Le Tour de France a un vainqueur…qui n’a plus sa place dans le cyclisme!!!

Le Tour de France est-il un centenaire qui se porte bien ? A priori oui, parce que l’on continue à se battre à coup de dizaines de milliers d’euros pour le recevoir comme ville-étape,  et les spectateurs sont au rendez-vous chaque été, notamment sur les pentes des grandes ascensions. Combien seront-ils en juillet 2013 pour voir les coureurs dans l’Alpe d’Huez et le Ventoux, pour ne citer que ces deux lieux mythiques ? 500.000, un million ou plus ?  A partir d’un tel constat, il n’y a aucune inquiétude à avoir sur l’avenir de notre centenaire…sauf si le cyclisme continue à vouloir s’autodétruire. D’ailleurs, j’avoue que j’ai beaucoup moins d’inquiétudes pour le Giro ou la Vuelta, parce qu’en Italie comme en Espagne on a davantage le respect des coureurs ou, si l’on préfère, on est davantage sportif dans l’âme. C’est la raison pour laquelle l’affaire Armstrong, pour aussi douloureuse qu’elle soit pour le vélo, est prise dans ces pays comme une péripétie parmi d’autres, comme le sport sait en générer chaque année, sans que cela ne douche l’enthousiasme des gens.

En France c’est différent, et c’est pour cela que je regrette que le plus grand évènement de ce sport que j’aime tellement, se déroule dans ce pays, parce que cela le fragilise. Est-ce que le Totonero a freiné l’engouement des tifosi pour le football et le Calcio ? La réponse est NON, ce qui ne veut pas dire pour autant que la moralité et l’éthique des Italiens soient inférieures à celles des Français. Simplement le Français, en général, a comme gros défaut d’être un perpétuel donneur de leçons, se plaignant constamment de ne pas gagner par la faute des autres, opinion souvent partagée par les directeurs sportifs des équipes françaises. Est-ce pour s’exonérer de leurs responsabilités ? Je ne sais pas, mais un Marc Madiot par exemple, au lieu de gémir dans les colonnes des journaux sur le fait  que « certains n’ont pas encore compris » ou qu’«il  y a un pays qui n’a pas compris », faisant allusion à l’Espagne, devrait s’interroger plutôt sur le fait que Philippe Gilbert  n’a quasiment rien gagné avec lui, avant de devenir (ailleurs) le très grand champion qu’il est aujourd’hui après avoir remporté 9 grandes classiques et un titre de champion du monde.

Mais c’est tellement plus facile de dire que les autres sont des tricheurs avérés tandis que les Français sont d’une probité exemplaire. C’est amusant, mais ceux qui aiment l’histoire retrouvent ces défauts français depuis des siècles. Ceux qui lisent mon blog histoire (esca aime l’histoire) ont pu noter que c’est en octobre 1636, que le roi de France Louis XIII autorisa l’introduction d’esclaves dans les Antilles françaises, et qu’il fallut attendre 1794 pour que la Convention abolisse l’esclavage, avant que Bonaparte ne le rétablisse en 1802. Et pourtant nous en sommes toujours à penser que la France est le pays qui a toujours le mieux respecté les droits de l’homme.

Fermons la parenthèse, pour revenir au Tour de France dont la présentation officielle a eu lieu hier, avec une pompe particulière dans la mesure où ce sera la centième édition. Et aujourd’hui je ne veux parler que de cela, même si je regrette que la plus grande épreuve cycliste se retrouve (vraisemblablement) sans vainqueur pendant sept ans. Un trou qui rappelle celui des années de guerre, ce qui est exagéré. Donc ce Tour a été dévoilé et généralement il a été bien accueilli par les suiveurs et les coureurs, certains le trouvant bien montagneux et d’autres pas tout-à-fait autant qu’il aurait dû l’être à leurs yeux. Pour ma part je le trouve équilibré, comme j’ai trouvé équilibré le futur Giro, ce qui me fait rêver à un Contador tentant le doublé Giro-Tour, seule couronne manquant à son palmarès des grands tours. Cela dit, il n’y aura jamais unanimité sur le sujet et, quel que soit le parcours, ce sont les coureurs qui font la course, comme on a pu le constater lors de la dernière Vuelta et lors du dernier Tour de France, avec d’un côté une course où les attaques fusaient, y compris pour l’une d’entre elles de très loin, et de l’autre une course cadenassée sans la plus petite inspiration. Résultat, une épreuve (la Vuelta) va rester dans les mémoires, et l’autre (le Tour) est déjà oubliée ou presque.

