La Liga fait le bonheur de l’équipe d’Espagne

la RojaL’Espagne, encore l’Espagne, toujours l’Espagne! Et oui, ce pays vient de récupérer le titre mondial de handball, habituellement dévolu aux Français. De quoi susciter encore plus la jalousie de nombre de mes compatriotes, lesquels n’en peuvent déjà plus de voir les Espagnols dominer le football, pour ne parler que des sports collectifs. Espérons que ce soir le PSG permettra de continuer à entretenir le rêve de voir, enfin, une équipe française aller au bout de la prestigieuse des compétitions européennes. Un Paris Saint-Germain qui fait, une nouvelle fois, les grands titres d’une presse espagnole qui ne cesse de s’extasier devant la puissance financière du club parisien, à l’occasion de la venue du PSG à Valence (match aller des 1/8è de finale de la Ligue des Champions). Cela dit, pour ne parler que des équipes nationales, ce n’est pas la dernière soirée internationale de football qui va contredire ceux, très nombreux, qui affirment que la « Roja » demeure la meilleure équipe du monde, et qu’il sera très difficile aux Français de se qualifier pour la phase finale de la Coupe du Monde sans passer par les barrages, même en jouant son prochain match chez elle contre l’Espagne, où l’équipe tricolore jouera à coup sûr comme les équipes de Ligue 1 face au PSG. Pourra-t-elle rééditer le match nul de Madrid ? Pour ma part j’en doute, et même si elle tenait en échec l’Espagne, un match nul ne signifierait pas nécessairement la qualification directe…surtout si les Français ne font pas preuve de plus d’efficacité que mercredi dernier, ces derniers ayant été dominés par le réalisme allemand, un réalisme que nous n’avons pas, et que d’ailleurs nous avons rarement eu au plus haut niveau.

Autres résultats intéressants en cette soirée de mercredi, la semaine dernière : Les Pays-Bas et l’Italie ont fait match nul, avec un but de Verrati plein d’à propos à la fin du match. En revanche, Ibrahimovic a perdu avec la Suède contre l’Argentine de Messi, les deux hommes n’ayant pas marqué dans ce match, tout comme Lucas Moura qui a été battu avec le Brésil contre l’Angleterre. Au passage, on observera que le calendrier du championnat de Ligue 1 n’avantageait guère le PSG, en constatant le nombre de joueurs de ce club sélectionnés dans les diverses équipes nationales (Ibrahimovic, Lucas, Lavezzi, Verrati, plus les Français Matuidi, Sakho et Menez). Cela dit, à part Sakho, tous avaient joué une mi-temps ou un bout de match, ce qui a réduit la fatigue malgré le déplacement pour les étrangers. En outre, cela n’a pas empêché le PSG de battre nettement Bastia.

En fait parmi les grands attaquants, il n’y a que Cristiano Ronaldo qui ait marqué, avec le Portugal, but insuffisant pour empêcher les Portugais d’être battus par l’Equateur. Les Portugais, malgré leur génial attaquant madrilène et sans doute futur parisien, sont dans une période peu favorable, d’autant qu’ils sont très mal partis pour se qualifier pour la Coupe du Monde au Brésil. Curieux d’ailleurs que le Portugal, vainqueur avec ses clubs phares (FC Porto, Benfica, Sporting Lisbonne) de plusieurs coupes européennes (4 C1, 1 C2, 1 C3 et une Ligue Europa), n’ait jamais rien gagné dans les compétitions par équipes nationales. Les Portugais, en effet, sont aujourd’hui au même niveau que les Français jusqu’en 1984, à la différence que nos clubs n’avaient jamais remporté à ce moment de compétitions européennes.

Ces remarques que je fais sur le Portugal me font une transition toute trouvée avec l’équipe nationale d’Espagne, ce pays étant le maître absolu du football mondial depuis 2008, puisqu’il a gagné la Coupe du Monde et deux championnats d’Europe des Nations, sans parler de la domination au niveau des clubs du F.C. de Barcelone. Et si cela continue, la « Roja » gagnera la Coupe du Monde au Brésil, d’où la question : Comment font les Espagnols pour dominer à ce point la planète football ? La réponse peut se résumer au fait que mercredi soir, lors de la rencontre amicale contre l’Uruguay de Lugano (joueur du PSG prêté à Malaga), avec une victoire espagnole par 3 buts à 1, il y avait neuf joueurs du Barça dans la sélection espagnole ayant joué au moins une minute.  Ces joueurs s’appellent Valdés, Puyol, Piqué, Alba, Busquets, Iniesta, Cesc, Pedro et Villa. En outre, il manquait Xavi, titulaire indiscutable et indiscuté de cette équipe d’Espagne. Normal dans ces conditions que les 3 buts espagnols (Cesc et Pedro qui marqua 2 fois) aient été des buts barcelonais, normal aussi que cette sélection espagnole se trouve les yeux fermés, avec autant de joueurs appartenant à la même équipe. En fait le F.C. de Barcelone, c’est quasiment l’équipe d’Espagne moins Messi, preuve entre parenthèse que Messi n’est pas le Barça à lui tout seul, et que le quadruple Ballon d’Or a la chance d’avoir autour de lui nombre de très grands joueurs.

