Une belle Vuelta à venir, mais on attendra encore une dixième victoire française

DottojalabertRudi Altig, sans doute un des deux meilleurs coureurs allemands de l’histoire du vélo, avec Ullrich, est décédé (à l’âge de 79 ans) il y a quelques semaines (11 juin), c’est-à-dire peu de temps avant le départ de la Vuelta, épreuve qui l’avait consacré parmi les géants du cyclisme sur route, après avoir été un des meilleurs poursuiteurs depuis la création du championnat du monde de poursuite, à une époque où les pistards étaient nettement plus forts qu’aujourd’hui. Il était un des coureurs les plus complets sur les vélodromes, avec son titre de champion du monde de poursuite amateurs en 1959, alors qu’il avait 22 ans. La même année il battit le record du monde du kilomètre sur piste couverte, comme on disait à l’époque, mais aussi celui des 5 km, distance sur laquelle se déroulait la poursuite. Passé professionnel en 1960, il confirma immédiatement ses immenses qualités de pistard en s’emparant du titre mondial en poursuite chez les professionnels, titre qu’il conservera en 1961, avant d’améliorer l’année suivante son record des 5 km.

Ensuite il deviendra un des meilleurs routiers de sa génération, remportant la Vuelta en 1962, au nez et à la barbe de son chef de file de l’époque Jacques Anquetil, au point que ce dernier, vexé, préféra abandonner l’épreuve avant l’arrivée. Il démontra aussi tout son opportunisme lorsqu’il devint champion du monde sur route en 1966, en prenant un maillot arc-en-ciel que la sottise et la bête rivalité entre Anquetil et Poulidor lui offrirent sur un plateau, alors que nos deux champions français étaient les plus forts sur le très dur circuit du Nirburgring. Son palmarès s’orne aussi d’un Tour des Flandres en 1964, d’un Tour du Piémont en 1966, d’un Milan- San Remo en 1968 ou encore un Grand Prix de Francfort en 1970, pour ne citer que ses victoires les plus importantes. Bref, un géant de la route et de la piste, d’autant qu’il compte à son actif 22 victoires dans les six-jours avec des partenaires aussi prestigieux que Kemper, Pfenninger ou Sercu.

Puisque j’évoque la Vuelta, j’en profite pour rappeler que l’Etat espagnol a été condamné à payer récemment la somme de 720.000 euros à Roberto Heras, vainqueur de quatre Tours d’Espagne, en 2000, 2003, 2004 et 2005, année où on lui retira sa victoire après un contrôle positif à l’EPO, ce qui lui valut une suspension de deux ans. Si Heras a touché cette somme, c’est pour le préjudice subi par cette suspension et cette destitution, parce que ledit contrôle était entaché d’irrégularités, ce qui avait motivé l’annulation de ce contrôle et de la sanction y afférent, et lui avait permis d’être de nouveau inscrit sur les palmarès de la Vuelta 2005…sept ans après.

Après ce long préambule, parlons à présent de cette Vuelta qui commence demain, et qui va jouir une fois encore d’une participation digne du Tour de France, avec trois grands favoris, à savoir les trois meilleurs coureurs actuels de grands tours, Froome, qui vient de remporter le Tour pour la troisième fois, Contador qui a dû abandonner ce même Tour de France après quelques étapes où il a beaucoup souffert de ses chutes des deux premiers jours, et Quintana qui est arrivé dans ce Tour complètement hors de forme. A ces super cracks, il faut ajouter Valverde, dont ce sera le troisième grand tour en suivant, mais aussi Kruijswijk, qui avait dominé Nibali dans les grandes largeurs lors du dernier Giro jusqu’à sa chute dans l’ultime descente de la course, ou encore le Français Barguil qui visera un top 5, en espérant, qui sait, un peu mieux, et à qui le parcours très montagneux conviendra parfaitement, avec notamment douze étapes de montagne, un contre-la-montre de 37 kilomètres, et trois arrivées au sommet dans des lieux inhospitaliers pour les non-grimpeurs comme Aubisque-Gourette, les Lagos de Covadonga et l’Aitana. Et comme si cela ne suffisait pas, il y aura aussi deux arrivées en altitude parmi les sept étapes planes. A propos de Valverde, son but sera sans doute d’essayer de réaliser l’énorme exploit de terminer dans les 10 premiers des trois grands tours (Giro, Tour et Vuelta), performance réussie seulement en 1955 par Géminiani (4,6,3) et en 1957 par Nencini (1,6,9). Autant dire à une époque très lointaine, où la concurrence sur la Vuelta était loin d’être au niveau de celle du Giro et du Tour, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui.

