La venue de Neymar au PSG et les adieux de Contador à la Vuelta

Cette fois c’est définitif, Neymar a signé au PSG pour 5 ans et ce ne sont pas les atermoiements du président de la Liga, mauvais joueur comme les dirigeants du Barça, qui pourront y changer quelque chose. Au passage, on notera que les dirigeants du Barça comme de la fédération espagnole ne supportent manifestement pas de voir un club français, qualifié de nouveau riche, venir se mêler à la cour des grands, à laquelle apprtiennent depuis des décennies le Real Madrid et le FC Barcelone, sauf que je n’imagine pas que le président du Real ait pu réagir de cette manière. On est un Grand d’Espagne ou on ne l’est pas! Cela dit, revenons à mon premier propos pour noter que c’est la plus belle histoire que le football français ait pu raconter en termes de transfert de joueur. Même Ibrahimovic, malgré son talent et son aura internationale, se situe à un niveau largement inférieur à celui de Neymar, en termes footballistique comme sur le plan commercial.

Oui, depuis combien de temps la Ligue 1 n’avait pas eu en son sein un des 2 ou 3 meilleurs joueurs du monde? Eh bien, si l’on enlève la présence de Zidane dans les années 90, mais il n’était pas encore le Zidane de la Juventus et encore moins du Real, ni celle de Platini dans les années 80, mais il n’était pas encore le Platini de la Juventus, il faut remonter au milieu des années 50 avec Raymond Kopa pour avoir trace d’un footballeur que l’on pouvait à juste titre considérer comme une super star du ballon rond. Et il l’était effectivement, comme il allait le prouver au Real Madrid en devenant ce qu’est devenu Neymar au FC Barcelone, à savoir le numéro 2 derrière Messi du club le plus emblématique du monde avec le Real Madrid. Le « Napoléon du football », comme on a surnommé Kopa en Espagne, a d’ailleurs prouvé son extraordinaire talent en remportant en 1958 le Ballon d’Or, après avoir été élu cette année-là meilleur joueur de la Coupe du Monde en Suède, devant des Pelé, Didi ou encore l’Allemand Rahn ou les Suédois Gren, Hamrin et Liedholm.

En écrivant ces lignes je vois beaucoup d’analogies entre Kopa et Neymar, l’un étant le numéro 2 du Real après Di Stefano, à l’époque considéré comme le meilleur joueur de la planète, exilé à l’aile droite par la force des choses et Neymar jouant lui-même à l’aile gauche qui, différence avec Kopa, est davantage son poste naturel. Cela dit la grande différence entre Kopa et Neymar se situe sur le fait que nous ne sommes plus dans les années 1950, mais en 2017, ce qui, avec l’influence des réseaux sociaux et le merchandising y afférent, fait plus apparaître Raymond Kopa comme un gladiateur de l’époque romaine qu’une star planétaire du football, vue de nos jours. Et oui, nous ne somme plus dans le même monde qu’au milieu du siècle dernier, même si le transfert de Kopa en 1956 au Real Madrid avait lui aussi battu tous les records…mais seules quelques personnes privilégiées dans le monde pouvaient regarder ces joueurs à la télévision. Il n’y avait ni Sky Sport, ni BeInSport, ni Canal+ etc, et je le répète internet n’existait pas.

Voilà, je ne vais pas en rajouter sur Neymar au PSG, qui met tellement en joie la quasi totalité des amateurs de football dans notre pays, à l’exception de quelques pisse-vinaigre qui ne s’intéressent pas à ce sport, de J.M. Aulas, écoeurant de jalousie, qui ne pense qu’à son Olympique Lyonnais et de quelques « insoumis » qui y voient une occasion de fustiger le capitalisme, tout en se gardant de critiquer véhémentement le comportement de certains dictateurs marxistes, sans parler de certain journaliste comme Patrick Montel, qui se permet de critiquer la venue de Neymar pour 222 millions d’euros, mais qui vit depuis des années grâce au sport, notamment l’athlétisme…qu’il n’a jamais pratiqué et à propos duquel il n’a pas l’once d’une compétence technique. J’arrête là car cela prend trop de temps de décrire les tribulations de ces « insoumis » qui, en réalité n’en sont pas vraiment.

Changeons de sujet à présent et passons au Tour de France, pour dire que cette année pourrait bien être la dernière victoire dans l’épreuve de Froome, ce dernier paraissant sur le déclin. Il me fait penser un peu à Jacques Anquetil en 1964, vainqueur de Poulidor pour moins d’une minute (55s), ou encore à Bernard Hinault qui a gagné le Tour 1985 sans être réellement le plus fort, son coéquipier Greg LeMond s’étant interdit de l’attaquer. La preuve l’année suivante, il sera nettement battu par ce même LeMond, ce qui ne l’empêchera pas de terminer sa carrière (à 32 ans) sur une excellente note. Froome n’en est pas encore à la fin de sa carrière, mais il commence à prendre de l’âge (32 ans). Certes il n’est apparu au firmament du cyclisme qu’en 2011 en terminant second de la Vuelta, après n’avoir jamais rien gagné auparavant, ce qui malheureusement pour lui a laissé beaucoup de place aux suspicions de toutes sortes, mais il semble n’être plus le Froome dominateur que l’on a connu entre 2012 et 2016. Rappelons qu’il a remporté ce Tour vraiment à l’économie avec seulement 54s sur Uran, 2mn20 sur Bardet et 2mn 21s sur Landa son coéquipier, qui était peut-être le plus fort de tous.

Sans que ce soit aussi flagrant qu’en 2012 quand Froome fit cadeau de sa victoire à Wiggins, nettement inférieur en montagne, je pense qu’un Landa protégé aurait pu l’emporter cette année. Dans sa nouvelle équipe l’an prochain, le Basque espagnol pourrait faire très mal à Froome et aux autres…s’il est leader, ce qui n’est pas acquis s’il rejoint la Movistar avec ses deux leaders Valverde et Quintana. En tout cas, sauf accident comme cette année, il sera un grand favori du Giro 2018, s’il le court. Et s’il progresse encore un peu plus contre-la-montre, tout comme Bardet, il sera dangereux lors du Tour de France, car Landa a montré que le doublé Giro-Tour n’est pas impossible, comme je l’ai toujours pensé. Pour mémoire Landa a couru le Giro où il a brillé (une victoire d’étape en montagne et le prix du meilleur grimpeur). Certes il n’avait pas la pression d’être leader après sa chute au début de l’épreuve, mais il a participé à de nombreuses échappées, ce qui ne l’a pas empêché d’arriver en grande forme au Tour de France, contrairement à Quintana (2é du Giro) ou à Contador en 2015, qui semblait cramé après son Giro victorieux et qui subissait déjà les affres du déclin.

Mais ce même Contador aurait réussi ce doublé à coup sûr, comme je l’ai souvent indiqué sur ce site, sans les problèmes qu’il a connus lors du Tour 2010, et qui l’ont partiellement détruit alors qu’il était au sommet de son art. L’UCI s’est d’ailleurs ridiculisée en lui enlevant la victoire lors du Giro 2011, qu’il avait écrasé de toute sa classe devant Scarponi et Nibali, alors qu’il était l’objet d’une surveillance exacerbée de la part de l’UCI et de l’Agence mondiale antidopage. Enfin, pour tous les amoureux de ce sport magnifique qu’est le vélo, Contador restera un des plus grands champions de l’histoire avec ses 9 grands tours remportés, car évidemment on compte dans son palmarès le Tour 2010 et le Giro 2011 gagnés sur la route sans que personne n’ait pu prouver qu’il se dopait. Et si je parle encore une fois de Contador c’est parce qu’il a décidé d’abandonner la compétition après la prochaine Vuelta, épreuve durant laquelle, en hommage à ses trois victoires, il portera le numéro 1.

Pour tous les amoureux du vélo, cela va être un grand manque, Contador nous ayant prouvé qu’il fut à la fois un extraordinaire baroudeur, et un immense champion, juste derrière les Merckx, Hinault, Coppi, Anquetil, se positionnant parmi les très grands avec Bartali, Bobet, Indurain ou Armstrong. Je n’en dirai pas davantage sur ce campionissimo espagnol, tellement j’ai abreuvé mon site d’articles sur le Pistolero. Souhaitons quand même qu’après avoir fini dans les dix premiers son dernier Tour de France, il finisse cette fois la Vuelta dans le top 5 pour sa dernière course. Il le mérite amplement, au vu de ce qu’il a apporté au cyclisme, en rappelant notamment ses envolées sublimes du Giro 2011, son extraordinaire numéro dans l’étape menant à Fuente Dé qui lui permit de renverser la situation et de s’imposer lors de la Vuelta 2012, qui marquait son retour après presque un an sans courir, sans oublier le Tour 2009 où son attaque supersonique sur les pentes vers Verviers lui permit de prendre le maillot jaune et de le garder jusqu’à Paris en battant Andy Schleck et Armstrong. Nul doute que son intelligence et son sens des affaires lui permettront de vivre sa retraite de la meilleure des façons, sans oublier les jeunes de sa fondation, dont un peut-être reprendra le flambeau qu’il va laisser ces prochaines semaines. Au revoir et merci cher Pistolero au nom de tous les amoureux du vélo.

