Parker et Diaw, ces merveilleux ambassadeurs du sport français!!!

parker et diawEn pleine Coupe du Monde de football il faut un certain courage pour parler d’autre chose que football, mais c’est cela l’avantage d’avoir un site puisqu’on peut y écrire ce que l’on veut. Je vais toutefois dire deux mots de cette Equipe de France de football qui réalise un début de Coupe du Monde ébouriffant. Pour les plus anciens, cela leur rappelle le début de la Coupe du Monde en Suède (1958) avec beaucoup de buts marqués sous l’impulsion du duo Kopa-Fontaine. Certes nous n’avons pas dans cette équipe un pareil duo, mais notre équipe nationale dispose d’un collectif comme elle en a rarement eu, au point que le sélectionneur suisse et ancien entraîneur du Bayern, Hitzfeld, estime que la France est « l’une des équipes qui peuvent aller très loin dans ce tournoi », les Français étant pour lui « supérieurs à des équipes comme l’Angleterre et l’Italie ».

Il aurait pu ajouter qu’en fait notre équipe a été supérieure à toutes les autres à ce jour, sauf peut-être l’Allemagne, ce que confirme David Trezeguet en affirmant que « la France a été l’équipe la plus forte » jusque-là. On notera au passage que Benzema aurait pu être l’incontestable héros de la soirée s’il avait converti le pénalty accordé par l’arbitre en première mi-temps, et si ce même arbitre avait validé son but inscrit à la dernière seconde du match. Cela me fait penser au but refusé à Cisowski en 1956 contre la grande Hongrie de Puskas, Kocsis et Csibor, l’arbitre ayant sifflé la fin du match au moment où le ballon allait franchir la ligne de but. Dommage au passage qu’il n’y ait pas eu la Goal-Line Technology, parce que certains témoins pensaient que le but était valable ! Voilà pour la partie football, à la fois très actuelle et historique.

Et pour bien montrer qu’il n’y a pas que le football, je vais aussi écrire quelques mots sur le vélo, la saison de cyclisme battant son plein à l’approche du Tour de France. Un Tour de France où cette année on pourrait peut-être avoir un scénario très différent de celui de l’an passé, tant Alberto Contador semble avoir retrouvé de sa superbe. Le Pistolero est de retour, et c’est tant mieux pour le spectacle ! Cela dit, outre cette confirmation, il y a quand même eu les problèmes d’allergie de Froome qui ont fait couler beaucoup d’encre, parce que ce problème de santé au Tour de Romandie (qu’il a gagné) a été réglé avec diligence grâce à une Autorisation à usage thérapeutique (AUT) délivrée avec l’aval de l’UCI, et par la suite de l’AMA, sans que les règles écrites par l’UCI aient été vraiment respectées. C’est du moins ce que j’ai cru lire un peu partout.

Et cela me gêne énormément, parce qu’un coureur comme Franck Bouyer a été interdit de course pendant plus de deux ans, faute d’obtenir une AUT pour traiter la narcolepsie dont il souffre, le traitement figurant sur la liste des produits interdits. Comprenne qui pourra ! Je pourrais dire la même chose du contrôle positif de Contador pendant le Tour de France 2010, où l’on avait découvert une quantité infime de clembutérol dans ses urines le second jour de repos, tellement infime que les coureurs ou sportifs assurant avoir mangé de la viande contaminée après cet incident ont été blanchis. Contador lui a été suspendu deux ans suite à la demande de l’UCI et de l’AMA, et privé (sur les tablettes de l’UCI) de ses victoires notamment au Giro 2011, malgré aucun contrôle positif dans l’épreuve, et au Tour de France 2010. Comprenne qui pourra, là aussi ! Cela étant, pour les aficionados du vélo, Contador a remporté sept grands tours dont les deux épreuves que l’UCI et l’AMA lui ont retirés, alors que Riis, par exemple, a conservé le bénéfice de sa victoire dans le Tour de France 1996…malgré ses aveux de dopage. Comprenne qui pourra !

Comprenne qui pourra aussi, que les médias et ceux qui disent aimer le sport de compétition dans notre pays ne considèrent pas Tony Parker comme le sportif français numéro un. Que faut-il de plus pour admettre que ce qu’a fait Tony Parker, depuis bientôt 15 ans, est tout simplement extraordinaire? Et en plus c’est un fanatique du maillot bleu frappé du coq, allant même jusqu’à payer pour jouer dans notre équipe nationale. Qui peut en dire autant à part deux ou trois basketteurs comme Nicolas Batum ou Boris Diaw, ce dernier étant le complice de TP depuis 1998 ? Ce n’est pas la peine de donner la réponse, tellement nous la connaissons, sauf évidemment pour des sports peu ou pas du tout médiatisés, donc pour des champions totalement inconnus. Au passage, j’en profite pour souligner le remarquable état d’esprit de nos basketteurs vedettes, parce que même s’ils gagnent beaucoup d’argent rien ne les oblige à porter le maillot de l’Equipe de France, surtout au sortir d’une saison harassante dans un des championnats les plus importants du monde, tous sports collectifs confondus, plus particulièrement si leur franchise NBA est allée loin dans la course aux playoffs.

Tout cela pour dire que j’ai regardé les finales NBA, et que je me suis régalé, même si je ne connais pas ce sport sur le plan technique. J’ai notamment regardé les tous derniers matches sur beIN Sport en différé, parce que Parker et Diaw figuraient dans l’équipe, qui plus est en étant titulaires. A ce propos j’en profite pour écrire que, parmi la douzaine de Français en NBA, il y en a quatre ( Parker, Diaw, Noah, Batum) qui ont un temps de jeu important et sont de vrais stars, et un cinquième, Fournier, qui commence à se faire une place de choix dans son équipe (Nuggets de Dever). Pas mal pour un sport qui, en France, fait figure de parent pauvre dans les médias ! En tout cas, quelle magnifique Equipe de France si ces joueurs décident de jouer le prochain championnat d’Europe, peut-être en France, et ensuite les Jeux Olympiques à Rio de Janeiro ! Cependant il faut déjà savoir si Noah consentira à porter de nouveau le maillot bleu, comme en 2011, ce qui n’est pas sûr du tout, le fils de Yannick étant loin de faire de l’Equipe de France une priorité. Comme disent certains : « Plus américain que lui, tu meurs » ! Heureusement que les quatre autres ne sont pas comme lui, Parker, Diaw et Batum ayant été de toutes les dernières batailles de notre équipe nationale, laquelle, rappelons-le, sera en lice pour une médaille à Rio en 2016, au complet ou pas. Après tout elle a bien remporté le titre européen sans Noah, et Fournier cette année a semble-t-il franchi un cap avec les Nuggets en ayant marqué à deux reprises plus de 25 points…ce qui ne nous empêche pas de souhaiter que Joakim Noah participe aux Jeux Olympiques dans deux ans.

