Le Tour d’Italie vu à travers l’alphabet

maillot roseCe samedi 9 mai 2015, va commencer la deuxième plus grande épreuve du calendrier cycliste international, le Tour d’Italie ou si l’on préfère le Giro. Un parcours long de 3486 kilomètres, un peu moins dur que certaines éditions, mais plus difficile que quelques autres, notamment à l’époque de Moser-Saronni, où les organisateurs escamotaient ce qui a fait la grande caractéristique de l’épreuve, la montagne. Cette année il y en aura encore pas mal, et, même si le parcours ne sera pas aussi difficile qu’en 2011 ou que dans certaines éditions des années 40 ou 50, il sera quand même exigeant avec 7 arrivées en altitude, l’ascension de cols mythiques comme le Mortirolo ou la Finestre, plus un contre-la-montre individuel de presque 60 kilomètres. Bref de quoi faire pour les coureurs, et de quoi aussi assurer un minimum de suspens pour la victoire finale, laquelle ne devrait pas échapper à Contador, sauf accident ou grosse défaillance. Néanmoins il devra faire attention à des coureurs comme Porte, devenu très bon en montagne et surtout très bien épaulé par son équipe Sky, ou comme Rigoberto Uran, sans oublier celui qui sera le favori des tifosi, Aru, révélation de l’an passé avec une troisième place au Giro et une cinquième à la Vuelta.

Voilà pour la présentation sommaire de cette course au maillot rose 2015, un maillot rose qui fait immédiatement penser aux Girardengo (2 fois vainqueur en 1919 et 1923), Binda (5 victoires dans les années 20 et 30), Bartali (3 fois vainqueur dans les années 30 et 40), Coppi (5 victoires entre 1940 et 1953), Magni ( 3 victoires entre 1948 et 1955), Koblet (premier étranger vainqueur en 1950), Gaul (2 victoires en 1956 et 1959), Anquetil (2 victoires en 1960 et 1964), Merckx ( 5 victoires entre 1968 et 1974), Hinault ( 3 fois vainqueur en 1980, 1982 et 1985), Fignon (premier en 1989), Indurain (vainqueur en 1992 et 1993) ou plus près de nous Contador qui l’emporta en 2008 et 2011. Encore une fois, je vais répéter que c’est Contador qui s’est imposé en 2011, même si le palmarès officiel (pour l’instant !) indique Scarponi.

Comme j’ai déjà beaucoup écrit sur le Giro, je vais me livrer à un petit jeu que l’on retrouve dans les journaux spécialisés avec pour chaque lettre de l’alphabet un coureur qui a marqué l’histoire du Giro et quelques autres que j’aurais pu inscrire sur le même plan. Je ne sais pas si toutes les lettres seront utilisées, mais je vais quand même essayer, en commençant par A comme Adorni, vainqueur en 1965. Vittorio Adorni fut un des champions italiens dans les années 60, remportant, outre le Giro, le Tour de Romandie (1965), le Tour de Belgique (1966), le championnat d’Italie en 1969, et le championnat du monde sur route en 1968. Un joli palmarès pour un coureur dont peu de monde se souvient en dehors de l’Italie, mais qui était un de ceux que craignait le plus Jacques Anquetil. A aussi comme Alavoine, qui fut le premier français à s’illustrer dans l’épreuve italienne, en terminant troisième en 1920.  A aussi comme Anquetil, mais l’extraordinaire rouleur normand a tellement fait parler de lui qu’il n’est pas la peine d’insister. A comme Armstrong qui ne courut le Giro qu’une fois (en 1969), et ne le gagna jamais.

B comme Bobet, qui n’a jamais gagné le Giro, mais qui aurait dû le gagner en 1957. Tous les ingrédients étaient réunis pour qu’il l’emporte, malgré un début de saison quelque peu laborieux. A la tête d’une forte équipe avec Geminiani, son fidèle Barbotin, Antonin Rolland et son frère Jean, on imaginait mal que le triple vainqueur du Tour soit battu. Il le fut pourtant, à la fois à cause de sa témérité, attaquant dès la première étape, prenant le maillot rose dès le début de la course, même si son but était de distancer Charly Gaul, vainqueur l’année précédente, avant la montagne. Cela pouvait très bien s’expliquer, mais un évènement aller déclencher la colère du grimpeur luxembourgeois qui avait le maillot rose sur les épaules. Bobet voulant à tout prix faire la peau de Gaul lança une bordure avec ses coéquipiers. Résultat, Gaul perdit 10 minutes, mais se promit de se venger. Il le fit un peu plus tard en soutenant à fond Nencini, suite à une crevaison de ce dernier immédiatement exploité par Bobet et Baldini. Mais comme Baldini était italien, il refusa de relayer Bobet, lequel finit par être rejoint par Nencini et Gaul juste avant l’arrivée. Sans les relais de Gaul, Nencini ne serait jamais rentré et aurait perdu 10 minutes, si l’on en croit Geminiani. Finalement Bobet perdra ce Giro pour…19 secondes. J’aurais pu aussi écrire B, comme Binda, comme Baldini, maillot rose en 1958, Balmanion, deux fois vainqueur en 1962 et 1963, Battaglin, vainqueur en 1981, un des rares coureurs à avoir fait le doublé Giro-Vuelta, Bitossi, l’homme au cœur fou, plusieurs fois meilleur grimpeur du Giro. Bien sûr, j’aurais aussi pu écrire B comme Bartali, dont j’ai très souvent évoqué le nom sur ce site.

