Vivement le début de la Coupe du Monde de rugby à XIII!

MarshallSBWCeux qui, comme moi, sont abonnés à beIN Sport vont avoir la chance de pouvoir admirer les meilleurs joueurs treizistes, à l’occasion de la Coupe du Monde de rugby à XIII, qui aura lieu entre le 26 octobre et le 30 novembre, jour de la grande finale à Manchester (Old Trafford).  En tout il y aura 28 matches qui auront lieu dans les Iles britanniques et en France, même si notre pays n’accueillera que 2 matches en Avignon (France contre la Nouvelle-Zélande tenante du titre) et à Perpignan, pour un autre match de poule. A noter au passage, que l’Angleterre se taillera la part du lion pour cette Coupe du Monde, avec 15 matches dans ses stades, ce qui est bien normal du fait que la Grande-Bretagne est le pays organisateur, mais aussi parce que si la Grande-Bretagne a remporté à trois reprises la Coupe du Monde, c’est essentiellement avec des joueurs opérant dans des clubs anglais.  Une Coupe du Monde qui, comme pour d’autres sports collectifs, est la compétition phare du rugby à XIII, même si elle n’a pas lieu d’une manière immuable, comme le football et le rugby à XV, tous les quatre ans (parfois il faut attendre cinq ans pour avoir la nouvelle édition).

En fait, plus encore que le rugby à XV, le XIII souffre de sa faible pratique dans le monde pour que cette Coupe du Monde soit un évènement planétaire. Si j’écris cela, c’est parce que le rugby à XIII ne se pratique réellement à un haut niveau que dans cinq pays, à savoir l’Australie avec plus de 400.000 licenciés dont 30.000 pour la seule ville de Sydney, à comparer aux 10.000 licenciés en France, la Grande Bretagne avec ses 63.000 licenciés, plus la Nouvelle-Zélande qui souffre terriblement de la concurrence du rugby à XV, sport national, et enfin la Papouasie-Nouvelle Guinée, où le rugby à XIII est assimilé à une religion. On comprend pourquoi l’Australie est le pays archi-dominant dans ce sport, avec ses neuf victoires en Coupe du Monde en treize éditions. En fait, l’Australie domine encore plus le monde du rugby à XIII que la Nouvelle-Zélande exerce sa domination sur les quinzistes, ce qui est normal vu que le rugby à XV est davantage mondialisé, y compris au niveau des clubs, puisqu’il n’y a que deux vraies compétitions de clubs au plus haut niveau dans le rugby à XIII, la National Rugby League, essentiellement australienne,  et la Super League en Europe, essentiellement anglaise.

En écrivant cela, j’en profite pour rappeler avec plaisir que nous avons en France une belle équipe dans cette Super league, que nous pouvons voir régulièrement sur beIN Sport, les Dragons Catalans, dont 15 joueurs ont été retenus parmi les 24 Français qui vont disputer la Coupe du Monde. Ils ont aussi eu comme coach quelqu’un de très célèbre, puisqu’il s’agit de Trent Robinson, l’entraîneur des Roosters, qui joua à Toulouse XIII, avant d’en devenir entraîneur, et de devenir coach des Dragons. Fermons la parenthèse, pour dire que j’espère qu’une autre franchise française les rejoindra bientôt, ce qui nous fera une occasion de plus de soutenir nos couleurs. Si j’écris cela c’est parce que les Dragons Catalons, comme je l’ai dit dans un article précédent, se défendent très bien dans cette Super League, qui plus est avec nombre de joueurs français.  Cela dit, le problème du XIII en France reste sa confidentialité dans les médias, en espérant que grâce à beINSport ce sport reçoive une exposition à la hauteur du beau jeu qu’il offre à ses passionnés. Je suis d’autant plus à l’aise pour le dire, que, je le répète, je n’ai jamais joué à XIII, mais en revanche je sais apprécier la qualité du spectacle, comme par exemple quand on voit jouer l’extraordinaire ouvreur néo-zélandais des West Tigers, qui serait plutôt un centre à XV, Benji Marshall. Avons-nous déjà vu un attaquant ayant autant de qualités naturelles que lui sur un terrain de rugby ? Peut-être, mais pas sûr ! Il a tout ce joueur, la vitesse, la technique, sans oublier cette capacité hors du commun à s’infiltrer dans les défenses les plus resserrées avec ses crochets meurtriers. Je conseille, pour ceux qui ne le sauraient pas, d’aller voir sur YouTube la sarabande d’essais de B. Marshall offerte par ce site…ce qui les mettra d’excellente humeur pour la journée.

