A qui peut-on comparer Pastore ? Angellilo, non plutôt Didi

pastoreDepuis deux matches, Javier Pastore crève l’écran…comme entre fin août et octobre de l’an passé, avant de devenir une sorte d’intermittent alternant les moments de grâce, plutôt rares, et une certaine médiocrité qui exaspérait jusque ses plus fidèles admirateurs. Un trou noir qui n’a pas fait les affaires du Paris Saint-Germain, au point que les Parisiens n’ont rien gagné l’an passé, et sont pour le moment tout juste sur le podium de la Ligue 1, ce qui fait dire à certains qu’il y a une Pastore dépendance, après nous avoir abreuvé de l’Ibra dépendance. En football, les choses vont vite, très vite, trop vite, alors que l’idéal est de travailler dans la durée tant pour le staff dirigeant que pour le staff technique. Problème, il y a des sommes très importantes en jeu, beaucoup diront même des sommes folles, ce qui ne facilite pas les choses, dans la mesure où les investisseurs paient parfois très chers leurs investissements et veulent en contrepartie un retour rapide…ce qui se justifie sur le plan économique.

Seulement voilà, le football est un sport, on peut même dire un jeu, joué par des hommes donc par essence faillibles. Même les tous meilleurs joueurs ont des périodes où ils sont moins bien que d’autres, mais, dans les plus grands clubs, le collectif est là pour compenser les difficultés passagères des stars, au point que certains en arrivent à dire des âneries du style : « Mais lui est toujours au top » !  C’est faux bien évidemment, mais au Barça de nos jours, comme autrefois au Real, une baisse de forme de Messi et ou Iniesta, ou de Di Stefano et ou Kopa, ne se voie ou ne se voyait pas trop…car il y a les autres, tous les autres, et la manière de jouer collectivement.

C’est justement ce collectif qui a manqué au Paris Saint-Germain depuis sa renaissance, grâce aux capitaux injectés par les investisseurs qataris, qu’on ne remerciera jamais assez de vouloir créer en France un club à dimension mondiale, comme l’ont toujours été depuis des décennies le Real Madrid et le F.C. Barcelone, mais aussi la Juventus de Turin, les deux Milan ou Manchester United. Tous les clubs que je viens de citer étaient déjà présent au plus haut niveau à l’époque de la naissance des compétitions européennes (Coupe d’Europe des clubs en 1955). En revanche, malgré des centaines de millions de livres englouties depuis une dizaine d’années par un milliardaire russe (Abramovitch) à Chelsea, ce club n’a réussi à remporter la Ligue des Champions que cette année. Curieusement d’ailleurs, au moment où sans doute son équipe était la moins forte depuis le début des années 2000. Cela fait partie des pieds de nez de l’histoire du football !

Et j’observe que ce club, devenu très grand sur le plan du palmarès, a eu du mal à digérer d’avoir enfin atteint son Graal. La preuve, c’est la première fois qu’un vainqueur de la Ligue des Champions est éliminé dans la phase de groupes. Cela prouve qu’il est très difficile pour un club d’arriver,  et plus encore de se maintenir au sommet, quand il n’a pas des décennies d’histoire au plus haut niveau, ce qui est le cas de Chelsea. Alors pourquoi se poser autant de questions, après seulement un an et demi d’existence, sur le nouveau PSG ? Pourquoi la presse sportive, la presse de football surtout, est-elle à ce point impatiente vis-à-vis d’un club à peine porté sur les fonds baptismaux, un club certes riche, très riche même, le plus riche aujourd’hui, mais un club monté de toutes pièces en moins d’un et demi ? Oui, pourquoi écrire tous les commentaires qu’on a pu lire suite à la défaite de Nice, alors que le Paris Saint-Germain n’était qu’à 5 points du leader lyonnais, et qu’il restait 69 points à prendre ?