Cette projection sur l’avenir me permet de faire la transition avec ce que je voulais écrire à propos de Parker et Diaw. D’abord si, comme c’est vraisemblable, la France se qualifie pour les J.O. de 2016, elle sera très forte, je le répète, avec une motivation encore exacerbée de la part de Tony Parker et Boris Diaw, pour qui ce sera sans doute la fin de leur carrière internationale. Ensuite Batum et Fournier auront deux ans de plus et donc plus d’expérience. Donc on peut imaginer, sans trop rêver, que la France 2016 égale au moins celle de 2000 avec ses Rigaudeau, Sciarra, Sonko, Foirest, Bilba, Weis ou Julian. Notre équipe, en effet, surtout avec Noah, sera meilleure sur le papier que celle de 2000, alors que rien ne dit que les Américains de 2016 seront aussi forts que ceux de 2000. N’oublions pas qu’à un peu plus de 4 minutes de la fin de la finale des J.O. en 2000, les Français n’étaient menés que de 4 points, avant de s’incliner finalement de 10 points (85-75) ! N’oublions pas aussi que les Argentins, avec Ginobili (coéquipier aux Spurs de San Antonio de Parker et Diaw), ont été champions olympiques, les Américains terminant troisièmes après avoir été battus en demi-finale par les Argentins (89-81). N’oublions pas non plus que les Espagnols, en 2012 aux J.O. de Londres, ont fait mieux que résister (100-107) aux cracks américains que sont LeBron James, Kobe Bryant, Carmelo Anthony, Chris Paul ou Kevin Durant, après avoir perdu de 11 points en 2008. Bref, l’armada française à Rio sera très forte et qui sait ?

Justement, si Parker et Diaw pouvaient être médaillés d’or aux J.O., ou au minimum médaillés, quel extraordinaire parcours pour les deux complices de l’INSEP en 1998! Eux qui ont été ensemble champions d’Europe junior en 2000, puis médaillés de bronze aux championnat d’Europe en 2005, puis médaillés d’argent à ces mêmes championnats d’Europe en 2011 et enfin champions d’Europe en 2013. A cela s’ajoutent pour Parker quatre bagues de champion NBA (2003-2005-2007-2014) et une bague pour Diaw cette année avec les Spurs de San Antonio. Fantastique carrière pour l’un, devenu huitième passeur de l’histoire des playoffs NBA devant M. Jordan et douzième scoreur devant Magic Johnson et Pippen, et magnifique pour l’autre. Et ce n’est pas fini, car ils n’ont que 32 ans ! A ce propos, je suis très heureux que Parker fasse l’impasse cette année pour le championnat du monde, car son corps a grand besoin de repos, à force d’aligner les doubles saisons NBA et Equipe de France, surtout en jouant minimum 25 à 30 mn à chaque match en NBA et un peu plus en Equipe de France. Comment a-t-il pu tenir autant de saisons avec un tel régime de stakhanoviste ! Qu’il se repose cette année, en attendant les deux grosses échéances qui l’attendent en 2015 et 2016.

En évoquant les J.O. de 2016, j’espère que ce sera lui le porte-drapeau de la délégation française, et qu’on lui offrira cet ultime témoignage de reconnaissance, témoignage qu’on lui a refusé injustement en 2012. Quel autre star de notre pays passe sa vie à crier sa fierté d’être français, capable de faire des heures d’avion pour aller encourager ses copains de l’Equipe de France, comme il a annoncé qu’il le ferait au mois de septembre prochain lors de la Coupe du Monde en Espagne ? Certes en écrivant ces lignes je sais bien que je suis à contre-courant de tout ce qui s’écrit en ce moment sur le sport, puisqu’il n’y a que le football qui compte dans notre pays, mais je trouve injuste qu’on ne parle pas suffisamment des exploits de nos basketteurs, comme j’avais trouvé injuste que personne ou presque ne s’intéresse à la victoire d’Amélie Mauresmo à Wimbledon en 2006…en pleine Coupe du Monde de football, où la France fut finaliste contre l’Italie, Zidane terminant sa carrière sur un coup de tête aussi inutile que dévastateur pour l’équipe dont il était le capitaine et la figure emblématique. Ah ce « coup de boule » ! Combien de fois l’a-t-on passé et repassé sur les chaînes de télévision ? Triste constat des aberrations de notre système médiatique ! J’arrête là mon propos, car certains de mes lecteurs vont trouver que l’âge me rend aigri, ce qui n’est pas vrai. Cela dit, personne ne m’empêchera d’affirmer que Tony Parker et Boris Diaw sont les deux sportifs français qui méritent le plus d’être cités en exemple aux yeux de la jeunesse de notre pays, pour l’ensemble de l’œuvre qu’ils accomplissent depuis 2002. Et en plus, ils ont trouvé un successeur en la personne de Nicolas Batum !

Michel Escatafal

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La vidéo évite des erreurs, mais ne règle pas les problèmes d’arbitrage

TRYAvant d’aborder le sujet que je voulais traiter aujourd’hui, l’arbitrage vidéo, je veux évoquer  l’actualité de ces dernières heures, une actualité qui touche le basket (je n’y connais pas grand-chose) et le rugby. C’est vrai, je n’ai jamais joué au basket sauf dans les séances de sport au lycée, mais j’aime bien suivre l’équipe de France, et celle-ci nous emballe depuis bientôt une dizaine d’années. Elle a même réussi à devenir championne d’Europe cette année, après avoir récolté plusieurs médailles auparavant. Cette équipe m’est d’autant plus sympathique, qu’elle est emmenée par des joueurs qui paient pour avoir le droit d’y jouer, ce qui nous change d’autres sports collectifs, où, à chaque phase finale de compétitions européennes ou mondiales, on négocie longuement pour savoir le montant des primes qu’on va toucher. Certes, on va me dire que Parker, Batum ou Diaw gagnent autant d’argent, sinon plus, que les meilleurs joueurs de football, mais le constat est là.

