Briser la malédiction de la Coupe du Monde en Amérique du Sud !

bulgarie-france-1961Nous étions en septembre 1960, et l’Equipe de France, encore auréolée de sa troisième place à la dernière Coupe du Monde en 1958, commençait un exercice dans lequel elle n’a jamais brillé, à savoir la qualification à la phase finale de la Coupe du Monde, en l’occurrence à celle qui devait avoir lieu au Chili en 1962. Voilà déjà une première similitude avec l’évènement qui passionne tellement les Français aujourd’hui, puisque, si la France se qualifie, elle se rendra l’été prochain en Amérique du Sud (Brésil) pour y disputer la Coupe du Monde. Fermons cette première parenthèse, et revenons aux rencontres de qualification pour la Coupe du Monde 1962, où notre équipe nationale rencontrait lors de son premier match la Finlande à Helsinki.

Premier match et première victoire dans la douleur, puisque après avoir vu les modestes Finlandais ouvrir le score sur pénalty à la 36è minute par Palhman, nos Français égalisèrent seulement à la 63è minute par Wisnieski, avant de s’imposer à la 83è minute grâce à un but d’Ujlaki. Ouf, nous avions battu la plus faible équipe du groupe, mais cette Equipe de France, qui ne comprenait que trois titulaires de la Coupe du Monde 1958 (Kaelbel, Wisnieski et Vincent), n’avait rassuré personne, d’autant qu’à part le Toulousain Rytkonen, il n’y avait que des joueurs inconnus dans cette équipe finlandaise.

Les trois matches amicaux suivants, à l’extérieur, match nul contre la Pologne (2-2), et défaites contre la Suisse (6-2) et la Suède (1-0), confirmaient que notre équipe était loin d’être irrésistible, bien au contraire. Les Suisses, notamment, avec 5 buts de leur avant-centre Hugi, avaient perforé la défense française avec une dérisoire facilité, ce qui nous laissait beaucoup d’inquiétudes face aux Bulgares et ses Naidenov, Illiev, Yakimov et leur grande star, l’ailier gauche Kolev, pour le prochain match de qualification au Chili, prévu en décembre à Colombes.

Et bien on avait tort, comme toujours avec l’Equipe de France (c’est la même chose au rugby !), puisque contre toute attente la France s’imposa (3-0) avec des buts de Wisnieski, J.J. Marcel et Cossou en deuxième mi-temps. A ce propos,  je parierais bien sur un même résultat ce soir, surtout après les critiques du match-aller en Ukraine, d’autant que si celle-ci a de très bons joueurs, elle n’en a aucun qui a un niveau exceptionnel. Fermons la parenthèse, et revenons à la suite de cette saison 1960-61, pour noter qu’après son exploit à Colombes, la France a obtenu un pénible match nul (1-1) en ce même lieu contre la Belgique d’Heylens, Hanon et Jurion dans un match amical en mars 1961, qui ne l’était pas complètement dans la mesure où la France avait toujours du mal à battre nos amis belges. Un match où pourtant les Français avaient ouvert le score dès la troisième minute par Piantoni, ce qui ne les avait pas libérés pour autant. Espérons que ce soir, si les Français ouvrent très rapidement le score, ce sera différent !

Un peu plus tard, le 2 avril à Madrid, l’Espagne s’imposera très facilement face à nos Tricolores, grâce à deux buts du joueur du F.C. Barcelone, Gensana, et de l’ailier du Real, Gento. Etait-ce une contre-performance d’avoir perdu en Espagne ? Sans doute pas, car nos voisins espagnols disposaient dans leur équipe nationale de très grands joueurs comme l’arrière droit du Barça Rivilla, l’arrière central du Real Santamaria, l’équivalent à l’époque de Thiago Silva, et d’une attaque extraordinaire avec Tejada, Kubala, Di Stefano, Del Sol et Gento. En face, la France avait dans ses rangs un Kopa vieillissant, qui n’a d’ailleurs pas fini la partie, les héros de Suède qu’étaient Douis et Marcel, plus Muller (qui jouera au Real et à Barcelone) et Rodzik, mais c’était insuffisant face aux cracks espagnols issus presque tous de leurs deux clubs phares, le Real et le Barça, sans doute les deux meilleurs clubs européens du moment. Cela dit, de là à penser que la France n’irait pas au Chili, il y avait un pas que personne n’osait franchir. La preuve, au match retour au Parc des Princes fin septembre, l’Equipe de France écrasait les modestes Finlandais (5-1), ce qui ne faisait que conforter les certitudes des supporters français.

