Une raclée ? Oui, mais c’est ce qui pouvait nous arriver de mieux

bleusComme l’a écrit Eurosport : «  Du mental, de la ressource et du talent, ces Bleus-là sont exceptionnels ». Ah, j’oubliais de préciser qu’on parlait des volleyeurs, champions d’Europe après avoir remporté la Ligue Mondiale il y a quelques mois, ce qu’on aurait aussi pu dire des handballeurs et même à un degré moindre des basketteurs. Et curieusement on parle beaucoup moins d’eux, que de nos rugbymen…qui ne sont même plus bleus, mais rouges de honte. Et pourtant, notamment pour les handballeurs et plus encore pour les basketteurs, ce sont des stars planétaires, ce que ne sont pas les joueurs de rugby français. Désolé, mais on connaît plus dans le monde Parker ou Diaw, ou encore Karabatic que Dusotoir ou l’inévitable Morgan Parra qui, tel que c’est parti, finira sa carrière avec 150 sélections. Les sélectionneurs passent, notre rugby est en train de trépasser, mais Parra survit à tout. Et comme il a à peine 27 ans, il faudra sans doute attendre 2023 pour le voir prendre sa retraite.

Pourquoi encore une fois évoquer le cas de Parra, me direz-vous ? Parce que c’est le symbole de notre rugby à l’échelle mondiale, à savoir un bon demi de mêlée, un très bon buteur, et c’est tout. Mais alors pourquoi Lièvrement et Saint-André ont toujours pensé à lui depuis 8 ans ? Parce qu’il représente l’archétype du joueur français, tel que le veulent les sélectionneurs. Il ne risque pas de sortir du lot par ses capacités physiques ou techniques, mais il est considéré comme très important pour ses avants qui voient en lui un petit chef à la fois filou et autoritaire. Une sorte de Fouroux, le charisme en moins. Problème, tout cela est très insuffisant pour le rugby d’aujourd’hui au plus haut niveau, où dominent la technique, mais aussi la puissance et la vitesse, deux atouts que Parra n’a pas et n’aura jamais. Et pourtant on le sélectionne qu’il soit bon ou mauvais, ce qui fait de lui un handicap pour tout autre demi de mêlée, fut-il meilleur que lui, parce que cet autre numéro 9 sait qu’à la moindre pénalité manquée ou à la moindre erreur il perdra sa place…au profit de Parra. Il suffit d’ailleurs de constater ce qui s’est passé après le match contre l’Irlande pour s’apercevoir que Parra est sans doute le joueur le plus incontournable aux yeux des sélectionneurs, mais aussi, plus curieusement, des journalistes. Contre l’Irlande, il y a dix jours, Tillous-Bordes (demi de mêlée de Toulon) a réalisé une partie indigne du haut niveau international, même avec l’excuse de jouer derrière un pack balloté.  Il a donc été remplacé bien avant l’heure de jeu par Parra, lequel a été encore plus mauvais, ratant quasiment tout ce qu’il entreprenait. On aurait dit un enfant perdu dans un jeu d’hommes.

Résultat, pour affronter les All Blacks surpuissants, au lieu de faire jouer Kockott, on sélectionne de nouveau Parra pour soi-disant améliorer le niveau de l’équipe et pour ses qualités de buteur, ce qui témoigne d’ailleurs de l’état d’esprit du sélectionneur. Il fallait défendre et mettre les pénalités qu’on ne manquerait pas d’avoir si les All Blacks étaient contrés. Cela a marché au début du match…sauf que Parra a manqué une pénalité facile d’entrée. Or si Parra n’est pas fiable comme buteur, il ne sert à rien. La preuve, même Rugbyrama, qui pourtant ne figure pas parmi ses détracteurs, l’a trouvé d’une incroyable lenteur, au point de reconnaître que Kockott en dix minutes a montré plus de choses que Parra en soixante-dix. Le site de rugby aurait même pu ajouter que Kockott est rentré au moment où le XV de France prenait l’eau de toutes parts, à commencer par notre paquet d’avants complètement à la rue.