Et puisque j’ai parlé de Parker, Batum et Diaw, je veux souligner que leur participation au championnat d’Europe avec l’équipe de France ne les a nullement handicapés pour jouer le championnat NBA, alors que Noah, qui a déclaré forfait pour cette compétition afin de se préserver pour la saison NBA, est loin d’avoir son meilleur rendement. Cela dit, quelle que soit sa valeur, il vaut mieux avoir en équipe de France Parker et Batum que Noah, même si avec le pivot des Bulls cette équipe serait à coup sûre meilleure encore. Espérons que Noah consentira à jouer pour notre pays aux J.O. de Rio, ce qui pourrait permettre à notre équipe nationale de renouveler l’exploit réalisée par celle de 2000, sauf que cette dernière était loin d’être aussi forte que celle qui a remporté la médaille d’or au championnat d’Europe.

Voilà pour le basket, et passons à présent par la case rugby, ce qui est beaucoup plus naturel chez moi, pour évoquer la mauvaise nouvelle qui a touché Morgan Parra, celui-ci étant indisponible au moins jusqu’à la mi-février pour un problème de genou. J’écris mauvaise nouvelle, parce que la blessure est toujours un problème pour un joueur, et je souhaite à Parra un prompt rétablissement. Est-ce pour cela un drame pour le XV de France ? Je réponds NON, car cela permettra enfin d’essayer au poste de demi de mêlée un Doussain ou un Pelissié pendant la durée du Tournoi…à condition de ne pas mettre une épée de Damoclès sur la tête de ces joueurs, ou si l’on préfère à condition de leur faire confiance sur la durée comme Saint-André, et avant lui Lièvremont, l’ont fait pour Parra. Et si j’écris cela, c’est parce que le coaching de Saint-André ne m’inspire aucune confiance. Si Doussain ou Pélissié, celui qui sera choisi ou les deux, font un match moyen, il ne faudra pas immédiatement leur chercher un remplaçant…qui d’ailleurs sera tout trouvé avec le retour de Parra.

Au fait, puisqu’il s’était blessé peu avant la mi-temps, pourquoi Saint-André n’a-t-il pas remplacé Parra dès l’entame de la deuxième mi-temps ? C’est quand même une preuve du manque de confiance du coach envers Doussain ! Si j’étais méchant, je dirais qu’avec deux petites victoires dans l’année, un entraîneur « normal » n’aurait pas hésité à prendre le risque de faire entrer Doussain, d’autant que Parra avait été très insuffisant en première période. De quoi donner raison aux contempteurs toulonnais de Saint-André, qui lui reprochent son incapacité à qualifier pour les plays-off, en 2010-2011, une équipe du RCT qui avait enregistré en début de saison l’arrivée de Smith, Sackey, Carl Hayman et Rudi Wulf, qui s’ajoutaient à des joueurs aussi talentueux que Mignoni, Jamie Robinson, Contepomi, Fernandez Lobbe, Lamont et l’incomparable Jonny Wilkinson.  Espérons quand même que Saint-André se rende compte que le XV de France a besoin d’un jeu plus ambitieux pour aller de l’avant, parce qu’avec celui qui nous est offert depuis trop longtemps l’équipe de France ne gagne même plus le Tournoi des 6 Nations (depuis 2010), la France étant considérée comme la sixième nation mondiale sur les 11 qui comptent dans le concert planétaire (les 6 du Tournoi, plus l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, les Samoa et l’Afrique du Sud). Elle devrait même être septième derrière l’Irlande, si cette dernière avait fait match nul avec la Nouvelle-Zélande…comme cela aurait dû être le cas.

L’Irlande, en effet, a réalisé une formidable performance contre les Néo-Zélandais, ces derniers ne l’ayant emporté samedi dernier que par miracle à l’issue d’un match emballant, les All Blacks n’ayant dû leur succès qu’à une colossale erreur des Irlandais, partis avant le coup de pied de transformation de l’ouvreur Cruder sur l’essai néo-zélandais de dernière minute. Coup de pied raté, mais retiré suite à la décision (normale) de l’arbitre de le faire recommencer, avec réussite cette fois. Quelque chose me dit que si le XV de France avait joué ces Irlandais survoltés il aurait été dominé. J’en suis même certain, comme il est certain que le XV de France ne peut pas se plaindre de l’arbitrage dans son match contre les Sud-Africains, un match qui montre à quel point Michel Platini a raison de ne pas vouloir l’introduction de la vidéo au football.

Ah la vidéo, qu’est-ce qu’elle fait saliver et écrire dans le monde du football ! Règle-t-elle tous les problèmes pour autant ? Certainement pas. Déjà, lors de la finale de la Coupe du Monde de football en 1966, personne ne peut assurer que le but de G. Hurst était valable, bien qu’il ait été examiné des milliers de fois à la vidéo. Et c’est pareil pour le rugby (à XV et à XIII), qui a recours depuis longtemps à la vidéo, ce qui n’empêche nullement les controverses et les erreurs. Je me souviens personnellement d’un drop de J.B. Elissalde, contre Bayonne (je crois que c’était en 2009), dont la vidéo a bien été incapable de nous dire s’il était passé ou non (bien au-dessus des poteaux). Et tant d’autres matches encore, y compris samedi dernier, où l’arbitre vidéo a pris trois décisions très litigieuses…qui ont bien favorisé le XV de France, pour une fois diront les mauvaises langues.

J’avoue d’ailleurs que cela m’agace prodigieusement de voir aussi souvent l’intervention de la vidéo, presque systématique si ce n’est pas très net à XIII comme à XV, ce qui signifie que l’arbitre n’est plus maître de rien dès qu’il y a essai, ce qui n’empêche nullement d’accorder un essai s’il y a en-avant de passe cinquante mètres avant la ligne d’en-but. Et oui, la vidéo ne règle pas tous les problèmes, et c’est pareil pour le football, sauf à vouloir faire durer un match de nombreuses minutes en plus. Qu’il est loin le temps où Lucien Mias, l’illustrissime capitaine de l’équipe de France de 1958-1959,  disait que « l’arbitre fait partie du jeu, comme le vent ». La vidéo a certes des vertus, mais elle ne règle pas tout. Elle n’empêchera jamais un arbitre de football de siffler généreusement un pénalty…ou de ne pas le siffler s’il estime qu’il n’y a pas faute. Elle n’empêche pas non plus un arbitre de rugby d’accorder une pénalité à vingt mètres face aux poteaux, même si c’est très, très sévère, parce qu’il aura vu une faute sur un ruck que personne n’aura vu y compris en regardant les images à la télévision. Je pourrais dire la même chose s’il ne voit pas une faute évidente…à la télévision.