Puisque j’ai évoqué le nom de Barguil, qui s’était révélé sur cette Vuelta en 2013, je voudrais parler des coureurs français qui ont gagné cette épreuve, en précisant que nos champions l’ont emporté à neuf reprises, avec deux victoires pour l’un d’entre eux, Bernard Hinault, à une époque où la Vuelta se déroulait en avril. De nos jours, et depuis 1995, le Tour d’Espagne a été déplacé pendant les mois d’août et septembre, ce qui en fait une préparation idéale pour les candidats aux titres mondiaux sur route et contre-la-montre. Et le premier coureur à avoir remporté la Vuelta avec le nouveau calendrier s’appelle Laurent Jalabert, lequel est aussi, hélas, le dernier vainqueur français d’un grand tour. Cependant, malgré cette absence de Français au palmarès depuis 1995, on peut parler d’un bilan honorable d’autant que sur ces neuf victoires, sept d’entre elles ont été obtenues à partir des années soixante, c’est-à-dire à une époque où la participation étrangère commençait  à s’étoffer (voir l’article sur ce site Tour d’Espagne : de Deloor à Cobo).

Deux victoires inattendues

Néanmoins cela ne nous empêchera pas de souligner l’exploit qu’a représenté la victoire de Jean Dotto, surnommé « le Vigneron de Cabasse » du nom de sa maison dans le Var. Jean Dotto n’était pas un inconnu quand il s’est aligné au départ de la dixième édition de la Vuelta en 1955. Il avait en effet remporté nombre d’épreuves de côte depuis ses débuts professionnels en 1950, et surtout le Dauphiné Libéré en 1952, auquel il faut ajouter la quatrième place dans le Tour de France 1954 avec en prime une victoire dans l’étape Briançon-Aix-les-Bains. Pas étonnant donc que ce grimpeur de poche ait été le premier Français à inscrire son nom au palmarès de la Vuelta, une épreuve où il prit le maillot amarillo (le maillot de leader était jaune à l’époque) le soir de la dixième étape, à la faveur d’une échappée sur la route de Cuenca, pour ne plus le lâcher jusqu’à la dix-septième et dernière étape. Il avait notamment battu, outre son second l’Espagnol Antonio Jimenez, Raphael Géminiani qui faisait partie comme lui de l’équipe de France, mais aussi le troisième des grands cracks italiens (derrière Coppi et Bartali) à la charnière des années 40 et 50, Fiorenzo Magni, lequel avait dû se contenter du classement par points, acquis en grande partie grâce à ses trois victoires d’étapes. Et pour ceux qui auraient pu trouver heureuse cette victoire, « le Vigneron de Cabasse » allait prouver que ce n’était pas un accident, puisqu’il allait remporter en 1960 un second Dauphiné libéré, au terme d’une lutte homérique avec Raymond Mastrotto et le jeune Raymond Poulidor.

La deuxième victoire française n’allait pas tarder, puisqu’en 1958 le Tour d’Espagne allait être enlevé par Jean Stablinski. Celui-ci à cette époque était surtout considéré comme un équipier modèle, et ce succès dans le Tour d’Espagne allait inaugurer une série de grandes victoires qui permettront à Jean Stablinski de figurer parmi les coureurs français ayant le plus beau palmarès. Ce succès il l’acquit à « la Stablinski », c’est-à-dire avec beaucoup de courage et un sens aigu de la course, profitant au maximum de la rivalité entre coureurs de l’équipe nationale espagnole. Sans ces errements dans la manière d’opérer des Espagnols, la tâche de Stablinski eut sans doute été autrement plus difficile. Il est vrai qu’avoir dans la même équipe  Jesus Lorono, le vainqueur de l’année précédente, et Federico Bahamontes, qui courrait à l’époque après une victoire dans un grand tour, n’avait rien d’une sinécure pour le sélectionneur espagnol Luis Puig. Et de fait on allait s’apercevoir très vite que la cohabitation s’avérait impossible entre les deux leaders, aucun d’eux n’étant décidé à tenir ses promesses de favoriser la victoire du mieux placé dans le tour national.

La faute en revint essentiellement à Lorono qui, dans la troisième étape, n’accepta pas de voir Bahamontes prendre une avance considérable dans une échappée où se trouvaient notamment les deux Français, François Mahé et Jean Stablinski. L’avance des fuyards avait atteint des proportions considérables (près de 14 mn), et tout le monde pensait que l’échappée irait au bout dans la mesure où plusieurs grands leaders nationaux y figuraient. C’était sans compter sur Lorono qui, rompant le pacte de non agression avec son coéquipier, allait sortir du peloton en compagnie du Belge Couvreur, lequel figurait à la troisième place du classement général, ce qui de facto condamnait l’échappée des premiers fuyards, au grand dam de Bahamontes qui, sans l’aveuglement de Lorono, aurait pu prendre le maillot amarillo. Ensuite ce sera au tour de Rik Van Looy, l’homme fort des classiques (il les a toutes gagnées), d’animer la course avec pour objectif de gagner le plus grand nombre possible d’étapes. Il en remportera trois jusqu’à son abandon lors de la douzième étape où, la mort dans l’âme, il dut renoncer en raison d’une blessure à un genou, alors que la veille encore il avait le maillot de leader sur les épaules, et qu’il devenait le grand favori compte tenu du retard accumulé par Bahamontes et Lorono dans les étapes précédentes.

