Les grandes équipes de club du football français depuis 1950 (2)

Nantes 1996PSG1996-OlPartie2

Avant de continuer ce que j’ai commencé la semaine dernière, je voudrais évoquer rapidement la stupidité de Serge Aurier, hélas beaucoup plus bête que méchant. Certes ce qu’il a dit dans cette vidéo enregistré samedi soir, qui pue la vulgarité et l’imbécilité, et qui dénote le manque de discernement de deux individus qui ont semble-t-il du sable à la place des neurones, est extrêmement blessant, notamment vis-à-vis de son entraîneur, Laurent Blanc, lequel était venu le chercher à Toulouse, avant de lui faire confiance cette année après une première année galère au PSG. Cela étant je crois sincèrement qu’il faut dire à propos d’Aurier : « Pardonne-lui, car il ne sait pas ce qu’il fait ». Décidément le football rend fou nombre de joueurs et de supporters, car ceux-là aussi sont parfois bêtes à lier, comme en témoignent les remarques de certains sur les réseaux sociaux, elles aussi affligeantes de médiocrité. Il est vrai que rien n’est fait pour rendre ce petit monde meilleur, surtout quand on voit les agissements du président de l’Olympique Lyonnais qui, « pour préserver son club » aux dires de ses plus fidèles soutiens, ne cesse de gémir à tout propos sur les arbitres et de critiquer le PSG, rival honni parce que trop puissant par rapport à son Olympique Lyonnais, ou ses rivaux pour la seconde place qualificative pour la Ligue des Champions, tout cela parce que financièrement son club a terriblement besoin des 30 millions octroyés aux participants à la phase de poules. Et oui, un stade de 60000 places ça coûte cher…surtout s’il est rempli trois ou quatre fois par an. Ce n’est pas pour rien que l’action OL Groupe vaut 1.99 euros, alors que son prix d’introduction était de 24 euros ! Je n’en dirai pas davantage, mais reconnaissons que le comportement de JM Aulas dans les médias est tout bonnement affligeant. Et lui, n’a pas l’excuse de la pure bêtise, même si ses tweets respirent la mauvaise foi ou l’ineptie.

Ceci dit, revenons à présent sur le sujet que j’ai commencé à développer dans l’article précédent, pour parler du FC Nantes des années 90, avec une génération de jeunes joueurs qui allaient faire leur chemin sur tous les terrains d’Europe et du monde. Et pas n’importe lesquels, puisqu’ils s’appelaient Deschamps (parti en 1989), Karembeu, Desailly (parti en 1992), Makelele, mais aussi Pedros ou encore Loko et N’Doram. Ces joueurs formés sous la direction de Suaudeau et Denoueix, donc à la meilleure école, ne resteront pas très longtemps dans le club pour la plupart d’entre eux, mais le F.C. Nantes aura le temps d’empocher un nouveau titre de champion en 1995 avec deux des trois meilleurs buteurs du championnat dans ses rangs (Loko et Ouedec), et surtout d’aller en demi-finale de la Ligue des Champions en 1996, battu par la Juventus de Vialli, R. Baggio, Ferrara ou Del Piero (0-2,3-2). Pour nombre de techniciens, l’équipe nantaise méritait d’aller en finale…parce qu’elle était sans doute la meilleure équipe européenne du moment. Elle l’aurait été encore davantage si le club n’avait pas laissé partir à l’intersaison Loko et Karembeu. Malgré tout, telle qu’elle était, avec Casagrande (gardien), Makelele, Ferri, Cauet, N’Doram, Ouedec, Gourvennec ou encore Pedros, cette équipe avait fière allure.  Hélas, jamais le F.C. Nantes n’allait retrouver une telle équipe, et cela pourrait durer encore longtemps, faute de moyens, l’argent étant devenu depuis le début du siècle le critère numéro un pour la réussite d’un club. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, à part le PSG, aucun club français ne réussit à conserver ses meilleurs jeunes joueurs, ces derniers partant s’exiler en Angleterre, où l’argent coule à flots grâce à de richissimes investisseurs (Chelsea, Manchester United, Manchester City…) et plus encore aux droits télévisés qui battent tous les records, sans oublier une ferveur inégalée pour le football (6 équipes de Londres en Premier League, 2 très gros clubs à Manchester  et une seule équipe en Ligue 1 à Paris ).

Fermons la parenthèse et voyons maintenant une autre équipe qui marquera à jamais le football français, le PSG des années 1995-1996-1997. Cela prouve au passage que le PSG a un passé…que nombre de gens oublient, même si l’écrin d’aujourd’hui est davantage flamboyant, et continuera de l’être dans les années à venir. A force de recruter des stars, le PSG arrivera à toucher son Graal, et gagnera la Ligue des Champions, comme l’a fait son adversaire en huitième de finale cette année, le FC Chelsea en 2012. Cela dit, le PSG a déjà une coupe européenne à son palmarès, même si ce n’est pas la plus prestigieuse, la Coupe des Coupes 1996, épreuve dont il a aussi été finaliste l’année suivante (battu par le FC Barcelone 1-0). Cela montre qu’à cette époque le PSG, version Canal+, avait déjà une très belle équipe (championne de France en 1994 et vainqueur de la Coupe de France en 1993-95-98), certes moins dominatrice que le PSG version qatari, mais avec quand même plusieurs joueurs de grande classe qui ont marqué leur époque en France et ailleurs. Parmi eux, outre Roche, Le Guen, N’Gotty, Fournier, Guérin, Colleter, Loko, il y avait Weah qui recevra le Ballon d’Or plus tard à l’AC Milan, sans oublier Ginola, les Brésiliens Valdo, Ricardo et Rai, Daniel Bravo (champion d’Europe avec les Bleus en 1984), et les champions du monde 1998 et d’Europe 2000 que furent le gardien Lama, et Youri Djorkaeff. Reconnaissons que cela faisait du beau monde au Parc des Princes, et à cette époque le PSG faisait partie des grands d’Europe, tout comme son rival marseillais jusqu’en 1993.

Un rêve que l’Olympique Lyonnais n’aura jamais atteint, au grand dam de JM Aulas. Et pourtant l’OL des années 2000 était une belle équipe, mais comme le FC Nantes au cours de la décennie précédente, l’Olympique Lyonnais manquait trop de ressources financières pour pouvoir lutter contre les grosses écuries européennes. Certes, avec un peu de chance l’OL aurait pu faire comme l’AS Monaco en 2004, et aller en finale de la Ligue des Champions, par exemple en 2006 ou 2007, mais l’OL comme l’AS Monaco, ne pouvait pas lutter sur la durée avec les mastodontes britanniques, espagnols ou allemands, infiniment plus riches. L’Olympique Lyonnais des années 2002 à 2008 avait de très belles équipes, mais il ne pouvait pas garder ses meilleurs joueurs. Sans avoir de très grandes stars type celles du PSG d’aujourd’hui, Ibrahimovic, Di Maria, Thiago Silva, Thiago Motta ou David Luiz, l’OL a pu compter dans ses rangs d’excellents joueurs comme les Brésiliens Sonny Anderson, Juninho, Cris, Caçapa, Fred, Bastos, l’Argentin Lisandro Lopez mais aussi le Malien Diarra, le Portugais Thiago, le Suédois Kallstrom, le Ghanéen Essien et les Français Abidal, Reveillère, Malouda, Benzema, Ben Arfa, Diarra, Squillaci, Coupet, Clément, Clerc, Toulalan, Govou, Wiltord et Rémy. Nombre de ces joueurs étaient issus du centre de formation (Benzema, Ben Arfa, Rémy, Govou, Clerc, Clément), dont un, Benzema, est devenu une grande star au Real Madrid. Comme je l’ai évoqué précédemment, son manque de moyens obligera au fil des ans l’Olympique Lyonnais à vendre la plupart de ses meilleurs joueurs, comme Abidal, Malouda, Essien, Tiago, Ben Arfa, Diarra, Rémy, Toulalan, tous finissant par partir à l’étranger. C’est le drame des clubs français, à part le PSG, qui ne peuvent pas retenir leurs meilleurs joueurs faute de moyens. Et ce n’est pas le grand stade de Lyon qui fera de l’OL un club aussi riche et puissant que le Bayern, le Barça, le Real, la Juventus, les deux Manchester, Chelsea, Arsenal ou le PSG.

