Les vrais problèmes du football français…

yanga-mbiwaJe ne sais pas ce qu’il faut penser de toutes ces informations concernant le mercato des clubs français, ne serait-ce que parce que toutes font état du départ de joueurs dont certains sont en équipe de France. Pour nombre de gens, la France forme des footballeurs…pour les voir partir à l’étranger dès qu’ils sont devenus des joueurs à fort potentiel, voire même avant de le devenir.  Ainsi, depuis dimanche dernier on ne parle que de Paul Pogba, qui a commencé sa carrière au Havre, avant de rejoindre l’Angleterre et Manchester United en 2009. Il n’y aura pas fait des étincelles, mais après une grave blessure à la cheville l’an passé, et malgré le désir de le garder de l’inamovible manager du grand club mancunien, Alex Ferguson, Pogba ne vit pas son contrat renouvelé, et s’engagea pour la Juventus de Turin. Un club dont il est en train de devenir la coqueluche, surtout après les deux buts extraordinaires qu’il a marqués dimanche dernier, au point que certains l’envoient déjà en équipe de France. Cela dit, on peut imaginer que Didier Deschamps le laissera confirmer et mûrir avant de le sélectionner, mais s’il continue sur sa lancée, pour peu que l’équipe de France se qualifie pour la Coupe du Monde au Brésil, ce jeune homme a de fortes chances d’être un des atouts de notre équipe nationale.

Cependant  tous les joueurs qui partent de notre pays pour signer dans un club anglais, espagnol ou italien, ne réussissent pas forcément, plus particulièrement ceux qui partent très jeune. Pour un Pogba, combien d’Aliadière, Sinama-Pongolle, Le Tallec et tant d’autres qui ont gâché une carrière qui s’annonçait prometteuse. Et si je dis cela, c’est pour manifester mon inquiétude devant les départs annoncés de quelques bons joueurs, ayant certes déjà acquis une notoriété chez nous, sans toutefois être encore des vedettes confirmées. C’est le cas notamment de Mapou Yanga-Mbiwa, qui va s’engager aujourd’hui pour le club anglais de Newcastle, un club avec une équipe qui est en fait devenue beaucoup plus française que britannique, puisque les Français y évoluant  vont être au nombre de huit (Cabaye, Debuchy, Ben Arfa, Romain Amalfitano, Marveaux, Obertan, plus Gouffran et Yanga-Mbiwa), et peut-être bientôt dix, puisqu’on parle de l’arrière de Nancy, Haïdara, et des Sissoko (Toulouse et PSG). De quoi composer, si tout ce beau monde arrive comme espéré à Newcastle, une équipe presque totalement française, alors que le PSG ne compte parmi ses titulaires habituels, comme Français, que Jallet, Matuidi, Menez, plus Sakho et Chantôme qui sont les premiers remplaçants des titulaires quand ceux-ci ne jouent pas. Dit autrement, on parle plus français dans le vestiaire de Newcastle qu’italien ou portugais dans celui de Paris. C’est ça aussi la mondialisation, phénomène que l’on connaît depuis bien longtemps en Italie ou en Angleterre.

Fermons la parenthèse, pour noter que la quasi-totalité des joueurs français ou en provenance de la Ligue 1 qui s’expatrient,  ne signent plus dans les grands clubs européens. C’est une évolution très nette par rapport à ce qui se passait dans les années 90 et au début de la décennie 2000. Rappelons que la quasi-totalité des joueurs qui ont composé la plus belle équipe de France de l’histoire (1998-2000)  opéraient  dans les meilleurs clubs européens (Real, Barcelone, Inter, AC Milan, Juventus, Manchester United ou Chelsea). Il est vrai que, pour le moment, nous n’avons pas de joueurs qui puissent se comparer à ceux de la génération championne du monde et d’Europe, à part peut-être Ribéry et Benzema, On peut aussi imaginer que si un joueur se révélait au plus haut niveau dans notre pays, au point d’être la cible des plus grands clubs européens, il finirait…au Paris Saint-Germain, les dirigeants qataris espérant toujours recruter dans l’hexagone le nouveau Zidane ou le nouveau Desailly…que ne sera sans doute jamais Mapou Yanga-Mbiwa, en espérant me tromper. En tout cas, et en cela Louis Nicollin, le président de Montpellier,  a raison, son défenseur central fait certainement une grosse erreur en allant à Newcastle, quinzième ou seizième du championnat anglais.

