L’impossible égalité entre les grands clubs et les plus petits

PSG logoLe mieux est parfois l’ennemi du bien. Si j’écris cela c’est parce que Michel Platini, le président de l’UEFA, a cru bon d’instaurer le fair-play financier, afin de faire en sorte que les clubs européens soient le plus possible sur un pied d’égalité. Cela part certes d’un bon sentiment, mais, franchement, qui peut considérer qu’il s’agit d’une mesure considérable qui va faire que les clubs les plus huppés soient moins avantagés qu’ils ne l’étaient auparavant ? Personne de censé, parce que lesdits clubs sont ceux qui génèrent le plus d’argent. Même si le Real ou Barcelone n’ont plus les mêmes moyens qu’avant, leurs ventes de maillots seront toujours supérieures à celles de l’Olympique Lyonnais ou de l’Olympique de Marseille. Un maillot sur lequel figure le nom de C. Ronaldo, Messi ou Iniesta portera toujours davantage qu’un autre sur lequel on peut lire le nom de Malbranque ou Gignac. C’est ainsi, de la même façon qu’on ne bâtit pas une grande équipe sans faire  venir de grands joueurs. Et pour les faire venir, il y a certains ingrédients indispensables en plus de l’argent, comme un entraîneur de grand renom, ce qui explique le remplacement l’an passé de Kombouaré par Ancelotti au PSG. Qui peut croire que sans Ancelotti sur le banc, le PSG aurait pu faire venir des Lavezzi, Ibrahimovic ou Thiago Silva ? Personne, à moins de ne rien connaître aux affaires du football, sport qui recèle le plus fort potentiel de rentrées économiques.

L’argent justement, qui est considéré comme une plaie de la société aux yeux de nombreux Français, ce qui n’empêche pas nos compatriotes d’essayer d’en gagner par tous les moyens, comme en témoignent leurs dépenses aux jeux. Mais comme les Français ne sont pas à une contradiction près, ils s’insurgent de tas de choses qui paraissent normales ailleurs. Personne ou presque en Espagne ne se préoccupe des salaires versés aux meilleurs joueurs de football. Et pourtant la crise qui sévit dans ce pays affecte durement  les gens qui vont au stade. Mais s’il ne leur reste que ce loisir, et bien ils feront les sacrifices pour qu’il dure le plus possible, sans vilipender leur club favori parce que le prix des places au stade est exorbitant. La remarque vaut aussi pour les Anglais, les Italiens, les Portugais, et même les Allemands. En France en revanche, on nous ressort sans cesse les mots d’éthique, valeurs ou âme, comme si nous étions le peuple élu !

Tout cela ne peut évidemment qu’être assimilé à des fariboles, et, parmi celles-ci, il en est une qui concerne le club à la fois le plus admiré et le plus honni dans notre pays, le PSG, parce qu’il a à sa disposition des moyens supérieurs à ceux des autres clubs français et même européens. Mais même s’il dispose, grâce aux fonds qataris, d’une manne financière incomparable, ce n’est pas une raison pour qu’il s’affranchisse des règles de la bonne gestion financière. Et en satisfaisant au mieux à ces règles, le PSG se met aussi en conformité avec le fair-play financier voulu par Michel Platini et l’UEFA. C’est la raison pour laquelle, le club parisien va sans doute changer le nom du stade dans lequel il évolue, ou à tout le moins l’élargir en y incluant celui d’un sponsor…comme cela se fait déjà en Angleterre, en Allemagne et même, à une dimension très inférieure, dans un ou deux clubs français. A noter que si cela se fait à Nice, cela ne gêne personne, mais à partir du moment où cela va se faire à Paris, les vociférateurs professionnels vont se manifester le plus bruyamment possible.

Pour ce qui me concerne, et vous l’avez compris depuis longtemps, cela ne me gêne absolument pas que le PSG suive l’exemple d’Arsenal ou Manchester City. Cela me gêne d’autant moins, que je suis heureux de voir le club de la capitale rivaliser avec les plus grands clubs européens, pour qu’enfin notre pays ne soit pas absent des phases finales et du palmarès de la Ligue des Champions, comme cela est quasiment toujours le cas. La preuve, en France on ne cesse d’évoquer le Stade de Reims (années 50), l’AS Saint-Etienne et le SC Bastia (années 70), l’Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain (années 90), l’AS Monaco (années 2000), pour parler des succès européens de nos clubs, alors que les Anglais, les Italiens ou les Espagnols seraient bien en peine de citer tous leurs vainqueurs de coupes européennes…tellement ils en ont eu. Le pire est que ces mêmes soi-disant supporters du football français ne cessaient de « râler », il y a seulement deux ans, quand les anciens propriétaires du PSG ne voulaient pas investir des sommes importantes pour faire franchir un palier à leur club. C’est aussi le cas aujourd’hui à Lyon et à Marseille. Alors où est la logique dans tout cela ?

Et bien il n’y en a pas, tout simplement. Nous en avons de nouveau la preuve en lisant ou écoutant les réactions à propos de la venue, possible ou probable, de stars comme C. Ronaldo ou Rooney au PSG. Les plus bêtes s’avançant à dire que ni l’un ni l’autre ne viendront au PSG, car le club de la capitale française n’est pas un vrai grand club, même en disposant d’un effectif peut-être déjà le meilleur au monde avec Ibrahimovic, Thiago Silva, Lavezzi, Pastore, Matuidi, Lucas, Thiago Motta ou Verrati, tous joueurs de classe mondiale, arrachés aux plus grands clubs européens. Les plus ignorants eux vont nous parler avec le changement de logo ou de nom du Parc des Princes de la perte d’identité du club francilien, les mêmes ne trouvant pas à redire si le stade d’Arsenal s’appelle l’Emirate Stadium…à moins qu’ils ne l’ignorent, ce qui est bien possible.

Mais est-ce que le marketing a tellement changé depuis des décennies ? Pas vraiment, dans la mesure où si le Real Madrid pouvait se payer et garder des Di Stefano, Kopa, Puskas, Santamaria ou Gento dans les années 50, c’était parce qu’il disposait de ressources financières importantes, lesquelles lui permettaient d’attirer les meilleurs joueurs, ce qui leur donnait la possibilité de remporter chaque année la Coupe d’Europe, ancêtre de la Ligue des Champions. Et le Real, plus de 50 ans après, figure toujours parmi les plus grands clubs européens, comme le Barça, Manchester United, le Bayern, la Juventus ou les deux Milan, autant d’équipes qui doivent leur longévité au plus haut niveau à de l’argent, beaucoup d’argent venant de recettes extra-sportives.

En revanche, que sont devenus les clubs français qui ont brillé à un certain moment sur la scène européenne ? Voilà toute la différence entre le football français de club et celui des pays voisins ! Voilà aussi pourquoi après  57 ans de compétitions européennes, nous n’en avons remporté que deux. Oui j’ai bien dit deux, la Ligue des Champions en 1993 avec l’Olympique de Marseille, et feu la Coupe des Coupes avec le PSG en 1996. Quelle différence avec l’Espagne (33), l’Angleterre (30), l’Italie (29), l’Allemagne (17), la Hollande (11) et le Portugal (7)! Même la Belgique (4), l’Ecosse et l’Ukraine (3) sont devant nous. Sans commentaire !

Michel Escatafal

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