En revanche le match amical suivant ne laissait présager rien de bon, car les Belges battaient nettement les Français au Heysel (3-0). Une sorte de douche froide, mais aussi pour d’autres un avertissement avant d’aller en Bulgarie à Sofia affronter les coéquipiers de Kolev devant 60.000 spectateurs déchaînés. Un match nul suffisait aux Français pour se qualifier,  et ils le tinrent ce résultat nul jusqu’à la 89è minute (but d’Illiev). A une minute près la France était qualifiée…mais elle ne l’était pas encore, même si elle n’était pas éliminée puisqu’il y avait un match d’appui à disputer sur terrain neutre. Avant ce match d’appui, comme pour se rassurer, notre équipe obtenait un très bon match nul contre l’Espagne et ses vedettes (1-1), moins d’une semaine avant de se rendre à Milan disputer ce fameux match d’appui qui devait en toute logique (française) amener notre équipe au Chili en juin 1962.

Milan, stade de San Siro qui sonnait creux (34.000 spectateurs pour une capacité maximale de 80.000), le 16 décembre 1961, pour ce match d’appui entre la France et la Bulgarie. Tel était le décor de cette rencontre arbitrée par un arbitre italien, Lo Bello, dont le fils sera lui aussi arbitre international. Il n’influencera pas vraiment l’issue du match, puisque le but bulgare sera inscrit par…l’arrière central français et capitaine André Lerond, par ailleurs excellent, qui dévia un tir de Yakimov à la 47è minute de la partie, rendant impuissant notre gardien, Pierre Bernard. Un but que les Français ne purent jamais remonter malgré les assauts, plus ou moins désordonnés, des attaquants qui s’appelaient Wisnieski, Muller, Skiba, Heutte et Van Sam. Un but qui empêchait l’Equipe de France de participer à la Coupe du Monde au Chili, comme ce fut le cas en 1950 pour la Coupe du Monde au Brésil.

A croire que la Coupe du Monde en Amérique du Sud  est interdite aux Français…depuis 1930, date de la première Coupe du Monde, voire même en Amérique tout court, en pensant au triste résultat de 1993 où, il y a presque 20 ans jour pour jour (17 novembre), la France avec ses Lama, Desailly, Blanc, Petit, Deschamps (tous futurs champions du monde en 1998), plus Papin, Cantona et Ginola, fut aussi éliminée par la Bulgarie de Stoitchkov, au Parc des Princes, dans les derniers instants du match sur un but de Kostadinov. Est-ce un mauvais présage ? Réponse, ce soir. Mais si les Français se qualifient, non seulement ils auront mis fin à cette malédiction, mais surtout ils auront réussi un fameux exploit, puisqu’aucune équipe ne s’est qualifiée en barrages en ayant été battu…sur le score d’Ukraine-France. Cela dit, les Français, je le répète encore une fois, ne sont jamais aussi forts que quand on les donne perdants. Là, au fond, personne ne croit vraiment à une qualification contre l’Ukraine…et c’est pour cela que notre équipe ira au Brésil.

Michel Escatafal


France-Italie : des barres transversales très importantes!

Depuis deux jours, Zlatan Ibrahimovic fait la une de nombreux  journaux sportifs un peu partout en Europe, avec ses 4 buts marqués contre l’Angleterre, dont l’un est considéré comme « le but du siècle », peut-être même celui des siècles. En tout cas, c’est un but fabuleux, qui restera dans les mémoires et qui n’a pas fini de passer en vidéo dans le monde entier. D’ailleurs ce but est tellement beau que des voix s’élèvent pour donner le Ballon d’Or au joueur du PSG, à la fois pour ses performances en club (Milan AC et PSG), et pour celles avec son équipe nationale. Et c’est une très bonne idée, parce qu’il faut bien reconnaître que sur ce plan, ni Messi, ni C. Ronaldo ne font preuve de la même efficacité en sélection que dans leur club, tout le contraire d’Ibrahimovic. La preuve en a été apporté, si besoin en était il y a deux jours, avec les 4 buts marqués contre l’Angleterre, c’est-à-dire contre un grand pays de football, exploit que l’on peut assimiler à celui de Lineker en février 1987 contre l’Espagne, ou plus loin de nous aux 4 buts de Fontaine en 1958 (Coupe du Monde) contre l’Allemagne, sans oublier les 5 buts de Thadée Cisowski contre la Blegique en novembre 1956. Si je dis cela, c’est pour bien marquer la différence avec une rafale de buts marqués contre San Marin ou des équipes de très faible notoriété, et ceux inscrits contre un grand pays de football. Alors espérons effectivement que ces buts d’Ibrahimovic contre les Anglais, et surtout le dernier, changeront la donne pour l’obtention du Ballon d’Or, car, je le répète, ni Messi, ni C. Ronaldo, ni Iniesta, Xavi ou Casillas, ne le méritent plus que l’attaquant du PSG.

