Les J.O. doivent se recentrer sur leurs sports traditionnels

MekhissiBonjour à tous, après des vacances que je veux qualifier de méritées. Du coup cela fait un certain temps que je n’ai pas écrit, mais je vais essayer de rectifier le tir au cours des prochaines semaines. Après ces palabres en forme d’excuses, je veux évoquer un problème qui nous intéresse tous, puisque nous sommes en plein dans les Jeux Olympiques 2016. Ceux-ci, d’ailleurs, ressemblent de plus en plus à du grand n’importe quoi, entre les épreuves qui concernent les grands sports professionnels et qui n’intéressent guère les habituels supporters, et l’arrivée de sports improbables, nouveaux pour l’essentiel, en attendant les matches entre ceux qui crachent le plus loin et ceux qui sont capables de manger dix kilos de carpaccio en moins de cinq minutes. J’exagère à peine. Pire encore, certains voudraient voir le sport automobile aux J.O. Pourquoi pas ? Ce serait sans doute amusant de voir Hamilton, Rosberg, Vettel, Raikkonen, Ricciardo, Verstappen, Bottas, Alonso, Button, Perez ou Grosjean s’affronter, par exemple sur 50 km, dans des voitures des années 1980 ou 1990. Idem pour le WRC.

Ceci dit redevenons sérieux : qui peut me raconter qu’il considère, en cyclisme, l’épreuve sur route des J.O. au même titre qu’un Paris-Roubaix ou un championnat du monde sur route ? Personne, qui aime tant soit peu le vélo. En plus cette course arrive après un Tour de France qui fut sans doute un des pires au niveau émotionnel que l’on ait connu depuis des décennies. Aucun suspens, avec un Quintana pas dans son assiette et un Contador blessé le premier jour et contraint à l’abandon un peu plus tard, les seuls qui auraient pu inquiéter Froome. Au passage j’en profite pour noter une nouvelle fois que le Pistolero a vu son palmarès officiel amputé de deux grands tours (Tour de France 2010 et Giro 2011), plus quelques autres victoires moindres, pour un contrôle antidopage qualifié d’anormal pour quelques poussières de clembutérol, que seul un ou deux laboratoires au monde pouvaient détecter, alors que plusieurs champions ou championnes et non des moindres, pris pour du bon gros dopage, sont devenus ou deviennent champion olympique sans que cela ne semble trop perturber les instances olympiques ou internationales. En fait les plus fâchés de cette situation sont les concurrents malheureux qui arrivent derrière ces ex-dopés, ou encore d’autres concurrents qui sont contraints d’affirmer haut et fort qu’ils ont gagné en étant propres. Tout cela confine un peu au délire !

Fermons la parenthèse et reprenons notre propos, à propos du cyclisme professionnel aux J.O., même si la course en ligne fut belle sur le plan du spectacle. Pour ma part, cette course n’a pas sa place aux J.O., surtout quand on voit que l’on a abandonné le kilomètre et la poursuite sur la piste….pour faire de la place. Je dirais la même chose pour le football, avec un règlement bancal puisque chaque équipe peut aligner seulement trois joueurs de plus de 23 ans. Ridicule, d’autant plus que nombre de clubs ont refusé à certains joueurs leur participation pour mieux préparer la saison. Et que dire du tennis, sport où les meilleurs mondiaux se font éliminer dès les premiers tours, comme ce fut le cas pour Djokovic ou pour les deux paires françaises de double. Apparemment tout le monde se moque de ces résultats, car dans moins d’un mois c’est l’US Open qui va commencer et là on ne rigolera plus. Je suis sûr que Djokovic ne sera pas éliminé au premier tour ! Et le rugby ? Là on se contente du rugby à 7, qui est un bon moyen pour nombre de joueurs de travailler leur technique, mais qui s’y intéresse?

En revanche je trouve normal que les autres grands sports d’équipe, moins médiatisés dans le monde, participent à la fête olympique, par exemple le basket ou le handball. A part les joueurs de NBA, personne ne connaît les meilleurs joueurs du sport le plus pratiqué dans le monde après le football. C’est la même chose pour le cyclisme sur piste qui, hélas, ne nous offre ses meilleures rencontres qu’une fois par an, lors des championnats du monde. Dommage quand même qu’un titre olympique en vitesse ne soit pas mieux valorisé, en terme de notoriété et aussi sur le plan pécuniaire pour celui qui remporte une des épreuves les plus anciennes de la tradition olympique. Bref, tout cela pour dire que cette fête olympique qui se veut de plus en plus gigantesque depuis les années 1990, qui coûte de plus en cher aux pays organisateurs, n’est plus la fête du sport qu’elle était autrefois. Et quand j’écris fête, cela signifie mettre en valeur des sportifs qui ne le sont pas habituellement, alors que leur sport figure au programme des J.O. depuis des décennies, voire même dès la fin du XIXè siécle.

