L’Atlético de Madrid ne supporte pas les temps additionnels

costaCette année 2014 aura été vraiment incroyable en ce qui concerne les deux grands sports collectifs inventés par nos amis anglais, plus particulièrement en ce qui concerne les résultats, malmenant parfois l’histoire la plus ancienne. Si j’écris cela c’est parce qu’hier soir nous avons assisté à deux scenarios très différents en ce qui concerne les finales de la Ligue des Champions et de la Coupe d’Europe de rugby, scénarios qui nous font aussi réfléchir sur l’évolution de ces deux sports collectifs, l’un, le rugby, utilisant au maximum la technologie moderne, l’autre, le football, demeurant ancré dans ses certitudes devenues complètement obsolètes. Résultat, autant le rugby essaie d’être au plus près de la réalité d’un match, autant le football vit sur une planète ancienne qui fait penser aux aberrations des détracteurs de Galilée relatives au mouvement de la terre. Pas étonnant de la part de gens comme Michel Platini, croyant que la planète football n’a nullement évolué depuis le vingtième siècle, et qui a cru intelligent d’instaurer un fair-play financier démagogique…dans le seul but, aux yeux de ses détracteurs, de s’assurer un maximum de voix lors des prochaines élections de la FIFA ou de l’UEFA. Un fair-play financier qui permet à des clubs cumulant des dettes astronomiques de toutes sortes d’être « dans les clous » du dispositif, alors que l’on condamne à de lourdes sanctions, financières et sportives, d’autres clubs ayant un bilan équilibré sans aucune dette fiscale, sociale ou bancaire (cas du PSG). Et tout cela en faisant un calcul « au doigt mouillé », donc tout à fait arbitraire, des rentrées d’argent apportées par les sponsors.

Après cette longue introduction, passons à présent aux raisons de mon propos, en pensant à ce qui s’est passé hier soir entre le Real Madrid et l’Atlético. Peu m’importe que Real ait remporté cette Ligue des Champions, puisque je ne suis supporter d’aucune de ces deux équipes, mais en revanche je trouve hallucinant que dans les matches de football de ce niveau on fasse jouer quatre, cinq, six ou sept minutes d’arrêts de jeu, ce calcul étant fait plus ou moins lui aussi « au doigt mouillé », sauf évidemment en cas de très grave blessure ou de problème technique pendant le match. Pourquoi ne pas faire comme dans le rugby ou, en cas d’arrêt de jeu, l’arbitre du milieu donne l’ordre d’arrêter et de reprendre le chronomètre. Reconnaissons que cela a au moins le mérite d’être juste et équitable, la sirène annonçant la fin du temps règlementaire, sauf aux yeux des hiérarques des instances du football. Bien sûr il ne faut pas exagérer le recours aux procédés techniques modernes, afin de ne pas dénaturer le jeu, mais force est de reconnaître que la vidéo permet dans la quasi-totalité des cas de valider un essai ou une pénalité, sans parler des fautes grossières des joueurs. En revanche ce type d’exagération ne risque pas d’arriver au football…parce qu’on refuse obstinément d’avoir recours à la vidéo, y compris pour ce qui se passe dans la surface de réparation, d’où les innombrables protestations de joueurs, entraîneurs ou dirigeants de club. En revanche on n’hésite pas à infliger 20 millions d’euros d’amende au PSG ou à Manchester City…pour les punir d’être trop riches !

Et puisque je n’ai pas trop le temps, et que nous sommes sur un bloc consacré surtout à l’histoire du sport, je voudrais rappeler quelques faits qui ont marqué nos jeunes années (pour les plus anciens), et qui montrent que l’histoire se répète toujours, même si, comme l’affirmait Karl Marx (qui n’avait jamais joué au football), elle ne se répète pas nécessairement « la première fois comme une tragédie » et « la seconde comme une farce ». Encore que cela reste à démontrer, en voyant Diego Costa, l’avant-centre de l’Atlético Madrid, faire son apparition sur le terrain de la finale de Lisbonne samedi soir, alors qu’il était pourtant blessé aux adducteurs. Certes il y avait eu, dans les jours précédant le match, le remède de cheval employé par un mystérieux praticien de la médecine serbe, mais il ne fallait pas être un grand médecin pour savoir que Costa ne serait pas guéri en huit jours d’une lésion musculaire importante…qu’il avait aggravée en participant à la dernière journée du championnat d’Espagne, contre le FC Barcelone, la semaine précédente. Pire même, cela pourrait lui coûter sa place à la Coupe du Monde avec l’équipe d’Espagne. Cela rappelle, à ceux qui se souviennent de l’épopée des Verts de Saint-Etienne (en 1975-1976), le remplacement de Sarramagna par Rocheteau en finale de la Coupe d’Europe contre le Bayern de Munich, l’entraîneur stéphanois, Robert Herbin, tentant le tout pour le tout en faisant jouer blessé son atout numéro un de l’époque.

Rocheteau en effet, absent des terrains depuis plus d’un mois et en attente d’une opération pour le guérir d’un problème musculaire, avait quand même fait le déplacement avec ses camarades à Glasgow au cas où il pourrait apporter son génie et sa force de percussion, si la nécessité s’en faisait sentir, ce qui était le cas, le Bayern menant 1-0 depuis la minute 57. Et cela faillit marcher ! Pendant les huit dernières minutes l’attaque stéphanoise devint très dangereuse, Rocheteau et ses crochets donnant le tournis aux défenseurs allemands. Cela dit, malgré l’apport de l’Ange Vert, la finale se termina en tragédie, le Bayern de Maier, Beckenbauer, Muller, Hoeness et Rummenige l’emportant 1-0. En tragédie et non en farce, parce que Rocheteau était l’ultime recours pour les Stéphanois afin d’arracher une égalisation bien méritée. En revanche pour ce qui concerne Costa ce fut une farce, dans la mesure où il fut quasiment incapable de toucher le moindre ballon avant sa sortie à la neuvième minute.

