire cette médaille d’argent historique, qui bientôt le sera moins parce que les Français toucheront l’or européen, mondial ou pourquoi pas olympique. Après tout Ginobili, Scola (coéquipiers de Parker à San Antonio) et les Argentins ont bien été champions olympiques en 2004! En outre, dans cette équipe, il y aura bientôt autant de vedettes françaises en NBA (Parker, Noah, Batum, Beaubois, Diaw) qu’il y en a dans l’équipe des Etats-Unis.

Michel Escatafal

Publicités

3 commentaires on “L’avenir radieux des Bleus du basket”

  1. tpaquit dit :

    Ian Mahinmi ne mesure pas 2m13, mais bien 2m08. En équipe de france, nous n’avons pour le moment que 4 joueurs dépassant les 2m10 : Noah (2m11), Ajinca (2m14), Petro (2m15) et Pourchot (2m20). Ce dernier est un grand espoir, mais qui n’a jamais percé au haut niveau (il joue en N2 je crois)

  2. tpaquit dit :

    Pourchot a signé à Nancy

  3. C’est vraiment dommage en effet que le parcours de l’Equipe de France n’a pas pu être suivi par tous. Notamment qu’ils auraient vraiment mérités d’être suivi par tous les supporters de basket… On se rattrapera aux Jeux Olympiques 😉


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s