Comparaison n’est pas toujours raison dans le sport !

mayweatherIl y a quatre ans, j’écrivais sur ce site « Marciano : le plus grand des poids lourds? Peut-être, sans doute… », et j’avoue que je n’imaginais pas que l’histoire se répèterait aussi vite avec un autre boxeur. Et pourtant c’est le cas, puisque un autre Américain, Floyd Mayweather, va (théoriquement) se retirer des rings, invaincu en 49 combats. En fait c’est la seule comparaison que nous puissions faire, parce que d’une part Rocky Marciano a réalisé cet immense exploit dans la catégorie reine de la boxe, les poids lourds, et surtout parce que Marciano a boxé à l’époque de l’âge d’or de la boxe, dans la première moitié des années 50 du siècle précédent. Si j’insiste là-dessus, c’est parce que de nos jours la boxe a énormément perdu de son intérêt aux yeux du grand public, y compris américain, ne serait-ce qu’avec toutes ces catégories recensées depuis quatre ou cinq décennies, et ses multiples fédérations. Peut-être que les frères Klitschko mériteraient de faire partie, avec leur palmarès, des plus grands champions que le « noble art » ait pu connaître, mais, à part les passionnés, qui a suivi ou suit leurs résultats ? Poser la question, c’est y répondre. Néanmoins pour ceux qui comme moi ont toujours apprécié ce sport, Wladimir et Vitali Klitschko ou Mayweather, ou encore Pacquiao, sont quand même de très grands champions, parce que toujours vainqueurs ou presque. En outre, ce n’est pas leur faute si la concurrence est très faible dans leurs catégories.

Autre comparaison, cette fois encore plus incongrue, celle concernant les titres du double en grand chelem. Pourquoi ? Parce que depuis le début des années 80, quasiment personne ne s’intéresse au double, au point que les frères Bryan sont considérés par certains comme la meilleure paire de double de l’histoire du tennis…ce qui est risible, malgré leurs 16 victoires en tournois du grand chelem. Oui, comment oser comparer les frères Bryan dans l’histoire du tennis, avec par exemple la paire australienne Hoad-Rosewall dans les années 50, Emerson-Stolle dans les années 60, Newcombe-Roche à la fin des années 60 et dans les années 70, ou même la paire américaine Fleming-Mac Enroe dans les années 80 ? Oh certes, ils n’ont pas gagné 16 victoires dans les tournois du grand chelem, mais s’ils ne les ont pas remportées c’est d’une part parce qu’ils allaient très loin en simple dans ces tournois (sauf Fleming), mais aussi parce que la concurrence était bien supérieure à l’époque de Rosewall et Hoad (voir mon article sur ce site « Hoad et Rosewall : la plus merveilleuse paire d’as du tennis »), notamment avec des équipes de double comme Sedgman-Mac Gregor ou Sedgman-Fraser. D’ailleurs, aux J.O. de 2008, la paire composée de Federer et Wawrinka a remis à leur vraie place en demi-finale les frères Bryan (7-6 et 6-4), les deux joueurs suisses ne jouant pourtant ensemble en double que les rencontres de Coupe Davis (quand ils y participent) en plus des Jeux Olympiques.

Si j’écris cela c’est parce qu’on a tendance à s’extasier sur la victoire d’une équipe française ( Mahut-Herbert) à l’US Open, qui s’est terminé hier avec la victoire de Djokovic sur Federer en simple messieurs, mais aussi avec une finale cent pour cent italienne en simple dames (Flavia Penetta- Roberta Vinci)…qui a privé Serena Williams d’un grand chelem tellement mérité après ses victoires à Melbourne, à Roland-Garros et à Wimbledon. Et oui, plusieurs grands champions, femmes ou hommes, ont trébuché sur le dernier obstacle pour l’octroi du grand chelem (en année pleine), notamment Lewis Hoad en 1956. J’aurais l’occasion d’évoquer cet échec de Serena Williams lors d’un prochain article, comme j’évoquerai aussi l’extraordinaire niveau de Federer à plus de 34 ans. Fermons la parenthèse, pour nous réjouir quand même de voir honorer le tennis français à travers la victoire en double de Mahut-Herbert à Flushing Meadow, petite consolation au fait que le tennis français ne produit plus de potentiels vainqueurs en tournoi du grand chelem, le dernier étant Yannick Noah en 1983 à Roland-Garros. Cela fait quand même 32 ans, et cette victoire succédait à celle remportée par Yvon Pétra…en 1946.

