« Ô rage !ô désespoir !ô vieillesse ennemie » ! Hélas, J. M. Aulas n’est pas Don Diègue

Aulas« Ô rage !ô désespoir !ô vieillesse ennemie » ! Et pour parodier Corneille, j’aurais envie d’écrire : N’ai-je donc tant vécu que pour dire des infamies ? Oui, J.M. Aulas n’en rate pas une, comme en témoigne sa phrase sur « le championnat du Qatar » « bien spécifique et réduit à une seule équipe (PSG) », après le match de samedi où l’Olympique Lyonnais affrontait Ajaccio. Des propos d’une stupidité sans nom. Tellement stupides qu’il a cru bon d’affirmer qu’il voulait « faire un mot d’humour ». Comme humour, il y a plus intelligent! Ce Monsieur a donc franchi une fois de plus la ligne jaune et même rouge, en parlant ainsi du PSG et de son actionnaire qatari, avant de se rétracter piteusement face au tollé que cette sortie a suscité y compris chez ses proches, dont paraît-il chez le coactionnaire du club. A noter que personne ne s’offusque en Angleterre que Chelsea ait un actionnaire richissime russe ou que celui de Manchester City soit émirati.

En France hélas, pays où les imbéciles franchouillards sont légion, on n’aime pas le PSG parce qu’appartenant au Qatar et parce que ce club a beaucoup d’argent. On déteste l’argent en France, même si on joue énormément au Loto pour en gagner. Passons ! Cela dit, ce qui m’apparaît le plus incompréhensible, c’est qu’autant de supporters lyonnais puissent soutenir contre vents et marées tout ce que fait et dit Aulas. Voilà simplement ce que m’inspire cette nouvelle sortie d’un homme à l’égo surdimensionné, qui respire la jalousie à plein nez. Désolé, Monsieur Aulas, mais si l’envie ne meurt jamais, vous mourrez malheureux, parce qu’il y aura toujours des gens plus riches que vous, des clubs plus grands que le votre, lequel mériterait sans doute un président moins irrévérencieux, qui a même parlé du Mexique comme d’un pays exotique pour pousser le sélectionneur à choisir Lacazette plutôt que Gignac pour l’Euro en juin prochain. Je pourrais aussi ajouter que jamais on n’entend les présidents des grands clubs européens se livrer sans cesse à des commentaires plus débiles les uns que les autres sur Twitter ou ailleurs. On a la classe ou on ne l’a pas!

Puisque je parle des grands clubs européens, y compris ceux qui n’ont pas autant d’argent à leur disposition que le PSG, le Real, le Barça, le Bayern, les clubs anglais du Big Four ou la Juventus, il y en a deux qui suscitent une énorme sympathie à travers l’Europe : l’Altlético Madrid et Leicester City FC. L’Atlético Madrid, parce qu’avec un budget proche de celui de l’Olympique Lyonnais, de l’Olympique de Marseille ou de l’AS Monaco, il va régulièrement en finale ou en demi-finale de la Ligue des Champions, et Leicester City, parce qu’il vient de remporter le titre de champion d’Angleterre, avec un budget infiniment moindre que celui de deux Manchester, de Chelsea, d’Arsenal, de Tottenham ou Liverpool. Il y a même dans cette équipe, dont les propriétaires sont thaïlandais (oui Monsieur Aulas !), dirigée par l’ancien entraîneur de Monaco, Ranieri, limogé sans ménagement malgré de bons résultats, des joueurs méconnus dans le monde du football jusqu’à ce printemps, à commencer par deux qui ont démarré leur carrière en Ligue1, Mahrez (au Havre AC jusqu’en 2014) et Kanté (au SM Caen jusqu’en 2015), sans parler de Vardy, son meilleur buteur que personne ne connaissait sur la scène internationale, et qui a quand même marqué 24 buts en 40 matches cette saison. Et pour cause, Leicester City n’a jamais été vraiment habitué à tutoyer les sommets (ils étaient en Football League Championship jusqu’en 2014), contrairement au rugby, ce qui est normal pour une ville un peu plus grande que Montpellier et un peu moins que Lyon.

