Doussain et Picamoles : ça ressemble un peu à Gachassin et les Boni en 1966

DoussainPicamolesAvant de parler rugby, je voudrais dire deux mots à propos de deux informations récentes qui m’ont interpellé, à savoir le fait que le xénon (gaz rare) soit un produit dopant efficace et indécelable…depuis plus de dix ans, et la victoire de Pervis aux championnats du monde de cyclisme sur piste qui se déroulent en ce moment à Cali. Parlons d’abord de ce fameux xénon qui fait la une de l’actualité sportive depuis la fin des J.O. de Sotchi, en notant qu’après dix ans d’applications plus ou moins prouvées, l’Agence mondiale antidopage (AMA) commence (enfin !) à s’y intéresser de près. Cette même AMA qui fut si prompte à condamner Contador à deux ans de suspension pour quelques traces de clembutérol dans ses urines, alors que le xénon est infiniment plus puissant comme dopant, sans le moindre risque d’être pris par la patrouille antidopage.

Certes, je suis supporter de Contador, mais qui peut croire que le Pistolero aurait été assez naïf pour prendre sciemment un produit interdit et très facilement détectable, alors qu’il avait à sa disposition le xénon qui est indécelable. A moins qu’il n’ait pas eu connaissance du xénon…qui doit toutefois ne pas être un produit inconnu dans le peloton, même si son application doit être extrêmement pointue à mettre en œuvre, sauf à prendre de gros risques pour la santé des coureurs. En tout cas, voilà une preuve de plus que dans le sport les contrôles ont toujours un train de retard sur les nouveaux produits, ce qui n’empêche pas le cyclisme (seul sport à agir ainsi) de changer constamment les palmarès des courses et de jeter l’opprobre sur ses champions.

Pour quel bénéfice ? Aucun, si j’en crois le nombre de réactions chez nous  suite à la victoire cette nuit de Pervis, pourtant un de nos plus grands champions, tous sports confondus. Pauvre vélo, qui ne cesse de s’infliger des blessures d’autant plus mortelles que cela ne fait que le discréditer un peu plus aux yeux des instances sportives, au point de voir le CIO en faire une variable d’ajustement pour son programme olympique, alors que le vélo est une discipline historique des Jeux Olympiques. Cela dit, passons à autre chose et parlons rugby, autre sport où son fonctionnement depuis l’apparition du professionnalisme est presque aussi attristant que celui du cyclisme.

En France on a coutume de dire qu’il y a au moins cinquante millions de sélectionneurs pour ce qui concerne le XV de France, ce qui est valable aussi pour d’autres sports, notamment le football. C’est toujours la même chose, chaque fois qu’il y a une rencontre internationale ou une Coupe du monde qui se profile à l’horizon, tout le monde fait son équipe et souhaite bien évidemment qu’elle corresponde à celle du sélectionneur. Je voudrais quand même en profiter pour dire que le sélectionneur est payé, très bien payé même, pour faire son équipe, avec en outre des éléments techniques que nous n’avons pas. De plus, du moins on pourrait le penser, le sélectionneur a tout intérêt à composer la meilleure formation possible, parce que son maintien dans le poste peut en dépendre, même si dans le cas de Saint-André on a du mal à imaginer que son bail aille au-delà de la prochaine Coupe du Monde…à moins de la gagner, ce qui paraît inconcevable aujourd’hui.

Or la Coupe du Monde c’est l’année prochaine, et le moins que l’on puisse dire est que nous ne la préparons pas comme nous devrions le faire en tant que grande nation de rugby. Oui, j’ai bien dit grande nation de rugby, parce que la France compte un nombre considérable de joueurs licenciés (un peu moins de 300.000), en comparaison avec la Nouvelle-Zélande (145.000) ou l’Australie (200.000). Certes nous sommes loin de l’Angleterre (plus de 700.000), ou de l’Afrique du Sud (plus de 450.000), mais nous nous situons à la troisième place dans le (petit) monde du rugby, ce qui n’est pas rien.

Cela dit, parmi les cinq pays que je viens de citer, la France est la seule nation à ne pas avoir remporté la Coupe du Monde, ce qui démontre que quelque chose ne tourne pas rond dans notre rugby national. Et ce n’est pas nouveau, car à part quelques périodes fastes comme le sport français en général sait en avoir de temps en temps, le XV de France a rarement été au rang où il devrait être compte tenu du nombre de joueurs opérant dans notre pays. Compte tenu aussi du fait que le Top 14 est sans doute le meilleur championnat au monde, réflexion qui va peut-être en agacer certains, les mêmes affirmant que cela peut-être un handicap pour l’équipe de France en raison du nombre considérable de joueurs étrangers opérant dans notre pays, et pas seulement dans le Top 14.

