La classe de Nasser Al-Khelaïfi…

Nasser Al-KhelaifiAlors que le PSG se débat avec le fair-play financier…quand ses propriétaires pourraient s’offrir sans problème Ronaldo ou Messi, alors que ledit PSG va être bientôt le seul grand club européen candidat à la Ligue des Champions à ne pas pouvoir recruter…alors qu’il n’a pas de dettes, il y a des présidents de club en France qui ne cessent de lui chercher des poux dans le tête…parce qu’il est riche. Et il n’y a pas que l’ineffable J.M. Aulas, qui essaie par tous les moyens de se singulariser depuis que son club ne domine plus financièrement et sportivement le football de club français, car maintenant s’y ajoute le président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot. Je rappelle au passage  que ce dernier a soutenu J.M. Aulas, quand ce dernier voulait annuler les résultats du RC Lens…pour récupérer les points perdus contre cette équipe en proie à d’inextricables difficultés financières !!!

Fermons la parenthèse pour dire que le président rémois n’est pas à une contradiction près vis-à-vis du PSG, qui ne lui procure pas un si grand plaisir, alors qu’en mars 2013 il avait tout fait pour récupérer un maillot de Beckham. Il devrait aussi se réjouir d’avoir dans notre championnat un club capable d’aligner autant de joueurs de classe mondiale. Par parenthèse, rien que pour la Copa America, le PSG aura une demi- douzaine de joueurs sélectionnés en équipe du Brésil, d’Argentine et d’Uruguay. Evidemment, ce n’est ni le cas de l’Olympique Lyonnais et encore moins de celui du Stade de Reims. Il est vrai que si Lyon est resté aujourd’hui, y compris cette année, à un niveau proche de ses meilleures années, entre 2000 et 2010, avec plusieurs jeunes issus du centre de formation, tel n’est pas le cas du Stade de Reims, dont on rappellera qu’il fut le club phare de ce que l’on n’appelait pas encore la Ligue1, en ayant été à six reprises champion de France entre 1949 et 1962. Rien que ça ! Et nous devons aussi ajouter que les Rémois ont remporté la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en 1953 et ont été deux fois finalistes (1956 et 1959) de la Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions).

A cette époque J.P. Caillot n’était pas né ou à peine, mais son père a dû lui dire que le Stade de Reims dans les années 50 était un club rassemblant la plupart des meilleurs joueurs français, certains étant même parmi les tous meilleurs européens à leur poste (Kopa, Fontaine, Piantoni, Vincent, Penverne, Jonquet). D’autre part il dominait largement le championnat de France quand il n’était pas engagé dans les joutes européennes. Enfin son budget était certainement le plus élevé avec, outre les joueurs cités précédemment, Colonna, Marche, Bliard, Rodzik, Muller, Wendling etc. Cela dit, contrairement au PSG de nos jours, même s’ils n’étaient  pas supporters du Stade de Reims, les gens respectaient ce club, notamment parce qu’il était le principal représentant de notre pays dans la Coupe d’Europe. Et puis Reims à l’époque n’était pas la propriété du Qatar, mais de la maison Pommery, Henri Germain, le président, ayant lui aussi sa marque de champagne. Bref tout cela sentait bon le terroir. Problème, parmi tous les grands clubs des années 1950, seul le Stade de Reims ne peut plus espérer jouer le moindre rôle en Europe…parce que manquant de moyens financiers comparé aux autres grands clubs historiques européens, lesquels finissent toujours par se relever des inévitables crises qui accompagnent leur histoire. La Juventus en a apporté une nouvelle preuve hier soir, en dominant le Real Madrid malgré ses stars achetées 50 ou 100 millions.

Seulement dans les pays voisins du nôtre, il y a une passion du football beaucoup plus saine que chez nous. Déjà les supporters respectent les joueurs, alors que chez nous des soi-disant supporters incultes en arrivent à interrompre l’entraînement d’une équipe, parce que celle-ci a des résultats insuffisants. Et ce n’est pas un conte puisque c’est arrivé ce matin à Nice. Et pourtant,  quand on regarde l’effectif niçois, qui peut imaginer que cette équipe puisse se mêler à la lutte pour les places européennes ? Au contraire, alors que l’on s’en prend à l’entraîneur (Claude Puel), on devrait le féliciter d’obtenir d’aussi bons résultats parce qu’il perd chaque année ses très bons joueurs. Voilà le problème du football français, et cela ne sert à rien de chercher des excuses aux difficultés de notre Ligue 1, et à son manque d’attractivité. En outre, si un investisseur reprend un club pour faire une belle équipe européenne, il sera vilipendé, dénigré par ces fameux pseudo-supporters qui n’accepteront pas cet investisseur s’il est par exemple qatari. Non, en France on veut être les meilleurs en étant des gagne-petit. Oui Ibrahimovic avait raison quand il disait que « la France ne mérite pas le PSG ».

Aujourd’hui, si le PSG est considéré comme un grand club et s’il donne de la visibilité à la Ligue 1, il le doit aux dirigeants qataris. Et si un club français doit remporter la Ligue des Champions dans les années qui viennent, ce sera le PSG. Nous sommes au XXIè siècle, et on n’y peut rien changer, en espérant que le fair-play-financier finisse par mourir de sa belle mort, du moins tel qu’il est, pour que cette victoire en Ligue des Champions ne tarde pas trop. Fermons la parenthèse pour noter, aussi, que 70% des Français souhaitaient la défaite du PSG contre le FC Barcelone en quart de finale de la Ligue des Champions! Imagine-t-on la même chose en Italie, Espagne, Allemagne ou Angleterre ?  Imagine-t-on aussi dans ces pays autant de soutiens à un dirigeant se permettant d’essayer de changer le résultat d’un championnat acquis sur le terrain, comme l’a fait J.M. Aulas, le président de l’OL ? Ah j’oubliais : Aulas est français, donc respectable même quand il manque de respect à son sport et à son championnat. Mais au fait, à qui appartient Chelsea ? A un Russe. A qui appartient Manchester United ? A une famille américaine. Et l’Inter de Milan etc. Autant de pays où cela ne gêne personne que le patron soit étranger. C’est ça la France, ou plutôt une certaine France parce que tout le monde n’a pas cette mentalité.

