2012-1962 : le présent et le passé en F1

L’année 2012 en F1 pourrait être un grand cru si l’on en croit ce que disent tous les spécialistes, même s’il faut toujours être prudent pour faire ce genre de pronostic. Déjà il y a les habituelles évolutions sur les voitures, des évolutions qui dès leur application prêtent souvent à contestation, tellement les ingénieurs sont inventifs pour contourner le règlement, ce qui oblige très souvent la FIA à intervenir en cours de saison pour interdire ou confirmer telle ou telle évolution…ce qui paraît anormal. Parfois d’ailleurs cela pose de gros problèmes à certaines écuries, dans la mesure où la voiture a été construite sur la base d’évolutions qu’ils pensent pouvoir être validées. Cela dit, ne rentrons pas trop dans les détails, car on aurait du mal à s’y retrouver, et ils seront développés par les commentateurs pendant les premières courses…sans que le téléspectateur y comprenne nécessairement quelque chose. A titre d’exemple, je citerais l’instauration de nouvelles règles pour « éviter le soufflage des gaz d’échappement au freinage ».  J’ai lu aussi que Mercedes et Mac Laren  avaient mis au point deux F-ducts passifs  pour les deux ailerons, totalement légaux pour le moment, ce qui veut dire que Mercedes qui en est à un stade plus avancé que Mac Laren pour cette évolution…ne pourra peut-être pas profiter de cette trouvaille technologique au-delà du ou des premiers grands prix de la saison. C’est quand même ennuyeux, mais c’est aussi cela la Formule 1, discipline à l’avant-garde de la technologie.

Cela dit, revenons brièvement sur cette saison qui, comme je l’ai dit précédemment, s’annonce théoriquement somptueuse.  Surtout en 2012, nous avons l’espoir que les courses soient plus intéressantes ou si l’on préfère moins ennuyeuses que l’an passé, en raison de la supériorité manifeste de la Red Bull pilotée par Vettel, notamment sur les circuits se prêtant à des dépassements, ce qui est loin d’être la cas partout. A ce propos, Red Bull et Vettel ont tellement écrasé la concurrence, qu’à peine à la mi-saison on connaissait le nouveau champion du monde. Mais quelque chose me dit que cette année ce ne sera pas le cas. Pourquoi ? Tout simplement parce que toutes les équipes ont beaucoup travaillé pour rattraper leur retard sur Red Bull, même si elle-même s’est efforcée  de maintenir au maximum son avance sur ses concurrents. Et ceux-ci ayant un ardent désir de revanche, n’ont pas lésiné sur les moyens, notamment Ferrari, Mac Laren, Mercedes et même Lotus, qui pourrait bien être la grosse surprise cette année avec son moteur Renault, le même que Red Bull.

Ferrari avec Alonso et Massa, comme  Mac Laren avec Button et Hamilton, mais aussi Red Bull avec Vettel et Webber, ou encore Mercedes avec Schumacher et Rosberg ont gardé leur même tandem de pilotes, misant sans doute sur la continuité ou sur l’esprit de revanche de certains pilotes loin d’avoir évolué à leur meilleur niveau en 2011. En disant cela je pense à Massa chez Ferrari, largement dominé par Alonso sans que l’on sache si ce sont les pneus ou son accident en 2009 qui l’ont relégué au rang de faire-valoir du flamboyant champion espagnol, même si ce dernier est clairement premier pilote de la Scuderia. Je pense aussi à Webber qui, contrairement à l’année 2010, n’a pas existé face à Vettel chez Red Bull, ou encore à Lewis Hamilton qui a connu de grosses difficultés par comparaison avec son équipier Button, beaucoup plus constant. Certes, en qualification Hamilton s’est montré globalement plus rapide que Button, ce qui n’est pas une surprise, mais en revanche en course il s’est avéré nettement moins fiable, alors qu’il l’avait dominé au cours de la saison 2010. Quant à Mercedes, faut-il parler de déception à propos de Michael Schumacher  qui doit affronter (à 43 ans) la dure concurrence de Rosberg…qui pourrait presque être son fils. On ne peut pas des ans réparer l’outrage, même en ayant de beaux restes.