Et puisque je parle de l’Atlético et de sa défaite par le Real samedi dernier en finale de la Ligue des Champions, cela me rappelle un épisode et un scénario ressemblant en tous points à celui que nous avons vécu lors de cette première finale cent pour cent madrilène dans l’histoire de la C1. Au passage, je devrais écrire finale qui opposait, pour la première fois depuis la création de la Coupe d’Europe des clubs champions, deux clubs issus de la même ville…ce qui aurait pu se produite avec Milan, Manchester, Lisbonne ou Londres, mais pas pour les clubs français, lesquels ont tellement de mal à composer une équipe de dimension européenne, ce qui en fait une exception en Europe! Fermons la parenthèse pour revenir à ce triste jour pour l’Atlético de Madrid que fut la victoire du Bayern Munich en finale de la C1, le 17mai 1974 à Bruxelles (4-0). Mais quand j’évoque le triste jour, ce fut plus encore le 15 mai, l’Atlético se faisant rejoindre par le Bayern, lors du premier match (il n’y avait pas à l’époque les tirs au but en cas d’égalité après prolongations) à la 94è minute. Exactement le même scénario que 40 ans plus tard, sauf que le buteur s’appelait à l’époque Schwarzenbeck et cette fois Sergio Ramos, sauf aussi que Schwarzenbeck marqua d’un tir de 20 mètres du pied droit et Ramos de la tête.

Là par contre, ce fut dans les deux cas une tragédie pour l’Atlético de Madrid, au point qu’on peut se demander s’il s’en remettra. Si je dis cela c’est parce que le club aurait, nous dit-on, plus de 500 millions d’euros de dettes, avec un arriéré d’impôts de plus de 100 millions. Cela étant son vainqueur en finale de la Ligue des Champions 2014, le Real Madrid, aurait lui aussi une dette globale de plus de 500 millions d’euros, même si le président du Real n’en reconnaît que 90 millions, dus exclusivement aux banques. Problème, si l’on en croit certaines associations, cette dette serait bien de plus de 500 millions dont une partie à l’administration publique, ce qui n’empêche pas le président du Real de vouloir rénover le stade Bernabeu, pour un coût de 400 millions d’euros, qui serait financé…en ayant recours « à une formule ingénieuse ». On comprend que tout cela fasse tousser les détracteurs du flair-play financier, ceux-ci estimant que le PSG et Manchester City, pas du tout endettés je le répète, n’auraient jamais dû être sanctionnés, les moyens de leurs actionnaires et de leurs gros sponsors étant en outre quasi illimités. Finalement Cantona a bien raison de parler de « politique » à propos de Michel Platini et de l’UEFA ! Au fait, moi qui voulais parler de rugby et du RC Toulon, je n’ai écrit que sur le football. Ce sera pour la prochaine fois.

Michel Escatafal

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Le « fair-play financier », la plus stupide des fausses bonnes idées

FPFJe ne dois pas être très intelligent, sinon je ne me poserais pas la question : c’est quoi le « flair-play financier » ? Oui, désolé, mais je ne comprends pas pourquoi on a décidé à l’UEFA, dirigée par Michel Platini, de créer « ce machin », comme aurait dit le général de Gaulle. Car il s’agit bien d’un « machin » destiné à quelque chose, mais quoi ? Certes, on va me répondre que le « machin » en question est théoriquement destiné à égaliser les chances des clubs participant aux compétitions européennes, afin que ce ne soit pas toujours les mêmes qui gagnent. A priori c’est une bonne idée, mais, c’est trop beau pour être vrai, en précisant toutefois qu’on ne compte plus les clubs aux moyens financiers peu importants qui ont remporté une coupe européenne, à commencer par la Ligue des Champions ou, si l’on préfère, la C1, comme on dit dans le monde du football. Parmi ces clubs je citerais Nottingham Forest (2 fois en 1979 et 1980), Aston Villa (en 1982), le SV Hambourg (en 1983), le Steaua Bucarest (en 1986), le FC Porto 2 fois en 1987 et 2004), l’Etoile Rouge de Belgrade (en 1991), et même l’Ajax d’Amsterdam (4 fois en 1971, 1972, 1973 et 1995) ou encore le Benfica de Lisbonne (2 fois en 1961 et 1962), le Celtic de Glasgow (en 1967), le Feyenoord de Rotterdam (en 1970) .

J’ai même envie d’ajouter à ces noms l’Olympique de Marseille de Bernard Tapie qui, contrairement à ce qu’on croit, était loin d’avoir les moyens du club que l’équipe phocéenne avait battu en finale de 1973, le Milan AC. Preuve que ce ne sont pas toujours les clubs les plus puissants financièrement qui finissent par l’emporter, d’autant que, cette année, l’Atlético de Madrid pourrait très bien devenir champion d’Europe avec un budget nettement inférieur aux trois autres clubs qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des Champions, le Real Madrid, le Bayern de Munich et Chelsea, club qui prête ses nouvelles recrues un peu partout en Europe, ce qui est une manière d’investir sans faire exploser sa masse salariale et être à l’abri des tracasseries de l’UEFA…ce qui peut aussi générer de gros bénéfices (cas de Courtois ou Lukaku), sans trop creuser les pertes si le joueur n’est pas aussi doué qu’on l’imagine.

Quand je parle de clubs « les plus puissants financièrement », je devrais ajouter « en apparence », car certains clubs disposant soi-disant d’un budget illimité sont extrêmement endettés. Je n’en citerais que deux, sans doute les plus connus dans le monde, le Real et le FC Barcelone, qui à eux deux ont remporté 13 titres en C1 (9 pour le Real et 4 pour le Barça). Au passage je ferais observer que le Real, qui, à grands coups de millions prêtés par les banques, a acheté depuis plus de dix ans la plupart des meilleurs joueurs du monde (dont C. Ronaldo et Gareth Bale), n’a pas gagné une seule fois la Ligue des Champions depuis 2002. Comme quoi l’argent ne fait pas forcément le bonheur, au football comme ailleurs. Alors, me direz-vous, pourquoi cette tocade de l’UEFA à propos du « flair play financier » ?

Et bien, comme sans doute vous tous, je n’en sais rien, car je ne vois pas réellement ce que cela va changer dans le monde du football…sauf à pérenniser et à figer la situation actuelle dans la hiérarchie des clubs de football. Dit autrement, cela signifie aussi que l’UEFA ne veut pas que des riches investisseurs achètent des clubs susceptibles de bousculer la hiérarchie globale des clubs les plus réputés de la planète. En disant cela, je pense notamment à Manchester City et au Paris Saint-Germain, qui sont les clubs phares visés par le « flair play financier ». Par parenthèse, je note que Manchester City, appartenant depuis 2008 à un membre du Conseil exécutif de l’émirat d’Abou Dabi, et qui dispose donc de très gros moyens, n’a toujours pas dépassé le stade des huitièmes de finales de la Ligue des Champions depuis 2008, et s’est contenté d’un titre de champion d’Angleterre en 2012 et d’une Coupe d’Angleterre en 2011. Rien de bien extraordinaire, comparé à des clubs nettement moins riches. Cela étant, Manchester City, comme le PSG, a les moyens de frapper très fort sur le marché des transferts pour enfin figurer dans le dernier carré de la Ligue des Champions et, pourquoi pas, la remporter…sauf si l’UEFA l’empêche de recruter des joueurs ou à défaut lui interdit d’aligner ses recrues dans les compétitions européennes. Idem pour le PSG. Cela signifie que le Real Madrid, malgré son colossal endettement, pourra recruter qui il veut, et faire jouer ses recrues en Ligue des Champions, mais pas Manchester City ou le PSG, alors que le PSG affiche un déficit de 3.5 millions d’euros et n’a pas de dettes autres que celles vis-à-vis de son actionnaire.