Michel Escatafal

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Les remontadas se font (presque) toujours au détriment des Français

Et oui, mercredi soir nous sommes des millions à avoir vécu un cauchemar avec le PSG, même si certains crétins sont heureux d’avoir vu « le QSG », comme ils disent avec des relents nauséabonds, éliminé de la plus prestigieuse des compétitions de club. Cauchemar en raison de l’ampleur de cette défaite horrible contre le FC Barcelone (6-1), ce qui ne nous empêche pas de saluer la victoire de Lyon, hier soir, après une belle remontée contre l’AS Roma en Ligue Europa. Evidemment on n’en parle pas autant que mérité, parce que la Ligue Europa n’intéresse pas grand monde et ne concerne que les clubs éliminés ou non qualifiés en Ligue des Champions. Fermons la parenthèse et revenons à cette défaite du PSG contre le Barça qui, aux yeux de nombreux observateurs, aura du mal à aller loin dans cette Ligue des Champions, ce qui ajoute encore plus d’amertume aux yeux des amateurs de football parisiens et français. Car ce n’est pas seulement une défaite, mais une véritable humiliation qui, malgré des décisions arbitrales très contestables (le penalty accordé à Suarez à la 87è minute, survenant après celui refusé à Di Maria* à la 84è minute beaucoup plus flagrant, comme l’a reconnu Mascherano un peu plus tard) qui vaudront à l’arbitre d’être reversé en Europa League ou d’être carrément mis à l’écart, laisse quand même penser à une grosse faute professionnelle collective, en raison de la faillite et de la pusillanimité de la formation parisienne pendant la quasi totalité de ce match.

Collective parce que c’est le job du staff technique et des joueurs qui a été mal fait, et certainement aussi celui du staff dirigeant si on regarde un peu en arrière, en faisant ici allusion au manque de patience des décideurs qataris, qui prennent des décisions surprenantes avec leurs directeurs de football ou sportifs (Kluivert et Leonardo), qui font que les entraîneurs s’en vont très vite (Ancelotti), faute d’attendre des jours meilleurs après quelques défaites, ou qui sont virés après une énorme déception, ce qui fut le cas de Laurent Blanc après trois années sur le banc…qui lui avaient permis de renouveler son contrat pour deux ans…juste avant d’être licencié. Ce sera sans doute aussi le cas avec Emery, surtout s’il ne gagne pas le championnat ou les coupes nationales. Comment pourrait-il rester en poste après une pareille déculottée, et surtout après avoir entrevu la qualification jusqu’à la 87è minute après le but de Cavani, qui obligeait le Barça a mettre trois buts sans en encaisser en moins de 7 ou 8 minutes.

C’est pour cela que l’on emploie partout dans la presse les mots de naufrage, cauchemar et je suis poli, même si l’arbitre, je le répète, a aussi beaucoup contribué à la qualification d’un FC Barcelone loin d’être aussi brillant qu’à ses plus belles heures, ce qui doit ajouter au courroux des patrons du PSG à Doha. C’est aussi pour cela que l’on attend avec impatience la réaction des décideurs qataris, dont l’équipe qui devait être le phare sportif du Qatar, aura réussi le tour de force d’être la première dans l’histoire de la Coupe d’Europe à avoir été éliminée après avoir gagné 4-0 le match aller. Quelle humiliation pour les dirigeants de l’émirat!

Voilà j’arrête là sur ce match qui a dû causer énormément d’insomnies chez les amateurs français de football, car évidemment tous les journaux et autres sites web de notre pays et d’Espagne ne parlent que de cela. Et certains de s’interroger sur la détermination de QSI à continuer à injecter des sommes très importantes, même pour un Etat, pour aboutir à être dans l’incapacité de dépasser les quarts de finale en Ligue des Champions ou les huitièmes cette année. Cela dit, après ce serait peut-être un mal pour un bien, puisque cela pourrait obliger le PSG a piocher dans son centre de formation, riche de quelques éléments prometteurs qui, sans cet accident industriel, n’auraient peut-être jamais eu leur chance. Or Rabiot, puis à présent Kimpembe et même N’Kunku, ont prouvé lors du match aller contre ce même Barça qu’ils avaient toutes les qualités pour s’imposer dans ce PSG. Et d’autres comme Callegari ou Georgen devraient aussi avoir leur chance plus tard, ce qui éviterait de dépenser des sommes très importantes pour des joueurs qui ne leur sont pas forcément supérieurs…ou qui ne jouent pas (Krychowiak, Jese etc.) N’oublions pas que le Barça a formé ou récupéré très tôt Messi, Piquet, Iniesta, Busquet, Xavi ou encore Puyol.

Si j’arrête là, c’est aussi parce que ce qui est arrivé au PSG, fut-il version qatari, s’est déjà souvent produit au détriment de nos clubs, coureurs, athlètes ou équipes de France. Il n’y a guère que le handball qui ait échappé à ce type de catastrophe, ce qui est l’exception qui confirme la règle. C’est la raison pour laquelle, sur ce site qui se veut consacré à l’histoire du sport, je veux évoquer quelques souvenirs personnels qui m’ont occasionné des nuits blanches, quand j’étais jeune et très sportif et après. Je vais en prendre quatre, parce que ce sont les plus douloureux avec celui d’hier soir, pour le pratiquant et ou supporter que j’étais. Je vais donc commencer par le plus ancien, qui date de 1964, et qui concerne un sport, l’athlétisme, que j’ai pratiqué très jeune et que j’ai toujours aimé jusqu’à aujourd’hui, mon blog en témoigne. C’était à l’occasion des Jeux Olympiques de 1964 et cela concernait, non pas un sprinter comme j’aurais aimé être, mais sans doute le plus grand miler français de l’histoire, en même temps que le premier sportif français capable de faire interrompre un journal télévisé (comme on disait à l’époque) pour retransmettre une de ses multiples tentatives de record du monde (1500m, mile, 2 miles, 3000m et 5000m), je veux parler de Michel Jazy. J’ai déjà évoqué son palmarès sur ce site, ce qui me permet de rappeler qu’il fut médaille d’argent du 1500m aux J.O. de Rome en 1960, double champion d’Europe du 1500 et du 5000m, et recordman du monde du mile et du 3000m. Il n’a pas été champion du monde, parce qu’à l’époque il n’y en avait pas et il n’a pas été champion olympique…parce qu’il a eu peur de l’être en 1964. Pourquoi j’écris cela? Parce que si Michel Jazy avait couru le 1500m, il l’aurait gagné sans problème pour la bonne raison qu’il n’avait jamais été aussi fort sur cette distance, et que le seul qui aurait pu le battre, le Néo-Zélandais Peter Snell, n’aurait pas participé au 1500m si Jazy avait choisi cette épreuve, se sachant a priori inférieur au Français. Mais celui-ci qui était « monté » sur 5000m l’année précédente, pensait que sa plus sûre chance de médaille d’or se situait sur cette distance que, pourtant, il ne maîtrisait pas complètement.

Résultat, après avoir laissé le champ libre à Snell sur 1500m, qui pulvérisa ses adversaires, Jazy se présenta au départ du 5000m en favori, avec le recordman du monde de l’époque Ron Clarke, qu’il était certain de battre dans la dernière ligne droite. A priori, c’était un bon calcul…à condition de n’être pas paralysé par la peur, un peu comme le PSG hier soir. Pour cela il suffisait à Jazy de relayer Ron Clarke quand celui-ci accélérait , afin de se retrouver face à face dans le dernier tour. Au lieu de cela, Jazy s’est contenté de suivre Clarke comme son ombre emmenant avec lui le peloton quasiment jusqu’à la cloche. Théoriquement tout était encore jouable puique Jazy était de loin le meilleur de tous sur 1500m et même 800m. Mais c’était sans compter sur deux éléments imprévus avant la compétition : d’abord la pluie qui rendait la cendrée très lourde et une violente attaque de l’Américain Dellinger aux 450m, à laquelle Jazy eut le tort de répondre immédiatement, ce qui l’obligea à lancer le sprint aux 350m. Tout le monde fut instantanément décroché, à commencer par l’Allemand Norpoth, qui se retrouva à plus de 10m, l’autre Américain, Schul, étant plus loin encore. Pour tout le monde, la course était pliée à cet instant, sauf qu’à l’entrée du dernier virage Jazy commença à se crisper, en même temps que Schul commençait sa remontada. Et celle-ci fut d’autant plus efficace que Jazy commençait à payer sa terrible accélération de la ligne opposée, sur une cendrée détrempée. Schul le rejoignit à environ 60m de la ligne, et le passa sans coup férir, Jazy en perdition laissant passer Dellinger et Norpoth, pour finir à la quatrième place. Terrible désillusion pour un athlète qui moins d’un an plus tard battra tous ses adversaires à Helsinki, dont Schul et Clarke, et s’avèrera comme le nouveau crack de la distance. L’année suivante il sera champion d’Europe en battant nettement Norpoth qui avait pris la deuxième place à Tokyo.

