Une raclée ? Oui, mais c’est ce qui pouvait nous arriver de mieux

bleusComme l’a écrit Eurosport : «  Du mental, de la ressource et du talent, ces Bleus-là sont exceptionnels ». Ah, j’oubliais de préciser qu’on parlait des volleyeurs, champions d’Europe après avoir remporté la Ligue Mondiale il y a quelques mois, ce qu’on aurait aussi pu dire des handballeurs et même à un degré moindre des basketteurs. Et curieusement on parle beaucoup moins d’eux, que de nos rugbymen…qui ne sont même plus bleus, mais rouges de honte. Et pourtant, notamment pour les handballeurs et plus encore pour les basketteurs, ce sont des stars planétaires, ce que ne sont pas les joueurs de rugby français. Désolé, mais on connaît plus dans le monde Parker ou Diaw, ou encore Karabatic que Dusotoir ou l’inévitable Morgan Parra qui, tel que c’est parti, finira sa carrière avec 150 sélections. Les sélectionneurs passent, notre rugby est en train de trépasser, mais Parra survit à tout. Et comme il a à peine 27 ans, il faudra sans doute attendre 2023 pour le voir prendre sa retraite.

Pourquoi encore une fois évoquer le cas de Parra, me direz-vous ? Parce que c’est le symbole de notre rugby à l’échelle mondiale, à savoir un bon demi de mêlée, un très bon buteur, et c’est tout. Mais alors pourquoi Lièvrement et Saint-André ont toujours pensé à lui depuis 8 ans ? Parce qu’il représente l’archétype du joueur français, tel que le veulent les sélectionneurs. Il ne risque pas de sortir du lot par ses capacités physiques ou techniques, mais il est considéré comme très important pour ses avants qui voient en lui un petit chef à la fois filou et autoritaire. Une sorte de Fouroux, le charisme en moins. Problème, tout cela est très insuffisant pour le rugby d’aujourd’hui au plus haut niveau, où dominent la technique, mais aussi la puissance et la vitesse, deux atouts que Parra n’a pas et n’aura jamais. Et pourtant on le sélectionne qu’il soit bon ou mauvais, ce qui fait de lui un handicap pour tout autre demi de mêlée, fut-il meilleur que lui, parce que cet autre numéro 9 sait qu’à la moindre pénalité manquée ou à la moindre erreur il perdra sa place…au profit de Parra. Il suffit d’ailleurs de constater ce qui s’est passé après le match contre l’Irlande pour s’apercevoir que Parra est sans doute le joueur le plus incontournable aux yeux des sélectionneurs, mais aussi, plus curieusement, des journalistes. Contre l’Irlande, il y a dix jours, Tillous-Bordes (demi de mêlée de Toulon) a réalisé une partie indigne du haut niveau international, même avec l’excuse de jouer derrière un pack balloté.  Il a donc été remplacé bien avant l’heure de jeu par Parra, lequel a été encore plus mauvais, ratant quasiment tout ce qu’il entreprenait. On aurait dit un enfant perdu dans un jeu d’hommes.

Résultat, pour affronter les All Blacks surpuissants, au lieu de faire jouer Kockott, on sélectionne de nouveau Parra pour soi-disant améliorer le niveau de l’équipe et pour ses qualités de buteur, ce qui témoigne d’ailleurs de l’état d’esprit du sélectionneur. Il fallait défendre et mettre les pénalités qu’on ne manquerait pas d’avoir si les All Blacks étaient contrés. Cela a marché au début du match…sauf que Parra a manqué une pénalité facile d’entrée. Or si Parra n’est pas fiable comme buteur, il ne sert à rien. La preuve, même Rugbyrama, qui pourtant ne figure pas parmi ses détracteurs, l’a trouvé d’une incroyable lenteur, au point de reconnaître que Kockott en dix minutes a montré plus de choses que Parra en soixante-dix. Le site de rugby aurait même pu ajouter que Kockott est rentré au moment où le XV de France prenait l’eau de toutes parts, à commencer par notre paquet d’avants complètement à la rue.

Désolé de parler une fois encore de Parra…pour le critiquer, mais hélas, et je le regrette profondément, il n’a pas le niveau d’un grand demi de mêlée, alors que notre pays en a eu tellement avec ses Dufau, Danos, Lacroix, Astre, Barrau, Gallion, Berbizier, Galthier ou Elissalde. Problème, si on sélectionne Parra plus qu’on n’a jamais sélectionné les grands demi de mêlée du passé, c’est parce qu’on a oublié que notre pays est celui qui a toujours été capable jusqu’en 2007 de battre n’importe qui, parce qu’il avait dans ses rangs des joueurs hors-normes. Et nous n’en avons plus, du moins parmi les joueurs qui sont régulièrement appelés en Equipe de France. Cela signifie-t-il que le réservoir est tari ? Je ne crois pas, mais les joueurs opérant en Equipe de France semblent se comporter comme des robots, ne prenant aucun risque, se contentant de défendre et de pousser fort en mêlée pour les avants. Et cela, au moment où toutes les grandes équipes, jouent un rugby très ouvert, envoient du jeu comme on dit, dans le but de marquer plus d’essais que les autres, les buteurs servant surtout à transformer les essais, comme au rugby à XIII. Voilà le drame du XV de France, et voilà comment il a pris plus de 60 points contre les All Blacks, après avoir été battu 24-9 par les Irlandais, ce qui n’était pas cher payé, tellement le XV de France avait paru impuissant.

On comprend pourquoi, après quatre ans d’errements, le bilan de Philippe Saint-André est extrêmement négatif, avec 20 victoires, 2 nuls et 23 défaites, dont quelques grosses raclées, sans parler du classement de la France sur les quatre derniers Tournois des six Nations (4e, 6e, 4e et 4e). Cela d’ailleurs ne l’empêchait pas de proclamer haut et fort qu’on visait le titre mondial, surtout après trois mois de préparation qui devaient suffire à gommer les imperfections de son équipe. Problème, même en gravissant les cols les plus escarpés, même en soulevant des tonnes et des tonnes de fonte, cela ne compensera pas le manque de classe de nombreux joueurs de ce XV de France. Et puis, les Français ne sont pas les seuls à préparer le grand rendez-vous quadriennal de la Coupe du Monde! La preuve, mis à part l’Angleterre, qui figurait dans la poule de la mort avec l’Australie et le Pays de Galles, les autres nations britanniques ont fait beaucoup mieux que le XV de France face à leurs rivaux du Sud. Rappelons-nous quand même que les Ecossais, que les supporters franchouillards considèrent comme largement inférieurs aux Français, n’ont été battus que d’un point par l’Australie, sur une décision plus que douteuse de l’arbitre, Mr Joubert. Mais si les Ecossais ont été si près de réaliser l’exploit, tout comme les Gallois face aux Sud-Africains, c’est parce qu’ils n’ont pas peur de prendre des risques, et parce que dans leur équipe il y a plusieurs joueurs capables de « jouer du piano » comme disait Pierre Danos, merveilleux demi de mêlée lors de la tournée victorieuse en Afrique du Sud en 1958, alors que chez nous il y a surtout des déménageurs ou alors des non-déménageurs qui ne savent pas jouer du piano.

Cependant pour de nombreux supporters le bouc-émissaire est tout trouvé : c’est le Top 14 et ses cadences infernales. Cela étant, est-ce la faute du Top 14 si un nombre infime de ballons d’attaque arrivent jusqu’à l’aile quand le XV de France rencontre une grande équipe. Non, si nous en sommes là, c’est parce qu’on se cantonne dans un jeu restrictif ou parce qu’on fait tomber ces ballons suite à de mauvaises passes. Est-ce la faute du Top 14 si Picamoles, pourtant un des rares à surnager samedi dernier, est l’élément qui amorce l’énorme déroute française en tombant dans le panneau de la provocation, comme un jeune de 15 ans, avec son petit coup de poing sur Mac Caw, qui empêche les Français de se rapprocher des Blacks, compte tenu de la facile pénalité à convertir, l’arbitre retournant la pénalité et infligeant un carton jaune justifié au Toulousain. Cela n’aurait rien changé sans doute, mais le constat est là. De plus des joueurs comme Gorgoze, Mafi, Sanchez et plus encore Habana, Giteau ou Mitchell, qui opèrent dans nos équipes du Top 14, ont été ou sont très bons avec leurs équipes respectives…bien meilleurs que nos « stars françaises », formées en France. Au passage, cela m’amène à dire qu’il est difficile de ne pas comprendre les présidents de clubs qui préfèrent acheter un joueur sud-africain, australien, néo-zélandais, argentin, fidjien ou samoan, presque toujours beaucoup moins cher que les joueurs français internationaux ou formés en France. Et j’ajouterai qu’on est bien content de regarder les matches en tribunes ou à la télévision avec les joueurs dont j’ai parlé, avec aussi il y a peu Wilkinson, Kelleher ou Sonny Bill Williams qui ont joué en France, et bientôt des Carter, Nonu, Vermeulen et sans doute Quade Cooper et James O’Connor, pour ne citer qu’eux. Certes certains d’entre eux ont plus de 30 ans, mais allez dire aux joueurs de l’Equipe de France que Nonu et Carter, par exemple, sont bons pour la retraite !