Il n’empêche, reconnaissons qu’au milieu des années 2000, l’Olympique Lyonnais avait une très belle équipe, comme le FC Nantes de Suaudeau et Denoueix avant lui ou l’AS Saint-Etienne de Rocheteau, Piazza, Larqué et l’Olympique de Marseille de Skoblar et Magnusson. Le Stade de Reims de Kopa, Fontaine, Piantoni était un cran au-dessus, tout comme le PSG de l’époque Rai, Weah, Ginola, Djorkaeff, Lama et Valdo. Enfin, je mettrai tout en haut l’OM des années 1990 à 1993 et le PSG de nos jours, pour la qualité de son effectif. Espérons que demain soir, le club parisien confirmera sa montée en puissance et battra Chelsea pour s’assurer une place en quarts de finale. Ce ne sera pas facile, car le FC Chelsea compte nombre de très grands joueurs, mais ayons confiance. Cela ferait tellement de bien au football français d’avoir de nouveau un club en finale ou mieux, vainqueur de la Ligue des Champions…en attendant la création inéluctable d’une ligue européenne avec les plus grands clubs européens.

Michel Escatafal

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Les grandes équipes de club du football français depuis 1950 (1)

reims 1959ASSEOM 1993Partie 1

Voilà le type de question qui a priori n’a pas grand intérêt, pour la simple raison qu’il est très difficile de comparer les époques entre elles. Le football change beaucoup d’une période à l’autre, et l’adversité n’est évidemment pas la même. Qui oserait dire qu’il est plus facile d’aller en finale de la Ligue des Champions de nos jours que dans les années 50 ou 60, quand cela s’appelait la Coupe d’Europe des clubs champions ? Déjà la compétition n’était pas la même. Il n’empêche, on peut quand même faire une comparaison…à travers les effectifs, seul critère réellement objectif. Je vais donc prendre quelques équipes qui ont réellement marqué le football français, à savoir le grand Stade de Reims des années 50, l’Olympique de Marseille du début des années70, l’AS Saint-Etienne du milieu de cette décennie 70, l’Olympique de Marseille de 1990 à 1993, le FC Nantes de 1995, le PSG du milieu des années 90, l’Olympique Lyonnais des années 2000 et le PSG de nos jours sur lequel je n’insisterai pas outre mesure, pour avoir souvent évoqué ce club sur ce site. Cela fait 8 équipes qui, à des titres divers ont comblé les supporters français du football, pour leurs résultats français ou européens.

Comme je l’ai expliqué dans un article écrit il y a deux ans, le Stade de Reims des années 50 a longtemps été la référence absolue du football français. Son palmarès en témoigne, puisqu’il est le plus brillant au niveau européen, même si le niveau des coupes européennes dans les années 50 était très en deçà de celui d’aujourd’hui, où des sommes folles sont dépensées pour remporter la Ligue des Champions, pour laquelle sont qualifiées plusieurs équipes issues des principaux championnats européens. Il n’empêche, dans la décennie 50, le Stade de Reims pouvait se flatter d’avoir une des deux ou trois meilleures équipes européennes. La preuve, il remporta la Coupe Latine (ancêtre de la C1) en 1953 en battant en finale, à Lisbonne, le Milan A.C. (3-0), après avoir éliminé le F.C. Valence en demi-finale.  Deux ans plus tard, au Parc des Princes, Reims fut battu par le Real Madrid (2-0) après avoir éliminé le Milan AC en demi-finale.

Mieux encore, en 1956, lors de la première finale de Coupe d’Europe de l’histoire, le Stade de Reims passa très près de la victoire face au Real Madrid de Di Stefano, Rial, Gento, Marquitos, Munoz, Lesmes et Alonso (gardien), de nouveau au Parc des Princes, sur le score de 4 buts à 3, après avoir mené 3-2 à vingt cinq minutes de la fin. Cette défaite était d’autant plus cruelle pour les Rémois du président Germain, le mécène du club à l’époque (producteur de champagne), avec comme entraîneur Albert Batteux, que Raymond Kopa allait quitter le club pour rejoindre…le Real Madrid, qui allait constituer une des meilleures équipes de club de tous les temps, avec pour têtes d’affiches Di Stefano, Kopa, Puskas et Santamaria, sans oublier le peu de temps qu’il est resté au club le stratège de l’équipe du Brésil championne du monde en 1958, Didi. Imaginons un instant le PSG avec Messi et Ronaldo en plus d’Ibrahimovic, Verrati, Di Maria et Thiago Silva ! Et tous ces joueurs du grand Real des années 50, entraînés par Villalonga ou Carniglia, récitaient  leur partition avec une remarquable force collective, ce qui leur permit de s’imposer cinq fois de suite dans cette Coupe d’Europe des clubs champions (son appellation à l’époque) entre 1956 et 1960. Ce rappel historique s’adresse aux amateurs de football, fils d’internet, lesquels ne réalisent pas que le football a existé avant l’an 2000.

Ils ne savent pas non plus que dans cette équipe rémoise, il y avait nombre de joueurs de classe internationale tels, dès 1953, les arrières Zimny, Jonquet et Marche, le demi Penverne, et les attaquants Glovacki, Kopa, le jeune Méano, joueur surdoué qui aurait pu être le Messi de cette époque, qui sera hélas victime d’un accident mortel  à l’âge de 22 ans, ou encore l’international hollandais Appel. Un peu plus tard, en 1957, après le décès de Méano et les départs d’Appel et de Kopa, le Stade de Reims enregistrera la venue de trois attaquants de classe mondiale, Fontaine, Piantoni et Vincent. Avec eux, Reims ira une fois de plus en finale de la Coupe d’Europe contre le Real en 1959 (défaite 2-0). Ce sera d’ailleurs le chant du cygne européen du Stade de Reims, lequel allait même tomber en deuxième division à la fin de la saison 1963-1964. En France, surtout dans le sport et plus particulièrement dans le football, il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne. Si j’écris cela c’est tout simplement parce que notre pays est le seul où les grands clubs peuvent devenir aussi moribonds qu’ils furent brillants dans le passé.

Je passerai beaucoup plus vite sur l’Olympique de Marseille du début des années 70, parce que sa domination fut exclusivement nationale, même si l’ équipe comptait dans ses rangs quelques très grands joueurs, comme les Français Carnus, Bosquier, Novi, Gress, Bonnel ou Loubet, tous internationaux, et surtout le Suédois Magnusson et plus encore le Zlatan de l’époque, le Yougoslave Croate Skoblar, qui est le recordman des buteurs de l’histoire de la Ligue 1 (ça s’appelait à ce moment la Division 1) avec 44 buts ! Hélas pour cet OM, il affronta en 1971 dès les huitièmes de finale de la Coupe d’Europe le grand Ajax d’Amsterdam de Cruyff, Keizer, Haan et Neeskens, quasiment imbattable à l’époque. L’année suivante, ce même OM fut éliminé dès les seizièmes de finale par la Juventus de Turin de Zoff (gardien), Capello, Bettega, Anastasi et Altafini, qui ne s’inclina qu’en finale face à l’Ajax. Là aussi, les pourfendeurs imbéciles du PSG de nos jours devraient réviser un peu leurs classiques, et cesser leurs stupides jugements péremptoires sur la valeur de l’équipe parisienne depuis 2013 sous le prétexte que sa carrière s’arrête aux quarts de finale de la Ligue des Champions, en rappelant que la chance au tirage aide parfois à réussir un magnifique parcours, en évitant par exemple de rencontrer le futur lauréat. Pour revenir à l’OM de Leclerc du début de la décennie 70, ils avaient largement les moyens d’atteindre les quarts ou même les demi-finales s’ils avaient rencontré des adversaires comme les Hongrois de Ujpest ou les Slovaques de Trnava, de même que le PSG aurait pu l’an passé réaliser le même parcours que la Juventus…avec le même tirage (Borussia Dortmund en 1/8è et Monaco en ¼ de finale).