Pourquoi avoir parié sur le renvoi d’un entraîneur parmi les plus prestigieux dans le monde, un entraîneur qui a tout gagné dans les clubs où il est passé, un entraîneur qui, comme je l’ai écrit dans un article précédent, était un des seuls à pouvoir attirer à Paris, c’est-à-dire en Ligue 1, des stars mondiales comme Ibrahimovic ou Thiago Silva, ce qui par parenthèse n’était jamais arrivé dans notre championnat, pas même à l’Olympique de Marseille à l’époque de Tapie (80-90) ou de Leclerc (60-70). Certains soi-disant supporters de football devraient quand même réfléchir avant d’invectiver le club parisien et son entraîneur, d’autant qu’il faut être carrément crétin et ou profondément inculte pour prétendre contester les choix techniques d’un Carlo Ancelotti. Ah les supporters, quelle mauvaise image ils donnent de la nature humaine, et cela est valable pour tous les sports !

Fermons la parenthèse, pour dire que cette fois il semble que l’entraîneur du PSG ait trouvé la formule qui convient à son équipe, et la cohésion qui va avec, seule façon pour une équipe de briller sur le plan national et international. Et cette renaissance coïncide avec le renouveau d’un footballeur extraordinairement doué, Javier Pastore, arrivé à Paris l’an passé pour une somme de 42 millions d’euros. Ah, ces 42 millions, qu’est-ce qu’ils auront pu peser sur Pastore, même si peut-être ils sont moins lourds à supporter pour le joueur que certains ne se l’imaginent. En tout cas, pour le supporter français de base, c’est presque un crime d’acheter un footballeur de 22 ans pour une somme pareille. Et oui, hélas, les habitants de notre pays n’aiment pas l’argent…du moins ils le disent ! En tout cas, même s’il ne commence que tout doucement à parler français, donc même s’il ne comprend pas tout, Pastore doit avoir autour de lui des tas de gens pour lui rappeler qu’il a coûté 42 millions d’euros, ce qui est pitoyable.

Cela dit, s’il a des détracteurs, Pastore a aussi des admirateurs, et j’en fais partie, car j’aime les artistes. Pour moi en effet, enfant né dans le rugby, Pastore me rappelle Pierre Danos, ce qui signifie qu’il est fait pour jouer merveilleusement bien du piano, mais qu’il n’est pas du tout fait pour les déménager. C’est un artiste Pastore, un joueur capable de jouer une partition où l’improvisation n’est jamais absente. C’est un merveilleux technicien, qui caresse la balle plus qu’il ne la frappe. En ce sens je me rappelle du surnom, Patte de velours,  que l’on donnait à son compatriote Angellilo, argentin comme lui d’origine italienne, et qui fut une des grandes vedettes du Calcio dans les années 50 et 60. Il n’opérait pas dans le même registre que Pastore aujourd’hui (le football non plus n’était pas le même), car c’était d’abord un avant-centre et un buteur (meilleur buteur du Calcio en 1958-1959 avec 33 buts inscrits), mais il avait cette élégance, cette gestuelle qu’ont les danseurs de tango argentins.

En fait je comparerais davantage Pastore au Brésilien Didi, le meneur du jeu de la grande équipe du Brésil, double championne du monde en 1958 et 1962. Lui aussi a beaucoup souffert de son transfert retentissant au Real Madrid en 1959…qui n’avait nul besoin de lui, même s’il était considéré comme un des trois ou quatre meilleurs footballeurs de la planète, ayant le handicap d’opérer un peu dans le même registre que Di Stefano, ce qui explique en grande partie son échec. Et pourtant c’était un génie du football, comme en témoigne ce que Pelé lui-même disait de lui : « Je ne suis rien comparé à Didi. C’est mon idole, mon modèle. Je ne lui arriverai jamais à la cheville. Les premières figurines que j’ai achetées étais des figurines de Didi ». Sinon, sur le plan de l’élégance, de la technique, de la gestuelle, on peut faire la comparaison entre Didi et Pastore. Comme le Brésilien, on a l’impression que Pastore conduit le ballon avec amour. Comme lui aussi, la balle dans ses pieds ressemble à une rose aussi belle que fragile. Autre chose, comme Didi à son époque, Pastore sait très bien que c’est le ballon qui doit courir vite et non le joueur. Simplement il faudra dans les années à venir qu’il apprenne à être simple et appliqué en toutes occasions, comme Didi savait l’être…ce qui lui permettra d’acquérir cette sérénité qui lui manque encore, et qui lui donnera la régularité dans l’excellence.