Certes on sera toujours plus nombreux à regarder la finale du 100m ou du 1500m en athlétisme que le tir à l’arc ou l’escrime, mais on sera content des médailles que notre pays a obtenu en natation, au judo, en canoë ou en aviron. Peut-être finalement que ce que l’on a tellement reproché à Avery Brundage dans les années 60 ou 70, de n’avoir pas voulu ouvrir les J.O. aux professionnels, n’était pas une si mauvaise chose, sauf évidemment le fait que les pays communistes de l’époque étaient nettement avantagés, puisqu’officiellement il n’y avait pas de professionnels chez eux, bien qu’ils le fussent en réalité, alors que les pays occidentaux ou libéraux ne pouvaient envoyer que leurs amateurs. Et je ne parle pas du dopage d’Etat qui était pratiqué dans certains pays sans la moindre pudeur, puisqu’il en allait de la « grandeur » du pays…ce qui ne signifie pas pour autant que l’on ne se dopait pas ailleurs!

En attendant les J.O. ne vont vraiment commencer pour la plupart de ceux qui aiment le sport sur la planète, qu’à partir de demain avec le début des épreuves d’athlétisme, sport roi de la quinzaine olympique. Là on va avoir des champions qui vont se battre pour les médailles devant des milliards de spectateurs. Ils voudront voir Bolt, Gatlin ou Allyson Félix et tous les autres, et j’ajoute que personne ne se préoccupera de savoir si untel est dopé, ou s’il a été convaincu de dopage, parce que le spectacle avec un grand S sera là. Au passage j’en profite pour espérer qu’un athlète français montera enfin sur le podium du 100m (Vicaut) derrière Bolt et Gatlin, même si j’ai bien peur que cela reste un rêve. Après tout ce n’est jamais arrivé, et si Vicaut réussissait cet exploit cela effacerait toutes les déconvenues qu’il a connues jusque-là dans les grands championnats, y compris la dernière en date où, malgré des temps très supérieurs en qualité par rapport à ses concurrents, il fut quand même battu lors de la faible finale des championnats d’Europe. Pour mémoire il a terminé troisième de la course avec un temps de 10s08, derrière le vainqueur (Churandy Martina) en 10s07, alors que le record d’Europe de Vicaut est de 9s86!

Acceptons l’augure qu’il concrétisera enfin ses possibilités dans cette finale olympique, tout comme il faut espérer que Lavillenie soit à son meilleur niveau à la perche pour conserver son titre de 2012, que Mekhissi ait retrouvé toutes ses sensations au 3000m steeple après sa grave blessure de l’an dernier et ses belles médailles d’argent de 2008 et 2012, qu’un Bascou (110m haies) ou un Bosse (800m) sortent la course de leur vie pour faire un coup à la Colette Besson en 1968 (sur 400m) et remporter l’or. Cela nous rendrait heureux comme nous le fumes avec le doublé 200-400m de Marie-Jo Pérec en 1996, après son titre sur 400m en 1992, avec la victoire de Galfione à la perche en 1996, la médaille d’argent de Joseph Mamhoud en 1984 au 3000m steeple, l’argent en 1992 et l’or de Drut en 1976 sur 110m haies, qui avait réussi l’exploit d’être le premier à avoir mis fin à la supériorité américaine sur la distance depuis 1928, sans oublier la médaille d’argent de Maryvonne Dupureur sur 800m à Tokyo en 1964, ni bien évidemment celle de Jazy en 1960 (voir mes articles (Le 1500m, une distance qui réussit bien aux athlètes français (partie 2) et Le 1500m, une distance qui réussit bien aux athlètes français (partie 1) ou encore Les grands milers : partie 1), qui avait terminé deuxième d’un des plus grands 1500m de l’histoire olympique, avec comme vainqueur le plus grand miler de l’histoire tout court, l’Australien Herb Elliott, en rappelant qu’il s’est retiré de l’athlétisme en étant invaincu sur sa distance. Voilà je m’arrête à 1960 et aux médailles d’or et d’argent, avec toutefois une pensée pour Alain Mimoun, médaille d’or du marathon en 1956 et triple médaillé d’argent entre 1948 et 1952 (sur 5000 et 10000m) derrière Zatopek. Allez Vicaut, Bascou, Mekhissi, Bosse et Lavillenie, faites-vous plaisir et vous nous en ferez presque autant !

Michel Escatafal

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Pauvre France, tu ne mérites pas tes champions !

