La Celeste, l’équipe la plus titrée du football mondial

celesteNombre de gens s’interrogent pour savoir comment un pays de la taille de l’Uruguay, dont l’équipe nationale est le prochain adversaire de l’équipe de France ce mercredi à Montevideo, 83 ans après y avoir disputé la première Coupe du Monde (dans l’indifférence générale chez nous), a pu obtenir autant de bons résultats tout au long de son histoire footballistique, une histoire qui la place parmi les plus grandes nations du football mondial, et parmi les trois grands pays d’Amérique du Sud, terre bénie de la balle ronde. L’Uruguay est, en effet, un des rares pays qui ont remporté à plusieurs reprises la Coupe du Monde de football. Sur ce plan le football uruguayen a un avantage sur le nôtre, mais apparemment ce n’est plus le seul, car l’âge d’or du football uruguayen qui semblait passé depuis longtemps, est peut-être en train de renaître. En témoigne sa victoire face au Paraguay en finale de la Copa America 2011, l’équivalent en Amérique du sud du Championnat d’Europe des Nations, un an après avoir atteint les demi-finales de la Coupe du Monde en Afrique du Sud.

L’Uruguay, petit pays de 3,5 millions d’habitants comptant 187.500 licenciés, soit quasiment 12 fois moins que chez nous, a la particularité de faire partie des « grands du football » presque depuis l’avènement de ce sport, ce qui est loin d’être le cas du football français. Son équipe est appelée la Celeste, avec son maillot bleu ciel au col blanc orné de quatre étoiles, et ses shorts et bas noirs.  Pourquoi quatre étoiles ? Parce que son palmarès compte, outre ses deux victoires en Coupe du Monde (1930-1950), deux autres aux Jeux Olympiques en 1924 et 1928, auxquelles il faut ajouter quinze Copas America, tout cela faisant de l’Uruguay la meilleure équipe de la décennie 1920-1930, et le pays de football le plus titré toutes compétitions confondues…devant l’Argentine et le Brésil.

A l’époque il faut noter que les J.O. avaient valeur de championnat de monde, puisque la première édition de la Coupe du Monde eut lieu en 1930. Elle fut organisée en Uruguay…et fut remportée par la sélection uruguayenne. Comme ses deux grands rivaux sud-américains,  les incontournables Brésil et Argentine, l’Uruguay a compté quelques uns des plus grands joueurs de tous les temps, même s’ils sont moins connus que les Brésiliens Didi, Pelé, Zico ou Ronaldo ou les Argentins Kempes, Maradona ou Messi. Rien que dans les années 20 ou 30, des joueurs comme Scarone ou Andrade furent sans doute les deux meilleurs joueurs de cette époque, et figurent parmi les plus grands joueurs du vingtième siècle, sans oublier le buteur patenté que fut Jose Pedro Cea qui marqua 13 buts en 27 sélections entre 1923 et 1932. Comme Scarone et Andrade, il remporta la Coupe du Monde 1930 et fut deux fois champion olympique en 1924 et 1928 avec une sélection commandée par José Nasazzi, surnommé « le grand capitaine », l’équivalent aujourd’hui d’un Thiago Silva, élu aussi meilleur joueur de la Coupe du monde 1930.

Mais l’Uruguay fut aussi un énorme réservoir de grands joueurs dans les années 50, dans la foulée de sa victoire à la Coupe du Monde 1950, où elle avait battu le Brésil chez lui, dans le match décisif qui se disputait au Maracana devant 173.850 spectateurs. On imagine la peine du peuple brésilien qui n’a toujours vécu que par, pour, et avec le football. Parmi ces super joueurs, on peut citer le véloce Ghiggia, Miguez (27 buts en 39 sélections), le remarquable gardien Maspoli, le demi Andrade (homonyme du meilleur joueur des années 20), Varela et sans doute le plus doué de tous, le redoutable milieu-attaquant Schiaffino. Ce dernier a fait ensuite les beaux jours du Milan AC entre 1954 et 1960 et de l’AS Roma jusqu’en 1962. Il a aussi eu la particularité, comme Ghiggia (12 sélections pour Uruguay et 5 pour l’Italie), d’avoir été international pour son pays d’origine l’Uruguay (21 fois), mais aussi pour son pays d’adoption l’Italie (4 fois). A l’époque il était permis de porter le maillot de plusieurs pays, même en ayant joué la Coupe du Monde, comme ce fut le cas pour le merveilleux défenseur central du Real Madrid qu’était José Santamaria (sélectionné pour l’Uruguay et l’Espagne). Ensuite dans les années 60 et 70 la grande vedette fut un gardien, à l’époque le meilleur au monde, Mazurkiewicz.

