Le PSG tutoie le Gotha européen, n’en déplaise à J.M. Aulas

aulasCette fois la saison de football est bien lancée, en France et ailleurs. Ailleurs parce que même si plusieurs grands championnats n’ont pas repris, il y a les diverses coupes européennes ou nationales pour les occuper. Ainsi on a assisté hier soir à une des plus grosses surprises de ces dernières années, avec la lourde chute du FC Barcelone en finale de la Super coupe d’Espagne contre l’Athletic Bilbao (4-0 et 1-1). Preuve que le football n’est pas une science exacte, preuve aussi que le Barça ne peut pas forcément se passer impunément d’un de ses trois attaquants (Messi, Neymar et Suarez). Cette fois c’était Neymar qui était absent, mais c’est la même chose si c’est Messi et même Suarez. Ce qui est amusant c’est de voir la réaction des forumers français, trouvant presque normal que le Barça soit battu sans un de ses atouts majeurs, alors qu’ils ne soulignent jamais l’absence conjointe de Verratti, Motta, David Luiz et Ibrahimovic lors des confrontations entre le PSG et le FC Barcelone en ¼ de finale de la Ligue des Champions au printemps. Cela étant, chacun sait que dans notre pays on préfère soutenir le « gentil » Barça au « vilain » PSG, dont le principal défaut est d’être très riche…grâce aux capitaux du Qatar. Ah, la France et les Français ! Quel pays sommes-nous devenus ? Au fait, personne n’est choqué parmi ces pseudo supporters du Barça, profondément anti-PSG, de voir écrit sur le maillot de Messi et ses copains « Qatar Airways »!

Passons, et voyons à présent ce qui se passe chez nous dans notre bonne vieille Ligue 1. Déjà, on observe que le « méchant » PSG, est en tête du championnat après deux journées. Normal disent les nombreux détracteurs du club parisien, puisqu’ils ont un budget de 3 à 50 fois supérieur à celui de ses adversaires. Il a en effet nombre de joueurs de classe mondiale comme Ibrahimovic, Cavani, Pastore, Lucas, Matuidi, Verrati, Motta, Thiago Silva, David Luiz, Marquinhos, Maxwell et Aurier, et j’en oublie peut-être. Evidemment cela fait riche un tel effectif, surtout quand en plus on le renforce avec un des tous meilleurs joueurs de la dernière Coupe du Monde et de la Copa America, l’Argentin Di Maria. Là c’est le trop plein pour nos braves franchouillards, qui n’acceptent pas que les stars du ballon rond appartenant au PSG touchent entre 5 et 15 millions d’euros par an. On a même des remarques du style : « C’est une honte de donner autant d’argent à des types qui tapent dans un ballon » ! Comme si les joueurs du Real, du Barça, de Chelsea, des deux Manchester ou du Bayern ne touchaient pas des sommes de cet ordre ! Oui, certes, mais nous sommes en France, et 75% de gens préfèrent une victoire du Barça contre le PSG…ce qui est hallucinant.

Ce qui l’est encore plus, c’est que ces gens sont tellement haineux, à force sans doute d’être malheureux de leur sort individuel, qu’ils se répandent en grand nombre au moindre article sur le PSG, allant même jusqu’à regretter qu’on parle autant du club parisien. On pourrait leur rétorquer que s’ils n’aiment pas les articles sur le PSG, le mieux serait qu’ils ne les lisent pas. Mais cela semble au-dessus de leur compréhension. Ce qui est aussi incompréhensible, et je doute que cela existe ailleurs à ce point, c’est de reprocher à un joueur d’être né…à Marseille. Si j’écris cela c’est parce que dimanche soir, Stambouli, natif de la cité phocéenne, a été sifflé par des soi-disant supporters du PSG à son entrée sur le terrain. Ahurissant de bêtise et de stupidité ! C’est aussi ça la France ! Certes les siffleurs étaient sans doute une minorité, du moins il faut l’espérer, mais c’est quand même un signe que notre pays va très mal, beaucoup plus qu’on ne l’imagine. Les gens du Qatar doivent quand même être interloqués devant  « une (telle) inertie mentale qui se manifeste à la fois dans les actes et les propos », pour parler comme Théophraste.

Heureusement pour ces gens, pour ces Français à l’étroitesse d’esprit bien ancrée, ils ont leur héraut en la personne de l’ineffable J.M. Aulas, l’homme qui voulait récupérer les points perdus contre le RC Lens (par le biais d’un dépôt de bilan du club artésien) pour que son club, l’Olympique Lyonnais, ait quelques chances supplémentaires d’être champion de France 2014-2015. Imaginons Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, faire la même démarche? Quel tollé de la part des franchouillards, chacun y allant à son tour à propos des « valeurs », mot que l’on brandit allègrement…sans en connaître le sens (même Thauvin !!! a employé ce mot à propos du PSG)  ! Problème, le président du PSG a la classe des grands dirigeants, et jamais on ne le verra se livrer à ce genre de bassesse. Lui ne s’occupe que de son club. Mieux même, il ne cherche pas à recruter les meilleurs joueurs de ses concurrents nationaux, ce qu’il pourrait facilement faire vu les moyens dont il dispose, pour les affaiblir. Non, il respecte tout le monde, se contentant de vouloir à tout prix remporter la Ligue des Champions le plus rapidement possible, rêve absolu des investisseurs qataris, parce que ça installerait définitivement leur club dans le Gotha européen. La marque PSG, qui a déjà tellement évolué depuis 2011, serait à ce moment au niveau de celle des clubs historiques, type Real, Barça ou Manchester United, la différence de palmarès étant quasiment gommée par la notoriété de Paris, troisième destination le plus visitée au monde.

Cela d’ailleurs J.M. Aulas ne semble pas le comprendre, aveuglé par son envie d’être plus important qu’il n’est… ce qui est tellement français. Des Français qui évidemment apprécient son esprit gaulois, qui le porte à affirmer qu’il refuse de s’incliner devant le pouvoir de l’argent, symbolisé par le PSG. Et encore a-t-il de la chance J.M. Aulas que l’Olympique de Marseille, seul club français à avoir remporté la C1, soit devenu un club en proie à de grosses difficultés économiques, malgré la fortune personnelle de son actionnaire, laquelle aimerait bien vendre son club…si elle trouvait un acheteur. Mais qui voudrait acheter l’Olympique de Marseille ou l’Olympique Lyonnais ? Marseille ou Lyon ne sont pas des villes connues dans le monde entier (Bordeaux l’est davantage), et la France n’est pas une terre d’accueil facile pour des investisseurs étrangers, surtout pour le football, en raison d’une fiscalité hautement dissuasive. Résultat, si la notoriété de Paris permet de dépasser ce handicap, qui s’ajoute à une passion moindre pour le football en particulier et le sport en général, ce ne peut pas être le cas pour Lyon ou Marseille. Du coup, à part le PSG qui est sur une autre sphère, tous les autres clubs français sont condamnés à vivoter et à être des clubs moyens sur le plan européen, formant des joueurs pour les vendre plus tard. Et ce n’est pas avec son « grand stade » que l’Olympique Lyonnais pourra combler l’immense fossé qui le sépare des plus grands clubs de la planète.