Tout cela pour dire que la manière de jouer de Pastore ne supporte pas la médiocrité…et c’est son drame. C’est pour cela que je loue Carlo Ancelotti pour la patience dont il a su faire preuve avec « El Flaco » (surnom de Pastore qui veut dire en espagnol « le Maigre »). Ancelotti, en effet, a compris que derrière cette élégance un peu provocante dans ses passes et ses coups de reins, il y avait une merveilleuse inspiration à laquelle il suffit d’ajouter un minimum de méthode pour transformer le prodige argentin en véritable chef d’orchestre. Et quand dans cet orchestre il y a des exécutants de grand talent, cela ne peut que donner des représentations de grande qualité…quand tout le monde joue au diapason. C’est la raison pour laquelle je suis persuadé que l’orchestre PSG, avec à la baguette Pastore, est capable dès cette année d’aller très, très loin en Ligue des Champions, tout en étant à même de renouveler régulièrement des prestations suffisamment solides pour s’épargner des déboires dans son championnat domestique.

Michel Escatafal


Le PSG, meilleure équipe du monde ? C’est pour bientôt !

Certains d’entre vous vont peut-être penser que j’ai trop fait la fête hier soir, en proposant un titre pareil à cet article, mais ce n’est pas le cas. Alors pourquoi écrire cela ? Tout simplement parce que tous les ingrédients sont réunis pour qu’il en soit ainsi. D’ailleurs, si l’on regarde bien l’histoire des plus grandes équipes du siècle précédent, plusieurs d’entre elles se sont bâties de la même manière que le Paris Saint Germain F.C. version qatarie. Certes, on pourra toujours trouver des différences, parfois même très importantes d’un club à l’autre, mais dans l’ensemble Paris dispose de tous les ingrédients qui ont formé les plus grandes équipes de club de l’histoire.

Ici même j’ai souvent parlé du Real Madrid des années 50, et c’est la raison pour laquelle je ne vais pas insister outre mesure sur ce qui fit la gloire de ce club. Cela étant, comment le Real est devenu le club le plus titré de l’histoire du football ? Grâce d’abord à l’ambition de ses dirigeants, notamment un certain Santiago Bernabeu qui décida un jour de tout reconstruire dans ce club, comme sont en train de le faire les nouveaux dirigeants qataris du PSG. Le Real décida notamment la construction d’un stade digne de l’ambition de son président, l’actuel Stade Santiago Bernabeu (anciennement Chamartín), parce qu’un grand club doit avoir un grand stade à sa disposition. Le stade dans le football, c’est un peu l’église dans le village ou la cathédrale dans une grande ville, et il personnalise le club. C’est pour cela que les dirigeants qataris du  PSG ont raison de vouloir rester au Parc des Princes, en l’aménageant pour le rendre davantage conforme à leurs ambitions.

D’ailleurs tous les grands clubs européens ont leur enceinte propre ou assimilée, chacun des supporters de football connaissant le Nou Camp (Barça), Old Trafford (Manchester United), ou Guiseppe Meazza (les deux clubs de Milan), à défaut de connaître l’histoire du club. C’est la raison pour laquelle je ne vois pas le PSG évoluer au Stade de France, trop éloigné du cœur de Paris…et trop impersonnel. Le public doit communier avec son équipe, surtout en Ligue des Champions où tous les matches se jouent sur des détails, ce qui pousse les joueurs à cravacher  pour parler comme Lucien Muller l’entraîneur monégasque dans les années 80, qui employait ce mot pour expliquer la différence de compétitivité entre les clubs français et les grands clubs européens.

