Le « fair-play financier », la plus stupide des fausses bonnes idées

FPFJe ne dois pas être très intelligent, sinon je ne me poserais pas la question : c’est quoi le « flair-play financier » ? Oui, désolé, mais je ne comprends pas pourquoi on a décidé à l’UEFA, dirigée par Michel Platini, de créer « ce machin », comme aurait dit le général de Gaulle. Car il s’agit bien d’un « machin » destiné à quelque chose, mais quoi ? Certes, on va me répondre que le « machin » en question est théoriquement destiné à égaliser les chances des clubs participant aux compétitions européennes, afin que ce ne soit pas toujours les mêmes qui gagnent. A priori c’est une bonne idée, mais, c’est trop beau pour être vrai, en précisant toutefois qu’on ne compte plus les clubs aux moyens financiers peu importants qui ont remporté une coupe européenne, à commencer par la Ligue des Champions ou, si l’on préfère, la C1, comme on dit dans le monde du football. Parmi ces clubs je citerais Nottingham Forest (2 fois en 1979 et 1980), Aston Villa (en 1982), le SV Hambourg (en 1983), le Steaua Bucarest (en 1986), le FC Porto 2 fois en 1987 et 2004), l’Etoile Rouge de Belgrade (en 1991), et même l’Ajax d’Amsterdam (4 fois en 1971, 1972, 1973 et 1995) ou encore le Benfica de Lisbonne (2 fois en 1961 et 1962), le Celtic de Glasgow (en 1967), le Feyenoord de Rotterdam (en 1970) .

J’ai même envie d’ajouter à ces noms l’Olympique de Marseille de Bernard Tapie qui, contrairement à ce qu’on croit, était loin d’avoir les moyens du club que l’équipe phocéenne avait battu en finale de 1973, le Milan AC. Preuve que ce ne sont pas toujours les clubs les plus puissants financièrement qui finissent par l’emporter, d’autant que, cette année, l’Atlético de Madrid pourrait très bien devenir champion d’Europe avec un budget nettement inférieur aux trois autres clubs qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des Champions, le Real Madrid, le Bayern de Munich et Chelsea, club qui prête ses nouvelles recrues un peu partout en Europe, ce qui est une manière d’investir sans faire exploser sa masse salariale et être à l’abri des tracasseries de l’UEFA…ce qui peut aussi générer de gros bénéfices (cas de Courtois ou Lukaku), sans trop creuser les pertes si le joueur n’est pas aussi doué qu’on l’imagine.

Quand je parle de clubs « les plus puissants financièrement », je devrais ajouter « en apparence », car certains clubs disposant soi-disant d’un budget illimité sont extrêmement endettés. Je n’en citerais que deux, sans doute les plus connus dans le monde, le Real et le FC Barcelone, qui à eux deux ont remporté 13 titres en C1 (9 pour le Real et 4 pour le Barça). Au passage je ferais observer que le Real, qui, à grands coups de millions prêtés par les banques, a acheté depuis plus de dix ans la plupart des meilleurs joueurs du monde (dont C. Ronaldo et Gareth Bale), n’a pas gagné une seule fois la Ligue des Champions depuis 2002. Comme quoi l’argent ne fait pas forcément le bonheur, au football comme ailleurs. Alors, me direz-vous, pourquoi cette tocade de l’UEFA à propos du « flair play financier » ?

Et bien, comme sans doute vous tous, je n’en sais rien, car je ne vois pas réellement ce que cela va changer dans le monde du football…sauf à pérenniser et à figer la situation actuelle dans la hiérarchie des clubs de football. Dit autrement, cela signifie aussi que l’UEFA ne veut pas que des riches investisseurs achètent des clubs susceptibles de bousculer la hiérarchie globale des clubs les plus réputés de la planète. En disant cela, je pense notamment à Manchester City et au Paris Saint-Germain, qui sont les clubs phares visés par le « flair play financier ». Par parenthèse, je note que Manchester City, appartenant depuis 2008 à un membre du Conseil exécutif de l’émirat d’Abou Dabi, et qui dispose donc de très gros moyens, n’a toujours pas dépassé le stade des huitièmes de finales de la Ligue des Champions depuis 2008, et s’est contenté d’un titre de champion d’Angleterre en 2012 et d’une Coupe d’Angleterre en 2011. Rien de bien extraordinaire, comparé à des clubs nettement moins riches. Cela étant, Manchester City, comme le PSG, a les moyens de frapper très fort sur le marché des transferts pour enfin figurer dans le dernier carré de la Ligue des Champions et, pourquoi pas, la remporter…sauf si l’UEFA l’empêche de recruter des joueurs ou à défaut lui interdit d’aligner ses recrues dans les compétitions européennes. Idem pour le PSG. Cela signifie que le Real Madrid, malgré son colossal endettement, pourra recruter qui il veut, et faire jouer ses recrues en Ligue des Champions, mais pas Manchester City ou le PSG, alors que le PSG affiche un déficit de 3.5 millions d’euros et n’a pas de dettes autres que celles vis-à-vis de son actionnaire.

