Contador, Gignac, Sagnol, les étrangers du XV de France : du beau, du bête et parfois du méchant

kilimandjaro2kilimandjaroAujourd’hui je vais essayer de prendre le temps d’écrire sur ce blog que vous êtes nombreux à apprécier, ce dont je vous remercie, mais auquel hélas je n’ai pas trop de temps à consacrer. Et pourtant, des évènements à saluer il n’en manque pas, même si la saison de cyclisme est terminée, en rappelant une fois encore que le vélo reste pour moi le sport que je préfère devant le rugby et l’athlétisme. Cela dit j’aime aussi beaucoup le tennis, ou encore l’automobile, la boxe et le football, bien que n’ayant jamais pratiqué ces trois derniers sports…ce qui ne m’a jamais empêché d’éprouver un immense plaisir à les regarder. En fait la seule frustration que l’on ressent en évoquant des sports que l’on n’a pas connus autrement qu’en spectateur, c’est de ne pas avoir la moindre idée des souffrances ou des plaisirs qu’ils peuvent procurer. Cela dit, cessons de philosopher, et passons aux sujets que je veux aborder aujourd’hui, parce que lesdits sujets m’ont interpellé, pour la bonne raison que dans ce monde de communication exacerbée, où l’on écrit tout et n’importe quoi, on se dit qu’il était beau le temps où chacun pouvait apprécier ce qui se passait sur un terrain, un ring, un court, un circuit, une piste ou la route, sans devoir être obligé d’avoir droit aux bourdonnements provoqués par les réseaux sociaux.

Premier exemple qui me vient à l’esprit ce matin, André-Pierre Gignac. Depuis quelques semaines on ne parle que de lui dans notre beau pays…parce qu’il a marqué 10 buts en 12 matches depuis le début de la saison. Certes c’est une bonne performance, mais de là à en faire, à bientôt 30 ans, un des meilleurs attaquants d’Europe, il y a un pas que seuls les journalistes en mal de sensationnel ou les gogos peuvent franchir. Et des gogos il y en a beaucoup puisque, si l’on en croit un sondage, Gignac est le joueur préféré des Français (42%) juste derrière Zlatan Ibrahimovic (43%). Mais pire encore, pour ceux qui s’intéressent au football, c’est Gignac qui recueille le plus de suffrages (40%) devant Zlatan Ibrahimovic (39%). Et oui, c’est ça la France !

Pour mémoire, je rappellerais que Zlatan Ibrahimovic est considéré dans les milieux du football international comme un des quatre ou cinq meilleurs joueurs du monde, qu’il marqué 317 buts en 595 matches (0.53%), qu’il a tout gagné dans les cinq pays (Suède, Pays-Bas, Italie, Espagne et France) où il a joué, et qu’il en est à 50 buts en 100 sélections avec la Suède. En fait il ne manque à son palmarès que la Ligue des Champions…qu’il compte bien remporter avec le PSG. Quant à Gignac, il a certes gagné une Coupe de la Ligue et un championnat de France, mais il n’a marqué que 134 buts en 370 matches (0.36%) et 5 buts en 19 sélections (0.26%). N’en jetons plus, car c’est trop cruel pour les « franchouillards », d’autant qu’entre Fontaine, Papin, Trezeguet, Henry ou aujourd’hui Benzema, la France est une terre de grands buteurs devant l’éternel. Et ce n’est pas fini car à Lyon il y a un joueur, Lacazette, qui, à 23 ans, est déjà à un niveau sans doute supérieur à celui de Gignac.

Mais il n’y a pas que des gogos dans le football, car il y aussi des gens dans ce milieu qui ont tendance à se surestimer. Certains affirment que Gignac a pris « la grosse tête » devant cet afflux soudain de louanges de la part de la presse. Personnellement, ne le connaissant pas, je ne rentrerais pas dans ce jeu. En revanche Sagnol aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de faire des remarques sur les footballeurs africains…qui ne pouvaient que froisser ces derniers. Je ne connais pas non plus Sagnol (je ne connais aucun footballeur professionnel), mais les propos qu’il a tenus sur des gens qu’il côtoie chaque jour sont au minimum d’une grave bêtise. Espérons que cela lui servira de leçon dans l’avenir, même s’il a l’excuse d’être ou d’avoir été surtout excellent avec un ballon dans les pieds.