Désolé de parler une fois encore de Parra…pour le critiquer, mais hélas, et je le regrette profondément, il n’a pas le niveau d’un grand demi de mêlée, alors que notre pays en a eu tellement avec ses Dufau, Danos, Lacroix, Astre, Barrau, Gallion, Berbizier, Galthier ou Elissalde. Problème, si on sélectionne Parra plus qu’on n’a jamais sélectionné les grands demi de mêlée du passé, c’est parce qu’on a oublié que notre pays est celui qui a toujours été capable jusqu’en 2007 de battre n’importe qui, parce qu’il avait dans ses rangs des joueurs hors-normes. Et nous n’en avons plus, du moins parmi les joueurs qui sont régulièrement appelés en Equipe de France. Cela signifie-t-il que le réservoir est tari ? Je ne crois pas, mais les joueurs opérant en Equipe de France semblent se comporter comme des robots, ne prenant aucun risque, se contentant de défendre et de pousser fort en mêlée pour les avants. Et cela, au moment où toutes les grandes équipes, jouent un rugby très ouvert, envoient du jeu comme on dit, dans le but de marquer plus d’essais que les autres, les buteurs servant surtout à transformer les essais, comme au rugby à XIII. Voilà le drame du XV de France, et voilà comment il a pris plus de 60 points contre les All Blacks, après avoir été battu 24-9 par les Irlandais, ce qui n’était pas cher payé, tellement le XV de France avait paru impuissant.

On comprend pourquoi, après quatre ans d’errements, le bilan de Philippe Saint-André est extrêmement négatif, avec 20 victoires, 2 nuls et 23 défaites, dont quelques grosses raclées, sans parler du classement de la France sur les quatre derniers Tournois des six Nations (4e, 6e, 4e et 4e). Cela d’ailleurs ne l’empêchait pas de proclamer haut et fort qu’on visait le titre mondial, surtout après trois mois de préparation qui devaient suffire à gommer les imperfections de son équipe. Problème, même en gravissant les cols les plus escarpés, même en soulevant des tonnes et des tonnes de fonte, cela ne compensera pas le manque de classe de nombreux joueurs de ce XV de France. Et puis, les Français ne sont pas les seuls à préparer le grand rendez-vous quadriennal de la Coupe du Monde! La preuve, mis à part l’Angleterre, qui figurait dans la poule de la mort avec l’Australie et le Pays de Galles, les autres nations britanniques ont fait beaucoup mieux que le XV de France face à leurs rivaux du Sud. Rappelons-nous quand même que les Ecossais, que les supporters franchouillards considèrent comme largement inférieurs aux Français, n’ont été battus que d’un point par l’Australie, sur une décision plus que douteuse de l’arbitre, Mr Joubert. Mais si les Ecossais ont été si près de réaliser l’exploit, tout comme les Gallois face aux Sud-Africains, c’est parce qu’ils n’ont pas peur de prendre des risques, et parce que dans leur équipe il y a plusieurs joueurs capables de « jouer du piano » comme disait Pierre Danos, merveilleux demi de mêlée lors de la tournée victorieuse en Afrique du Sud en 1958, alors que chez nous il y a surtout des déménageurs ou alors des non-déménageurs qui ne savent pas jouer du piano.

Cependant pour de nombreux supporters le bouc-émissaire est tout trouvé : c’est le Top 14 et ses cadences infernales. Cela étant, est-ce la faute du Top 14 si un nombre infime de ballons d’attaque arrivent jusqu’à l’aile quand le XV de France rencontre une grande équipe. Non, si nous en sommes là, c’est parce qu’on se cantonne dans un jeu restrictif ou parce qu’on fait tomber ces ballons suite à de mauvaises passes. Est-ce la faute du Top 14 si Picamoles, pourtant un des rares à surnager samedi dernier, est l’élément qui amorce l’énorme déroute française en tombant dans le panneau de la provocation, comme un jeune de 15 ans, avec son petit coup de poing sur Mac Caw, qui empêche les Français de se rapprocher des Blacks, compte tenu de la facile pénalité à convertir, l’arbitre retournant la pénalité et infligeant un carton jaune justifié au Toulousain. Cela n’aurait rien changé sans doute, mais le constat est là. De plus des joueurs comme Gorgoze, Mafi, Sanchez et plus encore Habana, Giteau ou Mitchell, qui opèrent dans nos équipes du Top 14, ont été ou sont très bons avec leurs équipes respectives…bien meilleurs que nos « stars françaises », formées en France. Au passage, cela m’amène à dire qu’il est difficile de ne pas comprendre les présidents de clubs qui préfèrent acheter un joueur sud-africain, australien, néo-zélandais, argentin, fidjien ou samoan, presque toujours beaucoup moins cher que les joueurs français internationaux ou formés en France. Et j’ajouterai qu’on est bien content de regarder les matches en tribunes ou à la télévision avec les joueurs dont j’ai parlé, avec aussi il y a peu Wilkinson, Kelleher ou Sonny Bill Williams qui ont joué en France, et bientôt des Carter, Nonu, Vermeulen et sans doute Quade Cooper et James O’Connor, pour ne citer qu’eux. Certes certains d’entre eux ont plus de 30 ans, mais allez dire aux joueurs de l’Equipe de France que Nonu et Carter, par exemple, sont bons pour la retraite !