Autre remontada de triste mémoire, celle des Gallois à Cardiff en 1966, pour ce qui était la finale du Tournoi des 5 Nations entre les deux meilleurs ennemis de l’époque, qui étaient aussi les deux meilleures équipes de rugby de l’hémisphère Nord. Si la Coupe du Monde avait existé à cette époque, sans doute les deux nations en auraient remporté une. Fermons la parenthèse et revenons à l’Arms Park de Cardiff, où un vent terrible soufflait en bourrasques sur le terrain. Les Français avec une équipe ultra offensive où l’on retrouvait à l’ouverture Gachassin et les frères Boniface au centre attaquaient ce match à fond sous l’impulsion de son capitaine Michel Crauste. Et ils prenaient très vite leur distance avec les Gallois, malgré le fait que les Gallois d’Alun Pask avaient choisi de jouer avec le vent dans le dos en première mi-temps. Essai de Duprat au bout de 2 minutes de jeu comme à la parade. Hélas, et c’est très important, faute de concentration sans doute, Lacaze manquait la transformation pour avoir négligé le vent et pris trop de recul pour ce coup de pied. Pas grave se disait-on, d’autant qu’à la treizième minute le troisième ligne Rupert interceptait et allait aplatir entre les poteaux après une course de 60 mètres. Cette fois Lacaze réussissait la transformation, et cela faisait 8-0 contrele  vent après moins d’un quart d’heure de jeu. Certes les Gallois réussissaient à passer deux pénalités au milieu de la première mi-temps, mais tout le monde se disait qu’en deuxième période, après les « citrons » comme on disait à l’époque, les Français n’allaient faire qu’une bouchée de ces Gallois avec l’appui du vent.

Hélas ce ne fut pas le cas, précisément à cause du vent. A 10 minutes du coup de sifflet final, Dauga prend la balle en touche dans les 22m gallois. La balle arrive à Gachassin qui perce et adresse une passe lobée, comme il en a fait des milliers à l’entraînement avec le FC Lourdes, à André Boniface. Et là c’est le drame, une rafale de vent empêche le ballon de tomber dans les mains d’André Boniface et atterrit dans les bras de l’ailier Stuart Watkins, tout surpris de pareille aubaine, lequel va marquer un essai de 90 m, presque sans opposition, la course de Claude Lacaze pour essayer de stopper l’ailier Gallois s’avérant vaine. Les Gallois venaient de prendre l’avantage contre toute attente (9-8), laissant les Français désemparés. Pourtant une ultime chance leur est offerte par l’arbitre à la dernière minute sous la forme d’une pénalité en moyenne position. Malgré un bon coup de pied, Lacaze ne convertira pas cette offrande, le ballon passant tout près des poteaux emporté par le vent. Tous ceux qui comme moi avaient le rugby dans le sang n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer, ce qui allait provoquer une véritable révolution de palais dans le petit monde du rugby français, et mettre fin définitivement à la carrière internationale des frères Boniface…qui n’étaient pour rien dans cette énorme désillusion. De quoi dire : ô rage, ô désespoir, ô tempête ennemie! N’ai-je donc tant vécu que pour vivre pareille infamie?

Mais le plus dur restait encore à venir, presque 16 ans plus tard, le 18 juillet 1982, avec le célèbre France-Allemagne en demi-finale de la Coupe du Monde de football 1982. Ce soir-là rien ne nous fut épargné, à commencer par l’agression de Schumacher, le gardien allemand, sur Battiston pendant la deuxième mi-temps de la rencontre, alors qu’il venait juste de rentrer, sans que l’arbitre ne bronche, n’accordant même pas un carton jaune pour un geste qui eut mérité l’expulsion immédiate (sortie les pieds en avant alors que Battiston n’avait plus le ballon qui valut au joueur français trois dents cassées et surtout une vertèbre endommagée). Ensuite ce fut le tir sur la barre d’Amoros à la toute fin du temps réglementaire qui s’écrasa sur la barre transversale, et qui amena les deux équipes en prolongations (1-1 à la fin du match). Et là, alors que les Français menaient 3-1 grâce à deux buts de Trésor et Giresse, alors qu’il restait 20 minutes à jouer, les Bleus se firent remonter en encaissant deux buts allemands à la 104è et la 110è minute, ce qui obligea les deux équipes à se départager aux tirs au but, les Allemands en convertissant 5 contre 4 aux Français, Bossis manquant son tir, trop mou, facilement arrêté par Schumacher…qui n’aurait pas dû être là depuis bien longtemps. Bien que n’ayant jamais joué au football, j’ai toujours été intéressé par ce sport, et ce fut pour moi une terrible déception, qui m’obligea à l’époque à prendre ma voiture et à faire au moins 50 kilomètres pour me remettre (un peu) de mes émotions.

Enfin dernière remontada que je voudrais évoquer, qui concerne un sport que j’ai adoré et pratiqué très longtemps, celle de Greg LeMond, lors de la dernière étape du Tour de France 1989, au détriment de Laurent Fignon. En ce dernier jour de Tour, personne n’imagine que LeMond puisse reprendre plus de 50s à Laurent Fignon, contre la montre entre Versailles et Paris, sur une distance de 24,500 km, d’autant que si LeMond est un excellent rouleur, Fignon n’était pas manchot dans l’exercice. La preuve, il remporta le Grand Prix Nations cette même année 1989, en rappelant une fois encore que cette épreuve était considérée comme le véritable championnat du monde c.l.m., jusqu’à la création officielle de ce titre (1994). Néanmoins Laurent le Magnifique, comme certains l’appelaient, souffrait de deux handicap au départ de cette étape, l’un était technique parce qu’il ne disposait pas comme LeMond d’un vélo doté d’un guidon à double géométrie, et l’autre, médical, parce qu’il avait une induration à la selle qui le tenaillait depuis quelques jours. Malgré tout, presque une minute à reprendre pour le champion américain, c’était quand même beaucoup. Et pourtant, juché sur son vélo supersonique pour l’époque, avec son énorme braquet (54×12 soit 9m30 de développement), LeMond allait réussir l’impossible exploit, au prix d’un départ de fou, qui lui permit de refaire une grande partie de son handicap dès les premiers kilomètres, avant de porter l’estocade dans les dernières encablures du parcours entre la place de la Concorde et l’arrivée sur les Champs. LeMond l’emportait pour 8 secondes, à la moyenne de 54.545 kmh, soit un écart de 120 mètres pour une course de 3285 km! Quelle remontada pour LeMond, mais quelle tristesse pour Fignon et tous ses nombreux supporters, dont je faisais partie. J’ai fini ma soirée hébété, abattu, errant comme une âme en peine au bord de la plage à Agde, en ayant cette vision apocalyptique de Fignon écroulé et battu sitôt la ligne d’arrivée franchie. Espérons simplement que le PSG se relève de cette tragédie pour le club, comme Fignon s’était relevé de celle du Tour 1989 avec sa victoire dans le GP des Nations deux mois plus tard, et comme il s’est relevé l’an passé de sa triste défaite contre Manchester City en réalisant le triplé une nouvelle fois (champion de France et vainqueur des deux coupes).*

Michel Escatafal
* Sans parler du penalty imaginaire contre Marquinhos à la 91è minute, il y a d’abord une énorme faute d’arbitrage sur une main de Mascherano dans la surface à la 11è minute de jeu, et plus encore le penalty non sifflé sur Di Maria à la 85eme minute sur une grosse faute de Mascherano qui fauche le joueur parisien en pleine surface de réparation alors que ce dernier va au but. Sentence normale : penalty et carton rouge. Que fait l’arbitre de surface, qui n’avait pas hésité pas à faire revenir l’arbitre sur sa décision sur le penalty sifflé contre Meunier, qui n’est en rien scandaleux même si c’est très sévère, quand il faut prendre cette décision ? Paris serait revenu à 3-2, à 11 contre 10 et je vous fais grâce de la suite…ce qui n’enlève rien au match médiocre du PSG, sauf qu’il serait qualifié.

Michel Escatafal


Kopa restera à jamais le Napoléon du football

kopaStanley Matthews en 2000, Di Stefano en 2014, George Best en 2005, Josef Masopust en 2015, Lev Yachine en 1990, Eusebio en 2014, Omar Sivori en 2005, Ferenc Puskas en 2006, Sandor Kocsis en 1979, Johan Cruyff en 2016, et Raymond Kopa en 2017. Voilà un bien beau panel d’immenses footballeurs, avec l’année de leur disparition, qui, en plus d’avoir accumulé les trophées nationaux, européens ou mondiaux, ont en commun d »avoir été Ballon d’Or, plus prestigieuse distinction personnelle pour un footballeur, sauf pour les deux Hongrois (Puskas et Kocsis), que j’ai tenu à inclure dans cette liste tellement ces deux joueurs auraient mérité d’y figurer. Donc si j’écris cela, c’est aussi et surtout parce que hier matin ils ont été rejoints au paradis des footballeurs par Raymond Kopa, un des plus grands joueurs de l’histoire du football mondial, mais aussi un précurseur dans ce monde du ballon rond par son sens des affaires. Kopa n’était pas qu’un génie du jeu qui l’a amené au firmament de son sport, c’était aussi un précurseur de ce qu’allait devenir le football des années 2000, où l’argent est devenu le symbole du sport le plus connu et pratiqué dans le monde. Et de l’argent il a su en gagner…et en gagnerait encore plus aujourd’hui s’il avait 25 ans.