Ah les étrangers ! Voilà les grands mots ! En France on ne les aime pas, quels qu’ils soient, et même s’ils nous aident à avoir une très grosse équipe, comme le PSG en foot ou en handball. Cela dit, on notera que les migrants étrangers préfèrent les autres pays au nôtre. La preuve : ils veulent aller au Nord de l’Europe, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, plutôt que rester chez nous s’ils transitent par notre pays. Comme on les comprend ! Fermons la parenthèse et revenons au rugby, pour admettre que notre formation n’est plus au niveau requis pour briller à l’échelon international. Je suis persuadé qu’un Fofana, un Dulin ou un Maestri, pour citer des joueurs sélectionnés samedi dernier seraient bien meilleurs s’ils avaient toujours joué en Australie, en Afrique du Sud ou en Nouvelle-Zélande, mais aussi dans les nations britanniques. Pourquoi ? Parce que dans notre pays, royaume de ce que les Britanniques appelaient autrefois le « french-flair », on privilégie la puissance à la technique. Rappelons-nous que nombreux furent ceux qui expliquaient il y a 60 ans, qu’une des grandes forces du FC Lourdes de l’époque était précisément de répéter pendant des heures à l’entraînement les gestes de base du rugby, la passe par exemple. Comment se fait-il que les All Blacks, qui attaquent tout le temps, ne font quasiment jamais tomber le ballon ? Parce qu’ils cherchent perpétuellement la perfection, comme les Lourdais dans les années 50 ou les Montois dans les années 60.

Evidemment évoquer ces deux époques fait peut-être ringard aux yeux de certains, sauf que les valeurs travail et technique sont indissociables. Et si j’écris cela, c’est parce que je suis tellement triste en lisant les commentaires affligeants de certains ridicules supporters cocoricos et chauvins, qui évoquent…le dopage, pour justifier la supériorité des Néo-Zélandais et le fameux 62-13. Voilà,  dans notre pays, quand on n’a plus d’arguments on finit par parler de dopage. Si Pinot ou Barguil ne battent pas dans le Tour, le Giro ou la Vuelta, Contador, Froome, Quintana, Aru ou Nibali, c’est parce que les autres, tous étrangers, se dopent. Ahurissant !!! Comme si les All Blacks n’avaient que leur puissance pour battre les Français ! En fait ces All Blacks ressemblent aux « bleus » d’antan, à base lourdaise, montoise ou toulousaine ces dernières années alors que nous…Un dernier mot enfin, pour parler des remarques presqu’aussi attristantes de certains consultants de radio ou télé qui jouaient la langue de bois après la déroute,  et n’osaient pas regarder la réalité en face. Cependant ceux-là avaient une bonne excuse, parce qu’ils sont toujours dans le milieu comme joueurs ou entraîneurs ou parce qu’ils espèrent l’être un jour sans doute. Néanmoins, et c’est peut-être le plus rassurant, tout le monde reconnaissait qu’il y a un immense chantier à exécuter pour redonner des couleurs au XV de France, avant de lui rendre son lustre d’autrefois. Ce sera sans doute le travail de Novès, en espérant qu’il saura profiter de ses multiples titres pour former une nouvelle équipe avec des jeunes, quitte à ne pas obtenir le succès tout de suite, et à faire patienter sa hiérarchie, laquelle a aussi une grande part de responsabilité dans ce Waterloo. De toute façon, en misant tout sur une trentaine de joueurs avec des jeunes talents de moins de 25 ou 26 ans, encadrés par quelques anciens pas trop éloignés de la classe internationale, et en faisant preuve de continuité, il ne pourra pas faire pire que Saint-André. Toutes les grandes équipes le sont devenues de cette manière, alors que Saint-André a utilisé en quatre ans plus de 80 joueurs, dont 34 pour le Tournoi 2014 ! N’en jetons plus, car tout est consommé !

Michel Escatafal

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Et ça continue encore et encore…un match ?

XV de FranceVoilà, nous venons d’avoir la composition de l’équipe qui va devoir faire en sorte que nous sortions de la Coupe du Monde avec un minimum de dignité, ou, si l’on est optimiste, pour réussir les mêmes exploits que les équipes de 1999 et 2007, à savoir battre les Néo-Zélandais. Tout d’abord disons que l’on ne change pas grand-chose finalement par rapport à l’équipe qui a fait faillite contre l’Irlande, pour la bonne raison qu’il faut faire avec les joueurs que l’on a emmené en Angleterre. On ne pouvait guère changer 7 ou 8 joueurs comme on peut le faire dans le Tournoi des 6 Nations. Donc on va jouer sur la fierté, sur l’impossible exploit, étant entendu « qu’impossible n’est pas français », comme l’aurait dit Napoléon, lequel a pu s’apercevoir qu’on ne peut pas gagner, même si l’on est dirigé par un génie, lui-même aidé par de grands soldats, si tous les ingrédients pour la victoire ne sont pas rassemblés.

Or, justement celui qui dirige la manœuvre de cette équipe de France n’a rien d’un génial sélectionneur, pas plus que ses lieutenants. Et pourtant tous furent de grands soldats du XV de France à des époques différentes, à commencer par le sélectionneur qui, ne l’oublions pas, marqua un des essais du dernier siécle en 1991 (contre l’Angleterre à Twickenham), son acolyte, Lagisquet, participant activement à un autre des plus merveilleux essais construits par le XV de France dans sa longue histoire, en demi-finale de la Coupe du Monde 1987. Si je fais ce rappel historique, c’est d’abord pour montrer que, malheureusement, ces deux XV de France que j’ai évoqués à travers ces essais d’un autre monde, avaient dans leurs rangs des joueurs infiniment meilleurs que ceux dont dispose de nos jours le rugby français.

A cette époque, il n’y avait dans le XV de France pratiquement que des joueurs figurant parmi les meilleurs du monde, notamment dans les lignes arrières. Qu’on en juge : cinq figuraient déjà dans l’équipe vainqueur de l’Australie en demi-finale de la Coupe du Monde 1987, et ils s’appelaient Blanco, Sella, Mesnel, Didier Camberabero et Berbizier. Ensuite, les départs de Lagisquet et Charvet furent compensés par l’arrivée de Lafond et…Saint-André, qui récupéra lors de ce fameux Angleterre-France de 1991 un merveilleux coup de pied de recentrage de Didier Camberabero, ce qui ponctuait une relance de la ligne de but ou presque initiée par Blanco, lui-même aujourd’hui dans le staff de l’équipe de France. Tout cela pour dire que je n’aurai pas la cruauté de comparer les joueurs poste pour poste tellement il y a une différence de classe entre eux. Aucun joueur des lignes arrières de l’actuel XV de France n’aurait sa place dans les équipes dont je viens de parler, pas même le plus doué de tous en classe intrinsèque, Michalak, en raison de ses 33 ans. Je vais être méchant, mais qui oserait comparer Spedding à Blanco, ou pire Sella à Dumoulin ou encore plus pire si c’est possible, Parra à Berbizier. N’en jetons plus !

Et dire que c’est beaucoup sur les quatre joueurs que je viens de citer que Saint-André, ailier très supérieur en son temps à Nakaitaci ou Dulin, mise pour redonner des couleurs à l’attaque française. On comprend aisément que ceux qui connaissent un minimum le rugby, pour avoir eu un ballon dans les mains pendant quelques années, se demandent à quelle sauce notre équipe va être mangée. Je précise au passage que si je n’ai parlé que des lignes arrières, c’est parce que notre pack, s’il a récupéré de ses efforts contre l’Irlande, peut peut-être surprendre celui des All Blacks, en tout cas ne pas être outrageusement dominé. Et si c’était le cas, qui sait ce qui peut se passer, d’autant qu’un match de rugby reste un match à jouer et à gagner ?

Cela dit, reconnaissons que Saint-André aurait pu jouer son va-tout d’une autre manière en faisant rentrer des joueurs frais, mais cet homme ne veut jamais prendre le moindre risque. En écrivant cela je veux souligner le manque de logique du sélectionneur, qui n’a pas l’air de réaliser que les Néo-Zélandais sont quand même plus forts que les Irlandais. Dans ce cas, pour gagner ce match, il fallait peut-être introduire un peu de folie, et ne pas hésiter à lancer d’entrée Grosso à l’aile, Kockott à la mêlée ou Nyanga en troisième ligne. A ce propos on peut se demander pourquoi on a fait venir Grosso et ce même Kockott…pour ne pas les faire jouer. Et pourtant le match contre l’Irlande, premier match vraiment dur pour le XV de France dans cette Coupe du Monde, nous avait démontré que  Tillous-Bordes n’était pas un grand demi de mêlée, et que celui qui l’a remplacé, Parra, avait été fantomatique. Et ce n’est pas le remplacement de Bastareaud par Dumoulin qui va nous rassurer. En fait, le seul changement intéressant se situe devant, avec l’arrivée dans le XV de départ de Le Roux en troisième ligne. Au moins avec lui, comme cela aurait été le cas avec Kockott, on aura un joueur qui n’a peur de rien ni personne. La preuve, il veut « défoncer »Mac Caw. Certes ce n’est pas comme si c’était fait, mais au moins on a un guerrier dans cette équipe.

Néanmoins ces propos belliqueux, dans le bon sens du terme, ne nous empêchent pas d’être très inquiet sur le résultat, car il va falloir défendre pendant 80 minutes face à des All Blacks qui, soyons-en sûrs, vont attaquer ce match à fond, ce qui va exiger de nos joueurs une énorme dépense physique…qui pourrait nous coûter cher en fin de match, comme ce fut le cas contre les Irlandais. En outre, cette fois les Blacks ne commettront pas l’erreur de sous-estimer les Français, parce que ceux-ci ont la réputation de n’être jamais aussi dangereux que lorsqu’on ne les attend pas. Il n’empêche, même si l’on fait preuve d’un optimisme forcené, même si ceux qui croient au ciel vont faire brûler des cierges, on ne voit pas comment cette équipe pourrait battre les Néo-Zélandais.