Mais il n’y a pas que cela, à commencer par la très mauvaise gestion de ce Top 14. Sur ce plan le rugby français est resté très amateur, et pas du tout professionnel. La preuve, un club comme le Stade Toulousain, plus grand club français de l’histoire de notre rugby, au-dessus du FC Lourdes, de l’AS Béziers ou du SU Agenais, pourrait très bien se voir écarter des demi-finales du Top 14 parce que ses effectifs sont décimés par l’Equipe de France, en raison des nombreux doublons générés par les matches internationaux. Voilà un problème complètement abracadabrantesque que notre rugby professionnel est incapable de résoudre, parce qu’on ne veut pas réduire le nombre de matches joués par les clubs de l’élite. Pourquoi, en effet, ne pas créer deux poules de dix franchises, avec, pour conclure le championnat, deux demis finales et la finale, les deux premiers de chaque poule étant qualifiés pour les demi-finales.

Cela ferait au total un maximum de vingt matches de championnat dans la saison contre vingt huit aujourd’hui, ce qui fait une énorme différence. Et même avec les coupes européennes en supplément (ce qui ne change rien puisqu’elles existent déjà), on ne serait plus dans les mêmes cadences infernales. Enfin, cela permettrait de faire reposer les joueurs les jours de matches internationaux, mis à part évidemment les sélectionnés. Certains vont me dire que cette solution apparaît trop simpliste, parce que nos clubs veulent jouer un maximum de matches pour pouvoir payer les charges de plus en plus lourdes auxquelles ils sont confrontés. C’est une hérésie d’affirmer pareille chose, dans la mesure où nombre de clubs sont contraints d’avoir un effectif plus important pour couvrir la saison et les doublons, sans oublier les jokers médicaux de plus en plus nombreux en raison des cadences infernales évoquées précédemment (voir mon article  Les affres du rugby professionnel…)

Mais tous ces problèmes relevant du plus pur amateurisme sont aggravés par l’incompétence des décideurs de la Fédération, lesquels semblent incapables en plus de s’offrir un sélectionneur au top. Qu’avait fait Saint-André à Toulon avant d’intégrer le XV de France, alors qu’il avait à sa disposition un matériel humain incomparable ou presque ? Poser la question c’est y répondre, et force est de reconnaître qu’un de ses prédécesseurs à la tête du XV de France, B. Laporte, a beaucoup mieux réussi que lui dans ses fonctions d’entraîneur du RC Toulon, comme il avait obtenu de bien meilleurs résultats à la tête de l’équipe de France. En fait, Laporte a surtout manqué sa Coupe du Monde en France (en 2007), même si la victoire finale s’est peut-être jouée dans les dernières minutes de la demi-finale contre l’Angleterre, sur une cuillère miraculeuse et désespérée d’un Anglais sur Vincent Clerc filant à l’essai, à quelques mètres de la ligne d’en-but.

En outre, sans être doté d’un jeu vraiment emballant, le XV de France sous l’ère Laporte avait beaucoup progressé en discipline, ce qui était une nouveauté pour le rugby français. Enfin, ce même Laporte avait su donner ou redonner au XV tricolore une culture de la mêlée aujourd’hui perdue…ce qui est une nouveauté pour le rugby français au niveau international, après de nombreuses années où les Français étaient intraitables dans ce secteur de jeu. Ce l’était tellement que Marc Lièvremont, l’ancien sélectionneur, en avait presque fait une manière de jouer, misant tout sur la puissance de sa mêlée pour offrir des pénalités à ses buteurs. Aujourd’hui le XV de France n’a plus cette arme, ce qui le rend extrêmement vulnérable, vu que Saint-André a été incapable d’offrir à son équipe un schéma de jeu cohérent.

Saint-André a aussi un autre défaut extrêmement ennuyeux pour un manager, à savoir ne pas reconnaître ses responsabilités dans les manques actuels du XV de France. J’ai été outré de la manière dont on a condamné Doussain et Picamoles à l’issue du match contre le Pays de Galles. Comme si ces deux joueurs portaient sur leurs seules épaules les insuffisances de notre rugby professionnel! Certes Picamoles n’a pas été aussi important et fringant que d’habitude. Certes Doussain a été loin d’évoluer au niveau d’excellence qui est le sien depuis le début de la saison avec le Stade Toulousain, et même avec l’équipe de France contre l’Angleterre et l’Italie. Peut-être tout simplement était-il fatigué par les deux matches du Tournoi, plus celui disputé la semaine avant avec son club, ce quatrième gros match étant au-dessus de ses forces ?

En outre, comme je ne cesse de le répéter, si par malheur un demi de mêlée manque son match, il est immédiatement remplacé par…Parra. Et oui, le revoilà le numéro 9 de Clermont-Ferrand, avec son pied gauche qui, il faut le reconnaître, est incontestablement le plus sûr des sélectionnés du XV de France, en attendant que Kockott soit sélectionnable, ce qui règlerait le problème dans la mesure où Kockott est aussi précis que Parra sur les coups-de-pied placés, et bien supérieur comme joueur de rugby. Cependant pour marquer des points avec les pieds, il faut avoir la possibilité de pouvoir passer des pénalités, ce qui veut dire aussi dominer son adversaire en jouant dans son camp et en dominant son sujet à commencer par la mêlée, comme je le disais précédemment. De plus, comme Saint-André le savait ou aurait dû le savoir, Parra n’est pas sélectionnable, malgré la mansuétude de la Commission de discipline à son égard, à la suite de sa deuxième expulsion en moins de quatre mois en championnat dimanche dernier.