Plus curieux encore, alors que le PSG a un contrat d’image et de sponsoring avec QTA (Autorité du Tourisme Qatarien) de 200 millions qui lui assure une visibilité totale à court et moyen-terme, l’UEFA fait des difficultés au club parisien, alors que tel autre club très endetté peut, s’il le désire, refaire à grands frais son stade…parce que tout investissement lié à la rénovation du stade n’entre pas en compte dans le calcul de la dette. Bref, même si ce financement du stade est monté intégralement grâce à des concours bancaires, le club ne risque rien vis-à-vis du « flair-play financier », alors qu’il n’accepte pas un sponsoring pur et dur en provenance d’un Etat… parmi les plus riches du monde. Ridicule!   Après tout si le Qatar a investi sur le PSG, et si un établissement qatari fait du sponsoring pour attirer l’attention sur le pays, ce n’est sans doute pas pour le plaisir de dépenser de l’argent, même s’il en a énormément, mais surtout pour avoir un retour, par exemple sur le tourisme, encore assez embryonnaire au Qatar par rapport à d’autres activités du pays. En outre le PSG est devenu une vitrine pour ce pays…au même titre qu’elle l’est et l’a été pour d’autres clubs dans d’autres pays.

Un dernier mot enfin : qui s’est indigné dans les années 50 au moment où le Real Madrid a remporté cinq fois de suite l’ancêtre de la Ligue des Champions (Coupe d’Europe des clubs champions), entre 1956 et 1960? Personne, et pourtant le club madrilène achetait systématiquement les meilleurs joueurs de la planète, ce qui lui permettait d’avoir dans ses rangs le meilleur défenseur du monde (Santamaria) et les quatre plus grand joueurs de l’époque, Di Stefano, Kopa, Puskas et Didi. Et le Real des années 2000, avec Ronaldo (le Brésilien), Figo, Zidane, Beckham, appelés les « galactiques », qui s’en souciait ? Personne. Alors pourquoi chercher des poux dans la tête au PSG, à Manchester City, qui, après tout, ne font qu’appliquer les mêmes méthodes que le Real d’autrefois et d’aujourd’hui, que le Barça d’autrefois et d’aujourd’hui, que l’Inter de Milan, le Milan AC et la Juventus autrefois ? Et le Bayern de Munich et Manchester United, n’ont-t-ils pas de gros sponsors, et ne paient-ils pas leurs vedettes au même tarif que celles du PSG ou de City ? Alors pourquoi toutes ces tracasseries pour certains clubs ? Je m’interroge, et j’espère qu’en cas de sanctions qui empêcheraient les clubs d’investir comme ils l’entendent, les tribunaux trancheront en leur faveur. De toute façon, quoi qu’il arrive, il y aura toujours des clubs plus riches que d’autres…et ce sera ma conclusion pour ce débat qui serait sans fin si l’on n’y met pas un terme.

Michel Escatafal


Ibrahimovic mérite lui aussi le Ballon d’Or

ibrahimovicF. RibéryDécidément le Ballon d’Or de cette année suscite bien des commentaires en France, parce que Ribéry est concerné. Et lui commence à y croire plus que tout le monde au point, nous dit-on, d’avoir voulu se battre avec Gérard Houiller, ancien sélectionneur de l’Equipe de France et ancien entraîneur, entre autres du PSG (champion de France en 1986), de l’Olympique Lyonnais (champion de France en 2006 et 2007), et de Liverpool F.C. (vainqueur en 2001 de la Coupe UEFA, de la Cup et de la League Cup).

Pourquoi ce courroux de Ribéry contre Gérard Houiller ? Parce que cet entraîneur connu et reconnu, au palmarès imposant, a osé dire que « Ribéry n’est pas un joueur de classe mondiale qui te fait gagner l’équipe comme Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo ». On notera au passage que cette phrase n’est nullement dévalorisante pour Ribéry, car c’est un constat que peuvent faire de nombreux amateurs de football. D’ailleurs on ne se bat pas pour arracher Ribéry au Bayern de Munich, comme on se battrait pour arracher Messi au Barça ou Cristiano Ronaldo au Real Madrid, si ces deux joueurs étaient sur le marché.

Pire encore pour Ribéry, en plus de ces joueurs vient à présent s’ajouter Ibrahimovic dans la liste de ceux qui peuvent espérer avoir ce fameux Ballon d’Or que tous les joueurs rêvent d’avoir. Et même si je ne suis pas un technicien, je trouverais assez normal que ce soit précisément la star du PSG qui l’obtienne enfin pour l’ensemble de son œuvre, celle-ci comprenant, outre tous les titres qu’il a glanés dans les grands championnats européens (Pays-Bas, Italie, Espagne et France), son énorme impact sur la montée en puissance du PSG parmi les meilleures équipes européennes. Je doute et je suis même convaincu que, malgré tout son talent, Ribéry ait été capable d’aider le club parisien a monter aussi haut et aussi vite que l’a fait Ibrahimovic, celui-ci disposant en plus d’un charisme incomparablement plus élevé que celui que peut avoir Ribéry.

En revanche je pense qu’avec Messi et Ronaldo, le club parisien aurait peut-être grandi aussi vite…mais cela reste à vérifier. Si je dis cela, c’est parce que Messi est la star du collectif barcelonais, comme Ronaldo est celle du collectif madrilène, et comme Ribéry en est une dans celui du Bayern Munich. Voilà pourquoi je pense que ceux qui élisent le Ballon d’Or, devraient cette fois ne pas tenir compte des palmarès de l’année pour en désigner le lauréat, comme c’est hélas trop souvent le cas, même s’il est arrivé que, malgré un palmarès en or, le meilleur joueur de l’année ne soit pas désigné.

