Des records stupéfiants et d’autres qui ne le sont pas…

séoul 1988Alors qu’on ne sait pas si Christophe Lemaitre sera ou non forfait pour les prochains championnats du monde d’athlétisme, ce qui ne ferait qu’un athlète français de plus incapable de participer à cette épreuve, avec Tamgho, champion du monde du triple saut en 2013, mais aussi le multiple médaillé d’or européen et médaillé d’argent olympique et mondial, Mahiedine Mekhissi, ou encore Yohann Diniz, triple champion d’Europe, tous blessés, ce sport est en train de subir un véritable cataclysme…lié à de supposées affaires de dopage. Décidément on n’en sortira pas ! Au passage on est en train de s’apercevoir qu’il n’y a pas que dans le cyclisme que sévit le dopage, ce dont nous sommes très nombreux à être persuadés. ..le sport engendrant fatalement la tentation du dopage chez certains compétiteurs. Cela dit, doit-on nécessairement remuer de la boue pour des résultats entérinés entre 2001 et 2012, soit pour certains depuis bientôt 15 ans ? Réponse non, car dans ce cas il faudrait remonter des années et des années en arrière, notamment à la « belle » époque du dopage organisé dans les années 70 ou 80, voire même avant, et cela ne servirait à rien.

Je souhaite aussi qu’on ne se ridiculise pas comme on le fait régulièrement dans le cyclisme, où l’on manipule à loisir les palmarès, pour donner parfois des titres à des gens loin d’être insoupçonnables sur le plan du dopage. Parfois même le ridicule tue froidement puisqu’on raye un vainqueur des palmarès, sans attribuer le titre…mais en gardant le reste du podium pour des coureurs suspendus par la suite. Bref, du grand n’importe quoi, ce qu’on a osé faire aussi en athlétisme, mais à une échelle beaucoup moins grande. En fait les seuls champions privés de leur titre l’ont été suite à un contrôle positif ou anormal, ce qui peut s’expliquer même si ces contrôles ne prouvent pas nécessairement qu’il y a eu prise de produit incriminé volontaire, ou suite à des aveux faits par les champions…ce qui signifie qu’ils auraient gardé leur titre s’ils n’avaient rien dit.

Mais comme rien n’est simple dans ce domaine, notamment dans le cyclisme, on peut quand même figurer dans les palmarès si on a avoué s’être dopé…après prescription des faits par le règlement. Qui peut comprendre ça ? Résultat, on a des gens dont est certain qu’ils se sont dopés figurant dans les palmarès…et des gens dont n’a jamais pu prouver qu’ils s’étaient dopés à qui on a retiré leurs titres, y compris ceux pour lesquels ils étaient régulièrement inscrits sur la liste des participants. Là ça devient carrément loufoque ! Mais on oublie aussi les cas où un champion ayant subi un contrôle positif indiscutable garde son ou ses titres, parce qu’il y a eu vice de forme dans la procédure. Là on est carrément dans le déni de justice par rapport aux autres.

Néanmoins tout cela n’est finalement que broutille dans l’histoire du sport, surtout dans un monde où tout va tellement vite que plus personne ne se souvient des résultats vingt ans auparavant. Il n’y a qu’à lire les commentaires des supporters forumers pour s’en rendre compte, certains faisant par exemple de Froome le plus grand coureur cycliste de tous les temps, la remarque valant aussi pour Messi en football ou pour Usain Bolt en athlétisme, sans parler de Federer ou Serena Williams pour le tennis, alors qu’il est déjà très difficile de déterminer le meilleur depuis le nouveau siècle. En fait, seuls les palmarès sont crédibles pour essayer de désigner les meilleurs…à condition qu’ils n’aient pas été manipulés, ou qu’on garde en mémoire le fait qu’il y ait eu jusqu’au début des années 1990 une distinction entre amateurs et professionnels (cyclisme sur piste ou tennis).