C comme Coppi, comme Contador, ce qui est trop facile, mais plutôt C comme Clerici, cet inconnu suisse qui ne gagna pratiquement que le Giro en 1954, grâce à la bienveillance de son ami Koblet, qui, en grand seigneur qu’il était, se mit entièrement à la disposition de son compatriote, et termina à la deuxième place. C quand même comme Cippolini et ses quarante-deux victoires d’étapes.

D comme Di Luca, qui remporta le Giro en 2007, battant le jeune Andy Schleck, dont le jeune âge (22 ans à l’époque) laissait prévoir une grande carrière, qu’il ne fit pas malgré sa grande classe, se contentant d’une victoire dans Liège-Bastogne-Liège. C’est un petit palmarès pour un coureur de cette classe,alors que celui de Di Luca est beaucoup plus fourni, mais trop de zones d’ombre planent sur ses victoires au Giro et dans plusieurs grandes classiques pour qu’on insiste sur ces performances.

E comme Enrici, vainqueur du Giro en 1924, après avoir pris la troisième place en 1922. Ensuite il termina cinquième en 1926.

F comme Fuente, le remarquable grimpeur espagnol, vainqueur de deux Tours d’Espagne en 1972 et 1974. Il gagnera en tout neuf étapes dans le Giro, dont cinq lors du Giro 1974, qu’il terminera à la cinquième place à 3mn22s de Merckx, qui remportait son cinquième Tour d’Italie, après avoir subi une défaillance dans une étape de plaine qui lui coûta une perte de temps de six minutes sur le super champion belge. Il termina aussi second en 1972, laissant le maillot rose à Merckx. F aussi comme Fornara, remarquable rouleur italien qui termina sur le podium, comme nous dirions de nos jours, en 1953, ce qui signifie qu’il fut le meilleur derrière les deux supers cracks qu’étaient Coppi et Koblet. La preuve, si Coppi l’emporta avec 1mn29s sur Koblet, Fornara termina troisième à 6mn55s de Coppi, Bartali prenant la quatrième place à plus de 14mn du campionissimo. F comme Fignon évidemment, second en 1984, mais vainqueur en 1989.

G comme Girardengo, considéré comme le premier campionissimo de l’histoire du cyclisme italien. Il gagna deux Tours d’Italie en 1919 et 1923, remportant dans cette même épreuve 30 victoires d’étapes. Il fut neuf fois champion d’Italie, et s’imposa six fois dans Milan-San Remo entre 1919 et 1928, sans oublier ses trois victoires dans le Tour de Lombardie (1919, 1921 et 1922). A noter que, comme Coppi, il était né à Novi Ligure (1893). Il fut à son époque une véritable idole en Italie, et son palmarès serait beaucoup plus fourni sans la guerre de 1914-1918. J’aurais aussi pu citer Luiggi Ganna, premier vainqueur du Giro (1909), Charly Gaul et son fabuleux exploit dans l’étape du Monte Bondone en 1956, où il écrabouilla tous ses adversaires dans la pluie, la neige et le froid, bénéficiant aussi de l’astuce de l’ancien champion Learco Guerra (vainqueur du Giro 1934) qui lui fit prendre un bain chaud dans une auberge au pied du col. G encore comme Gimondi (triple vainqueur) qui, sans Merckx, aurait un palmarès extraordinaire. Cela dit, on n’oubliera pas qu’il récupéra injustement une victoire dans ce Giro en 1969, Merckx étant déclassé pour dopage…sans que personne n’ait pu démontrer sa culpabilité. Curieux que ce genre de choses arrive très souvent aux plus grands !

