Ramallets et San Mamés appartiennent à l’histoire du football espagnol

ramalletssan mamesAlors que Carlo Ancelotti découvre les joies et les peines d’être l’entraîneur du Real Madrid, avec notamment le feuilleton à épisodes quelque peu pathétique concernant Gareth Bale (on parle de 120 millions d’euros !), j’ai découvert ces derniers jours dans la presse espagnole deux faits importants qui ont quelque peu bouleversé nombre d’amateurs de football en Espagne et ailleurs.

Il y a tout d’abord la mort d’Antoni Ramallets, un des plus grands gardiens de l’histoire du football dans le monde, un des ces gardiens qui font gagner à leur équipe un nombre considérable de points dans une saison. Ramallets, en effet, est décédé avant-hier à l’âge de 89 ans, et si je parle de lui c’est parce qu’il a fait partie d’une des meilleures équipes nationales de l’histoire du football, l’Espagne (35 sélections), avec laquelle il obtint la quatrième place dans la Coupe du Monde 1950, remportée par l’Uruguay. Une Coupe du Monde qui ne lui rappellera pas que des bons souvenirs parce qu’il encaissa six buts de la part des Brésiliens, ce qui ne l’a pas empêché d’être appelé « le Chat de Maracana », tellement il a multiplié les exploits durant tout le premier tour de l’épreuve. Mais il a aussi fait partie d’une des plus prestigieuses équipes de club, le FC Barcelone, avec laquelle il remporta la Coupe des Villes de foires (1958 et 1960) devenue par la suite Coupe de l’UEFA (à partir de 1971). Avec laquelle aussi il parvint en finale de la Coupe d’Europe, où il allait endurer la plus grande déception de sa carrière, en étant le héros malheureux de cette finale, encaissant un but indigne de lui…par la faute du soleil couchant.

J’ai déjà parlé de cette erreur sur ce site (Un coucher de soleil fatal à Berne), tellement la défaite du Barça, le 31 mai 1961 à Berne, parut injuste à tous ceux qui ont assisté au match, dans les tribunes et à la télévision. J’étais très jeune à l’époque, mais je me souviens de la détresse de Ramallets, encaissant un but « casquette », qu’il se pardonna d’autant moins que son équipe avec ses stars de l’époque, notamment ses attaquants Kubala, Kocsis, Evaristo, Suarez et Csibor, tira à plusieurs reprises sur les montants des buts de Costa Pereira, le gardien du Benfica Lisbonne, qui finit par l’emporter sur le score de 3 buts contre 2 au Barça.

Cela n’empêcha pas Ramallets d’être considéré comme une légende du FC Barcelone, où il a joué entre 1947 et 1962, même s’il opéra au début de sa longue carrière dans des clubs comme le Real Valladolid ou le Real Majorque. Il a disputé près de 400 matches officiels pour le Barça, club avec lequel il gagna, outre ses coupes européennes, 6 championnats d’Espagne, 5 coupes du Roi, et à 5 reprises le  trophée Zamora, récompensant le meilleur gardien de la saison espagnole. Et pourtant il y avait de la concurrence à l’époque avec Alonso et Dominguez les gardiens du Real dans les années 50 et 60, mais aussi celui de l’Atletico Madrid , Madinabeytia, celui de Valence qui s’appelait lui aussi Zamora, ou encore Yarza, l’inamovible gardien de Saragosse. Quelle riche histoire à l’évocation de ces noms!!!

Autre riche histoire, celle du stade San Mamés (40.000 places), qui abrite les matches de l’Athletic Bilbao, club phare du Pays Basque depuis 1913, et qui est en cours de démolition. Ce stade rappelle aussi un mauvais souvenir aux supporters de l’équipe de France (j’y étais), laquelle fut vaincue le 16 juin 1982, au premier tour de la Coupe du Monde, par l’Angleterre (3-1), ce qui n’empêcha pas les Français d’arriver jusqu’en demi-finale de la compétition. Cela dit, le dernier match dans ce stade mythique eut lieu le 25 mai dernier, avec une défaite de l’Athletic Bilbao face à Levante, sur un but dans les dernières secondes de la partie du remplaçant Juanlu qui était entré sur le terrain à la minute 79. Ce but évidemment ne restera pas dans l’histoire comme le premier qui fut marqué à San Mamés, en août 1913, dans un match amical contre le Racing d’Irun, par Pichichi, attaquant dont je vais reparler un peu plus loin.

Un stade où l’on a disputé 1305 parties de championnat et où 4222 buts ont été marqués. Une enceinte sportive qui va être remplacée par un autre beaucoup plus moderne de plus de 53.000 places, qui s’appellera San Mamès Barria, dès le début de la prochaine saison, ce qui sera une manière de faire peau neuve pour le club aux couleurs rouges et blanches verticales. Un des grands clubs espagnols entre parenthèses, vainqueur de 8 championnats d’Espagne et de 24 Coupes d’Espagne, depuis sa fondation en 1903. Un club dont son meilleur joueur dans les années 1910-1920, Arazandi, fut un grand buteur, au point d’être resté dans l’histoire en donnant son surnom Pichichi (il mesurait moins de 1.60m) au meilleur buteur du championnat d’Espagne. Curieusement, un siècle plus tard, le multiple pichichi, Lionel Messi, est lui aussi un joueur de petite taille.

Fermons la parenthèse pour ajouter que l’Athletic Bilbao, club mythique à la fois basque et espagnol, a pour particularité d’opérer avec des joueurs d’origine basque…et souvent avec un entraîneur, lui aussi basque. Ainsi l’année où l’Athletic Bilbao fit le doublé coupe-championnat (1984), après avoir enlevé le championnat l’année précédente, c’était un entraîneur basque, Javier Clemente, qui était aux commandes de l’équipe, dont les meilleurs joueurs figuraient parmi les tous meilleurs en Espagne. Je pense en particulier à l’attaquant Dani (25 fois international), l’arrière central Goikoetxea (39 sélections), un autre attaquant Etxeberria (53 sélections) et le mythique gardien de la sélection espagnole entre 1985 et 1998, Zubizarreta (126 sélections).

En 1977, quand l’Athletic Bilbao arriva en finale de la Coupe de l’UEFA, c’était aussi un entraîneur basque qui était au bord du terrain, Koldo Aguirre, ancien demi du club dans les années 50. Il entraînait une équipe dont les vedettes était un autre remarquable gardien qui passa 18 ans au club, Iribar (49 sélections en équipe d’Espagne), les milieux de terrain Churruca (16 sélections) et Irureta (4 sélections), et l’attaquant Dani, déjà présent. Cette équipe ne s’inclina que de très peu (1-1 et 1-2) dans cette finale UEFA face à la Juventus de Turin de Zoff, Scirea, Gentile,  Causio, Tardelli, Boninsegna et Bettega, entraînée par Trapattoni.

Aujourd’hui, l’Atletic Bilbao n’est plus tout à fait aussi basque qu’auparavant, même si l’équipe est composée quasiment en totalité de joueurs d’origine basque. Toutefois dans l’équipe qui arriva en finale de la Ligue Europa (ancienne Coupe UEFA), l’entraîneur était un Argentin, Marcelo Bielsa.  Cela étant les joueurs, à commencer par la grande star de l’équipe, Llorente, étaient tous d’origine basque. Dans l’équipe de cette année, on trouve parmi les joueurs un jeune défenseur central du nom d’Aymeric Laporte, né à Agen, mais qui a fait la plus grande partie de ses classes à l’Aviron Bayonnais et au CD Baskonia, l’antichambre de l’Athletic Bilbao, d’où sont issus notamment Iribar et Llorente. Laporte qui était jeudi soir sur le terrain lors de la finale du championnat d’Europe des moins de 19 ans avec l’équipe de France de cet âge.