Ce stade d’abord il faudra le payer, et le club d’Arsenal sait que ce n’est pas une mince affaire, même pour un club londonien. Il n’y a guère que les supporters lyonnais, idolâtrant leur « très grand président », pour croire que ce fameux stade va générer des revenus tels que l’Olympique Lyonnais va très vite se retrouver dans une situation financière florissante. A ce propos, on peut aussi noter que les Qataris ont très bien négocié leur arrivée à Paris, en obtenant très rapidement la gestion exclusive du Parc des Princes pour les 30 prochaines années à partir de 2014, contre un loyer fixe de 1 million d’euros annuel plus des bonus, ce qui leur permettra de pouvoir achever les travaux de rénovation commencés depuis l’an passé, avec pour objectif de disposer d’une enceinte de 60.000 places, voire même plus, après 2016. De quoi faire enrager encore davantage J.M. Aulas, qui en est réduit à payer en plusieurs fois des transferts de l’ordre de…5 millions d’euros, et à transférer son « futur Samuel Eto’o » à Tottenham (N’jie). Au fait, combien de temps gardera-t-il Fekir, «  »son nouveau Messi », ou encore Lacazette, l’homme qui vaut plus de 100 millions d’euros, puisqu’il est « bien meilleur » que Gareth Bale ? Certes, il est quelque peu revenu sur ces déclarations, mais quand il les a faites, cet hiver ou au printemps, il n’avait pas l’excuse de la canicule de juillet.

Un dernier mot enfin, pour dire que je n’ai rien contre Monsieur Aulas, qui a fait du très bon travail à Lyon pour son Olympique Lyonnais, mais il gagnerait à faire preuve de plus de mesure, voire de modestie, ce qui lui permettrait de se réjouir de voir le PSG atteindre un niveau de notoriété tel que toute la Ligue 1 en profite. Qui aurait imaginé il y a cinq ou dix ans qu’on connaîtrait notre championnat en Thaïlande ou en Indonésie, voire même en Amérique du Nord? J.M. Aulas aime incontestablement la lumière, mais la lumière qu’il veut se créer semble l’aveugler au point parfois de perdre toute notion de bienséance. En outre, qu’il arrête ses tweets de gamin attardé, car ce n’est pas digne de quelqu’un comme lui. C’est bien de vouloir faire moderne, mais J.M. Aulas a 66 ans, un âge où généralement on est devenu sage. Cela étant, comme l’a écrit Pierre-Claude Nivelle de la Chaussée, « d’âge en âge, on ne fait que changer de folie ».

Michel Escatafal


La classe de Nasser Al-Khelaïfi…

Nasser Al-KhelaifiAlors que le PSG se débat avec le fair-play financier…quand ses propriétaires pourraient s’offrir sans problème Ronaldo ou Messi, alors que ledit PSG va être bientôt le seul grand club européen candidat à la Ligue des Champions à ne pas pouvoir recruter…alors qu’il n’a pas de dettes, il y a des présidents de club en France qui ne cessent de lui chercher des poux dans le tête…parce qu’il est riche. Et il n’y a pas que l’ineffable J.M. Aulas, qui essaie par tous les moyens de se singulariser depuis que son club ne domine plus financièrement et sportivement le football de club français, car maintenant s’y ajoute le président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot. Je rappelle au passage  que ce dernier a soutenu J.M. Aulas, quand ce dernier voulait annuler les résultats du RC Lens…pour récupérer les points perdus contre cette équipe en proie à d’inextricables difficultés financières !!!

Fermons la parenthèse pour dire que le président rémois n’est pas à une contradiction près vis-à-vis du PSG, qui ne lui procure pas un si grand plaisir, alors qu’en mars 2013 il avait tout fait pour récupérer un maillot de Beckham. Il devrait aussi se réjouir d’avoir dans notre championnat un club capable d’aligner autant de joueurs de classe mondiale. Par parenthèse, rien que pour la Copa America, le PSG aura une demi- douzaine de joueurs sélectionnés en équipe du Brésil, d’Argentine et d’Uruguay. Evidemment, ce n’est ni le cas de l’Olympique Lyonnais et encore moins de celui du Stade de Reims. Il est vrai que si Lyon est resté aujourd’hui, y compris cette année, à un niveau proche de ses meilleures années, entre 2000 et 2010, avec plusieurs jeunes issus du centre de formation, tel n’est pas le cas du Stade de Reims, dont on rappellera qu’il fut le club phare de ce que l’on n’appelait pas encore la Ligue1, en ayant été à six reprises champion de France entre 1949 et 1962. Rien que ça ! Et nous devons aussi ajouter que les Rémois ont remporté la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en 1953 et ont été deux fois finalistes (1956 et 1959) de la Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions).

A cette époque J.P. Caillot n’était pas né ou à peine, mais son père a dû lui dire que le Stade de Reims dans les années 50 était un club rassemblant la plupart des meilleurs joueurs français, certains étant même parmi les tous meilleurs européens à leur poste (Kopa, Fontaine, Piantoni, Vincent, Penverne, Jonquet). D’autre part il dominait largement le championnat de France quand il n’était pas engagé dans les joutes européennes. Enfin son budget était certainement le plus élevé avec, outre les joueurs cités précédemment, Colonna, Marche, Bliard, Rodzik, Muller, Wendling etc. Cela dit, contrairement au PSG de nos jours, même s’ils n’étaient  pas supporters du Stade de Reims, les gens respectaient ce club, notamment parce qu’il était le principal représentant de notre pays dans la Coupe d’Europe. Et puis Reims à l’époque n’était pas la propriété du Qatar, mais de la maison Pommery, Henri Germain, le président, ayant lui aussi sa marque de champagne. Bref tout cela sentait bon le terroir. Problème, parmi tous les grands clubs des années 1950, seul le Stade de Reims ne peut plus espérer jouer le moindre rôle en Europe…parce que manquant de moyens financiers comparé aux autres grands clubs historiques européens, lesquels finissent toujours par se relever des inévitables crises qui accompagnent leur histoire. La Juventus en a apporté une nouvelle preuve hier soir, en dominant le Real Madrid malgré ses stars achetées 50 ou 100 millions.