Et pourtant les Français vont devoir s’y faire, car aujourd’hui on annonce la possible vente des Girondins de Bordeaux à un Indien. J’en connais plus d’un qui avoir du mal à l’accepter ! Des Qataris, des Indiens…il ne manquerait plus que des Chinois, des Indonésiens ou des Emirati ! Que tout cela est ridicule ! Et bien moi, si ces gens veulent investir dans nos clubs de football, de basket ou de rugby, je dirais bravo…comme on le fait ailleurs. Pour ma part, je ne m’occupe pas de la nationalité des sportifs pour apprécier leurs performances. La preuve, mon sportif préféré s’appelle Contador, mon pilote de F1 préféré s’appelle Raikkonen, mon joueur de rugby préféré s’appelait Wilkinson, mais mon pilote de rallye préféré s’appelle Ogier, et mon athlète préféré s’appelle Mekhissi. Je suis très éclectique, et c’est valable aussi pour les sportives féminines, mon admiration sans borne allant à des jeunes femmes comme Kim Gevaert (Belgique), Christine Arron, Muriel Hurtis, Myriam Soumaré, Mary Pierce, Amélie Mauresmo, mais aussi auparavant à Chris Evert (Etats-Unis) ou Hanna Mandlikova (Tchéco-australienne).

Pour terminer je voudrais simplement faire remarquer à M. Caillot, que si le PSG est certes la meilleure équipe française, il n’écrase pas le championnat comme ce président rémois à l’air de le dire. J’ajoute même que le PSG souffre à présent, comme le Stade de Reims souffrait dans les années 50, de l’envie des équipes de faire le match de l’année contre eux. Et pour le PSG il y a, en plus, les soi-disant supporters qui en veulent terriblement à ce club…parce qu’il y a surtout des étrangers sur le terrain dans leur équipe (dans l’équipe type, il n’y a que Matuidi qui est français). Et alors, combien il y a d’Anglais à Arsenal ? Et l’attaque du FC Barcelone, n’est-elle pas composée de Messi (Argentine), Suarez (Uruguay) et Neymar (Brésil) ? Et hier soir, qui composait l’attaque de la Juventus ? Tevez (Argentine) et Morata (Espagne).

Tournons la page, et revenons à ce que j’écrivais auparavant pour signaler que si la victoire à trois points avait existé à cette époque, le Stade de Reims aurait été champion de France avec 2 points d’avance en 1949 (devant Lille), mais avec 8 points d’avance en 1953 (devant Sochaux), avec 8 points en 1955 (devant Toulouse), avec 13 points en 1958 (devant Nîmes), et avec 9 points en 1960 ( devant Nîmes) et grâce à la différence de buts en 1962 (devant le Racing de Paris). On le voit,  à part aux deux bouts de la période faste rémoise, il y avait une nette domination du Stade de Reims pendant une dizaine d’années. Cela M. Caillot doit le savoir ! En tout cas, si les succès du PSG ne le font pas « bander », moi je trouve particulièrement attristant sa prise de position vis-à-vis du RC Lens pour se maintenir en Ligue 1 avec plus de facilité. Et je ne crois pas que Mr Henri Germain aurait eu la même position que lui sur cette affaire. Cela m’amène à écrire, une nouvelle fois, combien j’apprécie la classe des dirigeants qataris face aux multiples attaques dont ils sont la cible. Messieurs Aulas et Caillot devraient s’inspirer de l’attitude de Nasser Al Khelaifi, ou de Roman Abramovitch (Chelsea) ou de Florentino Perez (Real Madrid), pour ne citer qu’eux. Ils ont de l’argent certes, mais ils ne s’occupent que de leur club !

Michel Escatafal


En rouge et blanc…

collaratlético madrid

Avant de commencer mon propos, je voudrais souligner une fois encore l’extraordinaire performance de l’équipe de France de handball, qui vient de remporter son dixième titre international depuis 1992 (5 titres mondiaux, 2 titres olympiques et 3 titres européens) ce qui est tout simplement prodigieux. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, car on ne parle que de cela ou presque depuis hier soir, sauf pour souligner que ce nouveau titre mondial ne changera, hélas, rien à l’exposition médiatique du handball, qui continuera à être diffusé uniquement sur beIN SPORTS, les chaînes publiques ou gratuites ne s’y intéressant qu’à partir des demi-finales des grandes compétitions auxquelles participent notre merveilleuse équipe nationale…ce qui est lamentable. En outre, et c’est tout aussi triste, notre pays demeurera un pays en voie de développement en ce qui concerne les infrastructures, comparé à d’autres pourtant moins riches que nous. En revanche ils seront reçus demain par le président de la République, ce qui est quand même une forme de reconnaissance de la patrie à leur égard, une patrie qui, il faut le reconnaître, n’est pas très sportive, comparée aux pays voisins du nôtre, à commencer par l’Espagne.