Toutefois c’est ce que nous disions et écrivions il y a quatre ans, et la France perdit d’un point (8-7) une finale de Coupe du Monde qu’elle n’aurait jamais dû perdre…face à ces mêmes Néo-Zélandais, lesquels furent avantagés par des décisions arbitrales souvent très contestables. Ah cette fin de match haletante, avec un Trinh-Duc ébourrifant, qui avait remplacé Parra blessé par un coup de genou de Mac Caw! Au fait, il est où Trinh Duc ? A Montpellier, tandis que Parra est toujours là, même s’il a réussi l’exploit samedi dernier d’être encore plus nul que Tillous-Bordes quand il est rentré, peu après la mi-temps. On peut d’ailleurs se demander pourquoi Saint-André, qui a toujours privilégié la densité physique, n’a pas utilisé davantage Kockott ? J’arrête là, car certains vont trouver que je fais une fixation sur Parra. Ils ont tort si c’est le cas, parce que je souhaite de tout cœur la victoire du XV de France, et je maintiens que Kockott et même Machenaud sont meilleurs joueurs que Parra, et en plus eux aussi savent buter.

Michel Escatafal


L’AS Clermont Auvergne condamnée à être un magnifique perdant ?

as clermontEt si l’on parlait à nouveau de rugby, surtout après une finale de championnat de France, ou si vous préférez de Top 14, à la fois indécise et ennuyeuse, remportée par le Stade Français sur un score d’un autre âge (12-6). On se serait cru revenu à la belle époque du championnat à 64 clubs, sauf qu’à ce moment le rugby n’était pas professionnel. Ou plutôt ne l’était pas vraiment, ce qui suffit à trouver des excuses au déroulement de certaines finales, alors qu’aujourd’hui…Il est vrai que de nos jours l’enjeu prime encore plus le jeu qu’autrefois, parce qu’il y a tellement plus d’argent à la clé. Cela ne signifie pas pour autant que le rugby soit moins attractif, sauf qu’il est évidemment plus dur que quelques décennies auparavant. Certains ont même profité de la mort ce lundi, suite à un plaquage, d’un jeune joueur australien, James Ackermann, pour relancer le sujet de la violence des contacts dans ce sport. Certes les chocs d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux que l’on a connus il ya 30 ou 40 ans, mais les joueurs sont aussi mieux préparés qu’ils ne l’étaient à ces époques. En outre, des accidents il y en a toujours eu dans le rugby, par exemple en 1930, quand l’Agenais Michel Pradié, grand espoir (18 ans) du S.U. Agen au poste d’ailier, décéda peu après la demi-finale du championnat de France contre la Section Paloise, suite là aussi à un plaquage. En fait, pour aussi terrible que cela puisse être, il y a simplement une part de fatalité dans de telles circonstances, comme il y en a dans chaque accident mortel, ce qui ne devrait engager aucune polémique supplémentaire suite à ce drame. Pour autant il n’est pas interdit de s’interroger sur les multiples blessures que subissent les rugbymen professionnels, blessures dues autant à la dureté des entraînements que des matches. Par exemple, n’y-a- t-il pas trop de matches dans la saison, avec la multiplication des matches internationaux et autres tournées souvent inutiles ?

Voilà pour le préambule de ce que j’allais écrire sur cette finale de Top 14 entre le Stade Français et l’AS Clermont Auvergne, en soulignant que je ne vais évidemment pas revenir sur le déroulement du match, d’une part parce qu’il n’y a pas grand-chose à en dire, et d’autre part parce que les journaux ou sites sportifs s’en sont chargé, quitte à trouver à cette rencontre des vertus là où il n’y en avait pas ou si peu. Néanmoins tout le monde s’accorde à reconnaître que le fait pour Parra de rater deux pénalités, a priori faciles, a sérieusement compliqué l’affaire pour l’AS Clermont. En même temps, cela a confirmé ce que je ne cesse d’écrire sur ce site, à savoir que ce joueur  n’a rien d’un grand demi de mêlée, même s’il compte 54  sélections en Equipe de France.

Cela dit, comment Clermont aurait-il pu gagner ce match avec le niveau de jeu que les Auvergnats nous ont proposé ? Déjà la semaine précédente, en demi-finale contre le Stade Toulousain, l’AS Clermont s’était qualifiée dans la douleur, ce qui laissait penser que les Clermontois éprouveraient encore plus de difficultés à terrasser les Parisiens du Stade Français, lesquels venaient coup sur coup d’éliminer le plus régulièrement du monde le Racing et le RC Toulon. Et qu’on ne vienne pas nous expliquer que le RC Toulon était démobilisé après sa victoire en Coupe d’Europe, car ce serait faire injure à la fois aux joueurs toulonnais et à ceux du Stade Français.

Certes il est facile après coup de trouver aux Clermontois des excuses, par exemple les blessures de certains joueurs clés comme l’ailier Nakaitaci, les centres Fofana et Davies, sans oublier le deuxième ligne canadien Cudmore, mais un club comme Clermont devrait pouvoir composer une belle équipe malgré ces absences. Le rugby se joue certes avec 15 joueurs sur le terrain, mais dans les grands clubs les remplaçants valent souvent les titulaires. D’autres vont évoquer le rôle de l’arbitre, mais ce dernier a fait son travail le soir de la finale, et il serait profondément injuste de l’accuser d’avoir favorisé les Parisiens. Enfin je suis de ceux qui ne croient pas à la malédiction qui s’abat sur les Clermontois à chaque finale, sous prétexte qu’ils ont en perdu 11 entre 1936 et 2015 pour ce qui concerne le Bouclier de Brennus, et 2 pour la Coupe d’Europe. La preuve, ils en ont quand même gagné une en 2010 (finale du Top 14) en battant l’USAP. En outre, les plus anciens nous feront remarquer qu’ils ont aussi remporté deux fois feu le Challenge du Manoir, l’équivalent de la Coupe de France ou de la Coupe de la Ligue en football, à l’époque du rugby amateur.

Fermons la parenthèse pour noter que finalement l’ ASM  Clermont Auvergne n’a pas à avoir trop de regrets d’avoir laissé le titre au Stade Français, parce que tout simplement ce n’est pas une très grande équipe. On l’avait déjà constaté contre le RC Toulon en finale de la Coupe d’Europe, il y a quelques semaines (défaite 18-24). Est-ce pour autant une grande équipe ? Difficile à dire, même si le club auvergnant dispose de quelques joueurs de très grand talent comme le troisième ligne centre néo-zélandais Lee, l’ouvreur Brock James, hélas plus très jeune, ou l’arrière anglais Abendanon. Cela étant, reconnaissons que la charnière de cette équipe (Lopez-Parra), qui est aussi celle de l’équipe de France ( !!!), est vraiment trop faible pour qu’on attribue à l’équipe alignée lors de cette finale au coup d’envoi le label de « grande équipe ».  Lopez n’est décidément pas un grand numéro 10, tant dans son jeu au pied que comme chef d’attaque, et Morgan Parra est très loin d’avoir le niveau des meilleurs demis de mêlée qu’a connu le XV de France. C’est un constat hélas, et si j’écris cela c’est parce que je suis triste à l’idée que le ou les sélectionneurs, tous anciens joueurs internationaux, n’aient pas voulu s’en apercevoir.

Certains aussi ont été choqués de la réaction du coach clermontois (Azéma) qui affirmait après le match que cette défaite était injuste, et qu’il était fier de ses joueurs. Pourquoi non plus ne pas dire que perdre cette finale ce n’était pas la fin du monde ! Encore un entraîneur qui considère qu’une défaite peut-être magnifique ! J’exagère à peine, mais j’ai du mal à accepter ce type de réaction…que le sport français a tellement connu par le passé. Dans notre pays on ne hait pas la défaite, à commencer par les techniciens. Résultat, on forme des supporters soient fatalistes, soient haineux, parfois les deux au point d’être contents  quand un club français est battu en ¼ de finale de la Ligue des Champions de football par un club étranger (PSG-Barça). Il arrive aussi que l’on soit carrément odieux dans notre pays avec les étrangers qui battent les Français. C’est le cas dans le vélo, sport où l’on déteste par exemple Contador ou Froome…parce qu’aucun coureur français n’est capable de les battre à la régulière dans un grand tour. On est aussi odieux souvent vis-à-vis des étrangers qui jouent dans nos clubs ou en Equipe de France. Il suffit de voir comment on traite un joueur de rugby comme Kockott, sans parler des commentaires hallucinants de certains franchouillards vis-à-vis du RC Toulon et de ses stars étrangères. A ce propos, ceux-là n’ont pas fini de tousser en voyant les noms des joueurs engagés par le RC Toulon ces dernières semaines, car c’est du « très lourd »! Et pourtant tous ces gens aussi obtus que stupides devraient être heureux de pouvoir aller applaudir des stars comme Nonu, Cooper, Manoa, O’Connell ou Matt Stevens. Et bien non, ils ne sont pas contents, même si cela permet à un club français de remporter la Coupe d’Europe.  Bref, le supporter de base français est plein de contradictions, et c’est pour cela que le sport français est à sa place dans le concert mondial, et que nous sommes rarement les meilleurs dans les grands sports médiatiques. Mais, je le répète : ce supporter là est aussi à l’unisson des techniciens qui œuvrent dans le sport français.