Cela me fait penser un peu à l’aventure de Montpellier en 2011-2012, quand les Héraultais ont devancé le PSG d’Ancelotti, qui avait remplacé Kombouaré début janvier, avec à sa disposition des joueurs comme Pastore, Matuidi, Menez (aujourd’hui au Milan AC), Gameiro (meilleur buteur du FC Séville qui a gagné la dernière Ligue Europa), Sirigu, et un peu plus tard dans la saison (à partir du 1er janvier), Thiago Motta, Maxwell ou encore Alex. Et qui y avait en face à Montpellier ? Un bon entraîneur de Ligue1, Girard, quelques très bons joueurs, comme Giroud ou Belhanda, ou encore un cran en dessous Camara, Mapou, Spahic et Hilton. Espérons pour Leicester que leur aventure en Ligue des Champions soit plus brillante l’an prochain que celle de Montpellier la saison qui a suivi son titre, ce qui signifierait que ce titre n’aura pas été qu’un feu de paille. Néanmoins, la caractéristique des miracles est que ce sont des évènements qui se reproduisent très rarement, et dans le cas de Leicester, malgré les importants moyens des clubs anglais, on peut hélas craindre que cette équipe ne perde ses meilleurs éléments.

Michel Escatafal


Contador, Gignac, Sagnol, les étrangers du XV de France : du beau, du bête et parfois du méchant

kilimandjaro2kilimandjaroAujourd’hui je vais essayer de prendre le temps d’écrire sur ce blog que vous êtes nombreux à apprécier, ce dont je vous remercie, mais auquel hélas je n’ai pas trop de temps à consacrer. Et pourtant, des évènements à saluer il n’en manque pas, même si la saison de cyclisme est terminée, en rappelant une fois encore que le vélo reste pour moi le sport que je préfère devant le rugby et l’athlétisme. Cela dit j’aime aussi beaucoup le tennis, ou encore l’automobile, la boxe et le football, bien que n’ayant jamais pratiqué ces trois derniers sports…ce qui ne m’a jamais empêché d’éprouver un immense plaisir à les regarder. En fait la seule frustration que l’on ressent en évoquant des sports que l’on n’a pas connus autrement qu’en spectateur, c’est de ne pas avoir la moindre idée des souffrances ou des plaisirs qu’ils peuvent procurer. Cela dit, cessons de philosopher, et passons aux sujets que je veux aborder aujourd’hui, parce que lesdits sujets m’ont interpellé, pour la bonne raison que dans ce monde de communication exacerbée, où l’on écrit tout et n’importe quoi, on se dit qu’il était beau le temps où chacun pouvait apprécier ce qui se passait sur un terrain, un ring, un court, un circuit, une piste ou la route, sans devoir être obligé d’avoir droit aux bourdonnements provoqués par les réseaux sociaux.

Premier exemple qui me vient à l’esprit ce matin, André-Pierre Gignac. Depuis quelques semaines on ne parle que de lui dans notre beau pays…parce qu’il a marqué 10 buts en 12 matches depuis le début de la saison. Certes c’est une bonne performance, mais de là à en faire, à bientôt 30 ans, un des meilleurs attaquants d’Europe, il y a un pas que seuls les journalistes en mal de sensationnel ou les gogos peuvent franchir. Et des gogos il y en a beaucoup puisque, si l’on en croit un sondage, Gignac est le joueur préféré des Français (42%) juste derrière Zlatan Ibrahimovic (43%). Mais pire encore, pour ceux qui s’intéressent au football, c’est Gignac qui recueille le plus de suffrages (40%) devant Zlatan Ibrahimovic (39%). Et oui, c’est ça la France !

Pour mémoire, je rappellerais que Zlatan Ibrahimovic est considéré dans les milieux du football international comme un des quatre ou cinq meilleurs joueurs du monde, qu’il marqué 317 buts en 595 matches (0.53%), qu’il a tout gagné dans les cinq pays (Suède, Pays-Bas, Italie, Espagne et France) où il a joué, et qu’il en est à 50 buts en 100 sélections avec la Suède. En fait il ne manque à son palmarès que la Ligue des Champions…qu’il compte bien remporter avec le PSG. Quant à Gignac, il a certes gagné une Coupe de la Ligue et un championnat de France, mais il n’a marqué que 134 buts en 370 matches (0.36%) et 5 buts en 19 sélections (0.26%). N’en jetons plus, car c’est trop cruel pour les « franchouillards », d’autant qu’entre Fontaine, Papin, Trezeguet, Henry ou aujourd’hui Benzema, la France est une terre de grands buteurs devant l’éternel. Et ce n’est pas fini car à Lyon il y a un joueur, Lacazette, qui, à 23 ans, est déjà à un niveau sans doute supérieur à celui de Gignac.