Ce n’est pas le premier défenseur français a opérer à l’Athletic Bilbao, car il eut un prédécesseur célèbre en 1996, le Basque Bixente Lizarazu, à une époque où l’entraîneur était un autre Français, tout aussi célèbre, Luis Fernandez. Souhaitons à Aymeric Laporte, d’avoir la même carrière de joueur que Lizarazu et Fernandez, ce qui ne pourra qu’être bénéfique à l’équipe de France. Cela étant, pour les supporters de l’Athletic Bilbao, Laporte est considéré comme basque…ce qui est plutôt une bonne chose pour lui, puisque j’ai lu que 76% des fans préfèreraient voir leur équipe descendre en deuxième division, plutôt que voir des non-basques porter les couleurs du club.

Michel Escatafal


PSG : qui pour céder la place à Wenger dans un an?

makeleleJe ne sais pas ce qui se passe au PSG, mais il faut reconnaître que son image est en train d’en prendre un coup. Comment un club qui est prêt à payer très cher un entraîneur, et qui dispose de moyens quasiment illimités pour recruter, comment en effet pareil club n’arrive pas à trouver un entraîneur de renom ? Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais si le motif est bien ce que disent les organes de presse, à savoir le refus de faire un intérim d’un an pour laisser la place à Arsène Wenger, cela paraît presque une bouffonnerie.

En effet, comment imaginer qu’un entraîneur qui a gagné une ou plusieurs coupes européennes, donc un technicien côté, puisse être d’accord pour venir effectuer un simple intérim, en sachant que même en obtenant les meilleurs résultats, par exemple un triplé français assorti d’une demi-finale de Ligue des Champions, il devra céder la place. Vous me direz que si cet entraîneur mène l’équipe au titre de champion de France et remporte les deux coupes nationales, plus une belle performance européenne, il pourra toujours espérer conserver sa place. Certes, mais s’il n’est « que » champion de France et quart de finaliste de la Ligue des Champions, il est certain d’être viré, quelle que soient les prestations que son équipe fournira. Reconnaissons que même en étant un supporter du club, et c’est mon cas depuis bien longtemps (l’époque Hechter), on ne peut qu’être d’accord avec le refus de techniciens comme Benitez, qui a, rappelons-le, un palmarès infiniment supérieur sur le plan européen à celui d’Arsène Wenger.

Au fait pourquoi la présence d’Arsène Wenger comme coach du PSG fait-elle tellement envie aux décideurs qataris ? C’est une énigme pour les gens comme moi, qui ignorent évidemment les motivations réelles des patrons du club parisien. Oui je dis bien une énigme, parce que je ne vois pas ce qu’a de plus un Wenger par rapport à des Benitez dont j’ai déjà évoqué le nom, Hiddink, Capello, Rijkaard ou même Villas-Boas, sans parler de Di Matteo qui, ne l’oublions pas, a permis à Chelsea de réaliser enfin le rêve de son président, R. Abramovitch, rêve que Mourinho ou Scolari n’avaient pas pu lui apporter, à savoir gagner en 2012 la Ligue des Champions. Certes je ne dis pas qu’Arsène Wenger n’est pas un très bon technicien, mais force est de reconnaître qu’il n’a jamais eu depuis ses débuts à Arsenal en 1996 la pression inhérente à certains gros clubs comme le Real ou le Barça. Aurait-il réussi par exemple à Chelsea ? Nombre d’entre nous en doutent malgré ses titres ou ses doublés (coupe-championnat) en Angleterre, malgré aussi sa finale en Ligue des Champions contre le F.C. Barcelone (2006).

Peut-être a-t-il pour lui de rester très longtemps dans les clubs où il arrive, ce qui doit impressionner les dirigeants qataris. En effet, il est resté sept ans à Monaco entre 1987 et 1994, où il fut démis de ses fonctions en fin d’année, donc à mi-saison, pour mauvais résultats, après avoir exercé à l’AS Nancy-Lorraine entre 1984 et 1987, où il obtint des résultats honorables pour un club aux moyens limités. Il fut aussi entraîneur au Japon pendant deux ans, avant d’arriver à Arsenal où il aura fait l’essentiel de sa carrière. A ce propos, comment se fait-il, alors qu’il ne lui reste qu’un an de contrat, et qu’il n’a rien gagné depuis huit longues années (Cup en 2005), oui comment se fait-il qu’il n’ait pas résilié son contrat avec les Gunners pour s’engager au PSG, alors que la place allait être libre avec le départ d’Ancelotti ? Encore une énigme pour ceux qui suivent le football d’un peu près!

Voilà quelques réflexions toutes personnelles, mais certainement de bon sens, sur cette recherche sans succès d’un entraîneur pour le Paris Saint-Germain. Cela dit, comme les choses peuvent aller très vite, si cela se trouve on nous annoncera aujourd’hui ou demain l’arrivée de celui qui aura bien voulu s’asseoir sur le poste a priori réservé à Wenger pour l’année prochaine. Au fait, est-ce bien sûr que Wenger sera libre l’an prochain ? Apparemment l’actuel président d’Arsenal pense qu’il renouvellera son contrat l’an prochain, ce qui ne me ferait aucune peine si un Lippi ou un Rijkaard devait arriver à Paris…à moins que ce ne soit Claude Makelele  qui devienne entraîneur, ce qui ne serait pas une première dans le football français. En effet, après avoir joué entre 1937 et 1950 au Stade de Reims, Albert Batteux en est devenu à la fin de sa carrière l’entraîneur, faisant du club un vainqueur de la Coupe Latine (1953), ancêtre de la Coupe des clubs champions, et un finaliste à deux reprises (1956 et 1959) de cette même Coupe d’Europe qui allait devenir la Ligue des Champions (en 1992), sans oublier cinq titres de champion de France et une Coupe de France. Autre exemple emblématique, celui de Robert Herbin, joueur de l’AS Saint-Etienne entre 1957 et 1972, puis entraîneur de ce même club, avec qui il remporta à quatre reprises le championnat entre 1974 et 1981, plus trois Coupes de France, sans oublier évidemment la finale de la Coupe d’Europe en 1976 que l’ASSE aurait sans doute remportée sans une barre carrée et, plus encore,  la blessure de Rocheteau. Deux exemples à suivre pour Makelele…s’il finit par être l’élu des dirigeants du PSG, d’autant qu’il est quand même l’adjoint d’Ancelotti, et qu’il a, nous dit-on, le respect du vestiaire, acquis aussi grâce à son immense palmarès de joueur.