Deux exemples suffisent à le démontrer : en 1960, Ferenc Puskas avait très largement participé à la conquête de la cinquième Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions) par le Real Madrid, en ayant été le meilleur buteur de l’épreuve (12 buts en 9 matches dont 4 en finale), avait permis aussi au Real de remporter la Coupe Intercontinentale, et avait terminé meilleur buteur du championnat d’Espagne avec 26 buts marqués. On ajoutera à cela que s’il y a bien un joueur qui aurait mérité un jour ce trophée, c’est bien lui, en rappelant qu’il fut aussi l’emblématique capitaine de la grande équipe de Hongrie, peut-être la meilleure équipe nationale que l’on ait connue (une défaite en six ans entre 1952 et 1956). Bref, si Ribéry connaît l’histoire de son sport, il reconnaîtra que Puskas aurait mérité autant que lui cette année le Ballon d’Or, déjà en 1960 et pour l’ensemble d’une carrière où il aura marqué 709 buts en 720 matches.

Autre joueur méritant lui aussi le Ballon d’Or, tant en 2000 qu’en 2003 ou en 2006, un ancien coéquipier de Ribéry en Equipe de France, Thierry Henry. Ce dernier avait été un acteur principal du succès de la France au Championnat d’Europe des Nations en 2000, à la Coupe des Confédérations en 2003 et à l’accession de l’Equipe de France en finale de la Coupe du Monde 2006. Outre ses titres de champion du Monde 1998 et d’Europe 2000 en équipe nationale, il a quasiment tout gagné en club (AS Monaco, Arsenal et F.C. Barcelone), y compris la Ligue des Champions et la Coupe du Monde des clubs quand il opérait au Barça. Il a un des plus beaux palmarès de l’histoire du football, et a marqué dans sa carrière en Equipe de France (51 buts en 123 matches) et dans les clubs où il a joué le remarquable total de 400 buts en 879 matches, dont une partie en jouant attaquant excentré.

Tout cela pour dire que même si c’est Ibrahimovic, Messi ou Cristiano Ronaldo qui enlèvent le Ballon d’Or, Ribéry n’aura pas trop à rougir de ne pas l’avoir obtenu…en pensant à Puskas ou Thierry Henry. Je ne sais pas s’il connaît bien l’ancien « Major Galopant », mais en revanche il sait très bien qui est Thierry Henry. Raison de plus pour ne pas s’offusquer des propos tenus à son égard par Gérard Houiller, lequel n’a fait que constater une évidence. Oui Ribéry est un grand joueur, mais Ribéry n’a jamais été et ne sera jamais une star comme Messi, Ronaldo ou Ibrahimovic de nos jours, ou comme Kopa, Platini et Zidane dans le passé, pour ne parler que des joueurs français.

Michel Escatafal


PSG : qui pour céder la place à Wenger dans un an?

makeleleJe ne sais pas ce qui se passe au PSG, mais il faut reconnaître que son image est en train d’en prendre un coup. Comment un club qui est prêt à payer très cher un entraîneur, et qui dispose de moyens quasiment illimités pour recruter, comment en effet pareil club n’arrive pas à trouver un entraîneur de renom ? Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais si le motif est bien ce que disent les organes de presse, à savoir le refus de faire un intérim d’un an pour laisser la place à Arsène Wenger, cela paraît presque une bouffonnerie.

En effet, comment imaginer qu’un entraîneur qui a gagné une ou plusieurs coupes européennes, donc un technicien côté, puisse être d’accord pour venir effectuer un simple intérim, en sachant que même en obtenant les meilleurs résultats, par exemple un triplé français assorti d’une demi-finale de Ligue des Champions, il devra céder la place. Vous me direz que si cet entraîneur mène l’équipe au titre de champion de France et remporte les deux coupes nationales, plus une belle performance européenne, il pourra toujours espérer conserver sa place. Certes, mais s’il n’est « que » champion de France et quart de finaliste de la Ligue des Champions, il est certain d’être viré, quelle que soient les prestations que son équipe fournira. Reconnaissons que même en étant un supporter du club, et c’est mon cas depuis bien longtemps (l’époque Hechter), on ne peut qu’être d’accord avec le refus de techniciens comme Benitez, qui a, rappelons-le, un palmarès infiniment supérieur sur le plan européen à celui d’Arsène Wenger.

Au fait pourquoi la présence d’Arsène Wenger comme coach du PSG fait-elle tellement envie aux décideurs qataris ? C’est une énigme pour les gens comme moi, qui ignorent évidemment les motivations réelles des patrons du club parisien. Oui je dis bien une énigme, parce que je ne vois pas ce qu’a de plus un Wenger par rapport à des Benitez dont j’ai déjà évoqué le nom, Hiddink, Capello, Rijkaard ou même Villas-Boas, sans parler de Di Matteo qui, ne l’oublions pas, a permis à Chelsea de réaliser enfin le rêve de son président, R. Abramovitch, rêve que Mourinho ou Scolari n’avaient pas pu lui apporter, à savoir gagner en 2012 la Ligue des Champions. Certes je ne dis pas qu’Arsène Wenger n’est pas un très bon technicien, mais force est de reconnaître qu’il n’a jamais eu depuis ses débuts à Arsenal en 1996 la pression inhérente à certains gros clubs comme le Real ou le Barça. Aurait-il réussi par exemple à Chelsea ? Nombre d’entre nous en doutent malgré ses titres ou ses doublés (coupe-championnat) en Angleterre, malgré aussi sa finale en Ligue des Champions contre le F.C. Barcelone (2006).

Peut-être a-t-il pour lui de rester très longtemps dans les clubs où il arrive, ce qui doit impressionner les dirigeants qataris. En effet, il est resté sept ans à Monaco entre 1987 et 1994, où il fut démis de ses fonctions en fin d’année, donc à mi-saison, pour mauvais résultats, après avoir exercé à l’AS Nancy-Lorraine entre 1984 et 1987, où il obtint des résultats honorables pour un club aux moyens limités. Il fut aussi entraîneur au Japon pendant deux ans, avant d’arriver à Arsenal où il aura fait l’essentiel de sa carrière. A ce propos, comment se fait-il, alors qu’il ne lui reste qu’un an de contrat, et qu’il n’a rien gagné depuis huit longues années (Cup en 2005), oui comment se fait-il qu’il n’ait pas résilié son contrat avec les Gunners pour s’engager au PSG, alors que la place allait être libre avec le départ d’Ancelotti ? Encore une énigme pour ceux qui suivent le football d’un peu près!