Seulement dans les pays voisins du nôtre, il y a une passion du football beaucoup plus saine que chez nous. Déjà les supporters respectent les joueurs, alors que chez nous des soi-disant supporters incultes en arrivent à interrompre l’entraînement d’une équipe, parce que celle-ci a des résultats insuffisants. Et ce n’est pas un conte puisque c’est arrivé ce matin à Nice. Et pourtant,  quand on regarde l’effectif niçois, qui peut imaginer que cette équipe puisse se mêler à la lutte pour les places européennes ? Au contraire, alors que l’on s’en prend à l’entraîneur (Claude Puel), on devrait le féliciter d’obtenir d’aussi bons résultats parce qu’il perd chaque année ses très bons joueurs. Voilà le problème du football français, et cela ne sert à rien de chercher des excuses aux difficultés de notre Ligue 1, et à son manque d’attractivité. En outre, si un investisseur reprend un club pour faire une belle équipe européenne, il sera vilipendé, dénigré par ces fameux pseudo-supporters qui n’accepteront pas cet investisseur s’il est par exemple qatari. Non, en France on veut être les meilleurs en étant des gagne-petit. Oui Ibrahimovic avait raison quand il disait que « la France ne mérite pas le PSG ».

Aujourd’hui, si le PSG est considéré comme un grand club et s’il donne de la visibilité à la Ligue 1, il le doit aux dirigeants qataris. Et si un club français doit remporter la Ligue des Champions dans les années qui viennent, ce sera le PSG. Nous sommes au XXIè siècle, et on n’y peut rien changer, en espérant que le fair-play-financier finisse par mourir de sa belle mort, du moins tel qu’il est, pour que cette victoire en Ligue des Champions ne tarde pas trop. Fermons la parenthèse pour noter, aussi, que 70% des Français souhaitaient la défaite du PSG contre le FC Barcelone en quart de finale de la Ligue des Champions! Imagine-t-on la même chose en Italie, Espagne, Allemagne ou Angleterre ?  Imagine-t-on aussi dans ces pays autant de soutiens à un dirigeant se permettant d’essayer de changer le résultat d’un championnat acquis sur le terrain, comme l’a fait J.M. Aulas, le président de l’OL ? Ah j’oubliais : Aulas est français, donc respectable même quand il manque de respect à son sport et à son championnat. Mais au fait, à qui appartient Chelsea ? A un Russe. A qui appartient Manchester United ? A une famille américaine. Et l’Inter de Milan etc. Autant de pays où cela ne gêne personne que le patron soit étranger. C’est ça la France, ou plutôt une certaine France parce que tout le monde n’a pas cette mentalité.

Et pourtant les Français vont devoir s’y faire, car aujourd’hui on annonce la possible vente des Girondins de Bordeaux à un Indien. J’en connais plus d’un qui avoir du mal à l’accepter ! Des Qataris, des Indiens…il ne manquerait plus que des Chinois, des Indonésiens ou des Emirati ! Que tout cela est ridicule ! Et bien moi, si ces gens veulent investir dans nos clubs de football, de basket ou de rugby, je dirais bravo…comme on le fait ailleurs. Pour ma part, je ne m’occupe pas de la nationalité des sportifs pour apprécier leurs performances. La preuve, mon sportif préféré s’appelle Contador, mon pilote de F1 préféré s’appelle Raikkonen, mon joueur de rugby préféré s’appelait Wilkinson, mais mon pilote de rallye préféré s’appelle Ogier, et mon athlète préféré s’appelle Mekhissi. Je suis très éclectique, et c’est valable aussi pour les sportives féminines, mon admiration sans borne allant à des jeunes femmes comme Kim Gevaert (Belgique), Christine Arron, Muriel Hurtis, Myriam Soumaré, Mary Pierce, Amélie Mauresmo, mais aussi auparavant à Chris Evert (Etats-Unis) ou Hanna Mandlikova (Tchéco-australienne).

Pour terminer je voudrais simplement faire remarquer à M. Caillot, que si le PSG est certes la meilleure équipe française, il n’écrase pas le championnat comme ce président rémois à l’air de le dire. J’ajoute même que le PSG souffre à présent, comme le Stade de Reims souffrait dans les années 50, de l’envie des équipes de faire le match de l’année contre eux. Et pour le PSG il y a, en plus, les soi-disant supporters qui en veulent terriblement à ce club…parce qu’il y a surtout des étrangers sur le terrain dans leur équipe (dans l’équipe type, il n’y a que Matuidi qui est français). Et alors, combien il y a d’Anglais à Arsenal ? Et l’attaque du FC Barcelone, n’est-elle pas composée de Messi (Argentine), Suarez (Uruguay) et Neymar (Brésil) ? Et hier soir, qui composait l’attaque de la Juventus ? Tevez (Argentine) et Morata (Espagne).

Tournons la page, et revenons à ce que j’écrivais auparavant pour signaler que si la victoire à trois points avait existé à cette époque, le Stade de Reims aurait été champion de France avec 2 points d’avance en 1949 (devant Lille), mais avec 8 points d’avance en 1953 (devant Sochaux), avec 8 points en 1955 (devant Toulouse), avec 13 points en 1958 (devant Nîmes), et avec 9 points en 1960 ( devant Nîmes) et grâce à la différence de buts en 1962 (devant le Racing de Paris). On le voit,  à part aux deux bouts de la période faste rémoise, il y avait une nette domination du Stade de Reims pendant une dizaine d’années. Cela M. Caillot doit le savoir ! En tout cas, si les succès du PSG ne le font pas « bander », moi je trouve particulièrement attristant sa prise de position vis-à-vis du RC Lens pour se maintenir en Ligue 1 avec plus de facilité. Et je ne crois pas que Mr Henri Germain aurait eu la même position que lui sur cette affaire. Cela m’amène à écrire, une nouvelle fois, combien j’apprécie la classe des dirigeants qataris face aux multiples attaques dont ils sont la cible. Messieurs Aulas et Caillot devraient s’inspirer de l’attitude de Nasser Al Khelaifi, ou de Roman Abramovitch (Chelsea) ou de Florentino Perez (Real Madrid), pour ne citer qu’eux. Ils ont de l’argent certes, mais ils ne s’occupent que de leur club !