Aujourd’hui l’Uruguay n’a plus autant de joueurs de ce calibre, mais de temps en temps elle révèle un très grand joueur, comme par exemple Forlan, ancien attaquant de l’Atlético de Madrid qui opère aujourd’hui à l’Internacional de Porto Alegre (Brésil), qui fut désigné comme meilleur joueur de la Coupe du Monde 2010 et co-meilleur buteur (5 buts), un joueur dont l’AS Nacy-Lorraine n’avait pas voulu après un essai de quelques mois (bravo !). Forlan a remplacé dans le cœur des Uruguayens Enzo Francescoli, que les Français ont bien connu dans les années 80, puisqu’il a joué quatre ans au Racing entre 1986 et 1989, et un an à Marseille entre 1989 et 1990, avant d’aller exercer ses talents en Italie à Cagliari et au Torino. C’était un magnifique technicien, reconnu de tous y compris de Zidane, qui a donné à son fils le prénom de Francescoli, Enzo. Mais Forlan n’est plus aujourd’hui l’hirondelle faisant le printemps, car il a reçu le renfort de Luis Suarez (26 ans) qui a joué à l’Ajax d’Amsterdam, avec qui il fut champion des Pays-Bas (2011), mais aussi sacré meilleur buteur des Pays-Bas en 2010 avec 35 buts, avant de partir à Liverpool, et peut-être de rejoindre cet été le Real Madrid. Un autre attaquant uruguayen figure aussi parmi les meilleurs attaquants du monde, Cavani, qui a marqué 104 buts en 139 matches avec l’équipe de Naples, et qui est convoité par les plus grands clubs européens, notamment le Paris Saint-Germain.

Malgré tout le gisement de footballeurs uruguayens semble quelque peu tari, par rapport aux années 20, 30 ou 50, contrairement à celui de ses voisins sud-américains, Brésiliens et Argentins. Cela ne veut pas dire pour autant que la Celeste ne compte pas quelques bons joueurs, en dehors de Forlan, Suarez ou Cavani, mais à l’image de leur capitaine Lugano, qui a joué au Paris Saint-Germain, ils ont généralement des difficultés à s’imposer dans les clubs européens de haut niveau. Bref, a priori pas de quoi faire trop peur à leurs prochains adversaires français, à part précisément la paire Suarez-Cavani, susceptible de causer de sérieux tourments aux meilleures défenses. Cela étant, il ne faudra pas que l’équipe de Didier Deschamps prenne l’Uruguay à la légère, car cette formation est solide, à défaut d’être géniale. En outre, les joueurs qui la composent seront d’autant plus motivés qu’ils doivent montrer leur valeur aux yeux des recruteurs européens.

Michel Escatafal

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3 commentaires on “La Celeste, l’équipe la plus titrée du football mondial”

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  2. puccio dit :

    vous faites une erreur en disant qu a l epoque un joueur pouvait jouer pour une autre nation .en fait les uruguayens qui ont joue pour l italie etaient tout simplement fils d immigres italiens donc ils pouvaient jouer pour l italie a part ca votre article est super

    • msjsport dit :

      Cher Monsieur,
      Kubala, une des grandes stars du Barça des années 50 et 60, a été international tchécoslovaque, hongrois et espagnol. Puskas également a joué pour la Hongrie et l’Espagne. Bonne soirée et merci pour le compliment. ME


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