Ah les étrangers ! Voilà les grands mots ! En France on ne les aime pas, quels qu’ils soient, et même s’ils nous aident à avoir une très grosse équipe, comme le PSG en foot ou en handball. Cela dit, on notera que les migrants étrangers préfèrent les autres pays au nôtre. La preuve : ils veulent aller au Nord de l’Europe, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, plutôt que rester chez nous s’ils transitent par notre pays. Comme on les comprend ! Fermons la parenthèse et revenons au rugby, pour admettre que notre formation n’est plus au niveau requis pour briller à l’échelon international. Je suis persuadé qu’un Fofana, un Dulin ou un Maestri, pour citer des joueurs sélectionnés samedi dernier seraient bien meilleurs s’ils avaient toujours joué en Australie, en Afrique du Sud ou en Nouvelle-Zélande, mais aussi dans les nations britanniques. Pourquoi ? Parce que dans notre pays, royaume de ce que les Britanniques appelaient autrefois le « french-flair », on privilégie la puissance à la technique. Rappelons-nous que nombreux furent ceux qui expliquaient il y a 60 ans, qu’une des grandes forces du FC Lourdes de l’époque était précisément de répéter pendant des heures à l’entraînement les gestes de base du rugby, la passe par exemple. Comment se fait-il que les All Blacks, qui attaquent tout le temps, ne font quasiment jamais tomber le ballon ? Parce qu’ils cherchent perpétuellement la perfection, comme les Lourdais dans les années 50 ou les Montois dans les années 60.

Evidemment évoquer ces deux époques fait peut-être ringard aux yeux de certains, sauf que les valeurs travail et technique sont indissociables. Et si j’écris cela, c’est parce que je suis tellement triste en lisant les commentaires affligeants de certains ridicules supporters cocoricos et chauvins, qui évoquent…le dopage, pour justifier la supériorité des Néo-Zélandais et le fameux 62-13. Voilà,  dans notre pays, quand on n’a plus d’arguments on finit par parler de dopage. Si Pinot ou Barguil ne battent pas dans le Tour, le Giro ou la Vuelta, Contador, Froome, Quintana, Aru ou Nibali, c’est parce que les autres, tous étrangers, se dopent. Ahurissant !!! Comme si les All Blacks n’avaient que leur puissance pour battre les Français ! En fait ces All Blacks ressemblent aux « bleus » d’antan, à base lourdaise, montoise ou toulousaine ces dernières années alors que nous…Un dernier mot enfin, pour parler des remarques presqu’aussi attristantes de certains consultants de radio ou télé qui jouaient la langue de bois après la déroute,  et n’osaient pas regarder la réalité en face. Cependant ceux-là avaient une bonne excuse, parce qu’ils sont toujours dans le milieu comme joueurs ou entraîneurs ou parce qu’ils espèrent l’être un jour sans doute. Néanmoins, et c’est peut-être le plus rassurant, tout le monde reconnaissait qu’il y a un immense chantier à exécuter pour redonner des couleurs au XV de France, avant de lui rendre son lustre d’autrefois. Ce sera sans doute le travail de Novès, en espérant qu’il saura profiter de ses multiples titres pour former une nouvelle équipe avec des jeunes, quitte à ne pas obtenir le succès tout de suite, et à faire patienter sa hiérarchie, laquelle a aussi une grande part de responsabilité dans ce Waterloo. De toute façon, en misant tout sur une trentaine de joueurs avec des jeunes talents de moins de 25 ou 26 ans, encadrés par quelques anciens pas trop éloignés de la classe internationale, et en faisant preuve de continuité, il ne pourra pas faire pire que Saint-André. Toutes les grandes équipes le sont devenues de cette manière, alors que Saint-André a utilisé en quatre ans plus de 80 joueurs, dont 34 pour le Tournoi 2014 ! N’en jetons plus, car tout est consommé !