Un peu plus tard, un autre club français allait dominer le football français et faire peur à toute l’Europe, l’AS Saint-Etienne. Voilà une histoire qui mérite d’être contée, avec cette phalange verte composée essentiellement de footballeurs formés au club tels que Janvion, Lopez, Farison Repellini, Bathenay, Synaeghel, Larqué, les frères Revelli, Sarramagna, Rocheteau et deux étrangers de grande classe, le gardien yougoslave Curkovic et l’arrière central argentin Piazza. Quelle magnifique équipe, qui, outre sa domination sur le plan national (triple champion de France en 1974-1975-1976 plus la Coupe de France en 1974-1975 et 1977), atteignit les demi-finale de la Coupe d’Europe en 1975, battue par le futur vainqueur, le Bayern Munich de Maier, Schwarzenbeck, Beckenbauer, Kappelmann, Roth, Hoeness et l’extraordinaire buteur que fut Muller, avant de s’incliner 1-0 contre ce même Bayern en finale à Glasgow en 1976, après avoir tiré sur la barre (histoire des poteaux carrés). Et comme si l’histoire n’était pas assez belle, les Stéphanois atteignirent les quarts de finale en 1977, après avoir perdu, bêtement, contre le futur champion d’Europe, le Liverpool de Clemence (gardien), Kennedy, Mac Dermott, Callghan et le meilleur joueur de l’époque, Kevin Keegan. Qui sait, peut-être qu’en se rappelant ces heures de gloires, les Verts iront très loin en Ligue Europa (C3) ce printemps?

Autre très grande équipe, sans doute la meilleure après le PSG version qatari en valeur absolue, l’Olympique de Marseille du début de la décennie 1990, dont le palmarès national s’orne d’un titre de champion de France en 1989 (doublé avec la Coupe de France), 1990, 1991 et 1992. Les Marseillais remporteront même un cinquième titre consécutif en 1993…qui leur sera retiré suite à l’affaire VA-OM de triste mémoire, épisode ô combien douloureux pour le football français. Néanmoins, l’OM de Bernard Tapie peut se flatter, hélas, d’être à ce jour le seul club français vainqueur de la C1. L’OM de 1993 est d’ailleurs doublement entré dans l’histoire des compétitions européennes, parce qu’en plus d’être le premier vainqueur français de la C1, il fut le premier à remporter la Ligue des Champions (avec deux phases de groupe mais, détail très important, un seul club qualifié par pays), celle-ci ayant pris la place de la Coupe d’Europe des clubs champions, dont l’OM fut finaliste en 1991, battu à la surprise générale aux tirs au but (0-0 et 5-3) par l’Etoile Rouge de Belgrade, club phare de l’ex-Yougoslavie, aujourd’hui la Serbie. Cette équipe de 1991 était peut-être supérieure à celle qui devint championne d’Europe en 1993, car elle avait dans ses rangs un buteur de très haut niveau, Jean-Pierre Papin, Ballon d’Or 1991. Elle aurait déjà dû aller en finale en 1990, éliminé injustement par Benfica, les Portugais n’ayant dû leur salut qu’à une grossière erreur d’arbitrage (but marqué de la main par Vata) dans les dernières minutes de la partie. Encore une fois, on notera que la chance n’était pas du côté des Marseillais, preuve que Di Maria (vainqueur de la C1 avec le Real en 2014) a bien raison quand il affirme qu’il faut un minimum de chance pour gagner une épreuve telle que la Ligue des Champions !

Un dernier mot enfin, pour cette première partie en notant que l’on a tort de comparer le PSG de nos jours avec ses Aurier, Thiago Silva, David Luiz, Maxwell, Marquinhos, Verrati, Motta, Matuidi, Pastore, Ibrahimovic, Cavani, Lucas ou Di Maria, avec l’Olympique Lyonnais des années 2000 dont je parlerai dans la deuxième partie de cet article. Pourquoi dis-je cela ? Parce que si l’on doit faire la comparaison, à part pour faire vendre du papier ou des clics sur les sites web, elle doit être faite avec l’OM de 1990 à 1993 ou avec le Stade de Reims des années 1950, ces équipes ayant un effectif qui tenait la route face à l’armada parisienne d’aujourd’hui. Ayant déjà évoqué le Stade de Reims, je vais quand même citer les noms des Marseillais de ces années bénies, à savoir les gardiens Olmeta et Barthez, les arrières Mozer, Casoni, Boli, Amoros, puis en 1993 Angloma, Desailly et Di Meco, les milieux Germain, Stojkovic et en 1993 Sauzée, Eydellie et Deschamps, et les attaquants en 1991 Wadell, Papin et Abedi Pelé, puis Boksic et Voller en 1993. Reconnaissons que c’était quand même du très haut niveau, même si les individualités de classe mondiale du PSG 2014-2015 ou 2016 sont plus nombreuses.

Michel Escatafal


Il fallait oser, et certains supporters lyonnais l’ont fait…

tifoIl fallait oser et certains supporters lyonnais l’ont fait : ils ont déployé un tifo à l’effigie et à la gloire de J.M. Aulas, pardon de Monsieur le Président Aulas. Si je voulais être méchant, je dirais que cela me fait immédiatement penser aux gourous des nombreuses sectes qui sévissent de par le monde, ou encore au culte de la personnalité dans certains pays dirigés par un dictateur. Cela dit, Monsieur le Président Aulas n’a évidemment rien à voir avec les gourous ou les pires dictateurs de la planète, puisque le président de l’Olympique Lyonnais se contente simplement de tourner la tête de quelques supporters des travées du stade de Gerland, très heureux pour certains d’entre eux d’avoir acheté des actions d’OL Groupe à 24 euros, et qui valent aujourd’hui 1.91 euros. J’espère pour ces pauvres gens qu’ils n’ont pas investi des sommes considérables (pour eux), parce que s’ils avaient besoin de réaliser leurs avoirs, ils auraient presque tout perdu!

Et pourtant je suis persuadé que ces malheureux supporters-actionnaires de l’Olympique Lyonnais n’en veulent nullement à leur président, qu’ils considèrent toujours comme le phare du football en France et ailleurs, à force de s’entendre rappeler à chaque occasion que leur club est extraordinaire, qu’il est riche, qu’il est puissant et que leur stade sera le plus beau, le plus illuminé etc. Il suffit pour s’en convaincre de lire leurs commentaires sur les forums pour s’apercevoir à quel point leur vision du réel est déformée. Ils en arrivent même à imaginer que leur club est un des plus importants en Europe et dans le monde, et qu’avec le nouveau stade en construction l’Olympique Lyonnais sera dans quelques années plus riche que Manchester United, le Barça, le Real, le Bayern ou le PSG. Ils oublient, les pauvres, que les clubs dont je parle sont connus dans le monde entier, et que leur palmarès ou la notoriété de la ville qu’ils représentent sont sans commune mesure avec ceux de l’Olympique Lyonnais. Ils oublient aussi que de nos jours le football est devenu un énorme business, et qu’un club ne peut intéresser des gros investisseurs qu’à partir du moment où les retours sur investissement sont très importants…ce qui ne sera jamais le cas avec un club comme l’Olympique Lyonnais.

A ce propos, à part le PSG (un peu plus de 45.000 spectateurs de moyenne), limité par la capacité d’accueil du Parc des Princes, et l’Olympique de Marseille qui dépasse les 50.000 spectateurs à chaque match, aucune autre équipe en France ne dépasse la moyenne de 35.000 spectateurs (Lille) et surtout pas l’Olympique Lyonnais qui, fin 2014, et malgré de bons résultats se situait à environ 33.000 spectateurs. Au demeurant cette moyenne laisse quelques doutes sur le remplissage du nouveau stade à Decines prévu pour 60000 spectateurs. Cela pourrait sonner creux, et il faudra que les supporters inventent très souvent des tifos à la gloire de Monsieur le Président Aulas pour masquer les places vides. J’arrête là, car on va m’accuser d’être rosse et anti lyonnais, ce que je ne suis pas, parce que j’aime bien l’Olympique Lyonnais…même si son très grand président m’insupporte et finit par rendre ce club antipathique.