Reste le team de mon cœur, Lotus. Rien que le nom de l’écurie sonne merveilleusement aux oreilles des fans de la F1, avec son génial créateur Colin Chapman et son pilote fétiche Jim Clark, peut-être en valeur absolue le meilleur  de l’histoire avec Fangio et Senna. Mais Lotus va disposer cette année d’un top pilote en la personne de Raikkonen, dont beaucoup de techniciens disent qu’il est à voiture égale, le pilote le plus rapide du plateau, pour peu que sa machine soit bien née. Si j’ajoute cette précision, c’est parce qu’on a souvent reproché à « Iceman », surnom du magnifique pilote finlandais, sa faible implication dans le développement d’une voiture. C’est une critique que j’ai du mal à accepter, comme il l’a prouvé chez Ferrari en 2009 où, après l’accident de Massa, il a porté la Scuderia à bout de bras pendant la deuxième partie de la saison, remportant une victoire à Spa, et réalisant le meilleur parcours de tous les concurrents pendant cette demi-saison, avec une voiture qui n’avançait pas par rapport à ses principales rivales.

Cette année donc, Kimi Raikkonen aura une grosse responsabilité, mais après deux saisons en WRC où il s’est fourvoyé, malgré des performances honorables, il est manifestement revenu à ses premières amours avec l’espoir de redevenir le Raikkonen de chez Mac Laren ou de ses débuts chez Ferrari. Il sera d’ailleurs épaulé par notre Franco-suisse Romain Grosjean, ce qui permettra à ce dernier de s’étalonner par rapport à un très grand pilote, ce qu’il ne put pas faire en 2009 sur les neuf grands prix qu’il disputa au volant d’une Renault, dont l’équipe était totalement dévouée à Alonso.  En tout cas Lotus promet beaucoup cette année, et les essais de pré-saison ont montré que la voiture avait du potentiel, malgré des essais d’intersaison quelque peu tronqués suite à un problème, aujourd’hui réglé, au niveau de la direction.

En parlant de Raikkonen, cette saison sera aussi historique parce qu’il y aura sur les grilles de départ pas moins de six champions du monde, ce qui n’était jamais arrivé dans l’histoire de la formule 1. En effet, outre Raikkonen (2007), il y aura le septuple champion du monde Schumacher (entre 1994 et 2004), mais aussi Alonso (2005 et 2006), Vettel (2010-2011), Hamilton (2008) et Button (2009). Quel extraordinaire plateau, et quel beau spectacle en perspective, d’autant que tous ces pilotes disposeront des meilleures voitures. En outre quelqu’un comme Nico Rosberg, bien que n’ayant toujours pas gagné de grand prix, fait partie de ceux qui vont briller à coup sûr cette année, sans parler de Massa et Webber qui ont besoin de se réhabiliter.

En évoquant  l’écurie Lotus, cela nous ramène à l’année 1962, où cette équipe commença réellement à s’affirmer au firmament de la formule 1, avec un binôme comme le sport automobile n’en a peut-être jamais eu dans l’histoire, composé de Colin Chapman et Jim Clark.  Déjà l’année précédente, en 1961, une voiture de la marque Lotus avait terminé à la troisième place d’un championnat dominé par Ferrari. Cette voiture, ancien modèle de Lotus, était pilotée par Stirling Moss qui, l’année suivante, allait voir sa carrière s’arrêter à Godwood dans une course hors championnat, suite à un accident qui l’empêchera de retrouver son meilleur niveau, après être resté prisonnier très longtemps dans son châssis, vivant mais presqu’inconscient pendant qu’on s’affairait avec des pinces coupantes à le sortir de son habitacle. Les autres voitures, les Lotus –Climax, étaient confiées à Ireland et au tout jeune Jim Clark qui d’entrée avait montré tout son talent, ce qui incita le patron de Lotus, Chapman à en faire sa figure de proue en 1962. Cette Lotus- là (la 25 propulsée par le moteur V8 Climax), avait la particularité d’avoir un châssis monocoque révolutionnaire, qui en plus s’adaptait tout à fait aux mensurations de ses deux pilotes-jockeys, Jim Clark et Trevor Taylor, lesquels toutefois avaient une position de conduite loin d’être idéale, au point d’attraper un torticolis à chaque séance d’essais ou lors des grands prix.  