Michel Escatafal


L’impossible égalité entre les grands clubs et les plus petits

PSG logoLe mieux est parfois l’ennemi du bien. Si j’écris cela c’est parce que Michel Platini, le président de l’UEFA, a cru bon d’instaurer le fair-play financier, afin de faire en sorte que les clubs européens soient le plus possible sur un pied d’égalité. Cela part certes d’un bon sentiment, mais, franchement, qui peut considérer qu’il s’agit d’une mesure considérable qui va faire que les clubs les plus huppés soient moins avantagés qu’ils ne l’étaient auparavant ? Personne de censé, parce que lesdits clubs sont ceux qui génèrent le plus d’argent. Même si le Real ou Barcelone n’ont plus les mêmes moyens qu’avant, leurs ventes de maillots seront toujours supérieures à celles de l’Olympique Lyonnais ou de l’Olympique de Marseille. Un maillot sur lequel figure le nom de C. Ronaldo, Messi ou Iniesta portera toujours davantage qu’un autre sur lequel on peut lire le nom de Malbranque ou Gignac. C’est ainsi, de la même façon qu’on ne bâtit pas une grande équipe sans faire  venir de grands joueurs. Et pour les faire venir, il y a certains ingrédients indispensables en plus de l’argent, comme un entraîneur de grand renom, ce qui explique le remplacement l’an passé de Kombouaré par Ancelotti au PSG. Qui peut croire que sans Ancelotti sur le banc, le PSG aurait pu faire venir des Lavezzi, Ibrahimovic ou Thiago Silva ? Personne, à moins de ne rien connaître aux affaires du football, sport qui recèle le plus fort potentiel de rentrées économiques.

L’argent justement, qui est considéré comme une plaie de la société aux yeux de nombreux Français, ce qui n’empêche pas nos compatriotes d’essayer d’en gagner par tous les moyens, comme en témoignent leurs dépenses aux jeux. Mais comme les Français ne sont pas à une contradiction près, ils s’insurgent de tas de choses qui paraissent normales ailleurs. Personne ou presque en Espagne ne se préoccupe des salaires versés aux meilleurs joueurs de football. Et pourtant la crise qui sévit dans ce pays affecte durement  les gens qui vont au stade. Mais s’il ne leur reste que ce loisir, et bien ils feront les sacrifices pour qu’il dure le plus possible, sans vilipender leur club favori parce que le prix des places au stade est exorbitant. La remarque vaut aussi pour les Anglais, les Italiens, les Portugais, et même les Allemands. En France en revanche, on nous ressort sans cesse les mots d’éthique, valeurs ou âme, comme si nous étions le peuple élu !

Tout cela ne peut évidemment qu’être assimilé à des fariboles, et, parmi celles-ci, il en est une qui concerne le club à la fois le plus admiré et le plus honni dans notre pays, le PSG, parce qu’il a à sa disposition des moyens supérieurs à ceux des autres clubs français et même européens. Mais même s’il dispose, grâce aux fonds qataris, d’une manne financière incomparable, ce n’est pas une raison pour qu’il s’affranchisse des règles de la bonne gestion financière. Et en satisfaisant au mieux à ces règles, le PSG se met aussi en conformité avec le fair-play financier voulu par Michel Platini et l’UEFA. C’est la raison pour laquelle, le club parisien va sans doute changer le nom du stade dans lequel il évolue, ou à tout le moins l’élargir en y incluant celui d’un sponsor…comme cela se fait déjà en Angleterre, en Allemagne et même, à une dimension très inférieure, dans un ou deux clubs français. A noter que si cela se fait à Nice, cela ne gêne personne, mais à partir du moment où cela va se faire à Paris, les vociférateurs professionnels vont se manifester le plus bruyamment possible.

Pour ce qui me concerne, et vous l’avez compris depuis longtemps, cela ne me gêne absolument pas que le PSG suive l’exemple d’Arsenal ou Manchester City. Cela me gêne d’autant moins, que je suis heureux de voir le club de la capitale rivaliser avec les plus grands clubs européens, pour qu’enfin notre pays ne soit pas absent des phases finales et du palmarès de la Ligue des Champions, comme cela est quasiment toujours le cas. La preuve, en France on ne cesse d’évoquer le Stade de Reims (années 50), l’AS Saint-Etienne et le SC Bastia (années 70), l’Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain (années 90), l’AS Monaco (années 2000), pour parler des succès européens de nos clubs, alors que les Anglais, les Italiens ou les Espagnols seraient bien en peine de citer tous leurs vainqueurs de coupes européennes…tellement ils en ont eu. Le pire est que ces mêmes soi-disant supporters du football français ne cessaient de « râler », il y a seulement deux ans, quand les anciens propriétaires du PSG ne voulaient pas investir des sommes importantes pour faire franchir un palier à leur club. C’est aussi le cas aujourd’hui à Lyon et à Marseille. Alors où est la logique dans tout cela ?

Et bien il n’y en a pas, tout simplement. Nous en avons de nouveau la preuve en lisant ou écoutant les réactions à propos de la venue, possible ou probable, de stars comme C. Ronaldo ou Rooney au PSG. Les plus bêtes s’avançant à dire que ni l’un ni l’autre ne viendront au PSG, car le club de la capitale française n’est pas un vrai grand club, même en disposant d’un effectif peut-être déjà le meilleur au monde avec Ibrahimovic, Thiago Silva, Lavezzi, Pastore, Matuidi, Lucas, Thiago Motta ou Verrati, tous joueurs de classe mondiale, arrachés aux plus grands clubs européens. Les plus ignorants eux vont nous parler avec le changement de logo ou de nom du Parc des Princes de la perte d’identité du club francilien, les mêmes ne trouvant pas à redire si le stade d’Arsenal s’appelle l’Emirate Stadium…à moins qu’ils ne l’ignorent, ce qui est bien possible.

Mais est-ce que le marketing a tellement changé depuis des décennies ? Pas vraiment, dans la mesure où si le Real Madrid pouvait se payer et garder des Di Stefano, Kopa, Puskas, Santamaria ou Gento dans les années 50, c’était parce qu’il disposait de ressources financières importantes, lesquelles lui permettaient d’attirer les meilleurs joueurs, ce qui leur donnait la possibilité de remporter chaque année la Coupe d’Europe, ancêtre de la Ligue des Champions. Et le Real, plus de 50 ans après, figure toujours parmi les plus grands clubs européens, comme le Barça, Manchester United, le Bayern, la Juventus ou les deux Milan, autant d’équipes qui doivent leur longévité au plus haut niveau à de l’argent, beaucoup d’argent venant de recettes extra-sportives.