RinerCette fois c’est fait : en 2024 la France ou plutôt Paris organisera les Jeux Olympiques, cent ans après les avoir organisés. Cela étant, l’organisation des J.O. n’a aujourd’hui rien à voir avec celle de 1924. D’abord parce qu’il y a beaucoup plus de sports concernés, ce qui implique que les Jeux se déroulent à travers tout le pays ou presque (on parle du Havre pour la voile en 2024). A ce propos on peut quand même s’interroger sur l’utilité de la présence de certains sports (on évoque le bridge en hiver, le bowling…) alors que le kilomètre ou la poursuite dans le vélo ont été rayés du programme. Passons. Ensuite les sommes mises en jeu sont de nos jours incomparablement supérieures à celles d’il y a cent ans, en euros constants. Rien que le montant de la campagne de candidature s’élèvera à 60 millions d’euros, nous dit le site Sport 24, et si le budget prévu ne devrait pas dépasser 6 milliards contre 12 milliards pour les J.O. de Londres en 2012, il reste quand même conséquent. Sur ce plan toutefois, soyons prudents, car chacun sait qu’il est très difficile de rester « dans les clous prévus » pour une telle manifestation, même si Paris dispose déjà de l’essentiel des installations sportives ou infrastructures pour recevoir les sportifs du monde entier en août, raison de plus pour approuver ce projet. D’ailleurs la quasi totalité de la classe politique est pour l’obtention de ces Jeux Olympiques, à l’exception notable de J.L. Mélenchon. Mais Mélenchon, combien de divisions ?

Au passage vous remarquerez que je considère comme acquis l’organisation de cette manifestation planétaire ayant lieu tous les quatre ans, car évidemment je n’imagine pas qu’une autre ville puisse nous priver de Jeux chez nous, après trois échecs presque consécutifs en 1992, 2008 et 2012. Ce serait un non-sens de ne pas accorder à la France ces Jeux qu’elle n’a pas organisés, je le répète, depuis cent ans, alors que par exemple l’Allemagne (Hambourg est candidate) les a organisés deux fois entre 1936 et 1972, sans parler des Etats-Unis (Boston est candidate) qui y ont droit régulièrement (quatre fois depuis 1904 et trois fois depuis 1932).

Et puisque nous parlons des J.O., je voudrais en profiter pour noter encore une fois les réactions démagogiques de nombre de personnes de notre pays, relativement aux sommes que perçoit le judoka Teddy Riner de la part du club de judo de la ville de Levallois (24.000 euros par mois). Voilà un phénomène bien français à propos d’un de nos deux ou trois plus grands champions, tous sports olympiques confondus. Un sportif connu planétairement pour ses performances, parce que le judo est un sport très important en Asie, en Europe, et même en Amérique. Un sportif qui a remporté à 26 ans un titre olympique, 7 titres de champion du monde, et 4 titres européens en individuel. Qui dit mieux ? Pas grand monde à la vérité, et rien que cela justifie ses émoluments, surtout si nous faisons la comparaison avec ce que touchent les footballeurs, y compris pour nombre d’entre eux en Ligue 2. Que veulent les censeurs au petit pied, toujours prêts à reprocher aux sportifs, aux hommes d’affaires, aux artistes etc. de gagner trop d’argent ? Mais cet argent ils ne le volent pas ! En outre dans le cas de Teddy Riner, même si la commune de Levallois est la plus endettée de France (11500 euros par habitant), ce n’est quand même pas son salaire, payé par son club de Levallois, qui est la cause de la dette de la ville qui dépasse 750 millions d’euros. Pourquoi stigmatiser un de nos plus brillants représentants au niveau du sport, qui s’entraîne régulièrement dans son club pour le plus grand bonheur des autres licenciés du judo levalloisien ?

Tout cela est vraiment écœurant, et suffit à démontrer que nombre d’habitants de notre pays marchent sur la tête. Il paraît que le Français déteste l’argent, mais si j’en crois un article fait sur le sujet l’an passé, les ménages français avaient parié 46.2 milliards d’euros en 2012 sur les jeux d’argent, soit une progression de 76% par rapport à l’an 2000. Pour des gens qui soi-disant n’aiment pas l’argent, l’attitude de nos compatriotes est plutôt étonnante. Bien sûr certains vont nous dire que c’est la misère qui les fait jouer, mais c’est aller un peu vite en besogne. En fait les Français sont comme les autres habitants de la planète, à savoir qu’ils aiment eux aussi avoir de l’argent. Problème, comparés à d’autres, ils semblent être surtout envieux et jaloux de ce qu’ils ne possèdent pas et que d’autres ont. C’est pour cela qu’ils n’aiment pas les footballeurs du PSG, alors que les Anglais, les Italiens ou les Espagnols sont beaucoup moins préoccupés par les salaires des joueurs de leurs grands clubs, à qui ils demandent simplement de remporter des titres.