Du coup c’est Stablinski qui retrouvait son maillot amarillo perdu lors de la cinquième étape, et ce maillot il le gardera jusqu’à Madrid, terme de cette Vuelta. Cette victoire était bien méritée dans la mesure où Stablinski eut à affronter une concurrence très vive de la part des Néerlandais et des Belges, alliés de circonstance, et parce qu’il a résisté jusqu’au bout aux assauts de l’Espagnol Manzaneque, et plus encore du grand rouleur italien Pasquale Fornara qui terminera à la deuxième place à 2mn51s du vainqueur. Cette victoire, pour aussi surprenante qu’elle fût, sera suivi de beaucoup d’autres, comme indiqué précédemment, avec un titre de champion du monde sur route (1962), quatre titres de champion de France (1960, 1962,1963, 1964), le Tour de Belgique (1965), plus quelques belles classiques comme Paris-Bruxelles(1963), le Grand prix de Francfort (1965) et l’Amstel Gold Race (1966), dont il inaugura le palmarès.

La Vuelta devient (presque) la propriété privée des Français

En 1963, Stablinski participera à une nouvelle victoire d’un Français dans la Vuelta, mais cette fois dans la condition d’équipier de Jacques Anquetil, lequel allait être le premier coureur à réaliser la Triple Couronne, c’est-à-dire à avoir à son palmarès une victoire dans les trois grands tours. Jacques Anquetil était résolument  décidé à l’emporter, faute d’avoir pu le faire l’année précédente, laissant la victoire à son coéquipier Rudi Altig, qui avait dominé le coureur normand, y compris lors de l’étape contre-la-montre sur une distance pourtant favorable à Anquetil (82 km), ne ralliant même pas l’arrivée, puisqu’il abandonna avant le départ de la dernière étape, comme je l’ai indiqué précédemment. Raison de plus pour bien se préparer l’année suivante, et l’emporter sans trop de problèmes, même s’il faut noter que « Maître Jacques » fut battu dans la deuxième étape contre-la-montre, longue de 52 km, par l’Espagnol Pacheco.  Cela dit, Anquetil avait archi dominé l’épreuve, portant le maillot amarillo de la deuxième étape, à la faveur de sa victoire dans le premier contre-la-montre, jusqu’à l’arrivée à Madrid. C’était aussi le premier des grands cracks du cyclisme à s’imposer dans la Vuelta, laquelle jusque-là avait eu du mal à attirer les monstres sacrés qu’étaient Coppi (même s’il participa à l’édition 1959), Bartali, Koblet ou encore Louison Bobet, lesquels privilégiaient le Giro, dont le prestige à ce moment était quasiment équivalent à celui du Tour, qui s’élançait quelques jours après l’arrivée de la Vuelta.

Fermons la parenthèse pour noter que la Vuelta allait presque devenir une propriété privée française dans les années 60, avec en 1964 la victoire de Raymond Poulidor. Cette année-là Poulidor allait remporter le seul grand tour de sa carrière, ce qui est presque incongru compte tenu de son talent. Cependant ce ne fut pas une promenade de santé pour le coureur limousin, puisqu’il ne l’emporta que par un écart extrêmement minime pour l’époque, 33 secondes, sur son suivant immédiat, l’Espagnol Otano. Et encore ne prit-il le maillot qu’à l’antépénultième étape (la quinzième), à la faveur du long contre-la-montre de 65 km qui arrivait à Valladolid. Ce fut d’ailleurs sa seule victoire d’étape dans une épreuve où l’année suivante il terminera à la deuxième place, battu par l’Allemand Wolfsholl, grâce à une échappée fleuve qui lui permit de prendre le maillot amarillo que détenait…son leader Raymond Poulidor. Pauvre Poupou, serais-je tenté de dire, d’autant qu’il sera de nouveau piègé par Wolfsholl quelques jours plus tard.

Mais en 1969 un autre Français allait venger Poulidor, Roger Pingeon, le vainqueur du Tour de France 1967. Et cette Vuelta, Pingeon l’a remportée devant un des champions les plus doués de l’histoire du cyclisme, Luis Ocana, le seul vrai rival que connut Eddy Merckx pendant son long règne entre 1967 et 1975. A cette époque Ocana n’avait que 24 ans, mais il était déjà très fort en montagne, et c’était aussi un excellent rouleur. La preuve, il remporta le Grand Prix de la Montagne et les deux étapes contre-la-montre de 25 et 29 km, situées à la fin de l’épreuve. Il avait aussi gagné le prologue de 6.5 km, mais pas la mini étape de 4 km dans les rues de Saragosse, celle-ci revenant…à Roger Pingeon. Ce dernier allait aussi vaincre entre Sant Feliu de Guixols et Moya (douzième étape), et prendre le maillot amarillo qu’il ne quittera plus jusqu’à l’arrivée. Cette année 1969 sera sans doute la meilleure de Pingeon, puisque trois mois plus tard il terminera deuxième du Tour de France derrière l’inaccessible Eddy Merckx.