Michel Escatafal


Le RC Toulon, Nibali et Ancelotti en haut de l’affiche

wilkinsonUn week-end de sport un peu particulier que cette Pentecôte 2013 ! Si je dis cela c’est parce que des évènements importants ont eu lieu dans trois sports parmi les plus médiatisés de la planète. Commençons par le vélo, avec la grosse option prise par Vincenzo Nibali sur la victoire dans le Giro. Le Sicilien est à sa place, dans la mesure où,  avec Contador et Froome, c’est le plus complet des coureurs à étapes. En outre, j’aime beaucoup ce coureur italien pour son tempérament bagarreur et son goût pour l’offensive, qui me fait penser à un autre grand champion que j’ai beaucoup admiré en son temps, Laurent Fignon. Voilà pour le vélo, en espérant pour les rescapés de ce Tour d’Italie que le temps soit moins exécrable qu’il ne l’a été ces derniers jours…ce qui paraît peu probable si l’on en croit les météorologistes.

Ensuite il y a le cas Ancelotti qui fait les grands titres des journaux français et espagnols. Ancelotti veut quitter le PSG pour aller au Real Madrid, afin de remplacer Mourinho, lequel est loin d’avoir réussi au Real Madrid aussi bien que dans les autres clubs où il est passé. Mais au fait, malgré les louanges parfois dithyrambiques qui lui sont adressées depuis qu’il a annoncé son envie de quitter le PSG, est-ce qu’Ancelotti a vraiment été l’homme providentiel qu’attendait le PSG pour lui faire franchir encore plus vite le pas qui le sépare encore des toutes meilleures équipes européennes ? La réponse est loin d’être aussi évidente qu’il n’y paraît, car, avec l’armada dont il disposait, remporter « seulement » un titre de champion de France et aller en quart de finale de la Ligue des Champions est quand même le minimum qu’on pouvait attendre d’un technicien aussi côté que lui. Bien sûr on me dira qu’il a réussi à gérer les egos de grands joueurs comme en possède aujourd’hui le PSG, mais là aussi c’est le moins qu’il ait pu faire, d’autant que les très grands joueurs (Ibrahimovic, Thiago Silva, Lavezzi, Pastore, Lucas ou Motta) ont toujours été titulaires, tout comme d’autres qu’on ne croyait pas aussi fort, comme Matuidi et Sirigu. La preuve, quand on regarde l’effectif parisien, on s’aperçoit que seuls une quinzaine de joueurs ont disputé la plupart des matches au cours de la saison, à savoir Sirigu, Jallet, Alex, Sakho, Silva, Maxwel, Matuidi, Verrati, Menez, Pastore, Lavezzi, Ibrahimovic, et Lucas après son arrivée en janvier, les autres se contentant de bouts de matches ou de remplacer les titulaires absents ou blessés.

Tout cela pour dire que dans le cas Ancelotti, il faut savoir raison garder…sauf à considérer que sans sa présence sur le banc, peut-être qu’Ibrahimovic, Thiago Silva ou Lavezzi ne seraient pas venus. Alors, et maintenant ? Et bien, il finira sans doute par partir au Real, mais ce ne sera pas sans conditions, ni pour lui, ni pour le Real. On peut même imaginer qu’il est un formidable atout dans la manche des dirigeants parisiens pour faire venir à Paris Cristiano Ronaldo ou pourquoi pas un autre grand joueur du Real, ou encore pour faire en sorte que le Real ne marche pas sur les plates-bandes du PSG pour un gros renfort qui ne manquera pas d’arriver à Paris d’ici la fin juillet. De toutes façons, contrairement à ce que de nombreux forumers ou journalistes pensent, cela ne va pas déstabiliser le PSG, car la seule chose qui pourrait le faire ce serait le départ des Qataris, comme l’a rappelé très justement Leonardo…car ils ont l’argent. Or, comme il n’est pas question pour les Qataris de  se désengager, bien au contraire, Ancelotti ou pas sur le banc n’est pas aujourd’hui le plus important, surtout que son remplaçant sera nécessairement un « tout bon ». En plus, compte tenu de l’ampleur du projet parisien et des moyens mis à sa disposition, les entraîneurs de renom ne peuvent qu’être flattés d’être sollicités par le PSG.

Dernière chose, j’ai du mal à accepter les explications affichées ou non d’Ancelotti pour expliquer son envie de départ. Par exemple quand il dit que « le Real est une possibilité », comme s’il voulait nous prendre pour des idiots. De même, quand j’entends dire qu’il a été froissé de  l’impatience manifestée par les décideurs qataris à propos des résultats du club francilien en novembre-décembre, cela me fait doucement rire, dans la mesure où il est parmi les deux ou trois entraîneurs les mieux payés au monde.  Comme l’a fait justement remarquer ce matin le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, il était quand même normal qu’après une série de trois défaites qui hypothéquaient la saison du club, on lui demande des explications. On notera à ce propos que c’est après ces explications que le PSG s’est de nouveau remis sur de bons rails, notamment avec le passage en 4-4-2 qui, à présent, fait la force de l’équipe, et qui a permis à certains joueurs importants de s’exprimer au mieux de leurs possibilités, par exemple Pastore et Lucas.

Passons enfin au sujet que je voulais traiter en priorité, à savoir la victoire du RC Toulon en Coupe d’Europe de rugby, une victoire qui m’a fait un immense plaisir. Pourquoi ? Non pas parce que j’ai une dent contre l’ASM Clermont, mais pour les efforts faits par un homme, Mourad Boudjellal, pour faire évoluer son club en particulier, et le rugby en général vers plus de professionnalisme. Cet homme en effet a apporté au rugby français son savoir-faire industriel, et c’est ce dont le Top 14 avait besoin. Point n’est besoin d’être grand clerc pour savoir que l’évolution du rugby vers plus de professionnalisme est irréversible. Et dans ce cas, il nous faut des grands clubs, comme le Stade Toulousain, l’ASM Clermont, le Racing, le Stade Français ou le RC Toulon, pour ne citer qu’eux, avec des joueurs venus du monde entier qui apportent un plus dans les championnats européens, à commencer par le notre. Il est bien pour le Top 14 qu’il y ait à côté de Dusotoir, Pascal Papé, Fofana ou Michalak, des joueurs comme Mac Allister, Sivivatu, Botha ou Wilkinson. Et c’est bon aussi pour tout le rugby européen, à travers les clubs ou franchises qu’ils soient français, anglais, gallois, écossais ou irlandais, ce qui nous permet d’avoir une Coupe d’Europe de très haut niveau. Et ce qui fait plaisir, c’est de voir que chaque année un club du Top 14 figure parmi les favoris de la compétition ou la gagne, cas ces dernières années du Stade Toulousain, de Clermont et à présent Toulon.

Le RC Toulon, qui a retrouvé en cinq ans son rang de place forte du rugby français (3 fois champion de France en 1931, 1987 et 1992 et 6 fois finaliste entre 1948 et 2012), après être remonté de la Pro D2 en 2008. Une progression extraordinaire…que l’on espère pour le PSG, même si la concurrence en football est largement supérieure. Une progression tellement extraordinaire que l’on a du mal à y croire, et à laquelle personne ne croyait sauf cet homme de défi qu’est Mourad Boudjellal, lequel a beaucoup payé de sa personne et a mis de gros moyens à la disposition du club pour faire venir quelques uns des meilleurs joueurs du monde. Parmi ceux-ci on citera le All Black Tana Umaga, le Sud-Africain Victor Madfield, l’Australien Georges Gregan, un autre All Black, Andrew Merthens, Bakies Botha le pendant de Madfield en deuxième ligne, Sonny Bill Williams qui était en 2008 le meilleur treiziste du monde…et Jonny Wilkinson, le fantastique ouvreur anglais, sans doute un des plus grands joueurs de l’histoire à son poste au même titre qu’un Barry John.