En revanche, que sont devenus les clubs français qui ont brillé à un certain moment sur la scène européenne ? Voilà toute la différence entre le football français de club et celui des pays voisins ! Voilà aussi pourquoi après  57 ans de compétitions européennes, nous n’en avons remporté que deux. Oui j’ai bien dit deux, la Ligue des Champions en 1993 avec l’Olympique de Marseille, et feu la Coupe des Coupes avec le PSG en 1996. Quelle différence avec l’Espagne (33), l’Angleterre (30), l’Italie (29), l’Allemagne (17), la Hollande (11) et le Portugal (7)! Même la Belgique (4), l’Ecosse et l’Ukraine (3) sont devant nous. Sans commentaire !

Michel Escatafal


Un dimanche de clasicos à la fin d’une semaine terrible pour le hand français

Quelques uns de mes lecteurs m’ont envoyé un courriel pour me demander ce que je pensais de ce qui s’est passé au club de handball de Montpellier, et surtout pourquoi je n’en ai pas parlé jusque-là. Certains sont même allés jusqu’à m’écrire que je m’indignais plus facilement si l’on parlait en mal de Contador ou si l’on essayait de ternir la mémoire d’Anquetil, Rivière, Bobet ou Coppi, que si l’on écorne la réputation de Karabatic et des autres joueurs de Montpellier concernés par cette affaire de paris.

A ceux-là je veux simplement répondre que d’abord le handball est un sport que je connais peu. Comme tout le monde j’ai vibré ces dernières années aux exploits des Barjots, des Costauds ou des Experts, ces deux derniers étant souvent les mêmes. J’ai même écrit sur ce site, que je regrettais profondément l’attitude des chaînes de service public qui ne retransmettaient que les tous derniers matches d’un tournoi européen ou mondial (sauf les J.O.), alors que ce sport collectif était le plus prolifique pour notre pays en médailles olympiques, continentales ou planétaires de ces dernières années. Un sport dont on voit des matches toutes les semaines sur des chaînes en clair dans certains pays voisins…loin d’avoir les mêmes résultats que ceux de l’Equipe de France.

Ceci précisé, j’avoue que si je n’ai pas réagi c’est parce que je ne sais pas ce qui s’est passé exactement, et parce que je trouve qu’on en a fait beaucoup sur cette affaire en attendant de savoir de quoi il en retournait. Sur un plan strictement sportif, est-ce tellement anormal qu’une équipe amputée de quelques-uns de ses meilleurs éléments, déjà championne de France, soit battue par une autre qui joue sa survie dans le dernier match de ce championnat ? Réponse : non. Ensuite pour moi c’est le brouillard puisque, comme je le répète, je ne connais de l’affaire que ce qui est dit et écrit par les uns et les autres, donc rien qui ne puisse m’éclairer réellement.

Evidemment certaines personnes y vont de leurs doctes jugements, les unes pour accabler les joueurs et les condamner, les autres pour les absoudre de toute faute. Mais, comme pour les affaires de dopage dans le cyclisme, nombre de personnes se croit nanties d’une expertise sans faille, qui les autorise à apporter un jugement sans appel là où les gens dont c’est le métier refusent de se prononcer parce que…tout n’est pas si simple. Disons que cela permet à certains de se défouler à travers un pseudo anonyme sur un forum quelconque, en s’imaginant que leurs misérables remarques vont faire avancer le débat sur des sujets qu’ils ne connaissent qu’à travers les médias. Je dirais d’ailleurs la même chose de ceux qui affirment avec force que tel pilote de Formule 1 a délibérément mis dehors un concurrent pour gagner une place. Comme si c’était le but d’une manœuvre au pire maladroite, au mieux hasardeuse!

Cela étant, en ce qui concerne les erreurs en Formule 1 qui amènent à interrompre la course d’un adversaire, il y a très souvent le jugement étayé par les images de l’accrochage, lesquelles d’ailleurs n’apportent pas une réponse aussi claire qu’on le souhaiterait. Certes, comme ce fut le cas hier lors du Grand Prix du Japon, il est clairement établi que Grosjean a fait une faute en percutant par l’arrière la voiture de Webber, faute que le pilote a lui-même reconnu. Pour autant doit-on nécessairement condamner sans appel le pilote français, d’autant que des professionnels de la course automobile, interrogés sur Eurosport, remarquent justement que Webber ralentit davantage qu’on pourrait l’imaginer juste au moment d’amorcer son virage. Cela je ne l’avais pas observé sur le ralenti diffusé pendant la course, et apparemment pas davantage les commentateurs télé.

Et que dire de l’incident entre Alonso et Raikkonen, que personne n’a pu réellement voir en direct et que l’on n’a pas cherché à décortiquer comme celui entre Grosjean et Webber…ce qui n’a pas empêché les internautes de distribuer les bons ou les mauvais points, bien qu’ils n’aient rien vu. En revanche s’ils avaient eu la patience d’entendre les réactions des pilotes et plus encore les images de la télévision, ils auraient été édifiés avec infiniment plus d’exactitude sur les raisons de la crevaison d’Alonso et son abandon, même si le pilote espagnol s’est plaint après-coup, mollement, de l’attitude de Raikkonen. Je dis mollement parce que les images de la vidéo montrent bien qu’Alonso a essayé de forcer le passage…et a échoué dans son ambition de gagner une place, parce que Raikkonen ne s’est pas laissé faire, ce que personne ne peut lui reprocher.

A ce propos, j’ai souri de ce qu’a dit Alonso après-coup : « Je n’avais pas de place à droite, avec Button. Je ne comprends pas pourquoi Kimi a insisté, il n’y avait pas de place. Je ne sais pas ce qu’il avait dans la tête pour ce premier virage mais c’est comme ça et cette fois la malchance est pour nous ». Il faut reconnaître qu’il n’y avait pas beaucoup de véhémence dans ces propos. Il n’y en avait pas davantage dans ceux de Raikkonen à propos du même incident : « C’était très serré au premier virage. Mon départ a été bon et je me trouvais sur la gauche, à côté de Fernando [Alonso] dès le début. Il a insisté pour me passer jusqu’au moment où je n’avais plus de place et sa roue a touché mon aileron avant. J’ai subi un petit dommage et je crois qu’il a eu une crevaison ». Tout cela est assez clair, suffisant pour penser qu’Alonso a commis une erreur, sans doute liée à la pression du championnat, d’autant qu’il sait que sa Ferrari ne vaut pas la Red Bull de Vettel.