Cela dit, revenons sur l’AS Clermont-Auvergne pour noter que chaque fois que ce club perdit  une finale, il en fut souvent le favori. Ce fut le cas en 1936 contre Narbonne (6-3), plus encore en 1937 contre Vienne (13-7), et que dire de 1970 où les Montferrandais étaient archi favoris face à La Voulte (3-0). Les dirigeants voultains à l’époque avaient même fait brûler un cierge en provenance de Verdelais (près de Langon en Gironde), parce la Vierge de Verdelais faisait des miracles, selon la croyance. Mais rien n’y fit, et tout alla mal pour les Clermontois malgré la faillite des buteurs voultains, notamment Guy Camberabero, dont un drop s’écrasa sur le poteau à la dernière minute. Et pourtant la France du rugby a-t-elle connu buteur plus précis que Guy Camberabero ? Sans doute pas, du moins avant l’apparition du tee, qui rend quand même les choses plus faciles, surtout avec un terrain aussi lourd que celui du Stadium de Toulouse le 17 mai 1970. Ceci dit, revenons à mon propos antérieur pour dire que la malchance de l’AS Clermont Auvergne aura été de tomber ces dernières années, en fait depuis 1999, contre les deux meilleures équipes du nouveau siècle, le Stade Toulousain et le RC Toulon, qui l’ont emporté sur les Auvergnats à chaque confrontation en finale, ce qui évidemment fait dire que les uns ont « la culture de la gagne » et pas les autres. Mais on peut aussi écrire que les uns étaient tout simplement un peu plus forts. En revanche cette année le Stade Français semblait avoir une « fraîcheur » qui faisait cruellement défaut aux Montferrandais, notamment ceux qui étaient censés être leurs leaders…qu’ils ne sont pas. En attendant bravo au Stade Français, qui a tout l’avenir devant lui pour retrouver un rang perdu depuis 2007. Mais il faudra battre le RC Toulon…

Michel Escatafal


Il ne reste plus qu’à aller à Lourdes…

kockottEt si l’on parlait de rugby, même si ce n’est guère réjouissant en ce moment. C’est vrai, je ne suis pas comme les commentateurs de la télévision qui arrivent à se pâmer pour un bon coup de pied par-dessus ou pour une charge qui fait avancer de 10 mètres. J’avoue même que je ne reconnais plus le rugby français, faute de retrouver ce talent imaginatif que le monde entier lui enviait. Il est vrai que j’appartiens à une génération qui apprenait à jouer au rugby en ayant bien soin de travailler sur les fondamentaux du jeu, notamment à ne surtout pas manquer une passe en attaque, ou à ne pas se débarrasser du ballon pour le donner à l’adversaire. Si l’on donnait un coup de pied de déplacement, c’était pour faire avancer l’équipe et non pas pour essayer de repousser l’adversaire le plus loin possible. Bref, vous le savez et l’avez compris, je ne me retrouve guère dans le rugby tel qu’on le pratique aujourd’hui, notamment dans le Top 14, où on joue surtout pour ne pas perdre. Mais le problème est que l’on joue aussi pour ne pas perdre en Equipe de France…et que l’on perd plus souvent qu’à son tour. La France est, ne l’oublions pas, septième nation mondiale, mais combien de nations jouent au rugby dans le monde, même si officiellement il y a 102 pays comptabilisés dans le classement officiel de l’IRB ?

Quand je dis « jouent au rugby », cela signifie que ce sport est parmi les plus importants du pays, comme chez nous par exemple. La France est septième sur douze ou treize nations qui comptent réellement, ce qui n’a rien de glorieux. Et encore j’inclus dans ces nations l’Italie et l’Argentine…qui sont surtout de très grands pays de football. La preuve, qui connaît parmi les amateurs de rugby le nom de deux ou trois clubs de ces pays ? J’ajoute aussi que, malgré tout le respect qu’on leur doit, qui peut considérer les Fidji ou Tonga comme des grandes nations ? Cela veut donc dire que la France a devant elle les trois grandes nations du Sud (Nlle-Zélande, Australie, Afrique du Sud) et les trois nations européennes qui dominent le Tournoi depuis quelques années, à savoir l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Irlande. Voilà le constat, le vrai, de notre place dans le monde : nous n’avons derrière nous comme « grande nation » historique que l’Ecosse, battue ce week-end par l’Italie, une équipe d’Ecosse que la France a battu très difficilement au Stade de France (15-8).

Ces quelques remarques doivent relativiser tout ce que l’on peut lire sur les revues ou sites web spécialisés, et les commentaires des internautes qui vont avec. Désolé si je me moque une nouvelle fois de ces derniers, mais leurs remarques sont tellement affligeantes que cela ne prête guère à sourire. La preuve, quand ils commentent les matches de l’équipe de France, ils ne parlent que des joueurs de leurs clubs. En outre, et là j’aurais tendance à rejoindre Saint-André, même si je ne suis absolument pas fan du sélectionneur, lesdits joueurs bénéficient très souvent d’une aura qu’ils n’ont pas mérité, sauf à considérer que figurer nu sur un calendrier, faire des opérations publicitaires pour telle boisson ou vêtement, est un critère de référence pour apprécier leur talent. Je sais, ce que j’écris ici fait « ancien combattant », mais reconnaissons qu’élire Talent d’or Parra après le match France-Pays de Galles relève de la fantaisie, même si samedi il a réalisé (pendant un peu plus d’une mi-temps) une prestation proche de son meilleur niveau, lequel est loin du très haut niveau international. Biggar, l’ouvreur gallois, ou l’impeccable arrière-buteur toulonnais Halfpenny méritaient beaucoup plus cette distinction, dévalorisée à jamais dans l’esprit de ceux qui savent ce que c’est qu’avoir un ballon de rugby dans les mains.

Cela dit, où va le XV de France ? C’est une question qu’on se pose depuis la Coupe du Monde 2007, que l’on aurait dû gagner. Oui, même si l’équipe de France n’a été battu que d’un point en finale de la Coupe du Monde 2011, après un parcours aussi miraculeux que triste jusque-là, la meilleure chance que nous ayons eu de remporter une Coupe du Monde fut certainement celle qui s’est déroulé en grande partie chez nous, d’autant que nos tricolores avaient éliminé à Cardiff, en quart de finale, la seule équipe qui semblait légèrement au-dessus de la nôtre. Hélas, comme souvent, notre équipe s’est faite battre par celle d’Angleterre alors que les portes de la finale semblaient grandes ouvertes. On ne va pas refaire l’histoire, mais on observera que le XV de France avait cette année-là remporté le Tournoi des Six Nations, comme l’année précédente, après avoir obtenu la deuxième place en 2005, battu seulement par le Pays de Galles qui avait réalisé le grand chelem. Tout cela pour dire que cette équipe, préparée par Bernard Laporte, avait un vécu et une permanence au plus haut niveau, en plus évidemment de disposer de quelques uns des meilleurs joueurs de la planète à leur poste (Marconnet, Ibanez, Pelous, Haridornoquy, Elissalde, Michalak, Clerc et Jauzion).

Or justement, ce qui manque aujourd’hui au XV de France, c’est d’abord cette absence de victoires contre les meilleures équipes, et le manque cruel de joueurs de niveau international. Combien de joueurs du XV de France auraient aujourd’hui leur place dans les meilleures équipes du monde ? J’ai peur de répondre, parce que je ne vois pas un seul joueur à citer, à part peut-être le meilleur Fofana. Je dis bien le meilleur Fofana, celui d’il y a deux ans ! J’aurais envie d’ajouter Dulin, mais ce dernier a souffert d’une longue absence, ce qui n’enlève rien à son talent. Ah si, j’allais oublier Rougerie…qui a 35 ans, et qui est encore dans le coup. Au fait pourquoi ne le sélectionne-t-on pas ? A cause de son âge ? Mais, lui au moins, a la classe internationale, ce qui est quand même un bon argument. Voilà, je ne veux pas jouer au sélectionneur, car tout le monde peut faire cet exercice…sans évidemment avoir tous les éléments. Il n’empêche, notre rugby ne sort plus de cracks depuis quelques années, et c’est là qu’il faut se poser des questions.

D’abord, comment se fait-il que des joueurs brillent en Top 14, le meilleur championnat de la planète, nous dit-on, et ne rééditent pas les mêmes performances en équipe de France ? Là nous sommes dans du concret, et malheureusement les réponses ne viennent pas, parce que tout simplement nous n’avons pas d’équipe dans la continuité. Encore une fois, nous allons partir à la Coupe du Monde avec une trentaine de joueurs qui n’auront que très peu joué ensemble, alors que les rivaux du XV de France (Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud, Angleterre, Irlande, Galles) joueront avec des joueurs qui opèrent ensemble depuis plusieurs années. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y aura pas une ou deux révélations de l’année, mais le socle sera là, contrairement au XV de France qui n’en a pas. Combien de joueurs ont été « consommés » depuis quatre ans? Au moins de quoi former trois équipes avec les remplaçants (81), ce qui laisse imaginer le handicap que nous allons avoir face aux meilleurs.