Et si j’insiste pour Wilkinson, c’est parce que Mourad Boudjellal fut sans doute le seul à avoir cru en lui en 2009, après une multitude de blessures qui laissaient penser que le corps de Jonny Wilkinson ne pouvait plus supporter les rigueurs et la dureté du rugby professionnel, après une carrière qui l’avait vu débuter au plus haut niveau en 1997 à l’âge de 18 ans, carrière dont le point d’orgue était un titre de champion du monde pour l’Angleterre, équipe qu’il a longtemps portée à bout de bras, notamment en 2003 lors de la Coupe du Monde en Australie. Je l’admire tellement Wilkinson, que j’ai écrit sur ce site un article où je l’avais qualifié de « plus que parfait ». Et pourtant il fut très souvent le bourreau du XV de France, mais cela démontre simplement que j’aime le rugby et ses grands joueurs…quelle que soit leur nationalité. Fermons la parenthèse pour souligner que Mourad Boudjellal mérite une statue pour avoir su  organiser la résurrection du merveilleux numéro 10 anglais, alors que beaucoup parlaient de lui au passé. Et c’est un juste retour des choses que, grâce à Jonny Wilkinson, le RC Toulon ait remporté samedi le plus beau titre de son histoire, avec cette Coupe d’Europe, victoire qui récompense l’énorme investissement personnel de Mourad Boudjellal pour son club.

Oh certes, Wilkinson n’était pas seul dans cette équipe constellée de stars planétaires du rugby (les frères Armitage*, Giteau, Bastareau, Michalak, Rossouw, Masoe, Fernandez-Lobbe, Botha, Sheridan ou Jenkins), mais  Wilkinson a été tout au long de l’épreuve l’âme de l’équipe, sorte d’assurance tous risques pour une formation qui savait pouvoir compter presque à 100% sur son ouvreur-buteur. La preuve, nous l’avons dans le fait qu’un point seulement séparait les deux équipes de Toulon et Clermont en finale, point que l’on trouve dans une transformation manquée par Parra sur un des deux essais clermontois, alors que Wilkinson a fait de nouveau un sans-faute dans les tirs au but. Et puisque je parle des deux buteurs, comment ne pas être confondu devant le match ô combien décevant du demi de mêlée clermontois, joueur dont j’ai toujours dit qu’il était surtout un excellent buteur, alors que Wilkinson fut non seulement remarquable buteur dans cette finale européenne, mais aussi excellent dans le jeu. Là est toute la différence entre un très bon joueur, Parra, comme il y en a beaucoup en France, et un très grand joueur, Wilkinson, comme il y en a très peu dans le monde, ce qui lui a valu le trophée du meilleur joueur européen, même si pour ma part je n’accorde qu’une valeur très relative à cette distinction…indiscutable cette année.

Un dernier mot enfin pour saluer un autre personnage qui fut pour beaucoup dans cette victoire européenne du RC Toulon, Bernard Laporte. Autant je n’appréciais guère le ministre des Sports qu’il fut, autant en revanche on ne peut que le féliciter d’avoir aidé le club toulonnais à grandir. Laporte a certes échoué dans la conquête du titre mondial en 2007, mais à côté de cet échec que de succès à la tête de l’équipe de France (4 victoires dans le Tournoi dont 2 grands chelems) entre 2000 et 2007) ou du Stade Français (champion de France 1998) ! Je crois qu’il fallait le dire, d’autant que le contraste est frappant entre son palmarès et celui de ses prédécesseurs ou successeurs en club ou en équipe de France. D’ailleurs qu’a-t-il manqué au XV de France en 2003 ou 2007 pour ne pas être champion du monde ? Simplement un Jonny Wilkinson . Imagine-t-on une paire de demis composée de Galthier ou Michalak associés à Wilkinson en 2003 ou une paire Elissalde-Wilkinson en 2007 ? Oui, dans ce cas la France aurait été imbattable.  Après tout ce n’est pas la faute de Laporte si Wilkinson est né anglais ! Reste à présent à B. Laporte et à Jonny Wilkinson à réaliser le doublé Top 14 et Coupe d’Europe avec leur club du RC Toulon, inédit pour un club français. Même le Stade Toulousain n’y est jamais parvenu, c’est dire ! Pour être franc, je pense que le Stade Toulousain de Guy Novès et J.B. Elissalde a les meilleures chances de remporter cette année, et une nouvelle fois, le fameux Bouclier de Brennus, à moins que Wilkinson…

Michel Escatafal

*A propos de Delon Armitage, certains se sont offusqués de son geste vis-à-vis de Brock James alors qu’il filait à l’essai. Ceux-là ne connaissent pas l’histoire du rugby. Il suffit de se rappeler, par exemple, le geste de J.P. Bastiat en demi-finale du championnat de France 1973, où l’on vit l’immense avant dacquois aplatir un essai au milieu des poteaux en narguant les joueurs biterrois de la grande époque, vaincus sur le score de 23-3 ! Ce geste ne porta pas bonheur à l’US Dax qui perdit, contre toute attente, sa cinquième finale contre le Stado Tarbais (12-18).


La France ne mérite pas ses champions…

Hier soir, trois clubs européens fêtaient le titre conquis dans leur championnat national de football. Ces trois clubs s’appellent le F.C. Barcelone, Manchester United et le Paris Saint-Germain. Et que s’est-il passé ? A Barcelone, malgré la crise qui touche très sévèrement nos amis catalans et espagnols, ils étaient 500.000 dans les rues pour faire la fête après avoir remporté leur vingt-deuxième Liga…et il n’y a pas eu d’incidents. A Manchester, il y avait apparemment moins de monde, mais une foule s’était rassemblée pour saluer comme il se doit le vingtième titre de champion des Red Devils et rendre hommage à Alex Ferguson, son emblématique entraîneur, qui, à 71 ans, a fait valoir ses droits à la retraite. A Paris enfin, ils étaient 10 à 15.000 supporters pour théoriquement fêter le troisième titre de champion de France du club de la capitale. Je dis théoriquement, parce que des incidents graves ont contraint les dirigeants du club francilien et un de ses sponsors à annuler une partie des festivités, et notamment la promenade en bateau sur la Seine, prévue pour que le plus grand nombre de Parisiens puisse applaudir le trophée remis aux dirigeants et joueurs sur la place du Trocadéro.

Voilà un petit résumé des titres de la presse sportive française et européenne, et reconnaissons que tout cela n’est pas très flatteur pour notre pays. Un pays qui, quoi qu’on en dise, n’est pas sportif. Ce n’est quand même pas pour rien si la France n’a gagné que deux coupes d’Europe depuis 1956, qu’elle n’a aucun pilote susceptible d’être champion du monde de Formule 1, que son dernier succès dans un grand tournoi (grand chelem) de tennis masculin remonte à 1983 et l’avant-dernier à 1946, qu’aucun de ses coureurs n’a gagné le Tour de France depuis 1985 ou le Giro depuis 1989, qu’aucun Français n’a gagné un tournoi majeur de golf, que la France soit la seule grande nation de rugby à n’avoir jamais gagné la Coupe du Monde, qu’il ait fallu attendre 2012 pour voir un de nos athlètes remporter un titre olympique qui nous échappait depuis 1996, etc., etc. C’est un constat accablant que l’on peut dresser à travers ce petit rappel de l’état du sport français, et malheureusement je crains que ce constat nous le ferons encore longtemps. Pourquoi ? Sans doute une question de tempérament du Français, dont le principal défaut est d’être à la fois un indéfectible râleur, donnant des leçons à tout le monde, mais aussi quelqu’un qui refuse de s’engager pour améliorer les choses, parce que son tempérament le pousse à pantoufler.