Pourquoi dans ces conditions l’avoir sélectionné, sachant que la Commission ne pouvait en aucun cas ne pas sanctionner Parra puisqu’il y avait récidive ? Pourquoi aussi l’avoir sélectionné et enfoncer un peu plus Doussain, alors que Saint-André a pris pour prétexte les mots de Picamoles avec l’arbitre pour le sanctionner pour un comportement  irrespectueux, disant que « le respect est le socle de nos valeurs » et « qu’il est important d’envoyer un signal à tous les joueurs et de rappeler qu’avoir le privilège de porter le maillot orné du coq leur impose des devoirs et des obligations ». Très bien, mais alors pourquoi sélectionner un joueur sorti pour brutalité à deux reprises en moins de quatre mois, qui plus est un joueur comptant plus de 50 sélections ? Et que dire du comportement de Papé, le capitaine, qui fustige son jeune équipier Bonneval, pour ne pas avoir récupéré une passe qu’il lui avait adressé, alors que cette passe était irrattrapable. Voilà ce que je voulais dire aujourd’hui à propos de Saint-André, qui n’est vraiment pas l’homme de la situation pour le XV de France. Quel dommage que Guy Novès, le manager toulousain, qui au passage a vigoureusement défendu Doussain après son match contre les Gallois, ne veuille pas de la place occupée par Saint-André ! Cela étant Novès est trop professionnel, et connaît trop bien son sujet…et le fonctionnement des instances de notre rugby pour se lancer dans pareille aventure.

Michel Escatafal


La vidéo évite des erreurs, mais ne règle pas les problèmes d’arbitrage

TRYAvant d’aborder le sujet que je voulais traiter aujourd’hui, l’arbitrage vidéo, je veux évoquer  l’actualité de ces dernières heures, une actualité qui touche le basket (je n’y connais pas grand-chose) et le rugby. C’est vrai, je n’ai jamais joué au basket sauf dans les séances de sport au lycée, mais j’aime bien suivre l’équipe de France, et celle-ci nous emballe depuis bientôt une dizaine d’années. Elle a même réussi à devenir championne d’Europe cette année, après avoir récolté plusieurs médailles auparavant. Cette équipe m’est d’autant plus sympathique, qu’elle est emmenée par des joueurs qui paient pour avoir le droit d’y jouer, ce qui nous change d’autres sports collectifs, où, à chaque phase finale de compétitions européennes ou mondiales, on négocie longuement pour savoir le montant des primes qu’on va toucher. Certes, on va me dire que Parker, Batum ou Diaw gagnent autant d’argent, sinon plus, que les meilleurs joueurs de football, mais le constat est là.

Et puisque j’ai parlé de Parker, Batum et Diaw, je veux souligner que leur participation au championnat d’Europe avec l’équipe de France ne les a nullement handicapés pour jouer le championnat NBA, alors que Noah, qui a déclaré forfait pour cette compétition afin de se préserver pour la saison NBA, est loin d’avoir son meilleur rendement. Cela dit, quelle que soit sa valeur, il vaut mieux avoir en équipe de France Parker et Batum que Noah, même si avec le pivot des Bulls cette équipe serait à coup sûre meilleure encore. Espérons que Noah consentira à jouer pour notre pays aux J.O. de Rio, ce qui pourrait permettre à notre équipe nationale de renouveler l’exploit réalisée par celle de 2000, sauf que cette dernière était loin d’être aussi forte que celle qui a remporté la médaille d’or au championnat d’Europe.

Voilà pour le basket, et passons à présent par la case rugby, ce qui est beaucoup plus naturel chez moi, pour évoquer la mauvaise nouvelle qui a touché Morgan Parra, celui-ci étant indisponible au moins jusqu’à la mi-février pour un problème de genou. J’écris mauvaise nouvelle, parce que la blessure est toujours un problème pour un joueur, et je souhaite à Parra un prompt rétablissement. Est-ce pour cela un drame pour le XV de France ? Je réponds NON, car cela permettra enfin d’essayer au poste de demi de mêlée un Doussain ou un Pelissié pendant la durée du Tournoi…à condition de ne pas mettre une épée de Damoclès sur la tête de ces joueurs, ou si l’on préfère à condition de leur faire confiance sur la durée comme Saint-André, et avant lui Lièvremont, l’ont fait pour Parra. Et si j’écris cela, c’est parce que le coaching de Saint-André ne m’inspire aucune confiance. Si Doussain ou Pélissié, celui qui sera choisi ou les deux, font un match moyen, il ne faudra pas immédiatement leur chercher un remplaçant…qui d’ailleurs sera tout trouvé avec le retour de Parra.