Michel Escatafal


Et ça continue encore et encore…un match ?

XV de FranceVoilà, nous venons d’avoir la composition de l’équipe qui va devoir faire en sorte que nous sortions de la Coupe du Monde avec un minimum de dignité, ou, si l’on est optimiste, pour réussir les mêmes exploits que les équipes de 1999 et 2007, à savoir battre les Néo-Zélandais. Tout d’abord disons que l’on ne change pas grand-chose finalement par rapport à l’équipe qui a fait faillite contre l’Irlande, pour la bonne raison qu’il faut faire avec les joueurs que l’on a emmené en Angleterre. On ne pouvait guère changer 7 ou 8 joueurs comme on peut le faire dans le Tournoi des 6 Nations. Donc on va jouer sur la fierté, sur l’impossible exploit, étant entendu « qu’impossible n’est pas français », comme l’aurait dit Napoléon, lequel a pu s’apercevoir qu’on ne peut pas gagner, même si l’on est dirigé par un génie, lui-même aidé par de grands soldats, si tous les ingrédients pour la victoire ne sont pas rassemblés.

Or, justement celui qui dirige la manœuvre de cette équipe de France n’a rien d’un génial sélectionneur, pas plus que ses lieutenants. Et pourtant tous furent de grands soldats du XV de France à des époques différentes, à commencer par le sélectionneur qui, ne l’oublions pas, marqua un des essais du dernier siécle en 1991 (contre l’Angleterre à Twickenham), son acolyte, Lagisquet, participant activement à un autre des plus merveilleux essais construits par le XV de France dans sa longue histoire, en demi-finale de la Coupe du Monde 1987. Si je fais ce rappel historique, c’est d’abord pour montrer que, malheureusement, ces deux XV de France que j’ai évoqués à travers ces essais d’un autre monde, avaient dans leurs rangs des joueurs infiniment meilleurs que ceux dont dispose de nos jours le rugby français.

A cette époque, il n’y avait dans le XV de France pratiquement que des joueurs figurant parmi les meilleurs du monde, notamment dans les lignes arrières. Qu’on en juge : cinq figuraient déjà dans l’équipe vainqueur de l’Australie en demi-finale de la Coupe du Monde 1987, et ils s’appelaient Blanco, Sella, Mesnel, Didier Camberabero et Berbizier. Ensuite, les départs de Lagisquet et Charvet furent compensés par l’arrivée de Lafond et…Saint-André, qui récupéra lors de ce fameux Angleterre-France de 1991 un merveilleux coup de pied de recentrage de Didier Camberabero, ce qui ponctuait une relance de la ligne de but ou presque initiée par Blanco, lui-même aujourd’hui dans le staff de l’équipe de France. Tout cela pour dire que je n’aurai pas la cruauté de comparer les joueurs poste pour poste tellement il y a une différence de classe entre eux. Aucun joueur des lignes arrières de l’actuel XV de France n’aurait sa place dans les équipes dont je viens de parler, pas même le plus doué de tous en classe intrinsèque, Michalak, en raison de ses 33 ans. Je vais être méchant, mais qui oserait comparer Spedding à Blanco, ou pire Sella à Dumoulin ou encore plus pire si c’est possible, Parra à Berbizier. N’en jetons plus !

Et dire que c’est beaucoup sur les quatre joueurs que je viens de citer que Saint-André, ailier très supérieur en son temps à Nakaitaci ou Dulin, mise pour redonner des couleurs à l’attaque française. On comprend aisément que ceux qui connaissent un minimum le rugby, pour avoir eu un ballon dans les mains pendant quelques années, se demandent à quelle sauce notre équipe va être mangée. Je précise au passage que si je n’ai parlé que des lignes arrières, c’est parce que notre pack, s’il a récupéré de ses efforts contre l’Irlande, peut peut-être surprendre celui des All Blacks, en tout cas ne pas être outrageusement dominé. Et si c’était le cas, qui sait ce qui peut se passer, d’autant qu’un match de rugby reste un match à jouer et à gagner ?