Triste constat sur les habitants de mon pays, mais c’est hélas la réalité…ce qui explique nos échecs dans le sport et ailleurs. Ce n’est quand même pas un hasard si les affluences dans nos stades ou nos salles sont nettement inférieures en moyenne à celles de nos voisins européens ou amis américains. Et ce n’est pas non plus un hasard si notre pays n’a remporté qu’une seule C1 en football (OM en 1993), si un coureur de notre pays n’a pas gagné le Tour de France depuis 1985 (Hinault) et aucun grand tour depuis 1995 (Jalabert à la Vuelta), si la France n’a été qu’une seule fois championne d’Europe de basket (2013), si la France n’a jamais été championne du monde rugby, alors que ce sport n’est pratiqué au très haut niveau que par une dizaine de nations en étant généreux (en fait dans les Iles britanniques, en France, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et depuis peu en Argentine et en Italie), si la France n’a eu que huit athlètes champions olympiques depuis 1948 (Micheline Ostermeyer en 1948, Alain Mimoun en 1956, Colette Besson en 1968, Guy Drut en 1976, Pierre Quinon en 1984, Marie-Jo Pérec en 1992 et 1996, Jean Galfione en 1996 et Renaud Lavillenie en 2012), si etc., etc.

Et le pire est que si nos clubs enlèvent des titres continentaux ou planétaires, on les critique. Par exemple le RC Toulon que j’évoquais hier, parce que son équipe serait soi-disant composée de mercenaires ! Ridicule, stupide, idiot, imbécile, grotesque, insensé, dérisoire, minable ! Heureusement, comme disait Talleyrand, que « tout ce qui est excessif est insignifiant ». En attendant, je souhaite que le RC Toulon soit de nouveau champion d’Europe la saison prochaine, que le PSG gagne la Ligue des Champions en 2016, que Teddy Riner soit de nouveau champion olympique à Rio, que Renaud Lavillenie soit enfin champion du monde à la perche en août prochain, qu’Eloyse Lesueur retrouve tous ses moyens l’année prochaine et devienne championne olympique à la longueur à Rio…et que Contador, que nombre de Français ont tellement voué aux gémonies, réalise en juillet le fameux doublé Giro-Tour, qui lui permettrait de rejoindre Bernard Hinault au classement des victoires en grands tours (10), avec la possibilité de battre le record de Merckx (11) au cours de sa dernière saison l’année prochaine.

Michel Escatafal


Pour les Français, Tokyo 2020 sera un meilleur cru que Tokyo 1964

hayesbikilageesinkLes Jeux Olympiques de 2020 ont donc été attribués à Tokyo et au Japon, comme en 1964. Nul doute que les Japonais feront les choses au mieux comme ils le firent en 1964, première année où les J.O. se déroulaient dans un pays asiatique. Ce fut aussi la première véritable année olympique de l’époque post- coloniale, ce qui explique l’arrivée en force des pays africains. Pour mémoire on rappellera qu’une de nos deux médailles en athlétisme aux J.O. de Rome en 1960, avait été obtenue par Abdou Seye sur 200m, c’est-à-dire par un sprinter sénégalais.  Fermons la parenthèse pour dire que ces J.O. à Tokyo, en octobre 1964, avaient été marqués par un défilé où les Américains, ironie de l’histoire, s’étaient présentés devant l’empereur Hiro-Hito, dont le rôle fut considérable pendant la deuxième Guerre mondiale. A ce propos, pour terminer par la partie purement historique, c’est un certain Yoshinori Sakaï, né le 6 août 1945 à Hiroshima (jour où fut lancée la première bombe atomique sur le Japon), qui portait la flamme olympique dans le stade, devant 100.000 spectateurs, le jour de l’ouverture des Jeux, le 10 octobre 1964, manifestation qui permettait enfin au Japon de retrouver le concert des nations et de montrer sa puissance retrouvée sur le plan économique. Une puissance qui ne faisait pas plaisir à tout le monde, notamment aux autres pays asiatiques, qui avaient eu à souffrir de l’impérialisme japonais dans les années 1930 et 1940.

Disons tout de suite que ce furent de très beaux Jeux, même s’ils furent très décevants pour les Français, à qui on avait prédit un nombre inhabituel de médailles d’or…ce qui n’arriva pas, la seule médaille dorée de notre délégation intervenant le dernier jour, avec Pierre Jonquères d’Oriola qui sauva l’honneur en remportant la victoire en équitation, au saut d’obstacles, avec un cheval nommé Lutteur B. Il avait déjà été champion olympique 12 ans plus tôt, à Helsinki, mais il a toujours avoué que cette médaille avait pour lui une saveur plus douce encore. D’abord parce que la concurrence était plus forte qu’en 1952, ensuite parce que sa première manche avait été moyenne (comme à Helsinki), et enfin parce que sa deuxième manche fut en tous points exemplaire, puisqu’il réalisa un parcours sans faute qui lui donna la victoire le dernier jour des Jeux, dans la dernière compétition, alors que la quasi-totalité de la délégation française avait plié bagages, ressassant la masse de déceptions enregistrées lors de ces J.O., dont on attendait beaucoup mieux.