Est-ce la faute de Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France 2012? Sans doute pas complètement, même si son équipe a empêché le meilleur coureur de ce Tour, Christopher Froome,  de s’exprimer à son maximum, comme elle l’avait fait dans la Vuelta l’année précédente, ce qui permit finalement à l’Espagnol Cobo de s’imposer. En revanche, il faut reconnaître que les organisateurs de la Grande Boucle 2012 avaient composé un parcours qui avantageait considérablement les rouleurs. Pour autant ce n’est ni la faute de Wiggins, ni celle des organisateurs si Andy Schleck était blessé, si Purito Rodriguez a préféré tenter le doublé Giro-Vuelta, si Valverde revenait de deux ans de suspension, et si Contador  était interdit de courir en raison de quelques traces de clembutérol dans ses urines lors du second jour de repos du Tour 2010.

En 2013, du moins faut-il l’espérer, tous les coureurs dont je viens de parler seront présents pour la centième édition du Tour de France, à l’exception sans doute de Rodriguez, et cela nous promet une magnifique course, surtout en troisième semaine, mais peut-être déjà bien avant.  C’est là aussi qu’il faut chercher les favoris s’ils se présentent tous au départ avec tous leurs moyens. Pour ce qui me concerne, je ne vois pas comment ce Tour pourrait échapper à Contador, dont je maintiens qu’il est plus fort que Froome en montagne, les deux hommes faisant à peu près jeu égal contre-la-montre. Mais Froome sera un dangereux rival, surtout si son équipe se met à sa disposition comme Wiggins l’a laissé entendre, puisqu’il veut se consacrer au Giro qu’il juge plus à sa portée. Je pense qu’il a raison, car sur le Tour Contador et Froome sont plus forts que lui, et même Andy Schleck s’il revient à son meilleur niveau, et sans doute Cadel Evans si son âge ne devient pas un lourd handicap, voitre même Valverde s’il a la même condition qu’à la dernière Vuelta. Voilà de quoi nous mettre en appétit des mois avant ce Tour, et avant une saison qui, du moins  je l’espère, ne sera pas polluée par les affaires de dopage, avéré ou non, ce qui revient au même.

Avant de terminer, je voudrais donner le nom des vainqueurs dans les années se terminant par le chiffre 3, sans autre ambition que vérifier si ces années furent un grand cru ou pas. En tout cas, il se passa beaucoup d’évènements marquants, certains pathétiques, d’autres plus drôles. En 1903 ce fut Maurice Garin qui se montra le plus fort, ses principaux adversaires étant les « sportifs » malintentionnés, obligeant Garin à troquer son paletot blanc habituel contre un noir…pour ne pas être reconnu par les « supporters » de ses concurrents.  En 1913, le vainqueur s’appela Philippe Thys, mais le vrai héros cette année-là fut Eugène Christophe, obligé de redescendre le Tourmalet à pied (17 km)  avec le vélo sur l’épaule, pour réparer son cadre qui s’était brisé net alors qu’il caracolait en tête sur les pentes du géant des Pyrénées. Il répara effectivement sa bicyclette dans une forge, mais il perdit dans l’affaire toute chance de victoire. En 1923, le fait marquant fut la victoire d’un Français, Henri Pélissier, lequel mettait fin à la longue et humiliante domination des Belges, en fait depuis 1911, l’année de Garrigou. A noter la moyenne du vainqueur qui était de 24.428 kmh (sans dérailleur apparu en 1937). En 1933, c’est un autre Français, Georges Speicher qui l’emporta, manifestant sa supériorité  en choisissant son second, faisant en sorte que ce soit Learco Guerra, champion du monde sur route des professionnels en 1931, qui termine à la deuxième place plutôt que Martano qui n’était que champion du monde amateur (1932), ce qui aurait été moins valorisant à ses yeux. Pour accomplir son choix, Speicher emmena le sprint à Guerra pour lui offrir la victoire…et la bonification qui lui permit de dépasser Martano. Mais le grand évènement de ce Tour fut l’obligation par les commissaires de repêcher presque tous les concurrents, parce qu’ils étaient arrivés hors des délais. En effet, une échappée se développa dans l’étape Digne-Nice, avec deux coureurs attardés au classement général (Fayolle et Cornez), et ceux-ci arrivèrent avec 22mn57s d’avance sur le peloton, et un peu moins sur quatre autres coureurs qui s’étaient détachés du peloton avant l’arrivée. En appliquant le règlement (délais de fermeture = 10% du temps du vainqueur), seuls Cornet, Fayolle, plus Pastorelli, de Breil, Bula, Le Calvez et l’Espagnol Trueba auraient pu repartir le lendemain matin…et Trueba aurait gagné le Tour. Desgranges, le directeur du Tour de l’époque, préféra repêcher tout le monde.