Et comment ceux qui jouent pourraient-ils briller, sachant qu’à leur première erreur ils vont se retrouver sur le banc des remplaçants ou non sélectionnés le match suivant. Pourquoi Parra joue à peu près toujours à son niveau (moyen) en équipe de France ? Parce qu’il est certain d’être sélectionné s’il n’est pas blessé, et donc qu’il est un des très rares à ne pas jouer avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Malheur à son remplaçant s’il rate une passe ou une pénalité ! En écrivant cela je pense à Machenaud, très bon avec le Racing depuis le début de la saison, et plus encore à Kockott qui, j’en suis certain, est le meilleur demi de mêlée que nous ayons, n’en déplaise à tous ceux (très nombreux) qui ne s’intéressent qu’à sa nationalité sud-africaine, mais on le fait jouer avec le frein à main, alors que c’est un joueur qui doit être son patron sur le terrain pour s’exprimer à son meilleur niveau. Il faut le prendre tel qu’il est, car il aime avoir des responsabilités. C’est un joueur très physique, dynamiteur de défense (genre Kelleher), qui pourrait faire le bonheur de n’importe quelle équipe, mais pas de l’équipe de France. Il n’est pas formaté pour jouer avec des systèmes cadenassés qui n’en sont pas réellement, mais qui empêchent les joueurs de s’exprimer à 100% de leurs moyens. Pire même, on ne le fait pas buter alors qu’il est un des seuls joueurs sélectionnables capable de passer des pénalités de près comme de loin (plus de 50 mètres). Pourquoi ne pas lui avoir laissé tenter une pénalité importante contre l’Ecosse tout à fait dans ses cordes ? Parce que c’était aller à l’encontre des consignes ? A croire qu’on ne voulait pas lui donner l’occasion de briller !

Alors certains vont me dire que nous étions à peu près dans la même situation il y a quatre ans, et que cela n’a pas empêché le XV de France d’aller en finale de la Coupe du Monde 2011, et d’être battu d’un seul petit point. Mais cette situation n’avait-elle pas quelque chose de miraculeux, à commencer par le fait pour les Gallois d’opérer à quatorze pendant la totalité de la demi-finale ? Curieux que personne ne retienne cela, comme personne ne retient ce que j’évoquais précédemment sur le faible nombre d’équipes compétitives dans le rugby. N’oublions qu’à une unité près, on connaît déjà pratiquement les quart de finalistes de la Coupe du Monde, vu le peu d’universalité du rugby.

Et comme si cela ne suffisait pas, on ne compte plus le nombre de joueurs français qui sont blessés. Pourquoi tant de blessures ? La faute au Top 14 ? Peut-être, car il faut reconnaître que les joueurs sont très sollicités dans notre championnat ô combien rugueux, où la qualification aux demi-finales apparaît vitale à tellement de clubs, sans parler de la descente en ProD2. Bref, notre rugby national n’a pas les moyens de son ambition, et nous allons finir comme les Anglais en football, avec des équipes de club qui ramènent des trophées européens et une équipe nationale qui ne gagne jamais rien. Cela n’empêchera pas nos dirigeants d’être contents, car les droits télés augmenteront. Et oui, on ne peut avoir en même temps le beurre et l’argent du beurre !

Autre question que les gens se posent : faut-il ou non garder Saint-André jusqu’à la Coupe du Monde? Personnellement je ne sais pas, dans la mesure où on ne connaît pas la personne susceptible de le remplacer. Pour ma part, sans être un vrai fan, je pense qu’il n’y aurait que Bernard Laporte pour ce faire. Il a l’expérience du poste, il a fait ses preuves au Stade Français et au RC Toulon, ce qui signifie qu’il a l’habitude du haut niveau. Je suis persuadé qu’en 2007, il aurait été plus efficace s’il n’avait pas été nommé ministre des Sports. La lecture de la lettre de Guy Môquet avant le premier match contre l’Argentine était une grossière erreur, de l’avis de nombreuses personnes. Elle divisait même les enseignants, c’est dire ! Et puis nous étions dans la phase finale d’une Coupe du Monde, il ne fallait pas l’oublier ! Pourquoi ne pas faire chanter aux joueurs les Roses blanches, ce qui aurait fait pleurer ceux qui n’avaient pas été sensibles à la lettre de Guy Môquet ?

Alors que faire ? Difficile à dire, sauf à laisser ce travail aux dirigeants du rugby français qui sont là pour prendre des décisions, et, tant qu’à faire, les bonnes. Il y a quand même suffisamment d’anciens grands joueurs et ou de techniciens autour de cette équipe de France pour arriver à faire quelque chose avec les joueurs sélectionnables qui peuplent le Top 14. L’ennui, et je le répète, c’est qu’on a l’impression que nos joueurs ne savent plus faire certaines choses qu’on faisait avec beaucoup de naturel il y a peu de temps. Un exemple : qui n’a pas été subjugué par les passes au pied d’un Jean-Baptiste Elissalde jusqu’en 2007 ? Combien d’essais le Stade Toulousain et le XV de France ont marqué de cette manière. Si j’ai cité J.B. Elissalde, j’aurais aussi pu citer Michalak et quelques autres qui ne me viennent pas à l’esprit. Autre chose : pourquoi les Britanniques sont-ils meilleurs que les Français pour récupérer le ballon après une chandelle ? Pourtant un Dulin, à l’image de Poitrenaud, est habituellement très fort dans cet exercice, mais plus rarement en équipe de France. Enfin, et c’est sans doute le plus grave, comment se fait-il que le XV de France fasse tomber autant de ballons à chacune de ses attaques ?

A croire que nos joueurs en sélection ne savent plus manier un ballon, ce qui est faux évidemment…et ce n‘est pas la faute de Saint-André ou Lagisquet. Mais si ce n’est pas leur faute à ce propos, leur responsabilité est engagée dans la mesure où ils n’ont pas su trouver une formation type, où les sélectionnés joueraient libérés. Au fait, combien de joueurs ont été utilisés régulièrement hors blessure depuis quatre ans ? C’est simple : il doit y en avoir à peine une demi-douzaine (Huget, Fofana, Parra, Dussotoir, Papé et Mas) sur 81 joueurs utilisés. Ne cherchons pas ailleurs les problèmes du XV de France, d’autant que tous ces joueurs ne sont pas ou plus (Dusotoir, Mas) des cracks au niveau international. L’histoire est là pour nous rappeler que le XV de France n’a jamais été aussi faible que lorsque les sélectionneurs utilisaient un très grand nombre de joueurs, les faisant de surcroît jouer à un poste différent de celui où ils jouaient dans leur club, chose que les sélectionneurs d’aujourd’hui n’hésitent pas à faire (Fofana, Huget, Médard). Un exemple ?

En 1957, les sélectionneurs firent n’importe quoi, modifiant à chaque match du tournoi leur équipe, qui plus est en formant une troisième ligne (Barthe, Celaya, Baulon) contre l’Ecosse …avec des troisièmes lignes centre, et comme si ce n’était pas suffisant, on avait même osé mettre en pilier le troisième ligne centre du Stade Toulousain, Laziès. Résultat : une cuillerée de bois dans le Tournoi. Et pourtant à cette époque notre rugby était très riche en grands joueurs : la preuve, un an plus tard la France battait les invincibles Springboks chez eux et s’imposait en 1959 dans le Tournoi des 5 nations seule, pour la première fois, avec la plupart des joueurs de 1957. Cette année marque aussi la dernière cuillère de bois du XV de France (4 défaites en quatre matches) dans le Tournoi. Cette cuillère, nous l’avons évitée en 2013, mais pas la dernière place puisque nous avons terminé le Tournoi des 6 Nations avec 3 défaites, un match nul et une victoire, en utilisant 35 joueurs. Nous n’avons fait guère mieux en 2014, puisque notre XV a fini à la quatrième place, mais avec 3 victoires et deux défaites. Et cette année ? L’équipe de France a déjà deux défaites, pour une victoire contre l’Ecosse…battue chez elle par l’Italie. Décidément ça ne s’arrange pas ! Il ne reste plus qu’à aller à Lourdes en vue de la Coupe du Monde, non pas hélas pour voir du rugby comme à l’époque des Prat, Labazuy, Martine, Lacaze, Rancoule, Tarricq, Domec, Barthe ou Mantérola, mais pour espérer un miracle !

Michel Escatafal


Nos rugbymen pourraient devenir des héros en 2015, y compris ceux qui sont nés à l’étranger

K et SAvant de parler rugby, je voudrais souligner une fois encore combien le monde du sport est plein de contradictions. Si j’écris cela c’est parce que je viens de lire sur différents sites que si Angel Di Maria n’a pas signé cet été au Paris Saint-Germain, c’est tout simplement parce qu’il lui était interdit de recruter un autre joueur après l’achat de David Luiz. C’est donc bien ce fameux et ridicule fair-play financier qui a empêché le PSG de se renforcer comme il l’aurait souhaité, pendant que le Real Madrid, le FC Barcelone ou plus encore Manchester United dépensaient des sommes folles pour se renforcer…malgré un niveau de dettes considérable, alors que le PSG n’en a pas. Et après certains nous expliqueront que le fair-play financier est une bonne chose, ce qui est vrai…pour empêcher les clubs ayant des actionnaires richissimes de concurrencer les clubs historiques, lesquels ne veulent pas partager le gâteau qui est le leur depuis des décennies. Il sera amusant de voir le résultat de la plainte formulée par certaines associations auprès du tribunal de première instance de Bruxelles, dont on ne voit pas comment il pourrait entériner ce fair-play financier tel qu’il est. Après tout, comment empêcher des gens qui ont de l’argent de l’investir dans le football…comme d’autres l’ont fait quelques années auparavant ? Ce serait d’autant plus curieux qu’en Europe on ne parle que de concurrence en matière économique. Pourquoi ce qui est valable partout, y compris pour le rail, l’eau ou l’énergie, ne le serait pas pour le football ?