A ce propos j’en profite pour redire une énième fois que je suis Français de par mon père et ma mère, lesquels l’étaient de par leur père et mère, eux-mêmes l’étant de par leurs parents. Si j’apporte cette précision, c’est pour bien montrer que je connais mon pays, et celui-ci hélas n’est pas ce qu’on le voudrait qu’il soit ou qu’on aurait voulu qu’il fût. Et cela n’est pas valable seulement pour le sport, l’histoire est là pour nous le rappeler. Comme je l’ai souvent écrit ici même, le Français est jaloux par nature du succès des autres, mais ne fait aucun effort pour contribuer au sien. Il faut que cela lui tombe du ciel, et encore tout dépend de la provenance de ce don. Et pour ceux qui trouvent que j’exagère, il suffit de lire la réaction des gens sur les forums des sites web des journaux pour s’en convaincre. Que ne lit-on pas à propos du Paris Saint-Germain…parce qu’il appartient à des investisseurs qataris. Et oui, c’est triste, mais c’est ainsi : pour nombre de soi-disant amateurs de football, le PSG aurait perdu son âme avec l’arrivée des Qataris à sa tête.

Mais quelle âme avait le PSG auparavant ? En avait-il une, quand les supporters cassaient tout dans certains virages du Parc des Princes, les mêmes nous dit-on étant à l’origine des incidents d’hier soir ? Et pour ceux qui reprochent au PSG de se comporter avec arrogance parce que désormais c’est un club riche, trouvaient-ils normal qu’une ville comme Paris soit totalement inexistante sur le plan du football en particulier et du sport en général ? C’est une question d’autant plus intéressante que l’an prochain, nous pourrions très bien avoir le PSG football en demi-finale de la Ligue des Champions, le PSG handball en finale de la même épreuve dans ce sport, et pourquoi pas bientôt un club participant au Final Four de basket, sans oublier les sections féminines de ce club qui veut être, à l’instar du Barça, un des plus grands clubs omnisport du monde. Ce serait même plus fort que les clubs de football anglais, lesquels ne brillent que dans le foot. Et bien non, nombre de Français affirmant aimer le sport ne veulent pas de tout ça, sous le fallacieux prétexte que l’argent pourrit tout. Quelle belle leçon d’éthique, sauf, comme je l’ai écrit plusieurs fois sur ce site, que lesdits Français jouent de plus en plus aux divers jeux d’argent qui leur sont proposés, qu’il s’agisse du loto ou des jeux de grattage ou paris en ligne. Ils aiment donc l’argent autant que les autres, même s’ils font semblant d’en être détachés, et surtout ils détestent ceux qui en ont plus qu’eux. Voilà ce que m’inspirent aujourd’hui les évènements d’hier au Trocadéro pour les festivités du titre de champion de France décroché par le PSG.

Au fait qu’ont pu dire les joueurs français à leurs coéquipiers étrangers ayant opéré en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas ou en Angleterre devant un tel déferlement de violence de la part de gens se disant supporters du club ? Qu’ont-ils pu aussi donner comme explications devant le manque d’enthousiasme des foules françaises, pour un club qui promet de gagner la Ligue des Champions d’ici cinq ans ? Je comprends pourquoi les stars du ballon rond ont besoin d’un Ancelotti, entraîneur au palmarès presque incomparable, pour venir jouer à Paris, malgré le salaire mirobolant qui les attend. En disant cela je pense à ceux qui se réjouissaient l’an passé de voir Montpellier être sacré champion de France devant le PSG…parce qu’entre autres griefs, ils en voulaient au remarquable coach italien d’avoir pris la place de Komabouaré. Comme si Ibrahimovic ou Thiago Silva allaient signer au PSG sans l’aura d’Ancelotti sur le banc de touche ! D’ailleurs, s’il finit par quitter le PSG, il sera remplacé à coup sûr par un entraîneur de renom qui, lui aussi, pourra attirer une ou plusieurs stars mondiales. Pauvres Français ! Heureusement qu’il y a des gens chez nous pour contredire la médiocrité de tous ces sots, qui font de leur morale une masse informe n’ayant rien à voir avec leurs actions de chaque jour. Ah, si seulement nous pouvions être plus nombreux à dénoncer ces outrances, ces persiflages et cette méchanceté !

Michel Escatafal


Leduc, Mourinho, Ancelotti : tous les entraîneurs étaient ou sont responsables

Le principal responsable, c’est moi. Avec mes équipes, lorsque nous gagnons, nous gagnons tous ensemble. Et quand nous perdons, je suis responsable« . Voilà ce qu’a dit José Mourinho suite à une cruelle défaite pour le Real Madrid contre Séville, défaite qui relègue le club madrilène à huit points du F. C. Barcelone dans la Liga, autant dire un gouffre par rapport à un club qui a dans ses rangs Messi, Iniesta et Xavi, soit trois des tous meilleurs joueurs du monde…plus les autres qui ne sont pas loin de leur niveau. Mais au fait pourquoi parle-t-on autant de Mourinho et du Real après à peine quatre journées de championnat? Parce qu’on ne prête qu’aux riches, et que tout ce que fait le Real en Espagne et ailleurs est sujet à nombre de polémiques ou commentaires. Rappelons-nous ce que nous avons entendu chez nous, ce printemps et ces derniers jours, parce que le Paris Saint-Germain était devancé par Montpellier (MHSC), équipe sans stars, et cette saison par les deux Olympiques (Marseille et Lyon)…dont une bonne partie du mercato a été consacrée à dégraisser l’effectif en qualité et en quantité, afin de contribuer à équilibrer les finances obérées de ces deux clubs.

Voilà pourquoi je suis de ceux qui ont apprécié la mise au point de José Mourinho, parce que, comme nombre de ses collègues, il prend ses responsabilités. Grand il est dans le succès, mais grand aussi il est dans l’échec, même si ce mot lui fait horreur, lui qui a connu tous les succès qu’un entraîneur puisse connaître. Cela ne veut pas dire pour autant que cet homme ne puisse pas subir ça ou là une baisse de résultats, mais les entraîneurs de cet acabit rebondissent toujours et très vite. La preuve, dès le premier match de Ligue des Champions contre Manchester City (3-2), le Real a démontré que son équipe est une des toutes meilleures en Europe, et que pour gagner la Ligue des Champions au mois de mai prochain, il faudra battre la formation madrilène. Et ce ne sont pas Vilanova, l’entraîneur du Barça, ni Carlo Ancelotti celui du PSG, qui nous démentiront, ce dernier ne cessant d’affirmer que l’expérience en Ligue des Champions est la meilleure assurance d’un bon parcours dans la compétition, même si hier soir le PSG a pulvérisé le Dynamo de Kiev après 8 ans d’absence en C1. Et de l’expérience, tant Jose Mourinho que l’effectif du Real Madrid n’en manquent pas.