Plus curieux encore, alors que le PSG a un contrat d’image et de sponsoring avec QTA (Autorité du Tourisme Qatarien) de 200 millions qui lui assure une visibilité totale à court et moyen-terme, l’UEFA fait des difficultés au club parisien, alors que tel autre club très endetté peut, s’il le désire, refaire à grands frais son stade…parce que tout investissement lié à la rénovation du stade n’entre pas en compte dans le calcul de la dette. Bref, même si ce financement du stade est monté intégralement grâce à des concours bancaires, le club ne risque rien vis-à-vis du « flair-play financier », alors qu’il n’accepte pas un sponsoring pur et dur en provenance d’un Etat… parmi les plus riches du monde. Ridicule!   Après tout si le Qatar a investi sur le PSG, et si un établissement qatari fait du sponsoring pour attirer l’attention sur le pays, ce n’est sans doute pas pour le plaisir de dépenser de l’argent, même s’il en a énormément, mais surtout pour avoir un retour, par exemple sur le tourisme, encore assez embryonnaire au Qatar par rapport à d’autres activités du pays. En outre le PSG est devenu une vitrine pour ce pays…au même titre qu’elle l’est et l’a été pour d’autres clubs dans d’autres pays.

Un dernier mot enfin : qui s’est indigné dans les années 50 au moment où le Real Madrid a remporté cinq fois de suite l’ancêtre de la Ligue des Champions (Coupe d’Europe des clubs champions), entre 1956 et 1960? Personne, et pourtant le club madrilène achetait systématiquement les meilleurs joueurs de la planète, ce qui lui permettait d’avoir dans ses rangs le meilleur défenseur du monde (Santamaria) et les quatre plus grand joueurs de l’époque, Di Stefano, Kopa, Puskas et Didi. Et le Real des années 2000, avec Ronaldo (le Brésilien), Figo, Zidane, Beckham, appelés les « galactiques », qui s’en souciait ? Personne. Alors pourquoi chercher des poux dans la tête au PSG, à Manchester City, qui, après tout, ne font qu’appliquer les mêmes méthodes que le Real d’autrefois et d’aujourd’hui, que le Barça d’autrefois et d’aujourd’hui, que l’Inter de Milan, le Milan AC et la Juventus autrefois ? Et le Bayern de Munich et Manchester United, n’ont-t-ils pas de gros sponsors, et ne paient-ils pas leurs vedettes au même tarif que celles du PSG ou de City ? Alors pourquoi toutes ces tracasseries pour certains clubs ? Je m’interroge, et j’espère qu’en cas de sanctions qui empêcheraient les clubs d’investir comme ils l’entendent, les tribunaux trancheront en leur faveur. De toute façon, quoi qu’il arrive, il y aura toujours des clubs plus riches que d’autres…et ce sera ma conclusion pour ce débat qui serait sans fin si l’on n’y met pas un terme.

Michel Escatafal


Le F.C. Porto, l’exemple à suivre pour l’Olympique Lyonnais

Alors que l’Olympique Lyonnais a disputé mardi soir le match aller des huitièmes de finale de la Ligue des champions, stade que l’O.L. a atteint pour la huitième fois consécutive, j’imagine déjà quelles seront les réactions de son président, J.M. Aulas, s’il ne parvient pas à passer ce premier obstacle dans la phase d’élimination directe de la compétition phare en Europe. Et si je parle ainsi, c’est parce que Lyon a dû se contenter d’un seul but d’avance face à l’Apoel de Nicosie, de loin l’équipe la plus faible de celles encore présentes à ce stade de la compétition, ce qui laisse pour le match retour un suspens auquel personne ne s’attendait pas. D’ailleurs, si l’O.L. ne s’était pas qualifié de manière miraculeuse face à Zagreb, l’O.L. ne serait plus aujourd’hui qu’un bon club français luttant pour arracher une place européenne.