Parlons donc aujourd’hui de Raymond Kopa footballeur, qui est considéré par tous ceux qui connaissent l’histoire du football comme un des trois plus grands joueurs français de tous les temps avec Platini et Zidane. Bien entendu je ne vais pas faire une hiérarchie entre les trois, parce que les plus jeunes diront que c’est Zidane qui fut le meilleur, les moins anciens voteront Platini, et les plus anciens Kopa. Cependant, à défaut de désigner le meilleur, chacun sait bien que ces trois joueurs représentent ce que notre football a produit de meilleur, chacun d’eux symbolisant aussi une des plus belles périodes de l’équipe de France.

Kopa, c’est l’équipe de 1958 qui termina troisième de la Coupe du Monde, avec le titre de meilleur joueur pour son meneur de jeu. Platini, c’est l’équipe de France qui remporta le championnat d’Europe des Nations en 1984, en étant à la fois le meilleur joueur et le meilleur buteur de la compétition (9 buts en 5 matches). Quant à Zidane, c’est la France championne du Monde 1998 (avec ses deux buts en finale) et championne d’Europe 2000. Enfin pour bien montrer que le choix des amateurs de football n’est pas subjectif, il faut se rappeler, comme je l’ai dit précédemment, que Kopa fut avec Di Stefano le meilleur joueur du Real Madrid entre 1956 et 1959, qui dominait à cette époque le monde du football de club, que Platini a été élu meilleur joueur de la Juventus toutes époques confondues, en plus d’avoir obtenu trois fois consécutivement le Ballon d’Or, et que Zidane fut avec Ronaldo (le Brésilien) le joueur qui symbolisa le Real du début des années 2000.

La véritable carrière de Raymond Kopa, qui a démarré dans la vie comme mineur, commença en avril 1951, avec le match nul du SCO d’Angers (à l’époque en D2) dans un match amical contre le Stade de Reims, qui avait remporté la Coupe de France l’année précédente, et qui comptait dans ses rangs des joueurs comme le gardien Sinibaldi, ou encore Jonquet et Penverne qui seront de la campagne de Suède en 1958, sans oublier le Hollandais Appel. Peu importe le résultat (match nul 4-4), mais ce jour-là un homme allait éclabousser le match de tout son talent, notamment par ses dribbles extraordinaires, Raymond Kopazewski. Il était tellement doué ce jeune joueur de 20 ans, fils de Polonais, qu’Albert Batteux, l’entraîneur du club champenois, s’empressa de le faire signer au Stade de Reims. Voilà comment Raymond Kopa, comme on l’appellera désormais, s’est retrouvé propulsé dans un des meilleurs clubs européens, parce que le Stade de Reims dans les années 50, c’était au minimum le top 5 du foot mondial, comme nous dirions de nos jours, avec comme différence que les les plus grands clubs avaient une équipe comportant en majorité ou presque totalement des joueurs nationaux.

Fermons la parenthèse et revenons à Kopa pour dire qu’à partir de son arrivée à Reims, sa carrière va suivre une trajectoire rectiligne qui va le mener en équipe de France à l’âge de 21 ans, sitôt après qu’il fût naturalisé français. Il honorera la première de ses 45 sélections contre l’Allemagne, le 5 octobre 1952, à Colombes devant 56.000 spectateurs. C’était une équipe très jeune qui avait été composée à cette occasion, avec Roger Marche comme capitaine et doyen d’âge (28 ans). Parmi les jeunes de cette équipe figuraient Penverne, mais aussi Cisowski qui deviendra un des meilleurs buteurs de l’histoire de notre football, l’ex-Hongrois Joseph Ujlaki qui aura eu le malheur d’arriver au sommet en même temps que Kopa, ou encore le gardien Ruminski et le défenseur Gianessi. Cette équipe allait réussir une très belle performance en l’emportant par 3 buts à 1, avec des buts d’Ujlaki, Cisowski et Strappe.

Ensuite Kopa allait devenir très vite le patron sur le terrain du Stade de Reims, avec qui il deviendra à quatre reprises champion de France, et de l’équipe de France, au point d’être appelé le 17 mars 1955 le « Napoléon du football » par les Espagnols, à l’issue d’une victoire au stade Santiago Bernabeu (où jouait le Real Madrid), contre l’Espagne (2-1), avec un but de Kopa qui fut véritablement exceptionnel ce jour-là. Cette performance du meneur de jeu français allait donner évidemment des idées au Real qui le recrutera un an plus tard, en 1956. Auparavant Kopa et le Stade de Reims avaient remporté la Coupe Latine (1953), ancêtre de la Coupe d’Europe, en battant l’AC Milan à Lisbonne (3-0) avec des buts de Jonquet, Kopa et un remarquable jeune joueur, Francis Meano, qui hélas allait trouver la mort accidentellement quelques jours plus tard à l’âge de 22 ans.

Ensuite pour Kopa ce sera l’épopée européenne avec le Stade de Reims, qui arriva en finale de la première Coupe d’Europe contre le Real Madrid (1956), après avoir notamment éliminé en quart de finale le club hongrois de Voros Lobogo, où opéraient Hidegkuti, Sandor, Sipos ou Zakarias, tous membres de la grande équipe de Hongrie de Puskas et Kocsis. Le Real Madrid remportera cette finale sur le score de 4-3, à l’issue d’un match que les Rémois n’auraient jamais dû perdre, ayant mené 2-0 après dix minutes de jeu. Ce n’était que partie remise pour Kopa, puisqu’il allait remporter les trois Coupes d’Europe suivantes en 1957, 1958, et …contre le Stade de Reims en 1959, finale qu’il finit blessé suite à un choc avec Vincent, je devrais plutôt dire une agression. Cette blessure, à la cheville droite, n’allait pas être sans conséquence, puisque cette cheville ne le laissera plus jamais tranquille jusqu’à la fin de sa carrière, malgré plusieurs opérations.

En tout cas à cette époque Raymond Kopa était considéré comme le meilleur joueur de la planète avec Di Stefano, son coéquipier du Real, un peu comme de nos jours le duel Messi-Ronaldo, sauf que les deux joueurs opéraient dans la même équipe. Pendant sa période madrilène (1956-1959) où il conquit aussi le titre de champion d’Espagne à deux reprises (1957 et 1958), Raymond Kopa joua ailier droit la plupart du temps, le poste de meneur de jeu étant réservé à Di Stefano. Pour l’anecdote je rappellerais une phrase attribuée à Raimundo Saporta, véritable bras droit du président Santiago Bernabeu, répondant à Raymond Kopa qui regrettait de ne pas pouvoir s’exprimer à son meilleur poste : « Ecoute, tu es payé, et même très bien payé. Alors tu dois savoir qu’ici le numéro un c’est Di Stefano, et le numéro deux c’est toi ! ». Néanmoins, ce poste excentré ne l’empêchera pas de marquer 48 buts en 158 matches. En outre il remportera le ballon d’Or en 1958 (accompagné par Fontaine sur le podium) et sera deuxième en 1959, derrière Di Stefano. Kopa sera aussi sacré en 1958 meilleur joueur de la Coupe du monde, comme je l’ai écrit précédemment, devant des joueurs comme les Brésiliens Didi et Pelé, remportant la troisième place avec l’équipe de France, une performance qui aurait pu être plus belle encore sans la blessure de Jonquet contre le Brésil, alors que le score était nul (1-1). Kopa, meilleur joueur, et Fontaine, meilleur buteur (13 buts), étaient au firmament du football mondial, et allaient se retrouver au Stade de Reims au début de la saison 1959-1960.

Kopa en effet, ne pouvant être libéré à sa guise pour jouer avec la sélection nationale, décide de revenir à Reims pour une durée de six ans. Ce fut le premier joueur à disposer d’un contrat à temps, pour lequel il s’était beaucoup battu, et qui allait lentement devenir la règle pour tous les joueurs (1968) qui, auparavant, appartenaient à vie à leur club, au point d’être transférés dans un autre club sans être mis au courant du transfert (cas de Penverne transféré au Red Star en 1959). Il allait aussi être le premier à devenir une icône en termes de marques avec des chaussures, des vêtements ou encore des jus de fruits à son nom. Cela dit, et pour revenir au jeu proprement dit, Kopa et Fontaine n’auront pas, hélas, l’occasion de beaucoup jouer ensemble sous le maillot rouge (Reims) ou bleu (équipe de France), car Kopa n’en finissait plus d’avoir des problèmes à sa cheville, et Fontaine devant arrêter le football à 28 ans (1962), après avoir marqué 165 buts en 200 matches de championnat et 30 buts en 21 sélections (statistiques hallucinantes, supérieures à celles de Messi et Ronaldo), suite à deux fractures de la jambe (1960 et 1961).