Voilà quelques réflexions toutes personnelles, mais certainement de bon sens, sur cette recherche sans succès d’un entraîneur pour le Paris Saint-Germain. Cela dit, comme les choses peuvent aller très vite, si cela se trouve on nous annoncera aujourd’hui ou demain l’arrivée de celui qui aura bien voulu s’asseoir sur le poste a priori réservé à Wenger pour l’année prochaine. Au fait, est-ce bien sûr que Wenger sera libre l’an prochain ? Apparemment l’actuel président d’Arsenal pense qu’il renouvellera son contrat l’an prochain, ce qui ne me ferait aucune peine si un Lippi ou un Rijkaard devait arriver à Paris…à moins que ce ne soit Claude Makelele  qui devienne entraîneur, ce qui ne serait pas une première dans le football français. En effet, après avoir joué entre 1937 et 1950 au Stade de Reims, Albert Batteux en est devenu à la fin de sa carrière l’entraîneur, faisant du club un vainqueur de la Coupe Latine (1953), ancêtre de la Coupe des clubs champions, et un finaliste à deux reprises (1956 et 1959) de cette même Coupe d’Europe qui allait devenir la Ligue des Champions (en 1992), sans oublier cinq titres de champion de France et une Coupe de France. Autre exemple emblématique, celui de Robert Herbin, joueur de l’AS Saint-Etienne entre 1957 et 1972, puis entraîneur de ce même club, avec qui il remporta à quatre reprises le championnat entre 1974 et 1981, plus trois Coupes de France, sans oublier évidemment la finale de la Coupe d’Europe en 1976 que l’ASSE aurait sans doute remportée sans une barre carrée et, plus encore,  la blessure de Rocheteau. Deux exemples à suivre pour Makelele…s’il finit par être l’élu des dirigeants du PSG, d’autant qu’il est quand même l’adjoint d’Ancelotti, et qu’il a, nous dit-on, le respect du vestiaire, acquis aussi grâce à son immense palmarès de joueur.

Michel Escatafal


La France ne mérite pas ses champions…

Hier soir, trois clubs européens fêtaient le titre conquis dans leur championnat national de football. Ces trois clubs s’appellent le F.C. Barcelone, Manchester United et le Paris Saint-Germain. Et que s’est-il passé ? A Barcelone, malgré la crise qui touche très sévèrement nos amis catalans et espagnols, ils étaient 500.000 dans les rues pour faire la fête après avoir remporté leur vingt-deuxième Liga…et il n’y a pas eu d’incidents. A Manchester, il y avait apparemment moins de monde, mais une foule s’était rassemblée pour saluer comme il se doit le vingtième titre de champion des Red Devils et rendre hommage à Alex Ferguson, son emblématique entraîneur, qui, à 71 ans, a fait valoir ses droits à la retraite. A Paris enfin, ils étaient 10 à 15.000 supporters pour théoriquement fêter le troisième titre de champion de France du club de la capitale. Je dis théoriquement, parce que des incidents graves ont contraint les dirigeants du club francilien et un de ses sponsors à annuler une partie des festivités, et notamment la promenade en bateau sur la Seine, prévue pour que le plus grand nombre de Parisiens puisse applaudir le trophée remis aux dirigeants et joueurs sur la place du Trocadéro.

Voilà un petit résumé des titres de la presse sportive française et européenne, et reconnaissons que tout cela n’est pas très flatteur pour notre pays. Un pays qui, quoi qu’on en dise, n’est pas sportif. Ce n’est quand même pas pour rien si la France n’a gagné que deux coupes d’Europe depuis 1956, qu’elle n’a aucun pilote susceptible d’être champion du monde de Formule 1, que son dernier succès dans un grand tournoi (grand chelem) de tennis masculin remonte à 1983 et l’avant-dernier à 1946, qu’aucun de ses coureurs n’a gagné le Tour de France depuis 1985 ou le Giro depuis 1989, qu’aucun Français n’a gagné un tournoi majeur de golf, que la France soit la seule grande nation de rugby à n’avoir jamais gagné la Coupe du Monde, qu’il ait fallu attendre 2012 pour voir un de nos athlètes remporter un titre olympique qui nous échappait depuis 1996, etc., etc. C’est un constat accablant que l’on peut dresser à travers ce petit rappel de l’état du sport français, et malheureusement je crains que ce constat nous le ferons encore longtemps. Pourquoi ? Sans doute une question de tempérament du Français, dont le principal défaut est d’être à la fois un indéfectible râleur, donnant des leçons à tout le monde, mais aussi quelqu’un qui refuse de s’engager pour améliorer les choses, parce que son tempérament le pousse à pantoufler.

A ce propos j’en profite pour redire une énième fois que je suis Français de par mon père et ma mère, lesquels l’étaient de par leur père et mère, eux-mêmes l’étant de par leurs parents. Si j’apporte cette précision, c’est pour bien montrer que je connais mon pays, et celui-ci hélas n’est pas ce qu’on le voudrait qu’il soit ou qu’on aurait voulu qu’il fût. Et cela n’est pas valable seulement pour le sport, l’histoire est là pour nous le rappeler. Comme je l’ai souvent écrit ici même, le Français est jaloux par nature du succès des autres, mais ne fait aucun effort pour contribuer au sien. Il faut que cela lui tombe du ciel, et encore tout dépend de la provenance de ce don. Et pour ceux qui trouvent que j’exagère, il suffit de lire la réaction des gens sur les forums des sites web des journaux pour s’en convaincre. Que ne lit-on pas à propos du Paris Saint-Germain…parce qu’il appartient à des investisseurs qataris. Et oui, c’est triste, mais c’est ainsi : pour nombre de soi-disant amateurs de football, le PSG aurait perdu son âme avec l’arrivée des Qataris à sa tête.

Mais quelle âme avait le PSG auparavant ? En avait-il une, quand les supporters cassaient tout dans certains virages du Parc des Princes, les mêmes nous dit-on étant à l’origine des incidents d’hier soir ? Et pour ceux qui reprochent au PSG de se comporter avec arrogance parce que désormais c’est un club riche, trouvaient-ils normal qu’une ville comme Paris soit totalement inexistante sur le plan du football en particulier et du sport en général ? C’est une question d’autant plus intéressante que l’an prochain, nous pourrions très bien avoir le PSG football en demi-finale de la Ligue des Champions, le PSG handball en finale de la même épreuve dans ce sport, et pourquoi pas bientôt un club participant au Final Four de basket, sans oublier les sections féminines de ce club qui veut être, à l’instar du Barça, un des plus grands clubs omnisport du monde. Ce serait même plus fort que les clubs de football anglais, lesquels ne brillent que dans le foot. Et bien non, nombre de Français affirmant aimer le sport ne veulent pas de tout ça, sous le fallacieux prétexte que l’argent pourrit tout. Quelle belle leçon d’éthique, sauf, comme je l’ai écrit plusieurs fois sur ce site, que lesdits Français jouent de plus en plus aux divers jeux d’argent qui leur sont proposés, qu’il s’agisse du loto ou des jeux de grattage ou paris en ligne. Ils aiment donc l’argent autant que les autres, même s’ils font semblant d’en être détachés, et surtout ils détestent ceux qui en ont plus qu’eux. Voilà ce que m’inspirent aujourd’hui les évènements d’hier au Trocadéro pour les festivités du titre de champion de France décroché par le PSG.