Certes on me dira que nos joueuses ont fait mieux que les hommes, avec les deux victoires dans les tournois majeurs remportées par Mary Pierce (Melbourne 1995, Roland-Garros 2000) et Amélie Mauresmo (Melbourne, Wimbledon 2006 et numéro une mondiale). Je n’oublie pas non plus la victoire surprise de Marion Bartoli à Wimbledon (2013), mais je ne mets pas cette championne sur le même plan que Mary Pierce et Amélie Mauresmo, parce que sa victoire fait partie des très grandes surprises de l’histoire du tennis en particulier et du sport en général, un peu comme celle Flavia Penetta à l’US Open cette année ou celles de Carlo Clerici lors du Giro 1954 et de Roger Walkowiak en 1956 dans le Tour de France, sans parler de Jose Cobo victorieux de la Vuelta 2011. A propos de Marion Bartoli et Flavia Penetta, on observera que l’une et l’autre ayant touché le Graal à leur grande surprise, n’ont pas eu le courage de poursuivre leur carrière, et se sont arrêtées sur ce succès.

Autre grande victoire marquante ce week-end, la victoire en Australie et le titre de champion du monde en rallyes WRC de Sébastien Ogier. C’est le troisième consécutif pour le pilote gapençais, suivant les traces de Sébastien Loeb, même s’il lui en reste encore six avant de rattraper son illustre aîné. Cela dit, certains ne manquent pas de faire la fine bouche sur ces titres, par manque de concurrence. Je ne suis qu’à moitié d’accord, car c’est tout le problème du sport automobile d’élite, y compris la Formule 1. Comme en Formule 1, où pour gagner il faut avoir une Mercedes ou à la rigueur une Ferrari, il y avait cette saison en WRC les Wolkswagen et à la rigueur les Citroën. Cela signifie qu’en début de saison, dans les deux disciplines, on savait que le champion du monde s’appellerait Hamilton ou Rosberg en Formule 1, et Ogier ou Latvala en WRC…ce qui n’est quand même pas souhaitable, surtout si cela dure depuis plusieurs années.

Michel Escatafal


Ken Norton a affronté et parfois battu les plus grands

NortonAujourd’hui j’aurais pu parler de la Ligue des Champions, comme le font tous les journaux et sites web, et notamment de l’impuissance des clubs français dans les épreuves européennes, à l’exception évidemment du Paris Saint-Germain, en attendant que l’AS Monaco rejoigne les Parisiens dans la Ligue des Champions, épreuve majeure pour les clubs du sport majeur dans  le monde. On a beau dire, mais pour être un grand d’Europe de nos jours, il faut avoir des joueurs comme Ronaldo ou Ramos au Real, Messi, Neymar, Alves  ou Iniesta au Barça, Ribery et Robben au Bayern, Van Persie et Rooney à Manchester United, ou encore Ibrahimovic, Cavani et Thiago Silva au PSG et bientôt Moutinho et Falcao à Monaco. En revanche, malgré toutes leurs qualités, N’Koulou, Diawara, Valbuena ou Gignac pour l’OM, comme Bisevac, Gonalons et Grenier pour l’Olympique Lyonnais, sont trop limités pour permettre à leur équipe de s’imposer face simplement à une équipe comme Arsenal, loin d’être une terreur, tout comme d’ailleurs contre des équipes comme celles du FC Porto ou du FC Bâle, qui pourtant ont des moyens inférieurs à ceux de Lyon ou Marseille. On a beau recruter « malin », comme dit le président de l’OM, cela ne compense pas le talent pur.

Après ce préambule footballistique, qui colle à l’actualité, je vais de nouveau évoquer un sport que j’aime énormément malgré sa décomposition, la boxe. Si j’ai employé le mot décomposition, certes un peu fort, c’est hélas parce que la boxe professionnelle n’arrive pas à se guérir de ses démons, avec ses multiples catégories et ses multiples fédérations, dont on ne sait pas quelle est la plus responsable. Cela dit, malgré toutes ses imperfections, la boxe professionnelle, qui n’existe plus guère en France, génère encore des sommes extraordinaires quand ses organisateurs proposent un grand combat. Ce fut le cas dans la nuit de samedi à dimanche où l’invaincu américain de 36 ans Floyd Mayweather (45 combats, 45 victoires dont 26 par KO) était opposé au jeune mexicain Saul Alvarez (23 ans), certes fort de ses 42 victoires en 44 combats, mais trop tendre pour battre celui qui est considéré comme le meilleur boxeur du nouveau siècle.