Au fait, puisqu’il s’était blessé peu avant la mi-temps, pourquoi Saint-André n’a-t-il pas remplacé Parra dès l’entame de la deuxième mi-temps ? C’est quand même une preuve du manque de confiance du coach envers Doussain ! Si j’étais méchant, je dirais qu’avec deux petites victoires dans l’année, un entraîneur « normal » n’aurait pas hésité à prendre le risque de faire entrer Doussain, d’autant que Parra avait été très insuffisant en première période. De quoi donner raison aux contempteurs toulonnais de Saint-André, qui lui reprochent son incapacité à qualifier pour les plays-off, en 2010-2011, une équipe du RCT qui avait enregistré en début de saison l’arrivée de Smith, Sackey, Carl Hayman et Rudi Wulf, qui s’ajoutaient à des joueurs aussi talentueux que Mignoni, Jamie Robinson, Contepomi, Fernandez Lobbe, Lamont et l’incomparable Jonny Wilkinson.  Espérons quand même que Saint-André se rende compte que le XV de France a besoin d’un jeu plus ambitieux pour aller de l’avant, parce qu’avec celui qui nous est offert depuis trop longtemps l’équipe de France ne gagne même plus le Tournoi des 6 Nations (depuis 2010), la France étant considérée comme la sixième nation mondiale sur les 11 qui comptent dans le concert planétaire (les 6 du Tournoi, plus l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, les Samoa et l’Afrique du Sud). Elle devrait même être septième derrière l’Irlande, si cette dernière avait fait match nul avec la Nouvelle-Zélande…comme cela aurait dû être le cas.

L’Irlande, en effet, a réalisé une formidable performance contre les Néo-Zélandais, ces derniers ne l’ayant emporté samedi dernier que par miracle à l’issue d’un match emballant, les All Blacks n’ayant dû leur succès qu’à une colossale erreur des Irlandais, partis avant le coup de pied de transformation de l’ouvreur Cruder sur l’essai néo-zélandais de dernière minute. Coup de pied raté, mais retiré suite à la décision (normale) de l’arbitre de le faire recommencer, avec réussite cette fois. Quelque chose me dit que si le XV de France avait joué ces Irlandais survoltés il aurait été dominé. J’en suis même certain, comme il est certain que le XV de France ne peut pas se plaindre de l’arbitrage dans son match contre les Sud-Africains, un match qui montre à quel point Michel Platini a raison de ne pas vouloir l’introduction de la vidéo au football.

Ah la vidéo, qu’est-ce qu’elle fait saliver et écrire dans le monde du football ! Règle-t-elle tous les problèmes pour autant ? Certainement pas. Déjà, lors de la finale de la Coupe du Monde de football en 1966, personne ne peut assurer que le but de G. Hurst était valable, bien qu’il ait été examiné des milliers de fois à la vidéo. Et c’est pareil pour le rugby (à XV et à XIII), qui a recours depuis longtemps à la vidéo, ce qui n’empêche nullement les controverses et les erreurs. Je me souviens personnellement d’un drop de J.B. Elissalde, contre Bayonne (je crois que c’était en 2009), dont la vidéo a bien été incapable de nous dire s’il était passé ou non (bien au-dessus des poteaux). Et tant d’autres matches encore, y compris samedi dernier, où l’arbitre vidéo a pris trois décisions très litigieuses…qui ont bien favorisé le XV de France, pour une fois diront les mauvaises langues.

J’avoue d’ailleurs que cela m’agace prodigieusement de voir aussi souvent l’intervention de la vidéo, presque systématique si ce n’est pas très net à XIII comme à XV, ce qui signifie que l’arbitre n’est plus maître de rien dès qu’il y a essai, ce qui n’empêche nullement d’accorder un essai s’il y a en-avant de passe cinquante mètres avant la ligne d’en-but. Et oui, la vidéo ne règle pas tous les problèmes, et c’est pareil pour le football, sauf à vouloir faire durer un match de nombreuses minutes en plus. Qu’il est loin le temps où Lucien Mias, l’illustrissime capitaine de l’équipe de France de 1958-1959,  disait que « l’arbitre fait partie du jeu, comme le vent ». La vidéo a certes des vertus, mais elle ne règle pas tout. Elle n’empêchera jamais un arbitre de football de siffler généreusement un pénalty…ou de ne pas le siffler s’il estime qu’il n’y a pas faute. Elle n’empêche pas non plus un arbitre de rugby d’accorder une pénalité à vingt mètres face aux poteaux, même si c’est très, très sévère, parce qu’il aura vu une faute sur un ruck que personne n’aura vu y compris en regardant les images à la télévision. Je pourrais dire la même chose s’il ne voit pas une faute évidente…à la télévision.