Mais il n’y a pas que des gogos dans le football, car il y aussi des gens dans ce milieu qui ont tendance à se surestimer. Certains affirment que Gignac a pris « la grosse tête » devant cet afflux soudain de louanges de la part de la presse. Personnellement, ne le connaissant pas, je ne rentrerais pas dans ce jeu. En revanche Sagnol aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de faire des remarques sur les footballeurs africains…qui ne pouvaient que froisser ces derniers. Je ne connais pas non plus Sagnol (je ne connais aucun footballeur professionnel), mais les propos qu’il a tenus sur des gens qu’il côtoie chaque jour sont au minimum d’une grave bêtise. Espérons que cela lui servira de leçon dans l’avenir, même s’il a l’excuse d’être ou d’avoir été surtout excellent avec un ballon dans les pieds.

Cela étant le rugby n’est pas mal non plus en ce qui concerne l’étroitesse d’esprit. On en a pour preuve tous les commentaires acerbes des forumers sur les étrangers qui jouent ou sont susceptibles de jouer dans le XV de France. Au passage on notera que cela ne pose aucun problème ailleurs que dans notre pays, notamment en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Angleterre ou en Italie, où il y a davantage d’étrangers en équipe nationale qu’en France. Pire, ces franchouillards sont même en colère quand il s’agit d’un joueur…français, comme l’arrière Spedding. Certes ce dernier n’est français que depuis quelques semaines, mais il a la nationalité française. Et en plus il est très fier de porter le maillot bleu frappé du coq gaulois ! Au passage on notera que sur 30 joueurs sélectionnés pour le match contre les Fidji cet après-midi, il n’y a finalement que deux joueurs étrangers (Atonio et Kockott) a avoir le droit de jouer pour l’équipe de France sans être français. Pas de quoi se déchaîner comme certains le font en disant que le XV de France ne doit jouer qu’avec des joueurs français ! Et puis, au nom de quoi notre équipe nationale se priverait-elle du droit accordé à ces joueurs de jouer pour le pays dans lequel ils jouent depuis trois ans ? Décidément le peuple français est particulier à tous points de vue !

Il l’est notamment sur le dopage, les Français étant donneurs de leçons en chef sur ce sujet…sauf quand c’est un compatriote qui se fait prendre. Là on lui trouve toutes les excuses. En revanche s’il s’agit d’un étranger, là c’est le déchaînement, même si le résultat du contrôle est contestable (Contador). Nombre de Français sont même très méchants si le champion n’a jamais subi de contrôle positif…parce qu’il gagne (Froome en 2013). Il considèrent dans tous les cas de figure que ce ou ces champions qui dominent leur discipline prennent la place de leurs champions nationaux qui, évidemment, ne se dopent pas. Et tout cela est attisé par la presse qui, elle-même, paraît s’amuser de ces jugements où le chauvinisme est exacerbé, en laissant passer les insultes infâmes de certains forumers vis-à-vis de quelques coureurs qui sont les meilleurs représentants d’un sport, le vélo, qu’ils croient aimer.

Sur ce plan il faut dire qu’ils sont bien aidés par les instances dirigeantes du cyclisme, comme en témoigne l’appel auprès du Tribunal arbitral du sport pour le cas Kreuziger, accusé de dopage (anomalies dans le passeport sanguin) sans jamais avoir subi de contrôle positif. Et pour faire bonne mesure, l’Union Cycliste internationale a demandé que le coureur tchèque (blanchi par sa fédération) écope d’une suspension de deux à quatre ans, et qu’on lui retire ses titres entre 2011 et 2013, ce qui modifiera le palmarès de l’Amstel Gold Race (2013) au profit de Valverde…à qui on avait enlevé entre autres le Tour de Romandie 2010…sans avoir été contrôlé positif. Comme pour Contador en 2012, et pour Valverde en 2010, nul doute que le TAS ira dans le sens de l’UCI, la seule incertitude résidant dans la durée de la suspension (2 ou 4 ans) ou dans le retrait des titres avant la suspension, Valverde par exemple ayant gardé tous ses titres avant 2010, alors qu’on a enlevé à Contador ceux qu’il avait conquis entre juillet 2010 et l’année 2011. De la belle ouvrage !!! Il en faut du mérite pour tenir à jour les vrais palmarès…surtout quand ceux-ci changent des années après !