Et avec cette voiture, Jim Clark allait remporter trois victoires (Spa, Aintree et Watkins Glen), terminant  deuxième du championnat du monde juste derrière Graham Hill, lequel en avait remporté quatre (Zandvoort, Nurburgring, Monza et East London en Afrique du Sud) sur sa BRM. Cela permettait à Graham Hill de remporter le premier de ses deux titres de champion du monde (le second il le remportera sur Lotus en 1968), mais force est de reconnaître qu’il avait bénéficié d’une certaine réussite, puisque le 29 décembre (date très tardive pour clôturer la saison) Graham Hill remporta la victoire et le titre 1962 en profitant d’une panne de moteur de la Lotus du prodige écossais. En réalité, à cause d’une rondelle oubliée par un mécanicien fatigué, ce qui a provoqué un serrage du moteur. Il restait à peine 22 tours avant l’arrivée, et personne n’aurait imaginé un tel final, jusqu’à ce qu’un filet de fumée bleue ne s’échappe du moteur de la Lotus.  Graham Hill avait tout gagné, mais si Clark avait tout perdu, il venait de démontrer que le binôme Clark-Lotus 25 serait imbattable dans l’avenir.

Et c’est ce qui se passa l’année suivante puisque Jim Clark allait écraser le championnat en remportant sept victoires sur dix grands prix disputés. Enfin,  pour revenir au championnat 1962, ce fut une année terrible pour Ferrari,  qui fut dominée comme jamais par la concurrence en terminant à la cinquième place du championnat du monde des constructeurs, et en plaçant son premier pilote, Phil Hill (champion du monde 1961), à la sixième  place du championnat pilotes, avec 14 points contre 42 à Graham Hill. Mais ce le fut surtout parce que son nouveau pilote, un prodige mexicain de 20 ans, Ricardo Rodriguez, se tua aux essais du Grand Prix du Mexique.  Ce décès survenait un an après celui de von Trips à Monza, suite à un accrochage avec Clark, accident qui coûta la vie à 12 spectateurs. La course automobile était vraiment très dure à l’époque! Heureusement, de nos jours, les accidents n’ont plus les mêmes conséquences. Tant mieux, et on peut remercier sur ce plan l’ancien président de la Fédération internationale, J. M. Balestre, qui avait fait de la sécurité des voitures son credo.

Michel Escatafal


Vettel me fait penser à Clark

Il y a un peu moins d’un an, à l’âge de 23 ans 4 mois et 11 jours, Sebastian Vettel devenait  le trente-deuxième champion du monde de l’histoire de la F1. Il était par la même occasion le plus jeune à avoir obtenu ce titre, alors que le plus âgé s’appelle J.M. Fangio, lequel obtint  sa cinquième couronne mondiale à l’âge de 46 ans. Autre particularité,  Vettel a été champion du monde le jour il a été en tête du championnat pour la première fois de sa carrière. Mais depuis la fin de la saison dernière, le jeune crack allemand a fait son chemin, et a même fait beaucoup de chemin sur la route qui va l’amener à son deuxième titre consécutif de champion du monde, et à côtoyer très rapidement le panthéon des pilotes de Formule 1, confirmant pleinement les promesses entrevues à ses débuts dans le sport automobile, où il a gagné et figuré parmi les meilleurs partout où il est passé. En effet, en 75 grands prix, il a déjà remporté 18 victoires et réalisé 25 poles position ce qui aboutit à un ratio extraordinaire de 0.24 pour les victoires par grand prix, qui le met quasiment au niveau de Stirling Moss, et de 0.33 pour les poles position, ce qui le place en quatrième position dans l’histoire juste derrière Jim Clark (voir article sur les meilleurs pilotes de F1).