Trêve de plaisanterie pour noter que parmi les dix plus grosses affluences dans les stades de football, on trouve 5 clubs allemands à commencer par le Borussia Dortmund (premier avec plus de 80.000 spectateurs de moyenne), mais aussi le Bayern Munich (71.000 en cinquième position), Schalke 04 (plus de 61.000 en sixième position), Hambourg (52.000 en huitième position), et le Borussia Monchengladbach, en dixième position avec près de 51.000 spectateurs en moyenne. Pour compléter la liste on notera que le Real Madrid (76.000) et le FC Barcelone (74.000) sont respectivement second et quatrième dans ce classement des affluences, avec intercalé Manchester United (75.000) à la quatrième place, et Arsenal à la septième avec près de 60.000 spectateurs en moyenne. Désolé pour cette énumération un peu fastidieuse, mais elle suffit à démontrer que la propriété d’un stade de plus de 60.000 places est un élément très important…pour un très gros club, que n’est pas et ne sera jamais l’Olympique Lyonnais, n’en déplaise à Monsieur le Très grand président Aulas. Pour mémoire, Lyon et son agglomération comptent un peu plus de deux millions d’habitants, contre une douzaine de millions à Paris et un peu plus à Londres, ou encore plus de 6 millions à Madrid, 5 millions à Barcelone. Et si l’agglomération lyonnaise rivalise en nombre d’habitants avec l’agglomération de Munich ou de Manchester, Lyon est loin d’avoir la tradition sportive des populations de ces villes, comme des autres grandes cités allemandes ou anglaises. On observera d’ailleurs, ce qui montre le manque d’engouement de notre pays pour le sport en général et le football en particulier, que la France est le seul des grands pays à n’avoir qu’une grande équipe de football dans sa capitale.

Et cela m’amène à évoquer la possibilité pour le PSG d’acheter le Parc des Princes à la ville de Paris. Certes si l’on en croit la maire de Paris, Anne Hidalgo, ce n’est pas d’actualité, ce qui ne veut pas dire que cela ne le sera jamais. En fait, on peut imaginer que cela reviendra sur le tapis plus rapidement qu’on ne l’imagine, malgré le bail emphytéotique très favorable consenti au PSG pour 30 ans (jusqu’en 2043). En effet, il semble que les dirigeants qataris veuillent absolument avoir les mains libres pour transformer l’arène mythique de la Porte d’Auteuil, et porter sa capacité à 60000 places voire plus si possible. On ne peut d’ailleurs que comprendre la volonté des dirigeants du PSG, dans la mesure où le stade leur appartenant en qualité de propriétaire, ils auraient la possibilité de faire ce qu’ils veulent de leur enceinte sans en référer à quiconque, simplement en respectant les lois sur l’urbanisme…ce qui n’est déjà pas si simple. Les supporters parisiens, en outre, seraient encore plus heureux qu’ils ne le sont parce que cela signifierait, une fois pour toutes, qu’avec l’achat du Parc des Princes et l’installation du centre d’entraînement dans la région parisienne, les dirigeants qataris seraient là pour très longtemps, et que le club acquerrait une valeur inestimable, digne des plus grands clubs européens.

Cela étant, outre les cris des franchouillards peu amènes pour les étrangers, fussent-ils riches, il y en aura au moins un qui manifestera d’une façon ou d’une autre sa mauvaise humeur dans cette hypothèse très vraisemblable : le très grand Président Aulas. Il couinera en rabâchant une fois de plus que l’argent achète tout, qu’un club doit grandir dans la sueur etc. Et pourtant son ego surdimensionné devrait comprendre qu’avoir en Ligue 1 un club comme le PSG, connu dans le monde entier, avec ses stars planétaires, ne peut être que bénéfique à notre championnat de Ligue 1. Ne vaut-il pas mieux être le second du grand PSG, que le premier d’une ligue professionnelle où tous les clubs sont éliminés dès les premiers tours de toute compétition européenne? J’observe à ce propos que plusieurs clubs espagnols brillent dans le sillage du Real et du Barça (Atlético Madrid, FC Séville) pour ne citer que ce pays. A part flatter son ego, que pourrait bien apporter comme gloire supplémentaire à Monsieur le Président Aulas, de remporter régulièrement un titre de Ligue 1 ou une Coupe de France sans concurrence, comme c’était le cas dans les années 2000, en fait jusqu’à l’achat du PSG par les Qataris. D’ailleurs il est difficilement compréhensible pour quelqu’un comme le très grand Président Aulas de préférer être le premier en France, donc de rester un club plus ou moins anonyme sur le plan mondial, plutôt que le second d’un club comme souhaite l’être le PSG, un club qui fait connaître au monde entier la Ligue 1, avec ses Thiago Silva, David Luiz, Javier Pastore, Marco Verratti, Thiago Motta, Angel Di Maria, Edinson Cavani, Zlatan Ibrahimovic ou Blaise Matuidi pour ne citer qu’eux.

Voilà ce que j’avais envie d’écrire ce matin, même si j’aurais pu évoquer la brillante victoire de l’équipe d’Australie hier soir dans la Coupe du Monde de rugby, victoire qui a entraîné l’élimination, ô combien humiliante, de la compétition de l’Angleterre, pays organisateur et champion du monde en 2003. Et pourtant, que ce fut beau de voir les joueurs anglais saluer respectueusement à la fin du match leurs adversaires australiens, lesquels ont fait de même à leur tour tout de suite après. Juste quelque chose qui ne peut que réjouir les vrais amateurs de sport, et non les supporters sectaires ! Quelque chose également qui nous change des récriminations continues du très Grand président Aulas, lequel ne cesse d’invectiver à tout propos ses concurrents, ce qui ne peu qu’alimenter les tensions, pour ne pas dire les haines entre supporters. Merci aux Anglais pour cette leçon de sportivité, et, en m’adressant aux Lyonnais qui lisent mon site, tant pis si j’ai été un peu dur avec J.M. Aulas, pardon votre très grand Président, animé d’un délire de grandeur qui le rend le plus souvent ridicule, ce qui ne veut pas dire que l’on doit manquer de respect pour ce qu’il a accompli pour son club. Il devrait quand même méditer sur cette phrase de Simon de Bignicourt :  » Décrier les talents d’autrui, pour cacher ceux dont il manque, c’est une habitude chez l’envieux ». Mieux même, à son âge Monsieur le président Aulas devrait savoir que, comme l’a écrit Madame de Staël : « Le mal que l’envieux sait causer ne lui compose pas même un bonheur ».

Michel Escatafal


Les petits guignols s’écharpent…et font beaucoup de mal à la Ligue1

aulas et labQuel match hier soir à Marseille entre l’OM et l’OL ! Enfin, quand j’écris quel match, c’est surtout parce qu’on va en parler longtemps, et non pas pour le spectacle offert qui ne fut pas extraordinaire, avec des Lyonnais à 11 contre 10 qui, une nouvelle fois, n’ont pas su bénéficier de l’avantage du nombre contre des Marseillais qui ont fait preuve de beaucoup de naïveté au cours de la première mi-temps. On observera d’ailleurs que, finalement, les Marseillais ont été plus dangereux à 10 contre 11, même s’ils ont bénéficié d’une part de chance, notamment avec ce tir de Valbuena sur le poteau dans les derniers instants de la rencontre, comme ils en avaient bénéficié quand Lacazette, seul face à Mandanda, avait lui aussi frappé sur un poteau. En cas de réussite de l’attaquant lyonnais, cela aurait définitivement noyé les Marseillais dans cette partie, car cela aurait fait 2-0 pour l’Olympique Lyonnais, ces derniers ayant bénéficié d’un penalty pour le mois généreux sur une faute loin d’être flagrante de Mandanda sur Lacazette.

