Les remontadas se font (presque) toujours au détriment des Français

Et oui, mercredi soir nous sommes des millions à avoir vécu un cauchemar avec le PSG, même si certains crétins sont heureux d’avoir vu « le QSG », comme ils disent avec des relents nauséabonds, éliminé de la plus prestigieuse des compétitions de club. Cauchemar en raison de l’ampleur de cette défaite horrible contre le FC Barcelone (6-1), ce qui ne nous empêche pas de saluer la victoire de Lyon, hier soir, après une belle remontée contre l’AS Roma en Ligue Europa. Evidemment on n’en parle pas autant que mérité, parce que la Ligue Europa n’intéresse pas grand monde et ne concerne que les clubs éliminés ou non qualifiés en Ligue des Champions. Fermons la parenthèse et revenons à cette défaite du PSG contre le Barça qui, aux yeux de nombreux observateurs, aura du mal à aller loin dans cette Ligue des Champions, ce qui ajoute encore plus d’amertume aux yeux des amateurs de football parisiens et français. Car ce n’est pas seulement une défaite, mais une véritable humiliation qui, malgré des décisions arbitrales très contestables (le penalty accordé à Suarez à la 87è minute, survenant après celui refusé à Di Maria* à la 84è minute beaucoup plus flagrant, comme l’a reconnu Mascherano un peu plus tard) qui vaudront à l’arbitre d’être reversé en Europa League ou d’être carrément mis à l’écart, laisse quand même penser à une grosse faute professionnelle collective, en raison de la faillite et de la pusillanimité de la formation parisienne pendant la quasi totalité de ce match.

Collective parce que c’est le job du staff technique et des joueurs qui a été mal fait, et certainement aussi celui du staff dirigeant si on regarde un peu en arrière, en faisant ici allusion au manque de patience des décideurs qataris, qui prennent des décisions surprenantes avec leurs directeurs de football ou sportifs (Kluivert et Leonardo), qui font que les entraîneurs s’en vont très vite (Ancelotti), faute d’attendre des jours meilleurs après quelques défaites, ou qui sont virés après une énorme déception, ce qui fut le cas de Laurent Blanc après trois années sur le banc…qui lui avaient permis de renouveler son contrat pour deux ans…juste avant d’être licencié. Ce sera sans doute aussi le cas avec Emery, surtout s’il ne gagne pas le championnat ou les coupes nationales. Comment pourrait-il rester en poste après une pareille déculottée, et surtout après avoir entrevu la qualification jusqu’à la 87è minute après le but de Cavani, qui obligeait le Barça a mettre trois buts sans en encaisser en moins de 7 ou 8 minutes.

C’est pour cela que l’on emploie partout dans la presse les mots de naufrage, cauchemar et je suis poli, même si l’arbitre, je le répète, a aussi beaucoup contribué à la qualification d’un FC Barcelone loin d’être aussi brillant qu’à ses plus belles heures, ce qui doit ajouter au courroux des patrons du PSG à Doha. C’est aussi pour cela que l’on attend avec impatience la réaction des décideurs qataris, dont l’équipe qui devait être le phare sportif du Qatar, aura réussi le tour de force d’être la première dans l’histoire de la Coupe d’Europe à avoir été éliminée après avoir gagné 4-0 le match aller. Quelle humiliation pour les dirigeants de l’émirat!

Voilà j’arrête là sur ce match qui a dû causer énormément d’insomnies chez les amateurs français de football, car évidemment tous les journaux et autres sites web de notre pays et d’Espagne ne parlent que de cela. Et certains de s’interroger sur la détermination de QSI à continuer à injecter des sommes très importantes, même pour un Etat, pour aboutir à être dans l’incapacité de dépasser les quarts de finale en Ligue des Champions ou les huitièmes cette année. Cela dit, après ce serait peut-être un mal pour un bien, puisque cela pourrait obliger le PSG a piocher dans son centre de formation, riche de quelques éléments prometteurs qui, sans cet accident industriel, n’auraient peut-être jamais eu leur chance. Or Rabiot, puis à présent Kimpembe et même N’Kunku, ont prouvé lors du match aller contre ce même Barça qu’ils avaient toutes les qualités pour s’imposer dans ce PSG. Et d’autres comme Callegari ou Georgen devraient aussi avoir leur chance plus tard, ce qui éviterait de dépenser des sommes très importantes pour des joueurs qui ne leur sont pas forcément supérieurs…ou qui ne jouent pas (Krychowiak, Jese etc.) N’oublions pas que le Barça a formé ou récupéré très tôt Messi, Piquet, Iniesta, Busquet, Xavi ou encore Puyol.

Si j’arrête là, c’est aussi parce que ce qui est arrivé au PSG, fut-il version qatari, s’est déjà souvent produit au détriment de nos clubs, coureurs, athlètes ou équipes de France. Il n’y a guère que le handball qui ait échappé à ce type de catastrophe, ce qui est l’exception qui confirme la règle. C’est la raison pour laquelle, sur ce site qui se veut consacré à l’histoire du sport, je veux évoquer quelques souvenirs personnels qui m’ont occasionné des nuits blanches, quand j’étais jeune et très sportif et après. Je vais en prendre quatre, parce que ce sont les plus douloureux avec celui d’hier soir, pour le pratiquant et ou supporter que j’étais. Je vais donc commencer par le plus ancien, qui date de 1964, et qui concerne un sport, l’athlétisme, que j’ai pratiqué très jeune et que j’ai toujours aimé jusqu’à aujourd’hui, mon blog en témoigne. C’était à l’occasion des Jeux Olympiques de 1964 et cela concernait, non pas un sprinter comme j’aurais aimé être, mais sans doute le plus grand miler français de l’histoire, en même temps que le premier sportif français capable de faire interrompre un journal télévisé (comme on disait à l’époque) pour retransmettre une de ses multiples tentatives de record du monde (1500m, mile, 2 miles, 3000m et 5000m), je veux parler de Michel Jazy. J’ai déjà évoqué son palmarès sur ce site, ce qui me permet de rappeler qu’il fut médaille d’argent du 1500m aux J.O. de Rome en 1960, double champion d’Europe du 1500 et du 5000m, et recordman du monde du mile et du 3000m. Il n’a pas été champion du monde, parce qu’à l’époque il n’y en avait pas et il n’a pas été champion olympique…parce qu’il a eu peur de l’être en 1964. Pourquoi j’écris cela? Parce que si Michel Jazy avait couru le 1500m, il l’aurait gagné sans problème pour la bonne raison qu’il n’avait jamais été aussi fort sur cette distance, et que le seul qui aurait pu le battre, le Néo-Zélandais Peter Snell, n’aurait pas participé au 1500m si Jazy avait choisi cette épreuve, se sachant a priori inférieur au Français. Mais celui-ci qui était « monté » sur 5000m l’année précédente, pensait que sa plus sûre chance de médaille d’or se situait sur cette distance que, pourtant, il ne maîtrisait pas complètement.