H comme Hampsten qui s’imposa en 1988, et devint le premier Américain à s’imposer dans le Giro. Sa victoire restera à jamais dans toutes les mémoires en raison des conditions dantesques qui régnèrent sur l’étape Valmalenco-Bormio avec un passage au sommet du fameux Gavia, col mythique s’il en est avec ses 17 kilomètres de montée à presque 8% de moyenne. Si Hampsten s’imposa dans ce Tour d’Italie, c’est parce qu’il sut mieux que les autres se protéger du froid intense (-5 °) qui régnait sur la région. Mais aussi grâce à une paire de lunettes de skieur pour y voir plus clair, ce qui lui permit de suivre le Néerlandais Erik Breukink, qui remporta l’étape, mais qui avait trop de retard au classement général pour s’emparer du maillot rose, lequel échut à l’Américain, au grand dam des Italiens qui voyaient déjà Chioccioli en vainqueur. J’aurais évidemment pu écrire H comme Hinault, mais ceux qui me lisent savent que j’ai souvent parlé du « Blaireau » sur ce site, lui qui figure juste derrière Merckx au classement des plus beaux palmarès. H aussi comme Hesjedal, premier Canadien vainqueur d’un grand tour, qui s’imposa dans le Giro 2012.

I comme Indurain, deux fois triomphateur de la grande épreuve italienne en 1992 et 1993, faisant aussi le doublé Giro-Tour au cours de ces deux années. Indurain figure parmi les plus grands champions de l’histoire du cyclisme, à la fois grand rouleur et grimpeur puissant, le meilleur de sa génération au début des années 90. C’est pour cela qu’on peut dire qu’il a gagné ses deux Tours d’Italie comme ses cinq Tours de France à la manière de Jacques Anquetil autrefois.

J comme Jalabert, qui aurait pu gagner le Giro 1999 si …Pantani avait été banni de la course pour un taux hématocrite trop élevé un jour plus tôt. Si j’écris cela, ce qu’on ne trouve nulle part ailleurs, c’est parce que Jalabert était le plus fort cette année-là, derrière le surpuissant Pantani, qu’il essaya en vain de suivre lors de l’étape qui arrivait à Madonna di Campiglio. Il y réussit pendant la plus grande partie de l’étape, mais il paya les efforts faits pour suivre « le Pirate » vers la fin de l’étape. Il avait remporté trois étapes, plus le classement par points et avait été maillot rose pendant six jours. Le vainqueur final sera le pâle Ivan Gotti (déjà vainqueur en 1997), de quoi donner des regrets à notre « Jaja » national.

K comme Koblet, premier étranger, comme je l’ai déjà écrit à remporter le Giro (1950). J’ai beaucoup écrit sur le Suisse, sans doute le seul coureur de son époque, dans ses meilleurs jours, capable de suivre le grand Coppi dans un grand tour. Qu’on se rappelle le Giro 1953, sans doute un des plus beaux duels que le cyclisme nous ait offert. Dommage que sa carrière ait été aussi courte, mais le bel Hugo, si bien gâté par la nature, ne savait pas résister aux tentations de la vie facile, difficilement compatible avec les exigences de la haute compétition. K comme Kubler, autre star suisse de l’époque, qui ne peut s’enorgueillir que d’une troisième place en 1951 et 1952.

L comme Le Mond, qui termina troisième du Giro en 1985, derrière Hinault et Moser, ce que nombre d’amateurs de vélo ont oublié. Cette place sur le podium préfigurait sa victoire dans le Tour de France 1986. Le Mond, dans le sillage de Bernanrd Hinault montait en puissance, comme on dit, mais dans ce Giro Hinault était encore le plus fort.

M comme Massignan, merveille de petit grimpeur italien, comme il le prouvera aussi dans le Tour de France en étant le lauréat du grand prix de la Montagne en 1960 et 1961. Il finira à la troisième place du Giro 1962, après avoir été quatrième en 1960 à l’âge de 23 ans. Hélas pour lui, il ne confirmera jamais les espoirs placés en lui, et son palmarès sera finalement très maigre. Evidemment j’aurais aussi pu écrire M comme Merckx, comme Motta, vainqueur du Giro 1966 (en montant « les cols en roue libre..quand Anquetil devait pédaler » aux dires de Geminiani), grand rival à l’époque de Gimondi, même si son palmarès ne le confirme pas malgré une victoire dans le Tour de Lombardie en 1964, le Tour de Suisse en 1967 et le Tour de Romandie 1971. M comme Mottet aussi, qui termina deuxième en 1990 derrière Gianni Bugno. M comme Moser évidemment, qui s’imposa dans la controverse face à Laurent Fignon en 1984, ce dernier s’estimant volé entre les changements de parcours et les poussettes non sanctionnées. Cela étant Moser figure parmi les grands du cyclisme pour l’éternité. M comme Magni aussi, surnommé « le lion des Flandres » pour ses trois victoires au Tour des Flandres entre 1949 et 1951, et vainqueur de trois Tours d’Italie en 1948, 1951 et 1955. (J’ai consacré deux articles sur lui sur ce site en 2012).