Autre merveilleux joueur néo-zélandais, que les Français amateurs de rugby (XIII et XV) connaissent beaucoup mieux parce qu’il a évolué deux saisons au RC Toulon, Sonny Bill Williams. Lui aussi est un surdoué de la balle ovale. Lui aussi possède tous les dons d’un très grand joueur. Lui aussi n’a pas son pareil pour enflammer les foules en le voyant évoluer. La preuve, il est et fut à la fois un des tous meilleurs à XIII, puis à XV, puis de nouveau à XIII, avant, qui sait, qu’on le revoie de nouveau à XV, par exemple en vue et lors de la Coupe du Monde 2015.  Il n’est pas resté très longtemps à Toulon, mais son nom fait immédiatement surgir des éclairs lumineux chez les supporters du RCT…et les autres, comme seuls peuvent le faire les très grands. Il comptera moins de sélections (même en additionnant celles à XV et à XIII)  en fin de carrière que Morgan Parra aujourd’hui, mais tout le monde du rugby se souviendra de S.B. Williams pendant des années, alors que Parra sera oublié sitôt sa carrière finie,  au même titre qu’il se souvient d’un Puig-Aubert, d’un Gilbert Benausse ou d’un Philippe Sella, dix, vingt, cinquante ou soixante ans après avoir abandonné le rugby. Ce sera aussi le cas de Marshall s’il franchit le Rubicon en passant au rugby à XV, puisqu’il n’y a plus de frontière entre les deux sports cousins.

En tout cas, nous aurons  le plaisir de retrouver SB. Williams en Avignon le jour de la Toussaint, puisque le XIII de France y affrontera la Nouvelle-Zélande en matches de poule de la Coupe du Monde.  Au passage j’en profite pour saluer le club mythique du S.O. Avignon XIII, qui a remporté la Coupe de France à cinq reprises ((1955, 1956, 1982, 1989 et 2013), un club qui a pour emblème « le bison », surnom donné à un des plus grands ailiers de notre rugby (XV et XIII confondus), André Savonne, et dans lequel ont joué dans les années 50, à l’époque où le XIII de France était à son sommet (champion du monde officieux en 1951 et finaliste de la Coupe du Monde 1954), outre Savonne, le surdoué ¾ centre Jacky Merquey et le troisième ligne Rouqueirol.  Fermons la parenthèse pour revenir à S.B. Williams, en notant que nous allons le retrouver au sommet de son art, puisqu’il vient de remporter avec les Sydney Roosters le titre suprême en compétition de clubs, champion d’Australie. Pour ceux qui connaissent peu le rugby à XIII, j’assimile ce titre à celui de champion NBA en basket, même si les sommes en jeu sont beaucoup moins considérables. Il n’empêche, les Sydney Roosters ont battu (26-18) les Manly Sea Eagles devant plus de 81.000 spectateurs, à l’issue d’une partie enthousiasmante ou les Sydney Roosters ont marqué trois essais dans les vingt cinq dernières minutes, pour finalement l’emporter alors que tout le monde pensait que jamais ils ne remonteraient les dix points d’écart au score avant cette période de folie. Et l’homme du match fut S.B. Williams, non seulement parce que ce fut lui qui créa le déclic en délivrant une merveille de passe qui allait aboutir à un essai, mais aussi parce qu’il coûta un essai sur une grosse erreur en défense. Il n’empêche, ce joueur est un monstre, et s’il lui arrive d’avoir quelques absences comme tous les surdoués,  il est cet homme que toute équipe voudrait avoir dans ses rangs, au même titre que Benji Marshall, car avec eux un match n’est jamais fini.

Il a aussi comme défaut d’être tellement doué qu’il ne sait jamais quel sport il va choisir, comme en témoignent ses titres de champion du monde en 2011 avec les All Blacks à XV, sa victoire dans le Super XV en 2012,  champion d’Australie à XIII cette année…et champion de boxe poids lourds en Nouvelle-Zélande. Bref, un sportif qui a tous les dons avec ses mains, et qui n’a pas fini de faire parler de lui, puisqu’il n’a que 28 ans. On avait évoqué un retour en France possible au RC Toulon, mais il semble que cela soit illusoire à court terme, car la prochaine Coupe du Monde à XV a lieu dans deux ans, et SBW voudra être de la partie. Cela agacera encore un peu plus ses détracteurs, qui lui reprochent sa continuelle valse hésitation entre le XIII où il a grandi et le XV qui l’a fait connaître en Europe. Cela étant, bien que les meilleurs treizistes soient très bien rémunérés, des vedettes du calibre de B. Marshall ou SB Williams ne gagnent pas plus que des internationaux français à XV, de bon niveau. Or justement,  B. Marshall et SB Williams peuvent devenir plus riches encore s’ils signent dans quelques grands clubs du Top 14, prêts à se payer des joueurs au potentiel hors du commun. En attendant, j’invite tous mes lecteurs qui disposent de la chaîne beINSport à regarder cette Coupe du Monde, en espérant que la France se qualifie au moins pour les demi-finales, ce qui serait déjà une magnifique performance, l’Australie, l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande étant au-dessus du lot. Au fait, qui succèdera à la Nouvelle-Zélande qui, contre toute attente, l’emporta en 2008 ? Parions quand même pour un dixième titre de l’Australie.

Michel Escatafal

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