Résultat, après avoir laissé le champ libre à Snell sur 1500m, qui pulvérisa ses adversaires, Jazy se présenta au départ du 5000m en favori, avec le recordman du monde de l’époque Ron Clarke, qu’il était certain de battre dans la dernière ligne droite. A priori, c’était un bon calcul…à condition de n’être pas paralysé par la peur, un peu comme le PSG hier soir. Pour cela il suffisait à Jazy de relayer Ron Clarke quand celui-ci accélérait , afin de se retrouver face à face dans le dernier tour. Au lieu de cela, Jazy s’est contenté de suivre Clarke comme son ombre emmenant avec lui le peloton quasiment jusqu’à la cloche. Théoriquement tout était encore jouable puique Jazy était de loin le meilleur de tous sur 1500m et même 800m. Mais c’était sans compter sur deux éléments imprévus avant la compétition : d’abord la pluie qui rendait la cendrée très lourde et une violente attaque de l’Américain Dellinger aux 450m, à laquelle Jazy eut le tort de répondre immédiatement, ce qui l’obligea à lancer le sprint aux 350m. Tout le monde fut instantanément décroché, à commencer par l’Allemand Norpoth, qui se retrouva à plus de 10m, l’autre Américain, Schul, étant plus loin encore. Pour tout le monde, la course était pliée à cet instant, sauf qu’à l’entrée du dernier virage Jazy commença à se crisper, en même temps que Schul commençait sa remontada. Et celle-ci fut d’autant plus efficace que Jazy commençait à payer sa terrible accélération de la ligne opposée, sur une cendrée détrempée. Schul le rejoignit à environ 60m de la ligne, et le passa sans coup férir, Jazy en perdition laissant passer Dellinger et Norpoth, pour finir à la quatrième place. Terrible désillusion pour un athlète qui moins d’un an plus tard battra tous ses adversaires à Helsinki, dont Schul et Clarke, et s’avèrera comme le nouveau crack de la distance. L’année suivante il sera champion d’Europe en battant nettement Norpoth qui avait pris la deuxième place à Tokyo.

Autre remontada de triste mémoire, celle des Gallois à Cardiff en 1966, pour ce qui était la finale du Tournoi des 5 Nations entre les deux meilleurs ennemis de l’époque, qui étaient aussi les deux meilleures équipes de rugby de l’hémisphère Nord. Si la Coupe du Monde avait existé à cette époque, sans doute les deux nations en auraient remporté une. Fermons la parenthèse et revenons à l’Arms Park de Cardiff, où un vent terrible soufflait en bourrasques sur le terrain. Les Français avec une équipe ultra offensive où l’on retrouvait à l’ouverture Gachassin et les frères Boniface au centre attaquaient ce match à fond sous l’impulsion de son capitaine Michel Crauste. Et ils prenaient très vite leur distance avec les Gallois, malgré le fait que les Gallois d’Alun Pask avaient choisi de jouer avec le vent dans le dos en première mi-temps. Essai de Duprat au bout de 2 minutes de jeu comme à la parade. Hélas, et c’est très important, faute de concentration sans doute, Lacaze manquait la transformation pour avoir négligé le vent et pris trop de recul pour ce coup de pied. Pas grave se disait-on, d’autant qu’à la treizième minute le troisième ligne Rupert interceptait et allait aplatir entre les poteaux après une course de 60 mètres. Cette fois Lacaze réussissait la transformation, et cela faisait 8-0 contrele  vent après moins d’un quart d’heure de jeu. Certes les Gallois réussissaient à passer deux pénalités au milieu de la première mi-temps, mais tout le monde se disait qu’en deuxième période, après les « citrons » comme on disait à l’époque, les Français n’allaient faire qu’une bouchée de ces Gallois avec l’appui du vent.

Hélas ce ne fut pas le cas, précisément à cause du vent. A 10 minutes du coup de sifflet final, Dauga prend la balle en touche dans les 22m gallois. La balle arrive à Gachassin qui perce et adresse une passe lobée, comme il en a fait des milliers à l’entraînement avec le FC Lourdes, à André Boniface. Et là c’est le drame, une rafale de vent empêche le ballon de tomber dans les mains d’André Boniface et atterrit dans les bras de l’ailier Stuart Watkins, tout surpris de pareille aubaine, lequel va marquer un essai de 90 m, presque sans opposition, la course de Claude Lacaze pour essayer de stopper l’ailier Gallois s’avérant vaine. Les Gallois venaient de prendre l’avantage contre toute attente (9-8), laissant les Français désemparés. Pourtant une ultime chance leur est offerte par l’arbitre à la dernière minute sous la forme d’une pénalité en moyenne position. Malgré un bon coup de pied, Lacaze ne convertira pas cette offrande, le ballon passant tout près des poteaux emporté par le vent. Tous ceux qui comme moi avaient le rugby dans le sang n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer, ce qui allait provoquer une véritable révolution de palais dans le petit monde du rugby français, et mettre fin définitivement à la carrière internationale des frères Boniface…qui n’étaient pour rien dans cette énorme désillusion. De quoi dire : ô rage, ô désespoir, ô tempête ennemie! N’ai-je donc tant vécu que pour vivre pareille infamie?

Mais le plus dur restait encore à venir, presque 16 ans plus tard, le 18 juillet 1982, avec le célèbre France-Allemagne en demi-finale de la Coupe du Monde de football 1982. Ce soir-là rien ne nous fut épargné, à commencer par l’agression de Schumacher, le gardien allemand, sur Battiston pendant la deuxième mi-temps de la rencontre, alors qu’il venait juste de rentrer, sans que l’arbitre ne bronche, n’accordant même pas un carton jaune pour un geste qui eut mérité l’expulsion immédiate (sortie les pieds en avant alors que Battiston n’avait plus le ballon qui valut au joueur français trois dents cassées et surtout une vertèbre endommagée). Ensuite ce fut le tir sur la barre d’Amoros à la toute fin du temps réglementaire qui s’écrasa sur la barre transversale, et qui amena les deux équipes en prolongations (1-1 à la fin du match). Et là, alors que les Français menaient 3-1 grâce à deux buts de Trésor et Giresse, alors qu’il restait 20 minutes à jouer, les Bleus se firent remonter en encaissant deux buts allemands à la 104è et la 110è minute, ce qui obligea les deux équipes à se départager aux tirs au but, les Allemands en convertissant 5 contre 4 aux Français, Bossis manquant son tir, trop mou, facilement arrêté par Schumacher…qui n’aurait pas dû être là depuis bien longtemps. Bien que n’ayant jamais joué au football, j’ai toujours été intéressé par ce sport, et ce fut pour moi une terrible déception, qui m’obligea à l’époque à prendre ma voiture et à faire au moins 50 kilomètres pour me remettre (un peu) de mes émotions.