Cela étant le rugby n’est pas mal non plus en ce qui concerne l’étroitesse d’esprit. On en a pour preuve tous les commentaires acerbes des forumers sur les étrangers qui jouent ou sont susceptibles de jouer dans le XV de France. Au passage on notera que cela ne pose aucun problème ailleurs que dans notre pays, notamment en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Angleterre ou en Italie, où il y a davantage d’étrangers en équipe nationale qu’en France. Pire, ces franchouillards sont même en colère quand il s’agit d’un joueur…français, comme l’arrière Spedding. Certes ce dernier n’est français que depuis quelques semaines, mais il a la nationalité française. Et en plus il est très fier de porter le maillot bleu frappé du coq gaulois ! Au passage on notera que sur 30 joueurs sélectionnés pour le match contre les Fidji cet après-midi, il n’y a finalement que deux joueurs étrangers (Atonio et Kockott) a avoir le droit de jouer pour l’équipe de France sans être français. Pas de quoi se déchaîner comme certains le font en disant que le XV de France ne doit jouer qu’avec des joueurs français ! Et puis, au nom de quoi notre équipe nationale se priverait-elle du droit accordé à ces joueurs de jouer pour le pays dans lequel ils jouent depuis trois ans ? Décidément le peuple français est particulier à tous points de vue !

Il l’est notamment sur le dopage, les Français étant donneurs de leçons en chef sur ce sujet…sauf quand c’est un compatriote qui se fait prendre. Là on lui trouve toutes les excuses. En revanche s’il s’agit d’un étranger, là c’est le déchaînement, même si le résultat du contrôle est contestable (Contador). Nombre de Français sont même très méchants si le champion n’a jamais subi de contrôle positif…parce qu’il gagne (Froome en 2013). Il considèrent dans tous les cas de figure que ce ou ces champions qui dominent leur discipline prennent la place de leurs champions nationaux qui, évidemment, ne se dopent pas. Et tout cela est attisé par la presse qui, elle-même, paraît s’amuser de ces jugements où le chauvinisme est exacerbé, en laissant passer les insultes infâmes de certains forumers vis-à-vis de quelques coureurs qui sont les meilleurs représentants d’un sport, le vélo, qu’ils croient aimer.

Sur ce plan il faut dire qu’ils sont bien aidés par les instances dirigeantes du cyclisme, comme en témoigne l’appel auprès du Tribunal arbitral du sport pour le cas Kreuziger, accusé de dopage (anomalies dans le passeport sanguin) sans jamais avoir subi de contrôle positif. Et pour faire bonne mesure, l’Union Cycliste internationale a demandé que le coureur tchèque (blanchi par sa fédération) écope d’une suspension de deux à quatre ans, et qu’on lui retire ses titres entre 2011 et 2013, ce qui modifiera le palmarès de l’Amstel Gold Race (2013) au profit de Valverde…à qui on avait enlevé entre autres le Tour de Romandie 2010…sans avoir été contrôlé positif. Comme pour Contador en 2012, et pour Valverde en 2010, nul doute que le TAS ira dans le sens de l’UCI, la seule incertitude résidant dans la durée de la suspension (2 ou 4 ans) ou dans le retrait des titres avant la suspension, Valverde par exemple ayant gardé tous ses titres avant 2010, alors qu’on a enlevé à Contador ceux qu’il avait conquis entre juillet 2010 et l’année 2011. De la belle ouvrage !!! Il en faut du mérite pour tenir à jour les vrais palmarès…surtout quand ceux-ci changent des années après !