Donc, en résumé, qu’apporte la vidéo au rugby ? Peu de choses en vérité, à part le fait qu’elle décharge la décision de l’arbitre du terrain sur l’arbitre vidéo. Cela fait joli aussi à la télévision de voir inscrit « TRY » ou « NO TRY » sur l’écran, mais même si elle permet de valider des essais que l’arbitre n’aurait pas osé accorder, par exemple l’essai néo-zélandais lors de la demi-finale mondiale à XIII entre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, où l’ailier néo-zélandais réussit une passe miraculeuse avant d’avoir touché le sol alors qu’il est un mètre à l’extérieur du terrain, la vidéo ne fait pas tout. En outre, si l’arbitre prend une fois une mauvaise décision, ce ne sera pas le cas très souvent, et au final les mauvaises décisions s’équilibrent très souvent dans un cas comme dans l’autre.

Enfin, pour bien montrer que cela fait partie du jeu, au bout de quelques semaines on oublie l’erreur d’arbitrage…parce que 9 fois sur 10 c’est la meilleure équipe, ce jour-là, qui l’emporte. Qui conteste aujourd’hui la victoire anglaise à la Coupe du monde 1966 ? Plus personne, et ce depuis bien longtemps. Qui ose évoquer le but annulé sur un hors-jeu inexistant de Puskas lors de la finale de la Coupe du Monde 1954, où les Hongrois avec leurs grandes vedettes (Boszik, Puskas, Kocsis, Hidegkuti et Csibor) furent battus, si l’on en croit une étude allemande récente, par le fait que les Allemands étaient dopés à la pervitine…ce qui explique leur fraîcheur en fin de match, leurs adversaires ayant en outre été confrontés aux Brésiliens et aux Uruguayens précédemment. Même l’histoire est contre les tenants de la vidéo !!!

Michel Escatafal


Tony Parker, sportif français du nouveau siècle

ParkerSi l’on demande au premier venu quel est le sportif français du vingtième siècle, il sera obligé de réfléchir longuement parce que nombreux furent les champions ou championnes français à avoir marqué de leur empreinte les années entre 1901 et 2000. Les amateurs de football diront Kopa, Platini ou Zidane, les passionnés de boxe diront Carpentier ou Cerdan, ceux qui aiment l’athlétisme diront Ladoumègue, Mimoun ou Marie-Jo Pérec, et pour d’autres ce sera l’escrimeur d’Oriola, le tennisman Lacoste, le pilote de F1 Prost, le coureur cycliste Bernard Hinault, le cycliste pistard Florian Rousseau, les rugbymen Puig-Aubert, Jean Prat, Blanco ou encore le handballeur Jackson-Richard et le basketteur Rigaudeau.  Et en parlant de ce dernier dont la carrière  s’est déroulée à cheval sur l’ancien et le nouveau siècle, cela me fait une transition toute trouvée pour en arriver à la victoire hier soir de l’Equipe de France de basket, emmenée par Tony Parker.

Le génial joueur de San Antonio, trois fois champion NBA, a enfin permis à  la France d’avoir sa première médaille d’or dans un grand tournoi continental ou mondial de basket, dont on rappellera qu’il est le sport collectif le plus pratiqué dans le monde (450 millions de pratiquants), loin devant le football (265 millions), ce dernier, malgré son statut de sport numéro un en Europe, en Amérique du Sud ou en Afrique, souffrant de n’avoir pas le même nombre de joueuses que le basket, même si les basketteuses n’ont pas la notoriété de leurs collègues masculins, y compris en Amérique du Nord et en Europe. En France qui connaît Céline Dumerc, l’emblématique capitaine de notre équipe féminine, championne d’Europe en 2009 et médaille d’argent aux J.O. de Londres en 2012 ? Peu de monde, alors que tout le monde connaît Tony Parker.

Cela dit, quels que soient les mérites de Céline Dumerc, il faut bien avouer que Tony Parker mérite amplement d’être considéré comme le sportif français du vingt et unième siècle. Au passage j’en profite pour souligner encore une fois l’insigne faiblesse du service public de télévision en France qui, une nouvelle fois, s’est complètement ridiculisé en ne retransmettant que la demi-finale et la finale du championnat d’Europe, traitement réservé à notre équipe de handball, malgré tous ses succès. Le service public préfère dépenser son argent en nous infligeant des soirées entières de Coupe de la Ligue en football, compétition qui n’intéresse personne chez nous, et qui ne continue d’exister que grâce au service public. Passons !

Après cette longue introduction, je voudrais évidemment évoquer cette magnifique victoire dans une compétition qui est très dure, tous les pays européens étant concernés par le championnat d’Europe de basket. Et quand je dis tous les pays européens, c’est bien l’ensemble de l’Europe, que ce soit les grands pays ou les petits en taille et en nombre d’habitants. Quand on regarde les palmarès des championnats européens en football et en basket, on s’aperçoit qu’en football, ce sont les grands pays qui l’emportent (presque) toujours, ce qui est loin d’être le cas du basket.

C’est la raison pour laquelle il faut souligner l’exploit des Parker, Diaw, Pietrus, Gelabale, Batum, De Colo, Diot, Ajinça, Lauvergne, Heurtel, Petro et Kahudi. Il faut aussi et surtout noter que les joueurs les plus connus, Parker, mais aussi Diaw et Batum, qui sont titulaires dans leur franchise NBA, viennent jouer en équipe de France…en payant de leur poche leur investissement pour notre équipe nationale. Certes ils gagnent autant sinon plus que nos meilleurs footballeurs, mais eux ne négocient pas leurs primes pendant des semaines ou des mois…parce que leur fédération nationale n’a pas les moyens de leur donner ce que leur statut pourrait demander. C’est pour toutes ces bonnes raisons que je considère Tony Parker comme le sportif français du siècle en cours.

Aucun autre n’a le prestige du meneur de San Antonio, aucun autre n’a son charisme, et aucun autre ne s’investit autant dans son sport, même s’il a davantage les moyens de le faire que d’autres parce que c’est une star mondiale. Et oui, Tony Parker est une star planétaire avec ses titres NBA, qui lui ont donné un statut à part pour un sportif français, avec toutes les récompenses qu’il a reçues. Et pourtant il vient chaque année ou presque disputer les compétitions de l’Equipe de France, avec qui il fut champion d’Europe juniors (2000), puis médaillé de bronze et d’argent chez les séniors avant le grand soir du 22 septembre 2013.