Enfin dernière remontada que je voudrais évoquer, qui concerne un sport que j’ai adoré et pratiqué très longtemps, celle de Greg LeMond, lors de la dernière étape du Tour de France 1989, au détriment de Laurent Fignon. En ce dernier jour de Tour, personne n’imagine que LeMond puisse reprendre plus de 50s à Laurent Fignon, contre la montre entre Versailles et Paris, sur une distance de 24,500 km, d’autant que si LeMond est un excellent rouleur, Fignon n’était pas manchot dans l’exercice. La preuve, il remporta le Grand Prix Nations cette même année 1989, en rappelant une fois encore que cette épreuve était considérée comme le véritable championnat du monde c.l.m., jusqu’à la création officielle de ce titre (1994). Néanmoins Laurent le Magnifique, comme certains l’appelaient, souffrait de deux handicap au départ de cette étape, l’un était technique parce qu’il ne disposait pas comme LeMond d’un vélo doté d’un guidon à double géométrie, et l’autre, médical, parce qu’il avait une induration à la selle qui le tenaillait depuis quelques jours. Malgré tout, presque une minute à reprendre pour le champion américain, c’était quand même beaucoup. Et pourtant, juché sur son vélo supersonique pour l’époque, avec son énorme braquet (54×12 soit 9m30 de développement), LeMond allait réussir l’impossible exploit, au prix d’un départ de fou, qui lui permit de refaire une grande partie de son handicap dès les premiers kilomètres, avant de porter l’estocade dans les dernières encablures du parcours entre la place de la Concorde et l’arrivée sur les Champs. LeMond l’emportait pour 8 secondes, à la moyenne de 54.545 kmh, soit un écart de 120 mètres pour une course de 3285 km! Quelle remontada pour LeMond, mais quelle tristesse pour Fignon et tous ses nombreux supporters, dont je faisais partie. J’ai fini ma soirée hébété, abattu, errant comme une âme en peine au bord de la plage à Agde, en ayant cette vision apocalyptique de Fignon écroulé et battu sitôt la ligne d’arrivée franchie. Espérons simplement que le PSG se relève de cette tragédie pour le club, comme Fignon s’était relevé de celle du Tour 1989 avec sa victoire dans le GP des Nations deux mois plus tard, et comme il s’est relevé l’an passé de sa triste défaite contre Manchester City en réalisant le triplé une nouvelle fois (champion de France et vainqueur des deux coupes).*

Michel Escatafal
* Sans parler du penalty imaginaire contre Marquinhos à la 91è minute, il y a d’abord une énorme faute d’arbitrage sur une main de Mascherano dans la surface à la 11è minute de jeu, et plus encore le penalty non sifflé sur Di Maria à la 85eme minute sur une grosse faute de Mascherano qui fauche le joueur parisien en pleine surface de réparation alors que ce dernier va au but. Sentence normale : penalty et carton rouge. Que fait l’arbitre de surface, qui n’avait pas hésité pas à faire revenir l’arbitre sur sa décision sur le penalty sifflé contre Meunier, qui n’est en rien scandaleux même si c’est très sévère, quand il faut prendre cette décision ? Paris serait revenu à 3-2, à 11 contre 10 et je vous fais grâce de la suite…ce qui n’enlève rien au match médiocre du PSG, sauf qu’il serait qualifié.

Michel Escatafal

Publicités

Les J.O. doivent se recentrer sur leurs sports traditionnels

MekhissiBonjour à tous, après des vacances que je veux qualifier de méritées. Du coup cela fait un certain temps que je n’ai pas écrit, mais je vais essayer de rectifier le tir au cours des prochaines semaines. Après ces palabres en forme d’excuses, je veux évoquer un problème qui nous intéresse tous, puisque nous sommes en plein dans les Jeux Olympiques 2016. Ceux-ci, d’ailleurs, ressemblent de plus en plus à du grand n’importe quoi, entre les épreuves qui concernent les grands sports professionnels et qui n’intéressent guère les habituels supporters, et l’arrivée de sports improbables, nouveaux pour l’essentiel, en attendant les matches entre ceux qui crachent le plus loin et ceux qui sont capables de manger dix kilos de carpaccio en moins de cinq minutes. J’exagère à peine. Pire encore, certains voudraient voir le sport automobile aux J.O. Pourquoi pas ? Ce serait sans doute amusant de voir Hamilton, Rosberg, Vettel, Raikkonen, Ricciardo, Verstappen, Bottas, Alonso, Button, Perez ou Grosjean s’affronter, par exemple sur 50 km, dans des voitures des années 1980 ou 1990. Idem pour le WRC.

Ceci dit redevenons sérieux : qui peut me raconter qu’il considère, en cyclisme, l’épreuve sur route des J.O. au même titre qu’un Paris-Roubaix ou un championnat du monde sur route ? Personne, qui aime tant soit peu le vélo. En plus cette course arrive après un Tour de France qui fut sans doute un des pires au niveau émotionnel que l’on ait connu depuis des décennies. Aucun suspens, avec un Quintana pas dans son assiette et un Contador blessé le premier jour et contraint à l’abandon un peu plus tard, les seuls qui auraient pu inquiéter Froome. Au passage j’en profite pour noter une nouvelle fois que le Pistolero a vu son palmarès officiel amputé de deux grands tours (Tour de France 2010 et Giro 2011), plus quelques autres victoires moindres, pour un contrôle antidopage qualifié d’anormal pour quelques poussières de clembutérol, que seul un ou deux laboratoires au monde pouvaient détecter, alors que plusieurs champions ou championnes et non des moindres, pris pour du bon gros dopage, sont devenus ou deviennent champion olympique sans que cela ne semble trop perturber les instances olympiques ou internationales. En fait les plus fâchés de cette situation sont les concurrents malheureux qui arrivent derrière ces ex-dopés, ou encore d’autres concurrents qui sont contraints d’affirmer haut et fort qu’ils ont gagné en étant propres. Tout cela confine un peu au délire !

Fermons la parenthèse et reprenons notre propos, à propos du cyclisme professionnel aux J.O., même si la course en ligne fut belle sur le plan du spectacle. Pour ma part, cette course n’a pas sa place aux J.O., surtout quand on voit que l’on a abandonné le kilomètre et la poursuite sur la piste….pour faire de la place. Je dirais la même chose pour le football, avec un règlement bancal puisque chaque équipe peut aligner seulement trois joueurs de plus de 23 ans. Ridicule, d’autant plus que nombre de clubs ont refusé à certains joueurs leur participation pour mieux préparer la saison. Et que dire du tennis, sport où les meilleurs mondiaux se font éliminer dès les premiers tours, comme ce fut le cas pour Djokovic ou pour les deux paires françaises de double. Apparemment tout le monde se moque de ces résultats, car dans moins d’un mois c’est l’US Open qui va commencer et là on ne rigolera plus. Je suis sûr que Djokovic ne sera pas éliminé au premier tour ! Et le rugby ? Là on se contente du rugby à 7, qui est un bon moyen pour nombre de joueurs de travailler leur technique, mais qui s’y intéresse?

En revanche je trouve normal que les autres grands sports d’équipe, moins médiatisés dans le monde, participent à la fête olympique, par exemple le basket ou le handball. A part les joueurs de NBA, personne ne connaît les meilleurs joueurs du sport le plus pratiqué dans le monde après le football. C’est la même chose pour le cyclisme sur piste qui, hélas, ne nous offre ses meilleures rencontres qu’une fois par an, lors des championnats du monde. Dommage quand même qu’un titre olympique en vitesse ne soit pas mieux valorisé, en terme de notoriété et aussi sur le plan pécuniaire pour celui qui remporte une des épreuves les plus anciennes de la tradition olympique. Bref, tout cela pour dire que cette fête olympique qui se veut de plus en plus gigantesque depuis les années 1990, qui coûte de plus en cher aux pays organisateurs, n’est plus la fête du sport qu’elle était autrefois. Et quand j’écris fête, cela signifie mettre en valeur des sportifs qui ne le sont pas habituellement, alors que leur sport figure au programme des J.O. depuis des décennies, voire même dès la fin du XIXè siécle.