Résultat, Mayweather s’est emparé ou a conservé les titres WBC et WBA des super-welters. Tel que c’est parti, j’ai bien l’impression que si sa carrière ne s’éternise pas, ou s’il ne fait pas le ou les combats de trop comme Manny Pacquiao, Mayweather va finir par rejoindre dans la légende Rocky Marciano qui, dans les années 50 et dans la catégorie poids lourds, s’était retiré invaincu, ce que les plus grands parmi les plus grands champions n’ont pas réussi à faire (Joe Louis, Mohammed Ali, Joe Frazier, Georges Foreman, Mike Tyson chez les poids lourds ou Ray Robinson, Carlos Monzon, Marvin Hagler, Ray Leonard chez les poids moyens).

Cela étant, même si Mayweather a copieusement dominé son adversaire lors de ce combat, il s’est trouvé un juge, l’Américaine C.J. Ross, pour avoir mis à égalité les deux boxeurs, ses collègues, ayant en revanche vu le même match que nous tous, donnant Mayweather large vainqueur.  Cette dame, pourtant très expérimentée, n’en était pas à son coup d’essai, puisque c’est elle qui avait largement participé à la défaite du Philippin Manny Pacquiao, en raison d’un jugement très sévère qui préfigurait le début du vrai déclin de Pacquiao. Dommage à ce propos que Pacquiao n’ait jamais voulu ou pu au temps de sa splendeur affronter Mayweather, dans ce qui aurait constitué le premier très grand combat du vingt et unième siècle, le seul d’ailleurs qui aurait peut-être pu soutenir la comparaison avec ceux du vingtième siècle dans les catégories d’un peu moins de 70 kg. Fermons la parenthèse pour noter que cette juge américaine a décidé d’abandonner ses activités dans la boxe, ce qui de toute façon aurait été le cas, car atteinte par la limite d’âge.

En évoquant plus haut les noms de Frazier, Foreman ou Ali, j’en profite pour noter qu’un de leurs grands rivaux, sinon leur seul grand rival, Ken Norton, est décédé la semaine dernière à l’âge de 70 ans. Le drame de Ken Norton aura été d’être né à la même époque que ces monstres sacrés que furent Ali, Frazier et Foreman, tous trois ayant été parmi les plus grands poids lourds de l’histoire. Parmi ses 42 victoires, ce très bon puncheur (33 victoires avant la limite) aura atteint la célébrité en 1973 en battant Ali, alors que ce dernier s’était mis en tête de redevenir le seul et vrai champion du monde des poids lourds. Cette défaite aux points, due au fait que Norton brisa la mâchoire d’Ali au deuxième round, allait rendre célèbre pour la postérité Ken Norton…qui n’était quand même pas n’importe qui. La preuve, lors de la revanche quelques mois plus tard entre les deux boxeurs, Ali ne l’emporta que d’extrême justesse, tout comme lors de la belle en 1976, où la décision donnant Ali vainqueur, qui lui permettait de conserver ses titres WBA et WBC, fut très controversée, Norton s’estimant volé par ce verdict, même si l’arbitre et les juges ont penché tous trois pour une victoire de justesse au profit d’Ali. En tout cas pour ce dernier, Norton fut sans doute le meilleur adversaire qu’il ait rencontré avec Joe Frazier, du moins celui qu’il domina le plus difficilement.

Les défaites de justesse furent d’ailleurs une des spécialités de Ken Norton, car après avoir été nettement vaincu par Georges Foreman, alors à son sommet (en 1974), il sera battu de très peu face à celui qui allait devenir la nouvelle terreur des rings en 1978, Larry Holmes, surnommé l’assassin d’Easton, qui détint pendant plus de sept ans un titre mondial chez les lourds. Au moment de ce combat Norton détenait le titre WBC, suite à la destitution de Léon Spinks, son cadet de dix ans,  qui avait refusé de l’affronter pour mettre en jeu le titre qu’il avait conquis contre Ali  en février. Le combat entre Norton et Holmes eut lieu en juin 1978 à Las Vegas (Caesar Palace) et il fut de toute beauté, les derniers rounds étant d’une violence inouïe.