Tout cela pour dire que le rôle de l’entraîneur est souvent beaucoup plus considérable qu’on ne l’imagine, même si ce n’est pas lui qui est sur le terrain. En outre, les circonstances peuvent aussi faire que le meilleur entraîneur, en proie à des difficultés de tous ordres, ne réussisse pas à faire ce qu’un autre qui va bénéficier de circonstances plus favorables pourra aisément obtenir. Nous en avons l’exemple en France cette année, avec Didier Deschamps qui a certes permis à l’OM de remporter un nouveau trophée la saison dernière (Coupe de la Ligue) mais qui, après un le début de championnat 2011-2012 calamiteux, a souffert toute la saison pour se maintenir…dans les dix premiers de Ligue 1, alors que l’OM de cette année, avec Baup comme entraîneur, caracole en tête du championnat avec cinq victoires en cinq matches.

Or, qui sérieusement pourrait croire que Didier Deschamps est un moins bon entraîneur qu’Elie Baup ? Personne, sauf que Baup cette année bénéficie avec son équipe d’un état de grâce identique à celui de Montpellier l’an passé. Pour tout dire, l’Olympique de Marseille 2012-2013, qui faisait quelque peu pitié avant le début du championnat, est en train de devenir l’équipe surprise de ce début de saison, alors que Didier Deschamps devait affronter chaque semaine des équipes ultra motivées face au champion de  France 2009-2010, traitement réservé aussi depuis un peu plus d’un an au PSG. Problème, cet état de grâce (à effectif constant) ne perdure jamais, et ce n’est pas Girard, l’entraîneur de Montpellier qui me démentira. D’ailleurs il est arrivé plus d’une fois dans l’histoire du championnat de France, qu’une équipe championne de France  ou dans les trois premiers l’année précédente se maintienne difficilement l’année suivante, voire même descende en deuxième division (Stade de Reims en 1963-64).

En fait dans les cas de Montpellier l’an passé, comme dans celui de l’OM cette année, le grand mérite de Girard comme de Baup, est de savoir accompagner l’euphorie de l’équipe, et de ne pas être des stars qui sont sans cesse épiées quant à leurs résultats. Si Mourinho perd deux matches en suivant, c’est presque la crise au Real Madrid, avec des journalistes évoquant des tensions de vestiaires ou je ne sais quelle autre difficulté. Ce serait la même chose au PSG cette semaine, si les Parisiens n’avaient pas eu la bonne idée de battre coup sur coup Lille et Toulouse, et donc de se retrouver tout près des premières places de Ligue1, avant de réaliser un festival en Ligue des Champions. D’ailleurs, comme je le disais dans un article précédent, combien de pseudos amateurs de football n’ont pas hésité à affirmer que si Kombouaré était resté à la tête du PSG, le club de la capitale aurait été champion de France, oubliant que le PSG de Kombouaré était éliminé dès le mois de décembre en Ligue Europa, dans une poule très facile, malgré un effectif de grande qualité. Cela ne veut nullement dire que Kombouaré n’est pas un excellent entraîneur, tout comme Baup ou Girard, mais personne ne les compare à Mourinho, Guardiola ou…Ancelotti.

Mais au fait, est-ce que toutes les grandes équipes du passé ont eu à leur tête un grand entraîneur qui a réussi? La réponse est un peu moins évidente qu’il n’y paraît, même si elle est globalement positive. D’abord il est évident qu’il est plus facile pour un coach d’entraîner un groupe plutôt qu’un autre, ne serait-ce qu’en raison du vécu passé de ces joueurs. Par exemple, l’entraîneur de la meilleure équipe française de l’histoire  en valeur absolue, le Stade de Reims de Kopa puis plus tard de Fontaine, Jonquet, Piantoni et Vincent, vainqueur de la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en 1953 et double finaliste de la C1 (1956 et 1959), Albert Batteux avait eu la chance d’hériter d’un groupe jeune, dont une partie avait été formée au club ou du moins y avait fini sa formation.

Ce fut aussi le cas de l’AS Saint-Etienne du milieu des années 70, qui avait bénéficié d’une politique de formation exemplaire, qui avait permis de créer une ossature locale à laquelle on a simplement rajouté deux joueurs étrangers de talent (Curkovic, Piazza), le tout constituant un ensemble bien rodé et très homogène. D’ailleurs pour Reims comme pour Saint-Etienne, les entraîneurs (Batteux et Herbin) étaient issus du club, ce qui donnait à l’équipe un label original. Sur le plan européen, Rinus Michels et Stefan Kovacs ont bénéficié eux aussi de l’arrivée au sommet des jeunes pousses de l’Ajax d’Amsterdam (Cruyff, Neeskens, Haan, Suurbier…) pour en faire le club phare en Europe au début de la décennie 70. On dira la même chose de Lattek avec le Bayern de Munich (Beckenbauer, Breitner, Muller, Hoeness…) au milieu des années 70, mais aussi de Guardiola, qui a largement bénéficié de la cantera barcelonaise (Messi, Iniesta, Xavi, Puyol, Piqué, Fabregas, Pedro…) à notre époque.

Rien à voir, par exemple, avec le grand OM du début des années 90, monté à coups de millions, l’entraîneur (Goethals) ayant surtout à préserver un amalgame de joueurs constitué en quelques années. A noter d’ailleurs qu’à l’époque Beckenbauer, tout entraîneur de l’équipe d’Allemagne championne du monde 1986 et finaliste en 1990 qu’il était, n’avait pas réussi à amener l’OM (entre 1990 et 1991) là où Bernard Tapie, le président de l’époque voulait que le club phocéen se situât, au point de quitter le club quelques mois plus tard, et d’être remplacé par un septuagénaire, Raymond Goethals, qui a réussi partout où il est passé, y compris à la tête de l’équipe de Belgique. Cela avait fait dire à nombre d’amateurs de football, qu’un grand nom dirigeant une équipe, fut-elle composée de stars, ne suffisait pas pour la faire gagner. La preuve, là où Beckenbauer a échoué, Goethals a réussi, puisque l’OM remporta la Ligue des Champions en 1993. L’expérience Scolari à Chelsea fut à peu près identique, l’entraîneur du Brésil champion du monde en 2002 et finaliste du championnat d’Europe avec le Portugal en 2004, ne pouvant même pas achever la saison 2008-2009 avec Chelsea, cette équipe relevant la tête dès l’entrée en fonction d’un autre technicien (Guus Hiddink), au point de parvenir en demi-finale de la Ligue des Champions, et d’être éliminé injustement par le F.C. Barcelone. Et tout cela avec la même équipe !

Cela étant, les deux exemples que sont Beckenbauer et Scolari, sont plutôt marginaux, car généralement l’entraîneur d’une très grande équipe est un technicien qui a un gros palmarès, ou qui a amené le club à un très haut niveau presqu’à lui seul. Ce fut le cas de Gustav Sebes, le Hongrois, entraîneur de Honved et de la grande équipe de Hongrie des années 1952 à 1956. Ce fut aussi le cas du Benfica de Lisbonne, double vainqueur de la Coupe d’Europe en 1961 et 1962, qui a bénéficié de l’expérience d’un autre entraîneur hongrois, Bela Guttmann, qui fut l’inventeur du fameux 4-2-4 qui remplaça le WM, et qui révolutionna le football à la fin des années 50 avec l’équipe du Brésil.