En parlant de ce pays, cela me fait une transition toute trouvée pour évoquer le football espagnol et la Liga. Pour tout le monde, en France et dans le monde, s’il faut citer des clubs de football espagnols, on répondra tout naturellement et sans hésiter : le Real Madrid et le F.C. Barcelone. En revanche peu de gens évoqueront l’Atlético de Madrid qui, pourtant, est lui aussi un grand d’Europe, comme en témoignent son palmarès européen et ses performances récentes dans les compétitions organisées par l’UEFA, la plus belle étant évidemment la finale de la Ligue des Champions l’an passé, où le Real Madrid a fini par s’imposer dans les prolongations (4-1). Des prolongations arrachées après 93 minutes de jeu grâce à un but de Sergio Ramos, qui rappelait une précédente mésaventure en 1974 sur laquelle je reviendrai. Mais à peine quelques années auparavant, l’Atlético avait remporté deux fois la Ligue Europa en 2010 et 2012, année où un certain Falcao marquait 12 buts dans cette compétition, dont 2 en finale, et la Supercoupe de l’UEFA suite à ces deux triomphes dans la petite Coupe d’Europe.

Cela étant, le palmarès européen de l’Atlético de Madrid compte aussi une victoire dans feu la Coupe des Coupes (1962), mais aussi dans la Coupe Intercontinentale (1974), remplacée par la Coupe du Monde des clubs depuis 2005. En outre, comment ne pas parler de cette finale de Coupe d’Europe (en 1974) contre le grand Bayern Munich (Beckenbauer, Muller, le gardien Maier, Breitner, Hoeness) qui formait l’ossature de l’équipe qui allait enlever la Coupe du Monde quelques semaines plus tard contre les Pays-Bas de Cruyff. Un match où les Madrilènes furent crucifiés à la dernière minute de la prolongation sur un tir lointain de Schwarzenbeck, comme il n’en a sans doute plus réalisé un seul dans sa carrière, après que Luis Aragones (futur sélectionneur espagnol vainqueur de l’Euro 1988) ait marqué le premier but 5 minutes auparavant. Ensuite l’histoire sera cruelle, puisqu’à l’époque on faisait rejouer la finale deux jours après, l’Atlético s’inclinant lourdement dans le deuxième match (4-0), dans un stade à moitié vide, les Espagnols n’ayant pas récupéré de la déception du premier match. Il est vrai que n’être pas champion d’Europe pour quelques secondes et quelques centimètres a de quoi donner des regrets éternels ! A ce propos on notera que le Bayern Munich est un véritable bourreau pour les clubs espagnols, puisqu’il battit en finale de la Ligue des Champions 2001 le F.C. Valence dans la séance des tirs au but (5-4).

Sur le plan purement espagnol les Colchoneros, comme on appelle les joueurs de l’Atletico, ont remporté 10 titres de champion d’Espagne (le dernier l’an passé) et autant de Coupes d’Espagne (la dernière en 2013), sans parler de 2 Supercoupes d’Espagne en 1985 et 2014. Pour l’anecdote, l’Atlético Madrid fut fondé en 1903 par trois étudiants basques qui ont voulu donner à leur nouveau club le même nom que celui de Bilbao, ce qui explique aussi que les Colchoneros portent, comme les Basques de l’Atlétic Bilbao, le maillot rouge et blanc, certains affirmant que ces maillots coûtaient moins chers à confectionner que dans une autre couleur, parce que le rouge et le blanc étaient utilisés en literie pour faire des matelas (matelas se dit colchón en espagnol). Et puisque nous sommes dans l’histoire de l’Atlético de Madrid, il faut noter que l’essentiel de sa gloire est due au fait que ce club luttait presque d’égal à égal avec le Real Madrid et le F.C. Barcelone dans les années 60, même si le Real n’était plus le grand Real et si le Barça n’avait pas digéré sa défaite (injuste) en finale de la Coupe d’Europe 1961 contre Benfica.

Ce grand Real à l’époque avait encore de beaux restes, même s’il avait perdu quelques joueurs importants comme l’arrière Marquitos, le demi Zarraga, sans oublier Raymond Kopa qui avait quitté le club à la fin de la saison 1958-1959, et même si les Santamaria, Puskas, Di Stefano commençaient à ressentir le poids des ans. Quant au Barça, sa finale perdue en mai 1961 contre Benfica avait quelque peu disloqué l’équipe, notamment l’arrêt, le départ ou le déclin de quelques joueurs comme le gardien Ramallets, le meneur de jeu Suarez, qui quitta le club pour l’Inter de Milan, l’avant-centre brésilien Evaristo, les milieux Verges et Garay ou les attaquants anciennement hongrois comme Kubala, Kocsis et Czibor. Cependant cette équipe était malgré tout une des meilleures en Europe, ce qui n’empêcha pas l’Atlético de Madrid de remporter 3 Coupes d’Espagne entre 1960 et 1965, plus le championnat en 1966.

C’est à cette époque, en 1962, que l’Atlético remporta la deuxième édition de la Coupe des Coupes en battant en finale la Fiorentina (1-1 et 3-0) qui était tenante du titre. Cette finale fut jouée en deux temps, d’abord le 10 mai à Glasgow où les deux équipes ne parvinrent pas à se départager, Peiro et le remarquable Suédois de la Fiorentina, Kurt Hamrin, marquant chacun un but, les prolongations n’y changeant rien. Ensuite les deux clubs se mirent d’accord pour jouer le second match en septembre à Stuttgart, où cette fois les colchoneros l’emportèrent facilement (3-0), avec des buts de Jones, Mendoza et l’inévitable Peiro.

En revanche l’année suivante l’Atlético ne réussit pas à conserver son trophée face à Tottenham, qui écrasa les Madrilènes sur le score de 5-1, avec deux doublés de Jimmy Greaves (un des meilleurs joueurs anglais de l’histoire) et Dyson, plus un de White, Collar marquant pour l’Atlético sur pénalty. Au passage on notera que c’était la première victoire d’un club anglais dans une Coupe d’Europe. Il y en aura bien d’autres ! Cela dit, malgré le départ de son meilleur joueur, Peiro, pour le Torino (deuxième club de Turin) avant de rejoindre le grand Inter de Milan, l’Atlético remportera en 1966 le titre de champion d’Espagne, comme je l’ai dit précédemment, au nez et à la barbe du grand rival madrilène qu’était le Real qui, cette année-là, remporta sa sixième Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions), avec comme vedettes le gardien Araquistain, et les attaquants Amancio, Grosso et…Gento, seul survivant de la grande équipe de la décennie 50.