Hinault bien sûr, et ô surprise, Caritoux !

Ensuite il faudra attendre presque une décennie (1978) pour voir triompher un autre Français à Madrid, Bernard Hinault. Le coureur breton allait remporter à cette occasion son premier grand tour, première pierre de son écrasante domination du cyclisme mondial à la fin de la décennie 1970 jusqu’au milieu des années 80. Bernard Hinault, deuxième plus beau palmarès de l’histoire derrière Eddy Merckx, allait remporter l’édition 1978 de la Vuelta sans jamais trembler, enlevant  au passage cinq étapes (dont celle des cinq cols) sur un total de dix-neuf. Il laissera son suivant immédiat, Pesarrodona, à plus de trois minutes, et son coéquipier J.R. Bernaudeau à presque quatre minutes, confirmant ainsi son potentiel sur les courses de trois semaines. Dans la foulée Bernard Hinault gagnera en juillet le premier de ses cinq Tours de France. En revanche l’année 1983 allait s’avérer autrement plus difficile pour « le Blaireau ».

Cette année-là en effet, Bernard Hinault était arrivé à la Vuelta insuffisamment préparé, et s’il en fallait une preuve nous la trouvons dans le fait qu’il ne remporta ni le prologue (vainqueur le Français Gaigne), ni la première étape contre-la-montre (38 km vers la station de ski de Panticosa), remportée par Lejaretta, dans laquelle il subit une lourde défaite. Il fallut attendre la quinzième étape à Valladolid pour qu’Hinault s’imposât contre-la-montre sur un parcours de 22 km. Ensuite il y eut cette fameuse étape de montagne entre Salamanque et Avila où Hinault eut la chance de pouvoir compter sur un équipier de grand luxe, Laurent Fignon, pour écraser ses adversaires, à commencer par le jeune Espagnol Gorospe, porteur du maillot de leader, au prix d’un effort tellement extrême…que sa saison s’arrêta là. « Le Blaireau » venait de remporter sa deuxième Vuelta, mais à quel prix ! Heureusement pour son équipe Renault-Gitane, Fignon remportera le Tour de France en juillet, au moment où Hinault  prenait la décision de se faire opérer de ce genou gauche qui lui causait des tourments depuis le Tour de France 1980.

L’année suivante, en 1984, Bernard Hinault ne participa pas au Tour d’Espagne, mais la victoire échut quand même à un Français, Eric Caritoux. Là aussi la lutte fut épique, au point que la différence entre le premier du classement général, Eric Caritoux, et le second, Alberto Fernandez, sera de six secondes. 3354 km parcourus pour un résultat qui ressemble à celui d’une poursuite de 4 km. Que d’émotions au cours de cette Vuelta pour Caritoux et l’équipe Skil Mavic de Jean de Gribaldy, et notamment au cours de la septième étape menant les coureurs de S. Quirze del Valles à Rassos de Peguera, où Caritoux arriva détaché en grand vainqueur devant des coureurs comme le jeune Delgado, Alberto Fernandez, Eduardo Chozas ou encore le Colombien P. Jimenez. Delgado prendra à cette occasion le maillot amarillo, mais le cèdera à Caritoux lors de l’arrivée aux Lacs de Covadonga (douzième étape) où notre Français, décidément épatant, terminera à la deuxième place derrière l’Allemand Dietzen.

Il ne lui restait plus qu’à résister jusqu’au bout aux assauts d’Alberto Fernandez, lequel faisait encore figure de grand favori, compte tenu du fait qu’il restait à parcourir 33 km contre-la-montre autour de Torrejon de Ardoz l’avant-dernier jour. Mais personne ne pouvait empêcher Caritoux de remporter sa plus grande victoire, et il résista magnifiquement lors de cette avant-dernière étape, Fernandez ne le précédant que de 26 secondes, ce qui laissait un avantage de six secondes au coureur de Carpentras. Cette victoire il l’avait d’autant plus méritée, qu’il avait dû supporter au cours des derniers jours de course des pressions de tous ordres auxquelles il ne céda jamais. Caritoux voulait sa Vuelta et l’a gagnée. Il confirmera plus tard ce triomphe en remportant deux années de suite le titre de champion de France (1988 et 1989). A noter qu’à la suite de son succès sur les routes espagnoles, il sera sollicité par Francesco Moser qui voulait l’enrôler dans son équipe pour en faire un gregario, ce que Caritoux refusa.