Kopa, pour sa part, disputera son dernier match avec l’équipe de France le 11 novembre 1962 (défaite contre la Hongrie 3 buts à 2), avant de refuser toute sélection suite à un différend avec le sélectionneur de l’époque G. Verriest, qui s’obstinait à vouloir le faire jouer ailier droit. Malgré tout, l’empreinte que laisseront les duettistes Kopa et Fontaine restera indélébile dans l’histoire du football français, et ils symboliseront à jamais le jeu à la rémoise des années 50 avec Piantoni, au point qu’on parlait à l’époque du trio Fo-Ko-Pi comme on avait parlé quelques années auparavant du trio suédois du Milan AC Gre-No-Li qui voulait dire Gren-Nordhal-Liedholm. Voilà un tout petit résumé de la carrière de Raymond Kopa, qui restera à jamais le « Napoléon du football », excellente comparaison en faisant référence au génie militaire du vainqueur d’Austerlitz .

Michel Escatafal


« Ô rage !ô désespoir !ô vieillesse ennemie » ! Hélas, J. M. Aulas n’est pas Don Diègue

Aulas« Ô rage !ô désespoir !ô vieillesse ennemie » ! Et pour parodier Corneille, j’aurais envie d’écrire : N’ai-je donc tant vécu que pour dire des infamies ? Oui, J.M. Aulas n’en rate pas une, comme en témoigne sa phrase sur « le championnat du Qatar » « bien spécifique et réduit à une seule équipe (PSG) », après le match de samedi où l’Olympique Lyonnais affrontait Ajaccio. Des propos d’une stupidité sans nom. Tellement stupides qu’il a cru bon d’affirmer qu’il voulait « faire un mot d’humour ». Comme humour, il y a plus intelligent! Ce Monsieur a donc franchi une fois de plus la ligne jaune et même rouge, en parlant ainsi du PSG et de son actionnaire qatari, avant de se rétracter piteusement face au tollé que cette sortie a suscité y compris chez ses proches, dont paraît-il chez le coactionnaire du club. A noter que personne ne s’offusque en Angleterre que Chelsea ait un actionnaire richissime russe ou que celui de Manchester City soit émirati.

En France hélas, pays où les imbéciles franchouillards sont légion, on n’aime pas le PSG parce qu’appartenant au Qatar et parce que ce club a beaucoup d’argent. On déteste l’argent en France, même si on joue énormément au Loto pour en gagner. Passons ! Cela dit, ce qui m’apparaît le plus incompréhensible, c’est qu’autant de supporters lyonnais puissent soutenir contre vents et marées tout ce que fait et dit Aulas. Voilà simplement ce que m’inspire cette nouvelle sortie d’un homme à l’égo surdimensionné, qui respire la jalousie à plein nez. Désolé, Monsieur Aulas, mais si l’envie ne meurt jamais, vous mourrez malheureux, parce qu’il y aura toujours des gens plus riches que vous, des clubs plus grands que le votre, lequel mériterait sans doute un président moins irrévérencieux, qui a même parlé du Mexique comme d’un pays exotique pour pousser le sélectionneur à choisir Lacazette plutôt que Gignac pour l’Euro en juin prochain. Je pourrais aussi ajouter que jamais on n’entend les présidents des grands clubs européens se livrer sans cesse à des commentaires plus débiles les uns que les autres sur Twitter ou ailleurs. On a la classe ou on ne l’a pas!

Puisque je parle des grands clubs européens, y compris ceux qui n’ont pas autant d’argent à leur disposition que le PSG, le Real, le Barça, le Bayern, les clubs anglais du Big Four ou la Juventus, il y en a deux qui suscitent une énorme sympathie à travers l’Europe : l’Altlético Madrid et Leicester City FC. L’Atlético Madrid, parce qu’avec un budget proche de celui de l’Olympique Lyonnais, de l’Olympique de Marseille ou de l’AS Monaco, il va régulièrement en finale ou en demi-finale de la Ligue des Champions, et Leicester City, parce qu’il vient de remporter le titre de champion d’Angleterre, avec un budget infiniment moindre que celui de deux Manchester, de Chelsea, d’Arsenal, de Tottenham ou Liverpool. Il y a même dans cette équipe, dont les propriétaires sont thaïlandais (oui Monsieur Aulas !), dirigée par l’ancien entraîneur de Monaco, Ranieri, limogé sans ménagement malgré de bons résultats, des joueurs méconnus dans le monde du football jusqu’à ce printemps, à commencer par deux qui ont démarré leur carrière en Ligue1, Mahrez (au Havre AC jusqu’en 2014) et Kanté (au SM Caen jusqu’en 2015), sans parler de Vardy, son meilleur buteur que personne ne connaissait sur la scène internationale, et qui a quand même marqué 24 buts en 40 matches cette saison. Et pour cause, Leicester City n’a jamais été vraiment habitué à tutoyer les sommets (ils étaient en Football League Championship jusqu’en 2014), contrairement au rugby, ce qui est normal pour une ville un peu plus grande que Montpellier et un peu moins que Lyon.

Cela me fait penser un peu à l’aventure de Montpellier en 2011-2012, quand les Héraultais ont devancé le PSG d’Ancelotti, qui avait remplacé Kombouaré début janvier, avec à sa disposition des joueurs comme Pastore, Matuidi, Menez (aujourd’hui au Milan AC), Gameiro (meilleur buteur du FC Séville qui a gagné la dernière Ligue Europa), Sirigu, et un peu plus tard dans la saison (à partir du 1er janvier), Thiago Motta, Maxwell ou encore Alex. Et qui y avait en face à Montpellier ? Un bon entraîneur de Ligue1, Girard, quelques très bons joueurs, comme Giroud ou Belhanda, ou encore un cran en dessous Camara, Mapou, Spahic et Hilton. Espérons pour Leicester que leur aventure en Ligue des Champions soit plus brillante l’an prochain que celle de Montpellier la saison qui a suivi son titre, ce qui signifierait que ce titre n’aura pas été qu’un feu de paille. Néanmoins, la caractéristique des miracles est que ce sont des évènements qui se reproduisent très rarement, et dans le cas de Leicester, malgré les importants moyens des clubs anglais, on peut hélas craindre que cette équipe ne perde ses meilleurs éléments.

Michel Escatafal


Les grandes équipes de club du football français depuis 1950 (2)

Nantes 1996PSG1996-OlPartie2

Avant de continuer ce que j’ai commencé la semaine dernière, je voudrais évoquer rapidement la stupidité de Serge Aurier, hélas beaucoup plus bête que méchant. Certes ce qu’il a dit dans cette vidéo enregistré samedi soir, qui pue la vulgarité et l’imbécilité, et qui dénote le manque de discernement de deux individus qui ont semble-t-il du sable à la place des neurones, est extrêmement blessant, notamment vis-à-vis de son entraîneur, Laurent Blanc, lequel était venu le chercher à Toulouse, avant de lui faire confiance cette année après une première année galère au PSG. Cela étant je crois sincèrement qu’il faut dire à propos d’Aurier : « Pardonne-lui, car il ne sait pas ce qu’il fait ». Décidément le football rend fou nombre de joueurs et de supporters, car ceux-là aussi sont parfois bêtes à lier, comme en témoignent les remarques de certains sur les réseaux sociaux, elles aussi affligeantes de médiocrité. Il est vrai que rien n’est fait pour rendre ce petit monde meilleur, surtout quand on voit les agissements du président de l’Olympique Lyonnais qui, « pour préserver son club » aux dires de ses plus fidèles soutiens, ne cesse de gémir à tout propos sur les arbitres et de critiquer le PSG, rival honni parce que trop puissant par rapport à son Olympique Lyonnais, ou ses rivaux pour la seconde place qualificative pour la Ligue des Champions, tout cela parce que financièrement son club a terriblement besoin des 30 millions octroyés aux participants à la phase de poules. Et oui, un stade de 60000 places ça coûte cher…surtout s’il est rempli trois ou quatre fois par an. Ce n’est pas pour rien que l’action OL Groupe vaut 1.99 euros, alors que son prix d’introduction était de 24 euros ! Je n’en dirai pas davantage, mais reconnaissons que le comportement de JM Aulas dans les médias est tout bonnement affligeant. Et lui, n’a pas l’excuse de la pure bêtise, même si ses tweets respirent la mauvaise foi ou l’ineptie.

Ceci dit, revenons à présent sur le sujet que j’ai commencé à développer dans l’article précédent, pour parler du FC Nantes des années 90, avec une génération de jeunes joueurs qui allaient faire leur chemin sur tous les terrains d’Europe et du monde. Et pas n’importe lesquels, puisqu’ils s’appelaient Deschamps (parti en 1989), Karembeu, Desailly (parti en 1992), Makelele, mais aussi Pedros ou encore Loko et N’Doram. Ces joueurs formés sous la direction de Suaudeau et Denoueix, donc à la meilleure école, ne resteront pas très longtemps dans le club pour la plupart d’entre eux, mais le F.C. Nantes aura le temps d’empocher un nouveau titre de champion en 1995 avec deux des trois meilleurs buteurs du championnat dans ses rangs (Loko et Ouedec), et surtout d’aller en demi-finale de la Ligue des Champions en 1996, battu par la Juventus de Vialli, R. Baggio, Ferrara ou Del Piero (0-2,3-2). Pour nombre de techniciens, l’équipe nantaise méritait d’aller en finale…parce qu’elle était sans doute la meilleure équipe européenne du moment. Elle l’aurait été encore davantage si le club n’avait pas laissé partir à l’intersaison Loko et Karembeu. Malgré tout, telle qu’elle était, avec Casagrande (gardien), Makelele, Ferri, Cauet, N’Doram, Ouedec, Gourvennec ou encore Pedros, cette équipe avait fière allure.  Hélas, jamais le F.C. Nantes n’allait retrouver une telle équipe, et cela pourrait durer encore longtemps, faute de moyens, l’argent étant devenu depuis le début du siècle le critère numéro un pour la réussite d’un club. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, à part le PSG, aucun club français ne réussit à conserver ses meilleurs jeunes joueurs, ces derniers partant s’exiler en Angleterre, où l’argent coule à flots grâce à de richissimes investisseurs (Chelsea, Manchester United, Manchester City…) et plus encore aux droits télévisés qui battent tous les records, sans oublier une ferveur inégalée pour le football (6 équipes de Londres en Premier League, 2 très gros clubs à Manchester  et une seule équipe en Ligue 1 à Paris ).