Voilà pourquoi je me suis refusé jusque-là à parler des paris qui touchent des proches des handballeurs de Montpellier, club phare jusqu’à ces dernières semaines du handball français. Je dis jusqu’à ces dernières semaines, alors qu’en réalité j’aurais dû plutôt écrire jusqu’à ces derniers jours, puisqu’une semaine après l’interpellation de plusieurs joueurs, les Montpelliérains, privés de cinq de leurs meilleurs joueurs, ont failli remporter leur match de Ligue des Champions  contre les Espagnols de León (MAHB battu 27-29), certes pas des adversaires très redoutables pour la grande équipe montpelliéraine, mais suffisamment forts pour être en Ligue des Champions. Et quand on connaît le niveau du championnat espagnol, c’est quand même une honnête performance qu’ont réalisé les joueurs du club héraultais. En revanche, et c’est le plus embêtant, nous serons privés de la lutte pour la suprématie hexagonale entre Montpellier et le PSG nouveau. Pour moi c’est surtout cela qui est terrible pour le handball national, parce que ce sport était en train, enfin, de sortir de l’ombre d’où il ne ressortait que de temps en temps.

Un dernier mot enfin pour évoquer les fameux clasicos, espagnols, italiens et français, même si je ne suis pas encore certain que le match OM-PSG mérite tout à fait cette appellation qui a longtemps concerné uniquement le Real et le Barça en Europe. Cela dit, le clasico italien entre l’Inter et l’AC Milan la mérite-t-il encore ? Je ne le pense pas davantage, car désormais les deux Milan semblent loin des deux géants espagnols. L’AC Milan a quand même perdu cet été, entre autres joueurs, Ibrahimovic et Thiago Silva qui font à présent les beaux jours du Paris-Saint Germain. Et franchement, je pense que le PSG 2012-2013 est au moins au niveau des meilleures équipes italiennes…avec tous ses anciens joueurs de Série A (Ibrahimovic, Silva, Sirigu, Maxwell, Verrati, Pastore, Thiago Motta, Menez, Lavezzi, Sossoko) et son entraîneur italien, Ancelotti. Quand tout ce joli monde sera habitué à jouer ensemble, je reste persuadé que le PSG sera vraiment très fort, surtout si Moura, qui va arriver du Brésil à la trêve, s’adapte rapidement…et si Ibrahimovic ne se blesse pas.

Quant à l’Olympique de Marseille, il faut leur souhaiter que les blessures ne viennent pas décimer leur équipe, car celle-ci tourne très bien depuis le début de l’année, au point de me faire penser à l’équipe de Montpellier la saison passée. Cela dit, l’OM est quand même plus attendu que ne l’était le MHSC l’an passé, et va donc devoir affronter chaque semaine dans le championnat des joueurs bien décidés à se faire valoir devant eux, comme lors de la défaite contre Valenciennes. C’est le lot de tous les grands clubs, et l’OM en fait partie, surtout quand ils sont en tête du championnat, et l’OM est encore le leader de la Ligue 1. Cela étant, quand les terrains lourds vont arriver avec la fin de l’automne, les jambes des Fanni, Morel, N’Koulou, Cheyrou, Amalfitano, Valbuena, Gignac et Ayew se feront plus lourdes, et il risque fort de manquer à Marseille une profondeur de banc que seul le PSG en France peut afficher. N’oublions pas qu’hier le PSG s’est passé de Douchez, Sakho, Camara, Lugano, Motta, Sissoko, Bodmer, Néné et Hoarau, autant de joueurs qui auraient leur place de titulaire partout ailleurs en Ligue 1. A-t-on vu dans notre championnat effectif aussi riche ? Jamais, et Luca Moura arrive en janvier…en attendant Neymar ?

Michel Escatafal


Leduc, Mourinho, Ancelotti : tous les entraîneurs étaient ou sont responsables

Le principal responsable, c’est moi. Avec mes équipes, lorsque nous gagnons, nous gagnons tous ensemble. Et quand nous perdons, je suis responsable« . Voilà ce qu’a dit José Mourinho suite à une cruelle défaite pour le Real Madrid contre Séville, défaite qui relègue le club madrilène à huit points du F. C. Barcelone dans la Liga, autant dire un gouffre par rapport à un club qui a dans ses rangs Messi, Iniesta et Xavi, soit trois des tous meilleurs joueurs du monde…plus les autres qui ne sont pas loin de leur niveau. Mais au fait pourquoi parle-t-on autant de Mourinho et du Real après à peine quatre journées de championnat? Parce qu’on ne prête qu’aux riches, et que tout ce que fait le Real en Espagne et ailleurs est sujet à nombre de polémiques ou commentaires. Rappelons-nous ce que nous avons entendu chez nous, ce printemps et ces derniers jours, parce que le Paris Saint-Germain était devancé par Montpellier (MHSC), équipe sans stars, et cette saison par les deux Olympiques (Marseille et Lyon)…dont une bonne partie du mercato a été consacrée à dégraisser l’effectif en qualité et en quantité, afin de contribuer à équilibrer les finances obérées de ces deux clubs.

Voilà pourquoi je suis de ceux qui ont apprécié la mise au point de José Mourinho, parce que, comme nombre de ses collègues, il prend ses responsabilités. Grand il est dans le succès, mais grand aussi il est dans l’échec, même si ce mot lui fait horreur, lui qui a connu tous les succès qu’un entraîneur puisse connaître. Cela ne veut pas dire pour autant que cet homme ne puisse pas subir ça ou là une baisse de résultats, mais les entraîneurs de cet acabit rebondissent toujours et très vite. La preuve, dès le premier match de Ligue des Champions contre Manchester City (3-2), le Real a démontré que son équipe est une des toutes meilleures en Europe, et que pour gagner la Ligue des Champions au mois de mai prochain, il faudra battre la formation madrilène. Et ce ne sont pas Vilanova, l’entraîneur du Barça, ni Carlo Ancelotti celui du PSG, qui nous démentiront, ce dernier ne cessant d’affirmer que l’expérience en Ligue des Champions est la meilleure assurance d’un bon parcours dans la compétition, même si hier soir le PSG a pulvérisé le Dynamo de Kiev après 8 ans d’absence en C1. Et de l’expérience, tant Jose Mourinho que l’effectif du Real Madrid n’en manquent pas.