Au fait qu’ont pu dire les joueurs français à leurs coéquipiers étrangers ayant opéré en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas ou en Angleterre devant un tel déferlement de violence de la part de gens se disant supporters du club ? Qu’ont-ils pu aussi donner comme explications devant le manque d’enthousiasme des foules françaises, pour un club qui promet de gagner la Ligue des Champions d’ici cinq ans ? Je comprends pourquoi les stars du ballon rond ont besoin d’un Ancelotti, entraîneur au palmarès presque incomparable, pour venir jouer à Paris, malgré le salaire mirobolant qui les attend. En disant cela je pense à ceux qui se réjouissaient l’an passé de voir Montpellier être sacré champion de France devant le PSG…parce qu’entre autres griefs, ils en voulaient au remarquable coach italien d’avoir pris la place de Komabouaré. Comme si Ibrahimovic ou Thiago Silva allaient signer au PSG sans l’aura d’Ancelotti sur le banc de touche ! D’ailleurs, s’il finit par quitter le PSG, il sera remplacé à coup sûr par un entraîneur de renom qui, lui aussi, pourra attirer une ou plusieurs stars mondiales. Pauvres Français ! Heureusement qu’il y a des gens chez nous pour contredire la médiocrité de tous ces sots, qui font de leur morale une masse informe n’ayant rien à voir avec leurs actions de chaque jour. Ah, si seulement nous pouvions être plus nombreux à dénoncer ces outrances, ces persiflages et cette méchanceté !

Michel Escatafal


Les vrais problèmes du football français…

yanga-mbiwaJe ne sais pas ce qu’il faut penser de toutes ces informations concernant le mercato des clubs français, ne serait-ce que parce que toutes font état du départ de joueurs dont certains sont en équipe de France. Pour nombre de gens, la France forme des footballeurs…pour les voir partir à l’étranger dès qu’ils sont devenus des joueurs à fort potentiel, voire même avant de le devenir.  Ainsi, depuis dimanche dernier on ne parle que de Paul Pogba, qui a commencé sa carrière au Havre, avant de rejoindre l’Angleterre et Manchester United en 2009. Il n’y aura pas fait des étincelles, mais après une grave blessure à la cheville l’an passé, et malgré le désir de le garder de l’inamovible manager du grand club mancunien, Alex Ferguson, Pogba ne vit pas son contrat renouvelé, et s’engagea pour la Juventus de Turin. Un club dont il est en train de devenir la coqueluche, surtout après les deux buts extraordinaires qu’il a marqués dimanche dernier, au point que certains l’envoient déjà en équipe de France. Cela dit, on peut imaginer que Didier Deschamps le laissera confirmer et mûrir avant de le sélectionner, mais s’il continue sur sa lancée, pour peu que l’équipe de France se qualifie pour la Coupe du Monde au Brésil, ce jeune homme a de fortes chances d’être un des atouts de notre équipe nationale.

Cependant  tous les joueurs qui partent de notre pays pour signer dans un club anglais, espagnol ou italien, ne réussissent pas forcément, plus particulièrement ceux qui partent très jeune. Pour un Pogba, combien d’Aliadière, Sinama-Pongolle, Le Tallec et tant d’autres qui ont gâché une carrière qui s’annonçait prometteuse. Et si je dis cela, c’est pour manifester mon inquiétude devant les départs annoncés de quelques bons joueurs, ayant certes déjà acquis une notoriété chez nous, sans toutefois être encore des vedettes confirmées. C’est le cas notamment de Mapou Yanga-Mbiwa, qui va s’engager aujourd’hui pour le club anglais de Newcastle, un club avec une équipe qui est en fait devenue beaucoup plus française que britannique, puisque les Français y évoluant  vont être au nombre de huit (Cabaye, Debuchy, Ben Arfa, Romain Amalfitano, Marveaux, Obertan, plus Gouffran et Yanga-Mbiwa), et peut-être bientôt dix, puisqu’on parle de l’arrière de Nancy, Haïdara, et des Sissoko (Toulouse et PSG). De quoi composer, si tout ce beau monde arrive comme espéré à Newcastle, une équipe presque totalement française, alors que le PSG ne compte parmi ses titulaires habituels, comme Français, que Jallet, Matuidi, Menez, plus Sakho et Chantôme qui sont les premiers remplaçants des titulaires quand ceux-ci ne jouent pas. Dit autrement, on parle plus français dans le vestiaire de Newcastle qu’italien ou portugais dans celui de Paris. C’est ça aussi la mondialisation, phénomène que l’on connaît depuis bien longtemps en Italie ou en Angleterre.

Fermons la parenthèse, pour noter que la quasi-totalité des joueurs français ou en provenance de la Ligue 1 qui s’expatrient,  ne signent plus dans les grands clubs européens. C’est une évolution très nette par rapport à ce qui se passait dans les années 90 et au début de la décennie 2000. Rappelons que la quasi-totalité des joueurs qui ont composé la plus belle équipe de France de l’histoire (1998-2000)  opéraient  dans les meilleurs clubs européens (Real, Barcelone, Inter, AC Milan, Juventus, Manchester United ou Chelsea). Il est vrai que, pour le moment, nous n’avons pas de joueurs qui puissent se comparer à ceux de la génération championne du monde et d’Europe, à part peut-être Ribéry et Benzema, On peut aussi imaginer que si un joueur se révélait au plus haut niveau dans notre pays, au point d’être la cible des plus grands clubs européens, il finirait…au Paris Saint-Germain, les dirigeants qataris espérant toujours recruter dans l’hexagone le nouveau Zidane ou le nouveau Desailly…que ne sera sans doute jamais Mapou Yanga-Mbiwa, en espérant me tromper. En tout cas, et en cela Louis Nicollin, le président de Montpellier,  a raison, son défenseur central fait certainement une grosse erreur en allant à Newcastle, quinzième ou seizième du championnat anglais.