Parmi les meilleurs joueurs de l’Atlético à ce moment, on citera des noms connus comme le gardien Madinabeytia, les arrières Rivilla, Griffa, Rodriguez, le demi Glaria et son compère brésilien Ramiro, ancien coéquipier de Pelé à Santos (jusqu’en 1959), et les attaquants Jones (originaire de la Guinée Equatoriale), Chuzo, Mendoza et le plus connu de tous Collar, sans oublier Adelardo qui a joué 511 matches en rouge et blanc, soit 41 de plus que Collar (470). Tous ces joueurs sont les prédécesseurs les plus glorieux des héros les plus récents du club, qui ont emballé ces dernières années l’Europe du football, depuis le gardien belge Courtois, jusqu’à l’ancien joueur du PSG Rodriguez, en passant par Juanfran, Koké, Lopez, Adnan Turan, Miranda, Godin, Filipe Luiz et les buteurs stars que furent ou sont l’Uruguayen Forlan, le Colombien Falcao, surnommé le Tigre, et Diego Costa. Ces deux derniers jouent à présent en Angleterre, avec des fortunes diverses, Falcao, qui n’arrive pas à s’imposer à Manchester United et Diego Costa qui, au contraire, régale les supporters de Chelsea. Mais si l’un et l’autre ont quitté l’Atlético, il y a la relève qui est arrivée, avec Mandcuzik, Torres et notre Antoine Griezmann, qui a réussi très rapidement à convaincre l’entraîneur Simeone de sa grande valeur. Simeone, dont on évoque le nom au PSG pour l’été prochain en remplacement de Laurent Blanc. Par parenthèse, il était plutôt cocasse de lire hier une info du quotidien AS, qui croit savoir que l’Atlético Madrid allait trainer le Paris Saint-Germain devant la FIFA pour avoir approché leur entraîneur sans l’accord du club ibérique. Si l’information est juste, ce serait une nouvelle preuve de l’hypocrisie qui règne dans le monde du football, car cette pratique (accord du club pour une approche de l’un de ses joueurs ou entraîneurs) est évidemment très répandue.

Au passage, on notera que l’Atlético de Madrid était tombé en deuxième division au début des années 2000, en raison de multiples problèmes, notamment financiers. Cela ne les a pas empêché de rebondir, alors qu’en France des clubs comme le Stade de Reims, l’OGC Nice, l’AS Saint-Etienne, qui ont dominé le championnat de France pendant des périodes plus ou moins longues, n’ont jamais retrouvé le niveau qu’avaient ces clubs à l’époque où ils faisaient de bons résultats en Coupe d’Europe (2 finales de C1 pour le Stade de Reims en 1956 et 1959, une finale de C1 pour l’ASSE en 1976, et un quart de finale de C1 pour l’OGC Nice en 1960). L’Atlético de Madrid a tellement rebondi, que s’il y a globalement domination sur le plan national du Real et du Barça, sur ces cinq dernières années le palmarès européen de l’Atlético est quasiment égal à celui du Real Madrid, malgré un budget très inférieur. Il est vrai que le Real est le club champion des transferts en achetant pour des sommes considérables des joueurs comme Bale ( près de 100 M d’euros) ou encore comme Illaramendi (32 M d’euros) et Khedira… qui ne jouent quasiment pas, ce qui n’a pas empêché ce même Real d’avoir fait signer cet hiver le jeune Brésilien Luca Silva pour 14 Millions d’euros. Preuve que le fair-play financier ne s’applique pas à tout le monde !

A ce propos, je voudrais revenir de nouveau sur cette invention loufoque de l’UEFA, qui favorise les clubs installés, parfois très endettés, au détriment des nouveaux riches, comme le PSG ou l’AS Monaco en France. Ces deux clubs étaient, en effet, susceptibles à très court terme de s’immiscer au plus haut sommet des clubs de notre continent, jusqu’à la mise en place de ce fair-play financier, qui est venu briser leur élan, avec une interdiction scandaleuse de recruter les joueurs qu’ils veulent, les empêchant de lutter à armes égales avec les Manchester United, Real Madrid, FC Barcelone, Bayern Munich ou Chelsea. Si j’emploie le mot « scandaleuse », c’est parce que des clubs surendettés comme certains ténors en Angleterre ou en Espagne, dont l’Atlético de Madrid, semblent pouvoir acheter à tout va, alors que le PSG, sans dette, en est réduit à faire des comptes d’apothicaire pour recruter un joueur. A croire que l’on veut vraiment empêcher le club parisien de jouer dans la cour des grands !

Néanmoins il y a un espoir, avec la plainte déposée par des supporters du PSG…qui pourrait bien mettre à mal cette institution dont Platini, président de l’UEFA, est si fier, mais qui contrevient au droit communautaire de l’U.E., et qui empêche les clubs qui en ont les moyens d’investir. Comment le PSG peut-il jouer à armes égales avec un plafond d’investissement en joueurs limité à 60 millions d’euros, alors que d’autres comme Manchester United ont pu dépenser 200 millions cet été , et qu’ils sont prêts à investir 90 millions d’euros aujourd’hui pour embaucher Hummels (défenseur central) et De Bruyne (milieu)? A croire que tout le monde peut recruter qui il veut…sauf le PSG ! A propos, comment le PSG peut-il attirer quelques uns des meilleurs joueurs de la planète avec 60 millions d’euros, généreusement octroyés par l’UEFA, alors que cette somme est devenue presque banale sur le marché des transferts ? Et quand j’écris cela ce n’est pas une galéjade, dans la mesure ou un joueur comme Otamendi, défenseur de Valence, a une clause libératoire de 80 Millions d’euros. Quelle blague de la part de l’UEFA, qui en plus ne veut même pas tenir compte des règles fiscales, lesquelles ne sont pas du tout les mêmes en Angleterre, en Allemagne ou en France !