Sur ce plan il ne fait que reproduire ce que les autres très grands champions ont fait, à savoir s’imposer très vite en F1 et obtenir tout aussi vite un bon volant, ce qui va souvent de pair. Au passage, je crois que l’on peut avoir une pensée pour un certain Sébastien Bourdais, qui n’avait pas été ridicule face à ce prodige pendant quelques grands prix au début de la saison 2008, avant d’être « largué » avec la nouvelle Toro Rosso sortie en cours de saison. Il n’empêche, quelle malchance pour Bourdais d’avoir eu comme équipier ce surdoué lors de son arrivée en Formule 1, un peu comme quand Michael Andretti, autre roi des courses américaines, s’était retrouvé dans la même écurie (Mac Laren) qu’Ayrton Senna (1993). Lui non plus ne s’en était jamais remis. Et puisque j’évoque le nom d’Ayrton Senna, j’en profite pour noter que la tête de Vettel est bien faite, puisqu’il a dit lui-même que le plus impressionnant en qualifications fut Ayrton Senna…que Vettel ne connaît que par l’histoire, dans la mesure où Senna est mort en 1994, alors que Vettel n’avait pas encore 7 ans.

En parlant du merveilleux pilote brésilien, certains me reprocheraient de ne pas aborder  le volet comparaison. A ce sujet, ce n’est pas à Ayrton Senna que les gens pensent quand ils veulent comparer Vettel à un autre super pilote, mais plutôt à Michael Schumacher, du moins le Schumacher de sa première carrière, et non celui d’aujourd’hui qui, malgré de beaux restes, n’a semble-t-il pas compris qu’il n’a plus aucune chance de s’imposer à des champions beaucoup plus jeunes, ce qui est le cas de Rosberg chez Mercedes, et sans doute plus encore de Vettel, Lewis Hamilton, Alonso ou même Button. Si la comparaison se fait naturellement avec  M. Schumacher c’est avant tout parce qu’il est allemand, ce qui lui a valu le surnom de « Baby Schumi », mais aussi parce que sur le podium il a un peu les mêmes mimiques ou gestes que lui. Pour le reste il est toujours très difficile de comparer sur la piste, parce que les pilotes n’ont pas couru dans la même écurie, ni évolué  à leur maximum au même moment.

Tout cela pour dire, qu’à titre personnel, si je devais comparer Vettel à quelqu’un ce serait…à  l’Ecossais Jim Clark. Pourquoi Jim Clark ? Pour la précocité d’abord, puisque Clark arriva très tôt en Formule 1 pour son époque, puisqu’il fit ses débuts en 1960 à l’âge de 24 ans, après avoir gagné à 17 ans la première course à laquelle il ait participé, qu’il remporta sa première victoire à 26 ans et qu’il obtint le premier de ses deux titres de champion du monde à 27 ans (1963). Il faut rappeler qu’à la fin des années 50 et au début des années 60, nombre de pilotes avaient l’âge du Michael Schumacher  version 2011, c’est-à-dire nettement plus de 40 ans. En fait  dans les années 50, il n’y avait eu que les Anglais Stirling Moss, autre figure légendaire de la F1 bien que les règlements l’aient empêché d’être champion du monde, et Mike Hawthorn, champion du monde en 1958, à avoir fait preuve à la fois d’une telle précocité et d’un semblable talent, même si sur ce plan ils étaient un peu moins doués que le merveilleux pilote écossais.

Autre particularité de Clark et Vettel : la même fidélité à une écurie. Sébastian Vettel a commencé sa carrière en F1 chez Toro Rosso, qui est la petite sœur de son équipe actuelle Red Bull. Vettel en effet n’a jamais connu d’autre écurie que le groupe de D. Mateschitz, dont le directeur est Ch. Horner et l’ingénieur en chef le brillantissime A. Newey. Et c’est vrai que cela rappelle aux plus anciens fans de F1, l’époque où Clark  dominait la Formule 1 avec  l’écurie Lotus et son génial patron-ingénieur Colin Chapman, pour qui il a commencé à piloter en F2 et en Formule Junior. Pour ma part, bien qu’étant très jeune à ces moments, j’ai eu la chance à plusieurs reprises de voir Jim Clark en action au grand prix de Pau, qu’il a gagné 4 fois dont la première en 1961, et cela reste de merveilleux souvenirs.  Quel régal de le voir négocier dans son style coulé le virage de la gare !