Donc, en résumé, qu’apporte la vidéo au rugby ? Peu de choses en vérité, à part le fait qu’elle décharge la décision de l’arbitre du terrain sur l’arbitre vidéo. Cela fait joli aussi à la télévision de voir inscrit « TRY » ou « NO TRY » sur l’écran, mais même si elle permet de valider des essais que l’arbitre n’aurait pas osé accorder, par exemple l’essai néo-zélandais lors de la demi-finale mondiale à XIII entre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, où l’ailier néo-zélandais réussit une passe miraculeuse avant d’avoir touché le sol alors qu’il est un mètre à l’extérieur du terrain, la vidéo ne fait pas tout. En outre, si l’arbitre prend une fois une mauvaise décision, ce ne sera pas le cas très souvent, et au final les mauvaises décisions s’équilibrent très souvent dans un cas comme dans l’autre.

Enfin, pour bien montrer que cela fait partie du jeu, au bout de quelques semaines on oublie l’erreur d’arbitrage…parce que 9 fois sur 10 c’est la meilleure équipe, ce jour-là, qui l’emporte. Qui conteste aujourd’hui la victoire anglaise à la Coupe du monde 1966 ? Plus personne, et ce depuis bien longtemps. Qui ose évoquer le but annulé sur un hors-jeu inexistant de Puskas lors de la finale de la Coupe du Monde 1954, où les Hongrois avec leurs grandes vedettes (Boszik, Puskas, Kocsis, Hidegkuti et Csibor) furent battus, si l’on en croit une étude allemande récente, par le fait que les Allemands étaient dopés à la pervitine…ce qui explique leur fraîcheur en fin de match, leurs adversaires ayant en outre été confrontés aux Brésiliens et aux Uruguayens précédemment. Même l’histoire est contre les tenants de la vidéo !!!

Michel Escatafal


Et si le XIII était plus attractif que le XV…

Coupe du monde XIIICe matin en me réveillant j’étais très heureux après avoir passé un samedi tout à fait excellent…grâce au rugby à XIII. Merci à beIN SPORT de nous avoir offert la possibilité d’avoir vu un match aussi emballant que cette demi-finale de Coupe du Monde entre l’Angleterre, qui jouait chez elle, et la Nouvelle-Zélande, tenante du titre. Et encore une fois honte à tous ces médias français qui ont refusé de retransmettre cette Coupe du Monde de rugby à XIII, ou qui en parlent si peu, alors que le spectacle peut être grandiose, comme ce fut le cas hier après-midi. Cela nous laisse prévoir une finale fantastique, la semaine prochaine, entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Dommage, et je n’ai pas peur de me répéter, qu’il faille être abonné à beIN SPORT pour profiter du spectacle. Au fait, que fait le service public, lui qui prétend que France Télévision c’est le plus grand terrain de sport de France? Pourquoi ne pas promouvoir, ne serait-ce que 80 minutes de temps en temps, un sport collectif qui fut le premier, au début des années 50, à donner à la France le titre de meilleure nation de la planète ? Ah je sais, une retransmission de rugby à XIII ne génèrerait pas assez de rentrées publicitaires. Cela dit, comment un sport peut-il se révéler aux yeux des téléspectateurs si on ne le voit jamais en clair, et si on n’en parle quasiment pas?

Revenons donc à ce match formidable entre la Nouvelle-Zélande et une très valeureuse équipe d’Angleterre…qui fut finaliste jusqu’à la dernière minute, jusqu’à ce que ce que deux joueurs exceptionnels sonnent la charge une dernière fois, et finissent par faire plier les Anglais in extrémis, par un essai que plus personne n’attendait. Ces deux joueurs sont deux extra-terrestres, qu’il s’agisse de Sonny Bill Williams et de Shaun Johnson. Ils sont tellement forts qu’ils font rêver tous les managers et dirigeants des meilleures équipes à XV, ces derniers ayant déjà réussi à récupérer un autre surdoué d’un niveau exceptionnel, Benji Marshall.

Mais Benji Marshall, comme  SBW et Shaun Jonhson, ne sont pas les seuls qui pourraient franchir allègrement le pas les conduisant à XV, car il y a aussi les Anglais Sam Burgess, désigné « homme du match » hier, qui pourrait jouer à tous les postes chez les quinzistes, ou l’ailier aux cheveux blancs Ryan Hall, sans oublier les Australiens, à commencer par l’arrière Slater, le demi Thurston ou le talonneur Cameron Smith. D’autres en revanche, des quinzistes, pourraient très bien franchir le pas et jouer à XIII dans une franchise australienne ou anglaise, et en disant cela je pense à des joueurs comme Fofana ou Doussain, à la fois puissants et rapides, qui feraient un malheur à XIII, comme l’ont fait en leur temps Barthe, Pierre Lacaze, Quaglio, Mantoulan ou Capdouze.