Au fait, combien de médailles avons-nous comptabilisé au cours de ces J.O ? Réponse : 15 en tout dont une en or (d’Oriola), huit en argent (l’athlète Maryvonne Dupureur sur 800m, le deux avec barreur, le C2 1000m en kayak hommes, le saut d’obstacle par équipes avec Jonquières d’Oriola, le fleuret avec Magnan et le sabre avec Arabo, la boxe avec Joseph Gonzales en 71 kg, et Christine Caron sur 100m dos), et six en bronze (le 4x100m en athlétisme, le fleuret hommes avec Revenu, le fleuret par équipes et l’épée par équipes, plus les cyclistes sur piste avec Trentin au km et Morelon en vitesse). Un maigre bilan il faut le reconnaître, même si ledit bilan laissait espérer de beaux succès pour l’avenir, notamment avec les pistards du vélo qui feront une belle razzia aux J.O. suivants à Mexico, le 4x100m qui aurait dû l’emporter en 1968 si Bambuck avait été en pleine possession de ses moyens, et Jo Gonzales qui, hélas, n’a jamais confirmé chez les professionnels, malgré son punch. Enfin, à cette époque, nos escrimeurs étaient les valeurs sûres des sports olympiques…ce qui n’est plus tout à fait le cas maintenant.

En revanche, notre délégation a enregistré au cours de ces J.O. de terribles déceptions, à la mesure des espoirs que deux de nos plus grands champions de l’époque avaient suscités. Je vais les citer, parce qu’ils étaient devenus de grandes stars chez nous, étant supposés être les meilleurs sur leur distance en athlétisme (5000m) et natation (100m), je veux parler de Michel Jazy et Alain Gottvallès. Etaient-ils réellement les meilleurs ? Sans doute pas pour Gottvallès , mais oui à coup sûr pour Jazy, lequel avait surtout contre lui d’être aussi le numéro un sur 1500m, sa distance d’origine qu’il maîtrisait totalement, contrairement au 5000m sur lequel il venait de se spécialiser, distance sur laquelle il était imbattable dans des circonstances parfaites…ce qui n’était pas le cas à Tokyo le jour de la finale. En tout cas, pour de nombreux amateurs et connaisseurs de l’athlétisme, jamais Jazy n’aurait dû choisir le 5000m tellement il était fort sur 1500m. Il l’était tellement, après avoir gagné la médaille d’argent à Rome sur la distance derrière l’invaincu Herb Elliott, et remporté avec une extrême facilité le titre européen en 1962, que celui qui remporta la médaille d’or sur 1500m (faisant le doublé 800-1500m), le Néo-Zélandais Peter Snell, ne s’y serait pas aligné si Jazy avait été présent. En outre, le miler français avait réalisé des temps d’entraînement sur 1200m tout à fait ébouriffants. Alors pourquoi avoir choisi le 5000m ? Lui seul le savait, mais c’était un mystère pour à peu près tout le monde.

Je suis d’ailleurs persuadé que si Jazy était un champion d’aujourd’hui, il aurait d’abord couru le 1500m, car de nos jours les sportifs français sont moins frileux qu’autrefois. Il est vrai que depuis 1964 la France a remporté une Coupe du Monde de football et deux titres européens, mais aussi un titre européen en basket, qu’elle a eu plusieurs champions olympiques ou du monde en athlétisme, la remarque valant aussi pour la natation dont je parlerais un peu plus tard. Bref, le sport français dépasse de nos jours allègrement les 30 médailles aux divers J.O., alors que cinquante ou soixante ans en arrière nous en avions trois ou quatre fois moins. Mieux encore, nous en obtenons presque autant en athlétisme et natation que dans tous les sports dans les années 60 ou 70. C’est cela la grosse évolution, et c’est pour cela que je suis persuadé que Jazy aurait été de nos jours champion olympique du 1500m…puisque c’était le plus fort à l’époque. Et il n’aurait pas eu peur de perdre, même si Snell avait été présent, ce qui, je le répète, n’aurait pas été le cas.

D’ailleurs le vainqueur de ce 5000m de Tokyo en 1964, l’Américain Bob Schul, n’a jamais rien fait par la suite, pas plus que l’autre Américain sur le podium, Dellinger, alors que l’Allemand Norpoth, qui a terminé deuxième, a toujours été dominé par Jazy dans toutes les grandes compétitions auxquelles les deux hommes ont participé. En fait, Michel Jazy a été battu parce qu’à ce moment les athlètes français n’avaient pas encore cette « culture de la gagne », qu’ils ont acquise dans les années 90 et qu’ils ont encore de nos jours (Marie-Jo Pérec, Galfione, Diagana, Eunice Barber, Doucouré, Lavillenie, Tamgho etc.). Certes ce que je dis va en contradiction de ce qu’a affirmé Jazy après sa course malheureuse, mais je suis persuadé que c’est la vérité. Le champion du C.A. Montreuil avait en effet accusé la piste en cendrée qui avait beaucoup souffert de la pluie…même si elle était la même pour tout le monde (les pistes en synthétique n’existaient pas encore). Non, tout simplement, même s’il n’aimait pas courir sous la pluie, Jazy avait perdu parce qu’il avait eu peur de gagner, comme il avait eu peur d’un éventuel échec sur 1500m. En outre Jazy était à sa grande époque une icône dans notre pays, étant une des deux personnalités les plus populaires avec le général de Gaulle. Il était, par exemple, le seul sportif pour lequel on était prêt à déplacer tous les programmes à la télévision (ORTF) pour suivre une tentative de record du monde. Bref, Jazy avait la pression, et celle-ci avait été trop lourde pour lui. La remarque vaut aussi pour Alain Gottvallès, qui venait de battre le record du monde du 100m (52s9), et qui termina cinquième de la finale du 100m dans un temps très éloigné de son record (54s2), alors qu’il aurait au moins dû avoir une médaille, comme sa copine Christine Caron qui remporta l’argent sur 100m dos.