Fermons la parenthèse et voyons maintenant une autre équipe qui marquera à jamais le football français, le PSG des années 1995-1996-1997. Cela prouve au passage que le PSG a un passé…que nombre de gens oublient, même si l’écrin d’aujourd’hui est davantage flamboyant, et continuera de l’être dans les années à venir. A force de recruter des stars, le PSG arrivera à toucher son Graal, et gagnera la Ligue des Champions, comme l’a fait son adversaire en huitième de finale cette année, le FC Chelsea en 2012. Cela dit, le PSG a déjà une coupe européenne à son palmarès, même si ce n’est pas la plus prestigieuse, la Coupe des Coupes 1996, épreuve dont il a aussi été finaliste l’année suivante (battu par le FC Barcelone 1-0). Cela montre qu’à cette époque le PSG, version Canal+, avait déjà une très belle équipe (championne de France en 1994 et vainqueur de la Coupe de France en 1993-95-98), certes moins dominatrice que le PSG version qatari, mais avec quand même plusieurs joueurs de grande classe qui ont marqué leur époque en France et ailleurs. Parmi eux, outre Roche, Le Guen, N’Gotty, Fournier, Guérin, Colleter, Loko, il y avait Weah qui recevra le Ballon d’Or plus tard à l’AC Milan, sans oublier Ginola, les Brésiliens Valdo, Ricardo et Rai, Daniel Bravo (champion d’Europe avec les Bleus en 1984), et les champions du monde 1998 et d’Europe 2000 que furent le gardien Lama, et Youri Djorkaeff. Reconnaissons que cela faisait du beau monde au Parc des Princes, et à cette époque le PSG faisait partie des grands d’Europe, tout comme son rival marseillais jusqu’en 1993.

Un rêve que l’Olympique Lyonnais n’aura jamais atteint, au grand dam de JM Aulas. Et pourtant l’OL des années 2000 était une belle équipe, mais comme le FC Nantes au cours de la décennie précédente, l’Olympique Lyonnais manquait trop de ressources financières pour pouvoir lutter contre les grosses écuries européennes. Certes, avec un peu de chance l’OL aurait pu faire comme l’AS Monaco en 2004, et aller en finale de la Ligue des Champions, par exemple en 2006 ou 2007, mais l’OL comme l’AS Monaco, ne pouvait pas lutter sur la durée avec les mastodontes britanniques, espagnols ou allemands, infiniment plus riches. L’Olympique Lyonnais des années 2002 à 2008 avait de très belles équipes, mais il ne pouvait pas garder ses meilleurs joueurs. Sans avoir de très grandes stars type celles du PSG d’aujourd’hui, Ibrahimovic, Di Maria, Thiago Silva, Thiago Motta ou David Luiz, l’OL a pu compter dans ses rangs d’excellents joueurs comme les Brésiliens Sonny Anderson, Juninho, Cris, Caçapa, Fred, Bastos, l’Argentin Lisandro Lopez mais aussi le Malien Diarra, le Portugais Thiago, le Suédois Kallstrom, le Ghanéen Essien et les Français Abidal, Reveillère, Malouda, Benzema, Ben Arfa, Diarra, Squillaci, Coupet, Clément, Clerc, Toulalan, Govou, Wiltord et Rémy. Nombre de ces joueurs étaient issus du centre de formation (Benzema, Ben Arfa, Rémy, Govou, Clerc, Clément), dont un, Benzema, est devenu une grande star au Real Madrid. Comme je l’ai évoqué précédemment, son manque de moyens obligera au fil des ans l’Olympique Lyonnais à vendre la plupart de ses meilleurs joueurs, comme Abidal, Malouda, Essien, Tiago, Ben Arfa, Diarra, Rémy, Toulalan, tous finissant par partir à l’étranger. C’est le drame des clubs français, à part le PSG, qui ne peuvent pas retenir leurs meilleurs joueurs faute de moyens. Et ce n’est pas le grand stade de Lyon qui fera de l’OL un club aussi riche et puissant que le Bayern, le Barça, le Real, la Juventus, les deux Manchester, Chelsea, Arsenal ou le PSG.

Il n’empêche, reconnaissons qu’au milieu des années 2000, l’Olympique Lyonnais avait une très belle équipe, comme le FC Nantes de Suaudeau et Denoueix avant lui ou l’AS Saint-Etienne de Rocheteau, Piazza, Larqué et l’Olympique de Marseille de Skoblar et Magnusson. Le Stade de Reims de Kopa, Fontaine, Piantoni était un cran au-dessus, tout comme le PSG de l’époque Rai, Weah, Ginola, Djorkaeff, Lama et Valdo. Enfin, je mettrai tout en haut l’OM des années 1990 à 1993 et le PSG de nos jours, pour la qualité de son effectif. Espérons que demain soir, le club parisien confirmera sa montée en puissance et battra Chelsea pour s’assurer une place en quarts de finale. Ce ne sera pas facile, car le FC Chelsea compte nombre de très grands joueurs, mais ayons confiance. Cela ferait tellement de bien au football français d’avoir de nouveau un club en finale ou mieux, vainqueur de la Ligue des Champions…en attendant la création inéluctable d’une ligue européenne avec les plus grands clubs européens.

Michel Escatafal


Les grandes équipes de club du football français depuis 1950 (1)

reims 1959ASSEOM 1993Partie 1

Voilà le type de question qui a priori n’a pas grand intérêt, pour la simple raison qu’il est très difficile de comparer les époques entre elles. Le football change beaucoup d’une période à l’autre, et l’adversité n’est évidemment pas la même. Qui oserait dire qu’il est plus facile d’aller en finale de la Ligue des Champions de nos jours que dans les années 50 ou 60, quand cela s’appelait la Coupe d’Europe des clubs champions ? Déjà la compétition n’était pas la même. Il n’empêche, on peut quand même faire une comparaison…à travers les effectifs, seul critère réellement objectif. Je vais donc prendre quelques équipes qui ont réellement marqué le football français, à savoir le grand Stade de Reims des années 50, l’Olympique de Marseille du début des années70, l’AS Saint-Etienne du milieu de cette décennie 70, l’Olympique de Marseille de 1990 à 1993, le FC Nantes de 1995, le PSG du milieu des années 90, l’Olympique Lyonnais des années 2000 et le PSG de nos jours sur lequel je n’insisterai pas outre mesure, pour avoir souvent évoqué ce club sur ce site. Cela fait 8 équipes qui, à des titres divers ont comblé les supporters français du football, pour leurs résultats français ou européens.

Comme je l’ai expliqué dans un article écrit il y a deux ans, le Stade de Reims des années 50 a longtemps été la référence absolue du football français. Son palmarès en témoigne, puisqu’il est le plus brillant au niveau européen, même si le niveau des coupes européennes dans les années 50 était très en deçà de celui d’aujourd’hui, où des sommes folles sont dépensées pour remporter la Ligue des Champions, pour laquelle sont qualifiées plusieurs équipes issues des principaux championnats européens. Il n’empêche, dans la décennie 50, le Stade de Reims pouvait se flatter d’avoir une des deux ou trois meilleures équipes européennes. La preuve, il remporta la Coupe Latine (ancêtre de la C1) en 1953 en battant en finale, à Lisbonne, le Milan A.C. (3-0), après avoir éliminé le F.C. Valence en demi-finale.  Deux ans plus tard, au Parc des Princes, Reims fut battu par le Real Madrid (2-0) après avoir éliminé le Milan AC en demi-finale.

Mieux encore, en 1956, lors de la première finale de Coupe d’Europe de l’histoire, le Stade de Reims passa très près de la victoire face au Real Madrid de Di Stefano, Rial, Gento, Marquitos, Munoz, Lesmes et Alonso (gardien), de nouveau au Parc des Princes, sur le score de 4 buts à 3, après avoir mené 3-2 à vingt cinq minutes de la fin. Cette défaite était d’autant plus cruelle pour les Rémois du président Germain, le mécène du club à l’époque (producteur de champagne), avec comme entraîneur Albert Batteux, que Raymond Kopa allait quitter le club pour rejoindre…le Real Madrid, qui allait constituer une des meilleures équipes de club de tous les temps, avec pour têtes d’affiches Di Stefano, Kopa, Puskas et Santamaria, sans oublier le peu de temps qu’il est resté au club le stratège de l’équipe du Brésil championne du monde en 1958, Didi. Imaginons un instant le PSG avec Messi et Ronaldo en plus d’Ibrahimovic, Verrati, Di Maria et Thiago Silva ! Et tous ces joueurs du grand Real des années 50, entraînés par Villalonga ou Carniglia, récitaient  leur partition avec une remarquable force collective, ce qui leur permit de s’imposer cinq fois de suite dans cette Coupe d’Europe des clubs champions (son appellation à l’époque) entre 1956 et 1960. Ce rappel historique s’adresse aux amateurs de football, fils d’internet, lesquels ne réalisent pas que le football a existé avant l’an 2000.