Tout cela pour dire que le rôle de l’entraîneur est souvent beaucoup plus considérable qu’on ne l’imagine, même si ce n’est pas lui qui est sur le terrain. En outre, les circonstances peuvent aussi faire que le meilleur entraîneur, en proie à des difficultés de tous ordres, ne réussisse pas à faire ce qu’un autre qui va bénéficier de circonstances plus favorables pourra aisément obtenir. Nous en avons l’exemple en France cette année, avec Didier Deschamps qui a certes permis à l’OM de remporter un nouveau trophée la saison dernière (Coupe de la Ligue) mais qui, après un le début de championnat 2011-2012 calamiteux, a souffert toute la saison pour se maintenir…dans les dix premiers de Ligue 1, alors que l’OM de cette année, avec Baup comme entraîneur, caracole en tête du championnat avec cinq victoires en cinq matches.

Or, qui sérieusement pourrait croire que Didier Deschamps est un moins bon entraîneur qu’Elie Baup ? Personne, sauf que Baup cette année bénéficie avec son équipe d’un état de grâce identique à celui de Montpellier l’an passé. Pour tout dire, l’Olympique de Marseille 2012-2013, qui faisait quelque peu pitié avant le début du championnat, est en train de devenir l’équipe surprise de ce début de saison, alors que Didier Deschamps devait affronter chaque semaine des équipes ultra motivées face au champion de  France 2009-2010, traitement réservé aussi depuis un peu plus d’un an au PSG. Problème, cet état de grâce (à effectif constant) ne perdure jamais, et ce n’est pas Girard, l’entraîneur de Montpellier qui me démentira. D’ailleurs il est arrivé plus d’une fois dans l’histoire du championnat de France, qu’une équipe championne de France  ou dans les trois premiers l’année précédente se maintienne difficilement l’année suivante, voire même descende en deuxième division (Stade de Reims en 1963-64).

En fait dans les cas de Montpellier l’an passé, comme dans celui de l’OM cette année, le grand mérite de Girard comme de Baup, est de savoir accompagner l’euphorie de l’équipe, et de ne pas être des stars qui sont sans cesse épiées quant à leurs résultats. Si Mourinho perd deux matches en suivant, c’est presque la crise au Real Madrid, avec des journalistes évoquant des tensions de vestiaires ou je ne sais quelle autre difficulté. Ce serait la même chose au PSG cette semaine, si les Parisiens n’avaient pas eu la bonne idée de battre coup sur coup Lille et Toulouse, et donc de se retrouver tout près des premières places de Ligue1, avant de réaliser un festival en Ligue des Champions. D’ailleurs, comme je le disais dans un article précédent, combien de pseudos amateurs de football n’ont pas hésité à affirmer que si Kombouaré était resté à la tête du PSG, le club de la capitale aurait été champion de France, oubliant que le PSG de Kombouaré était éliminé dès le mois de décembre en Ligue Europa, dans une poule très facile, malgré un effectif de grande qualité. Cela ne veut nullement dire que Kombouaré n’est pas un excellent entraîneur, tout comme Baup ou Girard, mais personne ne les compare à Mourinho, Guardiola ou…Ancelotti.

Mais au fait, est-ce que toutes les grandes équipes du passé ont eu à leur tête un grand entraîneur qui a réussi? La réponse est un peu moins évidente qu’il n’y paraît, même si elle est globalement positive. D’abord il est évident qu’il est plus facile pour un coach d’entraîner un groupe plutôt qu’un autre, ne serait-ce qu’en raison du vécu passé de ces joueurs. Par exemple, l’entraîneur de la meilleure équipe française de l’histoire  en valeur absolue, le Stade de Reims de Kopa puis plus tard de Fontaine, Jonquet, Piantoni et Vincent, vainqueur de la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en 1953 et double finaliste de la C1 (1956 et 1959), Albert Batteux avait eu la chance d’hériter d’un groupe jeune, dont une partie avait été formée au club ou du moins y avait fini sa formation.

Ce fut aussi le cas de l’AS Saint-Etienne du milieu des années 70, qui avait bénéficié d’une politique de formation exemplaire, qui avait permis de créer une ossature locale à laquelle on a simplement rajouté deux joueurs étrangers de talent (Curkovic, Piazza), le tout constituant un ensemble bien rodé et très homogène. D’ailleurs pour Reims comme pour Saint-Etienne, les entraîneurs (Batteux et Herbin) étaient issus du club, ce qui donnait à l’équipe un label original. Sur le plan européen, Rinus Michels et Stefan Kovacs ont bénéficié eux aussi de l’arrivée au sommet des jeunes pousses de l’Ajax d’Amsterdam (Cruyff, Neeskens, Haan, Suurbier…) pour en faire le club phare en Europe au début de la décennie 70. On dira la même chose de Lattek avec le Bayern de Munich (Beckenbauer, Breitner, Muller, Hoeness…) au milieu des années 70, mais aussi de Guardiola, qui a largement bénéficié de la cantera barcelonaise (Messi, Iniesta, Xavi, Puyol, Piqué, Fabregas, Pedro…) à notre époque.

Rien à voir, par exemple, avec le grand OM du début des années 90, monté à coups de millions, l’entraîneur (Goethals) ayant surtout à préserver un amalgame de joueurs constitué en quelques années. A noter d’ailleurs qu’à l’époque Beckenbauer, tout entraîneur de l’équipe d’Allemagne championne du monde 1986 et finaliste en 1990 qu’il était, n’avait pas réussi à amener l’OM (entre 1990 et 1991) là où Bernard Tapie, le président de l’époque voulait que le club phocéen se situât, au point de quitter le club quelques mois plus tard, et d’être remplacé par un septuagénaire, Raymond Goethals, qui a réussi partout où il est passé, y compris à la tête de l’équipe de Belgique. Cela avait fait dire à nombre d’amateurs de football, qu’un grand nom dirigeant une équipe, fut-elle composée de stars, ne suffisait pas pour la faire gagner. La preuve, là où Beckenbauer a échoué, Goethals a réussi, puisque l’OM remporta la Ligue des Champions en 1993. L’expérience Scolari à Chelsea fut à peu près identique, l’entraîneur du Brésil champion du monde en 2002 et finaliste du championnat d’Europe avec le Portugal en 2004, ne pouvant même pas achever la saison 2008-2009 avec Chelsea, cette équipe relevant la tête dès l’entrée en fonction d’un autre technicien (Guus Hiddink), au point de parvenir en demi-finale de la Ligue des Champions, et d’être éliminé injustement par le F.C. Barcelone. Et tout cela avec la même équipe !