Certes on sera toujours plus nombreux à regarder la finale du 100m ou du 1500m en athlétisme que le tir à l’arc ou l’escrime, mais on sera content des médailles que notre pays a obtenu en natation, au judo, en canoë ou en aviron. Peut-être finalement que ce que l’on a tellement reproché à Avery Brundage dans les années 60 ou 70, de n’avoir pas voulu ouvrir les J.O. aux professionnels, n’était pas une si mauvaise chose, sauf évidemment le fait que les pays communistes de l’époque étaient nettement avantagés, puisqu’officiellement il n’y avait pas de professionnels chez eux, bien qu’ils le fussent en réalité, alors que les pays occidentaux ou libéraux ne pouvaient envoyer que leurs amateurs. Et je ne parle pas du dopage d’Etat qui était pratiqué dans certains pays sans la moindre pudeur, puisqu’il en allait de la « grandeur » du pays…ce qui ne signifie pas pour autant que l’on ne se dopait pas ailleurs!

En attendant les J.O. ne vont vraiment commencer pour la plupart de ceux qui aiment le sport sur la planète, qu’à partir de demain avec le début des épreuves d’athlétisme, sport roi de la quinzaine olympique. Là on va avoir des champions qui vont se battre pour les médailles devant des milliards de spectateurs. Ils voudront voir Bolt, Gatlin ou Allyson Félix et tous les autres, et j’ajoute que personne ne se préoccupera de savoir si untel est dopé, ou s’il a été convaincu de dopage, parce que le spectacle avec un grand S sera là. Au passage j’en profite pour espérer qu’un athlète français montera enfin sur le podium du 100m (Vicaut) derrière Bolt et Gatlin, même si j’ai bien peur que cela reste un rêve. Après tout ce n’est jamais arrivé, et si Vicaut réussissait cet exploit cela effacerait toutes les déconvenues qu’il a connues jusque-là dans les grands championnats, y compris la dernière en date où, malgré des temps très supérieurs en qualité par rapport à ses concurrents, il fut quand même battu lors de la faible finale des championnats d’Europe. Pour mémoire il a terminé troisième de la course avec un temps de 10s08, derrière le vainqueur (Churandy Martina) en 10s07, alors que le record d’Europe de Vicaut est de 9s86!

Acceptons l’augure qu’il concrétisera enfin ses possibilités dans cette finale olympique, tout comme il faut espérer que Lavillenie soit à son meilleur niveau à la perche pour conserver son titre de 2012, que Mekhissi ait retrouvé toutes ses sensations au 3000m steeple après sa grave blessure de l’an dernier et ses belles médailles d’argent de 2008 et 2012, qu’un Bascou (110m haies) ou un Bosse (800m) sortent la course de leur vie pour faire un coup à la Colette Besson en 1968 (sur 400m) et remporter l’or. Cela nous rendrait heureux comme nous le fumes avec le doublé 200-400m de Marie-Jo Pérec en 1996, après son titre sur 400m en 1992, avec la victoire de Galfione à la perche en 1996, la médaille d’argent de Joseph Mamhoud en 1984 au 3000m steeple, l’argent en 1992 et l’or de Drut en 1976 sur 110m haies, qui avait réussi l’exploit d’être le premier à avoir mis fin à la supériorité américaine sur la distance depuis 1928, sans oublier la médaille d’argent de Maryvonne Dupureur sur 800m à Tokyo en 1964, ni bien évidemment celle de Jazy en 1960 (voir mes articles (Le 1500m, une distance qui réussit bien aux athlètes français (partie 2) et Le 1500m, une distance qui réussit bien aux athlètes français (partie 1) ou encore Les grands milers : partie 1), qui avait terminé deuxième d’un des plus grands 1500m de l’histoire olympique, avec comme vainqueur le plus grand miler de l’histoire tout court, l’Australien Herb Elliott, en rappelant qu’il s’est retiré de l’athlétisme en étant invaincu sur sa distance. Voilà je m’arrête à 1960 et aux médailles d’or et d’argent, avec toutefois une pensée pour Alain Mimoun, médaille d’or du marathon en 1956 et triple médaillé d’argent entre 1948 et 1952 (sur 5000 et 10000m) derrière Zatopek. Allez Vicaut, Bascou, Mekhissi, Bosse et Lavillenie, faites-vous plaisir et vous nous en ferez presque autant !

Michel Escatafal


Cette merveilleuse Muriel Hurtis …

muriel hurtisLa France vient de vivre ces derniers jours un de ces moments de joie comme seul le sport peut en apporter. Il s’agit bien sûr des championnats d’Europe d’athlétisme, où les Français ont réussi « un carton » comme jamais cela n’était arrivé dans l’histoire de notre athlétisme. Certes, comme nous sommes en France, on va nous faire remarquer que ce n’était « que » des championnats d’Europe, mais les mêmes oublient que certaines médailles sont en réalité des médailles mondiales, pour la simple raison que dans plusieurs disciplines les Européens sont les meilleurs, ou un Européen est le meilleur ou parmi les tous meilleurs (concours hommes et femmes, Mo Farah, Renaud Lavillenie, Mahiédine Mekhissi…). Voilà pourquoi il faut se réjouir, comme les plus anciens amateurs d’athlétisme se sont longuement réjouis des 14 médailles (dont 4 en or avec Jazy, Bambuck, Madubost et le 4x100m) récoltées aux championnats d’Europe 1966. Tout cela pour dire qu’on aurait tort de bouder notre plaisir, d’autant que la France se situe juste derrière la Grande-Bretagne au tableau des médailles, cette dernière l’emportant grâce à ses 12 médailles d’or contre 9 à la France. Cela dit, sur la piste les Français ont récolté davantage de médailles que les Britanniques, puisqu’on a retiré de façon aussi injuste que ridicule la médaille d’or de Mahiédine Mekhissi au 3000m steeple. Bref, nos Bleus qui ont fait retentir aussi souvent la Marseillaise, dans le stade mythique de Zurich, ont bien mérité l’accueil très chaleureux de leurs supporters et l’hommage rendu par François Hollande à l’Elysée.

Je ne vais évidemment pas m’étendre sur les résultats de cette équipe de France, largement commentés par les journaux ou les sites spécialisés, mais je voudrais quand même souligner l’extraordinaire dernier tour de Mahiédine Mekhissi dans le 1500m, un dernier tour qui a fait l’admiration de Sebastian Coe et Michel Jazy, deux des plus grands milers de l’histoire, ou encore de Medhi Baala (double champion d’Europe du 1500m, médaillé d’argent mondial et médaillé de bronze olympique) qui, lui aussi, sait de quoi il parle quand il affirme qu’il n’y a pas « beaucoup de gars capables de courir le dernier tour en moins de 50s ». En fait on ne sait d’ailleurs pas exactement le temps qu’aurait pu réaliser Mekhissi dans son dernier tour s’il avait été à la lutte, car il a commencé à se relever à 80 m de la ligne qu’il a franchie au ralenti, ce qui explique qu’il n’ait  été chronométré « qu’en » 52s7. Pour mémoire je rappellerais que Coe avait été chronométré lors de son dernier tour du 1500m des J.O. de Los Angeles (1984) en 51s, à la lutte avec  Steve Cram, autre fameux coureur de 1500m. Cela dit, quelles sont les limites de Mekhissi sur 1500m ? Sans doute à un très haut niveau, et ce serait intéressant de le voir faire une saison pleine sur la distance…ce qui ne risque pas d’arriver, car le 3000m steeple est la distance sur laquelle il a remporté ses plus beaux succès et obtenu son meilleur résultat chronométrique (il est recordman d’Europe). En outre, je suis certain qu’il est persuadé de pouvoir enfin obtenir l’or olympique sur le steeple à Rio de Janeiro, malgré l’omniprésence des Kenyans.