Fermons cette introduction sur l’économie du sport pour parler à présent de rugby, ce que je n’avais pas fait depuis un certain temps. Il est vrai que depuis plusieurs années notre équipe de France n’avait pas de quoi enthousiasmer les foules tant au niveau des résultats que de la manière dont elle s’y prenait pour essayer de gagner ses matches, ce qui n’arrivait que très rarement face aux grandes nations du rugby. Or hier soir le XV de France a battu un des ténors du rugby mondial, deux fois vainqueur de la Coupe du Monde (1991 et 1999) et finaliste en 2003. Cette performance est d’autant plus méritoire que les joueurs français ont non seulement gagné, mais aussi réussi des actions offensives auxquelles nous n’étions plus habitués, ce qui a cloué le bec de ceux qui prétendaient que la victoire contre les Fidji (40-15) ne signifie rien, alors que les Fidjiens ont superbement résisté aux Gallois samedi après-midi (13-17). Une victoire aussi qui n’est pas dû à l’arbitrage « maison » de Monsieur Owens, lequel, malgré un match globalement correct, a fait preuve d’une certaine mansuétude vis-à-vis des Australiens, notamment sur certains placages litigieux, alors qu’il n’a pas hésité à sortir un carton jaune pour Talès, au demeurant mérité si l’on applique le règlement avec toute sa rigueur, alors que ce dernier venait à peine de rentrer en jeu.

Mais me direz-vous, comment le staff de l’équipe de France a-t-il pu rétablir aussi vite une situation que d’aucuns jugeaient désespérée il y a quelques jours, surtout en vue de la prochaine Coupe du Monde dans moins d’un an, après trois ans de tâtonnements ? Est-ce déjà l’effet Blanco, qui est venu apporter sa touche personnelle à notre équipe nationale, ce qui fait dire à certains que c’est lui le vrai sélectionneur du XV de France ? Peut-être, pourquoi pas ? En tout cas, on a l’impression que les joueurs français sont plus libérés qu’avant, et qu’ils n’ont plus peur de prendre certains risques comme ces dernières saisons, sans parler aussi de leurs progrès dans le domaine de la conquête. Autant de questions, auxquelles on aura la réponse dans le prochain Tournoi des 6 nations.

En revanche il semble certain que les sélectionneurs ont enfin trouvé les hommes qu’il fallait à certains postes, et notamment au niveau de la charnière. Il aura fallu en essayer une bonne quinzaine avant, enfin, d’en avoir une ou deux qui tiennent la route au niveau international. Certes là aussi il ne faut pas s’emballer trop vite, mais à la mêlée Tillous-Bordes et plus encore Kockott apportent ce qu’un Parra par exemple, malgré ses  plus de 50 sélections, n’a jamais pu amener au XV de France, notamment cette capacité à accélérer le jeu afin de mettre ses partenaires dans les meilleures conditions. Comme je l’ai écrit dans un article sur lui il y a presque deux ans (Parra est-il un grand demi de mêlée ? C’est surtout un remarquable buteur), le demi de mêlée clermontois est d’abord et avant tout un excellent buteur, mais cela ne suffit pas au niveau international, surtout face aux numéros 9 des grandes nations du rugby. En tout cas, en deux matches contre les Fidji et l’Australie, Tillous-Bordes et plus encore Kockott ont démontré des qualités que l’on n’a jamais connues chez Parra. Doté d’un très bon jeu au pied, Kockott est rapide, puissant, et en plus c’est un gagneur dans tous les sens du terme, un de ces demis de mêlée capable de galvaniser son paquet d’avants, surtout quand le jus commence à faire défaut. Avant-hier soir, par exemple, il a remarquablement géré la fin de match, à un moment où les Français à 14, avec Atonio blessé, étaient sur le point de craquer. En outre son pied n’a pas tremblé quand il s’agissait de passer, à plus de 40 m, la pénalité de « la gagne » à 8 minutes de la fin du match

Oui, je pense que le XV de France a peut-être trouvé ses deux charnières pour la Coupe du Monde avec Tillous-Bordes et Lopez et celle qui aurait ma préférence composée de Kockott et Trinh-Duc. Là on a l’impression que c’est du solide, avec en outre dans les deux cas un buteur aussi prolifique et régulier que Parra. Mais notre XV national a sans doute aussi retrouvé un pack qui avance, comme en témoignent ses prestations contre les Fidgi et surtout contre l’Australie. Contre les Wallabies, les Français ont été dominés au début du match en mêlée, mais ils ont vite rectifié le tir et ont fini par être dominateurs, sauf tout à fait en fin de match. Ils disposent aussi d’un alignement qui leur a permis de récupérer bon nombre de lancers en touche. Et surtout, à côté des valeurs sûres que sont Dusotoir, Papé, Maestri ou Guirado, il a su trouver des joueurs comme les Toulonnais Menini et Chiocci, sans oublier le surpuissant pilier Atonio et le troisième ligne sud-africain Le Roux, qui a fait un match énorme samedi soir. Tout ce joli monde pouvant être accompagné à la Coupe du Monde par Picamoles, Nyanga ou même Haridornoquy qui, à Toulouse, retrouve une nouvelle jeunesse. Et derrière il y a aussi du beau monde, avec les révélations de Thomas et  Dumoulin, mais aussi Lamerat, plus des joueurs confirmés comme Fofana, Fritz, Huget ou Bastareaud, sans oublier Dulin et Spedding, pour ne citer qu’eux.

Au fait, j’observe que j’ai beaucoup parlé de joueurs étrangers ou d’origine étrangère, attribut qui semble beaucoup gêner nombre de Français qui ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de Kockott, Le Roux, Atonio, Spedding, ou encore Claessen, tous nés hors de notre pays. Ah les Français, ils ont quand même du mal avec les étrangers, même si leur nom se termine par a, i ou o, ce qui signifie qu’eux-mêmes sont nés de parents ou grands-parents issus de l’immigration, pour notre plus grand bonheur. Et oui, nombre de Français sont vraiment incorrigibles, alors qu’ailleurs ça ne choque pas grand-monde d’avoir dans son équipe nationale des joueurs étrangers, y compris en Nouvelle-Zélande alors que ce pays a une pépinière très riche en joueurs de talent. Certains s’en sont émus, mais les supporters des All Blacks se sont plutôt réjouis que l’on ait sélectionné le remarquable centre tongien Malakai Fekitoa.

Cela étant, rassurons-nous, car si d’aventure les Français remportaient la finale de la Coupe du Monde en 2015 grâce à un essai en dernière minute de Spedding, transformé par Kockott, les supporters du XV de France seraient les premiers à oublier que ni l’un ni l’autre ne sont nés à Mirande ou à Bayonne. En revanche, malheur à eux si la France était éliminée en demi-finale par la faute d’un coup de pied contré. Je vois d’ici les forumers s’insurger sur le fait  d’avoir sélectionné ces joueurs formés à l’étranger, au détriment de joueurs nés à Lavelanet ou Castelnaudary. Que tout cela est triste ! C’en serait même risible, si cela n’avait pas des relents de chauvinisme exacerbé. Heureusement mes parents ne m’ont pas élevé de cette manière, ce qui fait que mon rugbyman préféré s’appelle S.B. Williams suite à la retraite de Wilkinson, mon coureur cycliste préféré est Alberto Contador, mon pilote de Formule 1 favori est Kimi Raikkonen malgré son problème de train avant cette année sur sa Ferrari et pour le football c’est Pastore. Ah j’oubliais, même si je ne connais rien au basket, j’ai une énorme admiration pour Tony Parker, notre emblématique basketteur NBA, né à Bruges (Belgique), fils d’une mère néerlandaise, d’un père américain et marié à une française. En somme un vrai représentant d’une grande partie de la population de notre pays. J’espère qu’à Rio de Janeiro, aux J.O. 2016, ce sera notre porte-drapeau, car nul n’a davantage l’amour du maillot bleu frappé du coq que lui.

Michel Escatafal


Doussain et Picamoles : ça ressemble un peu à Gachassin et les Boni en 1966

DoussainPicamolesAvant de parler rugby, je voudrais dire deux mots à propos de deux informations récentes qui m’ont interpellé, à savoir le fait que le xénon (gaz rare) soit un produit dopant efficace et indécelable…depuis plus de dix ans, et la victoire de Pervis aux championnats du monde de cyclisme sur piste qui se déroulent en ce moment à Cali. Parlons d’abord de ce fameux xénon qui fait la une de l’actualité sportive depuis la fin des J.O. de Sotchi, en notant qu’après dix ans d’applications plus ou moins prouvées, l’Agence mondiale antidopage (AMA) commence (enfin !) à s’y intéresser de près. Cette même AMA qui fut si prompte à condamner Contador à deux ans de suspension pour quelques traces de clembutérol dans ses urines, alors que le xénon est infiniment plus puissant comme dopant, sans le moindre risque d’être pris par la patrouille antidopage.

Certes, je suis supporter de Contador, mais qui peut croire que le Pistolero aurait été assez naïf pour prendre sciemment un produit interdit et très facilement détectable, alors qu’il avait à sa disposition le xénon qui est indécelable. A moins qu’il n’ait pas eu connaissance du xénon…qui doit toutefois ne pas être un produit inconnu dans le peloton, même si son application doit être extrêmement pointue à mettre en œuvre, sauf à prendre de gros risques pour la santé des coureurs. En tout cas, voilà une preuve de plus que dans le sport les contrôles ont toujours un train de retard sur les nouveaux produits, ce qui n’empêche pas le cyclisme (seul sport à agir ainsi) de changer constamment les palmarès des courses et de jeter l’opprobre sur ses champions.