Il reste à souhaiter à Vettel de faire une plus longue carrière que Jim Clark  qui, rappelons-le,  a disputé seulement 72 grands prix du championnat du monde (3 de moins que Vettel aujourd’hui), en a gagné 25 et a réalisé 33 poles position, ce qui est un bilan tout à fait exceptionnel. D’ailleurs, pour nombre de connaisseurs,  Clark fait partie du tiercé de tête des trois plus grands pilotes de l’histoire avec J.M. Fangio et Ayrton Senna, devant Stewart, Prost et Schumacher. Hélas pour lui, après avoir échappé à la mort après être entré en collision avec Von Trips à Monza, ce qui coûta la vie à ce dernier (ainsi qu’à 10 spectateurs) en 1961,  sa carrière prit fin, comme trop souvent à cette époque où la sécurité était loin d’être ce qu’elle est de nos jours, par un accident mortel qui eut lieu le 7 avril 1968 à Hockenheim, dans une  course de Formule 2. On ne saura jamais pourquoi sa Lotus, roulant en position isolée,  avait quitté la piste à très haute vitesse dans une portion quasi rectiligne du circuit. Avait-il fait une faute de pilotage ? Personne ne l’a pensé,  parce que Jim Clark n’en faisait pas. En réalité l’hypothèse la plus vraisemblable est l’éclatement d’un des pneus arrière  de sa voiture, ce qui fit perdre à Clark le contrôle de sa machine à 240 km/h sur la piste mouillée. Jim Clark, l’immense Jim Clark,  fut tué sur le coup. Un peu la même mort que celle d’Ayrton Senna 26 ans plus tard (1er mai 1994).

En écrivant tout cela, je m’aperçois que Vettel est bien parti pour appartenir au cercle très fermé des pilotes légendaires de la F1.  Et ce n’est pas son coéquipier chez Red Bull, l’Australien Mark Webber, qui dira le contraire, après avoir été largement dominé depuis deux saisons, et plus encore cette année que la précédente. Est-ce Webber qui a régressé ou Vettel qui atteint sa plénitude ? Bien entendu chacun de nous penchera pour la deuxième hypothèse. Dommage simplement que de nos jours, en raison du nombre très important de grands prix, les pilotes soient obligés de se consacrer totalement à la F1, sans faire d’incursions dans les autres disciplines, comme le fit Jim Clark qui gagna en 1965 l’épreuve mythique des 500 miles d’Indianapolis. Peut-être à la fin de sa carrière Vettel s’y essaiera-t-il ? Cependant cette perspective ne peut-être que lointaine compte tenu de son jeune âge.

En tout cas avec Alonso, voire même l’excellent Button pour parler au présent, et avec Lewis Hamilton et Vettel pour l’avenir à moyen et long terme, la  F1 a la chance d’avoir quelques pilotes capables de nous offrir des duels extraordinaires, comme nous en connaissions autrefois avec Fangio-Moss, Clark-Hill, Prost-Lauda, Senna-Prost ou plus près de nous Schumacher-Hakkinen. Après tout, comme dans le cyclisme, l’athlétisme ou le tennis, la légende se nourrit surtout des grands duels. Et ce pourrait déjà être le cas l’an prochain si, comme nous l’espérons tous, Ferrari et Mac Laren se rapprochent encore un peu plus de  Red Bull. Cela dit, avec l’assurance que va lui donner son second titre mondial, je suis persuadé que Vettel sera encore en 2012 le favori du championnat du monde.

Un regret quand même pour terminer, à savoir qu’on n’offre pas aux pilotes suffisamment de circuits où ils puissent exprimer tout leur talent. Même si l’on ne doit pas être nostalgique des circuits comme le Nurburgring, Spa ou Monza d’autrefois, qui étaient très dangereux, je suis certain qu’on pourrait faire mieux que ce qui est parfois proposé de nos jours, où sur nombre de circuits il est très difficile pour ne pas dire impossible de doubler. Peut-on réellement se réjouir de voir de longues processions à longueur de grands prix…en attendant la pluie pour avoir du spectacle ? Ces pilotes qui composent le plateau méritent mieux que cela, et les spectateurs qui paient très cher leur place aussi. Mais là aussi il y a de l’espoir avec quelques nouveaux circuits qui voient ou vont voir le jour…pour notre plus grand bonheur.

Michel Escatafal