Certains vont me dire qu’après tout, s’il avait opté pour un des gros clubs de Premier League, il risquait de rester sur le banc, alors que là il est quasi sûr de jouer. Et ce n’est pas l’exemple d’Olivier Giroud à Arsenal, autre club très frenchy, qui fait dire le  contraire. Il est vrai qu’on ne remplace pas un Van Persie du jour au lendemain ! En fait, en dehors de la génération dorée des années 98-2000, rares furent les Français à s’être imposés à l’étranger, y compris en comptant ceux ayant la double nationalité. Pour ma part, je ne vois que Ben Barek à l’Atletico Madrid, Antoine Bonifaci à l’Inter et au Torino, Kopa au Real Madrid, Muller au Real et au F.C. Barcelone, peut-être Combin même s’il ne fut pas toujours titulaire à l’AC Milan ou à la Juventus, Gilbert Gress à Stuttgart, Didier Six lui aussi à Stuttgart et Aston Villa, Larios à l’Atletico Madrid, bien sûr Platini à la Juventus, Ginola à Newcastle et Tottenham et Cantona à Manchester United. En revanche, Wisniewski, ailier droit de l’équipe de France en 1958, ne s’est jamais fait une place dans le Calcio au début des années 60 (Sampdoria Gênes), et si J.P. Papin a fait quelques beaux matches avec le Milan AC ou le Bayern, il n’a jamais été un titulaire indiscutable. Et pourtant il avait eu le Ballon d’Or en 1991 !

Cela étant, pourquoi de nos jours autant de joueurs s’expatrient ? Réponse, parce qu’ils gagnent davantage d’argent qu’en France, surtout en Angleterre où la fiscalité est plus favorable. Mais aussi parce que nos meilleurs clubs, en partie à cause des règles qu’impose la DNCG, ne peuvent pas retenir les joueurs. On le voit actuellement avec l’Olympique de Marseille et l’Olympique Lyonnais, qui sont dans les trois premiers de notre championnat, et qui ne songent pour le moment qu’à dégraisser leur effectif, quitte à sacrifier le championnat. Après tout, en étant sur le podium du championnat de Ligue1, on peut participer à la Ligue des Champions, comme le champion. A ce propos, on s’aperçoit que le titre remporté par Montpellier l’an passé ne lui a pas porté chance, s’avérant même un cadeau empoisonné, car, outre le fait de voir ses meilleurs joueurs quitter le club, cela n’a pas réellement permis au club héraultais de s’enrichir, malgré la manne reçue de la qualification en Ligue des Champions. Tout juste si cela lui a permis d’assurer  financièrement sa saison, mais il a fallu ajouter à cette manne les ventes  de Giroud et de Yanga-Mbiwa, deux des joueurs majeurs de l’équipe championne l’an passé.

En fait , sans vouloir être arrogant, Montpellier a eu une chance énorme en 2011-2012, comme peut-être Lyon ou Marseille cette année, à savoir d’une part la faiblesse de notre championnat malgré son homogénéité, et d’autre part le fait que chaque équipe qui joue contre le PSG dispute le match de sa saison…quitte à s’effondrer lors du mach suivant. C’est encore plus le cas au cours de cette saison, comme on a pu le constater en Coupe de la Ligue avec l’AS Saint-Etienne, qui a eu de grosses difficultés à digérer sa qualification contre  le PSG, ou encore celui du Stade Rennais qui s’est fait battre chez lui par Evian-Thonon après avoir battu le PSG en terminant le match à neuf, , sans oublier Ajaccio qui après avoir tenu en échec le PSG au Parc des Princes n’a pu faire que match nul contre Valenciennes. Et oui, une telle débauche d’énergie et d’adrénaline contre les stars parisiennes suffit parfois à faire trébucher le PSG, ce qui ne peut que profiter à ses adversaires directs, et faire imaginer à certains  que l’OL ou l’OM peuvent lutter avec les Parisiens, comme Montpellier l’an passé.

Cela dit, comme le faisait remarquer Ginola dans la rubrique sport du site d’Orange, il est quand même désolant de voir Rémy, international français, être vendu par l’OM beaucoup moins cher qu’il a été acheté…au dernier de la Premier Ligue. Oui, tout cela est bien triste, et c’est la raison pour laquelle je trouve débile les commentaires sur la richesse du PSG, grâce à l’argent des Qataris. Que préfère-t-on, entre avoir un championnat équilibré, mais faible, avec une dizaine d’équipes qui se valent sans qu’une ne se détache réellement , ou bien un championnat avec une figure de proue comme le PSG, capable de lutter sur le plan économique et sportif avec les plus grands clubs européens ? Pour ma part j’ai choisi, et j’espère que le PSG ne sera pas le seul club a bénéficier de l’argent d’un très gros investisseur, ce qui amènerait  notre championnat à un niveau que nous n’avons sans doute jamais connu. Et c’est tout notre football qui en profiterait.

Michel Escatafal

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One Comment on “Les vrais problèmes du football français…”

  1. Cela me désole aussi de voir que nos meilleurs joueurs du championnat préfère jouer la lanterne rouge de Premier League plutot que de confirmer les performances pour le « challenge sportif »…
    Je suis sur que Remy avait mieux à faire…
    J’espère aussi que les joueurs français recrutés à Newcastle pourront faire la différence et montrer tout leur talent.


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