Décidément on n’en sort pas, d’autant que personne n’a songé à revenir en arrière, à partir de 1946 ou même avant, pour vérifier si tel coureur, athlète ou tennisman n’ avait pas des qualités supérieures aux stars d’aujourd’hui, en tenant compte aussi de la morphologie moyenne des sportifs, des conditions dans lesquelles on évoluait il y a 50 ou 100 ans, des progrès de la médecine, des progrès technologiques etc. En outre, qu’est-ce qu’on entend par produits dopants, certains se trouvant dans des médicaments utiles à la santé, d’autres dans la nourriture. La créatine par exemple, est-elle un produit dopant ? Non, répondent les spécialistes, même si le docteur Gérard Dine, spécialiste du dopage, a affirmé que « la créatine a des effets bénéfiques minimes mais réels ». D’ailleurs aucune autorisation d’emploi de ce produit en France n’a été accordée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, ce qui n’empêche pas que de nombreux sportifs ont admis l’avoir utilisée, le dernier en date étant le nageur vedette en France,  Florent Manaudou.

En tout cas, si l’on en croit les révélations faites par une chaîne de télévision allemande (ARD) et un quotidien britannique (Sunday Times) sur un fichier secret de la Fédération Internationale d’Athlétisme, « au moins un médaillé sur six dans les épreuves d’athlétisme des JO ou des Mondiaux (hors sprint), entre 2001 et 2012, présentait des résultats suspects ». En outre deux pays, le Kenya et la Russie, sont fortement montrés du doigt. Comme si le dopage ne sévissait que dans ces pays ! Accusations qualifiées de « sentationnalistes et trompeuses«  par l’IAAF (Fédération internationale d’Athlétisme), ce qui signifie qu’on n’y voit guère plus clair sur toutes ces affaires, et sur la réalité du dopage en athlétisme. Et là aussi, je pourrais écrire : Comme si le vélo et l’athlétisme étaient les deux seuls sports touchés par le dopage !

Du coup l’amateur d’athlétisme que je suis depuis mon plus jeune âge, devrait cesser de rêver en voyant les exploits réalisés par les cracks d’autrefois et d’aujourd’hui, même si quelques performances me laissent de très gros doutes…parce que jamais approchées depuis leur réalisation. Je donnerai plus loin quelques exemples pour illustrer mon propos, en notant aussi que certains exploits me paraissent tout à fait humains (El Guerrouj et ses 3mn26s au 1500m en 1998 ou les 18m29 d’Edwards au triple saut en 1995, pour ne citer qu’eux). En revanche, pour avoir vu la course à la télévision, je n’ai jamais cru à la véracité de l’exploit accompli en son temps par le Canadien Ben Johnson, qui avait réussi, le 24 septembre 1988 aux J .O. de Séoul, le temps de 9s79, qui lui avait permis de devancer largement Carl Lewis lors de la finale du 100m, avant d’être disqualifié quelques heures après son succès et banni des Jeux Olympiques. Vraiment trop beau pour être vrai!

Cela montre, comme je l’ai souvent écrit, que l’on a fait des progrès dans la lutte contre le dopage, mais pas suffisamment pour que ceux qui ont recours à la pharmacopée pour réussir des performances hallucinantes soient attrapés au moment de leurs exploits. En effet, avant de l’être ils ont pu accumuler les performances stupéfiantes…sans que les contrôles permettent de savoir si ces performances étaient normales ou pas. C’est là tout le problème du dopage dans le sport, et pas que dans le cyclisme ou l’athlétisme, puisque des champions peuvent très bien faire toute leur carrière sans jamais se faire prendre, alors que d’autres sont pris pour des traces insignifiantes de produits qui, en aucun cas, ne pouvaient améliorer leurs performances.