Si j’évoque J.M. Aulas de cette manière, c’est parce qu’on l’entend moins aujourd’hui qu’à l’époque où l’O.L. remportait ses sept titres de champion de France consécutivement (entre 2002 et 2008), ce qui signifie que son club est rentré dans le rang, en se contentant de se qualifier pour la Ligue des Champions (douze fois de suite quand même !), et parce que l’Olympique Lyonnais, encensé et loué par la presse pour sa gestion sportive depuis bientôt deux décennies, n’a plus les moyens d’animer le marche français des transferts, après quelques échecs retentissants accumulés ces dernières années. On peut citer le duo Keita-Bodmer acheté à prix d’or au LOSC, ou encore Gourcuff payé au prix d’un joueur du Real Madrid ou du Barça…et qui n’est plus titulaire aujourd’hui. Cela ne signifie pas que je mésestime le rôle éminent de J.M. Aulas dans le football français, loin de là, qui a fait de son club une véritable référence au niveau national, et a fait connaître l’Olympique Lyonnais au niveau européen. En revanche, lui qui se veut un gagneur invétéré, n’arrive pas à faire de Lyon ce que le F.C.Porto, par exemple a fait avec des moyens plus faibles. J’y reviendrai.

 Les détracteurs de J.M. Aulas lui reprochent aussi, très souvent, d’en vouloir à tout le monde (ou presque) à chaque échec, allant même jusqu’à dénoncer le système, c’est-à-dire le manque de moyens dont disposent les clubs français à l’échelle européenne, pour expliquer le fait que, même au plus fort de sa domination du football français, l’Olympique Lyonnais n’a jamais été en mesure de remporter la Ligue des Champions, comme ce fut le cas autrefois pour le Stade de Reims, deux fois finaliste de la Coupe d’Europe en1956 et 1959 et vainqueur de la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en 1953, ou encore de l’Olympique de Marseille, vainqueur de la Ligue des Champions en 1993, sans oublier l’AS Saint Etienne et l’AS Monaco, finalistes respectivement en 1976 et 2004. Au passage on notera la difficulté qu’ont les clubs français pour se maintenir au plus haut niveau…ce qui n’est pas le cas des grands clubs dans les pays voisins.

En parlant du manque de moyens des clubs français, on peut supposer que J.M. Aulas met de côté aujourd’hui le Paris Saint-Germain, qui bénéficie des fonds des investisseurs qataris. Fermons la parenthèse, pour dire que l’on peut trouver cette attitude du président lyonnais d’autant plus curieuse que J.M. Aulas a presque toujours tout obtenu des instances sportives et politiques de son pays, jusques et y compris la possibilité d’introduire son club en Bourse…avec la réussite que l’on connaît (la valeur de l’action oscille en ce moment entre 4.20 et 4.25 euros contre 24 euros au moment de l’introduction du titre OL Groupe en bourse en février 2007), sans oublier l’introduction des paris sportifs dont il fut un ardent promoteur.

Peut-être J.M. Aulas aurait-il dû gérer son club de manière plus rationnelle, par exemple en faisant des efforts pour donner à son club une politique sportive…adaptée à ses moyens. Quoiqu’il fasse, l’Olympique Lyonnais ne suscitera jamais la ferveur qui est celle du Barça à Barcelone, du Real à Madrid, de Manchester United à Manchester, de l’AC Milan et l’Inter à Milan ou de la Juventus à Turin…ni même l’O.M. à Marseille ou le PSG à Paris. C’est ainsi et pas autrement, et les clubs étrangers que je viens de citer ont une histoire que n’a pas l’Olympique Lyonnais. Ils sont au sommet du football européen depuis beaucoup plus de 50 ans…alors que l’Olympique Lyonnais est au sommet du football français depuis une dizaine ou une douzaine d’années, avec un passé peu fourni sur le plan du palmarès avant la période 2002-2008, se limitant à quatre victoires en Coupe de France (1964,1967,1973,2008), plus une demi-finale en Coupe des Coupes en 1964 avec des joueurs comme Aubour, Djorkaeff, Mignot, Combin, Di Nallo, Rambert, peut-être en valeur absolue la plus belle équipe qu’ait eue le club.

