Le sport se conjugue aussi au féminin

cathy tanvier En cette période d’été tout effort paraît intense, y compris quand on se contente de parler de sport. Si je dis cela c’est parce que ne faisant  plus autant de sport qu’auparavant, il me reste mon blog pour raconter à ma manière l’histoire du sport, à travers ce que j’ai vécu et parfois ce que j’ai entendu dire par ceux qui sont nés avant moi. Par exemple j’étais trop jeune pour avoir connu Coppi ou Fangio, mais mon admiration pour eux est venue de ce qui m’a été raconté à propos de leurs exploits. C’est la raison pour laquelle, il m’arrive d’évoquer beaucoup plus souvent le sport masculin que féminin, celui-ci n’ayant pas le même poids dans l’histoire…parce que nombre d’épreuves n’ont existé que depuis les années 60, alors que le sport de compétition masculin s’est développé dès la fin du siècle précédent.

C’est surtout le cas en athlétisme, dont le véritable départ au niveau des compétitions féminines se situe à la fin des années 40, mais aussi en cyclisme qui s’est réellement installé deux décennies plus tard, ces deux sports étant parmi les plus connus et médiatisés depuis des lustres. En revanche il a fallu attendre l’avènement du nouveau siècle pour qu’on parle de football féminin, alors que le football est le sport numéro un dans le monde. Et la France n’échappe pas à ce phénomène, nombre de grands clubs ayant à présent une section féminine de plus en plus professionnalisée.

Cela dit, le sport féminin dans notre pays est, qu’on le veuille ou non, moins bien perçu que chez la plupart de nos voisins. Et ce phénomène semble s’accentuer, au point que l’on finit par le retrouver au niveau des résultats, comme on a pu le constater l’été dernier aux Jeux Olympiques. Pour ma part, j’ai toujours pensé que l’on ne devait pas faire de différence entre les sportifs des deux sexes. Une victoire en finale olympique sur 100 m a pour moi la même valeur, qu’elle soit remportée par un homme ou par une femme. Cependant je ne vais pas raconter d’histoires pour autant, et nier que certains sports me passionnent uniquement à travers les hommes.

Il est clair que je ne m’intéresse guère à la boxe féminine, alors que j’ai toujours été passionné par la boxe masculine. Le rugby et le football féminin sont loin de me procurer les mêmes joies ou peines que leurs homologues masculins. Et pour être tout à fait honnête, je n’arrive pas à regarder avec la même avidité une course cycliste avec des coureurs ou des coureuses, y compris pour la piste. C’est sans doute un peu injuste, mais c’est comme cela. En revanche pour tous les autres sports, du moins ceux que j’aime ou que j’apprécie, c’est pour moi du pareil au même qu’il s’agisse des hommes ou des femmes.

Je vais donc en profiter pour parler de quelques femmes qui ont marqué ma vie…de passionné de sport. La première d’entre elles s’appelle Cathy Capdevielle, dont le principal fait d’armes au niveau international fut de finir cinquième de la finale du 100 m (remporté par Wilma Rudolph surnommée la Gazelle noire) aux Jeux Olympiques de Rome en 1960, ce qui était une magnifique performance. Si je me souviens aussi bien d’elle, c’est parce qu’à l’époque le but de ceux qui comme moi faisaient de l’athlétisme aux beaux jours, et plus particulièrement du sprint, était de courir un jour au moins aussi vite que Cathy Capdevielle. Certes j’avais à peine 14 ans en 1960, mais le temps qu’elle avait réalisé en finale olympique (11s5/10) paraissait assez inaccessible.

Toujours en athlétisme, j’avais une profonde admiration pour Maryvonne Dupureur qui avait à peu près le même âge que Cathy Capdevielle, et qui remporta la médaille d’argent du 800 m aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964. Même si je n’avais pas tout à fait les mêmes sentiments pour elle car elle faisait le 800 m, je l’admirais beaucoup…parce que c’était la meilleure et qu’elle était française. Sa médaille d’argent aux J.O. était une déception, car elle aurait dû avoir l’or. J’étais triste quand j’ai appris, il y a cinq ans, qu’elle avait rejoint le paradis des athlètes.

Ensuite ce fut la période dorée du 400 m féminin en France, avec pour point d’orgue le titre olympique de Colette Besson à Mexico en 1968. Quelle fantastique ligne droite, et ensuite combien fut émouvante notre championne en larmes sur le podium. Et l’année suivante aux championnats d’Europe, la France remporta les deux premières places avec Nicole Duclos juste devant Colette Besson, avec à la clé le record du monde. Je me disais qu’il n’y a que l’athlétisme pour nous offrir de pareilles joies. Hélas, bien que jeune encore (59 ans), Colette Besson perdit son ultime combat il y a bientôt huit ans. Mais le souvenir de sa victoire à Mexico restera pour l’éternité, comme le panache dont elle faisait preuve à chacune de ses courses.