Michel Escatafal


Le PSG, ce nouveau riche dérangeant…

uefaAujourd’hui je ne vais pas trop me fatiguer pour écrire un article (le trois cent unième), car je vais reprendre presque  intégralement une réponse que j’ai faite à propos d’un billet de Bruno Roger-Petit (Sport 24) sur le Fair Play Financier. Au passage je précise que c’est le seul forum sur lequel je glisse quatre ou cinq fois par an une réponse, tellement les interventions sur lesdits forums sont affligeantes de bêtises et font ressortir le manque de culture de la plupart des intervenants. C’est la raison pour laquelle j’en profite pour dire que sur mon site les commentaires sont sélectionnés, ce qui évite d’y lire poncifs et stupidités.

Fermons cette longue parenthèse introductive et parlons de nouveau de ce ridicule Fair Play Financier, tant vanté par Michel Platini, qui montre à quel point l’UEFA est influencée par les suggestions des clubs historiques, avec une mention spéciale pour le Bayern Munich, qui a beaucoup de mal à accepter l’irruption du PSG parmi les « grands d’Europe ». Et pourtant le PSG est un club sans problème, sans dette, bref un club que les Allemands devraient apprécier…s’il ne devenait pas un rival encombrant. Il est vrai que dans notre singulier pays, certains soi-disant amateurs de foot préfèrent les clubs étrangers, et ils sont plus nombreux qu’on croit. Il y en a même qui, sur les forums, disent « nous » (ridicule!!!) en parlant de Manchester United, du Real, du Barça, d’Arsenal ou de la Juventus, ce qu’ils ne font jamais ou presque pour les clubs de Ligue 1.

Amusant comme les Français n’aiment pas le PSG! J’ose espérer que ce n’est pas parce que les ressources de ce club proviennent de l’étranger. D’ailleurs ce ne serait pas logique, car l’actionnaire majoritaire de Manchester Utd est américain. J’ose espérer aussi que ce n’est pas parce que le PSG est un club opérant en Ligue 1, ce championnat tellement décrié…par les Français. Il paraît que le niveau y est très bas, et le spectacle très souvent nul. Pour le spectacle je veux bien, même si quelques clubs (Lorient par exemple) jouent un joli football, mais la Ligue 1 est loin d’être un championnat aussi facile qu’on le dit, et j’en ai pour preuve les difficultés qu’ont connues des joueurs comme Moutinho ou Falcao, ce dernier marquant beaucoup moins à Monaco qu’auparavant à l’Atlético Madrid.  Autre preuve, le jugement de Carlo Ancelotti, qui est mieux placé que quiconque pour apprécier la difficulté de notre championnat, lui qui, avec son armada de vedettes, avait dû subir la loi de Montpellier pour sa première demi-saison au PSG.

Certes les clubs français ont eu le tort de négliger la Coupe UEFA, seule la LdC les intéressant…parce que beaucoup plus lucrative. Mais il faut aussi comprendre les dirigeants de nos clubs, très étroitement surveillés par la DNCG, ce qui n’est pas le cas partout. Il y a aussi les différences de charges fiscales etc. Tout cela pour dire qu’en France, contrairement à d’autres pays, la plupart de nos clubs de Ligue 1 jouent chaque année pour leur survie avec le risque de descente en Ligue 2, ce qui explique les tactiques défensives de nombre d’équipes. Et oui, un club qui perd de l’agent et qui est trop endetté en Ligue 1 subit les foudres de la DNCG!

Le PSG (comme Manchester City) n’a évidemment pas ce type de problème, parce que son actionnaire est richissime…ce qui dérange les clubs « historiques ». On a toléré un temps l’irruption de Chelsea, mais on ne veut pas que le phénomène se répande trop, car la très lucrative Ligue des Champions paraît être une chasse gardée. Et il ne faut pas que le gâteau soit partagé en trop de parts, d’autant que cela pourrait donner des idées à d’autres investisseurs argentés. Pourtant le football y gagnerait, sachant que dix ou douze prétendants à la victoire en LdC ce serait mieux que trois ou quatre.

On me fera remarquer que l’AS Monaco en 2004 a été finaliste de la LdC contre le FC Porto. Certes, mais c’était en 2004. On me fera aussi remarquer que l’Atlético Madrid a été finaliste cette année, mais on oublie que l’Atlético ne pourrait pas opérer en Ligue 1 en raison de ses dettes. En revanche l’Atlético Madrid n’a pas l’air pour le moment dans la ligne de mire de l’UEFA, pas plus que les clubs russes qui offrent des salaires extraordinaires aux joueurs, en ce qui concerne le fameux FPF. Manchester United n’y est même pas du tout, ce qui lui a permis de dépenser  200 ou 250 millions pour se renforcer (bravo le FPF!), malgré ses dettes, alors que le PSG, qui n’a pas de dette, n’a pas le droit de dépenser…son argent. Pire encore, si un équipementier octroie 100M d’euros à un club comme Manchester United c’est normal. Si le PSG reçoit de l’argent d’un très gros sponsor, on le divise par deux. Encore bravo!