Certains vont me dire que je ne suis pas très objectif, mais pour avoir vu et revu l’action, si Mandanda touche effectivement Lacazette, il est incontestable que Lacazette en rajoute énormément pour obtenir ce penalty. A ce propos, comme je ne suis pas un technicien, je vais reprendre les propos de Pascal Olmeta, ancien grand gardien français, qui a joué aussi longtemps à Lyon qu’à Marseille, et qui a dit en interview : « Mandanda, quand il sort, il a vu que Lacazette a poussé trop loin son ballon et il retire ses bras. Et l’arbitre siffle penalty ». Dont acte, il n’y avait pas réellement de quoi siffler un penalty, même si les supporters lyonnais aveuglés par leur chauvinisme ne seront pas d’accord avec ce jugement d’Olmeta…qui a l’avantage sur eux d’avoir connu le très haut niveau. Est-ce ce pénalty qui a mis le feu aux poudres ? Peut-être un peu, comme aussi la décision de l’arbitre, tout à fait justifiée celle-là, d’exclure Alessandrini pour une faute grossière sur Valbuena juste avant la mi-temps, ou encore l’action où Mendy est accroché par le défenseur central lyonnais Bisevac dans la surface de réparation, sans que l’arbitre ne siffle faute, mais qui valut au Marseillais un carton jaune pour simulation. Voilà pour le résumé du match, un match comme on en voit beaucoup dans notre Ligue 1, avec des décisions arbitrales plus ou moins justifiées, mais des décisions qu’on ne devrait pas constamment contester.

Et quand j’écris « on », cela s’adresse d’abord aux présidents de club. Certes, il y a des situations où cela est inévitable, surtout si l’arbitre s’est lourdement trompé, mais certains présidents ou entraîneurs se contentent de regretter que l’arbitre se soit trompé, car cela a coûté trois points à leur équipe, sans en rajouter, sinon pour dire que l’arbitre est un homme et qu’il peut faire des erreurs. Voilà une bonne réaction, et cela arrive heureusement assez souvent de la part de certains présidents. En revanche, je déteste plus que tout les présidents qui ne cessent de pleurnicher chaque fois que l’arbitre siffle contre leur équipe. Et j’en connais au moins deux qui figurent en première place dans ce genre de situation : J.M. Aulas et Vincent Labrune. Et s’il n’y avait que cela, mais ces deux présidents passent leur temps à s’écharper dans les médias, sans parler des piques sans cesse assénées par le président de l’Olympique Lyonnais, à travers ses tweets ou autres interviews auxquelles il répond. Et si le riche PSG, tellement jalousé par le président de l’OL, et le voisin stéphanois sont les cibles privilégiées de J.M. Aulas, l’Olympique de Marseille en fait aussi partie, parce que le président lyonnais ne supporte pas que son club soit mis sur un pied d’égalité avec le club phocéen. Du coup il ne cesse de donner des leçons au président de l’OM, ce qui lui permet de cibler bruyamment des joueurs marseillais, comme N’Koulou et Mandanda, ce dernier ayant été utilisé, aux dires de mauvaises langues, lors des négociations du contrat de Lopes, le gardien lyonnais. J’espère que c’est faux, parce que ce serait vraiment petit!

Mais Vincent Labrune n’est pas tout blanc non plus, et hier soir il a même été pitoyable faute de regretter en public ce qui venait de se passer dans le stade où évolue son club. Des jets de bouteilles sont sans excuse, et il se serait grandi en condamnant ces actes de voyous. Pour quelqu’un qui sait communiquer, c’est vraiment nul comme comportement ! Résultat, ces combats de coqs entre ces deux présidents, par médias interposés, ont fédéré leurs supporters dans la haine des autres, avec les conséquences désastreuses en termes d’image que cela peut amener. Et je crains, hélas, que cette guerre picrocholine et les incidents qu’elle génère ne leur servent pas de leçon, tellement l’égo de ces deux présidents est exacerbé, l’un (Labrune) ne supportant plus les sarcasmes blessants de l’autre (Aulas), qui par ailleurs ne cesse de se répandre dans les médias en invectivant sans cesse ses concurrents. Bref, ces deux personnages avides de lumière, sont une honte pour le football français et la Ligue 1, quel que soit le travail qu’ils font ou ont pu faire, en passant pour de mauvais comiques…d’autant que leur équipe respective est loin d’être au niveau de ce qu’ils aimeraient qu’elle soit.

Au fait, Mr Aulas, quand entendez-vous le président du Real, de Barcelone, de Manchester U ou City, du Bayern ou du PSG se comporter comme vous ? Jamais, parce que ce sont de grands présidents, à la mesure des moyens financiers dont ils disposent. Je n’en dirai pas davantage parce que ce que j’ai vu hier soir, comme tous ceux qui s’intéressent au football, sont affligés de ce qui s’est passé. Finalement, heureusement que ce ne sont pas les présidents qui jouent, car on ne sait pas ce qui pourrait arriver, les techniciens et les joueurs ayant généralement une attitude un peu plus raisonnable. Il est vrai qu’ils n’ont pas la responsabilité d’assurer les fins de mois, ni de présenter le bilan comptable à la fin de la saison, ce qui est la seule excuse que je puisse trouver à Messieurs Labrune et Aulas, l’un (Labrune) voulant coûte que coûte respecter les desiderata de l’actionnaire, pourtant très riche, et l’autre (Aulas) devant faire face à des dépenses extrêmement lourdes pour un club comme l’Olympique Lyonnais. C’est bien joli de dire à tout le monde que l’OL va avoir un beau stade, preuve que le club est à l’avant-garde de ce qui se fait en France et même ailleurs, mais…il faut le payer ce stade, et il faudra le rentabiliser, ce qui ne sera pas aussi simple que J.M. Aulas semble le laisser croire. Fermons-la ce chapitre, et soyons heureux qu’à travers ce match, nous ayons redécouvert que Lassana Diarra est presque redevenu ce qu’il était quand il jouait au Real Madrid, et que Lacazette retrouve des couleurs, tout cela ne pouvant qu’être favorable à l’Equipe de France en vue de l’Euro 2016.

Michel Escatafal


Le PSG tutoie le Gotha européen, n’en déplaise à J.M. Aulas

aulasCette fois la saison de football est bien lancée, en France et ailleurs. Ailleurs parce que même si plusieurs grands championnats n’ont pas repris, il y a les diverses coupes européennes ou nationales pour les occuper. Ainsi on a assisté hier soir à une des plus grosses surprises de ces dernières années, avec la lourde chute du FC Barcelone en finale de la Super coupe d’Espagne contre l’Athletic Bilbao (4-0 et 1-1). Preuve que le football n’est pas une science exacte, preuve aussi que le Barça ne peut pas forcément se passer impunément d’un de ses trois attaquants (Messi, Neymar et Suarez). Cette fois c’était Neymar qui était absent, mais c’est la même chose si c’est Messi et même Suarez. Ce qui est amusant c’est de voir la réaction des forumers français, trouvant presque normal que le Barça soit battu sans un de ses atouts majeurs, alors qu’ils ne soulignent jamais l’absence conjointe de Verratti, Motta, David Luiz et Ibrahimovic lors des confrontations entre le PSG et le FC Barcelone en ¼ de finale de la Ligue des Champions au printemps. Cela étant, chacun sait que dans notre pays on préfère soutenir le « gentil » Barça au « vilain » PSG, dont le principal défaut est d’être très riche…grâce aux capitaux du Qatar. Ah, la France et les Français ! Quel pays sommes-nous devenus ? Au fait, personne n’est choqué parmi ces pseudo supporters du Barça, profondément anti-PSG, de voir écrit sur le maillot de Messi et ses copains « Qatar Airways »!

