Une saison 2012 de F1 qui restera dans l’histoire (Partie 2)

schumacherParmi les principaux faits de cette saison 2012, il faut évidemment évoquer la retraite, définitive cette fois, de Michael Schumacher en attendant  celle vraisemblable en 2013 du grand ordonnateur de la Formule 1, Bernie Ecclestone. Où situer le pilote allemand dans la hiérarchie des plus grands ? Question difficile à laquelle j’ai déjà répondu dans plusieurs articles précédents, en me basant sur des données diverses…et non pas comme certains ont tendance à le faire sur les statistiques où il écrase tout le monde. J’ai toujours écrit que je le mettais derrière Fangio, Senna, Clark, Stewart et Prost. Evidemment, dans ce classement je ne parle que du Schumacher avant sa première retraite (2006), car l’autre (depuis 2010) était loin du niveau du précédent. Déjà, il n’aurait jamais dû revenir dans le circuit, car force est de constater qu’il a terni en partie l’image qu’il avait. Autant fin 2006 il paraissait invulnérable, commettant peu d’erreurs, d’autant moins qu’il était chez Ferrari, comme auparavant chez Benetton, le leader incontesté et incontestable, autant depuis son retour il fait son âge, même si ceux qui connaissent bien la Formule 1 savent qu’il est  plus jeune que ne l’était Fangio quand il dominait la F1 de la tête et des épaules. Mais c’était une autre époque !

Alors bien sûr que Michael Schumacher figure parmi les plus grands champions de l’histoire, ne serait-ce qu’en raison du nombre extravagant de victoires qu’il a remportées. N’oublions pas qu’il a un nombre de victoires (91) supérieur au total des grands prix disputés à eux deux par Fangio et Ascari (51+32). Et si je parle de Fangio et Ascari, c’est parce que ce sont eux qui ont le meilleur ratio de victoires par grands prix disputés (respectivement 47,1 et 40,6). Mais Schumacher malgré ses 307 grands prix est quatrième dans ce classement, juste derrière Jim Clark (25 victoires en 72 grands prix soit un ratio de 34,7), avec un ratio de 29,6…qui serait de 36,5 en ne comptabilisant que les courses jusqu’en 2006. Bref, le pilote allemand a des stats hallucinantes, qui suffisent à en faire un des plus grands cracks de la discipline toutes époques confondues.

Mais, comme je l’ai déjà souligné, il lui aura toujours manqué le grand duel avec un équipier pour le mettre au niveau des plus grands. Fangio par exemple, chez Mercedes, a eu dans son équipe Stirling Moss (ratio de victoires et de poles égal à 24.2). Clark, chez Lotus, a eu comme équipier Graham Hill (vainqueur à la fois d’Indianapolis, le Mans et double champion du monde). N’oublions pas non plus le duel Senna-Prost chez Mac Laren après eu droit dans cette même écurie à Prost-Lauda, sans oublier Villeneuve-Pironi chez Ferrari, Piquet-Mansell chez Williams, Prost-Mansell chez Ferrari, autant de couples impossibles. En fait, depuis son retour en 2010, c’était la première fois que Schumacher était confronté à un pilote allant aussi vite que lui, avec une voiture identique à la sienne…et on a vu le résultat : il a été globalement dominé par Rosberg, qui aura beaucoup, beaucoup de mal à tenir la dragée haute à Hamilton l’an prochain chez Mercedes.  Résultat Schumacher a fait nombre d’erreurs au cours de ces trois années, en étant sous la pression constante d’un équipier ambitieux, de surcroît sur des voitures qui étaient loin d’être les meilleures du plateau.

Cela étant, il a quand même compris qu’il était temps pour lui de s’arrêter, et en tant que fan de la Formule 1, j’ai été soulagé de l’avoir vu prendre cette décision. J’ai toujours de la peine à voir un grand champion faire le combat de trop, et manifestement Michael Schumacher a fait près de 60 grands prix en trop, même si cela nous aide à mieux voir son vrai positionnement dans l’histoire de la F1, malgré le fait de détenir tous les records ou presque de la discipline. Cependant, et j’insiste là-dessus, Michael Schumacher figure parmi les plus grands champions de l’histoire de la Formule 1 pour de nombreuses raisons. La première c’est d’avoir été un des pilotes ayant le plus aidé ses ingénieurs à faire progresser sa voiture et son écurie. Si j’affirme cela, c’est parce que c’est tout sauf un miracle si Ferrari a renoué avec le titre mondial en 2000, un titre attendu depuis le sacre de Jody Scheckter en 1979 !

Mais Schumacher n’avait pas que sa finesse d’analyse à offrir à son écurie, car il était aussi naturellement très véloce, en qualifications et plus encore sans doute en course y compris sous la pluie. On n’oubliera pas non plus son extraordinaire détermination, servie par un orgueil qui lui a permis de ne jamais baisser les bras, notamment dans les circonstances les plus difficiles. Sa motivation a été telle, qu’elle l’a conduit à de nombreuses manœuvres répréhensibles (contre Damon Hill et Villeneuve notamment), ce qui a beaucoup flétri son image. Il n’empêche, cet ensemble de qualités surpasse ses défauts, et expliquent que Piquet en fin de carrière, Patrese, Brundle, Herbert, Irvine, Barrichello et à un degré moindre Massa aient été obligés de baisser pavillon devant lui, même si dans le cas de Massa j’aurais bien aimé voir les deux pilotes placés sur un pied d’égalité.

Un dernier mot enfin, certains commencent à envisager l’avenir de la Formule 1 sans Ecclestone…en raison de son âge (82 ans passés!). Et, si l’on en croit l’intéressé, les promoteurs de course s’inquiètent. Pourquoi ? Sans doute parce que Bernie Ecclestone a tellement verrouillé son système, qu’ils ont peur du vide qu’il va laisser un jour ou l’autre. La Formule 1 y perdra-t-elle ? Je ne pense pas, d’autant que si le « système » génère un peu moins d’argent, cela permettra peut-être de revoir davantage de F1 en Europe. Il est quand même anormal de ne plus avoir de Grand Prix de France, alors que notre pays est parmi les fondateurs du championnat du monde, mais il n’y a plus aussi de grand prix au Portugal, aux Pays-Bas, en Suède, en Autriche, pour ne citer que ces pays. Or, si l’on regarde d’où viennent les principaux acteurs de la Formule1, on s’aperçoit quand même que la France est représentée à travers les moteurs Renault, que les patrons de Red Bull sont autrichiens etc. C’est bien beau de vouloir faire de la F1 partout, mais il faut aussi qu’elle sache garder ses traditions. Cela étant, je reconnais que le marché automobile se déplace de plus en plus dans les pays émergents, et qu’il faut en tenir compte. Heureusement, malgré tout cet argent qui se déverse sur la Formule 1, les meilleurs finissent toujours par avoir le dernier mot…ce qui est l’essence même du sport.

Michel Escatafal

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