Au fait, et si on attribuait à Pantani le Giro 1999 ? Oui, certains y pensent parce que trop de choses étonnantes se seraient passées en ce mois de mai 1999, dans une épreuve que le célèbre « Pirate » avait dominé de la tête et des épaules…jusqu’à cette sombre histoire de taux hématocrite trop élevé avant le départ de la vingt-et-unième et avant-dernière étape de ce Tour d’Italie. Je ne vais pas revenir sur ce fait divers connu et raconté à de multiples reprises, mais force est de constater que cela rappelait l’épisode de l’exclusion pour dopage d’Eddy Merckx lors du Giro 1969, où il fut contrôlé positif (amphétamine). Nombreux furent ceux qui pensèrent à une machination, avec toutefois pour Merckx une issue relativement heureuse, puisqu’il fut blanchi au bénéfice du doute, pouvant ainsi participer au Tour de France et le gagner. Pantani n’eut pas cette chance après son contrôle de 1999, pas plus que Contador lors du Tour de France 2010. Passons, même s’il serait incroyable qu’on attribue le Giro 1999 à Pantani, alors qu’il n’a pas franchi la ligne d’arrivée. Mais dans le vélo, et c’est hautement regrettable, on finit par se dire que tout est possible au niveau du résultat des courses. Je le répète encore une fois : qui sait si, dans 10 ou 15 ans, Armstrong ne retrouvera pas de nouveau ses victoires dans le Tour de France ?

Et puisque j’évoquais un épisode de la vie du super grimpeur qu’était Pantani, je voudrais souligner la performance de l’équipe Saxo-Tinkoff, qui a réussi à monter jusqu’au sommet du Kilimandjaro, plus haut sommet d’Afrique (5892m). Il est d’ailleurs amusant de constater que le premier à arriver au sommet fut…Alberto Contador devant son équipier Michael Valgren. Comme l’a souligné Biciciclismo, « il n’y a personne pour suivre Contador quand la route s’élève, et apparemment c’est aussi le cas dans la montagne » sans le vélo. Bravo au « Pistolero » et à son équipe, et bravo aussi aux 70% des personnes qui sont arrivées au sommet, ce qui a permis de doubler la donation de base prévue par l’équipe au profit d’un orphelinat et d’un club cycliste. Ceci est quand même plus réconfortant que ce que j’écrivais auparavant à propos de Sagnol, ou de ceux qui ne veulent pas d’étrangers y compris s’ils ont pris la nationalité française dans le XV de France.

Michel Escatafal


A propos des grands buteurs français et étrangers…

fontaineEn lisant les journaux de sport et plus particulièrement ceux consacrés au football, je suis toujours surpris quand je lis ça et là que le PSG est dépendant d’Ibrahimovic, avec des réflexions du style : « Que serait le PSG sans Ibrahimovic » ? Mais que ces techniciens au petit pied se posent aussi la question de savoir ce que vaut le Barça sans Messi, ou le Real sans C. Ronaldo, ou l’Atlético de Madrid sans Falcao. D’ailleurs, à propos du Barça, on en a une idée très précise depuis mercredi dernier et le match F.C. Barcelone-PSG, puisqu’il a fallu l’entrée de Messi en deuxième mi-temps pour sauver le club catalan d’une élimination en 1/4 de finale de la Ligue des Champions.  Curieux que dans notre pays on passe son temps à chercher des problèmes là où il n’y en a pas ! Après tout, si des clubs mettent des dizaines de millions d’euros pour acquérir le grand attaquant qui va valoriser leur équipe, ce n’est quand même pas pour le laisser au placard, ou alors s’il le fait c’est que le club s’est trompé ou a des problèmes de gestion de l’effectif. Cela peut arriver quand on veut associer deux énormes stars évoluant plus ou moins dans la même zone, mais dans ce cas les grands clubs n’hésitent pas à en sacrifier un et à permettre à l’autre de continuer sa carrière ailleurs. C’est arrivé à plusieurs reprises au Barça, le club de Messi, dans lequel tour à tour Ibrahimovic et  Eto’o ont eu droit à un bon de sortie après avoir marqué quand même de nombreux buts. Ainsi Ibrahimovic a inscrit 24 buts en 42 matches au cours de sa seule saison au Barça (2009-2010). Je ne serais pas surpris que David Villa subisse le même sort à court terme, d’autant qu’il est moins prolifique en buts qu’Eto’o et Ibrahimovic.