Cela dit, reconnaissons que Saint-André aurait pu jouer son va-tout d’une autre manière en faisant rentrer des joueurs frais, mais cet homme ne veut jamais prendre le moindre risque. En écrivant cela je veux souligner le manque de logique du sélectionneur, qui n’a pas l’air de réaliser que les Néo-Zélandais sont quand même plus forts que les Irlandais. Dans ce cas, pour gagner ce match, il fallait peut-être introduire un peu de folie, et ne pas hésiter à lancer d’entrée Grosso à l’aile, Kockott à la mêlée ou Nyanga en troisième ligne. A ce propos on peut se demander pourquoi on a fait venir Grosso et ce même Kockott…pour ne pas les faire jouer. Et pourtant le match contre l’Irlande, premier match vraiment dur pour le XV de France dans cette Coupe du Monde, nous avait démontré que  Tillous-Bordes n’était pas un grand demi de mêlée, et que celui qui l’a remplacé, Parra, avait été fantomatique. Et ce n’est pas le remplacement de Bastareaud par Dumoulin qui va nous rassurer. En fait, le seul changement intéressant se situe devant, avec l’arrivée dans le XV de départ de Le Roux en troisième ligne. Au moins avec lui, comme cela aurait été le cas avec Kockott, on aura un joueur qui n’a peur de rien ni personne. La preuve, il veut « défoncer »Mac Caw. Certes ce n’est pas comme si c’était fait, mais au moins on a un guerrier dans cette équipe.

Néanmoins ces propos belliqueux, dans le bon sens du terme, ne nous empêchent pas d’être très inquiet sur le résultat, car il va falloir défendre pendant 80 minutes face à des All Blacks qui, soyons-en sûrs, vont attaquer ce match à fond, ce qui va exiger de nos joueurs une énorme dépense physique…qui pourrait nous coûter cher en fin de match, comme ce fut le cas contre les Irlandais. En outre, cette fois les Blacks ne commettront pas l’erreur de sous-estimer les Français, parce que ceux-ci ont la réputation de n’être jamais aussi dangereux que lorsqu’on ne les attend pas. Il n’empêche, même si l’on fait preuve d’un optimisme forcené, même si ceux qui croient au ciel vont faire brûler des cierges, on ne voit pas comment cette équipe pourrait battre les Néo-Zélandais.

Toutefois c’est ce que nous disions et écrivions il y a quatre ans, et la France perdit d’un point (8-7) une finale de Coupe du Monde qu’elle n’aurait jamais dû perdre…face à ces mêmes Néo-Zélandais, lesquels furent avantagés par des décisions arbitrales souvent très contestables. Ah cette fin de match haletante, avec un Trinh-Duc ébourrifant, qui avait remplacé Parra blessé par un coup de genou de Mac Caw! Au fait, il est où Trinh Duc ? A Montpellier, tandis que Parra est toujours là, même s’il a réussi l’exploit samedi dernier d’être encore plus nul que Tillous-Bordes quand il est rentré, peu après la mi-temps. On peut d’ailleurs se demander pourquoi Saint-André, qui a toujours privilégié la densité physique, n’a pas utilisé davantage Kockott ? J’arrête là, car certains vont trouver que je fais une fixation sur Parra. Ils ont tort si c’est le cas, parce que je souhaite de tout cœur la victoire du XV de France, et je maintiens que Kockott et même Machenaud sont meilleurs joueurs que Parra, et en plus eux aussi savent buter.

Michel Escatafal


Il fallait oser, et certains supporters lyonnais l’ont fait…

tifoIl fallait oser et certains supporters lyonnais l’ont fait : ils ont déployé un tifo à l’effigie et à la gloire de J.M. Aulas, pardon de Monsieur le Président Aulas. Si je voulais être méchant, je dirais que cela me fait immédiatement penser aux gourous des nombreuses sectes qui sévissent de par le monde, ou encore au culte de la personnalité dans certains pays dirigés par un dictateur. Cela dit, Monsieur le Président Aulas n’a évidemment rien à voir avec les gourous ou les pires dictateurs de la planète, puisque le président de l’Olympique Lyonnais se contente simplement de tourner la tête de quelques supporters des travées du stade de Gerland, très heureux pour certains d’entre eux d’avoir acheté des actions d’OL Groupe à 24 euros, et qui valent aujourd’hui 1.91 euros. J’espère pour ces pauvres gens qu’ils n’ont pas investi des sommes considérables (pour eux), parce que s’ils avaient besoin de réaliser leurs avoirs, ils auraient presque tout perdu!