Certains vont me dire qu’après tout, s’il avait opté pour un des gros clubs de Premier League, il risquait de rester sur le banc, alors que là il est quasi sûr de jouer. Et ce n’est pas l’exemple d’Olivier Giroud à Arsenal, autre club très frenchy, qui fait dire le  contraire. Il est vrai qu’on ne remplace pas un Van Persie du jour au lendemain ! En fait, en dehors de la génération dorée des années 98-2000, rares furent les Français à s’être imposés à l’étranger, y compris en comptant ceux ayant la double nationalité. Pour ma part, je ne vois que Ben Barek à l’Atletico Madrid, Antoine Bonifaci à l’Inter et au Torino, Kopa au Real Madrid, Muller au Real et au F.C. Barcelone, peut-être Combin même s’il ne fut pas toujours titulaire à l’AC Milan ou à la Juventus, Gilbert Gress à Stuttgart, Didier Six lui aussi à Stuttgart et Aston Villa, Larios à l’Atletico Madrid, bien sûr Platini à la Juventus, Ginola à Newcastle et Tottenham et Cantona à Manchester United. En revanche, Wisniewski, ailier droit de l’équipe de France en 1958, ne s’est jamais fait une place dans le Calcio au début des années 60 (Sampdoria Gênes), et si J.P. Papin a fait quelques beaux matches avec le Milan AC ou le Bayern, il n’a jamais été un titulaire indiscutable. Et pourtant il avait eu le Ballon d’Or en 1991 !

Cela étant, pourquoi de nos jours autant de joueurs s’expatrient ? Réponse, parce qu’ils gagnent davantage d’argent qu’en France, surtout en Angleterre où la fiscalité est plus favorable. Mais aussi parce que nos meilleurs clubs, en partie à cause des règles qu’impose la DNCG, ne peuvent pas retenir les joueurs. On le voit actuellement avec l’Olympique de Marseille et l’Olympique Lyonnais, qui sont dans les trois premiers de notre championnat, et qui ne songent pour le moment qu’à dégraisser leur effectif, quitte à sacrifier le championnat. Après tout, en étant sur le podium du championnat de Ligue1, on peut participer à la Ligue des Champions, comme le champion. A ce propos, on s’aperçoit que le titre remporté par Montpellier l’an passé ne lui a pas porté chance, s’avérant même un cadeau empoisonné, car, outre le fait de voir ses meilleurs joueurs quitter le club, cela n’a pas réellement permis au club héraultais de s’enrichir, malgré la manne reçue de la qualification en Ligue des Champions. Tout juste si cela lui a permis d’assurer  financièrement sa saison, mais il a fallu ajouter à cette manne les ventes  de Giroud et de Yanga-Mbiwa, deux des joueurs majeurs de l’équipe championne l’an passé.

En fait , sans vouloir être arrogant, Montpellier a eu une chance énorme en 2011-2012, comme peut-être Lyon ou Marseille cette année, à savoir d’une part la faiblesse de notre championnat malgré son homogénéité, et d’autre part le fait que chaque équipe qui joue contre le PSG dispute le match de sa saison…quitte à s’effondrer lors du mach suivant. C’est encore plus le cas au cours de cette saison, comme on a pu le constater en Coupe de la Ligue avec l’AS Saint-Etienne, qui a eu de grosses difficultés à digérer sa qualification contre  le PSG, ou encore celui du Stade Rennais qui s’est fait battre chez lui par Evian-Thonon après avoir battu le PSG en terminant le match à neuf, , sans oublier Ajaccio qui après avoir tenu en échec le PSG au Parc des Princes n’a pu faire que match nul contre Valenciennes. Et oui, une telle débauche d’énergie et d’adrénaline contre les stars parisiennes suffit parfois à faire trébucher le PSG, ce qui ne peut que profiter à ses adversaires directs, et faire imaginer à certains  que l’OL ou l’OM peuvent lutter avec les Parisiens, comme Montpellier l’an passé.

Cela dit, comme le faisait remarquer Ginola dans la rubrique sport du site d’Orange, il est quand même désolant de voir Rémy, international français, être vendu par l’OM beaucoup moins cher qu’il a été acheté…au dernier de la Premier Ligue. Oui, tout cela est bien triste, et c’est la raison pour laquelle je trouve débile les commentaires sur la richesse du PSG, grâce à l’argent des Qataris. Que préfère-t-on, entre avoir un championnat équilibré, mais faible, avec une dizaine d’équipes qui se valent sans qu’une ne se détache réellement , ou bien un championnat avec une figure de proue comme le PSG, capable de lutter sur le plan économique et sportif avec les plus grands clubs européens ? Pour ma part j’ai choisi, et j’espère que le PSG ne sera pas le seul club a bénéficier de l’argent d’un très gros investisseur, ce qui amènerait  notre championnat à un niveau que nous n’avons sans doute jamais connu. Et c’est tout notre football qui en profiterait.

Michel Escatafal


J.M. Aulas, un président un peu trop supporter

J.M. Aulas« Il y a une règle qui veut que dans le doute on s’abstient. Donc à la place d’Anthony Gautier, j’aurais pris la même décision. On n’a pas la certitude qu’il y a un geste intentionnel. On voit Zlatan qui saute au-dessus de Lovren, il retombe sur son visage, mais il faut vraiment être dans sa tête pour répondre à cette question. C’est très difficile à juger ». Voilà une phrase, relevée sur le site web d’Eurosport, de l’ancien arbitre international Joël Quiniou, qui devrait clore cette affaire Ibrahimovic-Lovren, qui n’en est pas une pour deux raisons : la première parce que Lovren a pu continuer le match sans problème, et la deuxième, qui en découle directement, est que cette action d’Ibrahimovic n’a en aucun cas changé la physionomie du match entre le PSG et l’Olympique Lyonnais.

Ce qui est le plus gênant dans cette histoire, c’est que le président lyonnais, J.M. Aulas, donne l’impression d’essayer de faire suspendre Ibrahimovic pour  quelques matches, ce qui est sans doute le seul moyen pour que le PSG puisse laisser échapper un titre de champion de France qui lui semble promis. La preuve en a d’ailleurs été apportée après la suspension pour deux matches du buteur parisien après un match contre Saint-Etienne, qui a coïncidé avec le début de la mauvaise période du PSG fin octobre-début novembre. Fermons la parenthèse pour ajouter que la réaction de J.M. Aulas est un peu « minable », pour employer un terme à la mode, et qu’elle contraste avec celle infiniment plus digne de son entraîneur, Rémy Garde, qui a l’avantage sur son président…d’avoir joué au football au plus haut niveau. Bref, J.M. Aulas s’est comporté comme un supporter ou un forumer de base, avec tout ce que cela peut comporter comme bêtise et démagogie.