En parlant des attaquants du Barça, cela me fait penser à Thierry Henry qui, lui aussi, a appartenu à cette race des très grands, dignes de ceux que j’ai cités précédemment, mais qui a pu se reconvertir lors de son arrivée au Barça au poste de ses débuts, à savoir celui d’attaquant excentré…ce qui ne l’a pas empêché de marquer 49 buts en 121 matches joués avec le F.C. Barcelone entre 2007 et 2010, dont  29 buts en 51 matches officiels (plus 14 passes décisives) lors de la saison 2008-2009. Un grand buteur ou plutôt un grand attaquant finit toujours par marquer beaucoup de buts quelles que soient les circonstances…et c’est ce qui les différencie de tous les autres joueurs opérant aux avant-postes. C’est pour cela que j’affirme qu’il faut savoir raison garder dans notre pays chaque fois qu’on a un joueur qui marque une vingtaine de buts ou plus dans la saison dans notre championnat de Ligue1. Cela arrive d’ailleurs assez souvent, du moins si l’on se fie au classement du meilleur buteur ces dernières saisons. Qu’on en juge, après l’ère de l’excellent avant de pointe portugais Pauleta (en gros jusqu’en 2007), et après Benzema  (meilleur buteur en 2007-2008 avec l’Olympique Lyonnais), qui depuis a fait son trou au Real Madrid, ce qui en dit long sur sa classe surtout avec la concurrence d’Higuain, nous avons eu successivement comme meilleurs buteurs, Gignac (à l’époque à Toulouse) avec 24 buts en 2008-2009, puis Niang (à l’époque à l’OM) avec 18 buts en 2009-2010, puis Sow (à l’époque au LOSC) en 2010-2011 avec 25 buts, devant Gameiro qui jouait au F.C. Lorient avec 22 buts,  et la saison passée Giroud (Montpellier) qui a marqué 21 buts.

Sans vouloir être critique, qu’ont fait les saisons suivantes Gignac, Niang, Sow, Gameiro et à présent Giroud, tous ces attaquants ayant changé de club par la suite ? Tout le monde connaît les déboires de Gignac à l’OM, avant de retrouver des couleurs cette saison, après deux années très décevantes, mais pour autant peut-on le considérer comme un avant-centre de classe internationale? Niang pour sa part a quitté l’OM pour la Turquie, sans rééditer ses exploits marseillais avant de partir au Qatar. Sow a suivi un peu le même chemin, en partant comme Niang dans un club turc, sans lui aussi réaliser des choses extraordinaires. Quant à Gameiro et Giroud, ils n’ont confirmé ou ne confirment ni l’un ni l’autre leur dernière saison à Lorient et à Montpellier dans leur nouveau club, le PSG pour Gameiro qui, la saison passée, n’avait pas Ibrahimovic comme concurrent, et Arsenal pour Giroud, même s’il joue assez régulièrement dans le club londonien, et même s’il a marqué 16 buts en 43 matches. Cela étant, pour l’instant il n’a pas fait oublier Van Persie…ce qui n’étonnera personne.

Tout cela pour dire que toute comparaison entre les meilleurs buteurs de la Ligue 1 et par exemple ceux de la Liga , sauf évidemment Ibrahimovic, relève de la fantaisie journalistique. Il faut s’y faire, mais le seul attaquant français de niveau international s’appelle Benzema, n’en déplaise à ceux qui lui reprochent son manque d’efficacité en équipe de France, mais il est un ton en dessous des tous meilleurs de la planète. Quant aux autres, ils sont très bons, surtout quand ils opèrent dans les bonnes équipes de notre championnat où on joue pour eux, comme c’est ou ce fut le cas pour Lorient, Montpellier ou l’actuel OM, largement en dessous de celui qui  arriva en finale (1991) ou qui gagna la Ligue des Champions (1993),  mais c’est insuffisant pour s’enflammer et faire la comparaison avec les meilleurs mondiaux.  En cela ils me rappellent quelques excellents buteurs que l’on a connus  par le passé. Sans remonter trop loin, on peut citer Pierre Sinibaldi (Stade de Reims), Baratte (LOSC), Grumelon (Stade Rennais) à la fin des années 40, Kargu (Girondins), Courteaux (OGC Nice), Bliard (Stade de Reims) dans les années 50, Masnaghetti (US Valenciennes) en 1962-1963, Simon et Gondet (F.C. Nantes) en 1964-1965 et 1965-1966, Sansonetti  (AC Ajaccio) en 1967-1968, André Guy (O. Lyon) en 1968-1969, Garande (AJ Auxerre) en 1983-1984, Zénier (FC Metz) en 1986-1987), Boli (RC Lens) et Ouedec (F.C. Nantes) en 1993-1994, ou encore Stéphane Guivarch (AJ Auxerre) en 1996-1997 et 1997-1998, sans oublier Djibrill Cissé (AJ Auxerre) en 2001-2002 et 2003-2004.