Mais cravacher ne suffit pas pour s’offrir un présent et plus encore un avenir radieux, comme celui auquel aspire le PSG. Il faut en effet autre chose, à commencer par avoir un grand entraîneur pour diriger le staff technique. Or, justement, avec Carlo Ancelotti, qui figure parmi les meilleurs techniciens dans le monde du football, le PSG dispose de cette perle rare. N’oublions pas qu’Ancelotti a réussi partout où il est passé (deux fois vainqueur de la Ligue des Champions en 2003 et 2007 avec le Milan A.C. et doublé Championnat- Cup avec Chelsea en 2010), et, à ce titre, il dispose d’une aura qu’aucun entraîneur français ne peut revendiquer.

A ce propos, ce n’est pas faire injure à Antoine Kombouaré, en disant qu’il ne pouvait pas faire aussi bien qu’Ancelotti, parce que pour gagner une Ligue des Champions il faut autre chose de plus que la simple expérience de la Ligue 1. Certains me feront remarquer que José Mourinho a bien débuté un jour dans la carrière d’entraîneur, sauf qu’avant de devenir le « Spécial One », il fut l’adjoint de Bobby Robson et de Van Gaal au Barça, puis entraîneur de Benfica avant d’arriver au F.C. Porto, avec qui il allait gagner sa première Ligue des Champions (2004).

En outre, ce que les ignorants des affaires du football oublient, c’est que pour faire venir des grands joueurs dans un club, y compris en y mettant le prix, il faut des dirigeants et un entraîneur qui en  imposent. En écrivant cela, je pense évidemment à ce que je lis ça et là sur les forums des journaux, certains disant qu’Ancelotti n’a pas fait mieux que Kombouaré…ce qui reste à démontrer, même si le PSG a échoué de très peu dans sa quête du titre de champion de France, Montpellier remportant le titre avec énormément de réussite. Fermons la parenthèse, pour noter que le PSG n’a pas réussi cet hiver à faire venir quelques très grands joueurs pourtant sur le retour, Beckham, Kaka, ou des joueurs encore en devenir, Pato, parce que le PSG et la Ligue 1 n’étaient pas assez attractifs à leurs yeux. Or cet été, le PSG est devenu le club phare dans le monde en matière de transferts…grâce à la présence d’Ancelotti auprès de Leonardo, lui aussi très connu sur le plan européen.

Résultat, le PSG a fait signer l’un des trois meilleurs attaquants du monde, Ibrahimovic, mais aussi le meilleur défenseur, Thiago Silva, sans oublier le futur meilleur joueur de la planète, Verratti, et un des plus grands espoirs brésiliens, Luca Moura, ces joueurs venant s’ajouter à quelques autres de très bonne notoriété comme Lavezzi ou Van der Wiel. Tout cela permettant au PSG d’avoir d’ores et déjà une ossature qui fait rêver, avec un des tous meilleurs gardiens européens, Sirigu, un jeune argentin qui promet énormément, Javier Pastore, plus quelques valeurs sûres comme Thiago Motta, Néné, Alex, Sissoko, qui s’ajoutent aux internationaux français complétant l’effectif comme Jallet, Matuidi ou Ménez. Et en citant ces noms, je ne parle que de ceux qui sont peu ou prou toujours sur la feuille de match.