Toutefois, si ces J.O. n’avaient pas été très brillants pour les Français, ils ont consacré quelques supers champions qui méritent qu’on cite leur nom. Le premier d’entre eux est celui qui fut peut-être en valeur absolue le plus grand sprinter du vingtième siècle, Bob Hayes, vainqueur du 100m avec un temps de 10s en finale, battant de deux dixièmes le Cubain Figuerola et le Canadien Jérome, après avoir réalisé 9s9/10 en finale avec un peu trop de vent, et étant chronomtré en 8s7/10 lancé dans le dernier relais du 4X100m. Dommage qu’à ce moment les athlètes n’aient pas été professionnels  (interdit par la C.I.O.), ce qui a obligé Bob Hayes a arrêter sa carrière à 22 ans. A quel niveau aurait-il porté le record du monde du 100m, s’il avait pu participer aux J.O. de Mexico (1968) en altitude et sur une piste avec un revêtement synthétique ? Nul ne le sait, mais on serait allé très en-deçà des 9s95 de Jim Hines, sans doute moins de 9s90.

Autre star de ces J.O. de Mexico, l’Ethiopien Abebe Bikila, premier des grands champions africains, lesquels de nos jours dominent les épreuves de fond (en comptant le Britannique Mo Farah, originaire de la Somalie). Après avoir remporté à la surprise générale le marathon des J.O. de Rome (1960) en courant pieds nus, Bikila récidiva avec une extrême facilité à Tokyo, ce qui était une première, quinze jours après avoir été opéré de l’appendice, s’adonnant à l’arrivée de ce marathon à une série de mouvements de gymnastique devant une foule médusée. Je pourrais aussi citer le nageur Don Schollander qui remporta quatre médailles d’or en nage libre (100m, 400m et les deux relais), ce qui valait bien les huit médailles d’or de Phelps à Pékin en 2008, mais je pense, comme beaucoup à l’époque, que c’est le judoka Anton Geesink qui mérite d’être mis au niveau de Bob Hayes, ayant réussi l’incroyable exploit de battre les Japonais chez eux dans la catégorie reine des poids lourds, ce qui plongea la capitale japonaise dans le deuil. Imaginons l’affront pour ce pays : pour l’introduction du judo (sport national) au programme olympique, c’est un Néerlandais qui remporte le titre suprême au dépens de l’idole des foules japonaises, Akio Kaminaga. Enfin on n’oubliera pas non plus que c’est à Tokyo que le fameux boxeur poids lourds Joe Frazier, meilleur ennemi de Mohammed Ali, enleva le titre des + de 81 kg.

Un dernier mot enfin pour noter que la France en 2020 fera nécessairement mieux qu’en 1964 (une seule médaille d’or), et que ce sera la Chine qui tiendra le rôle de contradicteur des Etats-Unis, comme ce fut le cas en 1964 à Tokyo pour l’ex-Union Soviétique. Cette dernière en effet remporta 96 médailles dont 30 en or, alors que les Etats-Unis obtinrent 90 médailles, mais 36 en or, l’Allemagne, unifiée pour l’occasion, récupérant 50 médailles dont 10 en or, et le Japon arrivant quatrième dans cette hiérarchie avec 29 médailles dont 16 en or. Depuis cette époque le Japon a disparu des pays obtenant un grand nombre de médailles, contrairement à l’Allemagne toujours dans les premières nations (sixième avec 44 médailles) en 2012, juste devant la France (septième avec 34 médailles) et l’Italie (huitième avec 28 médailles). Quant à la Russie, héritière de l’ex-Union Soviétique, elle s’est maintenue à Londres sur le podium au classement des médailles (82), derrière les Etats-Unis (104 médailles dont 46 en or) et la Chine (88 médailles dont 38 en or), loin devant la Grande-Bretagne (pays organisateur) avec ses 65 médailles. En fait, la première nation asiatique, hors la Chine, est aujourd’hui la Corée du Sud avec 28 médailles à Londres dont 13 en or, soit 2 de plus que la France et 5 de plus que l’Italie. Qu’en sera-t-il déjà à Rio de Janeiro en 2016 ?