Oui, J.M. Aulas aurait dû faire preuve à une certaine époque d’un peu plus réalisme quant à l’évolution de son club. Si une non-qualification pour les quarts de finale de la Ligue des Champions serait une catastrophe sportive, vu le standing de son adversaire en huitième de finale, en revanche une non qualification en fin de saison pour la Ligue des Champions ne devrait pas être le drame que cela représenterait aux yeux de J.M. Aulas, notamment sur le plan financier. Il est vrai que, s’il parait normal qu’en juin le nouveau PSG, version qatarie, remporte le championnat, et que l’OM se qualifie pour la Ligue des Champions au vu de son passé et parce que l’OM marche fort après un début de saison difficile, voir Montpellier La Paillade se qualifier pour cette même Ligue des Champions au détriment de l’Olympique Lyonnais, avec une équipe composée uniquement de bons joueurs de Ligue 1, serait une forme d’humiliation pour un club ayant régné presque sans partage pendant sept ans sur le football français.

Une équipe qui a encore quelques grands noms dans ses rangs (Lloris, Bastos, Lisandro etc.), mais qui n’a plus rien gagné depuis la fin de la saison 2007-2008, où l’O.L. avait réalisé pour la première fois le doublé Coupe-Championnat. Et qu’arriva-t-il à la fin de cette saison glorieuse? Tout simplement, J.M. Aulas décida de remplacer son entraîneur, Alain Perrin, par un autre, Claude Puel, qui avait bien réussi…à Lille, et qui, d’après J.M. Aulas, allait permettre à son O.L. de franchir la dernière marche de son ascension, celle qui allait le conduire à une victoire en Ligue des Champions. Hélas pour J.M. Aulas, si Alain Perrin ne pouvait être comparé à Mourinho, Puel ne pouvait pas davantage soutenir la comparaison avec un Guardiola, un Lippi ou un Ancelotti. Et au lieu de poursuivre sa progression et de continuer à régner sur le football français, l’Olympique Lyonnais n’allait cesser de régresser dans la hiérarchie de la Ligue 1, malgré une place de demi-finaliste en Ligue des Champions en 2010, en ayant battu les Girondins de Bordeaux en quart de finale après avoir éliminé le Real en huitième.

Exploit sans lendemain, comme si c’était trop beau pour être vrai. Sans lendemain aussi parce que certains joueurs cadres sont partis, comme Juninho ou Benzema, ou avaient vieilli, comme Cris. Et comme on s’était trompé sur les remplaçants, il arriva inéluctablement ce qui devait arriver, à savoir l’échec, un échec qui rappelle un peu celui du grand Stade de Reims au début des années 60, lequel ne s’en remit jamais. Espérons que l’Olympique Lyonnais n’imite pas son glorieux prédécesseur, ou plutôt devrais-je dire ses glorieux prédécesseurs, car on peut mettre dans le lot l’AS Saint-Etienne, qui n’est plus que l’ombre du club qui menaçait le Bayern  de Munich dans les années 70, et faisait peur à tous les plus grands clubs européens. En parlant du Bayern, comme du reste je pourrais le faire d’Arsenal, je ne suis pas sûr que ces clubs aient des moyens tellement plus considérables que ceux de l’Olympique Lyonnais il y a quatre ou cinq ans. Et je pourrais surtout ajouter dans le lot le F.C. Porto, champion incontesté des clubs portugais avec le Benfica de Lisbonne, à qui l’Olympique Lyonnais aurait dû essayer de ressembler.

Au fait, est-ce que l’effectif de Porto a été tellement supérieur à celui de l’Olympique Lyonnais dans ses meilleures années? Sans doute pas. Est-ce que le F.C. Porto dispose de moyens financiers aussi conséquents que ceux des grands clubs européens? Non, et pourtant le F.C. Porto rivalise depuis bien longtemps avec les grands d’Europe. N’oublions pas que le F.C. Porto a remporté 2 fois la Ligue des champions anciennement appelée Coupe d’Europe des clubs champions (1987 et 2004), la Coupe Intercontinentale (1987 et 2004) devenu le championnat du monde des clubs, et la  Coupe de l’UEFA (2003) devenue la Ligue Europa dont le F.C. Porto est tenant du titre, sans parler de ses vingt cinq titres de champion du Portugal. Bref, un grand d’Europe sur le plan des résultats, pour ne pas dire un très grand, puisqu’il soutient la comparaison avec les plus grands clubs du continent (12e meilleur club de tous les temps d’après l’actualisation annuelle du classement historique de la FIFA).