Plus tard, c’est une jeune fille de 18-20 ans qui m’a beaucoup impressionné, mais cette fois c’est de tennis dont je vais parler. Cathy Tanvier a été le premier grand espoir du tennis français au milieu des années 80, et pour tout le monde elle devait succéder à Françoise Durr qui avait gagné Roland-Garros en 1967. On l’appelait « la Borguette » car elle jouait un peu comme Borg, copiant même ses tics. Cela étant, elle eut moins de succès que l’ancien numéro un mondial, son palmarès se limitant à 10 titres dont 9 en double, et surtout ne sut pas négocier son après-carrière au point d’être devenue tributaire des minima sociaux. J’espère que les deux livres qu’elle a écrit, plus sa participation à un film de J.L. Godard, lui ont permis de « se refaire un peu » car c’est toujours triste de voir des gens qui ont gagné beaucoup d’argent se retrouver presque à la rue.

Bien sûr, il m’est impossible de ne pas évoquer Jeannie Longo et sa fantastique carrière (13 titres de championne du monde et un titre olympique)…qui n’est toujours pas finie à 55 ans ! Je ne dis pas cela pour me rattraper, mais c’est elle qui m’a vraiment fait apprécier le niveau du cyclisme féminin, à une époque où je savais pédaler. Avec deux copains, peu avant la venue du Tour à Millau en 1987, nous avons effectué (à fond) la montée du Cade, bien connue des Millavois, en 27 mn environ. Lors de l’étape du Tour de France féminin cette même année, ces dames ont mis entre 20 et 25 mn avec une centaine de km dans les jambes. C’est une ascension qui doit faire, du pont sur le Tarn au sommet, environ 7,5 km à 6, 3% de moyenne.

Enfin, je ne voudrais pas terminer mon propos sans citer quelques autres grandes sportives qui m’ont ému et qui méritent, elles aussi, d’entrer au Panthéon du sport français. Parmi elles, il y a Michèle Mouton qui remporta quatre rallyes du championnat du monde dans les années 80, Laura Flessel qui a apporté à la France beaucoup de médailles mondiales ou olympiques en escrime, tout comme Félicia Ballanger en cyclisme sur piste (3 titres olympiques et 10 titres mondiaux), ou Laure Manaudou qui a tout gagné en natation (championne olympique, recordwoman du monde, championne du monde et d’Europe), et qui fut une sorte de précurseur dans la natation française, au point que l’équipe de France collectionne à présent les titres olympiques ou mondiaux, à commencer par Camille Muffat.

N’oublions surtout pas nos tenniswomen Mary Pierce et Amélie Mauresmo (2 titres chacune en grand chelem, plus une Fed Cup), mais aussi Marion Bartoli qui vient de remporter Wimbledon. Il y a aussi Christine Arron et Murielle Hurtis, qui ont permis au 4X100m français de s’emparer du titre mondial en 2003, deux jeunes femmes qui ont été privées de plusieurs médailles planétaires par la faute du dopage de certaines de leurs adversaires. Autre athlète française, Eunice Barber dont on rappellera qu’elle a apporté à la France deux titres mondiaux dans l’heptathlon et le saut en longueur (1999 et 2003). Cela étant, pour moi, la plus grande sportive française reste à ce jour Marie-Jo Pérec, sans doute la meilleure spécialiste du 400 m plat de l’histoire de l’athlétisme, puisqu’elle est la seule (hommes et femmes confondus) à avoir remporté deux fois consécutivement le 400 m aux J.O., en plus de sa médaille d’or sur 200 m.

Mais il n’y a pas que des sportives françaises dans cette galerie des femmes qui m’ont enthousiasmé. Je pense en particulier à la merveilleuse Chris Evert (18 victoires en grand chelem), dont tous les professeurs de tennis disaient à leurs élèves masculins qu’ils devaient s’inspirer de sa manière de jouer, un peu comme l’autre prodige américaine, Tracy Austin, qui fut numéro un mondiale à 18 ans.  Autre américaine qui m’a ému, la championne du 1500m, Mary Decker, qui, malgré ses 17 records mondiaux, n’a jamais été championne olympique (comme Jim Ryun), chutant dans la finale du 1500m aux J.O. de Los Angeles en 1984. Une autre jeune femme a aussi largement contribué à donner ses lettres de noblesse à l’athlétisme féminin, la Britannique Sally Gunnell, qui a lancé définitivement le 400m haies chez les féminines (le 400m haies est apparu aux J.O. en 1984), en devenant championne olympique en 1992 et en améliorant le record du monde détenu par la Soviétique Stepanova depuis 1986, dans le temps extraordinaire pour l’époque de 52s74, soit 40 centièmes de moins que l’actuel record détenue par la Russe Pechonkina. Enfin, je n’oublie pas la sauteuse en hauteur Sarah Simeoni, appelée « la Vincitutto », championne olympique en 1980 à Moscou, qui rêvait de devenir danseuses étoile, et qui reste dans l’imaginaire des amateurs d’athlétisme une des plus grandes athlètes de tous les temps, qui fut la première femme à dépasser 2m (2.01m). Et pourtant elle était loin d’avoir la taille (1.77m) d’ Ulricke Meyfarth (1.86m) ou de l’actuelle meilleure sauteuse mondiale, la Croate Blanka Vlasic (1.93m).

 Michel Escatafal

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One Comment on “Le sport se conjugue aussi au féminin”

  1. […] de ceux qui ne trouvent aucun intérêt pour le sport  féminin (voir mon article sur ce site : Le sport se conjugue aussi au féminin). Au contraire, je trouve la même beauté que chez les hommes dans les gestes ou les courses des […]


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