Alors que manque-t-il au PSG pour qu’il devienne la meilleure équipe européenne ? Peu de choses, une fois que tous ces joueurs formeront une véritable équipe, autour de l’épine dorsale composée de Sirigu, Thiago Silva, Verratti, Pastore ou Moura et Ibrahimovic. Peu de choses…et beaucoup à la fois, dans la mesure où pour franchir le dernier pas le rendant irrésistible, il faudra sans doute ajouter à l’effectif du PSG un joueur comme C. Ronaldo. Viendra-t-il finalement au PSG, comme certains l’ont susurré ces derniers jours ? Je parie que oui, et même que cela se fera plus vite qu’on ne le pense…pour la simple raison que seuls les qataris peuvent se permettre en cette période de crise économique mondiale d’investir la somme à nécessaire pour attirer un joueur comme C. Ronaldo. Ce sera pour la saison 2012-2013, et là qui peut oser dire que le PSG ne sera pas la meilleure équipe du monde ?

Et qui empêchera le PSG d’être le nouveau Real des années 50 (Santamaria, Kopa, Di Stefano, Puskas, Gento), le nouvel  Inter de Milan des années 60 (Facchetti, Picchi, Mazzola, Suarez, Corso), le nouvel Ajax du début des années 70 (Krol, Haan, Neeskens, Rep, Cruyff, Keizer), le nouveau Bayern de Munich juste après (Maier, Beckenbauer, Breitner, Hoeness, Muller), le nouveau Milan A.C. du début des années 90 (Maldini, Rijkaard, Gullit, Van Basten…et Ancelotti), ou le nouveau Barça des années 2000 (Puyol, Piqué, Xavi, Iniesta, Messi, Eto’o, Henry), pour ne parler que des équipes qui ont dominé outrageusement leur époque et qui nous ont fait rêver ? Reconnaissons que ce serait un merveilleux cadeau offert par les investisseurs qataris au football français, celui-ci ayant dû se contenter jusque-là des miettes du festin européen  avec 1 victoire pour  l’O.M. et 5 finales en C1(13 victoires pour l’Espagne) , plus une victoire du PSG et 2 finales en C2 (8 victoires pour l’Angleterre), et 4 finales en C3 (9 victoires pour l’Italie).

Et oui, jusqu’à présent nos clubs ne faisaient pas le poids face aux Britanniques, aux Allemands, aux Espagnols, aux Italiens, aux Portugais, aux Néerlandais. Pour mémoire, entre 1964 et 1974, la France n’a obtenu comme meilleurs résultats que deux places de quart de finaliste dans les 3 coupes européennes. Et nous ne faisons guère mieux depuis l’an 2000, avec une place de finaliste en Ligue des Champions (A.S. Monaco en 2004) et dans la Coupe de l’UEFA (O.M. en 2004) devenue Ligue Europa, ce qui est peu, très peu.  Il est temps que ça change, ce qui nous incite à crier : Allez le PSG !!!

Michel Escatafal


Cristiano Ronaldo au PSG : un rêve éveillé?

Apparemment, si l’on en croit les médias espagnols, Cristiano Ronaldo n’est pas très bien dans sa peau au Real Madrid, club auquel il appartient depuis trois ans, et pour lequel il a marqué 151 buts en 149 matches, ce qui est tout simplement extraordinaire. Mais pourquoi a-t-il le spleen ? Ne gagne-t-il pas assez d’argent ? Certainement pas, même s’il pourrait en gagner davantage dans un club aux moyens encore supérieurs au Real Madrid, comme Chelsea, Manchester City ou le PSG. Craint-il de ne plus remporter de nouveaux trophées en jouant en Espagne, pays en proie à de grandes difficultés, où la population est de moins en moins encline à tout accepter des statuts spéciaux accordés au football ou aux footballeurs ? Je ne pense pas, car le Real continue à dépenser sans compter en termes de transferts et envisage de recruter le milieu gallois Bale, pour 55 ou 60 millions d’euros, sans compter le refus de céder Kaka…quitte à le laisser dans les tribunes. Alors pourquoi Cristiano a-t-il du vague à l’âme, alors qu’il aurait a priori tout pour être heureux ?