Ils ne savent pas non plus que dans cette équipe rémoise, il y avait nombre de joueurs de classe internationale tels, dès 1953, les arrières Zimny, Jonquet et Marche, le demi Penverne, et les attaquants Glovacki, Kopa, le jeune Méano, joueur surdoué qui aurait pu être le Messi de cette époque, qui sera hélas victime d’un accident mortel  à l’âge de 22 ans, ou encore l’international hollandais Appel. Un peu plus tard, en 1957, après le décès de Méano et les départs d’Appel et de Kopa, le Stade de Reims enregistrera la venue de trois attaquants de classe mondiale, Fontaine, Piantoni et Vincent. Avec eux, Reims ira une fois de plus en finale de la Coupe d’Europe contre le Real en 1959 (défaite 2-0). Ce sera d’ailleurs le chant du cygne européen du Stade de Reims, lequel allait même tomber en deuxième division à la fin de la saison 1963-1964. En France, surtout dans le sport et plus particulièrement dans le football, il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne. Si j’écris cela c’est tout simplement parce que notre pays est le seul où les grands clubs peuvent devenir aussi moribonds qu’ils furent brillants dans le passé.

Je passerai beaucoup plus vite sur l’Olympique de Marseille du début des années 70, parce que sa domination fut exclusivement nationale, même si l’ équipe comptait dans ses rangs quelques très grands joueurs, comme les Français Carnus, Bosquier, Novi, Gress, Bonnel ou Loubet, tous internationaux, et surtout le Suédois Magnusson et plus encore le Zlatan de l’époque, le Yougoslave Croate Skoblar, qui est le recordman des buteurs de l’histoire de la Ligue 1 (ça s’appelait à ce moment la Division 1) avec 44 buts ! Hélas pour cet OM, il affronta en 1971 dès les huitièmes de finale de la Coupe d’Europe le grand Ajax d’Amsterdam de Cruyff, Keizer, Haan et Neeskens, quasiment imbattable à l’époque. L’année suivante, ce même OM fut éliminé dès les seizièmes de finale par la Juventus de Turin de Zoff (gardien), Capello, Bettega, Anastasi et Altafini, qui ne s’inclina qu’en finale face à l’Ajax. Là aussi, les pourfendeurs imbéciles du PSG de nos jours devraient réviser un peu leurs classiques, et cesser leurs stupides jugements péremptoires sur la valeur de l’équipe parisienne depuis 2013 sous le prétexte que sa carrière s’arrête aux quarts de finale de la Ligue des Champions, en rappelant que la chance au tirage aide parfois à réussir un magnifique parcours, en évitant par exemple de rencontrer le futur lauréat. Pour revenir à l’OM de Leclerc du début de la décennie 70, ils avaient largement les moyens d’atteindre les quarts ou même les demi-finales s’ils avaient rencontré des adversaires comme les Hongrois de Ujpest ou les Slovaques de Trnava, de même que le PSG aurait pu l’an passé réaliser le même parcours que la Juventus…avec le même tirage (Borussia Dortmund en 1/8è et Monaco en ¼ de finale).

Un peu plus tard, un autre club français allait dominer le football français et faire peur à toute l’Europe, l’AS Saint-Etienne. Voilà une histoire qui mérite d’être contée, avec cette phalange verte composée essentiellement de footballeurs formés au club tels que Janvion, Lopez, Farison Repellini, Bathenay, Synaeghel, Larqué, les frères Revelli, Sarramagna, Rocheteau et deux étrangers de grande classe, le gardien yougoslave Curkovic et l’arrière central argentin Piazza. Quelle magnifique équipe, qui, outre sa domination sur le plan national (triple champion de France en 1974-1975-1976 plus la Coupe de France en 1974-1975 et 1977), atteignit les demi-finale de la Coupe d’Europe en 1975, battue par le futur vainqueur, le Bayern Munich de Maier, Schwarzenbeck, Beckenbauer, Kappelmann, Roth, Hoeness et l’extraordinaire buteur que fut Muller, avant de s’incliner 1-0 contre ce même Bayern en finale à Glasgow en 1976, après avoir tiré sur la barre (histoire des poteaux carrés). Et comme si l’histoire n’était pas assez belle, les Stéphanois atteignirent les quarts de finale en 1977, après avoir perdu, bêtement, contre le futur champion d’Europe, le Liverpool de Clemence (gardien), Kennedy, Mac Dermott, Callghan et le meilleur joueur de l’époque, Kevin Keegan. Qui sait, peut-être qu’en se rappelant ces heures de gloires, les Verts iront très loin en Ligue Europa (C3) ce printemps?

Autre très grande équipe, sans doute la meilleure après le PSG version qatari en valeur absolue, l’Olympique de Marseille du début de la décennie 1990, dont le palmarès national s’orne d’un titre de champion de France en 1989 (doublé avec la Coupe de France), 1990, 1991 et 1992. Les Marseillais remporteront même un cinquième titre consécutif en 1993…qui leur sera retiré suite à l’affaire VA-OM de triste mémoire, épisode ô combien douloureux pour le football français. Néanmoins, l’OM de Bernard Tapie peut se flatter, hélas, d’être à ce jour le seul club français vainqueur de la C1. L’OM de 1993 est d’ailleurs doublement entré dans l’histoire des compétitions européennes, parce qu’en plus d’être le premier vainqueur français de la C1, il fut le premier à remporter la Ligue des Champions (avec deux phases de groupe mais, détail très important, un seul club qualifié par pays), celle-ci ayant pris la place de la Coupe d’Europe des clubs champions, dont l’OM fut finaliste en 1991, battu à la surprise générale aux tirs au but (0-0 et 5-3) par l’Etoile Rouge de Belgrade, club phare de l’ex-Yougoslavie, aujourd’hui la Serbie. Cette équipe de 1991 était peut-être supérieure à celle qui devint championne d’Europe en 1993, car elle avait dans ses rangs un buteur de très haut niveau, Jean-Pierre Papin, Ballon d’Or 1991. Elle aurait déjà dû aller en finale en 1990, éliminé injustement par Benfica, les Portugais n’ayant dû leur salut qu’à une grossière erreur d’arbitrage (but marqué de la main par Vata) dans les dernières minutes de la partie. Encore une fois, on notera que la chance n’était pas du côté des Marseillais, preuve que Di Maria (vainqueur de la C1 avec le Real en 2014) a bien raison quand il affirme qu’il faut un minimum de chance pour gagner une épreuve telle que la Ligue des Champions !

Un dernier mot enfin, pour cette première partie en notant que l’on a tort de comparer le PSG de nos jours avec ses Aurier, Thiago Silva, David Luiz, Maxwell, Marquinhos, Verrati, Motta, Matuidi, Pastore, Ibrahimovic, Cavani, Lucas ou Di Maria, avec l’Olympique Lyonnais des années 2000 dont je parlerai dans la deuxième partie de cet article. Pourquoi dis-je cela ? Parce que si l’on doit faire la comparaison, à part pour faire vendre du papier ou des clics sur les sites web, elle doit être faite avec l’OM de 1990 à 1993 ou avec le Stade de Reims des années 1950, ces équipes ayant un effectif qui tenait la route face à l’armada parisienne d’aujourd’hui. Ayant déjà évoqué le Stade de Reims, je vais quand même citer les noms des Marseillais de ces années bénies, à savoir les gardiens Olmeta et Barthez, les arrières Mozer, Casoni, Boli, Amoros, puis en 1993 Angloma, Desailly et Di Meco, les milieux Germain, Stojkovic et en 1993 Sauzée, Eydellie et Deschamps, et les attaquants en 1991 Wadell, Papin et Abedi Pelé, puis Boksic et Voller en 1993. Reconnaissons que c’était quand même du très haut niveau, même si les individualités de classe mondiale du PSG 2014-2015 ou 2016 sont plus nombreuses.

Michel Escatafal


Il fallait oser, et certains supporters lyonnais l’ont fait…

tifoIl fallait oser et certains supporters lyonnais l’ont fait : ils ont déployé un tifo à l’effigie et à la gloire de J.M. Aulas, pardon de Monsieur le Président Aulas. Si je voulais être méchant, je dirais que cela me fait immédiatement penser aux gourous des nombreuses sectes qui sévissent de par le monde, ou encore au culte de la personnalité dans certains pays dirigés par un dictateur. Cela dit, Monsieur le Président Aulas n’a évidemment rien à voir avec les gourous ou les pires dictateurs de la planète, puisque le président de l’Olympique Lyonnais se contente simplement de tourner la tête de quelques supporters des travées du stade de Gerland, très heureux pour certains d’entre eux d’avoir acheté des actions d’OL Groupe à 24 euros, et qui valent aujourd’hui 1.91 euros. J’espère pour ces pauvres gens qu’ils n’ont pas investi des sommes considérables (pour eux), parce que s’ils avaient besoin de réaliser leurs avoirs, ils auraient presque tout perdu!