En tout cas, peut-être que le week-end prochain (la finale se déroulera samedi prochain à 15h30 au stade d’Old Trafford, à Manchester, et on la verra sur beIN SPORT) Sonny Bill Williams rentrera dans l’histoire en devenant le premier double champion du monde de rugby à XV et à XIII. Il le mériterait, et cela ouvrirait peut-être la voie à d’autres joueurs, par exemple Shaun Johnson, demi de mêlée de l’équipe des Kiwis, qui marqua un essai personnel de grande classe, essai qu’il transforma sans trembler (12 points au total), ce qui est normal pour un excellent buteur comme lui.

Au fait, en imaginant un instant que ce même Shaun Johnson arrive en France, et devienne le demi de mêlée d’une grande équipe de Top 14, aurait-il sa chance pour jouer en Equipe de France au bout de trois ans (en supposant que sa fédération ne l’appelle pas) ? Réponse : NON. Pourquoi ? Parce que le demi de mêlée du XV de France s’appelle et s’appellera, au moins jusqu’en 2023, Morgan Parra. A ce moment il aura battu tous les records en sélections, puisqu’il en comptera au moins 200, nettement plus que Gregan, autre demi de mêlée (Australie) mais de grand talent celui-là, qui s’est arrêté à 139 capes, et qui détient le record pour le moment. Un record qui sera sans doute dépassé prochainement par l’emblématique capitaine des All Blacks, Richie Mac Caw, qui en est à 123 sélections. Cela étant, il n’ira pas beaucoup plus loin, parce qu’il a 33 ans dans quelques jours.

Evidemment si je parle encore une fois de Parra, c’est parce que j’ai vu le match France-Afrique du Sud hier soir sur France 2, infiniment moins palpitant que la demi-finale mondiale à XIII. Un match que les Français ne méritaient pas de gagner, et que personne n’imaginait qu’ils finiraient par le gagner…à part peut-être le commentateur de France Télévision. Même Philippe Saint-André, le sélectionneur, n’y a jamais vraiment cru, puisqu’il a avoué que le XV de France n’était pas actuellement « au niveau des Boks et des Blacks », ce qui ne l’empêche pas d’estimer, comme le capitaine Dusautoir, que notre équipe « n’est pas loin des meilleurs », faisant semblant d’oublier que sur la durée nous sommes loin, et même très loin du niveau des meilleures équipes. Certes sur un match les Français sont capables à tout moment de réussir un exploit, mais dans la continuité nous sommes « largués ».

Et hier soir, on ne pouvait même pas se réfugier derrière l’arbitrage, qui a refusé deux essais à l’Afrique du Sud qu’il n’aurait pas été scandaleux d’accorder, et en a accordé un au XV de France, qui aurait très bien pu ne pas l’être. Dit autrement, c’était l’arbitre qui cachait la forêt dans laquelle s’est perdue, une nouvelle fois, notre équipe. Une équipe qui ne reflète pas le vrai niveau du rugby français, n’en déplaise à ceux qui prétendent que c’est la faute des dirigeants de clubs, qui préfèrent recruter étranger plutôt que donner leur chance aux joueurs français. Mais que je sache, un Doussain est bien titulaire au Stade Toulousain, ayant même relégué sur le banc une des références internationales à son poste, le demi de mêlée australien Burgess. Et je pourrais citer bien d’autres exemples prouvant que si les Français sont bons dans leur club, et bien ils jouent…malgré la concurrence. En outre, avoir un Wilkinson, un Giteau, un Botha, un Steyn dans son équipe ne peut qu’aider les joueurs français, notamment les plus jeunes, à progresser. Est-ce qu’ils vont progresser davantage avec Parra ?

Un Parra, qui estime que l’Equipe de France est en progrès dans le jeu (et oui !), oubliant que ce qui a fait la force de notre rugby c’est le fameux « french flair ». Saint-André lui-même semble l’avoir oublié, alors qu’à l’époque où il était joueur il a marqué ce que certains ont considéré comme l’essai du siècle à Twickenham (Angleterre-France 1991), sur un coup de génie où étaient impliqués Berbizier le demi de mêlée, mais aussi Blanco, Sella, Didier Camberabero auteur d’un merveilleux coup de pied pour lui-même avant de délivrer un caviar sous forme d’un coup de pied de recentrage pour Saint-André, qui n’avait plus qu’à aplatir cette action commencée dans l’en-but français.

Est-ce que Parra, à la place de Berbizier, aurait eu une seconde l’idée de relancer ce ballon ? Certainement pas. Est-ce que, même si l’idée lui en était venue, l’action se serait poursuivie de la même manière aujourd’hui ? Réponse : Non, en dépit des qualités offensives d’un Dulin ou d’un Fofana. Conclusion, et je suis désolé de le dire, mais Parra est à l’image du rugby que veut imposer Saint-André, qu’a voulu imposer Lièvremont, à savoir un rugby sans risque, où on compte sur un pack surpuissant pour faire reculer en mêlée les autres équipes…pour donner à Parra la possibilité d’inscrire trois points. Voilà où nous en sommes aujourd’hui avec le XV de France…totalement impuissant quand en face l’équipe ne recule pas en mêlée. Hier soir, combien de pénalités concédées par les Sud-Africains ? Très peu, donc une seule tentative (ratée) pour Parra jusqu’à son remplacement par Doussain.