Un dernier mot enfin : comment le PSG (ou Manchester City) pourrait-il s’inscrire parmi les très grands clubs si son palmarès reste vierge de victoires en LdC? Or, chacun sait que pour gagner la LdC il faut à la fois de l’expérience et un effectif qualitatif et quantitatif surdimensionné. Pour avoir cela le PSG aurait dû recruter un ou deux fuoriclasse de plus, et ne pas être limité par le nombre de joueurs inscrits. A cause du FPF il n’a pas pu se renforcer comme il l’aurait voulu. Et le plus cocasse est qu’il lui a été nécessaire d’avoir recours à un artifice pour recruter Aurier. Oui, le club le plus riche de la planète, du moins celui qui est susceptible de disposer des plus importantes ressources grâce à son actionnaire, est obligé de quémander un prêt au Toulouse FC pour Aurier. On croit rêver…et pourtant nombre de Français trouvent cela normal, ce qui n’est pas le cas, ou beaucoup moins, à l’étranger. Au fait les Français méritent-ils un club comme le PSG?

Michel Escatafal


L’Atlético de Madrid ne supporte pas les temps additionnels

costaCette année 2014 aura été vraiment incroyable en ce qui concerne les deux grands sports collectifs inventés par nos amis anglais, plus particulièrement en ce qui concerne les résultats, malmenant parfois l’histoire la plus ancienne. Si j’écris cela c’est parce qu’hier soir nous avons assisté à deux scenarios très différents en ce qui concerne les finales de la Ligue des Champions et de la Coupe d’Europe de rugby, scénarios qui nous font aussi réfléchir sur l’évolution de ces deux sports collectifs, l’un, le rugby, utilisant au maximum la technologie moderne, l’autre, le football, demeurant ancré dans ses certitudes devenues complètement obsolètes. Résultat, autant le rugby essaie d’être au plus près de la réalité d’un match, autant le football vit sur une planète ancienne qui fait penser aux aberrations des détracteurs de Galilée relatives au mouvement de la terre. Pas étonnant de la part de gens comme Michel Platini, croyant que la planète football n’a nullement évolué depuis le vingtième siècle, et qui a cru intelligent d’instaurer un fair-play financier démagogique…dans le seul but, aux yeux de ses détracteurs, de s’assurer un maximum de voix lors des prochaines élections de la FIFA ou de l’UEFA. Un fair-play financier qui permet à des clubs cumulant des dettes astronomiques de toutes sortes d’être « dans les clous » du dispositif, alors que l’on condamne à de lourdes sanctions, financières et sportives, d’autres clubs ayant un bilan équilibré sans aucune dette fiscale, sociale ou bancaire (cas du PSG). Et tout cela en faisant un calcul « au doigt mouillé », donc tout à fait arbitraire, des rentrées d’argent apportées par les sponsors.

Après cette longue introduction, passons à présent aux raisons de mon propos, en pensant à ce qui s’est passé hier soir entre le Real Madrid et l’Atlético. Peu m’importe que Real ait remporté cette Ligue des Champions, puisque je ne suis supporter d’aucune de ces deux équipes, mais en revanche je trouve hallucinant que dans les matches de football de ce niveau on fasse jouer quatre, cinq, six ou sept minutes d’arrêts de jeu, ce calcul étant fait plus ou moins lui aussi « au doigt mouillé », sauf évidemment en cas de très grave blessure ou de problème technique pendant le match. Pourquoi ne pas faire comme dans le rugby ou, en cas d’arrêt de jeu, l’arbitre du milieu donne l’ordre d’arrêter et de reprendre le chronomètre. Reconnaissons que cela a au moins le mérite d’être juste et équitable, la sirène annonçant la fin du temps règlementaire, sauf aux yeux des hiérarques des instances du football. Bien sûr il ne faut pas exagérer le recours aux procédés techniques modernes, afin de ne pas dénaturer le jeu, mais force est de reconnaître que la vidéo permet dans la quasi-totalité des cas de valider un essai ou une pénalité, sans parler des fautes grossières des joueurs. En revanche ce type d’exagération ne risque pas d’arriver au football…parce qu’on refuse obstinément d’avoir recours à la vidéo, y compris pour ce qui se passe dans la surface de réparation, d’où les innombrables protestations de joueurs, entraîneurs ou dirigeants de club. En revanche on n’hésite pas à infliger 20 millions d’euros d’amende au PSG ou à Manchester City…pour les punir d’être trop riches !

Et puisque je n’ai pas trop le temps, et que nous sommes sur un bloc consacré surtout à l’histoire du sport, je voudrais rappeler quelques faits qui ont marqué nos jeunes années (pour les plus anciens), et qui montrent que l’histoire se répète toujours, même si, comme l’affirmait Karl Marx (qui n’avait jamais joué au football), elle ne se répète pas nécessairement « la première fois comme une tragédie » et « la seconde comme une farce ». Encore que cela reste à démontrer, en voyant Diego Costa, l’avant-centre de l’Atlético Madrid, faire son apparition sur le terrain de la finale de Lisbonne samedi soir, alors qu’il était pourtant blessé aux adducteurs. Certes il y avait eu, dans les jours précédant le match, le remède de cheval employé par un mystérieux praticien de la médecine serbe, mais il ne fallait pas être un grand médecin pour savoir que Costa ne serait pas guéri en huit jours d’une lésion musculaire importante…qu’il avait aggravée en participant à la dernière journée du championnat d’Espagne, contre le FC Barcelone, la semaine précédente. Pire même, cela pourrait lui coûter sa place à la Coupe du Monde avec l’équipe d’Espagne. Cela rappelle, à ceux qui se souviennent de l’épopée des Verts de Saint-Etienne (en 1975-1976), le remplacement de Sarramagna par Rocheteau en finale de la Coupe d’Europe contre le Bayern de Munich, l’entraîneur stéphanois, Robert Herbin, tentant le tout pour le tout en faisant jouer blessé son atout numéro un de l’époque.