Puisque je parle de l’année olympique 1988, ô combien riche en exploits renversants notamment en athlétisme, qui pourrait affirmer avec certitude que Florence Griffth-Joyner a réalisé « proprement » ses 10s49 au 100m en juillet 1998 à Indianapolis, et ses 21s34 en finale des J.O. sur 200m, des temps qui n’ont jamais été approchés depuis cette date ? Pour mémoire, sur 200m la meilleure performance d’une femme après celle Flo-Jo Griffth-Joyner est détenue par…Marion Jones avec 21s62, la suivante immédiate étant Merlène Ottey avec 21s64, elle aussi ayant eu des problèmes de dopage.   Sur 100m, la femme la plus rapide est Carmelita Jeter avec 10s 64, temps réalisé en septembre 2009, donc tout à fait en fin de saison, ce qui avait aussi suscité des interrogations. Pour revenir à Flo-Jo Griffith-Joyner, on rappellera qu’elle n’a jamais confirmé ses performances de 1988, puisqu’elle a annoncé sa retraite en février 1989. Elle est décédée d’une rupture d’anévrisme quasiment 10 ans jour pour jour (21 septembre 1998) après son fabuleux record du monde du 200m (29 septembre 1998). Au fait quand ses records seront-ils battus ? Peut-être, pour ne pas dire sans doute, jamais.

Il y a aussi des  records qui tiennent depuis 25 ans et plus, et qui pourraient tenir encore un  certain temps. Citons simplement  ceux  détenus chez les hommes par l’Allemand de l’Est Schult au disque avec 74.08m   (1986), par l’Ukrainien  Sedhyk ( père de notre grand espoir Alexia) au   marteau avec 86.66m en 1986, et chez les femmes par l’Allemande de l’Est   Marita Koch sur 400m avec 47s60 (1985),    la Tchèque  Jarmila   Kratochvilova sur 800m avec un temps de 1mn53s28 (1983),  la lanceuse de poids russe (aujourd’hui   française) Natalya Lisovkaya qui a effectué un jet de 22.63m en 1987, la   lanceuse de disque est-allemande Gabriele Reinsch qui a lancé son engin à  76.50m, la sauteuse en hauteur bulgare Stefka Kostadinova dont le saut de 2.09m à Rome aux championnats du monde 1987 n’a jamais été égalé ou battu,   même si la Croate Blanka Vlasic a flirté plus d’une fois avec cette   barre ces dernières années,  sans oublier les 12s21 au 100m  haies de la Bulgare Yordanka Donkova et les 7m52 en longueur de l’Ukrainienne Galina Chistyakova en 1988 (décidément l’année des J.O. de Séoul était propice aux exploits!). Cette même année il y eut l’énorme record du 4x400m féminin de l’ex-Union   Soviétique avec un temps de 3mn15s17c, mais aussi les 7291 points à l’heptathlon de Jackie Joyner, sœur de Al Joyner (champion olympique du triple saut   en 1984 à los Angeles), lui-même époux de Florence Griffith-Joyner. Et oui, le monde de l’athlétisme est petit, et le nom de Joyner n’est pas prêt de   disparaître des annales de l’athlétisme, pas plus que celui de la Chinoise Wang Junxia, double recordwoman du monde des 3000m (8mn06s11) et du 10.000 m (29mn31s78), records battus entre les 8 et 13 septembre 1993. D’après son entraîneur, obligé de répondre à certaines interrogations des observateurs et amateurs d’athlétisme, les exploits de Wang Junxia étaient dus à son entraînement et, plus encore sans doute, au fait qu’il lui administrait comme potion magique de la soupe au sang de tortue!

Arrêtons-là et espérons, sans réellement  y croire, que le dopage disparaîtra dans l’avenir des  pistes, des routes ou vélodromes, des bassins de natation, et plus généralement de tous les autres terrains de sport. Après tout, je suis sûr et certain que les records d’Europe de Christine Arron (100m en 10s73) en 1998 ou de Stéphane Diagana (400m haies en 47s37) en 1995, pourtant très haut perchés, ont été réalisés sans le moindre doute quant à la valeur réelle de la performance. Je pourrais évidemment citer bien d’autres exemples, plus récents, par exemple les 6m16 de Renaud Lavillenie à la perche l’an passé, qui prouvent que j’ai raison de garder mes illusions et pas seulement grâce aux seuls athlètes français.