Pour quel bénéfice ? Aucun, si j’en crois le nombre de réactions chez nous  suite à la victoire cette nuit de Pervis, pourtant un de nos plus grands champions, tous sports confondus. Pauvre vélo, qui ne cesse de s’infliger des blessures d’autant plus mortelles que cela ne fait que le discréditer un peu plus aux yeux des instances sportives, au point de voir le CIO en faire une variable d’ajustement pour son programme olympique, alors que le vélo est une discipline historique des Jeux Olympiques. Cela dit, passons à autre chose et parlons rugby, autre sport où son fonctionnement depuis l’apparition du professionnalisme est presque aussi attristant que celui du cyclisme.

En France on a coutume de dire qu’il y a au moins cinquante millions de sélectionneurs pour ce qui concerne le XV de France, ce qui est valable aussi pour d’autres sports, notamment le football. C’est toujours la même chose, chaque fois qu’il y a une rencontre internationale ou une Coupe du monde qui se profile à l’horizon, tout le monde fait son équipe et souhaite bien évidemment qu’elle corresponde à celle du sélectionneur. Je voudrais quand même en profiter pour dire que le sélectionneur est payé, très bien payé même, pour faire son équipe, avec en outre des éléments techniques que nous n’avons pas. De plus, du moins on pourrait le penser, le sélectionneur a tout intérêt à composer la meilleure formation possible, parce que son maintien dans le poste peut en dépendre, même si dans le cas de Saint-André on a du mal à imaginer que son bail aille au-delà de la prochaine Coupe du Monde…à moins de la gagner, ce qui paraît inconcevable aujourd’hui.

Or la Coupe du Monde c’est l’année prochaine, et le moins que l’on puisse dire est que nous ne la préparons pas comme nous devrions le faire en tant que grande nation de rugby. Oui, j’ai bien dit grande nation de rugby, parce que la France compte un nombre considérable de joueurs licenciés (un peu moins de 300.000), en comparaison avec la Nouvelle-Zélande (145.000) ou l’Australie (200.000). Certes nous sommes loin de l’Angleterre (plus de 700.000), ou de l’Afrique du Sud (plus de 450.000), mais nous nous situons à la troisième place dans le (petit) monde du rugby, ce qui n’est pas rien.

Cela dit, parmi les cinq pays que je viens de citer, la France est la seule nation à ne pas avoir remporté la Coupe du Monde, ce qui démontre que quelque chose ne tourne pas rond dans notre rugby national. Et ce n’est pas nouveau, car à part quelques périodes fastes comme le sport français en général sait en avoir de temps en temps, le XV de France a rarement été au rang où il devrait être compte tenu du nombre de joueurs opérant dans notre pays. Compte tenu aussi du fait que le Top 14 est sans doute le meilleur championnat au monde, réflexion qui va peut-être en agacer certains, les mêmes affirmant que cela peut-être un handicap pour l’équipe de France en raison du nombre considérable de joueurs étrangers opérant dans notre pays, et pas seulement dans le Top 14.

Mais il n’y a pas que cela, à commencer par la très mauvaise gestion de ce Top 14. Sur ce plan le rugby français est resté très amateur, et pas du tout professionnel. La preuve, un club comme le Stade Toulousain, plus grand club français de l’histoire de notre rugby, au-dessus du FC Lourdes, de l’AS Béziers ou du SU Agenais, pourrait très bien se voir écarter des demi-finales du Top 14 parce que ses effectifs sont décimés par l’Equipe de France, en raison des nombreux doublons générés par les matches internationaux. Voilà un problème complètement abracadabrantesque que notre rugby professionnel est incapable de résoudre, parce qu’on ne veut pas réduire le nombre de matches joués par les clubs de l’élite. Pourquoi, en effet, ne pas créer deux poules de dix franchises, avec, pour conclure le championnat, deux demis finales et la finale, les deux premiers de chaque poule étant qualifiés pour les demi-finales.

Cela ferait au total un maximum de vingt matches de championnat dans la saison contre vingt huit aujourd’hui, ce qui fait une énorme différence. Et même avec les coupes européennes en supplément (ce qui ne change rien puisqu’elles existent déjà), on ne serait plus dans les mêmes cadences infernales. Enfin, cela permettrait de faire reposer les joueurs les jours de matches internationaux, mis à part évidemment les sélectionnés. Certains vont me dire que cette solution apparaît trop simpliste, parce que nos clubs veulent jouer un maximum de matches pour pouvoir payer les charges de plus en plus lourdes auxquelles ils sont confrontés. C’est une hérésie d’affirmer pareille chose, dans la mesure où nombre de clubs sont contraints d’avoir un effectif plus important pour couvrir la saison et les doublons, sans oublier les jokers médicaux de plus en plus nombreux en raison des cadences infernales évoquées précédemment (voir mon article  Les affres du rugby professionnel…)

Mais tous ces problèmes relevant du plus pur amateurisme sont aggravés par l’incompétence des décideurs de la Fédération, lesquels semblent incapables en plus de s’offrir un sélectionneur au top. Qu’avait fait Saint-André à Toulon avant d’intégrer le XV de France, alors qu’il avait à sa disposition un matériel humain incomparable ou presque ? Poser la question c’est y répondre, et force est de reconnaître qu’un de ses prédécesseurs à la tête du XV de France, B. Laporte, a beaucoup mieux réussi que lui dans ses fonctions d’entraîneur du RC Toulon, comme il avait obtenu de bien meilleurs résultats à la tête de l’équipe de France. En fait, Laporte a surtout manqué sa Coupe du Monde en France (en 2007), même si la victoire finale s’est peut-être jouée dans les dernières minutes de la demi-finale contre l’Angleterre, sur une cuillère miraculeuse et désespérée d’un Anglais sur Vincent Clerc filant à l’essai, à quelques mètres de la ligne d’en-but.

En outre, sans être doté d’un jeu vraiment emballant, le XV de France sous l’ère Laporte avait beaucoup progressé en discipline, ce qui était une nouveauté pour le rugby français. Enfin, ce même Laporte avait su donner ou redonner au XV tricolore une culture de la mêlée aujourd’hui perdue…ce qui est une nouveauté pour le rugby français au niveau international, après de nombreuses années où les Français étaient intraitables dans ce secteur de jeu. Ce l’était tellement que Marc Lièvremont, l’ancien sélectionneur, en avait presque fait une manière de jouer, misant tout sur la puissance de sa mêlée pour offrir des pénalités à ses buteurs. Aujourd’hui le XV de France n’a plus cette arme, ce qui le rend extrêmement vulnérable, vu que Saint-André a été incapable d’offrir à son équipe un schéma de jeu cohérent.

Saint-André a aussi un autre défaut extrêmement ennuyeux pour un manager, à savoir ne pas reconnaître ses responsabilités dans les manques actuels du XV de France. J’ai été outré de la manière dont on a condamné Doussain et Picamoles à l’issue du match contre le Pays de Galles. Comme si ces deux joueurs portaient sur leurs seules épaules les insuffisances de notre rugby professionnel! Certes Picamoles n’a pas été aussi important et fringant que d’habitude. Certes Doussain a été loin d’évoluer au niveau d’excellence qui est le sien depuis le début de la saison avec le Stade Toulousain, et même avec l’équipe de France contre l’Angleterre et l’Italie. Peut-être tout simplement était-il fatigué par les deux matches du Tournoi, plus celui disputé la semaine avant avec son club, ce quatrième gros match étant au-dessus de ses forces ?

En outre, comme je ne cesse de le répéter, si par malheur un demi de mêlée manque son match, il est immédiatement remplacé par…Parra. Et oui, le revoilà le numéro 9 de Clermont-Ferrand, avec son pied gauche qui, il faut le reconnaître, est incontestablement le plus sûr des sélectionnés du XV de France, en attendant que Kockott soit sélectionnable, ce qui règlerait le problème dans la mesure où Kockott est aussi précis que Parra sur les coups-de-pied placés, et bien supérieur comme joueur de rugby. Cependant pour marquer des points avec les pieds, il faut avoir la possibilité de pouvoir passer des pénalités, ce qui veut dire aussi dominer son adversaire en jouant dans son camp et en dominant son sujet à commencer par la mêlée, comme je le disais précédemment. De plus, comme Saint-André le savait ou aurait dû le savoir, Parra n’est pas sélectionnable, malgré la mansuétude de la Commission de discipline à son égard, à la suite de sa deuxième expulsion en moins de quatre mois en championnat dimanche dernier.

Pourquoi dans ces conditions l’avoir sélectionné, sachant que la Commission ne pouvait en aucun cas ne pas sanctionner Parra puisqu’il y avait récidive ? Pourquoi aussi l’avoir sélectionné et enfoncer un peu plus Doussain, alors que Saint-André a pris pour prétexte les mots de Picamoles avec l’arbitre pour le sanctionner pour un comportement  irrespectueux, disant que « le respect est le socle de nos valeurs » et « qu’il est important d’envoyer un signal à tous les joueurs et de rappeler qu’avoir le privilège de porter le maillot orné du coq leur impose des devoirs et des obligations ». Très bien, mais alors pourquoi sélectionner un joueur sorti pour brutalité à deux reprises en moins de quatre mois, qui plus est un joueur comptant plus de 50 sélections ? Et que dire du comportement de Papé, le capitaine, qui fustige son jeune équipier Bonneval, pour ne pas avoir récupéré une passe qu’il lui avait adressé, alors que cette passe était irrattrapable. Voilà ce que je voulais dire aujourd’hui à propos de Saint-André, qui n’est vraiment pas l’homme de la situation pour le XV de France. Quel dommage que Guy Novès, le manager toulousain, qui au passage a vigoureusement défendu Doussain après son match contre les Gallois, ne veuille pas de la place occupée par Saint-André ! Cela étant Novès est trop professionnel, et connaît trop bien son sujet…et le fonctionnement des instances de notre rugby pour se lancer dans pareille aventure.