Rocheteau en effet, absent des terrains depuis plus d’un mois et en attente d’une opération pour le guérir d’un problème musculaire, avait quand même fait le déplacement avec ses camarades à Glasgow au cas où il pourrait apporter son génie et sa force de percussion, si la nécessité s’en faisait sentir, ce qui était le cas, le Bayern menant 1-0 depuis la minute 57. Et cela faillit marcher ! Pendant les huit dernières minutes l’attaque stéphanoise devint très dangereuse, Rocheteau et ses crochets donnant le tournis aux défenseurs allemands. Cela dit, malgré l’apport de l’Ange Vert, la finale se termina en tragédie, le Bayern de Maier, Beckenbauer, Muller, Hoeness et Rummenige l’emportant 1-0. En tragédie et non en farce, parce que Rocheteau était l’ultime recours pour les Stéphanois afin d’arracher une égalisation bien méritée. En revanche pour ce qui concerne Costa ce fut une farce, dans la mesure où il fut quasiment incapable de toucher le moindre ballon avant sa sortie à la neuvième minute.

Et puisque je parle de l’Atlético et de sa défaite par le Real samedi dernier en finale de la Ligue des Champions, cela me rappelle un épisode et un scénario ressemblant en tous points à celui que nous avons vécu lors de cette première finale cent pour cent madrilène dans l’histoire de la C1. Au passage, je devrais écrire finale qui opposait, pour la première fois depuis la création de la Coupe d’Europe des clubs champions, deux clubs issus de la même ville…ce qui aurait pu se produite avec Milan, Manchester, Lisbonne ou Londres, mais pas pour les clubs français, lesquels ont tellement de mal à composer une équipe de dimension européenne, ce qui en fait une exception en Europe! Fermons la parenthèse pour revenir à ce triste jour pour l’Atlético de Madrid que fut la victoire du Bayern Munich en finale de la C1, le 17mai 1974 à Bruxelles (4-0). Mais quand j’évoque le triste jour, ce fut plus encore le 15 mai, l’Atlético se faisant rejoindre par le Bayern, lors du premier match (il n’y avait pas à l’époque les tirs au but en cas d’égalité après prolongations) à la 94è minute. Exactement le même scénario que 40 ans plus tard, sauf que le buteur s’appelait à l’époque Schwarzenbeck et cette fois Sergio Ramos, sauf aussi que Schwarzenbeck marqua d’un tir de 20 mètres du pied droit et Ramos de la tête.

Là par contre, ce fut dans les deux cas une tragédie pour l’Atlético de Madrid, au point qu’on peut se demander s’il s’en remettra. Si je dis cela c’est parce que le club aurait, nous dit-on, plus de 500 millions d’euros de dettes, avec un arriéré d’impôts de plus de 100 millions. Cela étant son vainqueur en finale de la Ligue des Champions 2014, le Real Madrid, aurait lui aussi une dette globale de plus de 500 millions d’euros, même si le président du Real n’en reconnaît que 90 millions, dus exclusivement aux banques. Problème, si l’on en croit certaines associations, cette dette serait bien de plus de 500 millions dont une partie à l’administration publique, ce qui n’empêche pas le président du Real de vouloir rénover le stade Bernabeu, pour un coût de 400 millions d’euros, qui serait financé…en ayant recours « à une formule ingénieuse ». On comprend que tout cela fasse tousser les détracteurs du flair-play financier, ceux-ci estimant que le PSG et Manchester City, pas du tout endettés je le répète, n’auraient jamais dû être sanctionnés, les moyens de leurs actionnaires et de leurs gros sponsors étant en outre quasi illimités. Finalement Cantona a bien raison de parler de « politique » à propos de Michel Platini et de l’UEFA ! Au fait, moi qui voulais parler de rugby et du RC Toulon, je n’ai écrit que sur le football. Ce sera pour la prochaine fois.

Michel Escatafal


Le « fair-play financier », la plus stupide des fausses bonnes idées

FPFJe ne dois pas être très intelligent, sinon je ne me poserais pas la question : c’est quoi le « flair-play financier » ? Oui, désolé, mais je ne comprends pas pourquoi on a décidé à l’UEFA, dirigée par Michel Platini, de créer « ce machin », comme aurait dit le général de Gaulle. Car il s’agit bien d’un « machin » destiné à quelque chose, mais quoi ? Certes, on va me répondre que le « machin » en question est théoriquement destiné à égaliser les chances des clubs participant aux compétitions européennes, afin que ce ne soit pas toujours les mêmes qui gagnent. A priori c’est une bonne idée, mais, c’est trop beau pour être vrai, en précisant toutefois qu’on ne compte plus les clubs aux moyens financiers peu importants qui ont remporté une coupe européenne, à commencer par la Ligue des Champions ou, si l’on préfère, la C1, comme on dit dans le monde du football. Parmi ces clubs je citerais Nottingham Forest (2 fois en 1979 et 1980), Aston Villa (en 1982), le SV Hambourg (en 1983), le Steaua Bucarest (en 1986), le FC Porto 2 fois en 1987 et 2004), l’Etoile Rouge de Belgrade (en 1991), et même l’Ajax d’Amsterdam (4 fois en 1971, 1972, 1973 et 1995) ou encore le Benfica de Lisbonne (2 fois en 1961 et 1962), le Celtic de Glasgow (en 1967), le Feyenoord de Rotterdam (en 1970) .

J’ai même envie d’ajouter à ces noms l’Olympique de Marseille de Bernard Tapie qui, contrairement à ce qu’on croit, était loin d’avoir les moyens du club que l’équipe phocéenne avait battu en finale de 1973, le Milan AC. Preuve que ce ne sont pas toujours les clubs les plus puissants financièrement qui finissent par l’emporter, d’autant que, cette année, l’Atlético de Madrid pourrait très bien devenir champion d’Europe avec un budget nettement inférieur aux trois autres clubs qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des Champions, le Real Madrid, le Bayern de Munich et Chelsea, club qui prête ses nouvelles recrues un peu partout en Europe, ce qui est une manière d’investir sans faire exploser sa masse salariale et être à l’abri des tracasseries de l’UEFA…ce qui peut aussi générer de gros bénéfices (cas de Courtois ou Lukaku), sans trop creuser les pertes si le joueur n’est pas aussi doué qu’on l’imagine.