Au fait, et si on attribuait à Pantani le Giro 1999 ? Oui, certains y pensent parce que trop de choses étonnantes se seraient passées en ce mois de mai 1999, dans une épreuve que le célèbre « Pirate » avait dominé de la tête et des épaules…jusqu’à cette sombre histoire de taux hématocrite trop élevé avant le départ de la vingt-et-unième et avant-dernière étape de ce Tour d’Italie. Je ne vais pas revenir sur ce fait divers connu et raconté à de multiples reprises, mais force est de constater que cela rappelait l’épisode de l’exclusion pour dopage d’Eddy Merckx lors du Giro 1969, où il fut contrôlé positif (amphétamine). Nombreux furent ceux qui pensèrent à une machination, avec toutefois pour Merckx une issue relativement heureuse, puisqu’il fut blanchi au bénéfice du doute, pouvant ainsi participer au Tour de France et le gagner. Pantani n’eut pas cette chance après son contrôle de 1999, pas plus que Contador lors du Tour de France 2010. Passons, même s’il serait incroyable qu’on attribue le Giro 1999 à Pantani, alors qu’il n’a pas franchi la ligne d’arrivée. Mais dans le vélo, et c’est hautement regrettable, on finit par se dire que tout est possible au niveau du résultat des courses. Je le répète encore une fois : qui sait si, dans 10 ou 15 ans, Armstrong ne retrouvera pas de nouveau ses victoires dans le Tour de France ?

Et puisque j’évoquais un épisode de la vie du super grimpeur qu’était Pantani, je voudrais souligner la performance de l’équipe Saxo-Tinkoff, qui a réussi à monter jusqu’au sommet du Kilimandjaro, plus haut sommet d’Afrique (5892m). Il est d’ailleurs amusant de constater que le premier à arriver au sommet fut…Alberto Contador devant son équipier Michael Valgren. Comme l’a souligné Biciciclismo, « il n’y a personne pour suivre Contador quand la route s’élève, et apparemment c’est aussi le cas dans la montagne » sans le vélo. Bravo au « Pistolero » et à son équipe, et bravo aussi aux 70% des personnes qui sont arrivées au sommet, ce qui a permis de doubler la donation de base prévue par l’équipe au profit d’un orphelinat et d’un club cycliste. Ceci est quand même plus réconfortant que ce que j’écrivais auparavant à propos de Sagnol, ou de ceux qui ne veulent pas d’étrangers y compris s’ils ont pris la nationalité française dans le XV de France.

Michel Escatafal


Contador–Froome comme Hinault-Fignon en 1984 ?

Froome contadorS’il y a bien un sport, au même titre d’ailleurs que la Formule1, qui se nourrit  de grandes rivalités, c’est bien le cyclisme. Et cette année il semble que le vélo retrouve tous les ingrédients d’une lutte extraordinaire entre deux champions que tout semble opposer, à l’exception de capacités exceptionnelles sur la route. Cette rivalité aurait pu et dû exister depuis 2012, mais l’UCI a infligé à Contador en 2010 une peine à la fois terrible et injuste, comme seul le vélo sait en administrer à ses coureurs. Pas la peine de rappeler que Contador est tombé pour quelques traces infimes de clembutérol…qui n’auraient pas été détectées si le contrôle avait été fait à Chatenay-Malabry. Et oui, cela personne ne le dit, mais cette affaire qui  a causé de gros dégâts à l’image du cyclisme, a touché aussi encore plus profondément le Pistolero, au point que l’on rappelle sans cesse au crack espagnol cet épisode. Même l’épouse de Froome y est allée de son couplet sur cette affaire, parlant à propos de Contador « d’un ancien dopé », ce qui d’ailleurs n’est pas la meilleure chose qu’elle ait pu écrire, tellement son mari est suspecté par un nombre considérable de gens connaissant ou pas le vélo sur route. Il faut dire que même un directeur sportif comme Martinelli (Astana) trouve que les attaques du coureur britannique sont « monstrueuses » voire « surnaturelles ».