C’est d’ailleurs un cas unique dans l’histoire du football, une sélection aussi imprégnée d’un club. Auparavant, il y eut certes au début des années 60 le Portugal de Coluna, Eusebio, plus Costa Pereira le gardien, et les attaquants Augusto, Torres et Simoes, soit une demi-douzaine de joueurs, comme un peu plus tard l’Allemagne, version Bayern de Munich, qui comptait en finale de la Coupe du Monde 1974 pas moins de 6 joueurs munichois, à savoir le gardien Maier, Beckenbauer, Schwarzenbeck, Breitner, Hoeness et le buteur Gerd Müller. En fait si je devais faire le rapprochement je le ferais avec le club de Honved (voir mon article Kubala nous permet d’évoquer l’histoire du football hongrois), principal fournisseur de la grande équipe de Hongrie (1952-1956), dont l’entraîneur s’appelait Sebes, ce dernier dirigeant à la fois  l’équipe nationale et Honved, qui comptait dans ses rangs les attaquants Puskas, Kocsis, Budaï, Csibor, le milieu Boszik et le gardien Grosics. Même le Santos FC de Pelé, vainqueur de la Coupe Intercontinentale en 1962, n’avait pas la même influence sur l’équipe du Brésil, championne du monde en 1962 au Chili, que le Barça aujourd’hui sur la sélection espagnole, puisque seuls Gilmar, Mauro, Zito et Pelé étaient des titulaires indiscutables. D’ailleurs, suite à la blessure de Pelé, ils n’étaient plus que 3 joueurs de Santos à disputer la finale contre la Tchécoslovaquie.

On le voit, les équipes ayant la chance de disposer d’une grande équipe de club formant l’ossature de la sélection nationale, sont celles étant les mieux armées pour remporter les grands titres. L’équipe de France a longtemps bénéficié de l’ossature rémoise, notamment en 1958, avec pas moins de 6 joueurs ayant opéré au Stade de Reims (Jonquet, Penverne, Fontaine, Piantoni, Vincent plus Kopa qui joua ensuite au Real) dans son équipe type, qui alla en demi-finale de la Coupe du Monde, équipe entraînée de surcroît par Albert Batteux, lui-même entraîneur du Stade de Reims. Et puisque je parle d’entraîneur, il faut aussi souligner le fait que cette équipe d’Espagne a le même coach depuis la saison 2008-2009, Vicente Del Bosque. A ce propos, on notera que Del Bosque a égalé mercredi le record de Kubala, avec 68 parties comme sélectionneur, pour un total de 57 victoires, 5 matches nuls et seulement 6 défaites, auquel on peut ajouter 170 buts marqués contre 45 encaissés. Qui dit mieux comme bilan ? Personne, tout cela relevant de l’exceptionnel sur une aussi longue durée!

Un dernier mot enfin pour souligner que, finalement, le football espagnol a surtout le mérite d’avoir su jusqu’à ce jour conserver ses meilleurs joueurs au pays, plus particulièrement le F.C. Barcelone. Certes le Barça a des étrangers dans son effectif, mais celui-ci est profondément catalan et espagnol, ce qui profite à la « Roja », comme on appelle l’équipe d’Espagne. En revanche le Real, comme l’Atletico de Madrid, Valence ou Malaga ont un effectif beaucoup plus cosmopolite, comme les grands clubs italiens, et plus encore français et anglais. En fait seuls les clubs allemands se rapprochent (un peu) du modèle catalan, même si les clubs allemands comptent eux aussi de nombreux étrangers dans leurs rangs. Toutefois les joueurs allemands sont moins nombreux à s’expatrier que les Français par exemple, ce qui explique aussi pourquoi leur équipe nationale est systématiquement au sommet dans toutes les compétitions auxquelles elle participe. Souhaitons que le PSG ne soit pas, dans les années à venir,  le seul club de Ligue 1 capable d’attirer les meilleurs joueurs, qu’ils soient français ou étrangers.

Michel Escatafal

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3 commentaires on “La Liga fait le bonheur de l’équipe d’Espagne”

  1. Pour le moment les parisiens sont bien partis en menant 2-0… et ce n’est qu’une bonne chose que le PSG peut attirer de grands joueurs pour mettre en valeur la Ligue 1 et les clubs français… mais on est bien loin de l’exemple barcelonais qui favorise les joueurs de leur pays…

    Il faut que d’autres investisseurs viennent en France pour montrer le potentiel d’autres clubs.

  2. Daniel Duret dit :

    Avec les étrangers du PSG, vous espérez construire les bases d’une équipe de France solide ???

    • msjsport dit :

      Il y a effectivement beaucoup d’étrangers au PSG, mais il y a aussi Matuidi, Sakho, Jallet, Chantôme et même Menez qui ont beaucoup progressé. Après, je ne sais pas combien de temps ils resteront au club, à part Jallet et Matuidi. Cela dit, il m’étonnerait que Sakho quitte le club, parce que finalement il joue beaucoup entre les blessures et le turn-over.


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