Simon Yates : vainqueur mérité de la Vuelta 2018

Cyclisme. Tour d’Espagne : Simon Yates triomphe, Thibaut Pinot étincelant… ce qu’il faut retenir de la Vuelta

Bonjour à tous
Après un long repos nécéssaire pour de gros problèmes à mes yeux, je peux enfin de nouveau écrire sur mes blogs, et c’est ce que je recommence à faire aujourd’hui. En effet depuis mon dernier article beaucoup de choses se sont passées, à commencer par la victoire de l’équipe de France à la Coupe du Monde de football, sur laquelle, je ne reviendrai pas, sauf pour noter que désormais la France peut être considérée comme une grande nation du football (2 Coupes du Monde, 2 championnats d’Europe des Nations, un titre olympique), au moment où le rugby, premier sport auquel j’ai appris à jouer, poursuit sa longue descente aux enfers, surtout au niveau international, notamment en comparaison avec ce qu’on voit dans des matches comme celui ayant opposé les All Blacks aux Springboks la semaine dernière. Et je ne parle pas de notre horrible Top 14, véritable championnat d’autos tamponneuses, où opèrent des vieilles gloires de l’hémisphère Sud dont on ne veut plus en sélection, et des joueurs français qui n’ont pas le niveau international, à deux ou trois exceptions près…quand ils ne sont pas gravement blessés. Triste Top 14! En revanche, chez les treizistes, beaucoup plus agréable à regarder que les quinzistes, si notre sélection nationale reste largement en dessous de l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou la Grande Bretagne, nous avons à présent un club français au meilleur niveau international, grâce aux Dragons Catalans, vainqueurs de la Coupe d’Angleterre de Rugby à XIII, ce qui est historique, d’autant que les Dragons ont quand même battu Saint Helens et Warrington, les deux leaders de la super League anglaise. Et en plus, on a pu voir cet exploit à la télé grâce à beIN Sport ! Enfin pour terminer ce long préambule, je veux rajouter deux exploits en athlétisme dont on a peu parler, à savoir Mahiédine Mekhissi qui a rajouté un cinquième titre de champion d’Europe à son magnifique palmarès, en réalité un sixième puisqu’on lui en a volé un pour avoir retiré son maillot avant l’arrivée du 3000m steeple en 2014, et le record du monde du décathlon de notre champion du monde Kevin Mayer, une première pour un Français, avec le fabuleux total de 9126 points.

Voilà pour les principaux sports que j’apprécie, et place maintenant au vélo, avec la confirmation cette année que les meilleurs dans ce sport, que ce soit sur la piste et plus encore sur la route, ce sont les Britanniques. Ils ont en effet réussi un exploit incroyable à savoir gagner cette année les trois grands tours, ce qui n’avait jamais été réalisé par le passé par les grandes nations traditionnelles du vélo, à savoir la Belgique, l’Italie, la France, les Pays-Bas, la Suisse ou l’Espagne. Certes on pourra toujours relativiser en disant que jusqu’au début des années 60, les cracks Italiens par exemple ne participaient pas à la Vuelta, sans quoi on peut supposer que le tandem Coppi-Bartali aurait permis à l’Italie de s’imposer sur la Vuelta comme ils le faisaient sur le Giro et le Tour. N’empêche, pour un pays qui n’a aucune tradition cycliste, sauf sur la piste mais loin toutefois des grandes nations traditionnelles , être devenu en moins de dix ans la nation numéro un du vélo, relève de la part de la Grande Bretagne d’un exploit extraordinaire. Bravo donc à Froome, vainqueur du Giro malgré toutes les polémiques qui ont entouré cette victoire, qu’on aurait dû lui enlever si on avait été aussi sévère qu’avec Contador par exemple pour son affaire du Tour 2010, à Gerraint Thomas, gagnant du Tour, et Simon Yates lauréat de la Vuelta, qui a la particularité de ne pas appartenir à la Sky, l’équipe la plus surpuissante sans doute de l’histoire du cyclisme sur route.