Autre dernier tour d’anthologie, celui de Floria Gueï dans le relais 4x400m victorieux de ces championnats d’Europe. Décidément nos athlètes avaient une envie extraordinaire de se battre, et Floria Gueï en a apporté une preuve supplémentaire, elle qui avait  encore plus de 20m de retard dans la ligne opposée, mais qui y a cru jusqu’au bout, ce qui au passage a ridiculisé le commentateur de France Télévision, toujours prompt à tirer des conclusions trop rapides sur une épreuve. Fermons la parenthèse, pour souligner que Floria Gueï a couru son 400m lancé en 49s7 soit environ 50s4 départ arrêté, un niveau très supérieur à son meilleur temps individuel (51s42). Cela signifie que si elle renouvelle ce type de course dans l’avenir, elle peut espérer entrer en finale du 400m lors des prochains championnats du monde ou des Jeux olympiques de Rio, et devenir  un de nos grands atouts pour le futur relais 4x400m, après la retraite de Muriel Hurtis.

Muriel Hurtis justement, je veux en parler car elle est le troisième élément de cette merveilleuse trilogie de sprinteuses que nous a offert la Guadeloupe, après Marie-Jo Pérec et Christine Arron (voir mon article sur ce site Marie Jo Pérec et Christine Arron, nos merveilleuses divas des pistes). Hélas Muriel, comme ses amies avant elle, vient de disputer sa dernière compétition, et on ne reverra plus sa grande silhouette sur les pistes, où elle a brillé de mille feux depuis une quinzaine d’années. Une carrière très longue qui a réellement commencé au niveau international en 1999, avec la médaille d’argent du 4x100m des championnats du monde en compagnie de Kathia Benth, Patricia Girard et Christine Arron, juste derrière les Bahamas. Ensuite ce sera une succession de grandes performances sur les pistes du monde entier avec une médaille d’argent aux championnats d’Europe en salle sur 200m (en 2000), puis l’année suivante l’argent aux championnats du monde dans le relais 4x100m, avant d’exploser sur le plan individuel en 2002. Cette année-là en effet, Muriel Hurtis allait démontrer toute sa classe en remportant l’or aux championnats d’Europe en salle sur 200m, mais aussi deux titres européens en plein air sur 200m et au 4x100m. L’année 2003 sera celle de la confirmation avec un titre de championne du monde en salle sur 200m (suite au déclassement pour dopage de Michelle Collins), puis une médaille de bronze sur 200m aux championnats du monde à Saint-Denis (là aussi grâce au déclassement de Kelly White qui l’avait emporté), et la médaille d’or du relais 4x100m à ces mêmes championnats du monde en compagnie de Patricia Girard, Sylviane Félix et Christine Arron, qui fit sans doute ce jour-là la plus belle ligne droite de sa carrière, prenant le bâton avec un mètre de retard sur la championne du monde, Torri Edwards, dans le dernier relais et franchissant la ligne avec un mètre d’avance. Mais si Christine Arron put accomplir cet exploit, c’est aussi parce que Muriel avait accompli une extraordinaire ligne opposée en deuxième relayeuse, ce qui n’était pas une surprise pour les amateurs et connaisseurs d’athlétisme, dans la mesure où Muriel Hurtis, remarquable spécialiste du 200m, avait aussi réalisé 10s96 sur 100m en 2002. Ensuite, aux J.O. d’Athènes en 2004, elle terminera sur la troisième marche du podium du relais 4x100m avec  Sylviane Félix, Christine Arron et Véronique Mang qui avait remplacé Patricia Girard au départ.

Ce sera son dernier podium dans les grandes compétitions internationales jusqu’aux championnats d’Europe en salle (en 2011) dans le relais 4x400m. Oui je dis 4x400m, puisque Muriel Hurtis a décidé en 2010 de monter sur 400m, où sa longue et puissante foulée devait faire merveille. Hélas, elle avait beaucoup perdu de sa vitesse de base et, de fait, ne sera qu’une bonne spécialiste française sur sa nouvelle distance, son meilleur temps se situant à 51s41 (en 2010). Cela ne l’empêchera pas de rester une excellente relayeuse et d’aider ses jeunes compatriotes, notamment Marie Gayot et Floria Gueï, à progresser sur 400m et à s’approcher des podiums, comme en témoigne la quatrième place prise aux championnats du monde 2013. Mais le plus beau restait à venir sur 400m, avec cette magnifique victoire remportée dimanche dernier en compagnie de Marie Gayot, Agnès Raharolahy et Floria Gueï, qui, d’un coup, a presque acquis la notoriété d’un Marc Raquil, avec cette ligne droite stratosphérique, coiffant pour cinq centièmes la dernière relayeuse ukrainienne, laquelle s’en voudra toute sa vie d’avoir relâché son effort dans les derniers mètres, pensant avoir course gagnée. Elle a bien fait de commettre cette erreur, car, de ce fait, Muriel Hurtis quitte la scène athlétique par la grande porte, ce qui est mille fois mérité.

Michel Escatafal


Le 1500m, une distance qui réussit bien aux athlètes français (partie 2)

jazybaalaAyant déjà parlé de Michel Jazy, je vais à présent évoquer brièvement sa carrière, en notant d’abord qu’il eut la chance d’être choyé par le directeur de l’Equipe, lui-même ancien athlète, Gaston Meyer. Celui-ci en effet le fera engager par Jacques Goddet, patron du journal, comme typographe, avec des horaires aménagés pour qu’il puisse s’entraîner autant qu’il le fallait pour devenir le crack que l’on pressentait. Et de fait, on n’allait pas être déçu, même si sa carrière aurait dû être encore plus brillante. Certes brillante elle le fut, mais on aura toujours trois regrets au sujet de Jazy, à savoir son échec à Tokyo en finale d’un 5000m olympique où il était de très loin le plus fort, son refus de courir le 1500m à ces mêmes J.O. de Tokyo en 1964, alors qu’il l’aurait emporté à coup sûr, et son absence sur les tablettes du record du monde sur les distances olympiques. Certains vont me trouver bien exigeant avec un des plus grands milers de l’histoire, mais c’est normal compte tenu des qualités de ce surdoué.