En parlant de ces médailles, il faut noter qu’avec Tony Parker à la baguette, l’Equipe de France figure quand même depuis dix ans parmi les meilleures nations dans le monde. Certes aux J.O. elle n’a pas réussi comme sa devancière emmenée par Antoine Rigaudeau en 2000, ni comme celle de 1948 (dans un tournoi peu relevé) avec comme joueur emblématique Buffière, à gagner une médaille d’argent. Tout cela par la faute des Espagnols, mais le bilan de notre équipe nationale est parmi les meilleurs du continent sur la durée, toutes compétitions confondues, et bien meilleur que celui des équipes ayant remporté l’argent aux Jeux Olympiques.

N’oublions pas qu’en 2005 la France priva l’Espagne de la médaille de bronze au championnat d’Europe, cette Espagne qui remporta l’or en 2009 et en 2013, chaque fois au détriment de la France. D’ailleurs les Espagnols, même handicapés par l’absence de Reyes, Navarro, de Pau Gasol et Ikaba, ont un tel réservoir qu’ils pensaient bien égaler la grande Yougoslavie des années 1970 (1973, 1975 et 1977), qui avait empoché le titre européen trois fois de suite, ce qui est un record si l’on fait abstraction de feu l’Union Soviétique qui gagna huit titres européens consécutifs entre 1957 et 1971. Mais pour situer l’exploit des Français face aux Espagnols, on rappellera que ces derniers sont montés sur le podium sept fois sur les huit dernières éditions de la compétition phare en Europe.

Toute le monde a salué avec émotion cette victoire historique sur l’Espagne, mais il fallait pour que celle-ci soit plus belle encore que ce fut contre un « géant » qui, en 2012 aux J.O. de Londres, a donné des sueurs froides aux Américains, lesquels furent à deux doigts d’être vaincus par ces Espagnols qui, eux-mêmes, s’en sortirent de justesse face à nos Français. D’ailleurs nombre d’observateurs et de techniciens, ce que je ne suis pas n’ayant jamais joué au basket sauf en cour de récréation, affirment qu’avec Noah la France l’aurait emporté. Noah, qui au passage doit réaliser à présent qu’il a manqué quelque chose de grand en préférant se reposer plutôt que rejoindre l’équipe de France. Noah qui, contrairement à Parker, n’a gagné que deux titres universitaires aux Etats-Unis, et qu’un titre de champion d’Europe aurait valorisé, les Américains s’apercevant que les joueurs du Vieux-Continent sont souvent aussi forts que les leurs. Y-a-t-il un meilleur meneur que Parker en NBA ? Sans doute pas. Y-a-t-il meilleur intérieur que l’Allemand Nowitzki ? Sans doute pas.

Bref, même si la NBA est le nec plus ultra sur la planète basket, l’écart entre les meilleures équipes européennes et la sélection américaine avec les meilleurs joueurs du pays est en train de se resserrer, au point qu’il ne serait pas surprenant que les Américains perdent leur titre olympique à Rio. Au fait, je viens de m’apercevoir que je n’ai pas parlé de la Lituanie, équipe jeune et brillante, ce qui prouve que les Baltes n’ont tout simplement pas existé hier soir, et que la vraie finale a eu lieu vendredi entre la France et l’Espagne.

Je n’ai pas parlé non plus du coach Collet, qui a prolongé son contrat avec la sélection nationale jusqu’en 2016, et qui a joué un rôle extrêmement important dans cette réussite de nos Bleus, ayant eu l’intelligence de gérer le parcours de Tony Parker qui, ne l’oublions pas, a joué plus 100 matches cette saison, ce qui démontre encore plus son investissement par rapport à un Séraphin ou un Noah, pour ne citer qu’eux. Et puisque j’évoque de nouveau les pivots absents de l’équipe de France, on ne peut qu’être admiratif d’avoir vu Collet offrir à Ajinça une chance unique de devenir le futur grand pivot sur lequel pourra compter la France de la génération Batum.

Beaucoup d’observateurs n’en ont pas parlé, mais Ajinça a terminé quatrième rebondeur de cet Euro de basket derrière le belge Hervelle qui joue à Bilbao, Marc Gasol qui joue en NBA à Memphis, dont il est un des principaux atouts et le Craote Tomic qui joue au Barça. Pas mal pour un remplaçant de la dernière heure ! Un dernier mot enfin pour se réjouir d’être sûr que la relève est d’ores et déjà assuré pour cette équipe de France qui ne saura jamais si elle peut compter sur Noah, mais qui sait déjà que Nicolas Batum aura le même investissement personnel que Tony Parker. Et comme les Diot, Petro, Ajinça, De Colo, Lauvergne, Heurtel, Fournier, Tillie, Edwin Jackson  ont tous moins ou beaucoup moins de 28 ans, on se dit que l’avenir de cette équipe s’annonce radieux.

Tant mieux, car tous ces jeunes gens ont l’air d’avoir une mentalité qui donne du sens au mot exemple pour un sportif. Cela dit, pour en revenir à mon propos du début de cet article, écrit sans idée directrice, tout à la joie de l’auteur en cette soirée magique, je persiste et signe : Tony Parker est bien le plus grand sportif français de notre siècle, devant des gens comme Thierry Henry, Sébastien Loeb, Teddy Riner, Tony Estanguet, Renaud Lavillenie, Teddy Tamgho, Nikola Karabatic, Yannick Agnel chez les hommes ou encore les tenniswomen Amélie Mauresmo, Mary Pierce, la basketteuse Céline Dumerc, l’athlète Eunice Barber, l’escrimeuse Laura Flessel  ou les nageuses Laure Manaudou et Camille Muffat.

Michel Escatafal


Gauchers de génie dans le sport – partie 1 (boxe, basket, tennis )

S’il y a bien une catégorie d’individus doués pour le sport, et le reste aussi (Platon, Charlemagne et Napoléon), c’est bien celle des gauchers. J’en profite au passage pour dire que je suis droitier, comme tous les membres de ma famille, cela pour montrer que je ne fais que constater une évidence. Fermons la parenthèse pour noter que cette catégorie de personnes se servant quasi exclusivement de leur main ou pied gauche pour faire du sport a une importance dans l’histoire du sport infiniment supérieure à la proportion de gauchers exclusifs dans l’ensemble de la population, puisqu’on en comptabilise entre 12 et 13%, certains disent même 10% de gauchers exclusifs. Et oui, il y a gauchers et gauchers, sans parler des gauchers contrariés, ce qui m’incite à n’évoquer dans ces articles consacré aux gauchers de génie du sport que des gauchers avérés à défaut d’être exclusifs, dans les sports que j’ai pratiqués ou que je connais à travers leur histoire.