Laurent Jalabert et la Once irrésistibles

Il faudra attendre onze ans pour voir de nouveau un Français remporter le Tour d’Espagne. Une Vuelta 1995 qui allait être historique à bien des égards. D’abord par son changement de calendrier puisqu’elle eut lieu pour la première fois en septembre. Ensuite parce que c’était la cinquantième édition de l’épreuve, et qu’elle allait rejoindre les autres grands tours en terme de durée avec 21 étapes. Enfin parce que jamais peut-être un homme et son équipe n’avaient dominé à ce point l’épreuve. Cet homme s’appelait Laurent Jalabert et il courait pour la Once, équipe dont le directeur sportif s’appelait Manolo Saiz, le premier  à avoir fait entièrement confiance au coureur Tarnais, le premier aussi à avoir discerné en lui autre chose qu’un sprinter. La preuve, dès 1992 Saiz prédisait à Jalabert une victoire…dans la Vuelta. Trois ans après, la prédiction de Manolo Saiz se réalisera, et de quelle manière ! En fait Laurent Jalabert a écrasé la course de toute sa classe, remportant cinq étapes et se permettant le luxe d’en laisser une à l’Allemand Dietz qui avait mené jusqu’au bout une très longue échappée, mais aussi en gagnant tous les classements individuels (général, points, montagne), sans oublier le classement par équipes pour la Once.

Cette équipe avait placé trois hommes dans les quatre premiers au classement général, dont un certain Johan Bruyneel à la troisième place, la deuxième revenant à l’Espagnol Abraham Olano qui, quelques jours plus tard, deviendra champion du monde sur route à Duitama. A ce propos, nombreux furent les Français, et beaucoup d’autres, à regretter l’absence à ces championnats de Laurent Jalabert, tellement cette année-là il était irrésistible. Pour mémoire on rappellera qu’il avait gagné Paris-Nice, Milan San Remo, le Critérium International, La Flèche Wallonne, le Tour de Catalogne, plus la Vuelta. Ouf, peu nombreux furent les coureurs à faire une telle moisson de grandes victoires au cours de la même saison, y compris parmi les plus grands. C’était la consécration pour le coureur français qui allait remporter d’autres grands succès les saisons suivantes, notamment le championnat du monde contre-la-montre et le Tour de Lombardie en 1997, ou encore le championnat de France en 1998, sans oublier deux autres victoires à Paris-Nice et une autre à la Flèche Wallonne.

Michel Escatafal

 


Pourquoi Armstrong est-il traité différemment des autres sportifs ?

armstrongSi l’on en croit l’Institut du Sport Allemand, l’histoire du dopage en Allemagne est très riche, et pas seulement qu’à l’Est. En fait le dopage a sévi depuis toujours, un peu partout dans le sport outre-Rhin…et ailleurs. J’ai déjà évoqué la finale de la Coupe du Monde 1954 sur ce site (Cruel pour l’équipe de Hongrie 1954 : le miracle de Berne n’en était sans doute pas un!),  mais j’aurais pu aussi parler de nombreuses victoires qui sont dues au dopage, en supposant toutefois que les autres n’étaient pas dopés. Et oui le dopage dans le sport a toujours existé, et j’ai bien peur qu’il en soit encore ainsi bien longtemps, au point qu’on se demande quelle est la vraie hiérarchie dans certains sports…surtout de nos jours. Pourquoi j’ajoute cette phrase ? Tout simplement parce que, pendant longtemps, tout le monde était à peu près à égalité, notamment dans le cyclisme, pour ne parler que de ce sport.

C’était l’époque des amphétamines, pratiques héritées de la deuxième guerre mondiale, qui étaient tellement « naturelles » que personne n’y prêtait attention. Personne ne s’est jamais préoccupé de savoir comment Koblet avait pu résister pendant 140 km à un peloton lancé à ses trousses, entre Brive et Agen dans le Tour de France 1951. Simplement, tout le monde avait découvert ce jour-là que le magnifique coureur suisse était un surdoué, peut-être le cycliste le plus doué de sa génération avec Fausto Coppi, seul coureur qui ait pu se mesurer à lui au sommet de ses capacités. Personne non plus ne s’est demandé ce qu’avait bien pu prendre Jacques Anquetil quand il réalisa son fameux doublé Dauphiné-Bordeaux-Paris en 1965, s’embarquant dans un avion le soir de sa victoire dans le Dauphiné pour prendre le départ à minuit de Bordeaux-Paris, et finir par l’emporter à l’issue des 630 km de course malgré la fatigue et le manque de sommeil. Et pourquoi se le serait-on demandé puisque tout le monde (ou presque)  avait recours aux amphétamines ?

A l’époque, dans les années 50 ou 60 notamment, se « faire une fléchette » était une pratique tellement courante que c’était la première explication des coureurs en voyant l’un d’entre eux « marcher » à un niveau anormal. Cela permettait à ce coureur d’en « mettre un coup sur la meule », donc d’augmenter d’un coup son effort et d’éliminer nombre d’adversaires. Et de fait, une fois ce travail achevé, cet attaquant pouvait « emmener la bracasse », c’est-à-dire adopter un développement très important et mettre à la torture ses accompagnateurs. Voilà ce qu’on disait dans et autour du peloton…et on le disait tout aussi normalement que j’écris ici sur ce site. Bref, le dopage faisait partie de la course, ce que les coureurs, y compris les plus grands, avouaient bien volontiers, se faisant même une gloire de savoir apprivoiser mieux que d’autres cet élément de la course.