On lui laisse la paternité du choix de ses mots, mais une chose est sûre, et je le répète : Froome est un coureur à part, et cela pour plusieurs raisons. La première vient du fait qu’il n’a rien fait dans sa carrière jusqu’en septembre 2011 (à l’âge de 26 ans et demi), où il aurait dû remporter la Vuelta s’il ne s’était pas mis au service de Wiggins. Tous les grands champions du vélo ont éclaté avant 25 ans, ce qui me fait dire au passage que Quintana a tout pour devenir un très grand champion. Ensuite Froome a un gabarit très particulier, notamment une maigreur extrême, qui ne l’empêche nullement d’être aussi puissant que Cancellara ou Martin les deux références du contre-la-montre de ces dernières années. Son style enfin, qui ne correspond à aucun des canons habituels du vélo, avec notamment cette fréquence de pédalage hallucinante qu’il est capable de développer sur de très longues distances en montagne. Et c’est cela qui semble le plus impressionner les connaisseurs du cyclisme, au point qu’on se demande comment Contador a pu résister aux attaques de Froome dans la montée du col de Béal, alors que Contador est peut-être enfin redevenu Contador. Un Contador qui, en 2009 ou 2010 ou même en 2011 au Giro, aurait laissé Froome à plus de cinq minutes dans la montée de l’Alpe d’Huez ou dans celle de l’Etna.

Cette évocation de faits très récents me fait une transition toute trouvée pour ce dont je voulais parler aujourd’hui, à savoir le grand duel entre Froome et Contador, sans doute le premier que l’on ait connu à ce niveau depuis 1984, entre Fignon et Hinault. Comme en 1984, il y a un coureur installé depuis longtemps au firmament du vélo. Pour mémoire Hinault avait à ce moment 30 ans, et avait dû supporter les affres d’une saison 1983 tronquée, suite à une opération au genou après une Vuelta où il avait tellement usé de ses forces que sa saison s’arrêta là. En ce sens Contador a été l’an passé dans la même situation, à cause de sa suspension entre fin 2011 et 2012. En revanche, en cette année 1984, Laurent Fignon avait 24 ans, et avait derrière lui au moment du Tour de France, une victoire dans le Tour 1983 et une deuxième place au Giro d’Italia…qu’il aurait dû remporter. On notera à ce propos que Laurent Fignon fait bien partie des plus grands cracks du cyclisme sur route et que, contrairement à Froome et d’une certaine manière à Armstrong pour les courses à étapes, il s’est révélé très tôt. Fermons la parenthèse, et revenons au duel entre les deux hommes en 1984, en sachant que tout le monde pensait, comme nous le pensons aujourd’hui avec Froome et Contador, que la victoire reviendrait au plus jeune des deux.

En ce qui concerne le match entre Froome et Contador, j’ai la crainte, hélas, car je préfère de très loin  Contador, que Froome ne soit imbattable. Certes Contador peut le suivre dans les cols, même si ce n’est pas si évident, mais de là à le battre il y a un pas que je ne franchirais pas. Et ce n’est pas la montée de Béal lundi dernier dans le Dauphiné qui nous dira le contraire, parce que si Contador a pu suivre Froome, il lui était impossible de contrer le coureur britannique. Dans ce cas, à supposer que les deux hommes fassent jeu égal dans la montagne lors du prochain Tour de France, ce sont les pavés de Roubaix et le contre-la-montre de Bergerac qui feront la différence. Quel est le meilleur sur les pavés ? Difficile à dire, les deux hommes n’ayant quasiment aucune référence sur ce type de route, mais les coureurs de classe savent s’adapter. Espérons que ce ne soit pas la malchance qui les départage, car ce serait dommage. Reste le contre-la-montre de Bergerac, et là, clairement, c’est Froome le meilleur, même si Contador demeure un très bon rouleur. Dans ce cas, impossible d’imaginer une victoire de Contador sauf si Froome n’est pas très bien en troisième semaine, alors que Contador est généralement bon à ce moment du Tour. A ce propos, je suis stupéfait qu’on ait pu imaginer que Contador ait pu se doper avec du clembutérol pendant le Tour 2010, alors que justement il n’a jamais été aussi décevant en dernière semaine de la Grande Boucle. Je ne sais pas ce qu’il a pris ou mangé lors de la journée de repos à Pau, mais cela n’a eu aucun effet sur ses performances, au contraire dirais-je.