Déjà je vais passer très vite sur les sportifs pour qui être gaucher ou droitier n’a a priori qu’une importance toute relative. En disant cela je pense notamment aux pilotes automobiles, peut-être les deux meilleurs de l’histoire dans leur discipline, à savoir Ayrton Senna pour la Formule 1 et Sébastien Loeb pour les rallyes. Je dirais la même chose pour le vélo, et notamment en pensant à nos trois champions du monde de vitesse, du kilomètre et du keirin que furent  Frédéric Magné, Laurent Gané et Arnaud Tournant, dans les années 1990 et 2000. C’est déjà plus important quand il s’agit de boxeurs, car leur façon de boxer peut en dépendre, certains boxant en « fausse garde ». Je ne vais pas en citer beaucoup, simplement ceux qui me viennent à l’esprit, mais tous à des titres divers figurent parmi les plus grands boxeurs, toutes époques confondues.

Carmen Basilio d’abord, qui fut un grand rival de Ray Sugar Robinson, et qui lui prit même le titre de champion du monde des poids moyens en 1957, avant de perdre dans le match revanche l’année suivante. Auparavant il avait été champion du monde des poids welters entre 1955 et 1957. Bref Basilio, fut un très grand boxeur gaucher, remarquable technicien, au point d’avoir été élu boxeur de l’année en 1957 par Ring Magazine.  Et à cette époque, nous étions dans l’âge d’or de la boxe !

Autre grand boxeur gaucher dont je voudrais parler, le grand, l’immense Marvin Hagler, dont j’ai souvent parlé sur ce site, et à qui j’ai consacré un article à propos de son fameux match contre Ray Sugar Leonard , un combat qui fait partie de la légende de la boxe. Hagler était certes gaucher, mais beaucoup d’amateurs de boxe ont comme souvenir de lui qu’il savait boxer avec les deux gardes, comme il l’a prouvé lors de son championnat du monde contre le boxeur ougandais John Mugabi, redoutable puncheur, vaincu par K.O. à la onzième reprise. Dans ce combat, en effet, Hagler a boxé en droitier les deux premiers rounds, puis en gaucher jusqu’au onzième round, où de nouveau il changea de garde.

Troisième boxeur gaucher dont je veux évoquer le nom, Oscar de la Hoya, surnommé le Golden Boy, qui a été champion olympique des poids légers en 1992 à Barcelone, et qui fit une carrière professionnelle extraordinaire, puisqu’il est le premier  boxeur à avoir remporté un titre mondial dans six catégories différentes (des super-plumes aux poids moyens), avant d’être battu par les deux meilleurs boxeurs de l’époque actuelle, Floyd Mayweather et Manny Pacquiao. A noter que De la Hoya était gaucher, mais il boxait généralement  en droitier, même s’il boxa en fausse-garde contre un autre gaucher célèbre, Pernell Whitaker, qui fut lui aussi champion olympique des poids légers à Los Angeles en 1984, et qui détint une ceinture mondiale dans quatre catégories (des légers jusqu’aux super-welters).  Les deux hommes se sont affrontés en 1997 pour le titre des welters WBC, et De la Hoya l’emporta de peu sur son adversaire, ce dernier lui transmettant en quelque sorte le témoin car il était âgé alors de 33 ans.

Passons à présent à d’autres sports où les gauchers ont laissé une empreinte beaucoup plus significative encore…parce que leur main gauche faisait partie de leur outil de travail. En basket je pense à Larry Bird, joueur américain de NBA qui fut membre de la fameuse Dream Team de 1992, que l’on avait surnommé Golden Hand (main d’or). Si on lui a donné ce surnom, c’est tout simplement parce que sa main gauche était vraiment magique. Elle l’était tellement qu’il a gagné dans sa carrière tout ce qu’un joueur peut remporter comme trophées collectifs ou individuels dans le basket, et surtout il fut désigné comme sportif de l’année par l’Associated Press en 1986, premier joueur basket de l’histoire à obtenir cette distinction. Si j’osais, je dirais que sa main gauche peut-être comparée à celle de Michel-Ange, Raphaël et Léonard de Vinci, autres gauchers de génie.

Mais que dire des joueurs de tennis, sport qui compte de nombreux gauchers parmi ses plus grands joueurs. A ce propos il faut déjà commencer par souligner que jouer contre un gaucher est déjà plus difficile, pour la simple raison que le revers devient coup droit ou encore que le rebond du service tourne à contre sens. Bref, déjà il faut apprendre à jouer contre un gaucher, plus encore que dans la boxe, ce qui est un avantage considérable pour un gaucher. Ce n’est pas pour rien si Federer n’a jamais réellement su comment maîtriser le coup droit lifté de Nadal, plus particulièrement sur terre battue!

Nadal justement,  est le dernier des fantastiques joueurs gauchers qui ont illustré l’histoire du tennis, avec son grand chelem en carrière puisqu’il a remporté sept titres à Roland-Garros, plus ses victoires à Wimbledon (2), et ses succès  à Melbourne et Flushing-Meadow, ce qui le place au niveau de Rod Laver et de Bjorn Borg au nombre de tournois du grand chelem gagnés (11), juste derrière Emerson (12 avant l’époque open), Sampras (14) et Federer (17). A la lecture de ces chiffres, certains me feront remarquer que les trois joueurs qui ont remporté le plus grand nombre de tournois du grand chelem ne sont pas gauchers. Certes, mais parmi les deux seuls joueurs ayant réalisé le grand chelem, outre Donald Budge,  il y a le gaucher australien Rod Laver, qui l’a réalisé deux fois à sept ans d’intervalle (1962-1969).

En outre, comme je l’ai écrit à plusieurs reprises sur ce site, si Laver a un tableau de chasse vide dans les tournois majeurs entre 1963 et 1967, c’est parce qu’il n’avait pas le droit de les disputer puisqu’il était professionnel. Combien en aurait-il gagné de plus pendant les cinq ans où il se trouvait au sommet de sa carrière (entre 25 et 29 ans) ? Nul ne le sait, mais vu la supériorité qu’il manifestait sur le circuit professionnel, on peut imaginer que c’est lui qui détiendrait le record de tournois du grand chelem remportés. Pour mémoire on rappellera qu’il a vulgarisé le lift, qu’il est le précurseur de la prise unique de raquette, qu’il avait tous les coups du tennis,  et un jeu de jambes exceptionnel. Tout cela lui ayant permis d’être le vrai numéro un mondial en 1961 et 1962, puis chez les professionnels, et enfin en 1968 et 1969. Qui dit mieux ? Personne.