Et puis, suite à la mort de Tom Simpson sur les pentes du Ventoux dans le Tour de France 1967, tout le monde a fait semblant de découvrir le phénomène du dopage…après que l’on ait pu voir à la télévision ce que l’on pourrait appeler « la mort en direct ». Du coup on décida de faire des contrôles dans le vélo, mais aussi peu à peu dans les autres sports, afin d’éradiquer ce que l’on appelait « le fléau du dopage ». Attention, loin de moi l’idée de ne pas considérer le dopage comme un fléau, mais force est de constater que, malgré des milliers et des milliers de contrôles, jamais on n’a autant suspecté les sportifs que de nos jours. Jamais aussi le dopage n’a paru aussi dangereux pour la santé de ceux qui y ont recours, car maintenant « on envoie du lourd » pour parler comme dans le jargon sportif.

Fini le temps des amphétamines, finie l’éphédrine présente aussi dans d’autres sports comme le football, finies aussi sans doute les œstrogènes, la testostérone, et bientôt l’EPO sous toutes ses formes, parce que ces produits dopants sont à présent détectables. Qui aujourd’hui se fait prendre à ces types de produits ? Quasiment personne parmi les grands champions, sauf si certains de ces produits se trouvent dans les compléments alimentaires ou dans les aliments que nous consommons. C’est d’ailleurs de cette manière qu’Alberto Contador a été reconnu « positif » lors d’un contrôle dans le Tour de France 2010, sans que l’on sache exactement d’où provenaient ces traces de clenbutérol, produit anabolisant hautement détectable, ce qui a fait douter nombre de biologistes sur l’intention du coureur espagnol d’utiliser ce produit pour se doper.

Fermons la parenthèse pour noter qu’en 2013 on évoque le dopage dans la quasi-totalité des sports…sans que l’on sache exactement de quoi on parle. On constate aussi que les contrôles permettent de confondre les contrevenants…après toutefois que ceux-ci aient été contrôlés des dizaines ou des centaines de fois sans qu’il y ait eu la plus petite trace de dopage. Alors les contrôles, sont-ils efficaces ou pas ? J’aurais tendance à répondre qu’ils sont « un peu » efficaces, puisqu’il y a de plus en plus de contrôles positifs, sans toutefois que la proportion de cas positifs soit très importante, en comparaison au nombre de contrôles négatifs. J’en profite à ce propos pour noter que nombre de forumers, sur les sites sportifs, considèrent qu’un sportif qui n’a jamais eu de contrôle positif est nécessairement un « sportif propre ». Au fait combien de cas positifs pour Virenque, Armstrong…et tant d’autres? Aucun !

Tout cela pour dire que si la guerre contre le dopage est de plus en engagée, elle est loin d’être gagnée…parce que les concurrents ne sont plus du tout à égalité, contrairement à ce qui se passait autrefois. L’inégalité est même de plus en plus flagrante, dans la mesure où les contrôles sont de plus en plus nombreux, ce qui implique d’avoir à sa disposition des produits de plus en plus sophistiqués, donc indétectables. Et pour arriver à obtenir ces produits il faut disposer de beaucoup d’argent, ce qui signifie que la course aux armements ne peut qu’être à l’avantage des plus riches. C’est là toute l’ambigüité de la lutte contre le dopage, ce qui en outre fait plus que jamais douter de la véracité des performances des uns et des autres. La preuve, il suffit qu’un coureur inconnu il y a deux ans, Froome, gagne le Tour de France, pour qu’il soit presque unanimement suspecté par la plupart de ceux qui s’intéressent au vélo.

Certains de ses supporters (il en a quelques uns !) diront qu’il est après tout possible qu’il ait énormément progressé, grâce à des méthodes d’entraînement ultra planifiées et très sophistiquées. D’autres, les plus nombreux, affirmeront qu’un coureur qui n’a jamais rien gagné à 26 ou 27 ans, et qui s’affirme être tout d’un coup le meilleur, doit avoir trouvé la « potion magique ». D’autres encore font le parallèle avec le vainqueur du Tour de France 2012, un autre Britannique, Wiggins, qui ne gagnait jamais un contre-la-montre jusqu’en 2011, et qui est devenu imbattable depuis 2012, au point de prendre une minute à des coureurs comme Cancellara et Phinney, pour sa rentrée au Tour de Pologne, sur une distance de 37 km. Wiggins sait-il mieux s’entraîner que Cancellara ou Phinney ? Peut-être. Est-il dopé à un produit inconnu depuis deux ans, tout comme Froome et nombre de pistards britanniques qui ont tout raflé ou presque aux J.O. de 2012 ? Pour ma part je répondrais que, jusqu’à preuve du contraire, tous ces coureurs sont propres, puisque tous leurs contrôles sont négatifs, mais j’ajouterais que je comprends que certains n’acceptent pas l’idée de résumer cette supériorité à des méthodes d’entraînement que les autres n’ont pas ou ne maîtrisent pas.