Michel Escatafal

Publicités

Les grands milers : partie 2

Snell et Jazy à la retraite, le vide allait vite être comblé avec un autre génie de la distance, l’Américain Jim Ryun. Ce jeune coureur, né en 1947, disposait de dons extraordinaires, avec une vitesse de base très élevée (autour de 46s5/10 sur 400m), et une résistance qui lui permettait de soutenir tous les trains, du moins au niveau de la mer. Imbattable s’il l’avait voulu sur 800m, puisqu’à 19 ans il battit le record du monde du 880 yards, il n’allait pas tarder à devenir un miler exceptionnel, certains diront le plus grand de tous, oubliant un peu vite qu’Elliott avait porté le record du monde à un très haut niveau, avant de se retirer prématurément.

Au fond peu importe qui aurait été le meilleur  d’Elliott ou Ryun s’ils s’étaient affrontés, mais Ryun à vingt ans régnait déjà sur le demi-fond, comme en témoigne son magnifique record du mile qu’il venait de prendre à Jazy en l’abaissant de plus de 2 secondes (3mn51s3/10). Un peu plus tard il ridiculisera le futur champion olympique du 1500m en 1968, le Kényan Kep Keino, en remportant un 1500m en 3mn33s1/10, pulvérisant le record d’Elliott, avec un dernier tour en 53s6/10. Ryun évoluait vraiment sur une autre planète que ses adversaires. Hélas pour lui, la maladie d’abord (une mononucléose) quelques mois avant les J.O. de Mexico, puis l’altitude auront raison de lui, et il ne sera jamais champion olympique. Quelle injustice quand même, surtout en pensant à ceux qui eurent cet honneur…sans laisser d’autre trace dans le monde de l’athlétisme !

Et pourtant le jour de la finale des J.O. 1968, Ryun était fort, mais insuffisamment pour battre Keino, qui n’avait remporté aucun titre jusque-là (ni le 5000, ni le 10.000m), et qui a donc disputé le 1500m pour décrocher enfin l’or. Keino, en effet, était le premier grand coureur kényan, donc habitué à vivre et s’entraîner à une altitude voisine de celle de Mexico. Le handicap était trop lourd pour Ryun, qui sera battu de presque trois secondes, malgré une belle résistance. Cela dit, chacun se disait que le jeune Ryun pourrait se rattraper quatre ans plus tard à Munich. Et bien non, il ne se rattrapera pas parce qu’il chutera en séries à un peu plus de 500 m de l’arrivée, victime d’une bousculade. Il laissera sans combattre la victoire en finale à un Finlandais, Vasala, qui battra Keino  au sprint, lequel ne bénéficiait pas cette fois de l’avantage de l’altitude.

Ensuite il y aura quelques beaux champions sur les distances du 1500m et du mile, comme Bayi, le Tanzanien, qui battra le record du monde de Ryun (3mn32s1/10 contre 3mn33s1/10), un record que notre Français Wadoux aurait pu battre en 1970 (3mn34s), puis un peu plus tard le Nèo-Zélandais Walker qui sera le premier coureur à moins de 3mn 50s sur le mile, et qui sera champion olympique peu après à Montréal (en 1976). Mais ce sont surtout deux coureurs britanniques qui allaient animer la fin de la décennie et le début de l’autre, Coe et Ovett. Ces deux champions vont se partager les records du monde du mile et du 1500m entre 1979 et 1982, raflant au passge les titres olympiques du 800m (Ovett) et du 1500m (Coe). Coe réussira même à conserver son titre en 1984 à Los Angeles, ce qu’aucun athlète avant lui n’avait réussi à faire. Coe l’avait emporté sur un jeune homme, britannique comme lui, Steve Cram, qui allait à son tour dominer les deux distances avec le Marocain Saïd Aouita. Eux aussi vont se partager les titres et records sur 1500m, mais aucun ne remportera de titre olympique sur la distance, Aouita ne s’imposant que sur 5000m.