Et pourtant je suis persuadé que ces malheureux supporters-actionnaires de l’Olympique Lyonnais n’en veulent nullement à leur président, qu’ils considèrent toujours comme le phare du football en France et ailleurs, à force de s’entendre rappeler à chaque occasion que leur club est extraordinaire, qu’il est riche, qu’il est puissant et que leur stade sera le plus beau, le plus illuminé etc. Il suffit pour s’en convaincre de lire leurs commentaires sur les forums pour s’apercevoir à quel point leur vision du réel est déformée. Ils en arrivent même à imaginer que leur club est un des plus importants en Europe et dans le monde, et qu’avec le nouveau stade en construction l’Olympique Lyonnais sera dans quelques années plus riche que Manchester United, le Barça, le Real, le Bayern ou le PSG. Ils oublient, les pauvres, que les clubs dont je parle sont connus dans le monde entier, et que leur palmarès ou la notoriété de la ville qu’ils représentent sont sans commune mesure avec ceux de l’Olympique Lyonnais. Ils oublient aussi que de nos jours le football est devenu un énorme business, et qu’un club ne peut intéresser des gros investisseurs qu’à partir du moment où les retours sur investissement sont très importants…ce qui ne sera jamais le cas avec un club comme l’Olympique Lyonnais.

A ce propos, à part le PSG (un peu plus de 45.000 spectateurs de moyenne), limité par la capacité d’accueil du Parc des Princes, et l’Olympique de Marseille qui dépasse les 50.000 spectateurs à chaque match, aucune autre équipe en France ne dépasse la moyenne de 35.000 spectateurs (Lille) et surtout pas l’Olympique Lyonnais qui, fin 2014, et malgré de bons résultats se situait à environ 33.000 spectateurs. Au demeurant cette moyenne laisse quelques doutes sur le remplissage du nouveau stade à Decines prévu pour 60000 spectateurs. Cela pourrait sonner creux, et il faudra que les supporters inventent très souvent des tifos à la gloire de Monsieur le Président Aulas pour masquer les places vides. J’arrête là, car on va m’accuser d’être rosse et anti lyonnais, ce que je ne suis pas, parce que j’aime bien l’Olympique Lyonnais…même si son très grand président m’insupporte et finit par rendre ce club antipathique.

Trêve de plaisanterie pour noter que parmi les dix plus grosses affluences dans les stades de football, on trouve 5 clubs allemands à commencer par le Borussia Dortmund (premier avec plus de 80.000 spectateurs de moyenne), mais aussi le Bayern Munich (71.000 en cinquième position), Schalke 04 (plus de 61.000 en sixième position), Hambourg (52.000 en huitième position), et le Borussia Monchengladbach, en dixième position avec près de 51.000 spectateurs en moyenne. Pour compléter la liste on notera que le Real Madrid (76.000) et le FC Barcelone (74.000) sont respectivement second et quatrième dans ce classement des affluences, avec intercalé Manchester United (75.000) à la quatrième place, et Arsenal à la septième avec près de 60.000 spectateurs en moyenne. Désolé pour cette énumération un peu fastidieuse, mais elle suffit à démontrer que la propriété d’un stade de plus de 60.000 places est un élément très important…pour un très gros club, que n’est pas et ne sera jamais l’Olympique Lyonnais, n’en déplaise à Monsieur le Très grand président Aulas. Pour mémoire, Lyon et son agglomération comptent un peu plus de deux millions d’habitants, contre une douzaine de millions à Paris et un peu plus à Londres, ou encore plus de 6 millions à Madrid, 5 millions à Barcelone. Et si l’agglomération lyonnaise rivalise en nombre d’habitants avec l’agglomération de Munich ou de Manchester, Lyon est loin d’avoir la tradition sportive des populations de ces villes, comme des autres grandes cités allemandes ou anglaises. On observera d’ailleurs, ce qui montre le manque d’engouement de notre pays pour le sport en général et le football en particulier, que la France est le seul des grands pays à n’avoir qu’une grande équipe de football dans sa capitale.

Et cela m’amène à évoquer la possibilité pour le PSG d’acheter le Parc des Princes à la ville de Paris. Certes si l’on en croit la maire de Paris, Anne Hidalgo, ce n’est pas d’actualité, ce qui ne veut pas dire que cela ne le sera jamais. En fait, on peut imaginer que cela reviendra sur le tapis plus rapidement qu’on ne l’imagine, malgré le bail emphytéotique très favorable consenti au PSG pour 30 ans (jusqu’en 2043). En effet, il semble que les dirigeants qataris veuillent absolument avoir les mains libres pour transformer l’arène mythique de la Porte d’Auteuil, et porter sa capacité à 60000 places voire plus si possible. On ne peut d’ailleurs que comprendre la volonté des dirigeants du PSG, dans la mesure où le stade leur appartenant en qualité de propriétaire, ils auraient la possibilité de faire ce qu’ils veulent de leur enceinte sans en référer à quiconque, simplement en respectant les lois sur l’urbanisme…ce qui n’est déjà pas si simple. Les supporters parisiens, en outre, seraient encore plus heureux qu’ils ne le sont parce que cela signifierait, une fois pour toutes, qu’avec l’achat du Parc des Princes et l’installation du centre d’entraînement dans la région parisienne, les dirigeants qataris seraient là pour très longtemps, et que le club acquerrait une valeur inestimable, digne des plus grands clubs européens.

Cela étant, outre les cris des franchouillards peu amènes pour les étrangers, fussent-ils riches, il y en aura au moins un qui manifestera d’une façon ou d’une autre sa mauvaise humeur dans cette hypothèse très vraisemblable : le très grand Président Aulas. Il couinera en rabâchant une fois de plus que l’argent achète tout, qu’un club doit grandir dans la sueur etc. Et pourtant son ego surdimensionné devrait comprendre qu’avoir en Ligue 1 un club comme le PSG, connu dans le monde entier, avec ses stars planétaires, ne peut être que bénéfique à notre championnat de Ligue 1. Ne vaut-il pas mieux être le second du grand PSG, que le premier d’une ligue professionnelle où tous les clubs sont éliminés dès les premiers tours de toute compétition européenne? J’observe à ce propos que plusieurs clubs espagnols brillent dans le sillage du Real et du Barça (Atlético Madrid, FC Séville) pour ne citer que ce pays. A part flatter son ego, que pourrait bien apporter comme gloire supplémentaire à Monsieur le Président Aulas, de remporter régulièrement un titre de Ligue 1 ou une Coupe de France sans concurrence, comme c’était le cas dans les années 2000, en fait jusqu’à l’achat du PSG par les Qataris. D’ailleurs il est difficilement compréhensible pour quelqu’un comme le très grand Président Aulas de préférer être le premier en France, donc de rester un club plus ou moins anonyme sur le plan mondial, plutôt que le second d’un club comme souhaite l’être le PSG, un club qui fait connaître au monde entier la Ligue 1, avec ses Thiago Silva, David Luiz, Javier Pastore, Marco Verratti, Thiago Motta, Angel Di Maria, Edinson Cavani, Zlatan Ibrahimovic ou Blaise Matuidi pour ne citer qu’eux.

Voilà ce que j’avais envie d’écrire ce matin, même si j’aurais pu évoquer la brillante victoire de l’équipe d’Australie hier soir dans la Coupe du Monde de rugby, victoire qui a entraîné l’élimination, ô combien humiliante, de la compétition de l’Angleterre, pays organisateur et champion du monde en 2003. Et pourtant, que ce fut beau de voir les joueurs anglais saluer respectueusement à la fin du match leurs adversaires australiens, lesquels ont fait de même à leur tour tout de suite après. Juste quelque chose qui ne peut que réjouir les vrais amateurs de sport, et non les supporters sectaires ! Quelque chose également qui nous change des récriminations continues du très Grand président Aulas, lequel ne cesse d’invectiver à tout propos ses concurrents, ce qui ne peu qu’alimenter les tensions, pour ne pas dire les haines entre supporters. Merci aux Anglais pour cette leçon de sportivité, et, en m’adressant aux Lyonnais qui lisent mon site, tant pis si j’ai été un peu dur avec J.M. Aulas, pardon votre très grand Président, animé d’un délire de grandeur qui le rend le plus souvent ridicule, ce qui ne veut pas dire que l’on doit manquer de respect pour ce qu’il a accompli pour son club. Il devrait quand même méditer sur cette phrase de Simon de Bignicourt :  » Décrier les talents d’autrui, pour cacher ceux dont il manque, c’est une habitude chez l’envieux ». Mieux même, à son âge Monsieur le président Aulas devrait savoir que, comme l’a écrit Madame de Staël : « Le mal que l’envieux sait causer ne lui compose pas même un bonheur ».

Michel Escatafal