« Ô rage !ô désespoir !ô vieillesse ennemie » ! Hélas, J. M. Aulas n’est pas Don Diègue

Aulas« Ô rage !ô désespoir !ô vieillesse ennemie » ! Et pour parodier Corneille, j’aurais envie d’écrire : N’ai-je donc tant vécu que pour dire des infamies ? Oui, J.M. Aulas n’en rate pas une, comme en témoigne sa phrase sur « le championnat du Qatar » « bien spécifique et réduit à une seule équipe (PSG) », après le match de samedi où l’Olympique Lyonnais affrontait Ajaccio. Des propos d’une stupidité sans nom. Tellement stupides qu’il a cru bon d’affirmer qu’il voulait « faire un mot d’humour ». Comme humour, il y a plus intelligent! Ce Monsieur a donc franchi une fois de plus la ligne jaune et même rouge, en parlant ainsi du PSG et de son actionnaire qatari, avant de se rétracter piteusement face au tollé que cette sortie a suscité y compris chez ses proches, dont paraît-il chez le coactionnaire du club. A noter que personne ne s’offusque en Angleterre que Chelsea ait un actionnaire richissime russe ou que celui de Manchester City soit émirati.

En France hélas, pays où les imbéciles franchouillards sont légion, on n’aime pas le PSG parce qu’appartenant au Qatar et parce que ce club a beaucoup d’argent. On déteste l’argent en France, même si on joue énormément au Loto pour en gagner. Passons ! Cela dit, ce qui m’apparaît le plus incompréhensible, c’est qu’autant de supporters lyonnais puissent soutenir contre vents et marées tout ce que fait et dit Aulas. Voilà simplement ce que m’inspire cette nouvelle sortie d’un homme à l’égo surdimensionné, qui respire la jalousie à plein nez. Désolé, Monsieur Aulas, mais si l’envie ne meurt jamais, vous mourrez malheureux, parce qu’il y aura toujours des gens plus riches que vous, des clubs plus grands que le votre, lequel mériterait sans doute un président moins irrévérencieux, qui a même parlé du Mexique comme d’un pays exotique pour pousser le sélectionneur à choisir Lacazette plutôt que Gignac pour l’Euro en juin prochain. Je pourrais aussi ajouter que jamais on n’entend les présidents des grands clubs européens se livrer sans cesse à des commentaires plus débiles les uns que les autres sur Twitter ou ailleurs. On a la classe ou on ne l’a pas!

Puisque je parle des grands clubs européens, y compris ceux qui n’ont pas autant d’argent à leur disposition que le PSG, le Real, le Barça, le Bayern, les clubs anglais du Big Four ou la Juventus, il y en a deux qui suscitent une énorme sympathie à travers l’Europe : l’Altlético Madrid et Leicester City FC. L’Atlético Madrid, parce qu’avec un budget proche de celui de l’Olympique Lyonnais, de l’Olympique de Marseille ou de l’AS Monaco, il va régulièrement en finale ou en demi-finale de la Ligue des Champions, et Leicester City, parce qu’il vient de remporter le titre de champion d’Angleterre, avec un budget infiniment moindre que celui de deux Manchester, de Chelsea, d’Arsenal, de Tottenham ou Liverpool. Il y a même dans cette équipe, dont les propriétaires sont thaïlandais (oui Monsieur Aulas !), dirigée par l’ancien entraîneur de Monaco, Ranieri, limogé sans ménagement malgré de bons résultats, des joueurs méconnus dans le monde du football jusqu’à ce printemps, à commencer par deux qui ont démarré leur carrière en Ligue1, Mahrez (au Havre AC jusqu’en 2014) et Kanté (au SM Caen jusqu’en 2015), sans parler de Vardy, son meilleur buteur que personne ne connaissait sur la scène internationale, et qui a quand même marqué 24 buts en 40 matches cette saison. Et pour cause, Leicester City n’a jamais été vraiment habitué à tutoyer les sommets (ils étaient en Football League Championship jusqu’en 2014), contrairement au rugby, ce qui est normal pour une ville un peu plus grande que Montpellier et un peu moins que Lyon.

Cela me fait penser un peu à l’aventure de Montpellier en 2011-2012, quand les Héraultais ont devancé le PSG d’Ancelotti, qui avait remplacé Kombouaré début janvier, avec à sa disposition des joueurs comme Pastore, Matuidi, Menez (aujourd’hui au Milan AC), Gameiro (meilleur buteur du FC Séville qui a gagné la dernière Ligue Europa), Sirigu, et un peu plus tard dans la saison (à partir du 1er janvier), Thiago Motta, Maxwell ou encore Alex. Et qui y avait en face à Montpellier ? Un bon entraîneur de Ligue1, Girard, quelques très bons joueurs, comme Giroud ou Belhanda, ou encore un cran en dessous Camara, Mapou, Spahic et Hilton. Espérons pour Leicester que leur aventure en Ligue des Champions soit plus brillante l’an prochain que celle de Montpellier la saison qui a suivi son titre, ce qui signifierait que ce titre n’aura pas été qu’un feu de paille. Néanmoins, la caractéristique des miracles est que ce sont des évènements qui se reproduisent très rarement, et dans le cas de Leicester, malgré les importants moyens des clubs anglais, on peut hélas craindre que cette équipe ne perde ses meilleurs éléments.

Michel Escatafal

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