Les J.O. doivent se recentrer sur leurs sports traditionnels

MekhissiBonjour à tous, après des vacances que je veux qualifier de méritées. Du coup cela fait un certain temps que je n’ai pas écrit, mais je vais essayer de rectifier le tir au cours des prochaines semaines. Après ces palabres en forme d’excuses, je veux évoquer un problème qui nous intéresse tous, puisque nous sommes en plein dans les Jeux Olympiques 2016. Ceux-ci, d’ailleurs, ressemblent de plus en plus à du grand n’importe quoi, entre les épreuves qui concernent les grands sports professionnels et qui n’intéressent guère les habituels supporters, et l’arrivée de sports improbables, nouveaux pour l’essentiel, en attendant les matches entre ceux qui crachent le plus loin et ceux qui sont capables de manger dix kilos de carpaccio en moins de cinq minutes. J’exagère à peine. Pire encore, certains voudraient voir le sport automobile aux J.O. Pourquoi pas ? Ce serait sans doute amusant de voir Hamilton, Rosberg, Vettel, Raikkonen, Ricciardo, Verstappen, Bottas, Alonso, Button, Perez ou Grosjean s’affronter, par exemple sur 50 km, dans des voitures des années 1980 ou 1990. Idem pour le WRC.

Ceci dit redevenons sérieux : qui peut me raconter qu’il considère, en cyclisme, l’épreuve sur route des J.O. au même titre qu’un Paris-Roubaix ou un championnat du monde sur route ? Personne, qui aime tant soit peu le vélo. En plus cette course arrive après un Tour de France qui fut sans doute un des pires au niveau émotionnel que l’on ait connu depuis des décennies. Aucun suspens, avec un Quintana pas dans son assiette et un Contador blessé le premier jour et contraint à l’abandon un peu plus tard, les seuls qui auraient pu inquiéter Froome. Au passage j’en profite pour noter une nouvelle fois que le Pistolero a vu son palmarès officiel amputé de deux grands tours (Tour de France 2010 et Giro 2011), plus quelques autres victoires moindres, pour un contrôle antidopage qualifié d’anormal pour quelques poussières de clembutérol, que seul un ou deux laboratoires au monde pouvaient détecter, alors que plusieurs champions ou championnes et non des moindres, pris pour du bon gros dopage, sont devenus ou deviennent champion olympique sans que cela ne semble trop perturber les instances olympiques ou internationales. En fait les plus fâchés de cette situation sont les concurrents malheureux qui arrivent derrière ces ex-dopés, ou encore d’autres concurrents qui sont contraints d’affirmer haut et fort qu’ils ont gagné en étant propres. Tout cela confine un peu au délire !

Fermons la parenthèse et reprenons notre propos, à propos du cyclisme professionnel aux J.O., même si la course en ligne fut belle sur le plan du spectacle. Pour ma part, cette course n’a pas sa place aux J.O., surtout quand on voit que l’on a abandonné le kilomètre et la poursuite sur la piste….pour faire de la place. Je dirais la même chose pour le football, avec un règlement bancal puisque chaque équipe peut aligner seulement trois joueurs de plus de 23 ans. Ridicule, d’autant plus que nombre de clubs ont refusé à certains joueurs leur participation pour mieux préparer la saison. Et que dire du tennis, sport où les meilleurs mondiaux se font éliminer dès les premiers tours, comme ce fut le cas pour Djokovic ou pour les deux paires françaises de double. Apparemment tout le monde se moque de ces résultats, car dans moins d’un mois c’est l’US Open qui va commencer et là on ne rigolera plus. Je suis sûr que Djokovic ne sera pas éliminé au premier tour ! Et le rugby ? Là on se contente du rugby à 7, qui est un bon moyen pour nombre de joueurs de travailler leur technique, mais qui s’y intéresse?

En revanche je trouve normal que les autres grands sports d’équipe, moins médiatisés dans le monde, participent à la fête olympique, par exemple le basket ou le handball. A part les joueurs de NBA, personne ne connaît les meilleurs joueurs du sport le plus pratiqué dans le monde après le football. C’est la même chose pour le cyclisme sur piste qui, hélas, ne nous offre ses meilleures rencontres qu’une fois par an, lors des championnats du monde. Dommage quand même qu’un titre olympique en vitesse ne soit pas mieux valorisé, en terme de notoriété et aussi sur le plan pécuniaire pour celui qui remporte une des épreuves les plus anciennes de la tradition olympique. Bref, tout cela pour dire que cette fête olympique qui se veut de plus en plus gigantesque depuis les années 1990, qui coûte de plus en cher aux pays organisateurs, n’est plus la fête du sport qu’elle était autrefois. Et quand j’écris fête, cela signifie mettre en valeur des sportifs qui ne le sont pas habituellement, alors que leur sport figure au programme des J.O. depuis des décennies, voire même dès la fin du XIXè siécle.