Un Doussain qui a immédiatement apporté sa vitesse et son punch à cette équipe, mais qui est entré sur le terrain à 13 mn de la fin du match !  Bon j’arrête là, car certains vont croire que j’ai une animosité personnelle contre Parra, ce qui est archifaux car je ne connais absolument pas ce joueur. Et d’ailleurs, dans cette affaire, Parra n’est-il pas finalement une victime, en étant constamment la cible des amateurs de rugby, ne comprenant pas qu’on puisse sélectionner un joueur uniquement pour la qualité de ses coups de pied placés? J’ai bien écrit pour ses coups de pied placés, parce que son jeu au pied est faible par ailleurs. Cela étant, le jeune homme s’y retrouve aussi en bénéficiant d’une notoriété infiniment supérieure à celle d’autres joueurs plus talentueux que lui, mais qui n’ont pas eu la chance de bénéficier aussi longuement de la confiance et la mansuétude des sélectionneurs. Parra peut faire n’importe quelle « boulette », il sera toujours sélectionné. Quel contraste avec l’époque où, pour une passe déviée par un coup de vent (Galles-France 1966), on virait comme des malpropres trois des plus grands joueurs de l’histoire de notre rugby (les Boniface et Gachassin). A l’époque on ne pardonnait rien aux artistes, ce qui est encore le cas de nos jours (voir la carrière de Michalak)…mais Parra n’a pas de souci à se faire, car ce n’est pas un artiste du rugby.

Michel Escatafal


La professionnalisation du rugby n’a pas que des aspects positifs

StadeLe rugby se professionnalise de plus en plus, et cette professionnalisation se fait à marche forcée, même si cela se passe souvent dans un joyeux désordre. J’y reviendrais, mais avant je veux évoquer la suspension de Morgan Parra pour quatre semaines, ce qui fait qu’il manquera plusieurs matches importants avec son club…et l’Equipe de France. Est-ce une mauvaise nouvelle pour le XV de France ? Sans doute pas, car cela pourrait permettre de voir ce que valent réellement au plus haut niveau des joueurs comme Doussain ou Pelissié, deux avions à réaction au poste de demi de mêlée. Si j’ai employé ce terme « d’avions à réaction », c’est parce que ces deux jeunes joueurs font un excellent début de saison, en démontrant des qualités de vitesse et d’accélération qui manquent cruellement à la panoplie de joueur de Morgan Parra, ce dernier étant pour moi essentiellement un excellent buteur (voir l’article : Parra est-il un grand demi de mêlée ? C’est surtout un remarquable buteur). Ce qui ne l’empêche pas de compter plus de 50 sélections à son actif à 25 ans à peine…chiffre hallucinant à mes yeux et à ceux de nombre d’amateurs de rugby, qui ont vu passer dans notre pays de très grands demis de mêlée qui en comptaient à peine le quart ou la moitié à la fin de leur carrière (Danos 18, Lacroix 28, Max Barrau 16, Astre 12, Gallion 27…). En outre cette suspension est tout à fait légitime sur le plan disciplinaire, car il est quand même anormal pour un joueur international aussi connu de se battre à coups de poings avec un joueur adverse. Et il est tout aussi anormal de voir le staff de l’ASM Clermont affirmer que la sanction est trop lourde, et encourager Parra à faire appel.

Autre sujet qui m’a interpellé hier : le Stade Toulousain et le Racing-Metro vont s’affronter…à Hong-Kong le 9 novembre, jour du premier test de la tournée d’automne de la Nouvelle-Zélande. Et après on nous dira que les joueurs sont trop sollicités et qu’ils ne peuvent pas se reposer! Au fait, combien y-a-t-il de décalage horaire entre Paris ou Toulouse et Hong-Kong ? Réponse : six heures, ce qui n’est pas rien. En tous cas il ne faudra pas trop venir nous bassiner avec la fatigue des joueurs du Top 14, même si je comprends parfaitement que ce déplacement soit une bonne affaire pour les deux clubs en termes financiers. D’ailleurs, une telle opération est rare en pleine saison dans le football, sport pourtant hyper professionnalisé. Il est vrai qu’au football des Cavani, Falcao, Lavezzi, Thiago Silva ou Maxwell sont habitués avec leur sélection nationale à parcourir le monde de long en large, ce qui ne donne pas envie à leur club d’infliger à ceux qui restent une telle fatigue.