Néanmoins il aura laissé une belle trace dans le gotha de l’athlétisme en ayant été deux fois champion d’Europe (1500m en 1962 et 5000m en 1966), médaille d’argent sur 1500m aux J.O. de Rome, recordman d’Europe du 1500m à trois reprises, recordman d’Europe du 5000m à trois reprises également, mais aussi recordman du monde du mile, du 2000m (premier et dernier records qu’il a battus en 1962 et en 1966) , du 3000m, des 2 miles et du relais 4x1500m. C’est magnifique, mais cet athlète racé et élégant, aurait pu et dû faire mieux encore. D’ailleurs si Jazy avait 25 ou 28 ans aujourd’hui, il serait ou aurait déjà été à coup sûr champion olympique, car à cette époque il était un des très rares sportifs français à être le meilleur dans sa discipline. Hélas, à Tokyo, il n’a pas su résister à la pression qui l’entourait, d’où son obstination à ne pas vouloir courir le 1500m par peur de la défaite, alors que celui qui fut champion olympique, le Néo-Zélandais Peter Snell, déjà vainqueur du 800m, a toujours affirmé qu’il n’y aurait pas participé si Jazy avait choisi cette distance, d’autant que ce dernier venait de réussir à l’entraînement des temps largement supérieurs sur 1200m à ceux qu’il avait fait auparavant.

En fait à ce moment Jazy bénéficiait pleinement de son entraînement sur 5000m, tout en ayant conservé sa vitesse de base (il était aussi un des meilleurs sur 800m) et son fameux finish dans les 300 derniers mètres. A propos de Snell, c’est lui qui détenait le record du monde du mile quand Jazy le battit en juin 1965 à un niveau quasiment équivalent aux 3mn35s6 d’Elliot sur 1500m. A cette occasion Michel Jazy  réussit, en battant ce record mythique, sans doute son plus grand exploit, bien aidé il est vrai par ses lièvres, Kervéadou et deux autres de grand luxe, Jean Wadoux et Michel Bernard. Résultat le record de Snell (3mn54s1) fut battu de 5/10 de seconde.

Passons à présent à Mehdi Baala, qui fut le vrai successeur de Jazy dans le cœur des Français. Déjà il y a toujours eu une similitude dans l’allure entre les deux champions. Mais la comparaison ne s’arrête pas là, car Baala comme Jazy était aussi un remarquable coureur de 800m. La preuve, il a porté très haut le record de France du kilomètre (en 2003) avec un temps de 2mn13s93, mais aussi celui du 800m en 1mn43s15 (à Rieti en 2002). Il a d’ailleurs réussi son premier exploit en 2000, quelques semaines avant les Jeux Olympiques de Sydney, en réalisant le doublé en Coupe d’Europe 800-1500m, alors qu’il n’avait pas encore 22 ans. A cette occasion Jazy avait dit qu’il « semble paré de tous les dons » et on en aura la confirmation en août, quand il réalisa 3mn32s02 à Zurich sur 1500m, ce qui en faisait un outsider pour les J.O. Et même s’il ne termina qu’à la quatrième place, il n’aura surtout pas à rougir de cette performance dans la mesure où il aura joué sa chance jusqu’au bout, laissant les médailles au Kenyan Ngeny, qui avait battu le super favori El Guerrouj (Maroc), la médaille de bronze revenant à un autre Kenyan devenu ensuite américain, Lagat. Dans cette épreuve où le vainqueur réalisa 3mn32s07, Baala termina au pied du podium (3mn34s14) après avoir suivi le trio de tête jusqu’au milieu de la ligne droite.

Au passage, on notait qu’il était déjà le meilleur européen, ce qu’il allait confirmer aux championnats d’Europe en 2002, où il s’empara de son premier titre international. Mais la grosse confirmation, on l’aura l’année suivante, en 2003, où lors des championnats du monde au Stade de France il s’empara de la médaille d’argent, après avoir résisté jusqu’au bout au maître El Guerrouj (4 fois champion du monde du 1500m, champion olympique du 1500 et du 5000m, en plus d’avoir battu les records du monde du 1500m, du mile et du 2000m). Tout cela nous laissait espérer des lendemains qui chantent, mais, comme pour les hurdlers Caristan, Diagana et Doucouré, Baala devra composer avec les blessures tout le reste de sa carrière. Cela ne l’empêchera pas de devenir champion d’Europe pour la deuxième fois en 2006 et de récupérer la médaille de bronze du 1500m aux J.O. de Pékin (2008), suite au déclassement pour dopage de Ramzi.

Ce sera son chant du cygne, mais sa carrière s’honore aussi d’un record de France du 1500m (3mn28s98 en septembre 2003) à trois centièmes du record d’Europe de Cacho, le champion olympique du 1500m à Barcelone. Il arrêtera sa carrière en 2011, et, entre autres activités, conseillera d’autres athlètes, par exemple Tamgho, et fera profiter les amateurs d’athlétisme de ses compétences sur la chaine beIN SPORTS. Qui sait, il aura peut-être le plaisir de commenter la victoire de Mekhissi sur 1500m, si par bonheur ce dernier fait le doublé avec le 3000m steeple, épreuve que sauf accident il remportera pour la deuxième fois, ce qui serait une performance inédite sur la distance.

Michel Escatafal


Le 1500m, une distance qui réussit bien aux athlètes français (partie 1)

bernardMardi prochain, 12 août, vont commencer les championnats d’Europe d’athlétisme à Zurich, autrefois considéré comme l’égal aujourd’hui des championnats du monde, en rappelant toutefois que jusqu’en 1983 les championnats du monde n’existaient pas, en rappelant aussi que jusqu’en 1991 deux énormes forteresses, l’URSS et la RDA, jouaient dans la même cour que les Etats-Unis, ce qui n’est plus le cas de nos jours. Fermons cette parenthèse historique pour évoquer une distance mythique de l’athlétisme, le 1500m, sur laquelle plusieurs Français ont brillé, depuis Henri Deloge (très bon aussi sur 5000m), médaillé d’argent aux J.O. de 1900, ou encore Roger Normand, médaillé de bronze aux championnats d’Europe 1934, Patrick El Mabrouk, médaillé d’argent aux championnats d’Europe 1950, Jean Wadoux recordman d’Europe en 1970 (3mn34s) à qui il a simplement manqué une pointe de vitesse un peu supérieure pour être imbattable sur 1500m et 5000m, Driss Maazouzi (médaillé de bronze du 1500m aux championnats du monde 2001 et champion du monde en salle en 2003) jusqu’à Mahiedine Mekhissi (double médaillé d’argent aux J.O. en 2008 et 2012 sur 3000m steeple et champion d’Europe en salle du 1500m en 2013), qui figure parmi les grands favoris du 1500m à Zurich. Rien que cette énumération en dit plus que tous autres commentaires sur l’apport de l’athlétisme français à cette distance, que beaucoup considèrent comme la plus prestigieuse après le 100m. J’en profite à ce propos pour rappeler que j’avais écrit il y a 3 ans Les grands milers : partie 1et Les grands milers : partie 2.

Après avoir évoqué les médaillés français des grands championnats, je vais plus particulièrement parler de ceux qui ont laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de notre athlétisme, à savoir Jules Ladoumègue, Michel Bernard, Michel Jazy et Medhi Baala. Quatre athlètes qui ont porté très haut nos couleurs, et qui figurent parmi les plus grands milers de l’histoire. Jules Ladoumègue d’abord, que je n’ai évidemment pas connu, mais à propos duquel on parle et on écrit encore avec vénération, bien qu’il soit mort depuis plus de 40 ans (1973). Ladoumègue en effet fut un exemple à plusieurs titres, y compris pour des motifs qui paraissent de nos jours complètement surannés…parce que touchant au professionnalisme. Pour mémoire, il fut interdit de compétitions en mars 1932 alors qu’il n’avait que 26 ans, ce qui brisa de fait une carrière qui n’en était pas encore à son apogée. C’est pour cela qu’on parla à son propos « d’athlète martyr », comme ce fut le cas aussi, la même année (olympique), pour un autre immense champion, le Finlandais Paavo Nurmi.