 C’est donc bien cet exemple que l’Olympique Lyonnais aurait dû suivre, et non pas s’imaginer qu’il allait pouvoir rivaliser avec les monstres sacrés du football européen…qui sont nombreux à avoir des cadres techniques ou des joueurs en provenance du F.C. Porto, Mourinho et Villas Boas les entraîneurs aujourd’hui au Real et à Chelsea, mais aussi des joueurs comme Falcao, vendu l’an passé plus de 40 millions d’euros à l’Atletico de Madrid, mais aussi Luis Fabiano qui fit les beaux jours du F.C. Séville, ou encore Pepe qui joue au Real, sans oublier Lisandro Lopez qui joue…à l’Olympique Lyonnais, autant d’entraîneurs et de joueurs arrivés au club sans être les stars qu’ils sont devenus. En tout cas, cela montre que la cellule de recrutement de Porto se trompe rarement dans ses choix, tant sur les techniciens que sur les joueurs…lesquels sont revendus cinq ou dix fois leur prix d’achat aux plus grands clubs européens. Mais ces ventes n’affaiblissent pas pour autant la valeur de l’équipe qui sait parfaitement se renouveler.

 Un simple exemple suffit à illustrer la différence entre Porto et Lyon : Aly Cissokho, acheté par l’O.L. plus de 10 millions d’euros à Porto en 2010, était un joueur opérant en 2007-2008 à…Gueugnon, club de Ligue 2 française. Mais là où la différence est criante, c’est quand on voit le nombre de joueurs vendus par l’Olympique Lyonnais, notamment Diarra, Tiago, Essien, Abidal et Malouda, sans parler de Ben Arfa et surtout Benzema, qui ont dû rapporter ensemble (dans les années allant de 2006 à 2010) entre 100 et 150 millions d’euros. Et par qui les a-t-on remplacés ? Réponse, par des joueurs loin de valoir les partants, à part Lisandro et encore, alors que le F.C.Porto ne cesse de recruter des joueurs qui deviennent par la suite des grandes vedettes, comme par exemple le Brésilien Hulk que l’on va s’arracher l’été prochain avec des offres allant de 50 à 80 millions d’euros. Qui voudrait mettre plus de 20 millions d’euros pour un seul joueur de l’O.L. ? Personne, je dis bien personne !

Et cela me fait dire qu’au lieu de vendre des joueurs pour les remplacer par d’autres presque aussi chers, ou changer d’entraîneur après un doublé, peut-être que l’Olympique Lyonnais aurait dû essayer de travailler dans la durée tant pour ses joueurs cadres que pour ses techniciens, ce qui ne l’aurait pas empêché pas de réaliser quelques belles opérations financières. Et surtout insister davantage encore sur la formation maison qui lui a déjà donné des joueurs comme Ben Arfa et surtout Karim Benzema, aujourd’hui un des meilleurs joueurs du monde, titulaire au Real Madrid, sans parler de Gonalons ou Lacazette, jeune joueur qui, mardi soir, a marqué le but vainqueur contre Nicosie. Dans le même ordre d’idées, peut-être aussi que J.M. Aulas aurait dû comprendre que dans son club la partie sportive doit être séparée de la partie administrative, par exemple comme à Barcelone où Guardiola a les pleins pouvoirs sur la gestion de l’effectif qui lui est attribué.

Voilà quelques réflexions qui me viennent à l’idée sur un club qui a énormément progressé au début des années 2000, et là on peut dire un grand merci à J.M. Aulas, mais qui semble plafonner depuis quelques années, et surtout depuis le départ de Perrin, dernier entraîneur titré du club. Cela dit, et c’est sans doute ce qui est le plus rassurant, les évènements vont contraindre J.M. Aulas à réduire de plus en plus la voilure en ce qui concerne les investissements de joueurs, et à faire davantage confiance à sa formation. A ce propos, on observe qu’il a préféré un entraîneur « maison », Rémy Garde, qui, pour le moment, obtient d’aussi bons résultats que Claude Puel. En outre l’équipe est composée avec de nombreux jeunes joueurs (Gonalons, Fofana, Lovren, Lacazette) qui devraient atteindre leur meilleur rendement dans les années à venir. Et qui sait si ce n’est pas la meilleure façon pour franchir ce cap…jusqu’alors infranchissable. Après tout, y-avait-il tellement plus de joueurs de grande notoriété à l’AS Monaco en 2004, quand ce club atteignit la finale de la Ligue des Champions…battue par le F.C. Porto. Porto et Monaco plus riches que Lyon à l’époque et même aujourd’hui ? Cela m’étonnerait. Raison de plus pour prendre le F.C. Porto pour exemple, et non les grands clubs ayant une riche histoire.

Escatafal