Quand je parle de clubs « les plus puissants financièrement », je devrais ajouter « en apparence », car certains clubs disposant soi-disant d’un budget illimité sont extrêmement endettés. Je n’en citerais que deux, sans doute les plus connus dans le monde, le Real et le FC Barcelone, qui à eux deux ont remporté 13 titres en C1 (9 pour le Real et 4 pour le Barça). Au passage je ferais observer que le Real, qui, à grands coups de millions prêtés par les banques, a acheté depuis plus de dix ans la plupart des meilleurs joueurs du monde (dont C. Ronaldo et Gareth Bale), n’a pas gagné une seule fois la Ligue des Champions depuis 2002. Comme quoi l’argent ne fait pas forcément le bonheur, au football comme ailleurs. Alors, me direz-vous, pourquoi cette tocade de l’UEFA à propos du « flair play financier » ?

Et bien, comme sans doute vous tous, je n’en sais rien, car je ne vois pas réellement ce que cela va changer dans le monde du football…sauf à pérenniser et à figer la situation actuelle dans la hiérarchie des clubs de football. Dit autrement, cela signifie aussi que l’UEFA ne veut pas que des riches investisseurs achètent des clubs susceptibles de bousculer la hiérarchie globale des clubs les plus réputés de la planète. En disant cela, je pense notamment à Manchester City et au Paris Saint-Germain, qui sont les clubs phares visés par le « flair play financier ». Par parenthèse, je note que Manchester City, appartenant depuis 2008 à un membre du Conseil exécutif de l’émirat d’Abou Dabi, et qui dispose donc de très gros moyens, n’a toujours pas dépassé le stade des huitièmes de finales de la Ligue des Champions depuis 2008, et s’est contenté d’un titre de champion d’Angleterre en 2012 et d’une Coupe d’Angleterre en 2011. Rien de bien extraordinaire, comparé à des clubs nettement moins riches. Cela étant, Manchester City, comme le PSG, a les moyens de frapper très fort sur le marché des transferts pour enfin figurer dans le dernier carré de la Ligue des Champions et, pourquoi pas, la remporter…sauf si l’UEFA l’empêche de recruter des joueurs ou à défaut lui interdit d’aligner ses recrues dans les compétitions européennes. Idem pour le PSG. Cela signifie que le Real Madrid, malgré son colossal endettement, pourra recruter qui il veut, et faire jouer ses recrues en Ligue des Champions, mais pas Manchester City ou le PSG, alors que le PSG affiche un déficit de 3.5 millions d’euros et n’a pas de dettes autres que celles vis-à-vis de son actionnaire.

Plus curieux encore, alors que le PSG a un contrat d’image et de sponsoring avec QTA (Autorité du Tourisme Qatarien) de 200 millions qui lui assure une visibilité totale à court et moyen-terme, l’UEFA fait des difficultés au club parisien, alors que tel autre club très endetté peut, s’il le désire, refaire à grands frais son stade…parce que tout investissement lié à la rénovation du stade n’entre pas en compte dans le calcul de la dette. Bref, même si ce financement du stade est monté intégralement grâce à des concours bancaires, le club ne risque rien vis-à-vis du « flair-play financier », alors qu’il n’accepte pas un sponsoring pur et dur en provenance d’un Etat… parmi les plus riches du monde. Ridicule!   Après tout si le Qatar a investi sur le PSG, et si un établissement qatari fait du sponsoring pour attirer l’attention sur le pays, ce n’est sans doute pas pour le plaisir de dépenser de l’argent, même s’il en a énormément, mais surtout pour avoir un retour, par exemple sur le tourisme, encore assez embryonnaire au Qatar par rapport à d’autres activités du pays. En outre le PSG est devenu une vitrine pour ce pays…au même titre qu’elle l’est et l’a été pour d’autres clubs dans d’autres pays.

Un dernier mot enfin : qui s’est indigné dans les années 50 au moment où le Real Madrid a remporté cinq fois de suite l’ancêtre de la Ligue des Champions (Coupe d’Europe des clubs champions), entre 1956 et 1960? Personne, et pourtant le club madrilène achetait systématiquement les meilleurs joueurs de la planète, ce qui lui permettait d’avoir dans ses rangs le meilleur défenseur du monde (Santamaria) et les quatre plus grand joueurs de l’époque, Di Stefano, Kopa, Puskas et Didi. Et le Real des années 2000, avec Ronaldo (le Brésilien), Figo, Zidane, Beckham, appelés les « galactiques », qui s’en souciait ? Personne. Alors pourquoi chercher des poux dans la tête au PSG, à Manchester City, qui, après tout, ne font qu’appliquer les mêmes méthodes que le Real d’autrefois et d’aujourd’hui, que le Barça d’autrefois et d’aujourd’hui, que l’Inter de Milan, le Milan AC et la Juventus autrefois ? Et le Bayern de Munich et Manchester United, n’ont-t-ils pas de gros sponsors, et ne paient-ils pas leurs vedettes au même tarif que celles du PSG ou de City ? Alors pourquoi toutes ces tracasseries pour certains clubs ? Je m’interroge, et j’espère qu’en cas de sanctions qui empêcheraient les clubs d’investir comme ils l’entendent, les tribunaux trancheront en leur faveur. De toute façon, quoi qu’il arrive, il y aura toujours des clubs plus riches que d’autres…et ce sera ma conclusion pour ce débat qui serait sans fin si l’on n’y met pas un terme.

Michel Escatafal