Tout cela pour dire que le vélo, mais aussi l’athlétisme, sans doute les deux sports qui font le plus en matière de lutte contre le dopage, sont de nos jours les deux sports qui suscitent le plus de méfiance quant aux résultats de leurs principales vedettes. Ils la suscitent d’autant plus que quelques unes de leurs plus grandes stars ont été convaincues de dopage suite à des contrôles inopinés. Résultat, plus grand monde ne croit à la propreté de ces sportifs. Et ce ne sont pas les révélations a posteriori sur les résultats du Tour de France 1998, pas plus que le rapport sur le dopage en Allemagne il y a quelques décennies, qui vont aider à crédibiliser ces deux sports. Et cela m’amène à reconnaître deux grosses injustices dans ces histoires de dopage : la première, c’est que certains sports qui font beaucoup moins dans ce domaine que le vélo et l’athlétisme sont épargnés de tout procès en matière de suspicion, et la deuxième est qu’il est scandaleux qu’Armstrong ait été l’unique bouc-émissaire de ces révélations sur le dopage, alors qu’il n’a fait que ce que tant d’autres de ses pairs ont fait aussi.

Il n’était tout de même pas le seul à prendre de l’EPO, puisque nombre de ses adversaires en prenaient aussi, et l’ont avoué plus tard. Savait-il mieux s’y prendre que d’autres ? Peut-être. Avait-il plus de classe que d’autres ? Sans doute. C’est pour cela que je suis heureux de n’avoir pas changé quoi que ce soit à mon tableau relatif au palmarès des grandes épreuves du cyclisme routier international (palmarès des plus grandes courses depuis 1946), que l’on peut consulter sur ce site, en rappelant que j’ai toutefois enlevé ceux qui ont été confondus pendant l’épreuve de manière flagrante (Landis, Heras)…qui n’étaient peut-être pas plus dopés que d’autres. Difficile d’être parfait!

Michel Escatafal


Quelques considérations sur le sport en ce début d’année 2013…

C’est demain mardi que les organisateurs du Tour d’Italie, ou si l’on préfère du Giro, vont donner le nom des équipes invitées à leur épreuve…et il y aura nécessairement des déçus, dans la mesure où trois équipes seront élues pour onze candidatures. En outre, il y aussi le problème Katusha, l’équipe de Rodriguez, dont personne ne sait si elle sera oui ou non admise dans le World Tour, ce qui promet par parenthèse une belle pagaille si le Tribunal Arbitral du Sport (le fameux TAS) donne raison à l’équipe russe. Qui vont-ils remettre en Continental parmi les équipes actuellement désignées, puisqu’il est dit qu’on n’augmentera pas le nombre d’équipes ayant le label World Tour…ce qui serait trop simple ? En effet, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? On le voit, si cela continue, et j’en suis le premier à être attristé compte tenu de ma passion pour ce sport, le vélo commence à se rapprocher de la boxe en termes de gestion de ses épreuves et de désordre organisationnel. En fait il ne manque plus que l’organisation d’une fédération dissidente, et l’on sera tout près de revoir dans le cyclisme l’évolution de la boxe depuis les années 60. Espérons quand même que l’on n’en arrivera pas à ces extrémités, car si la boxe survit plus ou moins, je ne suis pas certain que le vélo y parviendrait.

Certains vont me trouver bien pessimiste en cette douce journée de janvier, mais le vélo est un sport qui est passé maître dans l’art de tout compliquer….au nom de l’éthique, alors que c’est le sport le plus contrôlé. Certes les contrôles existent partout, comme l’a rappelé hier le pilote de F1 Romain Grosjean sur le plateau de France 2, mais le vélo est sans doute le seul sport qui anticipe à ce point les éventuelles fraudes, comme on a pu le voir sur cette même chaîne avec la recherche de l’AICAR, un produit aujourd’hui indétectable dont on parle de plus en plus, parce qu’il permet de perdre du poids tout en augmentant la performance des utilisateurs. Et bien entendu on a surtout évoqué les coureurs cyclistes avec des images de coureurs en peloton, comme si ces derniers étaient les seuls utilisateurs potentiels de cette nouvelle « potion magique ». Cela dit, grâce au vélo, cette médication, ô combien dangereuse si l’on en croit les spécialistes, devrait être identifiée par les laboratoires dans les mois qui viennent, ce qui pourrait de nouveau chambouler les palmarès. Les palmarès du cyclisme bien sûr, puisque ce sport n’hésite pas à destituer les coureurs de leurs titres, y compris d’ailleurs quand le dopage n’est pas réellement prouvé, quitte à voir un tribunal redonner ce titre à un coureur quelques années après qu’il ait été attribué à un autre (cas Heras).