 On n’oubliera surtout pas Matt Busby, le véritable créateur du grand Manchester United, qui forma une équipe extraordinaire à partir des années 1955 à 1957 (moyenne d’âge moins de 23 ans), avec des joueurs issus du centre de formation du club, ce qu’Arsène Wenger a essayé de reprendre avec Arsenal à la fin des années 90. Hélas, le terrible accident d’avion du 6 février 1958 décapita cette magnifique phalange de joueurs très doués, la mort frappant l’avant-centre Tommy Taylor, les défenseurs Eddie Colman et Geoff Bent, l’ailier gauche David Pegg, les milieux Liam Whelan et Mark Jones, le capitaine de l’équipe Roger Byrne, qui avec ses 29 ans faisait office de vétéran,  plus évidemment celui qui était promis à devenir le meilleur joueur du monde, Duncan Edwards. En disant cela je ne fais que reprendre ce que disait Bobby Charlton, qui affirmait qu’Edwards  « avait tout pour lui, à la fois grand, très puissant et doué d’une technique remarquable des deux pieds ».

Grâce à lui et à ses jeunes équipiers (22 à 24 ans), Manchester United aurait peut-être empêché le Real Madrid de remporter cinq titres européens consécutifs entre 1956 et 1960, et l’équipe d’Angleterre aurait eu aussi son mot à dire lors de la Coupe du Monde 1958. Seuls survécurent à cette catastrophe l’entraîneur, et parmi les joueurs le gardien Harry Cregg, qui tira Charlton et Viollet de la carcasse de l’avion en flammes et l’arrière Foulkes. Et pourtant, malgré ce terrible coup d’arrêt, Matt Busby réussira à faire renaître M.U. de ses cendres, en formant quelques années plus tard une équipe s’appuyant sur les rescapés de 1958, Bobby Charlton et Bill Foulkes, plus Denis Law et Georges Best, qui remportera la Coupe d’Europe (C1) en 1968. Plus tard ce sera l’ère Ferguson qui lui aussi restera à la tête de Manchester United pendant 25 ans, sauf que ce Manchester là ne s’appuiera pas sur son centre de formation.

Je pourrais aussi évoquer Helenio Herrera, le Français, qui a amené l’Inter de Milan au plus haut sommet européen et mondial dans les années 60 (Coupe d’Europe et Coupe Intercontinentale en 1964 et 1965), en reprenant à son compte un style de jeu dévalué à la fin des années 50, le verrou que les Italiens appelèrent plus tard le catenaccio avec un libero en couverture loin de sa ligne de défenseurs. Johann Cruyff, une fois devenu entraîneur, donnera au F.C. Barcelone le style qui est le sien encore aujourd’hui, même si ses résultats furent moins brillants que ceux de Guardiola. Il n’empêche, si Cruyff n’avait pas entraîné le Barça entre 1988 et 1996, peut-être que le Barça ne serait jamais devenu l’équipe irrésistible qu’elle est de nos jours, ni le club du vingt et unième siècle.

Et puis il y a tous les autres, tous ceux dont les noms raisonnent partout où les résultats furent brillants dans les plus grands clubs européens. Je n’en citerai que quelques uns qui me viennent à l’esprit spontanément, comme Trapattoni (73 ans) qui a entraîné le Milan AC, la Juventus, l’Inter, le Bayern Munich ou Benfica, et qui est encore aujourd’hui l’entraîneur de l’équipe d’Irlande, Arrigo Sacchi qui dirigea le Milan AC et le Real Madrid, ou encore Lippi qui conquit tous les trophées qu’un coach puisse espérer remporter (Coupe du Monde, Ligue des Champions…), sans oublier Capello qui est depuis peu le nouvel entraîneur de l’équipe nationale de Russie, ni les Espagnols Luis Aragones et Del Bosque, qui, en plus de leurs résultats en club, ont construit et modelé la sélection espagnole qui a raflé tous les titres européen ou mondiaux depuis 2008.

Je vais arrêter là ce qui est devenu un hommage à la profession d’entraîneur, une des plus dures qui existe même si elle est souvent très rémunératrice, et qui permet à la plupart des footballeurs de se reconvertir après avoir fini leur temps sur le terrain. Mais que de souffrances avant d’arriver à la gloire, une gloire qui peut être très éphémère…même si pourtant la réussite est au bout. Lucien Leduc et Gérard Gili en sont les deux exemples emblématiques, eux qui ont été démis de leurs fonctions malgré des résultats tout à fait remarquables. Le premier, Lucien Leduc, entraîneur de l’Olympique de Marseille à l’époque Leclerc, fut limogé en mars 1972, alors que l’année précédente le club avait été champion de France, et plus incroyable encore, alors que l’OM était en tête du championnat 1972 avec 7 points d’avance sur le second !

Quant à Gérard Gili, nommé entraîneur de l’OM par Bernard Tapie en 1988, il fut démis de ses fonctions en septembre 1990 (remplacé par Beckenbauer), après avoir conquis deux titres de champion de France en 1989 et 1990, et avoir mené son équipe en demi-finale de la Coupe d’Europe cette même année, l’OM étant éliminé à cause de la fameuse main de Vata au match retour contre Benfica. Nombre d’amateurs de football ont pensé que si Bernard Tapie avait pris cette décision, c’était parce qu’il imaginait qu’avec Beckenbauer sur le banc, l’arbitre n’aurait pas accordé à Vata son but inscrit de la main…ce qui est loin d’être une certitude. Ironie du sort, comme je l’ai fit précédemment, Beckenbauer échouera complètement à l’OM contrairement à Gili. Et oui, essayer d’étudier le rôle de l’entraîneur, y compris parmi les clubs les plus huppés, réserve parfois bien des surprises. Preuve que le football n’est pas une science exacte, comme tout ce que je viens d’écrire le démontre. Et c’est ce qui fait son charme !

Michel Escatafal


Le PSG, meilleure équipe du monde ? C’est pour bientôt !

Certains d’entre vous vont peut-être penser que j’ai trop fait la fête hier soir, en proposant un titre pareil à cet article, mais ce n’est pas le cas. Alors pourquoi écrire cela ? Tout simplement parce que tous les ingrédients sont réunis pour qu’il en soit ainsi. D’ailleurs, si l’on regarde bien l’histoire des plus grandes équipes du siècle précédent, plusieurs d’entre elles se sont bâties de la même manière que le Paris Saint Germain F.C. version qatarie. Certes, on pourra toujours trouver des différences, parfois même très importantes d’un club à l’autre, mais dans l’ensemble Paris dispose de tous les ingrédients qui ont formé les plus grandes équipes de club de l’histoire.

Ici même j’ai souvent parlé du Real Madrid des années 50, et c’est la raison pour laquelle je ne vais pas insister outre mesure sur ce qui fit la gloire de ce club. Cela étant, comment le Real est devenu le club le plus titré de l’histoire du football ? Grâce d’abord à l’ambition de ses dirigeants, notamment un certain Santiago Bernabeu qui décida un jour de tout reconstruire dans ce club, comme sont en train de le faire les nouveaux dirigeants qataris du PSG. Le Real décida notamment la construction d’un stade digne de l’ambition de son président, l’actuel Stade Santiago Bernabeu (anciennement Chamartín), parce qu’un grand club doit avoir un grand stade à sa disposition. Le stade dans le football, c’est un peu l’église dans le village ou la cathédrale dans une grande ville, et il personnalise le club. C’est pour cela que les dirigeants qataris du  PSG ont raison de vouloir rester au Parc des Princes, en l’aménageant pour le rendre davantage conforme à leurs ambitions.