Passons, et voyons à présent ce qui se passe chez nous dans notre bonne vieille Ligue 1. Déjà, on observe que le « méchant » PSG, est en tête du championnat après deux journées. Normal disent les nombreux détracteurs du club parisien, puisqu’ils ont un budget de 3 à 50 fois supérieur à celui de ses adversaires. Il a en effet nombre de joueurs de classe mondiale comme Ibrahimovic, Cavani, Pastore, Lucas, Matuidi, Verrati, Motta, Thiago Silva, David Luiz, Marquinhos, Maxwell et Aurier, et j’en oublie peut-être. Evidemment cela fait riche un tel effectif, surtout quand en plus on le renforce avec un des tous meilleurs joueurs de la dernière Coupe du Monde et de la Copa America, l’Argentin Di Maria. Là c’est le trop plein pour nos braves franchouillards, qui n’acceptent pas que les stars du ballon rond appartenant au PSG touchent entre 5 et 15 millions d’euros par an. On a même des remarques du style : « C’est une honte de donner autant d’argent à des types qui tapent dans un ballon » ! Comme si les joueurs du Real, du Barça, de Chelsea, des deux Manchester ou du Bayern ne touchaient pas des sommes de cet ordre ! Oui, certes, mais nous sommes en France, et 75% de gens préfèrent une victoire du Barça contre le PSG…ce qui est hallucinant.

Ce qui l’est encore plus, c’est que ces gens sont tellement haineux, à force sans doute d’être malheureux de leur sort individuel, qu’ils se répandent en grand nombre au moindre article sur le PSG, allant même jusqu’à regretter qu’on parle autant du club parisien. On pourrait leur rétorquer que s’ils n’aiment pas les articles sur le PSG, le mieux serait qu’ils ne les lisent pas. Mais cela semble au-dessus de leur compréhension. Ce qui est aussi incompréhensible, et je doute que cela existe ailleurs à ce point, c’est de reprocher à un joueur d’être né…à Marseille. Si j’écris cela c’est parce que dimanche soir, Stambouli, natif de la cité phocéenne, a été sifflé par des soi-disant supporters du PSG à son entrée sur le terrain. Ahurissant de bêtise et de stupidité ! C’est aussi ça la France ! Certes les siffleurs étaient sans doute une minorité, du moins il faut l’espérer, mais c’est quand même un signe que notre pays va très mal, beaucoup plus qu’on ne l’imagine. Les gens du Qatar doivent quand même être interloqués devant  « une (telle) inertie mentale qui se manifeste à la fois dans les actes et les propos », pour parler comme Théophraste.

Heureusement pour ces gens, pour ces Français à l’étroitesse d’esprit bien ancrée, ils ont leur héraut en la personne de l’ineffable J.M. Aulas, l’homme qui voulait récupérer les points perdus contre le RC Lens (par le biais d’un dépôt de bilan du club artésien) pour que son club, l’Olympique Lyonnais, ait quelques chances supplémentaires d’être champion de France 2014-2015. Imaginons Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, faire la même démarche? Quel tollé de la part des franchouillards, chacun y allant à son tour à propos des « valeurs », mot que l’on brandit allègrement…sans en connaître le sens (même Thauvin !!! a employé ce mot à propos du PSG)  ! Problème, le président du PSG a la classe des grands dirigeants, et jamais on ne le verra se livrer à ce genre de bassesse. Lui ne s’occupe que de son club. Mieux même, il ne cherche pas à recruter les meilleurs joueurs de ses concurrents nationaux, ce qu’il pourrait facilement faire vu les moyens dont il dispose, pour les affaiblir. Non, il respecte tout le monde, se contentant de vouloir à tout prix remporter la Ligue des Champions le plus rapidement possible, rêve absolu des investisseurs qataris, parce que ça installerait définitivement leur club dans le Gotha européen. La marque PSG, qui a déjà tellement évolué depuis 2011, serait à ce moment au niveau de celle des clubs historiques, type Real, Barça ou Manchester United, la différence de palmarès étant quasiment gommée par la notoriété de Paris, troisième destination le plus visitée au monde.

Cela d’ailleurs J.M. Aulas ne semble pas le comprendre, aveuglé par son envie d’être plus important qu’il n’est… ce qui est tellement français. Des Français qui évidemment apprécient son esprit gaulois, qui le porte à affirmer qu’il refuse de s’incliner devant le pouvoir de l’argent, symbolisé par le PSG. Et encore a-t-il de la chance J.M. Aulas que l’Olympique de Marseille, seul club français à avoir remporté la C1, soit devenu un club en proie à de grosses difficultés économiques, malgré la fortune personnelle de son actionnaire, laquelle aimerait bien vendre son club…si elle trouvait un acheteur. Mais qui voudrait acheter l’Olympique de Marseille ou l’Olympique Lyonnais ? Marseille ou Lyon ne sont pas des villes connues dans le monde entier (Bordeaux l’est davantage), et la France n’est pas une terre d’accueil facile pour des investisseurs étrangers, surtout pour le football, en raison d’une fiscalité hautement dissuasive. Résultat, si la notoriété de Paris permet de dépasser ce handicap, qui s’ajoute à une passion moindre pour le football en particulier et le sport en général, ce ne peut pas être le cas pour Lyon ou Marseille. Du coup, à part le PSG qui est sur une autre sphère, tous les autres clubs français sont condamnés à vivoter et à être des clubs moyens sur le plan européen, formant des joueurs pour les vendre plus tard. Et ce n’est pas avec son « grand stade » que l’Olympique Lyonnais pourra combler l’immense fossé qui le sépare des plus grands clubs de la planète.

Ce stade d’abord il faudra le payer, et le club d’Arsenal sait que ce n’est pas une mince affaire, même pour un club londonien. Il n’y a guère que les supporters lyonnais, idolâtrant leur « très grand président », pour croire que ce fameux stade va générer des revenus tels que l’Olympique Lyonnais va très vite se retrouver dans une situation financière florissante. A ce propos, on peut aussi noter que les Qataris ont très bien négocié leur arrivée à Paris, en obtenant très rapidement la gestion exclusive du Parc des Princes pour les 30 prochaines années à partir de 2014, contre un loyer fixe de 1 million d’euros annuel plus des bonus, ce qui leur permettra de pouvoir achever les travaux de rénovation commencés depuis l’an passé, avec pour objectif de disposer d’une enceinte de 60.000 places, voire même plus, après 2016. De quoi faire enrager encore davantage J.M. Aulas, qui en est réduit à payer en plusieurs fois des transferts de l’ordre de…5 millions d’euros, et à transférer son « futur Samuel Eto’o » à Tottenham (N’jie). Au fait, combien de temps gardera-t-il Fekir, «  »son nouveau Messi », ou encore Lacazette, l’homme qui vaut plus de 100 millions d’euros, puisqu’il est « bien meilleur » que Gareth Bale ? Certes, il est quelque peu revenu sur ces déclarations, mais quand il les a faites, cet hiver ou au printemps, il n’avait pas l’excuse de la canicule de juillet.

Un dernier mot enfin, pour dire que je n’ai rien contre Monsieur Aulas, qui a fait du très bon travail à Lyon pour son Olympique Lyonnais, mais il gagnerait à faire preuve de plus de mesure, voire de modestie, ce qui lui permettrait de se réjouir de voir le PSG atteindre un niveau de notoriété tel que toute la Ligue 1 en profite. Qui aurait imaginé il y a cinq ou dix ans qu’on connaîtrait notre championnat en Thaïlande ou en Indonésie, voire même en Amérique du Nord? J.M. Aulas aime incontestablement la lumière, mais la lumière qu’il veut se créer semble l’aveugler au point parfois de perdre toute notion de bienséance. En outre, qu’il arrête ses tweets de gamin attardé, car ce n’est pas digne de quelqu’un comme lui. C’est bien de vouloir faire moderne, mais J.M. Aulas a 66 ans, un âge où généralement on est devenu sage. Cela étant, comme l’a écrit Pierre-Claude Nivelle de la Chaussée, « d’âge en âge, on ne fait que changer de folie ».