N comme Nencini, dont j’ai déjà parlé avec Louison Bobet, mais plutôt N comme Nibali, qui remporta son unique Giro à ce jour en 2013, dans une épreuve marquée par le mauvais temps. Nibali est aussi un coureur qui figure parmi les rares vainqueurs des trois grands tours avec Anquetil, Gimondi, Merckx, Hinault et Contador, même si son palmarès est encore très loin de celui de ses prédécesseurs.

O comme Oriani, vainqueur en 1913. C’était un excellent coureur avant la première guerre mondiale, puisqu’il inscrivit aussi à son palmarès  le Tour de Lombardie en 1912. Mais je préfère O comme Olmo, grand poursuiteur dans les années 30 et 40, recordman de l’heure en 1935 (45.090 km), champion d’Italie sur route en 1936, vainqueur de Milan-San Remo en 1938. Après sa carrière cycliste il créa une usine de bicyclettes à Celle-Ligure, devenu une des références dans le monde des cyclistes, notamment avec la gamme « Biciclissima ». O comme Ortelli qui finit à la troisième place en 1946, après avoir remporté une étape et porté le maillot rose six jours durant. Il est connu aussi pour avoir été un redoutable rival pour le grand Fausto Coppi en poursuite, puisqu’il l’a battu à deux reprises en 1945 et 1946.

P comme Petterson, Gosta de son prénom, vainqueur du Giro 1971, après avoir gagné le Tour de Romandie en 1970. Avec ses trois frères, il fut à trois reprises champion du monde amateurs du contre-la-montre par équipes pour le compte de l’équipe de Suède. Nul doute que s’il était passé professionnel plus tôt, son palmarès serait beaucoup plus étoffé.  P aussi comme un autre Suédois, Prim, qui eut la malchance en 1982 d’avoir à affronter Bernard Hinault, terminant second cette année-là comme la précédente. Evidemment j’aurais pu écrire P comme Pantani, qui réalisa le doublé Giro-Tour en 1998, et dont le nom résonne toujours aussi fort dans le cœur des tifosi, sans doute un des plus grands grimpeurs de l’histoire du vélo. P comme Panizza, qui courut dix-huit fois le Giro, ne l’abandonnant que deux fois, qui donna du fil à retordre à Hinault en 1980, le champion breton ne prenant le maillot que l’avant-veille de l’arrivée. P comme Pambianco, qui l’emporta en 1961 devant Jacques Anquetil, P comme Petacchi et ses vingt-deux victoires d’étapes.

Q comme Quintana. Le symbole du renouveau du cyclisme colombien a remporté l’an passé le Giro, première victoire pour lui dans un grand tour à l’âge de 24 ans, devant un autre colombien Rigoberto Uran. Quintana est pour beaucoup le futur grand crack du vélo sur route, parce qu’il est déjà au niveau de Contador ou Froome, beaucoup plus âgés que lui. Ce sera un des grands favoris du Tour de France, après avoir remporté cette année Tirreno-Adriatico.

R comme Rodriguez, deuxième du Giro 2012, qui court toujours après un succès dans un des trois grands tours nationaux. Comment a-t-il pu s’y prendre pour perdre le Giro 2012 ? J’aurais aussi pu écrire R comme Rominger, le meilleur coureur de sa génération derrière Indurain, vainqueur du Giro 1995 et de trois Vueltas. Mais surtout R comme Roche, le remarquable coureur irlandais, qui réussit la même année un exploit que seul Merckx réussit à accomplir, à savoir remporter le Giro, le Tour de France et le championnat du monde sur route. Dans le Giro 1987, il dut affronter dans sa propre équipe Carrera, l’Italien Visentini, chouchou des tifosi, fils d’un riche industriel, vainqueur du Giro 1986 devant Saronni et Moser. En fait, malgré un succès juste avant le Giro dans le Tour de Romandie, Roche devait aider Visentini à gagner son second Giro. C’était du moins l’intention de ses employeurs…qu’il contraria jusqu’au bout au point de s’imposer, malgré les demandes réitérées de respecter les consignes d’équipe.