Si j’écris cela, c’est parce qu’après le match, en écoutant l’After sur RMC avec D. Riollo et R. Coubis, cet épisode opposant Lovren et Ibrahimovic a été à peine évoqué. En effet, les deux principaux intervenants de l’émission se sont surtout penchés sur le fait que Rémy Garde n’avait opéré aucun changement, ni tactique ni chez les joueurs, alors que l’O.L. était mené 1-0 et que finalement avec ce dispositif à cinq défenseurs, les Lyonnais avaient certes contrarié le PSG, mais ne s’était procuré qu’une seule occasion de but (tir sur le poteau de Lisandro). Ils avaient d’autant plus raison qu’en deuxième mi-temps Sirigu, le gardien parisien, n’a quasiment rien eu à faire, alors que Vercoutre, le gardien lyonnais, a dû sortir à plusieurs reprises le grand jeu, plus un zeste de chance (tir sur le poteau de Jallet), pour éviter à son équipe un score beaucoup plus lourd. Et c’est cela qu’aurait dû retenir J.M. Aulas de cette partie, et non cette action entre Ibrahimovic et Lovren.

Certains n’hésitent pas à dire que s’il n’y avait pas eu cet incident de jeu, J.M. Aulas aurait trouvé autre chose. C’est vraisemblable, d’autant que ce dirigeant a le défaut de ne voir que les fautes adverses et jamais celles de son équipe. Quelques uns trouveront cela normal en ajoutant que c’est de bonne guerre, oubliant qu’il y a la réalité du terrain, ce qui fait la spécificité du sport. Il y a des équipes supérieures à d’autres, et à la fin c’est toujours le meilleur qui doit finir par l’emporter…ce qui n’est pas toujours le cas. L’an passé Montpellier a été champion de France, devant le PSG, à la surprise générale, les joueurs du club héraultais ayant bénéficié au maximum de l’extraordinaire détermination que mettent les adversaires du club de la capitale à le faire tomber, quitte à s’effondrer les matches suivants. Cette année nous avons le même phénomène, sans doute même accentué si c’est possible. Problème, quand on regarde où en est le PSG cette année, on s’aperçoit qu’il est en tête du championnat et qualifié pour les 1/8è de finales de la Ligue des Champions (premier de son groupe), alors que le club de Montpellier Hérault Sport Club, est à peine dans les dix premiers du championnat et éliminé de toutes les compétitions européennes.

Cela n’enlève rien au magnifique parcours réalisé l’an passé par les joueurs de l’Hérault, mais le constat est là. Il est là aussi parce que Montpellier a vendu son meilleur buteur (Giroud), qu’il n’avait pas les moyens de retenir, alors que dans le même temps le PSG faisait signer Thiago Silva, Ibrahimovic, Lavezzi et Verrati, plus Luca Moura, un des plus grands espoirs brésiliens, qui jouera à partir du mois de janvier. J’observe à ce propos que Louis Nicollin semble se féliciter de voir le PSG devenir un des meilleurs clubs européens…parce qu’il sait bien que c’est tout le football de club français qui va en profiter. Je devrais même dire le football français tout court, y compris l’équipe de France, quand on voit la dimension prise par Matuidi aux côtés de Motta, mais aussi Menez auprès d’Ibrahimovic, ou Sakho avec Thiago Silva. Comment des joueurs aussi doués ne se bonifieraient-ils pas auprès de footballeurs comptant parmi les tous meilleurs de la planète.

Je pense qu’au lieu d’essayer de vouloir jouer à armes égales avec le nouveau PSG, ce qui est impossible vu l’énorme disproportion entre les moyens quasi illimités du PSG et ceux de l’Olympique Lyonnais (obligé de vendre quelques uns de ses meilleurs joueurs pour ses finances), au lieu aussi d’essayer d’entraver la marche en avant du club parisien en usant de ficelles éculées, J.M. Aulas devrait au contraire se réjouir de voir le PSG prendre une dimension comme aucun autre club français n’en a jamais eu dans l’histoire, parce que son club en profitera comme les autres sur le plan économique, ne serait-ce qu’au niveau des droits de télévision. Jamais en Italie, en Espagne ou en Angleterre, on a autant parlé du championnat de Ligue 1 que cette année. Quand l’Olympique Lyonnais dominait le championnat de France, à peine si l’on s’y intéressait à l’étranger. Aujourd’hui, dès qu’un joueur explose et est sur le marché des transferts, tous les regards sont tournés vers Paris, que l’on soit à Manchester, Londres, Munich, Madrid, Barcelone, Milan ou Turin. Et la prochaine arrivée de Cristiano Ronaldo au PSG ne va faire qu’accentuer le phénomène.

C’est la raison pour laquelle j’espère que cette misérable polémique suscitée par J.M Aulas s’éteindra aussi vite qu’elle s’est allumée. J’espère aussi que J.M. Aulas comprendra ce que tous ses collègues de Ligue 1 ont admis, à savoir qu’il y a la PSG et les autres dans notre football de club. Je souhaite enfin que le club de J.M. Aulas continue d’œuvrer dans l’excellence en termes de formation, parce que c’est sans doute le meilleur moyen pour qu’un club sans très gros moyens, puisse tenir son rang en France et en Europe. Après tout, quand on voit le palmarès du F.C. Porto, sans doute moins riche que l’Olympique Lyonnais, on se dit qu’on peut aussi tirer son épingle du jeu dans le football d’aujourd’hui…en jouant malin, c’est-à-dire avec de  la formation et du nez dans le recrutement. Combien a coûté Cvitanich, l’avant-centre niçois (12 buts en 16 matches depuis le début de la saison) ? 450.000 euros ! Et Benzema, vendu au Real pour une trentaine de millions d’euros, d’où venait-il ? Du centre de formation du club lyonnais. C’est comme cela que l’Olympique Lyonnais pourra devenir l’équivalent du F.C. Porto (voir mon article sur ce site intitulé Le F.C. Porto, l’exemple à suivre pour l’Olympique Lyonnais), dont j’ai appris ce matin qu’il venait de recruter le défenseur Diego Reyes (membre de l’équipe du Mexique championne olympique 2012)…que personne ne connaît, et qui est peut-être un nouveau Thiago Silva. C’est plus intelligent et plus rentable que polémiquer sur une action de jeu d’ibrahimovic! Cela dit, je dis quand même bravo à J.M. Aulas pour l’ensemble de son œuvre à la tête de l’Olympique Lyonnais !

Michel Escatafal