Michel Escatafal


France-Brésil, une union presque fusionnelle dans le sport

senna

thiago silvaEntre la France et le Brésil il y a une union presque fusionnelle en sport. Les deux pays ont souvent été confrontés, notamment dans deux sports hyper médiatisés, le football et la Formule 1. Il se trouve que la France et le Brésil sont deux nations parmi les plus fortes du football. Le Brésil a remporté 5 fois la Coupe du Monde, la première en 1958 en battant en demi-finale l’Equipe de France emmenée par Kopa, mais aussi Fontaine, Piantoni, Vincent, Kaelbel et Jonquet. C’est d’ailleurs lui qui fut le véritable héros (malheureux) de cette fameuse demi-finale qui opposait les deux meilleures équipes de la compétition.

En effet, et cela on l’oublie très souvent, au moment de la blessure de Jonquet son arrière central, victime d’un choc avec Vava l’avant-centre brésilien, le score était de 1 à 1. Cela voulait dire que rien n’était fait, et la manière dont Fontaine avait marqué son but à Gilmar, le gardien brésilien, laissait penser que les Français auraient pu en marquer d’autres si elle avait pu jouer à égalité de chances. N’oublions pas qu’à l’époque, il n’y avait pas de remplacement possible, ce qui signifie que la France a joué à 10 pendant une heure. Imaginons que ce soit l’inverse qui se soit produit et que dans le choc, ce soit Vava qui ait été blessé. On peut penser que les Brésiliens auraient été beaucoup moins dangereux, et que les Français déjà très forts en attaque auraient eu encore plus de facilité pour défier la défense brésilienne. La France aurait sans doute gagné la Coupe du Monde…même si cette affirmation repose sur des si. D’ailleurs si la Hongrie n’avait pas été envahie par les troupes soviétiques en 1956, provoquant l’exil de ses meilleurs attaquants, c’est elle qui aurait gagné la Coupe du Monde en Suède en 1958.

Fermons la parenthèse et revenons à notre sujet pour noter que depuis cette époque, il y a eu de nombreux France-Brésil et la France l’a parfois emporté. Par exemple lors de la Coupe du Monde 1986, que nous aurions pu et dû gagner si Platini avait été en forme, la France avait éliminé le Brésil aux tirs au but. Qui ne se souvient, parmi les plus de 40 ans, du dernier tir de Luis Fernandez prenant à contre-pied le gardien brésilien, et propulsant la France en demi-finale où elle se fera éliminer par l’Allemagne, pourtant beaucoup moins forte. Parions que si la France n’avait pas joué sa prolongation contre le Brésil, elle l’eut emporté.

Bien entendu, nous ne pouvons pas éviter de parler de cette fameuse finale du Stade de France en 1998, où les Français l’emportèrent (3 à 0) avec deux buts de la tête de Zidane. Cette victoire qui fit chavirer tout un peuple dans le bonheur, fut un des deux plus grands succès d’une équipe bâtie par Aimé Jacquet à partir de 1996. Il est même permis de dire que l’équipe qui remporta deux ans plus tard le championnat d’Europe des Nations (en 2000) fut peut-être, au même titre que la Hongrie des années 50 ou le Brésil de 1970, la plus grande équipe de tous les temps.

Il faut noter enfin qu’en 2006, c’est encore une fois l’équipe de France, emmenée par un Zidane des grands jours qui élimina le Brésil de la Coupe du Monde en ¼ de finale, alors que les Sud-américains étaient comme d’habitude les grands favoris de l’épreuve. Au total, si nous regardons bien, il y a bien longtemps que le Brésil ne bat plus la France en compétition officielle. J’ai bien écrit en compétition officielle, puisque les Brésiliens ont battu l’équipe de France 1-0 en 2011 et 3-0 en 2013, lors de matches amicaux. Cela dit, même si l’écart s’est resserré ces dernières années entre les deux nations, les joueurs brésiliens demeurent très prisés des recruteurs européens et français. Parmi ceux-ci on citera les anciens Marseillais Paolo Cesar et Jairzinho, ce dernier étant considéré dans les années 70 comme un des tous meilleurs attaquants du monde, mais aussi Carlos Mozer qui appartenait à la grande équipe de 1991 (finaliste de la C1), les anciens parisiens des années 90 Rai, Ricardo, Valdo, Leonardo, plus Ronaldinho (2001 à 2003), qui fut Ballon d’Or en 2005, ou encore les Lyonnais, dans les années 2000, Anderson, Cris et Juninho. Enfin, depuis l’avènement du Paris Saint-Germain parmi les grands clubs de la planète, le Brésil nous a donné quelques uns de ses plus beaux joyaux actuels, lesquels sont de nos jours défenseurs pour la plupart. N’oublions que la ligne de défense du PSG qui vient d’éliminer Chelsea de la Ligue des Champions était composée de quatre défenseurs de la Seleçao, à savoir Thiago Silva, David Luiz, Marquinhos et Maxwell. A cette constellation on ajoutera Lucas, ailier virevoltant, sans doute un des plus grands espoirs du football mondial, qui fait penser à Garrincha par sa vitesse et ses dribbles déroutants, la finition en moins.

Et en formule 1, est-ce que la France a souvent battu le Brésil ? En fait les seuls vrais duels entre Français et Brésiliens se résument surtout à ceux ayant opposé Prost à Senna entre 1988 et 1990, c’est-à-dire avec des machines identiques ou très proches. Il y a bien eu des duels entre Prost et Piquet au début des années 1980, mais quelle que soit la qualité du pilote brésilien, il se situait un ton en dessous d’Alain Prost, même s’il fut quand même triple champion du monde. D’ailleurs quand il eut à affronter Mansell chez Williams, puis ensuite Schumacher, il eut beaucoup de difficultés. Or Mansell chez Ferrari avec Prost n’exista pas, le Français se montrant nettement supérieur.

D’ailleurs aucun équipier ne résista à Prost durant sa carrière sauf un : Ayrton Senna. Là ce fut un duel atteignant des sommets extraordinaires entre deux des 5 ou 6 plus grands champions de tous les temps. Résultat ? Senna prit nettement le dessus en qualifications, preuve si besoin en était qu’il fut sans doute le pilote le plus rapide qui ait jamais existé (avec peut-être Jim Clark dans les années 60), mais en course en revanche de domination franche il n’y eut pas. Prost était en effet très rapide sur la durée d’une course, et l’écart avec Senna diminuait au fil des tours, sauf si la piste était mouillée. En tout cas, entre 1988 et 1990, Prost fut champion en 1989, Senna en 1988 et 1990, et chaque fois avec un écart de points très minime. Depuis cette époque bénie pour la Formule 1, en nette perte d’audience, nous n’avons jamais retrouvé de duels de cette intensité et de ce niveau, n’en déplaise à ceux qui, ignorant l’histoire, ont trouvé beaucoup de vertus au duel de l’an passé entre Hamilton et Rosberg.

Michel Escatafal


Le gros problème de Grosjean : suite…et fin ?

CevertGrosjeanAujourd’hui je vais parler de Formule 1, mais avant je veux évoquer le match d’hier soir entre l’OM et le PSG qui, évidemment, a permis au club parisien de rejoindre l’AS Monaco en tête du championnat, en battant son rival marseillais sans trop de difficultés, même en jouant à 10 les deux tiers de la partie. Un match une nouvelle fois gâché par l’arbitre, dont on avait l’air de dire qu’il figurait parmi les tous meilleurs du championnat de Ligue 1. On imagine ce que cela peut donner avec ceux qui sont moins bons, ou plutôt on sait ce que cela donne en repensant à l’expulsion de Thiago Silva au printemps dernier, laquelle a alimenté la polémique avec l’affaire Leonardo tout au long de l’été. Au fait, y-avait-il seulement penalty sur l’action qui a valu son expulsion à Thiago Motta ? Oui, si l’on regarde cela très vite, surtout en voyant Valbuena se rouler par terre de façon ridicule, mais sans doute non si on voit l’action deux ou trois fois au ralenti. Cela dit, passe encore pour le penalty accordé à l’OM, mais franchement expulser Thiago Motta dans la foulée est aberrant, aussi aberrant que mettre un carton jaune à Ibrahimovic et Cavani pour ne pas être sortis du terrain en courant, et aussi aberrant que n’avoir pas fini de mettre la main à la poche pour un tacle par derrière de Rod Fanni sur Cavani, action qui valait largement un carton jaune…mais qui aurait valu un rouge car le défenseur de l’OM avait déjà un jaune.