Michel Escatafal


Souvenirs olympiques de Londres…et d’ailleurs

Ce matin en me levant je me disais que la fête était finie et que les Jeux Olympiques de Londres sont à remiser dans l’armoire aux souvenirs, en attendant de se retrouver dans quatre ans au Brésil, à Rio de Janeiro. Au passage ce sera la première fois que les J.O. auront lieu dans un pays d’Amérique du Sud, continent en plein développement économique avec pour figure de proue précisément le Brésil. Celui-ci, en 2016, aura largement dépassé notre pays en termes de PIB, et sera sur le point de rattraper l’Allemagne, pour se classer en cinquième position dans le monde pour ce qui concerne les richesses nationales produites. Cela pourrait signifier que dans les années à venir, seuls les pays émergents pourront organiser les grandes compétitions mondiales, ce qui est déjà une réalité puisque la Coupe du Monde de football aura lieu en Russie en 2018 et au Qatar en 2022, après avoir eu lieu en Afrique du Sud en 2010. Quant aux J.O., il se pourrait qu’ils aient lieu en Turquie en 2020, même si Tokyo et Madrid sont en lice.

Fermons la parenthèse pour voir ce que l’on retiendra de ces Jeux de Londres, en notant d’abord que les Britanniques ont fait preuve d’un chauvinisme exacerbé, comme on en avait rarement vu depuis bien des années. Il est vrai que la Grande-Bretagne n’est plus depuis bien longtemps la première puissance mondiale, puisqu’en termes  de produit intérieur brut, elle se situait fin 2011 au septième rang mondial. Quelle déchéance en comparant à la situation de ce pays au début du siècle précédent.  Cela dit, pour être honnête, c’est aussi un peu le cas de France, même si notre pays a un peu mieux résisté que nos voisins d’outre Manche. C’est peut-être pour cela que l’on a senti  un tel chauvinisme chez les Britanniques, plus particulièrement les Anglais, comme si ces Jeux étaient pour eux la dernière manifestation d’une puissance perdue, au point qu’on les sentait prêts à tout pour récolter des médailles, comme en témoigne la tricherie de leurs pistards dans la vitesse par équipes. Aurions-nous eu pareille attitude si les Jeux s’étaient déroulés à Paris ? Sans doute pas, les Français ayant moins l’esprit de compétition que les Britanniques.

Cela ne veut pas dire pour autant que les Français ne soient pas touchés par cette déviation, souvent engendrée par le sport, qu’est le chauvinisme ou si l’on préfère le nationalisme. En tout cas on sentait chez nos voisins britanniques une réelle obsession pour que ces J.O. fussent réussis, et ils le furent notamment sur le plan sportif,  puisque la Grande Bretagne se classe au troisième  rang des médailles derrière les Etats-Unis et la Chine avec 29 médailles d’or, ce qui montre au passage les bienfaits d’être le pays organisateur.  Si je fais cette remarque, c’est parce qu’en lisant El País ce matin, j’ai découvert que l’Espagne avait pulvérisé son record lors des J.O. de Barcelone en 1992 avec 13 médailles d’or et 22 au total, alors que depuis cette époque jamais nos amis espagnols n’ont comptabilisé plus de 5 médailles d’or, comme à Atlanta et Pékin, et 3 seulement cette année.

Quant à la France, elle se situe au septième rang de ces J.O. de Londres ce qui est tout à fait honorable, en rappelant que cette comptabilisation est basée sur le nombre de médailles d’or (11). Toutefois en comptabilisant toutes les médailles, la Grande-Bretagne (65 médailles) est quatrième, devancée par la Russie (82) qui a conservé une partie des structures de l’ex-URSS, alors que la France (34 médailles) est dixième, devancée par le Japon (38) et l’Australie (35). A ce propos, il est curieux de noter que cette année on parle essentiellement chez nous des médailles d’or récoltées par la France…parce que cela améliore son rang. Cela prouve que nous aussi savons  être chauvins à l’occasion. Et l’on me permettra de l’être en disant que parmi tous les titres attribués, un des plus beaux restera celui du handball, la France réalisant un exploit presqu’unique dans l’histoire (depuis 1972) en conservant le titre gagné aux jeux précédents (seule l’ex-URSS unifiée l’avait fait en 1992).

Cependant il y a une statistique indiscutable qui concerne notre pays, à savoir l’extraordinaire évolution du nombre de médailles enregistré par le passé avec celui des temps modernes. En disant cela je me base évidemment sur les Jeux Olympiques depuis 1952, date qui correspond à la première participation de l’Union Soviétique, celle-ci s’étant classée première au classement des médailles à sept reprises en neuf participations. Voilà pourquoi cette date n’est pas prise au hasard, et force est de constater que jusqu’à la disparition de l’Union Soviétique (1991), notre pays n’avait jamais dépassé le chiffre de 18 médailles (1952), sauf en 1984 à Los Angeles (28)… année du boycott d’une bonne partie des pays communistes, ces derniers suivant l’exemple de l’ex-URSS.