Après ce long préambule, passons à présent à une (petite) partie de l’histoire des France-Italie, une histoire passionnante que l’on pourrait découper en deux tranches bien distinctes, une où les Italiens battaient constamment les Français, et l’autre où ce fut l’inverse. Dans la première partie, jusque dans les années 1980, nos tricolores n’ont réussi à battre les Italiens qu’en 1920 (3-1), les Français se vengeant le 29 août aux J.O. d’Anvers de la terrible défaite que les Italiens leur avaient infligé le 18 janvier à Milan, sur le score de 9-4. En encore, l’honnêteté consiste à dire qu’aux J.O., les Italiens n’avaient gardé que deux joueurs par rapport à l’équipe de janvier (De Vecchi,  Lovati), alors que l’équipe de France en avait quatre (les avants Dewaquez, Nicolas, Bard et Duby), et surtout avait envoyé sa meilleure équipe avec, outre les quatre joueurs déjà cités, le gardien Parsys, l’arrière Baumann et le demi Hughes, titulaires indiscutables de cette sélection.

Et il fallut attendre le 23 février 1982, au Parc des Princes,  pour qu’enfin les Français puissent infliger une défaite à leurs voisins transalpins, grâce à deux buts de Michel Platini et de Daniel Bravo. Je me souviens tout particulièrement du premier but, ou Tigana fit un raid comme il en avait le secret, avant de faire une passe décisive à Platini, lequel de 18 mètres battit Zoff, le gardien italien. C’était une belle performance qu’avait réalisé le Onze de France, puisque les Italiens allaient remporter quelque mois plus tard la Coupe du Monde, la troisième de leur histoire, après leurs succès de 1934 et 1938 avant celui de 2006…contre l’équipe de France aux tirs au but (le jour du fameux coup de tête de Zidane).

Ce succès italien de 2006, aux tirs au but je le répète, était le seul revers (je ne dis pas défaite)  que l’équipe d’Italie ait infligé à l’équipe de France depuis 1982. En revanche, la Squadra Azzuras’imposera (2-0) lors du championnat d’Europe des Nations en juin 2008, face à une équipe de France déjà éliminée de la compétition.  Cela étant, les Italiens mènent largement au nombre de victoires depuis le début de leurs confrontations avec les Français,  ayant remporté le double de victoires (18 contre 9), 10 matches se terminant sur un score nul. Ils sont devant nous aussi en ce qui concerne le palmarès,  la Squadra Azzura ayant gagné 4 Coupes du Monde contre une seule à l’équipe de France (1998). En revanche notre équipe nationale est devenue championne d’Europe des Nations à 2 reprises (1984-2000) contre une seule fois à l’Italie (1968), les deux équipes ayant remporté chacune un titre olympique, en 1936 pour l’Italie et en 1984 en pour la France.

 Comme on peut le constater, les Français ont été supérieurs aux Transalpins au cours des 30 dernières années, comme les Italiens l’avaient été auparavant. Tout cela bien sûr au niveau des équipes nationales, parce que le football de club italien a été jusqu’à cette année très au-dessus du nôtre, les Italiens ayant remporté  12 victoires en Ligue des Champions avec les deux Milan et la Juventus (plus 14 finales perdues) contre seulement une victoire française avec l’Olympique de Marseille (en 1993) face au Milan AC (plus 4 finales perdues). Et là, il n’y a ni avant, ni après, les clubs italiens étant très supérieurs de tous temps aux clubs français (sauf peut-être dans les années 50 avec le grand Stade de Reims de Kopa et Fontaine, et en 1993)…en espérant que cette année ou les suivantes le PSG inverse la tendance. Cela est d’autant plus possible que le club parisien a fait une bonne partie de son recrutement dans la péninsule (Ibrahimovic, Thiago Silva, Motta, Sirigu, Verratti, Pastore, Lavezzi, Menez, Sissoko  et l’entraîneur Ancellotti).