Prenant tour à tour l’avantage, Norton fit preuve à cette occasion d’un courage extraordinaire contre un adversaire plus jeune que lui de six ans, notamment dans la treizième reprise où il était en perdition face à un adversaire qui a remporté 44 de ses 69 victoires par K.O. Cela n’empêcha pas toutefois Norton, surnommé The Black Hercules,  de remporter la quatorzième reprise, et peut-être la quinzième, les deux combattants finissant à égalité, deux des trois juges donnant la décision à Holmes pour un point. Ce sera le chant du cygne de Ken Norton, qui hélas allait ensuite disputer les combats dits de « trop ». Son après-boxe sera marquée par un grave accident de voiture, et par une petite carrière cinématographique, qui laissera évidemment un souvenir moins impérissable que celle qu’il fit comme boxeur, qui lui valut de devenir membre de l’International Boxing Hall of Fame, récompense bien méritée pour l’ensemble de l’œuvre de cet ancien Marines.

Michel Escatafal


Gebreselassie, Weah et Pacquiao : les meilleurs ambassadeurs de leur pays

Même si je ne suis pas un fanatique de ce type de reconversion pour un sportif de très haut niveau, les projets de Haïle Gebreselassie, Georges Weah, et Manny Pacquiao de vouloir faire une carrière politique ont quelque chose de sympathique dans des pays qui figurent parmi les plus pauvres du monde. Pour mémoire l’Ethiopie se situe en effet au 212e rang sur 230 en ce qui concerne le PIB par habitant, le Libéria au 224è, et les Philippines au 162è. Cela étant, depuis la fin de la guerre avec l’Erythrée (1998-2000), l’Ethiopie s’est engagée sur la voie du progrès au point d’avoir vu son PNB global doubler entre 2003 et 2006 puis entre 2006 et 2009, et ce malgré une sécheresse meurtrière en 2006, aggravée en outre par une invasion de criquets dans l’est du pays en avril 2007. Il est vrai qu’on partait de tellement bas que toute progression paraît spectaculaire.

Dans ce contexte, que Gebreselassie, double champion olympique et quadruple champion du monde du 10 000 m, s’engage en politique, c’est peut-être ce qui pouvait arriver de mieux à l’Ethiopie, d’autant qu’il est à la tête d’un ensemble d’activités (immobilier, écoles, salles de sport, cinéma) qui emploient au moins 450 personnes. Cela démontre en tout cas qu’il a su parfaitement gérer l’argent qu’il a gagné sur les pistes du monde entier, mais aussi qu’il est bon citoyen puisqu’il n’a pas hésité à investir dans son pays, ce qui était pour le moins courageux il y a moins de dix ans. De plus l’ébauche de son programme ministériel ou présidentiel est très sympathique, en même temps que volontariste : « L’éducation, c’est la clé », affirme-t-il, et il ajoute : « Je voudrais que l’éducation soit accessible à tous. Si les gens étaient éduqués nous n’aurions pas tous ces problèmes ». Pour mémoire le taux d’alphabétisation de l’Ethiopie atteint à peine 50%.

Avec de telles paroles on ne peut que lui souhaiter une pleine réussite dans sa future carrière, qu’il souhaite riche et active puisqu’il veut devenir « ministre, voire Premier ministre ou président», même si en Ethiopie le poste de président est purement honorifique. Cela dit, pour voir se concrétiser l’engagement de l’athlète en or éthiopien il faudra attendre un peu, car quelques mois après avoir annoncé sa retraite suite à une blessure récurrente à un genou et aussi un peu « sur un coup de tête », il a décidé de préparer les J.O. de Londres l’an prochain, dans l’espoir de décrocher une troisième médaille d’or olympique, non plus sur 10.000 m comme à Atlanta (1996) ou Athènes (2000), mais sur le marathon dont il détient le record du monde depuis 2007.

 En tout cas s’il arrive à ses fins, il fera mieux que Georges Weah, l’ancien joueur de football du Paris SG et du Milan AC et Ballon d’Or en 1995, qui n’a pas réussi à se faire élire président du Libéria en 2005, malgré un score très honorable (40,5% des voix). Il est vrai qu’il a été battu, lui le novice en politique, par une économiste reconnue ayant eu des postes à responsabilité, notamment à la Banque Mondiale. D’ailleurs sitôt élue, la nouvelle présidente lui avait proposé le poste de ministre de la Jeunesse et des Sports…qu’il a refusé. Cela étant, même s’il ne se représente pas à titre personnel à la prochaine élection présidentielle (octobre 2011), il mettra sa notoriété au service d’un candidat, Winston Tubman, dont il sera le colistier. Nul doute que si ce dernier est élu, il exercera des fonctions ministérielles en plus de celles qu’il a avec sa fondation « Weah Children’s foundation » pour inciter les enfants de son pays à aller à l’école, sans compter son engagement pour de nombreuses autres associations caritatives