De ces trois coureurs, je vous dirais que Simon Yates est celui que je préfère, parce que contrairement à des Wiggins, Froome ou Thomas, il ne sort pas de nulle part sur la route et a connu une progression linéaire qui ne suscite pas les mêmes interrogations que ses trois autres compatriotes. Pour mémoire, il a fini dans les cinq ou six premiers en 2015 (23 ans) d’épreuves comme le Tour du Pays Basque, le Dauphiné ou le Tour de Romandie, mais aussi sixième de la Vuelta 2016, sans oublier en 2017 sa victoire dans le G.P. Miguel Indurain et plus encore une septième place dans le Tour de France et le maillot de meilleur jeune. Bref, comme beaucoup de grands champions, il a brillé chez les jeunes, y compris sur la piste où il a décroché un titre mondial dans la course aux points en 2013, avant d’arriver au plus haut niveau à l’âge de 26 ans. En outre il n’a pas eu besoin de maigrir de 8 ou 10 kg pour grimper les cols, dans la mesure où il les a toujours affrontés avec succès, comme en témoignent ses victoires en montagne (Morzine et Châtel) lors du Tour de l’Avenir 2013, après avoir fini à la douzième place du Tour du Pays Basque, à ses débuts en professionnels. En somme un coureur de grand talent qui s’est révélé très jeune et n’a cessé de progresser depuis ses débuts sur la route chez les pros. Certains feront remarquer son contrôle positif à l’issue d’un Paris-Nice (2016) qu’il venait de terminer à la septième place, ce qui lui avait valu une suspension de quatre mois…pour « dopage non intentionnel », avec un produit (terbutaline) dont l’ordonnance (AUT) n’a pas été présentée par le médecin de l’équipe. Apparemment cela n’avait pas l’air très grave!

Maintenant la question est : jusqu’où ira-t-il? Sans doute assez loin, voire très loin, car n’oublions pas qu’il aurait dû gagner le Giro 2018 qu’il avait dominé et archi-dominé jusqu’à la 19è étape, où il subit une terrible défaillance, sans doute éprouvé par les efforts faits précédemment sans trop de discernement. D’un côté une telle défaillance (38 mn de perdues) paraît rassurante, car cela prouve qu’il est « humain », mais elle démontre que s’il grimpe remarquablement bien, s’il roule très convenablement, il lui faut acquérir la maîtrise de la course, comme il a commencé à le faire sur la Vuelta, et il faut aussi qu’il ait une équipe plus solide. ce qu’a compris semble-t-il son employeur en engageant le grand espoir italien Edoardo Affini. Toutefois le seul coureur de classe susceptible de l’accompagner loin dans les étapes les plus dures reste son frère jumeau Adam, ce qui est insuffisant face à la Sky.

Cela étant, il a encore une marge de progression vu son âge, et il sera de plus en plus redoutable dans les courses à étapes d’une semaine, mais aussi dans les grands tours et même quelques classiques comme la Flèche Wallone ou Liège-Bastogne-Liège. Quelque chose me dit que c’est peut-être lui le futur patron du peloton, avec des caractéristiques qui me font penser à Pedro Delgado dans les années 80-90, mais un peu plus fort partout. En tout cas, ce dernier remporta son premier grand succès avec la Vuelta 1985, avant de s’imposer dans le Tour de France 1988, puis une nouvelle fois dans la Vuelta 1989. A cela s’joutent quelques succès de moindre importance comme le Grand prix de Navarre en 1988 et 1990, le Tour de Burgos en 1991 et la Semaine catalane en 1993. C’est un palmarès enviable, mais je suis certain que Simon Yates est taillé pour faire beaucoup mieux. Je pense même que le grand duel des années à venir l’opposera à Tom Dumoulin, de deux ans ans son aîné, meilleur rouleur que Simon Yates (champion du monde en titre contre-la-montre), mais moins fort en montagne bien que vainqueur du Giro l’an passé et cette année deuxième du Giro et du Tour, ce qui prouve par parenthèse que le doublé Giro-Tour est toujours possible, ce dont je n’ai jamais douté personnellement, même si le dernier date de 1998 avec Pantani.

Michel Escatafal

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7 commentaires on “Simon Yates : vainqueur mérité de la Vuelta 2018”

  1. Julio Ladrondelagua dit :

    Muchas gracias, Michel, por tu artículo después de tu enfermedad a los ojos. Me alegro que puedas seguir escribiendo como antes y estamos gozando de tu análisis del ciclismo actual. Los británicos son los que mandan en este momento y los aficionados tendremos que aprender a hablar inglés. Muchos de nosotros ya lo hablamos desde hace muchos años pero el cambio que vivimos, hoy en día, con nuestro deporte favorito es impresionante.No diré nada sobre el rumbo que sigue el mundo de la bici porque pasan muchas cosas que no están bien y no tengo pruebas concretas y por eso callo… Un abrazo, amigo mío, esperando leerte de nuevo uno de esos días…

  2. Julio Ladrondelagua dit :

    Feliz Año Nuevo 2019 para ti y los tuyos, Michel. Y desde este sitio: Feliz Año Nuevo 2019 a tod@s los aficionad@s, esperando que Michel siga escribiendo sobre sus deportes favoritos.

  3. Julio Ladrondelagua dit :

    Comment vas-tu, cher ami? Depuis un bout de temps, c’est silence radio… J’espère que tu vas bien et que tu te sois remis de ton opération chirurgicale? Au plaisir de te lire un de ces jours.
    Reçois mes sincères amitiés.


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