Et pourtant je suis persuadé que ces malheureux supporters-actionnaires de l’Olympique Lyonnais n’en veulent nullement à leur président, qu’ils considèrent toujours comme le phare du football en France et ailleurs, à force de s’entendre rappeler à chaque occasion que leur club est extraordinaire, qu’il est riche, qu’il est puissant et que leur stade sera le plus beau, le plus illuminé etc. Il suffit pour s’en convaincre de lire leurs commentaires sur les forums pour s’apercevoir à quel point leur vision du réel est déformée. Ils en arrivent même à imaginer que leur club est un des plus importants en Europe et dans le monde, et qu’avec le nouveau stade en construction l’Olympique Lyonnais sera dans quelques années plus riche que Manchester United, le Barça, le Real, le Bayern ou le PSG. Ils oublient, les pauvres, que les clubs dont je parle sont connus dans le monde entier, et que leur palmarès ou la notoriété de la ville qu’ils représentent sont sans commune mesure avec ceux de l’Olympique Lyonnais. Ils oublient aussi que de nos jours le football est devenu un énorme business, et qu’un club ne peut intéresser des gros investisseurs qu’à partir du moment où les retours sur investissement sont très importants…ce qui ne sera jamais le cas avec un club comme l’Olympique Lyonnais.

A ce propos, à part le PSG (un peu plus de 45.000 spectateurs de moyenne), limité par la capacité d’accueil du Parc des Princes, et l’Olympique de Marseille qui dépasse les 50.000 spectateurs à chaque match, aucune autre équipe en France ne dépasse la moyenne de 35.000 spectateurs (Lille) et surtout pas l’Olympique Lyonnais qui, fin 2014, et malgré de bons résultats se situait à environ 33.000 spectateurs. Au demeurant cette moyenne laisse quelques doutes sur le remplissage du nouveau stade à Decines prévu pour 60000 spectateurs. Cela pourrait sonner creux, et il faudra que les supporters inventent très souvent des tifos à la gloire de Monsieur le Président Aulas pour masquer les places vides. J’arrête là, car on va m’accuser d’être rosse et anti lyonnais, ce que je ne suis pas, parce que j’aime bien l’Olympique Lyonnais…même si son très grand président m’insupporte et finit par rendre ce club antipathique.

Trêve de plaisanterie pour noter que parmi les dix plus grosses affluences dans les stades de football, on trouve 5 clubs allemands à commencer par le Borussia Dortmund (premier avec plus de 80.000 spectateurs de moyenne), mais aussi le Bayern Munich (71.000 en cinquième position), Schalke 04 (plus de 61.000 en sixième position), Hambourg (52.000 en huitième position), et le Borussia Monchengladbach, en dixième position avec près de 51.000 spectateurs en moyenne. Pour compléter la liste on notera que le Real Madrid (76.000) et le FC Barcelone (74.000) sont respectivement second et quatrième dans ce classement des affluences, avec intercalé Manchester United (75.000) à la quatrième place, et Arsenal à la septième avec près de 60.000 spectateurs en moyenne. Désolé pour cette énumération un peu fastidieuse, mais elle suffit à démontrer que la propriété d’un stade de plus de 60.000 places est un élément très important…pour un très gros club, que n’est pas et ne sera jamais l’Olympique Lyonnais, n’en déplaise à Monsieur le Très grand président Aulas. Pour mémoire, Lyon et son agglomération comptent un peu plus de deux millions d’habitants, contre une douzaine de millions à Paris et un peu plus à Londres, ou encore plus de 6 millions à Madrid, 5 millions à Barcelone. Et si l’agglomération lyonnaise rivalise en nombre d’habitants avec l’agglomération de Munich ou de Manchester, Lyon est loin d’avoir la tradition sportive des populations de ces villes, comme des autres grandes cités allemandes ou anglaises. On observera d’ailleurs, ce qui montre le manque d’engouement de notre pays pour le sport en général et le football en particulier, que la France est le seul des grands pays à n’avoir qu’une grande équipe de football dans sa capitale.