Toutefois, il y a un sportif qui, très récemment, a parfaitement réussi son entrée en politique, Manny Pacquiao. En cela il fait penser au Britannique Sebastian Coe, le fameux miler de la fin des années 70 et du début des années 80, qui détint les records du monde du 800m, du kilomètre, du 1500m et du mile, et qui fut double champion olympique du 1500m (1980 et 1984), devenu par la suite député conservateur, en plus d’avoir été nommé à la tête du comité de candidature de la ville de Londres pour l’organisation des Jeux Olympiques d’été de 2012. Manny Pacquiao est le meilleur boxeur actuel toutes catégories confondues (53 victoires dont 38 par K.O.plus 2 matchs nuls et 3 défaites), et lui aussi a été élu député lors des élections générales du 10 mai (Parlement philippin), promettant d’être encore « plus efficace en politique » que sur le ring.

On serait tenté de dire que ça promet, si c’est le cas, tellement Pacquiao a marqué son sport. Et s’il s’occupe aussi bien  de la modernisation des infrastructures du pays, et des services médicaux, qu’il s’est occupé de ses adversaires, il est certain d’être réélu à la prochaine élection dans trois ans, et d’avoir son avenir assuré dans sa nouvelle orientation. D’ici là il devrait avoir le temps de rencontrer le seul adversaire qui soit à sa hauteur, l’invaincu Floyd Mayweather, ce qui pourrait être le combat du 21è siècle…si finalement il a lieu, rien n’étant simple dans la boxe actuelle.

Pour revenir à Georges Weah, le ministère des sports est le type de poste que l’on offre généralement aux anciens sportifs français qui deviennent ministre, à la notable exception de Jacques Chaban-Delmas, ancien international de rugby (1 sélection en 1945), qui est devenu Premier ministre de Georges Pompidou entre 1969 et 1972 et, à titre anecdotique, de l’ancien judoka David Douillet (ex-champion du monde et champion olympique), ministre qui s’occupe des Français de l’étranger, parce que le poste de ministre des sports est occupé par une ancienne karateka, Chantal Jouanno. Parmi les plus connus, nous citerons Alain Calmat (champion du monde de patinage en 1965), Roger Bambuck ( champion d’Europe du 200 m en 1966 et recordman du monde du 100 m en 1968), Guy Drut (champion olympique du 110 m haies en 1976 et recordman du monde), Jean-François Lamour (champion olympique d’escrime en 1984 et 1988), sans oublier l’ancien secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte qui était, jusqu’en octobre 2007, le sélectionneur du XV de France.

Ont-ils réussi dans leurs fonctions ? Ni mieux ni plus mal que les politiciens professionnels… qu’ils sont devenus par la suite. Ils ont tous avalé les mêmes couleuvres sur le budget consacré aux sports, qui représente toujours largement moins de un pour cent du budget total. Aucun n’a réussi également à obtenir les crédits pour doter notre pays d’infrastructures dignes d’un pays comme la France. Par exemple, il faudra encore attendre au moins deux ans pour que la capitale soit dotée d’un vélodrome couvert entièrement voué au cyclisme, comme il y en a un peu partout en Europe et dans le monde, et que l’on attend depuis 1968, année où Trentin, Morelon et Rebillard ont remporté respectivement le kilomètre, la vitesse, et la poursuite aux J.O. de Mexico (plus le tandem pour Trentin et Morelon). En fait, ils servent de paravent à une certaine misère qui affecte le développement du sport et de ses infrastructures, le sport français étant considéré comme le royaume du bricolage dans nombre de disciplines.

Espérons que Haïle Gebreselassie, Georges Weah et Manny Pacquiao obtiendront pour l’Ethiopie, le Libéria, et les Philippines, des résultats plus importants que ceux obtenus chez nous par les champions que je viens de citer, et surtout qu’ils contribueront à faire reculer la grande pauvreté qui y sévit depuis tant d’années, même si sur ce plan la situation aux Philippines est un peu meilleure. En tout cas leur nom est suffisamment connu dans le monde pour que la communauté internationale s’intéresse de plus près à leur pays, dont ils sont depuis des années les meilleurs ambassadeurs.

Escatafal