Il n’y eut pas de Tour évidemment en 1943, à cause de la guerre, et nous arrivons à 1953, première victoire ô combien méritée de Louison Bobet. Cette année-là, le plus difficile pour Bobet fut de s’imposer…à ses coéquipiers de l’équipe de France, notamment Lauredi, qui se surestimait en se croyant supérieur au coureur breton, et qui termina finalement à la huitième place. En 1963, ce fut la quatrième victoire de Jacques Anquetil, lequel réussit dans le col de la Forclaz à suivre Bahamontes, en partie grâce à une astuce de Geminiani qui contourna le règlement en simulant un incident mécanique sur le vélo d’Anquetil,  entraînant un changement de vélo au pied du col (interdit à l’époque),  en mettant un braquet de 42×26 mieux adapté.  En 1973, rien à dire tellement cette année-là Luis Ocana était le plus fort, d’autant que Merckx était absent. Ocan remporta le Tour avec 15mn 51s d’avance sur Bernard Thévenet! Même Merckx n’aurait pas résisté à la furia castillane de l’Espagnol de Mont-de-Marsan. En 1983, l’absence de Bernard  Hinault, opéré de son genou, conjuguée à la blessure de Pascal Simon (fracture de l’omoplate), permirent à Laurent Fignon de remporter son premier Tour de France.

En 1993, ce fut la troisième victoire consécutive de Miguel Indurain, ce dernier devançant  le Suisse Rominger, ces deux coureurs dominant à l’époque les courses par étapes. Ce Tour sera aussi marqué par l’abandon de Laurent Fignon, dont ce sera la dernière apparition dans cette épreuve qui a largement contribué à sa légende. Enfin en 2003, le vainqueur ne le sera plus à l’issue d’une longue procédure mise en œuvre par l’USADA, l’agence antidopage américaine. Je ne donne pas le nom du vainqueur, puisque le gagnant sur la route « na pas sa place dans le cyclisme »,  comme l’a déclaré le président de l’UCI, l’Irlandais Pat McQuaid. Heureusement que le ridicule ne tue pas !

Michel Escatafal

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5 commentaires on “Le Tour de France a un vainqueur…qui n’a plus sa place dans le cyclisme!!!”

  1. Dale dit :

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    Le han quitado las victorias de las siete Vueltas a Francia seguidas que ganó. Y como no se las pueden dar al segundo o al tercero, ni mismo al cuarto, por las mismas razones; pues esas siete Vueltas a Francia se quedarán sin ganadores.
    Vale, hombre, así se arreglan las cosas en Francia con la ayuda de los norteamericanos y de la UCI. Pero en la mente de la gente de la calle y de los aficionados, el nombre de Armstrong, dicho el Boss, se quedará para siempre grabado en las memorias y en la Historia de la Vuelta a Francia.
    ¡El mito no se ha muerto, sigue vivo!


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