Voilà une question qui ne manque pas d’agiter le landernau du football, sport où tout ce qui concerne les meilleurs joueurs est disséqué au moindre signe d’humeur, qu’il s’agisse de bonheur ou de malheur. D’ailleurs, dans la presse espagnole, ce spleen du crack portugais est considéré comme « une bombe », d’autant que le joueur lui-même avoue qu’il est triste pour une raison qui tient à son métier, ajoutant que dans le club on sait pourquoi. Et c’est cela qui semble faire peur aux aficionados du Real Madrid, car si Cristiano avait des velléités de quitter le club ce serait au détriment des ambitions du Real Madrid, non seulement en Liga, mais surtout pour la Ligue des Champions, but suprême à atteindre pour les équipes de club européennes. En effet, quelle que soit la qualité des Xabi Alonso, Ramos, Ozil, Higuain, Di Maria, Modric ou Benzema, Cristiano Ronaldo c’est la classe au-dessus. C’est même le seul joueur à tutoyer les étoiles de l’univers footballistique, contrairement par exemple au grand Real des années 50, où à côté de Di Stefano il y avait aussi Kopa, Puskas, Gento ou Santamaria, lesquels figuraient tous parmi les tous meilleurs à leur poste. Contrairement aussi au Barça d’aujourd’hui, où Messi est épaulé par Iniesta, Xavi, Fabregas, Piqué ou Puyol.

Certains pensent que C. Ronaldo en a assez d’être régulièrement devancé, depuis 2009, pour l’attribution du Ballon d’Or par Messi ou encore Iniesta, comme ce fut le cas la semaine dernière pour un des multiples trophées individuels que s’est inventé le football ces dernières années. Si je dis cela, c’est parce le lauréat du  prix du  meilleur joueur de l’UEFA de la saison passée est Iniesta, joueur dont on peut dire qu’il est aux antipodes de Cristiano Ronaldo, pour son comportement sur et en dehors du terrain. Autant l’un, Iniesta est simple, discret et sait faire preuve d’humilité, autant l’autre, C. Ronaldo, fait montre d’un ego surdimensionné, estimant que le monde entier l’envie parce qu’il est « riche, beau et grand joueur ». Curieux qu’il n’ait pas osé ajouter intelligent, même si c’est un adjectif qui ne convient pas toujours aux supporters du football, comme en témoignent les commentaires que l’on peut lire sur les forums des sites web des journaux français et espagnols. En tout cas, ce n’est apparemment pas le fait d’être devancé par Messi ou Iniesta pour l’obtention de ces trophées qui gêne le plus l’attaquant portugais, puisque lui-même affirme le contraire, ce que je veux bien croire.

Le plus amusant dans cette affaire, qui n’en est pas une, est que C. Ronaldo manifeste sa mélancolie…en ne célébrant plus les buts qu’il marque. Pour ma part, je n’y aurais vu aucune malice, dans la mesure où il marque tellement de buts qu’il est peut-être quelque peu blasé. Et bien non, ce n’est pas cela, car Cristiano aime toujours autant marquer des buts, ce qui est l’essence même du football pour un attaquant. Donc le mal est plus profond, mais C. Ronaldo se refuse obstinément à dire pourquoi aux journalistes et à ses fans. Comportement un peu puéril on en conviendra, mais qui démontre qu’il ne suffit pas d’avoir le talent, la gloire et la fortune pour être heureux. D’ailleurs, comme le souligne la presse espagnole, quand « C. Ronaldo n’est pas en colère, il est triste ». Et cela l’amène à polémiquer inutilement sur et hors du terrain, à vociférer contre les arbitres qu’il ne cesse de brocarder, sans parler de ses simulations dès qu’il est contré sur la pelouse, ce qui lui arrive de temps en temps…comme cela arrive à Messi ou Iniesta, et comme cela est arrivé à Pelé, Kopa, Di Stefano, Eusebio, Cruyff, Platini, Maradona, Van Basten,  l’autre Ronaldo ou Zidane, pour ne citer qu’eux, sans pour autant donner constamment une image d’enfants gâtés.