Mais revenons aux matches par équipes nationales entre les deux formations, en notant que hier soir les Français ont mérité leur victoire, même si elle aurait très bien pu leur échapper, les Transalpins ayant tiré deux fois sur la barre. Il n’empêche, notre équipe a fait un très beau match, et ce résultat à Parme suivant le match nul à Madrid contre les Champions du monde et d’Europe espagnols, laisse espérer des lendemains qui chantent pour l’équipe entraînée par Didier Deschamps, lequel par parenthèse, comme de nombreux joueurs français, a fait une partie de sa carrière en Italie. Pour mémoire on rappellera que dans l’équipe championne du monde et d’Europe en 1998 et 2000, il y avait nombre de joueurs ayant joué dans le Calcio, à commencer par Zidane (Juventus), mais aussi Desailly (Milan AC), Thuram (Parme et Juventus), Blanc (Naples et Inter), Viera (Milan AC, Juventus et Inter), Deschamps (Juventus), Henry (Juventus, Trezeguet (Juventus), Djorkaeff (Inter), Dugarry (Milan AC),  Boghossian ( Naples, Sampdoria et Parme), Candela (AS Rome).  On le voit, l’apport du Calcio à l’équipe de France a été énorme, d’autant que tous ces joueurs ont opéré à un certain moment dans un grand club.

En évoquant le passé, je vais à présent parler de quelques matches qui ont marqué plus particulièrement l’histoire des rencontres franco-italiennes. Le premier match remonte à l’année 1956, le 15 mai à Bologne, où l’équipe de France avec de nombreux joueurs qui allaient participer à l’épopée de la Coupe du Monde 1958 en Suède ( Remetter,  Jonquet ,Marche, Penverne, Marcel, Piantoni, Kopa), s’inclinait sur le score de 2-0, qui ne reflétait qu’à peine la domination des Italiens. Dans cette équipe d’Italie, on trouvait des noms prestigieux comme ceux du gardien Viola, des arrières Magnini, Rosetta et Cervato,  des demis Chiapella et Segato et des attaquants Boniperti, Gratton, Virgili, Carapellese et l’Italo-argentin Montuori.

Le second match que je voudrais citer eut lieu le 5 mai 1962, à Florence, pour un autre match amical, historique à bien des égards. Tout d’abord les Français ouvrirent le marque par le Valenciennois Piumi (28è minute), qui fêtait de belle manière sa première sélection, comme le gardein Ferrero (Nancy) et l’ailier gauche bordelais, Robuschi. Mais, après le repos, les Français encaissèrent deux buts aux 47è et 51è minute par l’Italo-Brésilien Altafini, s’inclinant finalement 2-1. C’était aussi la première et seule sélection  d’un homme dont allait beaucoup reparler une quinzaine d’années plus tard, Michel Hidalgo entré à la 46è minute en remplacement de Bruey, qui sera le sélectionneur de l’équipe championne d’Europe 1984 et demi-finaliste de la Coupe du Monde 1982. Mais c’était aussi le dernier match comme sélectionneur d’Albert Batteux, ce qui marquait la fin d’une époque ayant eu pour point d’orgue la troisième place de la Coupe du Monde 1958 en Suède.

Le troisième match dont je parlerais fut celui de la Coupe du Monde 1978 en Argentine, où l’équipe de France jouant de malheur s’inclina cette fois 2-1, à l’issue d’une rencontre qui lui laissa beaucoup de regrets. Elle lui en laissa d’autant  plus que les Bleus du sélectionneur Michel Hidalgo, marquèrent dès la première minute de jeu par Lacombe sur un centre de Didier Six. Les Italiens égalisèrent ensuite à la demi-heure de jeu par son avant-centre Rossi, si bien que l’on arriva à la mi-temps sur un score nul (1-1), qui laissait quand même des espoirs aux Français. Hélas à la 54è minute, Zucarelli allait délivrer les Transalpins et condamner les Français, les Italiens s’y entendant à merveille pour conserver un résultat quand ils étaient menés. Dans cette équipe de France, on retrouvait des noms comme ceux de Janvion, Trésor, Bossis, Henri Michel, Guillou et Platini, ou encore Lacombe et Six. Quand à l’Italie, elle comptait dans ses rangs nombre de joueurs que l’on retrouvera en finale de la Coupe du Monde 1982, notamment,Zoff, Gentile, Scirea, Cabrini, Tardelli, Causio et Rossi.