Certes on sera toujours plus nombreux à regarder la finale du 100m ou du 1500m en athlétisme que le tir à l’arc ou l’escrime, mais on sera content des médailles que notre pays a obtenu en natation, au judo, en canoë ou en aviron. Peut-être finalement que ce que l’on a tellement reproché à Avery Brundage dans les années 60 ou 70, de n’avoir pas voulu ouvrir les J.O. aux professionnels, n’était pas une si mauvaise chose, sauf évidemment le fait que les pays communistes de l’époque étaient nettement avantagés, puisqu’officiellement il n’y avait pas de professionnels chez eux, bien qu’ils le fussent en réalité, alors que les pays occidentaux ou libéraux ne pouvaient envoyer que leurs amateurs. Et je ne parle pas du dopage d’Etat qui était pratiqué dans certains pays sans la moindre pudeur, puisqu’il en allait de la « grandeur » du pays…ce qui ne signifie pas pour autant que l’on ne se dopait pas ailleurs!

En attendant les J.O. ne vont vraiment commencer pour la plupart de ceux qui aiment le sport sur la planète, qu’à partir de demain avec le début des épreuves d’athlétisme, sport roi de la quinzaine olympique. Là on va avoir des champions qui vont se battre pour les médailles devant des milliards de spectateurs. Ils voudront voir Bolt, Gatlin ou Allyson Félix et tous les autres, et j’ajoute que personne ne se préoccupera de savoir si untel est dopé, ou s’il a été convaincu de dopage, parce que le spectacle avec un grand S sera là. Au passage j’en profite pour espérer qu’un athlète français montera enfin sur le podium du 100m (Vicaut) derrière Bolt et Gatlin, même si j’ai bien peur que cela reste un rêve. Après tout ce n’est jamais arrivé, et si Vicaut réussissait cet exploit cela effacerait toutes les déconvenues qu’il a connues jusque-là dans les grands championnats, y compris la dernière en date où, malgré des temps très supérieurs en qualité par rapport à ses concurrents, il fut quand même battu lors de la faible finale des championnats d’Europe. Pour mémoire il a terminé troisième de la course avec un temps de 10s08, derrière le vainqueur (Churandy Martina) en 10s07, alors que le record d’Europe de Vicaut est de 9s86!

Acceptons l’augure qu’il concrétisera enfin ses possibilités dans cette finale olympique, tout comme il faut espérer que Lavillenie soit à son meilleur niveau à la perche pour conserver son titre de 2012, que Mekhissi ait retrouvé toutes ses sensations au 3000m steeple après sa grave blessure de l’an dernier et ses belles médailles d’argent de 2008 et 2012, qu’un Bascou (110m haies) ou un Bosse (800m) sortent la course de leur vie pour faire un coup à la Colette Besson en 1968 (sur 400m) et remporter l’or. Cela nous rendrait heureux comme nous le fumes avec le doublé 200-400m de Marie-Jo Pérec en 1996, après son titre sur 400m en 1992, avec la victoire de Galfione à la perche en 1996, la médaille d’argent de Joseph Mamhoud en 1984 au 3000m steeple, l’argent en 1992 et l’or de Drut en 1976 sur 110m haies, qui avait réussi l’exploit d’être le premier à avoir mis fin à la supériorité américaine sur la distance depuis 1928, sans oublier la médaille d’argent de Maryvonne Dupureur sur 800m à Tokyo en 1964, ni bien évidemment celle de Jazy en 1960 (voir mes articles (Le 1500m, une distance qui réussit bien aux athlètes français (partie 2) et Le 1500m, une distance qui réussit bien aux athlètes français (partie 1) ou encore Les grands milers : partie 1), qui avait terminé deuxième d’un des plus grands 1500m de l’histoire olympique, avec comme vainqueur le plus grand miler de l’histoire tout court, l’Australien Herb Elliott, en rappelant qu’il s’est retiré de l’athlétisme en étant invaincu sur sa distance. Voilà je m’arrête à 1960 et aux médailles d’or et d’argent, avec toutefois une pensée pour Alain Mimoun, médaille d’or du marathon en 1956 et triple médaillé d’argent entre 1948 et 1952 (sur 5000 et 10000m) derrière Zatopek. Allez Vicaut, Bascou, Mekhissi, Bosse et Lavillenie, faites-vous plaisir et vous nous en ferez presque autant !

Michel Escatafal

Publicités


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s