Michel Escatafal


La vidéo évite des erreurs, mais ne règle pas les problèmes d’arbitrage

TRYAvant d’aborder le sujet que je voulais traiter aujourd’hui, l’arbitrage vidéo, je veux évoquer  l’actualité de ces dernières heures, une actualité qui touche le basket (je n’y connais pas grand-chose) et le rugby. C’est vrai, je n’ai jamais joué au basket sauf dans les séances de sport au lycée, mais j’aime bien suivre l’équipe de France, et celle-ci nous emballe depuis bientôt une dizaine d’années. Elle a même réussi à devenir championne d’Europe cette année, après avoir récolté plusieurs médailles auparavant. Cette équipe m’est d’autant plus sympathique, qu’elle est emmenée par des joueurs qui paient pour avoir le droit d’y jouer, ce qui nous change d’autres sports collectifs, où, à chaque phase finale de compétitions européennes ou mondiales, on négocie longuement pour savoir le montant des primes qu’on va toucher. Certes, on va me dire que Parker, Batum ou Diaw gagnent autant d’argent, sinon plus, que les meilleurs joueurs de football, mais le constat est là.

Et puisque j’ai parlé de Parker, Batum et Diaw, je veux souligner que leur participation au championnat d’Europe avec l’équipe de France ne les a nullement handicapés pour jouer le championnat NBA, alors que Noah, qui a déclaré forfait pour cette compétition afin de se préserver pour la saison NBA, est loin d’avoir son meilleur rendement. Cela dit, quelle que soit sa valeur, il vaut mieux avoir en équipe de France Parker et Batum que Noah, même si avec le pivot des Bulls cette équipe serait à coup sûre meilleure encore. Espérons que Noah consentira à jouer pour notre pays aux J.O. de Rio, ce qui pourrait permettre à notre équipe nationale de renouveler l’exploit réalisée par celle de 2000, sauf que cette dernière était loin d’être aussi forte que celle qui a remporté la médaille d’or au championnat d’Europe.

Voilà pour le basket, et passons à présent par la case rugby, ce qui est beaucoup plus naturel chez moi, pour évoquer la mauvaise nouvelle qui a touché Morgan Parra, celui-ci étant indisponible au moins jusqu’à la mi-février pour un problème de genou. J’écris mauvaise nouvelle, parce que la blessure est toujours un problème pour un joueur, et je souhaite à Parra un prompt rétablissement. Est-ce pour cela un drame pour le XV de France ? Je réponds NON, car cela permettra enfin d’essayer au poste de demi de mêlée un Doussain ou un Pelissié pendant la durée du Tournoi…à condition de ne pas mettre une épée de Damoclès sur la tête de ces joueurs, ou si l’on préfère à condition de leur faire confiance sur la durée comme Saint-André, et avant lui Lièvremont, l’ont fait pour Parra. Et si j’écris cela, c’est parce que le coaching de Saint-André ne m’inspire aucune confiance. Si Doussain ou Pélissié, celui qui sera choisi ou les deux, font un match moyen, il ne faudra pas immédiatement leur chercher un remplaçant…qui d’ailleurs sera tout trouvé avec le retour de Parra.

Au fait, puisqu’il s’était blessé peu avant la mi-temps, pourquoi Saint-André n’a-t-il pas remplacé Parra dès l’entame de la deuxième mi-temps ? C’est quand même une preuve du manque de confiance du coach envers Doussain ! Si j’étais méchant, je dirais qu’avec deux petites victoires dans l’année, un entraîneur « normal » n’aurait pas hésité à prendre le risque de faire entrer Doussain, d’autant que Parra avait été très insuffisant en première période. De quoi donner raison aux contempteurs toulonnais de Saint-André, qui lui reprochent son incapacité à qualifier pour les plays-off, en 2010-2011, une équipe du RCT qui avait enregistré en début de saison l’arrivée de Smith, Sackey, Carl Hayman et Rudi Wulf, qui s’ajoutaient à des joueurs aussi talentueux que Mignoni, Jamie Robinson, Contepomi, Fernandez Lobbe, Lamont et l’incomparable Jonny Wilkinson.  Espérons quand même que Saint-André se rende compte que le XV de France a besoin d’un jeu plus ambitieux pour aller de l’avant, parce qu’avec celui qui nous est offert depuis trop longtemps l’équipe de France ne gagne même plus le Tournoi des 6 Nations (depuis 2010), la France étant considérée comme la sixième nation mondiale sur les 11 qui comptent dans le concert planétaire (les 6 du Tournoi, plus l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, les Samoa et l’Afrique du Sud). Elle devrait même être septième derrière l’Irlande, si cette dernière avait fait match nul avec la Nouvelle-Zélande…comme cela aurait dû être le cas.

L’Irlande, en effet, a réalisé une formidable performance contre les Néo-Zélandais, ces derniers ne l’ayant emporté samedi dernier que par miracle à l’issue d’un match emballant, les All Blacks n’ayant dû leur succès qu’à une colossale erreur des Irlandais, partis avant le coup de pied de transformation de l’ouvreur Cruder sur l’essai néo-zélandais de dernière minute. Coup de pied raté, mais retiré suite à la décision (normale) de l’arbitre de le faire recommencer, avec réussite cette fois. Quelque chose me dit que si le XV de France avait joué ces Irlandais survoltés il aurait été dominé. J’en suis même certain, comme il est certain que le XV de France ne peut pas se plaindre de l’arbitrage dans son match contre les Sud-Africains, un match qui montre à quel point Michel Platini a raison de ne pas vouloir l’introduction de la vidéo au football.

Ah la vidéo, qu’est-ce qu’elle fait saliver et écrire dans le monde du football ! Règle-t-elle tous les problèmes pour autant ? Certainement pas. Déjà, lors de la finale de la Coupe du Monde de football en 1966, personne ne peut assurer que le but de G. Hurst était valable, bien qu’il ait été examiné des milliers de fois à la vidéo. Et c’est pareil pour le rugby (à XV et à XIII), qui a recours depuis longtemps à la vidéo, ce qui n’empêche nullement les controverses et les erreurs. Je me souviens personnellement d’un drop de J.B. Elissalde, contre Bayonne (je crois que c’était en 2009), dont la vidéo a bien été incapable de nous dire s’il était passé ou non (bien au-dessus des poteaux). Et tant d’autres matches encore, y compris samedi dernier, où l’arbitre vidéo a pris trois décisions très litigieuses…qui ont bien favorisé le XV de France, pour une fois diront les mauvaises langues.

J’avoue d’ailleurs que cela m’agace prodigieusement de voir aussi souvent l’intervention de la vidéo, presque systématique si ce n’est pas très net à XIII comme à XV, ce qui signifie que l’arbitre n’est plus maître de rien dès qu’il y a essai, ce qui n’empêche nullement d’accorder un essai s’il y a en-avant de passe cinquante mètres avant la ligne d’en-but. Et oui, la vidéo ne règle pas tous les problèmes, et c’est pareil pour le football, sauf à vouloir faire durer un match de nombreuses minutes en plus. Qu’il est loin le temps où Lucien Mias, l’illustrissime capitaine de l’équipe de France de 1958-1959,  disait que « l’arbitre fait partie du jeu, comme le vent ». La vidéo a certes des vertus, mais elle ne règle pas tout. Elle n’empêchera jamais un arbitre de football de siffler généreusement un pénalty…ou de ne pas le siffler s’il estime qu’il n’y a pas faute. Elle n’empêche pas non plus un arbitre de rugby d’accorder une pénalité à vingt mètres face aux poteaux, même si c’est très, très sévère, parce qu’il aura vu une faute sur un ruck que personne n’aura vu y compris en regardant les images à la télévision. Je pourrais dire la même chose s’il ne voit pas une faute évidente…à la télévision.

Donc, en résumé, qu’apporte la vidéo au rugby ? Peu de choses en vérité, à part le fait qu’elle décharge la décision de l’arbitre du terrain sur l’arbitre vidéo. Cela fait joli aussi à la télévision de voir inscrit « TRY » ou « NO TRY » sur l’écran, mais même si elle permet de valider des essais que l’arbitre n’aurait pas osé accorder, par exemple l’essai néo-zélandais lors de la demi-finale mondiale à XIII entre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, où l’ailier néo-zélandais réussit une passe miraculeuse avant d’avoir touché le sol alors qu’il est un mètre à l’extérieur du terrain, la vidéo ne fait pas tout. En outre, si l’arbitre prend une fois une mauvaise décision, ce ne sera pas le cas très souvent, et au final les mauvaises décisions s’équilibrent très souvent dans un cas comme dans l’autre.

Enfin, pour bien montrer que cela fait partie du jeu, au bout de quelques semaines on oublie l’erreur d’arbitrage…parce que 9 fois sur 10 c’est la meilleure équipe, ce jour-là, qui l’emporte. Qui conteste aujourd’hui la victoire anglaise à la Coupe du monde 1966 ? Plus personne, et ce depuis bien longtemps. Qui ose évoquer le but annulé sur un hors-jeu inexistant de Puskas lors de la finale de la Coupe du Monde 1954, où les Hongrois avec leurs grandes vedettes (Boszik, Puskas, Kocsis, Hidegkuti et Csibor) furent battus, si l’on en croit une étude allemande récente, par le fait que les Allemands étaient dopés à la pervitine…ce qui explique leur fraîcheur en fin de match, leurs adversaires ayant en outre été confrontés aux Brésiliens et aux Uruguayens précédemment. Même l’histoire est contre les tenants de la vidéo !!!

Michel Escatafal