Et cela m’amène à évoquer la possibilité pour le PSG d’acheter le Parc des Princes à la ville de Paris. Certes si l’on en croit la maire de Paris, Anne Hidalgo, ce n’est pas d’actualité, ce qui ne veut pas dire que cela ne le sera jamais. En fait, on peut imaginer que cela reviendra sur le tapis plus rapidement qu’on ne l’imagine, malgré le bail emphytéotique très favorable consenti au PSG pour 30 ans (jusqu’en 2043). En effet, il semble que les dirigeants qataris veuillent absolument avoir les mains libres pour transformer l’arène mythique de la Porte d’Auteuil, et porter sa capacité à 60000 places voire plus si possible. On ne peut d’ailleurs que comprendre la volonté des dirigeants du PSG, dans la mesure où le stade leur appartenant en qualité de propriétaire, ils auraient la possibilité de faire ce qu’ils veulent de leur enceinte sans en référer à quiconque, simplement en respectant les lois sur l’urbanisme…ce qui n’est déjà pas si simple. Les supporters parisiens, en outre, seraient encore plus heureux qu’ils ne le sont parce que cela signifierait, une fois pour toutes, qu’avec l’achat du Parc des Princes et l’installation du centre d’entraînement dans la région parisienne, les dirigeants qataris seraient là pour très longtemps, et que le club acquerrait une valeur inestimable, digne des plus grands clubs européens.

Cela étant, outre les cris des franchouillards peu amènes pour les étrangers, fussent-ils riches, il y en aura au moins un qui manifestera d’une façon ou d’une autre sa mauvaise humeur dans cette hypothèse très vraisemblable : le très grand Président Aulas. Il couinera en rabâchant une fois de plus que l’argent achète tout, qu’un club doit grandir dans la sueur etc. Et pourtant son ego surdimensionné devrait comprendre qu’avoir en Ligue 1 un club comme le PSG, connu dans le monde entier, avec ses stars planétaires, ne peut être que bénéfique à notre championnat de Ligue 1. Ne vaut-il pas mieux être le second du grand PSG, que le premier d’une ligue professionnelle où tous les clubs sont éliminés dès les premiers tours de toute compétition européenne? J’observe à ce propos que plusieurs clubs espagnols brillent dans le sillage du Real et du Barça (Atlético Madrid, FC Séville) pour ne citer que ce pays. A part flatter son ego, que pourrait bien apporter comme gloire supplémentaire à Monsieur le Président Aulas, de remporter régulièrement un titre de Ligue 1 ou une Coupe de France sans concurrence, comme c’était le cas dans les années 2000, en fait jusqu’à l’achat du PSG par les Qataris. D’ailleurs il est difficilement compréhensible pour quelqu’un comme le très grand Président Aulas de préférer être le premier en France, donc de rester un club plus ou moins anonyme sur le plan mondial, plutôt que le second d’un club comme souhaite l’être le PSG, un club qui fait connaître au monde entier la Ligue 1, avec ses Thiago Silva, David Luiz, Javier Pastore, Marco Verratti, Thiago Motta, Angel Di Maria, Edinson Cavani, Zlatan Ibrahimovic ou Blaise Matuidi pour ne citer qu’eux.

Voilà ce que j’avais envie d’écrire ce matin, même si j’aurais pu évoquer la brillante victoire de l’équipe d’Australie hier soir dans la Coupe du Monde de rugby, victoire qui a entraîné l’élimination, ô combien humiliante, de la compétition de l’Angleterre, pays organisateur et champion du monde en 2003. Et pourtant, que ce fut beau de voir les joueurs anglais saluer respectueusement à la fin du match leurs adversaires australiens, lesquels ont fait de même à leur tour tout de suite après. Juste quelque chose qui ne peut que réjouir les vrais amateurs de sport, et non les supporters sectaires ! Quelque chose également qui nous change des récriminations continues du très Grand président Aulas, lequel ne cesse d’invectiver à tout propos ses concurrents, ce qui ne peu qu’alimenter les tensions, pour ne pas dire les haines entre supporters. Merci aux Anglais pour cette leçon de sportivité, et, en m’adressant aux Lyonnais qui lisent mon site, tant pis si j’ai été un peu dur avec J.M. Aulas, pardon votre très grand Président, animé d’un délire de grandeur qui le rend le plus souvent ridicule, ce qui ne veut pas dire que l’on doit manquer de respect pour ce qu’il a accompli pour son club. Il devrait quand même méditer sur cette phrase de Simon de Bignicourt :  » Décrier les talents d’autrui, pour cacher ceux dont il manque, c’est une habitude chez l’envieux ». Mieux même, à son âge Monsieur le président Aulas devrait savoir que, comme l’a écrit Madame de Staël : « Le mal que l’envieux sait causer ne lui compose pas même un bonheur ».

Michel Escatafal