D’ailleurs tous les grands clubs européens ont leur enceinte propre ou assimilée, chacun des supporters de football connaissant le Nou Camp (Barça), Old Trafford (Manchester United), ou Guiseppe Meazza (les deux clubs de Milan), à défaut de connaître l’histoire du club. C’est la raison pour laquelle je ne vois pas le PSG évoluer au Stade de France, trop éloigné du cœur de Paris…et trop impersonnel. Le public doit communier avec son équipe, surtout en Ligue des Champions où tous les matches se jouent sur des détails, ce qui pousse les joueurs à cravacher  pour parler comme Lucien Muller l’entraîneur monégasque dans les années 80, qui employait ce mot pour expliquer la différence de compétitivité entre les clubs français et les grands clubs européens.

Mais cravacher ne suffit pas pour s’offrir un présent et plus encore un avenir radieux, comme celui auquel aspire le PSG. Il faut en effet autre chose, à commencer par avoir un grand entraîneur pour diriger le staff technique. Or, justement, avec Carlo Ancelotti, qui figure parmi les meilleurs techniciens dans le monde du football, le PSG dispose de cette perle rare. N’oublions pas qu’Ancelotti a réussi partout où il est passé (deux fois vainqueur de la Ligue des Champions en 2003 et 2007 avec le Milan A.C. et doublé Championnat- Cup avec Chelsea en 2010), et, à ce titre, il dispose d’une aura qu’aucun entraîneur français ne peut revendiquer.

A ce propos, ce n’est pas faire injure à Antoine Kombouaré, en disant qu’il ne pouvait pas faire aussi bien qu’Ancelotti, parce que pour gagner une Ligue des Champions il faut autre chose de plus que la simple expérience de la Ligue 1. Certains me feront remarquer que José Mourinho a bien débuté un jour dans la carrière d’entraîneur, sauf qu’avant de devenir le « Spécial One », il fut l’adjoint de Bobby Robson et de Van Gaal au Barça, puis entraîneur de Benfica avant d’arriver au F.C. Porto, avec qui il allait gagner sa première Ligue des Champions (2004).

En outre, ce que les ignorants des affaires du football oublient, c’est que pour faire venir des grands joueurs dans un club, y compris en y mettant le prix, il faut des dirigeants et un entraîneur qui en  imposent. En écrivant cela, je pense évidemment à ce que je lis ça et là sur les forums des journaux, certains disant qu’Ancelotti n’a pas fait mieux que Kombouaré…ce qui reste à démontrer, même si le PSG a échoué de très peu dans sa quête du titre de champion de France, Montpellier remportant le titre avec énormément de réussite. Fermons la parenthèse, pour noter que le PSG n’a pas réussi cet hiver à faire venir quelques très grands joueurs pourtant sur le retour, Beckham, Kaka, ou des joueurs encore en devenir, Pato, parce que le PSG et la Ligue 1 n’étaient pas assez attractifs à leurs yeux. Or cet été, le PSG est devenu le club phare dans le monde en matière de transferts…grâce à la présence d’Ancelotti auprès de Leonardo, lui aussi très connu sur le plan européen.

Résultat, le PSG a fait signer l’un des trois meilleurs attaquants du monde, Ibrahimovic, mais aussi le meilleur défenseur, Thiago Silva, sans oublier le futur meilleur joueur de la planète, Verratti, et un des plus grands espoirs brésiliens, Luca Moura, ces joueurs venant s’ajouter à quelques autres de très bonne notoriété comme Lavezzi ou Van der Wiel. Tout cela permettant au PSG d’avoir d’ores et déjà une ossature qui fait rêver, avec un des tous meilleurs gardiens européens, Sirigu, un jeune argentin qui promet énormément, Javier Pastore, plus quelques valeurs sûres comme Thiago Motta, Néné, Alex, Sissoko, qui s’ajoutent aux internationaux français complétant l’effectif comme Jallet, Matuidi ou Ménez. Et en citant ces noms, je ne parle que de ceux qui sont peu ou prou toujours sur la feuille de match.

Alors que manque-t-il au PSG pour qu’il devienne la meilleure équipe européenne ? Peu de choses, une fois que tous ces joueurs formeront une véritable équipe, autour de l’épine dorsale composée de Sirigu, Thiago Silva, Verratti, Pastore ou Moura et Ibrahimovic. Peu de choses…et beaucoup à la fois, dans la mesure où pour franchir le dernier pas le rendant irrésistible, il faudra sans doute ajouter à l’effectif du PSG un joueur comme C. Ronaldo. Viendra-t-il finalement au PSG, comme certains l’ont susurré ces derniers jours ? Je parie que oui, et même que cela se fera plus vite qu’on ne le pense…pour la simple raison que seuls les qataris peuvent se permettre en cette période de crise économique mondiale d’investir la somme à nécessaire pour attirer un joueur comme C. Ronaldo. Ce sera pour la saison 2012-2013, et là qui peut oser dire que le PSG ne sera pas la meilleure équipe du monde ?

Et qui empêchera le PSG d’être le nouveau Real des années 50 (Santamaria, Kopa, Di Stefano, Puskas, Gento), le nouvel  Inter de Milan des années 60 (Facchetti, Picchi, Mazzola, Suarez, Corso), le nouvel Ajax du début des années 70 (Krol, Haan, Neeskens, Rep, Cruyff, Keizer), le nouveau Bayern de Munich juste après (Maier, Beckenbauer, Breitner, Hoeness, Muller), le nouveau Milan A.C. du début des années 90 (Maldini, Rijkaard, Gullit, Van Basten…et Ancelotti), ou le nouveau Barça des années 2000 (Puyol, Piqué, Xavi, Iniesta, Messi, Eto’o, Henry), pour ne parler que des équipes qui ont dominé outrageusement leur époque et qui nous ont fait rêver ? Reconnaissons que ce serait un merveilleux cadeau offert par les investisseurs qataris au football français, celui-ci ayant dû se contenter jusque-là des miettes du festin européen  avec 1 victoire pour  l’O.M. et 5 finales en C1(13 victoires pour l’Espagne) , plus une victoire du PSG et 2 finales en C2 (8 victoires pour l’Angleterre), et 4 finales en C3 (9 victoires pour l’Italie).

Et oui, jusqu’à présent nos clubs ne faisaient pas le poids face aux Britanniques, aux Allemands, aux Espagnols, aux Italiens, aux Portugais, aux Néerlandais. Pour mémoire, entre 1964 et 1974, la France n’a obtenu comme meilleurs résultats que deux places de quart de finaliste dans les 3 coupes européennes. Et nous ne faisons guère mieux depuis l’an 2000, avec une place de finaliste en Ligue des Champions (A.S. Monaco en 2004) et dans la Coupe de l’UEFA (O.M. en 2004) devenue Ligue Europa, ce qui est peu, très peu.  Il est temps que ça change, ce qui nous incite à crier : Allez le PSG !!!

Michel Escatafal