Reste une hypothèse, que certains jugeront hardie, mais qui est tout à fait plausible, à savoir l’envie de CR7, comme on l’appelle souvent dans le milieu du foot, d’aller voir ailleurs qu’à Madrid. Mais où un tel joueur, un tel prédateur de défenses, un tel buteur, pourrait-il aller jouer ? Qui pourrait se payer Cristiano Ronaldo ? Pour ma part, je ne vois qu’un club : le Paris Saint-Germain, et je m’en explique. Tout d’abord il est impensable que C. Ronaldo rejoigne le Barça, pour la simple raison qu’une association avec Messi est impensable, les deux joueurs évoluant dans le même registre. Certes, comme je l’ai souvent fait remarquer sur ce site, Di Stefano et Kopa ont bien cohabité pendant trois ans avec succès au Real (1956-1959), mais c’était parce que Kopa avait accepté de jouer au poste d’ailier droit, laissant à Di Stefano le rôle de meneur de jeu…tenu par Kopa seulement en cas d’absence de celui que l’on appelait la saeta rubia (en français la flèche blonde) », clairement désigné par les dirigeants comme le numéro un, Kopa étant le numéro deux.

Si C. Ronaldo ne peut pas aller jouer ailleurs qu’au Real en Espagne, il est vraisemblable aussi qu’il n’ait pas envie de retourner en Angleterre, car il y a déjà joué pendant six ans, à Manchester United, qui l’a recruté alors qu’il avait 18 ans. Pourquoi retournerait-il en Angleterre, et pour jouer où ? Certes plusieurs clubs, notamment Chelsea ou Manchester City comme je l’ai dit précédemment, auraient les moyens de s’offrir C. Ronaldo, mais ce dernier est un pur latin et la vie en Angleterre ne correspond plus forcément aux désirs d’un homme aujourd’hui âgé de 27 ans, qui, en outre, n’aurait que des challenges à relever qu’il a déjà connus  dans le passé. En revanche Paris c’est magique, parce que c’est…Paris, la ville lumière, parce que le Paris Saint-Germain est en train de monter un grand projet, avec de grands joueurs, pour réussir le défi de remporter dans les trois ans à venir la Ligue des Champions. En outre, même avec la présence au club d’Ibrahimovic ou Thiago Silva, vedettes mondialement connues, même avec l’arrivée récente et à venir d’espoirs de grande envergure comme Verratti ou Luca Moura, C. Ronaldo resterait la star…quitte à partager un peu ce rôle, ce qui lui enlèverait une pression qui doit parfois être insoutenable au Real.

Oh certes, on va me dire que je rêve éveillé, mais mon intuition et ma connaissance de l’histoire du football  me disent que c’est une hypothèse tout à fait envisageable, étant entendu que la question du montant du transfert n’est pas vraiment l’obstacle le plus difficile à franchir. Et si le PSG devient champion de France cette année, et brille en Ligue des Champions, je suis persuadé que l’hypothèse d’une arrivée de C. Ronaldo au PSG est loin d’être farfelue. Il aurait en plus l’avantage d’évoluer presqu’en famille, compte tenu de l’importance de la colonie d’origine portugaise en région parisienne. Enfin, il s’affirmerait définitivement comme un des plus grands joueurs de l’histoire, s’il parvenait à rendre effective la réussite au plus haut niveau du projet du club de la capitale française, une réussite tellement souhaitable pour tout le football français. Un football qui, je le répète, accumule les échecs dans les diverses compétitions européennes depuis tant d’années, au point d’être classé au sixième rang du classement UEFA, derrière l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne…et le Portugal.

Michel Escatafal