S comme Saronni, vainqueur du Giro en 1979 et 1983. Grand rival de Moser à cette époque, il bénéficia de l’aide des organisateurs qui avaient tendance à faire des parcours sur mesure pour les deux champions italiens. Et comme ils n’avaient rien de grimpeurs ailés, on se retrouva avec des parcours que nombre d’observateurs jugeaient indignes du Giro, la montagne faisant partie intégrante de sa légende. S aussi comme Simoni et Savoldelli qui s’imposèrent tous deux à deux reprises entre 2001 et 2005.

T comme Tonkov, deuxième coureur russe, après Berzin (1994), à remporter le Giro. Il s’imposa en battant l’Italien Zaina et Abraham Olano, lequel portait le maillot de champion du monde sur les épaules. Tonkov, qui fit la totalité de sa carrière en Italie, se classera neuf fois dans les dix premiers entre 1992 et 2002. Il aimait manifestement le Giro, plus que le Tour de France qu’il ne termina jamais les trois fois qu’il le courut. T comme Taccone aussi, petit grimpeur italien de grand talent, surnommé « le grimpeur des Abbruzes », qui remporta le grand prix de la Montagne en 1963. T aussi comme Vincenzo Torriani, inamovible directeur du Giro entre 1948 et 1993, au chauvinisme exacerbé aux yeux de certains, comme on a pu le constater à travers l’absence de sanctions pour les coureurs bénéficiant de poussettes, ou, comme je l’ai indiqué, pour faire des parcours sur mesure au profit des coureurs italiens.

U comme Ugrumov, coureur anciennement soviétique originaire de la Lettonie dont il porta les couleurs à partir de 1991. Il termina à la seconde place du Giro 1993 derrière l’intouchable Indurain, et finit troisième en 1995 derrière Rominger et Berzin.

V comme Valetti, vainqueur en 1938 et 1939, en devançant cette année-là Gino Bartali. V comme Van den Bossche, un des meilleurs lieutenants d’Eddy Merckx, qui accompagna tellement bien son leader dans les cols italiens en 1970, qu’il s’offrit le prix du meilleur grimpeur, et termina à la troisième place derrière Gimondi et Merckx. V aussi comme Van Steenbergen, un des meilleurs routiers-sprinters de l’histoire, triple champion du monde sur route, remarquable pistard, qui termina à la deuxième place du Giro 1951, derrière Magni (à 1mn46s) et devant Kubler. Un coureur beaucoup plus complet que ce que l’on peut imaginer.

W comme Weylandt, qui hélas mourra des suites d’une chute terrible, dans une descente à 25 km de l’arrivée, lors de la troisième étape de l’édition 2011. Un drame du vélo qui rappelle à ceux qui ne parlent de ce sport qu’à travers les affaires de dopage, que le cyclisme de haute compétition est à la fois très dur et très dangereux, et que, rien que pour cela, il mérite infiniment plus de respect que ne lui en accordent généralement les pourfendeurs du vélo n’ayant jamais pu monter la côte de l’église de leur village.

Y comme Yates. Cet ancien bon coureur britannique, qui a longtemps été directeur sportif de l’équipe Sky (Wiggins, Froome), a participé à trois Tours d’Italie (1987, 1989 et 1992), mais ne termina que l’édition 1992 à une modeste 87ème place. Cela dit, il est quand même resté un personnage important du vélo puisqu’il est aujourd’hui dans l’encadrement de l’équipe Tinfoff-Saxo d’Alberto Contador,  Ivan Basso (double vainqueur en 2006 et 2010), Roman Kreuziger et Michael Rodgers, qui accompagneront leur leader sur le Giro qui commence aujourd’hui.

 Z comme  Zilioli, qui termina à trois reprises second du Giro, dont une fois (1964) derrière Jacques Anquetil à seulement 1mn22s du Normand, la différence se faisant sur les 50 km de l’étape c.l.m. entre Parme et Busseto. Il sera deuxième aussi en 1965 et 1966, mais aussi troisième en 1969. C’était aussi un excellent coureur dans les courses d’un jour, ayant remporté entre 1963 et 1973, la quasi-totalité des semis-classiques italiennes.

Voilà un petit résumé de l’histoire du Giro à travers les noms de coureurs plus ou moins inconnus de nos jours, de champions qui ont brillé sur l’épreuve phare italienne, de grands champions qui l’ont emporté une ou plusieurs fois, et de superchampions qui se sont adjugé la victoire dans plusieurs grands tours pour ne pas dire les trois.

Michel Escatafal

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