Revenons à présent sur son duel avec Froome dans le prochain Tour de France pour souligner qu’en plus de la difficulté à vaincre le Britannique, y compris en montagne, Froome peut compter sur une équipe Sky surpuissante, meilleure que toutes les autres, notamment Saxo-Tinkoff ou Astana. On a pu s’en apercevoir cet après-midi encore, quand Porte et Nieve se sont relayés pour rattraper Contador qui s’était échappé à la faveur d’une descente. Cela étant, il avait quand même bien piégé Froome, et cela a dû lui donner le moral. En outre, il a prouvé qu’il était prêt à exploiter la plus petite faiblesse du Britannique. Après tout, arrivera bien un jour, s’il est vraiment humain comme il ne cesse de le crier, où il ne sera pas bien, et dans ce cas ses adversaires, à commencer par Contador, ne lui feront aucun cadeau.

Pas plus qu’Hinault n’en aurait fait à Fignon en 1984, si d’aventure ce dernier avait eu une petite défaillance…qu’il n’a jamais eu. Dans ce cas la défaite du Blaireau était inévitable. Et pourtant comme l’a fait Contador aujourd’hui sur le Dauphiné, Hinault a attaqué plusieurs fois avant de finalement s’avouer vaincu. Hinault était constamment tourné vers l’offensive, plus encore quand il a compris qu’il n’était plus tout à fait le Bernard Hinault du Stelvio 1980, de Liège-Bastogne-Liège ou du championnat du monde à Sallanches la même année. Mais il ne voulait pas se l’avouer, et quitte à perdre il fallait le faire en attaquant. Ainsi il perdit un Dauphiné bêtement en 1984, après son opération, au profit du Colombien Martin Ramirez, pour avoir voulu pousser son avantage, alors qu’il avait course gagnée. Comme au Tour 1986, qu’il aurait gagné s’il avait géré son avance face à Le Mond son équipier, au lieu de se laisser griser dans le Tourmalet pour le panache. En revanche en 1984, dans le Tour de France, il sentit pour la première fois de sa carrière qu’il avait en face de lui quelqu’un de plus fort, ce qui l’incita à attaquer à maintes reprises, parce que « quand on s’appelle Hinault, on ne prend pas le départ d’une telle course (le Tour de France), la plus belle de toutes,  avec l’ambition de faire deuxième ». Et malgré tous ses efforts il termina à la deuxième place, ce qui était pour lui un échec, même si une deuxième place après son opération avait plutôt de quoi le réjouir d’une performance qui annonçait son grand retour, pour la fin de la saison (victoires au Tour de Lombardie et au Grand Prix des Nations) et l’année suivante avec son doublé Giro-Tour.

Cette attitude d’Hinault en 1984, je suis persuadé que Contador l’aura dans le prochain Tour de France, car Contador est redevenu Contador, alors que l’an passé tout le monde l’enterrait. En fait, comme je l’ai écrit précédemment, cette misérable affaire de clembutérol l’avait anéanti, et tout le temps passé à se défendre et à se battre contre ses détracteurs, l’UCI et l’AMA, l’avait inconsciemment contraint à être moins coureur cycliste. Aujourd’hui, après un hiver calme, le Pistolero est de retour. Ce retour sera-t-il victorieux face à Froome?  Peut-être pas, sans doute pas, mais avec un tel assaillant il ne faut jurer de rien. Bernard Hinault lui-même avait reconnu qu’en 1982, une de ses meilleures années, « si certains avaient osé attaquer » il n’aurait peut-être pas ramené le maillot jaune à Paris, ses adversaires ayant eu peur « des contres », ce en quoi « ils ont eu tort ». Alors pourquoi pas une bonne surprise avec Alberto Contador, même si c’est du 20 ou 30 contre un. Je serais tellement content qu’il remporte son quatrième Tour de France ! Oui j’ai bien écrit son quatrième Tour de France, son huitième grand tour, n’en déplaise à l’UCI et ses palmarès ridicules (pas de vainqueur du Tour entre 1999 et 2005, ni au Dauphiné 2002 et 2003).

Michel Escatafal