Cela étant, les deux exemples que sont Beckenbauer et Scolari, sont plutôt marginaux, car généralement l’entraîneur d’une très grande équipe est un technicien qui a un gros palmarès, ou qui a amené le club à un très haut niveau presqu’à lui seul. Ce fut le cas de Gustav Sebes, le Hongrois, entraîneur de Honved et de la grande équipe de Hongrie des années 1952 à 1956. Ce fut aussi le cas du Benfica de Lisbonne, double vainqueur de la Coupe d’Europe en 1961 et 1962, qui a bénéficié de l’expérience d’un autre entraîneur hongrois, Bela Guttmann, qui fut l’inventeur du fameux 4-2-4 qui remplaça le WM, et qui révolutionna le football à la fin des années 50 avec l’équipe du Brésil.

 On n’oubliera surtout pas Matt Busby, le véritable créateur du grand Manchester United, qui forma une équipe extraordinaire à partir des années 1955 à 1957 (moyenne d’âge moins de 23 ans), avec des joueurs issus du centre de formation du club, ce qu’Arsène Wenger a essayé de reprendre avec Arsenal à la fin des années 90. Hélas, le terrible accident d’avion du 6 février 1958 décapita cette magnifique phalange de joueurs très doués, la mort frappant l’avant-centre Tommy Taylor, les défenseurs Eddie Colman et Geoff Bent, l’ailier gauche David Pegg, les milieux Liam Whelan et Mark Jones, le capitaine de l’équipe Roger Byrne, qui avec ses 29 ans faisait office de vétéran,  plus évidemment celui qui était promis à devenir le meilleur joueur du monde, Duncan Edwards. En disant cela je ne fais que reprendre ce que disait Bobby Charlton, qui affirmait qu’Edwards  « avait tout pour lui, à la fois grand, très puissant et doué d’une technique remarquable des deux pieds ».

Grâce à lui et à ses jeunes équipiers (22 à 24 ans), Manchester United aurait peut-être empêché le Real Madrid de remporter cinq titres européens consécutifs entre 1956 et 1960, et l’équipe d’Angleterre aurait eu aussi son mot à dire lors de la Coupe du Monde 1958. Seuls survécurent à cette catastrophe l’entraîneur, et parmi les joueurs le gardien Harry Cregg, qui tira Charlton et Viollet de la carcasse de l’avion en flammes et l’arrière Foulkes. Et pourtant, malgré ce terrible coup d’arrêt, Matt Busby réussira à faire renaître M.U. de ses cendres, en formant quelques années plus tard une équipe s’appuyant sur les rescapés de 1958, Bobby Charlton et Bill Foulkes, plus Denis Law et Georges Best, qui remportera la Coupe d’Europe (C1) en 1968. Plus tard ce sera l’ère Ferguson qui lui aussi restera à la tête de Manchester United pendant 25 ans, sauf que ce Manchester là ne s’appuiera pas sur son centre de formation.

Je pourrais aussi évoquer Helenio Herrera, le Français, qui a amené l’Inter de Milan au plus haut sommet européen et mondial dans les années 60 (Coupe d’Europe et Coupe Intercontinentale en 1964 et 1965), en reprenant à son compte un style de jeu dévalué à la fin des années 50, le verrou que les Italiens appelèrent plus tard le catenaccio avec un libero en couverture loin de sa ligne de défenseurs. Johann Cruyff, une fois devenu entraîneur, donnera au F.C. Barcelone le style qui est le sien encore aujourd’hui, même si ses résultats furent moins brillants que ceux de Guardiola. Il n’empêche, si Cruyff n’avait pas entraîné le Barça entre 1988 et 1996, peut-être que le Barça ne serait jamais devenu l’équipe irrésistible qu’elle est de nos jours, ni le club du vingt et unième siècle.

Et puis il y a tous les autres, tous ceux dont les noms raisonnent partout où les résultats furent brillants dans les plus grands clubs européens. Je n’en citerai que quelques uns qui me viennent à l’esprit spontanément, comme Trapattoni (73 ans) qui a entraîné le Milan AC, la Juventus, l’Inter, le Bayern Munich ou Benfica, et qui est encore aujourd’hui l’entraîneur de l’équipe d’Irlande, Arrigo Sacchi qui dirigea le Milan AC et le Real Madrid, ou encore Lippi qui conquit tous les trophées qu’un coach puisse espérer remporter (Coupe du Monde, Ligue des Champions…), sans oublier Capello qui est depuis peu le nouvel entraîneur de l’équipe nationale de Russie, ni les Espagnols Luis Aragones et Del Bosque, qui, en plus de leurs résultats en club, ont construit et modelé la sélection espagnole qui a raflé tous les titres européen ou mondiaux depuis 2008.

Je vais arrêter là ce qui est devenu un hommage à la profession d’entraîneur, une des plus dures qui existe même si elle est souvent très rémunératrice, et qui permet à la plupart des footballeurs de se reconvertir après avoir fini leur temps sur le terrain. Mais que de souffrances avant d’arriver à la gloire, une gloire qui peut être très éphémère…même si pourtant la réussite est au bout. Lucien Leduc et Gérard Gili en sont les deux exemples emblématiques, eux qui ont été démis de leurs fonctions malgré des résultats tout à fait remarquables. Le premier, Lucien Leduc, entraîneur de l’Olympique de Marseille à l’époque Leclerc, fut limogé en mars 1972, alors que l’année précédente le club avait été champion de France, et plus incroyable encore, alors que l’OM était en tête du championnat 1972 avec 7 points d’avance sur le second !

Quant à Gérard Gili, nommé entraîneur de l’OM par Bernard Tapie en 1988, il fut démis de ses fonctions en septembre 1990 (remplacé par Beckenbauer), après avoir conquis deux titres de champion de France en 1989 et 1990, et avoir mené son équipe en demi-finale de la Coupe d’Europe cette même année, l’OM étant éliminé à cause de la fameuse main de Vata au match retour contre Benfica. Nombre d’amateurs de football ont pensé que si Bernard Tapie avait pris cette décision, c’était parce qu’il imaginait qu’avec Beckenbauer sur le banc, l’arbitre n’aurait pas accordé à Vata son but inscrit de la main…ce qui est loin d’être une certitude. Ironie du sort, comme je l’ai fit précédemment, Beckenbauer échouera complètement à l’OM contrairement à Gili. Et oui, essayer d’étudier le rôle de l’entraîneur, y compris parmi les clubs les plus huppés, réserve parfois bien des surprises. Preuve que le football n’est pas une science exacte, comme tout ce que je viens d’écrire le démontre. Et c’est ce qui fait son charme !

Michel Escatafal