Reconnaissons que tout cela fait désordre, ce qui explique la nostalgie de ceux qui ont connu le vélo (sur route et sur piste) dans les années 50 ou 60, avec ses excès, ses abus, mais aussi ses règles infiniment plus simples que de nos jours. Aurait-on imaginé interdire de Tour de  France un Coppi, un Bartali, un Magni, un Gaul, un Bahamontes,  s’ils avaient désiré y participer ? Idem pour le Giro et la Vuelta avec les meilleurs Français, Suisses ou Belges, alors qu’aujourd’hui Contador, Valverde, Rodriguez, Menchov ou un autre, pourraient très bien se voir refuser la possibilité de participer aux plus grandes épreuves du calendrier parce que leur équipe n’a pas assez de points UCI, ou parce qu’elle a été privée de la licence World Tour. Ainsi Rolland ou Voeckler, bien que leur équipe ne soit pas en World Tour,  sont sûrs et certains de courir le Tour de France, mais pas Rodriguez qui est, rappelons-le, le dernier numéro un au ranking UCI. Aberrant, idiot, stupide, les mots manquent devant pareille absurdité.

C’est pour cette raison que j’ai fait précédemment la comparaison avec la boxe, qui organise des championnats dits du monde, après avoir destitué le détenteur unique d’un titre mondial. Et oui, nous en sommes là…pour le plus grand plaisir des pourfendeurs du vélo, lesquels prennent de plus en plus le pas sur les vrais amoureux de ce sport. Au fait, pourquoi avoir destitué Armstrong, et pas les autres coureurs ayant avoué avoir amélioré leurs performances en prenant des produits destinés à les rendre plus forts ? Désolé, j’ai l’air de ressasser les mêmes choses, mais je ne supporte plus toute cette hypocrisie dans le vélo et ailleurs. Les performances des sportifs est-allemands dans les années 70 ou 80, mais aussi d’autres pays, étaient-elles réalisées à l’eau claire ? Personne ne le croit, et pourtant certains noms figurent toujours au palmarès des records du monde…sans que cela ne pose problème, sauf pour des athlètes qui ont réalisé des performances légèrement inférieures sans emploi de substances illégales.

Toujours parmi les sujets qui me fâchent, il y a le racisme de plus en plus présent dans et autour des stades, au point que certains joueurs n’en pouvant plus de cette horrible méchanceté, en arrivent à quitter le terrain tellement ils sont dégoûtés. En écrivant cela je pense évidemment à Kevin-Prince Boateng, joueur ghanéen de l’AC Milan, qui a pris la décision d’abandonner le match auquel il participait contre une petite équipe italienne, tellement il endurait des injures racistes. Certains Français n’hésiteront pas à dire que c’était en Italie, oubliant que chez nous aussi il y a des crétins racistes, et ils sont nombreux. D’autres affirment que c’est la faute de la FIFA qui ne prend pas des sanctions assez dures. A ce propos, il est amusant de constater combien chez nous, en France, on est pour des sanctions sévères…si celles-ci touchent les autres pays, parce que ces pays aux yeux des Français ne savent pas traiter les problèmes. Ainsi pour nombre de Français, les Espagnols, pour ne citer qu’eux, sont les champions en termes de dopage, ce qui explique la ridicule fureur de certains contre Contador, Nadal ou Alonso, alors que si ces sportifs étaient français on les adorerait. Plus généralement, pour revenir sur le problème du racisme dans le football, c’est le niveau général des supporters qu’il faut souligner et non tel ou tel discours de dirigeant, comme celui de Blatter, le président de la FIFA, qui a dit que Boateng avait eu tort de quitter le terrain.

Un dernier mot enfin, beaucoup plus rassurant, pour remarquer hier soir sur Eurosport cette effervescence aux alentours du vestiaire du Paris Saint-Germain, avec des joueurs de l’équipe d’Arras faisant en sorte de récupérer un maillot des joueurs parisiens. Au moins ceux qui s’intéressent au football en tant que jeu, comme ceux qui y jouent à un bon niveau (cas des joueurs de l’équipe d’Arras), savent reconnaître que le PSG est devenu un grand club, d’où l’engouement des adversaires des Parisiens pour garder un souvenir de ce match. Et pourtant certaines des grandes stars du club entraîné par Carlo Ancelotti n’avaient pas fait le déplacement (Ibrahimovic, Sirigu, Thiago Silva, Thiago Motta, Lucas, Menez) ! Qu’est-ce que cela aurait été si tous ces joueurs avaient été là ? Preuve que le PSG suscite la passion partout où il se déplace, n’en déplaise aux supporters imbéciles qui n’ont que l’invective à la bouche pour le premier club français de l’histoire ayant atteint une dimension économique internationale. Merci aux Qataris de nous avoir fait ce cadeau, et bravo pour le beau geste d’avoir laissé la recette aux amateurs du club d’Arras !

Michel Escatafal