Ladoumègue était une sorte de virtuose du 1500m, à la fois fragile et tourmenté comme le sont souvent les grands artistes, mais athlète racé, doué de longues jambes, ce qui lui permettait de disposer d’une foulée ample, idéale pour le demi-fond. Tous ces dons athlétiques allaient l’amener à devenir le premier athlète à passer sous la barre des 3mn50s au 1500m (3mn49s2 en 1930), lors d’une tentative de record du monde où il battit notamment le futur champion olympique, l’Italien Beccali. Preuve que sans cette suspension, Ladoumègue aurait bel et bien été champion olympique, après sa médaille d’argent obtenue quatre ans plus tôt à Amsterdam. Ladoumègue a aussi été recordman du monde du kilomètre (2mn23s3/5), du mile (4mn9s1/5) et du 2000m (5mn21s4/5). Bref, un des plus glorieux champions que notre athlétisme ait connu, avec, comme je l’ai dit, la dimension tragique qui s’est attaché à ce personnage qui deviendra plus tard journaliste à l’ORTF. Aujourd’hui il serait un consultant très recherché par les chaînes de télévision, au même titre que Diagana, même s’il n’avait pas fait d’études au contraire de l’ancien champion du monde du 400m haies.

Après Ladoumègue je voudrais évoquer le nom d’un athlète, Michel Bernard, qui n’a jamais eu de médailles mondiales ou européennes, mais qui a eu la malchance de tomber à son époque sur deux surdoués du demi-fond, Herb Elliot et Michel Jazy. Bernard se moquait sans doute des breloques offertes dans les grandes compétitions, sinon il aurait couru différemment. N’oublions pas qu’il a battu à huit reprises Michel Jazy (contre 29 défaites), ce qui doit être souligné, Jazy ayant été la référence du 1500m et du mile entre 1962 et 1965…et qui ne serait sans doute pas devenu ce qu’il fut sans cette rivalité, qui rappelait à la même époque celle du cyclisme entre Anquetil et Poulidor, chacun ayant ses partisans, aussi farouches dans un camp comme dans l’autre. Jazy c’était Anquetil et Bernard c’était Poulidor, la comparaison allant jusqu’à la longévité de Bernard, celui-ci restant encore très compétitif à 40 ans. Fermons la parenthèse et parlons de ce qui restera le plus haut fait d’armes de Michel Bernard, le 1500m des Jeux Olympiques de Rome en 1960, une course folle comme on en voit deux ou trois par siècle.

Ce jour-là, le 6 septembre 1960, en finale du 1500m, Bernard allait nous offrir un morceau d’anthologie de la course à pied, dans une course où l’on retrouvait le gratin du demi-fond mondial avec au départ, outre Jazy et Bernard, des athlètes comme le Hongrois Roszavolgyi (ancien recordman du monde), le redoutable Suédois Dan Waern ou encore le Roumain Vamos, aussi fort sur 1500m que sur 3000m steeple, et surtout Herb Elliot, invaincu sur la distance et qui le restera pour l’éternité. Elliot était évidement le grand favori, mais cela ne suffisait pas à effrayer Bernard qui, dès le coup de feu, se plaça en tête et imprima un train d’enfer. Après un passage aux 400m en 58s2, puis aux 800m en 1mn57s8, ce qui était fou à l’époque, Bernard vit arriver Elliot à sa hauteur pour prendre le commandement de la course, comme il en avait l’habitude. Problème, Bernard refusa de laisser au crack australien la première place. S’en suivit alors un spectacle surréaliste entre les deux milers, aucun des deux ne voulant céder le moindre pouce de terrain à l’autre. Pendant presque 200m, ce fut un coude à coude phénoménal, jusqu’à ce que Bernard finisse par s’incliner.  Cette passe d’armes hallucinante allait d’ailleurs permettre à Elliot de devenir champion olympique en battant le record du monde, avec un temps de 3mn35s6 (qui ne sera battu que sept ans plus tard par Ryun). Elle allait aussi donner à Michel Jazy la joie de remporter la médaille d’argent en pulvérisant son record de France (3mn38s4), alors que Michel Bernard terminait septième en 3mn41s8. Cela étant, pour Michel Bernard la course avait perdu de son intérêt dès qu’Elliot eut raison de lui, affirmant, sans doute avec raison, que sans Elliot il aurait gagné…parce que personne n’aurait osé venir le chercher. Tel était Michel Bernard, personnage légendaire du demi-fond mondial, préférant tout tenter, au-là de toute raison, pour ne pas avoir de regret.

Michel Escatafal


Les grands milers : partie 1

Quels sont les plus grands milers de l’histoire de l’athlétisme ? Voilà une question intéressante parce qu’elle concerne les coureurs de 1500m, sans doute ceux qui font le plus rêver le grand public avec les sprinters. Sans remonter trop loin, il y a quand même des coureurs qui ont marqué cette distance, ou plutôt ces distances, parce que pendant longtemps il y avait deux records mythiques, le 1500m et le mile…même si cette distance est de moins en moins courue dans les meetings. Cependant parmi les recordmen du monde de ces deux distances, le plus célèbre est peut-être encore le célèbre britannique Roger Bannister, l’homme qui fit descendre pour la première fois le record du mile à moins de 4 mn (3mn59s4/10), le 6 mai 1954. Et pourtant en dehors d’un titre de champion d’Europe du 1500m en 1954, il n’a pas un palmarès comparable à celui des autres monstres sacrés de ces deux distances. A noter quand même que pour ce record, Bannister avait bénéficié d’un lèvre de choix, avec Chris Chataway, qui fut recordman du monde du 5000 m en 13’51″6, et médaillé d’argent aux Europe sur 5000 m en 1954.

Le premier de ces monstres sacrés fut le Finlandais Paavo Nurmi, celui que l’on appelait « l’homme au chronomètre ». Il réussira l’exploit en 1924 de remporter en un peu plus d’une heure le 1500 et le 5000 m des Jeux de Paris. C’était une autre époque, mais si je parle de Nurmi et de ce doublé 1500-5000m, c’est parce qu’il restera inégalé jusqu’en 2004. En réalité, Nurmi n’appartenait pas vraiment à la catégorie des milers parce qu’il était essentiellement un coureur de 5000-10000 (il fut champion olympique de la distance en 1920), donc évidemment moins rapide que les vrais milers.

Ensuite je ne peux pas passer sous silence qu’un Français, Ladoumègue, sera le meilleur coureur de son époque, même s’il n’obtint que la médaille d’argent aux J.O. d’Amsterdam en 1928. Cela dit il sera invaincu pendant 24 mois entre 1929 et 1931 sur 1500m, et il sera recordman du monde du 1500m et du mile, étant notamment en 1930 le premier coureur en moins de 3mn50s au 1500m. Hélas pour lui, il ne pourra aller cueillir la médaille d’or qui lui était promise sur 1500m aux J.O. de Los Angeles…pour cause de professionnalisme. A l’époque on ne plaisantait pas avec ces choses, au point d’être radié à vie, ce qui ne l’empêchera pas d’être réhabilité… 12 ans plus tard !