Qulque temps plus tard arrivent  deux hommes originaires du Maghreb, l’Algérien Nourredine Morceli  et le Marocain Hicham El Guerrouj, qui vont dominer outrageusement chacun à leur tour la planète demi-fond. Morceli a été le type même du miler, et d’ailleurs il n’a quasiment fait carrière que sur cette distance, même s’il a fait ses débuts sur 800m et en cross-country, et même s’il a battu en 1994 le record du monde du 3000m. Après avoir passé quelque temps aux Etats-Unis, et avec son frère comme entraîneur, il va beaucoup travailler, notamment sa vitesse (moins de 47 s au 400m) qui lui permettra de devenir quasiment irrésistible dans la dernière ligne droite. Après des J.O. de Barcelone (en 1992) ratés où il obtint une médiocre septième place, peu en rapport avec son potentiel, il va battre quelques semaines plus tard le record du monde du 1500m de Saïd Aouita avec un temps de 3mn28s86/100. Cette fois il est lancé sur le chemin de la gloire, et les succès vont s’accumuler jusqu’aux J.O. de 1996 à Atlanta.

Mais avant cela il va battre, voire même écraser la concurrence, accumulant titres ( 3 titres de champion du monde entre 1991 et 1995) et records sur le mile et le 1500m, laissant loin derrière lui tous ses adversaires à commencer par le champion olympique de Barcelone en 1992, l’Espagnol Firmin Cacho. En fait il faudra attendre l’émergence d’un surdoué en 1995, Hicham El Guerrouj, pour imaginer  que quelqu’un puisse battre le frêle coureur algérien (1.70 m et 55 kg). Et de fait, pour avoir suivi les J.O. d’Atlanta, je ne suis pas certain que Morceli aurait gagné la médaille d’or du 1500m…si El Guerrouj n’avait pas subi en finale un coup de pointe de son rival. Personne ne le saura jamais, mais le fait est là, El Guerrouj n’a pas pu défendre ses chances comme il l’aurait voulu.

Et ce titre olympique, l’immense coureur marocain allait mettre beaucoup de temps avant de se l’approprier. Et pourtant lui aussi a dominé le demi-fond mondial comme peu d’athlètes l’avaient fait jusque-là. Quatre titres de champion du monde en plein air entre 1997 et 2003, plus les records du monde du mile (3mn43s13/100), du 1500m (3 mn26s) et du 2000m, records toujours actuels, sont là pour témoigner de l’avancée qu’El Guerrouj a fait subir au demi-fond mondial. Mais cela ne l’a pas empêché d’attendre les J.O. de 2004 pour, enfin, arracher cette médaille d’or qui le fuyait, car il fut battu contre toute attente par un jeune Kényan, N’Geny, aux J.O. de 2000 à Sydney, où Medhi Baala le Français termina quatrième.

En 2004 précisément, la saison avait mal commencé pour le merveilleux miler marocain, d’abord en raison de la maladie, et ensuite avec deux défaites inattendues à Rome et à Zurich, face à un Kényan naturalisé Américain, Bernard Lagat. Et ce dernier faillit bien le priver de la médaille d’or en finale olympique à l’issue d’un long coude à coude après qu’El Guerrouj fut considéré comme battu. Ce dernier l’emporta finalement de quelques centimètres, mais que ce fut laborieux! Cela étant, une fois enfin champion olympique du 1500m, il retrouva toute sa vitesse lors du 5000m, où il ne fit qu’une bouchée du multiple champion olympique et du monde des 5000 et 10.000m, Kenenisa Bekele. Il venait d’égaler l’exploit de Nurmi en 1924 ! Il tirera sa révérence après cet exploit, un peu à la manière d’un Elliott, alors qu’il semblait encore avoir les ressources nécessaires pour dominer le 1500m quelque temps encore. On attend son successeur, surtout depuis le contrôle anti-dopage positif du champion olympique des 800 et 1500m à Pékin en 2008, un autre Marocain naturalisé Barheïni, Ramzi. Déclassé ce dernier, laissera la médaille d’or au Kényan Kiprop, et notre Medhi Baala héritera de la médaille de bronze, ce qui sera le point d’orgue d’une carrière où le Français aura remporté deux titres européens, plus une médaille d’argent aux championnats du monde à Paris (2003)…derrière Hicham El Guerrouj (photo).

Michel Escatafal