Parmi les gauchers de génie je pourrais aussi évoquer les deux Américains Jimmy Connors et John Mac Enroe. L’un et l’autre dominèrent le tennis à leur époque, parfois même en même temps. Connors fut le meilleur joueur en 1974, un des deux meilleurs avec Borg par la suite (jusqu’en 1978), puis de nouveau numéro un en 1982 après la retraite du Suédois. A la même époque son plus grand rival fut John Mac Enroe, peut-être le plus doué de tous. Connors, à son meilleur niveau, était un joueur qui semblait jouer avec un lance-flammes, ce qui détruisait l’adversaire. Mais ce qui le différenciait le plus des joueurs qu’il affrontait, c’était ce revers à deux mains de gaucher qui était véritablement meurtrier, tant en passing qu’en retour de service. Mac Enroe en revanche, bien qu’ayant un jeu lui aussi très violent, était davantage artiste. Il ne donnait pas la même impression de cogner que « Jimbo », mais ses coups faisaient très mal aussi. Son service tellement spécial, qu’il délivrait au départ en étant sur une ligne parallèle à celle du court, était extraordinairement efficace, suivi le plus souvent par une volée qui ne l’était pas moins. Et, plus que tout sans doute, il possédait tous les coups dans sa raquette. D’ailleurs il était aussi brillant en double qu’en simple.

Et puisque j’en suis aux joueurs de tennis, je voudrais souligner que nous avons eu en France deux magnifiques joueurs gauchers, qui ont remporté la Coupe Davis en 1991, à savoir Guy Forget et Henri Leconte. Pour ceux qui l’ont connu quand il jouait au plus haut niveau, il est amusant d’entendre Henri Leconte donner  des conseils aux joueurs d’aujourd’hui, comme pourrait le faire un Lendl qui a tiré la quintessence de ses qualités. Leconte, en effet, aurait dû devenir un des joueurs du vingtième siècle…s’il avait exploité ses extraordinaires dons. Il savait tout faire, et tout faire bien.  Inutile de décrypter ses qualités, car il les avait toutes, sauf  la constance et la concentration. Forget était moins doué, mais son service, sa volée et son application lui ont permis de faire une très belle carrière, en simple et plus encore en double, en rappelant au passage que la paire Forget-Leconte est la seule à être invaincue en double dans toute l’histoire de la Coupe Davis (11 victoires en 11 matches).

Cela étant, pour être complet avec l’apport des gauchers sur le tennis, on n’oubliera surtout pas les dames. En effet, avec Martina Navratilova nous sommes en présence de la meilleure joueuse de l’histoire tant en simples (18 tournois du grand chelem plus le grand chelem en simple sur deux saisons) qu’en double (31 titres plus 10 titres en double mixte). J’ai souvent parlé d’elle sur ce site, et c’est pour cela que je ne vais pas insister. Elle aussi avait toutes les qualités, tous les coups du tennis, et avait acquis au fil des ans la ténacité qui font les supers champions. Quant à Monica Seles, elle aurait dû devenir plus grande encore qu’elle ne le fût si un fou n’avait eu l’idée de la poignarder en 1993, alors qu’elle arrivait dans les plus belles années de sa carrière (20 ans), et qu’elle avait déjà remporté 8 tournois du grand chelem. Hélas pour elle, après deux ans sans compétition et le traumatisme subi, elle ne retrouvera plus jamais son niveau d’avant l’accident, et se contentera de gagner l’Open d’Australie peu après son retour (en 1996). Sans cet accident horrible, combien de tournois du grand chelem aurait remporté Monica Seles, sorte de Jimmy Connors au féminin, avec une envie constante de « cogner » en poussant des cris stridents, ses retours de service fulgurants et son revers giflé. Autant d’atouts qui ont fait d’elle une joueuse hélas trop méconnue, compte tenu de ses qualités intrinsèques, mais qui a marqué l’histoire.

Michel Escatafal


L’avenir radieux des Bleus du basket

 Si notre équipe féminine de basket a pris l’habitude de remporter des médailles au championnat d’Europe ces dernières années, avec deux médailles d’or (2001, 2009) et une de bronze en 2011, les autres ayant été gagnées en 1999, 1993 et 1970 (argent), il n’en est pas tout à fait de même chez les hommes, où la plupart des médailles ont été acquises avant 1960. En effet, notre sélection masculine n’a jamais remporté le titre européen, et ses médailles européennes récentes se résument à une médaille d’argent cette année et une de bronze en 2005. Les autres ont été obtenues, en 1949 (argent) et en 1959, 1953, 1951 et 1937 (bronze). Cela étant, notre sélection masculine a aussi obtenu une médaille d’argent aux J.O. de Londres en 1948, et à ceux d’Athènes en 2000.

Cependant, pour être tout à fait objectif, et sans vouloir minimiser les exploits antérieurs de notre équipe nationale masculine, on ne peut décemment pas comparer les performances réalisées aux J.O. de 1948, et aux J.O. de 2000, comme il n’est pas possible de comparer la valeur de la médaille d’argent européenne acquise ces derniers jours avec celle de 1949. Si l’on commence par les J.O., il suffit de se rappeler qu’en 1948 l’équipe de France fut écrasée en finale par celle des Etats-Unis (65-21), alors qu’en 2000 notre équipe fit mieux que résister, puisqu’elle termina à dix points des Américains (85-75), après s’être rapprochée à quatre points (72-76) à quatre minutes de la fin, ce qui obligea l’entraîneur américain à demander un temps mort.

Autre précision, en 1948 l’équipe des Etats-Unis était composé uniquement de joueurs amateurs, universitaires, alors qu’en 2000 elle était composée de joueurs opérant en NBA, entre autres Vince Carter, Alonzo Mourning ou Tim Hardaway. Quant à notre équipe, elle avait la chance d’avoir dans ses rangs quelques uns des meilleurs joueurs européens, notamment Sciarra, Rigaudeau, Risacher, Foirest, Bilba, Julian, et un pivot de 2m17, Frédéric Weiss.