Plus près de nous, comment ne pas évoquer ce match au Stade de France, en quart de finale de la Coupe du Monde 1998, où à l’issue d’un suspens insoutenable la France l’emporta aux tirs au but (4-3), aucune équipe n’ayant réussi à marquer le moindre but, avec peu d’occasions franches de part et d’autre. En fait le match fut surtout une rencontre où les défenseurs des deux côtés firent l’essentiel du travail, les Français dominant le plus souvent en pure perte, malgré de belles tentatives de Zidane, Petit ou encore Djorkaeff. Les Italiens de leur côté auraient pu marquer par Vieri juste avant la mi-temps, mais aussi par Baggio peu avant la mi-temps de la prolongation.

On eut donc droit à la séance des tirs au but avec une terrible frayeur, Lizarazu ratant le second tir français, arrêté par le gardien Pagliuca, après que Zidane ait réussi le sien. Mais il était dit que cette Coupe du Monde ne pouvait pas échapper aux Français, puisque aussitôt après Albertini voyait son tir repoussé par Barthès. Et puis, les Français avaient dans leurs rangs deux jeunes joueurs de 20 ans, qui allaient devenir dans les années qui suivirent deux des meilleurs attaquants de la planète, Thierry Henry et David Trezeguet, qui ne tremblèrent pas et réussirent leur tir. Ensuite Blanc marquait à son tour, avant que Di Biagio, le cinquième tireur italien, n’envoie un tir puissant…sur la barre transversale de Barthez. Cette fois c’était fini pour les Italiens et ça continuait pour les Français jusqu’au sacre contre le Brésil le 12 juillet.

Enfin, dernier souvenir ô combien émouvant, celui de la finale du championnat d’Europe des Nations, à Rotterdam le 2 juillet 2000, où les Français virent passer très prés le vent du boulet. En fait, à une toute autre époque de son histoire, l’équipe de France aurait été battue par l’Italie, mais les Français étaient champions du monde et avaient une inébranlable foi en eux. D’abord, c’était quasiment le même groupe de joueurs que deux ans auparavant, renforcé toutefois par un joueur qui avait explosé en 1999 avec les Girondins de Bordeaux, Sylvain Wiltord. Et quand je parle de renfort, ce fut tout à fait le cas, car c’est lui qui égalisa d’un magnifique tir croisé à la 94è minute.

Et oui, les Français étaient menés depuis la 55è minute, un but d’autant plus cruel qu’ils avaient eu par deux fois l’occasion de marquer par Thierry Henry, qui, par parenthèse, fut le meilleur joueur de ce championnat d’Europe.  Mais alors que tout le monde attendait ce but français qui ne venait pas, les Italiens réussirent à marquer sur une de leurs incursions dans le camp français, Pessoto adressant un centre impeccable pour Delvecchio qui ne ratait pas l’occasion. C’est alors que Lemerre, le sélectionneur français fit rentrer trois attaquants avant la fin de la rencontre, à savoir Wiltord en remplacement de Dugarry, puis Trezeguet et Pires remplaçant Djorkaeff et Lizarazu.  Et ce sont les trois joueurs rentrants qui allaient faire la décision. Bravo pour le coaching !

En effet, comme je l’ai dit précédemment, Wiltord égalisa au-delà du temps règlementaire suite à une déviation de la tête de Trezeguet qui le mit en position de tir. A partir de là, on pouvait imaginer aisément que les Italiens, déjà fatigués par une prolongation en demi-finale contre les Pays-Bas, ne résisteraient pas aux assauts français. Et c’est ce qui se passa à la 103è minute, quand Pires déborda toute la défense italienne sur le côté gauche, avant d’adresser un centre repris en force par Trezeguet, le ballon allant se loger sous la barre transversale du gardien Toldo.

C’était fini, car cette année-là on avait adopté de nouveau le dispositif du but en or. Les Français réussissaient un doublé inédit (Coupe du Monde et en suivant Championnat d’Europe des nations), qui ne sera égalé que l’an passé par l’équipe d’Espagne.  Et quand on réalise tout ce qui s’est passé entre le quart de finale de 1998, et la finale de 2000, on s’aperçoit que finalement les Italiens étaient très proches des Français, au vu des matches qu’ils ont réalisés, mais qu’ils ont été battus par une équipe qui avait bénéficié de toutes les circonstances favorables, y compris les barres transversales qui leur furent toutes favorables et défavorables aux Italiens. Cela dit, tous les techniciens diront qu’à la fin c’est toujours le plus fort qui gagne…ce que nous croyons volontiers, surtout quand les plus forts sont les Français !

 Michel Escatafal