Passons, en notant qu’aux yeux des promoteurs de ce lointain déplacement, pareille opération est  un nouvel axe de développement pour le rugby en général et le Top 14 en particulier, en espérant qu’à l’avenir elle soit organisée avant le début de la saison…ce à quoi j’espère qu’on a pensé pour l’avenir. Cela étant, ce n’est pas une mauvaise idée, car ce pourrait être gagnant-gagnant pour le rugby et les clubs, avec pourquoi pas des rencontres de pré-saison sur place à Hong-Kong, Singapour, en Chine ou au Japon entre des clubs du Top 14 ou du championnat anglais. En écrivant cela, je me dis que ceux qui ont connu le rugby amateur il y a 30 ou 40 ans, voire plus, doivent trouver que ce sport a quand même beaucoup évolué depuis une vingtaine d’années…même si les plus jeunes regrettent que le rugby ne soit pas encore au niveau du football.

Il s’en rapproche quand même un peu, et si j’écris cela c’est parce que le budget des meilleurs clubs du Top 14 se compare de plus en plus avec celui de nombre de clubs de Ligue1, et dépasse celui de la totalité des clubs de Ligue 2. Certes on est à des années-lumière du PSG (400 millions d’euros), voire même de l’Olympique Lyonnais et l’AS Monaco (environ 130 millions) ou de l’Olympique de Marseille (125 millions), mais ces clubs sont eux-mêmes très au-dessus des autres. Par exemple le champion de France 2012, le MHSC (Montpellier), qui a le dixième budget de Ligue 1 (39 millions), se situe juste au-dessus de celui du Stade Toulousain, premier du Top 14 (35, 5 millions), quatre autres clubs du Top 14 (ASM Clermont, Stade Français, RC Toulon et Racing-Métro) étant au-dessus des trois derniers clubs de Ligue 1.

Et cette évolution semble irréversible puisque la Ligue de rugby va renégocier les droits télévisés en demandant des sommes infiniment plus considérables que celles d’aujourd’hui. En effet, aujourd’hui Canal+ paie 32 millions d’euros pour diffuser le Top 14, alors que la Ligue de rugby en demande 125 millions…pour en obtenir 80 ou 90, compte tenu de l’arrivée sur le marché de beINSport (qui diffuse déjà le rugby à XIII), la chaîne qatarienne pouvant aussi se partager le marché avec Canal+ ou Eurosport. Bref, le Top 14 va bénéficier à partir de l’an prochain de rentrées d’argent très importantes, qui vont largement améliorer son train de vie. Cela permettra à ses clubs de s’offrir davantage de vedettes de l’hémisphère Sud, ce qui me réjouit, et d’améliorer sa visibilité, puisqu’à ce jour moins de 10% des finances des clubs professionnels de rugby dépendent des droits télé contre 65% au football, lequel touche un peu plus de 600 millions d’euros actuellement et sans doute beaucoup plus à l’avenir. A noter aussi que les droits de retransmission du championnat de rugby anglais rapportent environ 190 millions d’euros…ce qui est quand même le double des recettes attendues du Top 14, championnat largement aussi attrayant que le championnat anglais.

En attendant, j’espère que tout cet argent qui va se déverser sur le Top 14 dans les prochaines années, permettra à ses clubs d’être plus reconnaissants vis-à-vis des spectateurs, qui achètent leurs billets de plus en plus chers à quelques exceptions près. Si je dis cela, c’est parce qu’on a l’impression qu’à cause d’un calendrier démentiel avec les matches internationaux, les clubs n’alignent que rarement leur meilleure équipe avant les phases finales. Mieux même, ils semblent évaluer leurs chances de gagner en fonction des matches, faisant presque l’impasse face aux cinq ou six plus grosses équipes du Top 14. Difficile en effet de battre le Stade Toulousain au stade Ernest Wallon, ou l’ASM Clermont Auvergne au stade Michelin de Clermont-Ferrand, alors à quoi bon envoyer sa meilleure équipe, celle-ci devant être au maximum de ses possibilités quand le printemps arrive, avec les matches couperets des phases finales du Top 14 et de la Coupe d’Europe.

C’est un phénomène que l’on peut comprendre, mais dans ce cas il faut réformer le calendrier et passer au TOP 12 ou au Top 10 en supprimant deux ou quatre équipes de l’élite. Si je dis cela, c’est parce que les spectateurs trouvent que le prix des places en tribunes, y compris les tribunes les moins confortables, sont à des niveaux très élevés pour un sport qui se veut populaire, de l’ordre de 13 à 52 euros à Clermont, 17 à 70 à Ernest-Wallon, voire même plus à Mayol à Toulon…des tarifs proches de ceux du Parc des Princes à part un nombre de places limitées plus chères dans l’enceinte du PSG. Et oui, c’est cela aussi le rugby professionnel, et c’est pour cela que j’écrivais sur ce site (Le rugby pro ne peut exister que dans les grandes villes) que, dans les 10 ou 15 ans à venir, il n’y aura plus dans notre championnat que des clubs situés dans les grandes villes, les autres passant nécessairement à la trappe, ce qui n’empêchera peut-être pas, par-ci, par-là, un club d’une petite ville de devenir champion de France, mais cette situation ne pourra pas s’inscrire dans la durée, car le pouvoir de l’argent sera le plus fort.

Michel Escatafal