Les autres années ce sont des étrangers, comme le Tchèque Humpal (1948-1949), l’Algérien Oudjani (1963-1964), l’Argentin Onnis, le Croate Skoblar, qui détient le record avec 44 buts marqués pour l’OM en 1970-1971 devant le Stéphanois Salif Keita qui en avait marqué 42 cette même année, l’Argentin Bianchi dans les années 70 et même 80 pour ce dernier, l’Allemand Kostedde (1979-1980), le Bosniaque Halilhodzic (années 80), le Croate Boksic (1993), le Brésilien Sonny Anderson (années 90 et début 2000 avec Lyon) aussi prolifique que son homonyme suédois, prénommé Gunnar,  qui fit les beaux jours de l’OM au début des années 50, tous très connus. Cela dit, le football français a eu, lui  aussi,  quelques uns des plus beaux spécimens que le football ait produits comme buteur. Dans les années 50 il y eut bien sûr le Racingman Cisowski, le Nancéien et Rémois Piantoni  et le meilleur de tous (toutes époques confondues), Just Fontaine (OGC Nice et Stade de Reims), qui possède des ratios ébouriffants proches de ceux de Pelé et Puskas ( 197 buts pour 235 matches en club et 30 buts en 21 sélections nationales), supérieurs à ceux de Messi surtout en équipe nationale. Mais on n’oubliera pas non plus le Stéphanois de la grande époque (années 70) Hervé Revelli, le Marseillais Jean-Pierre Papin, meilleur buteur entre 1987 et 1992, et plus récemment le Bordelais Sylvain Wiltord (1998-1999). Tous ces joueurs français que je viens de citer avaient eux la vraie pointure internationale, certains comme Papin (AC Milan et Bayern) et Wiltord (Arsenal) ayant fait plus tard les beaux jours de grands clubs étrangers, comme auraient pu le faire si l’époque s’y était prêtée  Cisowski, Piantoni, Fontaine et Hervé Revelli. En effet à ce moment les joueurs français s’expatriaient peu.

Un dernier mot enfin, pour noter que ni le Franco-Argentin Nestor Combin, un des chouchous des supporters lyonnais (78 buts en 131 matches entre 1959 et 1964) avant de partir en Italie (Juventus, Torino, Varese et Milan AC), ni Michel Platini (AS Nancy-Lorraine et AS Saint-Etienne) ne figurent parmi ceux qui ont obtenu le titre de meilleur buteur en France. Cependant  Platini se rattrapera largement de cette anomalie, en devenant  entre 1983 et 1985, trois fois consécutivement meilleur buteur de la Série A italienne, à l’époque le meilleur championnat du monde. Pour mémoire je rappellerais que Michel Platini, était d’abord un meneur de jeu (numéro 10), et qu’il a marqué 125 buts en 214 matches avec l’AS Nancy-Lorraine, 82 buts en 145 matches avec l’AS Saint-Etienne, et 104 en 224 matches avec la Juventus, sans oublier ses 41 buts en 72 sélections avec l’équipe de France. Enfin, on ne trouve pas trace non plus au palmarès des meilleurs buteurs de Ligue 1, de trois autres buteurs de classe mondiale en plus du Malien de Saint-Etienne Salif Keita (259 buts en 404 matches officiels dans sa carrière), ayant eux aussi débuté en France avant de s’expatrier, et pouvant afficher des statistiques comparables à celles de Platini. Il s’agit de Didier Drogba qui a marqué 237 buts en 540 matches dans ses divers clubs (dont l’OM en 2003-2004) plus 60 buts en sélection (96), Thierry Henry, dont j’ai déjà parlé,  avec ses 341 buts pour 732 matches en club et ses 52 buts en sélection (123), et David Trezeguet, qui affiche 260 buts en ayant joué 515 matches officiels, plus 34 buts en sélection (71). Comme on le voit, ne pas être meilleur buteur de Ligue 1 n’interdit pas de figurer parmi les meilleurs attaquants de l’histoire…ce qui relativise ce classement dont on nous parle beaucoup lors de chaque soirée de championnat.

Michel Escatafal