A présent, revenons au championnat d’Europe 1949, pour noter que la médaille d’argent fut obtenue dans une compétition qui ne méritait en aucun cas l’appellation championnat d’Europe, car la participation y était vraiment très faible. En fait sept pays, dont trois situés en Asie, prirent part à la compétition qui fut remportée par l’Egypte. L’Egypte, pays organisateur, remporta ses six matches (poule unique), alors que la France termina à la deuxième place avec cinq victoires et une défaite contre l’Egypte (57-36). Ensuite nous trouvions dans l’ordre du classement final la Grèce, la Turquie, les Pays-Bas, la Syrie et le Liban.

Parmi les joueurs français qui participèrent à cette mini compétition, on trouvait des noms qui seront très connus plus tard comme entraîneur ou cadre dirigeant de la fédération, notamment Robert Busnel, pivot de cette équipe (1.92m) qui faisait aussi fonction d’entraîneur, André Buffière, futur grand entraîneur de l’ASVEL et de Limoges, ou encore Chocat, Desaymonet, Perniceni, Freimuller ou l’arrière-ailier Vacheresse, une des figures emblématiques du basket français dans les années 40 et 50. Par parenthèse on observera la taille des pivots à l’époque (environ 1.90m) alors que les Espagnols parlant de l’équipe de France étaient très surpris de la taille de Kévin Séraphin qui ne mesure…que 2.06m.

Ceci dit, quel est maintenant l’avenir de cette équipe de France, qui avait déjà frôlé le titre en 2005, puisqu’elle menait en demi-finale de sept points à quarante secondes de la fin contre les Grecs, futurs vainqueurs du championnat d’Europe. Que s’était-il passé ? Suffisamment de choses pour que la France fût battue, et l’on peut être sûr qu’une telle situation eut été impossible avec l’équipe actuelle. Et pourtant, si le groupe aligné en Lituanie comptait dans ses rangs un des meilleurs joueurs de la planète en la personne de Tony Parker, mais aussi un grand espoir du basket, lui aussi en NBA, Nicolas Batum, ou encore Joakim Noah, le pivot titulaire des Chicago Bulls (2,11m), sans oublier Boris Diaw, titulaire à Charlotte, plus d’autres excellents joueurs comme Gelabale, Fl. Pietrus, cette équipe était privé de plusieurs joueurs de grande expérience comme les joueurs de NBA Mickael Pietrus, Ronny Turiaf ou encore le jeune Rodrigue Beaubois, sans oublier Manhimi (2.13m), Diot ou Y. Diawara.

Tout cela pour dire, comme j’ai pu le lire dans la presse espagnole, que cette équipe de France a un avenir doré devant elle, et déjà l’an prochain aux Jeux Olympiques à Londres où, à part les Américains et peut-être encore les Espagnols, elle sera clairement candidate à une médaille. D’ailleurs Marca (journal espagnol) s’était amusé à composer ce qu’il appelait « un super equipo » avec Parker, Diot, ; Beaubois, Batum, Gelabale, M. Pietrus et Diawara ; Diaw, Turiaf, Petro, Mahinmi et Noah, c’est-à-dire avec les joueurs qui ont été obligés de déclarer forfait avant l’Euro. Effectivement cela aurait de l’allure, d’autant que ceux qui étaient dans la sélection en Lituanie et qui ne figurent pas sur les tablettes espagnoles, comme De Colo, Fl. Pietrus, Séraphin, Traore, Albicy ou Kahudi auront eux aussi leur mot à dire. Oui, jamais dans l’histoire de notre basket, y compris en 2005, nous n’avons eu autant d’atouts pour réaliser un exploit à la mesure d’une médaille olympique. En plus, tous ces joueurs auront acquis l’expérience de jouer ensemble sur la longueur d’un tournoi de trois semaines, et les jeunes auront un an de plus, ce qui devrait réduire encore davantage l’écart séparant les Bleus de l’équipe d’Espagne, elle-même finalement assez proche des Etats-Unis.

Tous ceux qui aiment ce sport, même s’ils ne connaissent pas le basket sur le plan technique (mon cas), ont apprécié la mentalité et l’envie des joueurs, comme en témoignent non seulement leur comportement sur le terrain, mais aussi les paroles de leur capitaine Tony Parker affirmant haut et fort : « J’ai toujours cru en moi et en l’équipe de France. Je suis fier d’être français. Certains étés c’était dur, mais je n’ai pas lâché l’affaire et aujourd’hui je suis récompensé. Je prends l’équipe de France avec coeur et je pense que je l’ai montré à tous mes coéquipiers. Pendant toute la préparation, je ne sortais pas, je restais dans ma chambre pour le but ultime ». Et Joakim Noah, fils de Yannick mais qui a su se faire un prénom, qui lançait à la cantonade : « On s’est battu comme des chiens, et on va se battre de nouveau comme des chiens » ! Comme tout cela est réconfortant en comparaison avec ce qui s’est passé l’an passé avec les footballeurs en Afrique du Sud ! Et en plus ces joueurs NBA viennent en équipe de France sans être payés, voire même en mettant la main à la poche. D’ailleurs n’est-il pas sympathique que Parker et Diaw mettent de l’argent dans des clubs français (ASVEL pour Parker, Bordeaux S.A. pour Diaw).

Hélas, mais il faut bien en parler et c’est cela le plus dramatique, le basket est traité à la télévision par le service public de la même façon que le hand, voire même moins. Pas une retransmission en clair jusqu’à la finale, et celle-ci retransmise sur France 4…que tout le monde ne reçoit pas, notamment dans certaines régions montagneuses. Est-ce normal, alors qu’on a droit chaque année sur le service public à la Coupe de la Ligue du début jusqu’à la fin. J’aime bien le football, mais pourquoi traiter ainsi le basket ? Au fait, y-a-t-il beaucoup de Français plus connus dans le monde que Tony Parker ? Heureusement l’an prochain ce sera les J.O., ce qui nous laisse l’espoir de voir à l’œuvre notre équipe. Voilà ce que m’inspire cette médaille d’argent historique, qui bientôt le sera moins parce que les Français toucheront l’or européen, mondial ou pourquoi pas olympique. Après tout Ginobili, Scola (coéquipiers de Parker à San Antonio) et les Argentins ont bien été champions olympiques en 2004! En outre, dans cette équipe, il y aura bientôt autant de vedettes françaises en NBA (Parker, Noah, Batum, Beaubois, Diaw) qu’il y en a dans l’équipe des Etats-Unis.

Michel Escatafal