Parfois même, ce fut une horreur pour  nos couleurs, comme à Rome en 1960 où notre délégation recueillit 5 breloques, dont 2 en argent  avec Jazy sur 1500m et le quatre de pointe en aviron,  et 3 en bronze pour Abdou Seye sur 200m, une en lutte et une  en équitation. En employant le mot horreur j’exagère un peu pour ce qui me concerne car, même si j’étais très jeune à l’époque, j’avais été fou de joie avec les médailles de Jazy et de Seye. Nous n’avions guère fait mieux à Montréal en 1976 avec 9 médailles dont 2 en or (Drut au 110m haies et une en saut d’obstacles), 3 en argent (Morelon en vitesse, plus une en escrime et une en haltérophilie) et  4 en bronze (deux en escrime, une en gymnastique artistique et une en judo). Là au contraire, j’avais été très déçu en constatant l’impuissance de Morelon à remonter le Tchécoslovaque Tkac dans la manche décisive de la finale de la vitesse. En revanche, depuis 1992, nous ne sommes  jamais descendus en dessous de 29 médailles (1992) et de 7 médailles d’or (2008).

Cette année notre total de médailles aurait dû être encore meilleur, s’il n’y avait pas eu la défaillance complète de l’escrime, sport  qui reste à ce jour notre plus grand pourvoyeur de médailles (115) aux Jeux Olympiques. Pour mémoire l’escrime est un des rares sports ayant toujours figuré au programme des J.O. d’été, avec l’athlétisme, la gymnastique et la natation. Je n’ai pas de grandes connaissances sur l’escrime, mais ce que je sais c’est que notre pays a toujours eu jusqu’à ces dernières années des  grands champions, de Christian d’Oriola (2 fois champion olympique au fleuret individuel) dans les années 50 à un autre fleurétiste, Brice Guyart, dernier champion olympique individuel (Athènes en 2004), en passant par Laura Flessel (médaille d’or à l’épée en 1996 à Alanta). Le bilan de ces Jeux 2012 en escrime est affligeant, puisque  nous n’avons pas récolté la moindre médaille, ce qui n’était jamais arrivé depuis 1960. Quel gâchis, et ce n’est pas fini si les règlements de compte au niveau fédéral ne font pas place immédiatement à l’union sacrée, pour redresser la spirale négative dans laquelle se trouve ce sport depuis quelques temps.

Cela étant, globalement, ces Jeux auront été assez réussis pour notre pays, car chacun sait bien qu’il ne sert à rien de se lamenter sur la perte de médailles quasiment acquises. La chute, par exemple, fait partie de la nature du sport, et elle touche les meilleurs comme les autres. Qui aurait imaginé qu’Absalon puisse tomber dans l’épreuve de VTT, dont il était le grand favori ? A ce sujet, on observera que le cyclisme reste un sport sur lequel on peut compter encore aujourd’hui, ce qui me réjouit à titre personnel, même si j’ai du mal à accepter la défaite de nos sprinters sur la piste. On peut se réjouir aussi des progrès de la natation, la France devenant une place forte sur le plan mondial contrairement hélas à l’athlétisme, qui ne survit dans notre pays que par deux ou trois champions exceptionnels.

Problème, l’athlétisme est le sport olympique numéro un, et nous sommes toujours aussi faibles sur le stade olympique, malgré notre médaille d’or (Lavillenie à la perche) et notre médaille d’argent (Mekhissi au 3000m steeple). Mais derrière il n’y a pas grand monde à part quelques juniors prometteurs et surtout Lemaitre sur 100 et 200m, en espérant qu’il évite à l’avenir de se prendre pour ce qu’il n’est pas encore.  En écrivant cela je fais allusion à ce qu’il disait à propos de Bolt, affirmant que personne n’était imbattable. Plus inquiétant encore, j’ai l’impression que Lemaitre ne progresse plus…en souhaitant qu’il me démente d’ici la fin de la saison et les années suivantes. Cela dit, son évolution n’est pas comparable à celle de Renaud Lavillenie dans sa discipline du saut à la perche.

Ce dernier en effet  maîtrise de mieux en mieux son sujet, au point d’être capable de sortir à chaque grande occasion le saut qui lui permet de battre ses adversaires. En revanche Christophe Lemaitre semble avoir besoin de donner une orientation différente à sa préparation. On a déjà vu aux championnats d’Europe en juin qu’il n’était pas aussi souverain qu’en 2010 ou en 2011. A Londres cela s’est confirmé,  et pourtant s’il veut être un jour champion olympique il lui faudra battre des coureurs comme Blake ou Weir qui ont à peu près le même âge que lui, sans parler de Bolt qui n’a que 26 ans. Dur programme qui exige beaucoup, beaucoup de travail…ce dont Lemaitre est sans doute convaincu !

Michel Escatafal