Peu après, à la fin des années 30 et dans les années 40, ce sera la grande époque suédoise avec deux coureurs de très grand talent, Haegg et Anderson. Haegg entraîné par l’ermite de Volodalen, Gosta Olander, entraîneur ô combien célèbre, était incontestablement plus fort qu’Andersson, du moins jusqu’en 1944. On disait de lui à l’époque qu’il était un athlète pouvant tout se permettre. Cela étant, cette rivalité au sommet n’aura pas le retentissement mondial qu’elle aurait mérité en raison de la deuxième guerre mondiale. Haegg et Anderson battront évidemment chacun à leur tour les records du monde du mile et du 1500m. Ils seront eux aussi radiés à vie en 1946 pour faits de professionnalisme.

Et cela nous amène dans les années 50 et au début des années 60, où le demi-fond va se découvrir sans doute le meilleur miler de l’histoire, Herb Elliott. Bien sûr les plus jeunes d’entre nous ne l’ont pas connu, mais sur la distance du mile et du 1500m ce fut l’athlète du vingtième siècle. Si je dis cela c’est parce qu’il n’a pas subi la moindre défaite en 43 courses, ou si l’on préfère pendant trois ans. Ayant commencé sa carrière très tôt, à 16 ans, il allait se révéler en 1958 alors qu’il avait à peine 20 ans, en battant tous ses adversaires au Jeux du Commonwealth, s’adjugeant à la fois le 880 yards (battant le champion d’Europe Hewson) et le mile. Ensuite, il va pulvériser le record du monde du mile en descendant celui-ci sous la barre des 3mn55s (3mn54s5/10), battant comme en se jouant le précédent record qui appartenait au Britannique Ibbotson de presque trois secondes, avec les derniers 440 yards avalés en 55s5. Un immense champion était né !

Quelques semaines plus tard, il va écraser la concurrence lors d’un meeting à Goeteborg en battant le record du monde du 1500m de plus de deux secondes, en 3mn36s. Cette fois le doute n’était plus permis, ce jeune homme allait marquer l’histoire du demi-fond, d’autant qu’il avait tout pour lui, à la fois une capacité à supporter tous les trains, et une excellent vitesse de base comme en témoignent ses nombreux succès sur la distance de 800m. Rapidité et résistance, tels sont les ingrédients qu’il avait assimilés de son entraîneur Percy Cerruti, qui l’obligeait à courir à l’époque entre 60 et 80 km par semaine.

Il ne lui restait plus qu’à devenir champion olympique pour achever de visiter son rêve. Il n’allait pas manquer l’occasion à l’issue d’une course mémorable, en finale du 1500 m des Jeux Olympiques de Rome en 1960, dans laquelle les Français jouèrent un rôle assez considérable. En effet, dès les premiers mètres, Michel Bernard impose un train d’enfer passant aux 300 m en 43s5/10, puis 57s8/10 aux 400 m et 1mn12s8/10 aux 500m. Personne n’en croit ses yeux, car jamais jusque-là un 1500 m n’était parti sur des bases pareilles. Ce départ va d’ailleurs condamner ceux qui suivaient notre Français de près, notamment un des favoris, le Suédois Dan Waern, mais pas Elliott qui se rapproche de Bernard. Et là jusqu’au 900 m on assiste à un sprint hallucinant entre les deux hommes qui passent au 800m en 1mn57s8/10.

Le peloton est évidemment très étiré en raison de ce mano a mano, duquel émergent deux hommes, le Hongrois Roszavolgi et l’autre Français Michel Jazy, grand espoir (24 ans) de notre athlétisme renaisssant à cette époque. Bernard, comme prévu finit par céder, et Elliott put souffler quelques instants avec dans sa foulée Roszavolgy et Jazy. Hélas pour ces derniers, à trois cents mètres de la ligne, Elliott place un nouveau démarrage et s’envole immédiatement, comptant près de 20 mètres d’avance dans le dernier virage. Il ne faiblira pas jusqu’à l’arrivée pour terminer avec un fabuleux record du monde (3mn35s6/10), couvrant le dernier tour en 54s, un record qui allait tenir sept ans. Derrière lui, Jazy battra nettement Roszavolgy pour la médaille d’argent en pulvérisant le record de France de quatre secondes, soit 3mn38s4/10. Quant à Bernard, il terminera à la septième place, mais qui sait ce qui se serait passé si Elliott n’avait pas été là ? Quelle extraordinaire après-midi en tout cas!

Le successeur d’Elliott, l’Australien, sera un autre coureur des Antipodes, Peter Snell, le Néo-Zélandais . La différence entre les deux se situe essentiellement dans le fait que Snell était d’abord un coureur de 800m, avant d’être un grand miler. Il avait  à la surprise générale battu Roger Moens, le Belge, sur 800m aux J.O. de Rome en 1960. Cela dit, après cette victoire il allait se décider très vite à monter sur 1500m et le mile. D’ailleurs il allait battre les deux records du monde du mile et du 800m la même année. En revanche il ne battra pas le record d’Elliott sur 1500m, trop haut perché pour lui. Mais aux J.O. de 1964, il allait réaliser le doublé 800-1500m…grâce en partie à  Michel Jazy.

Celui-ci, comme on l’a vu, avait terminé à la deuxième place du fameux 1500m des J.O. de Rome en 1960, avant de remporter avec la plus extrême facilité le titre européen deux ans plus tard. Ensuite, au cours d’une course mémorable, en 1963 à Colombes en finale des championnats de France, il deviendra recordman d’Europe du 1500m (3mn37s8/10). Pour tout le monde, depuis la retraite d’Elliott, c’est Jazy le numéro un mondial sur la distance, ce qui signifie que la médaille d’or du 1500m lui est promise aux J.O. de Tokyo. Hélas pour lui, bien que n’abandonnant pas le 1500m, Jazy voulait tenter sa chance sur 5000m, se disant sans doute qu’avec sa vitesse et sa résistance il serait imbattable…ce qui fut vrai partout, sauf aux Jeux Olympiques où il termina à la quatrième place après avoir longtemps fait figure de vainqueur. Cela dit, Jazy absent, Snell se dit que l’occasion était trop belle et se décida à tenter le doublé 800-1500m, d’autant qu’en dehors de Jazy aucun Européen n’était susceptible de le gêner.

Et c’est ce qui se passa effectivement, Snell remportant la finale du 1500m avec une seconde et demie d’avance sur son second, le Tchécoslovaque Odlozil. Après coup, tout le monde s’est dit : « Quel beau duel nous avons raté, avec Jazy présent sur ce 1500m » ! Et bien non, ce duel nous ne l’aurions pas eu…parce que Snelle n’aurait pas participé au 1500 m avec Jazy au départ. Que de regrets pour le Français et ses supporters, mais Jazy n’avait qu’à s’en prendre à lui-même ! D’ailleurs un an plus tard, malgré une piste mouillée, il effacera le record du monde du mile de Snell de cinq dixièmes (3mn53s6/10), ce qui équivalait à un temps de l’ordre de 3mn36s sur 1500m, temps proche du fameux record d’Elliott.

escatafal