Bref, il va falloir que la Ligue se penche sérieusement sur l’arbitrage, au moment où notre championnat prend de la valeur avec deux équipes de calibre européen, ce qui ne lui était pas arrivé depuis une vingtaine d’années, sauf que désormais il y a le PSG et l’AS Monaco très au-dessus des autres, à commencer par l’Olympique de Marseille. Néanmoins, même si les Phocéens ne tirent pas dans la même catégorie que Parisiens et Monégasques, ils sont quand même les meilleurs des autres, contrairement à l’Olympique Lyonnais qui est en train de sombrer…comme c’était hélas à prévoir. Une trajectoire qui me fait irrésistiblement penser à celle du Stade de Reims au début des années 60, et à celle de l’AS Saint-Etienne vingt ans plus tard. Quand on pense au temps qu’il a fallu à ces deux équipes pour retrouver un peu de leur lustre passé, il y a de quoi être inquiet pour l’Olympique Lyonnais…et son futur nouveau stade.

Fermons cette longue parenthèse de football et passons à la Formule 1, pour là aussi évoquer l’histoire de ce sport à travers la tragédie que fut le 6 octobre 1973, la mort de François Cevert, lequel eut été à coup sûr le premier pilote français champion du monde, si le sort n’en avait pas voulu autrement. Quel champion fut ce jeune homme bien sous tous rapports, sur qui les dieux s’étaient penchés avec bienveillance en lui donnant talent, gloire, intelligence et beauté, sans oublier cette détermination qui est la marque des grands ! Avec lui, point de jérémiades, point de ridicules polémiques pour tout et rien, mais un professionnalisme exacerbé, qui lui avait permis de s’imposer comme le successeur naturel dans son équipe d’un triple champion du monde qui se retirait de la compétition.

Bien que très rapide et très ambitieux, il avait appris la patience auprès de Jackie Stewart, copiant son instinct de chasseur, sachant que ce dernier finirait par lui laisser la place un jour ou l’autre. Et, fin 1973, il était près à lui succéder, mais la mort en décida autrement. Il est vrai qu’à cette époque il fallait être prudent en anticipant sur l’avenir, car la sécurité était loin d’être optimale en Formule 1, malgré des progrès par rapport à quelques années auparavant. L’accident qui coûta la vie à François Cevert lors des essais qualificatifs du grand prix des Etats-Unis à Watkins Glen allait en témoigner, hélas. C’est dans un virage à la sortie d’un raidillon que François Cevert perdit le contrôle de sa voiture tapant le rail à droite puis à gauche, avant d’aller s’empaler sur la tranche d’une barrière de protection, qui n’avait de réelle protection que le nom. Heureusement un tel accident n’aurait pas les mêmes conséquences de nos jours, et j’en profite une nouvelle fois pour saluer les efforts faits à son époque par le président de la Fédération Internationale du Sport automobile (entre 1978 et 1991), J.M. Balestre (décédé en 2008).

Fermons cette nouvelle parenthèse douloureuse pour les fans de F1 qui n’ont plus 20 ans, pour reparler de Romain Grosjean, pilote franco-suisse de Lotus. Ce dernier, malgré des progrès évidents, est une sorte d’anti-Cevert, plus particulièrement en ce qui concerne l’amour que le public lui porte. Grosjean, en effet, agace nombre de personnes qui ne pensent qu’à devenir des supporters…à condition de cesser ses supplications ou lamentations à destination de ceux qui travaillent avec lui. Si j’écris cela c’est en raison de son attitude sur le podium du Grand Prix de Corée qu’il venait de terminer à la troisième place, estimant que la deuxième lui revenait de droit aux dépens de son équipier Kimi Raikkonen. Certes, ce dernier s’était manqué en qualification dans son tour rapide, certes, sans l’intervention de la voiture de sécurité, Romain Grosjean aurait certainement terminé deuxième derrière l’intouchable duo que forment Vettel et sa Red Bull, mais la voiture de sécurité fait partie de la course, et, au moment du redépart, Raikkonen était troisième et Grosjean deuxième. Problème pour ce dernier, il a fait une erreur…et celle-ci a été immédiatement exploitée par Raikkonen, lequel est peut-être en valeur absolue le plus fort en course.

A ce propos, plus ça va et plus le remarquable pilote finlandais me fait penser à Alain Prost, qui n’était peut-être pas un avion à réaction en qualifications, comme Raikkonen, mais qui était imbattable en course, sauf peut-être par Senna et encore, comme en témoigne l’intensité de leurs duels à la fin des années 80 chez Mac Laren. Cela dit, pour revenir à Romain Grosjean, ce dernier doit savoir qu’avoir Raikkonen derrière soi est la certitude qu’équipier ou pas, Raikkonen cherchera à gagner ou en tout cas à être le mieux placé possible, sauf en cas de titre mondial en jeu, ce qui n’est pas le cas. Et j’ai trouvé pitoyable son mécontentement vis-à-vis de tout le monde pour n’avoir pas pu récupérer sa seconde place perdue, je le répète, sur une erreur de sa part. Si Grosjean avait fait la même chose à Raikkonen, je suis certain qu’Iceman n’aurait pas eu besoin de message de son directeur des opérations sur piste pour afficher une certaine bonne humeur sur le podium.

Le plus grave est que Romain Grosjean semble oublier que Kimi Raikkonen est troisième du championnat, et qu’il a une centaine de points d’avance sur lui au classement. Grosjean oublie aussi qu’il revient de très loin, compte tenu des nombreuses bourdes qui ont émaillé sa carrière depuis deux saisons. Alors, bien qu’il soit en progrès et qu’il n’ait pas fait d’erreurs grossières depuis quelques courses, pourquoi aurait-il eu droit à la deuxième place au détriment de Raikkonen, en rappelant que ce dernier s’arrange toujours pour amener de gros points à son équipe, quelles que soient les circonstances. D’ailleurs j’ai apprécié le fait que le directeur de l’équipe Lotus, Bouiller, ait précisé que Grosjean « était libre de l’attaquer (Raikkonen). En revanche je n’ai pas du tout aimé, et je ne suis pas le seul, quand j’ai lu les misérables explications de Grosjean, affirmant qu’il n’avait pas entendu ce qu’on lui avait dit à la radio, et surtout qu’il « est quasiment impossible de dépasser sur ce circuit »…ce que Raikkonen a bien réussi à faire avec lui. Enfin, pourquoi dire aussi : « La voiture de sécurité nous a encore empêchés de gagner une course », alors que Vettel a pris une seconde à Raikkonen et à Grosjean lui-même en un seul tour, après le second redémarrage de la voiture de sécurité.

Voilà pourquoi Romain Grosjean n’a pas la côte auprès des fans de Formule 1, en France et ailleurs. Souhaitons-lui l’an prochain, délivré de la pression que lui a imposé Raikkonen ces deux dernières saisons, de se comporter en vrai champion, et de se battre autant qu’il est nécessaire…sans attendre un traitement de faveur, qu’on ne lui donnera pas nécessairement. Quant à son futur équipier, sans doute Hulkenberg, il est d’ores et déjà certain qu’il ne lui fera aucun cadeau, d’autant qu’il l’a dominé en 2009 en GP2, puisque Grosjean avait 15 points de retard sur le pilote allemand au championnat, quand il remplaça Nelsinho Piquet chez Renault. Et sur une voiture qui ne vaut pas la Lotus, Hulkenberg a fait la démonstration chez Sauber qu’il était à la fois fiable et rapide. Attention Grosjean, Kimi s’en va chez Ferrari, mais celui qui arrive est très bon !

Michel Escatafal