Nos rugbymen pourraient devenir des héros en 2015, y compris ceux qui sont nés à l’étranger

K et SAvant de parler rugby, je voudrais souligner une fois encore combien le monde du sport est plein de contradictions. Si j’écris cela c’est parce que je viens de lire sur différents sites que si Angel Di Maria n’a pas signé cet été au Paris Saint-Germain, c’est tout simplement parce qu’il lui était interdit de recruter un autre joueur après l’achat de David Luiz. C’est donc bien ce fameux et ridicule fair-play financier qui a empêché le PSG de se renforcer comme il l’aurait souhaité, pendant que le Real Madrid, le FC Barcelone ou plus encore Manchester United dépensaient des sommes folles pour se renforcer…malgré un niveau de dettes considérable, alors que le PSG n’en a pas. Et après certains nous expliqueront que le fair-play financier est une bonne chose, ce qui est vrai…pour empêcher les clubs ayant des actionnaires richissimes de concurrencer les clubs historiques, lesquels ne veulent pas partager le gâteau qui est le leur depuis des décennies. Il sera amusant de voir le résultat de la plainte formulée par certaines associations auprès du tribunal de première instance de Bruxelles, dont on ne voit pas comment il pourrait entériner ce fair-play financier tel qu’il est. Après tout, comment empêcher des gens qui ont de l’argent de l’investir dans le football…comme d’autres l’ont fait quelques années auparavant ? Ce serait d’autant plus curieux qu’en Europe on ne parle que de concurrence en matière économique. Pourquoi ce qui est valable partout, y compris pour le rail, l’eau ou l’énergie, ne le serait pas pour le football ?

Fermons cette introduction sur l’économie du sport pour parler à présent de rugby, ce que je n’avais pas fait depuis un certain temps. Il est vrai que depuis plusieurs années notre équipe de France n’avait pas de quoi enthousiasmer les foules tant au niveau des résultats que de la manière dont elle s’y prenait pour essayer de gagner ses matches, ce qui n’arrivait que très rarement face aux grandes nations du rugby. Or hier soir le XV de France a battu un des ténors du rugby mondial, deux fois vainqueur de la Coupe du Monde (1991 et 1999) et finaliste en 2003. Cette performance est d’autant plus méritoire que les joueurs français ont non seulement gagné, mais aussi réussi des actions offensives auxquelles nous n’étions plus habitués, ce qui a cloué le bec de ceux qui prétendaient que la victoire contre les Fidji (40-15) ne signifie rien, alors que les Fidjiens ont superbement résisté aux Gallois samedi après-midi (13-17). Une victoire aussi qui n’est pas dû à l’arbitrage « maison » de Monsieur Owens, lequel, malgré un match globalement correct, a fait preuve d’une certaine mansuétude vis-à-vis des Australiens, notamment sur certains placages litigieux, alors qu’il n’a pas hésité à sortir un carton jaune pour Talès, au demeurant mérité si l’on applique le règlement avec toute sa rigueur, alors que ce dernier venait à peine de rentrer en jeu.

Mais me direz-vous, comment le staff de l’équipe de France a-t-il pu rétablir aussi vite une situation que d’aucuns jugeaient désespérée il y a quelques jours, surtout en vue de la prochaine Coupe du Monde dans moins d’un an, après trois ans de tâtonnements ? Est-ce déjà l’effet Blanco, qui est venu apporter sa touche personnelle à notre équipe nationale, ce qui fait dire à certains que c’est lui le vrai sélectionneur du XV de France ? Peut-être, pourquoi pas ? En tout cas, on a l’impression que les joueurs français sont plus libérés qu’avant, et qu’ils n’ont plus peur de prendre certains risques comme ces dernières saisons, sans parler aussi de leurs progrès dans le domaine de la conquête. Autant de questions, auxquelles on aura la réponse dans le prochain Tournoi des 6 nations.

En revanche il semble certain que les sélectionneurs ont enfin trouvé les hommes qu’il fallait à certains postes, et notamment au niveau de la charnière. Il aura fallu en essayer une bonne quinzaine avant, enfin, d’en avoir une ou deux qui tiennent la route au niveau international. Certes là aussi il ne faut pas s’emballer trop vite, mais à la mêlée Tillous-Bordes et plus encore Kockott apportent ce qu’un Parra par exemple, malgré ses  plus de 50 sélections, n’a jamais pu amener au XV de France, notamment cette capacité à accélérer le jeu afin de mettre ses partenaires dans les meilleures conditions. Comme je l’ai écrit dans un article sur lui il y a presque deux ans (Parra est-il un grand demi de mêlée ? C’est surtout un remarquable buteur), le demi de mêlée clermontois est d’abord et avant tout un excellent buteur, mais cela ne suffit pas au niveau international, surtout face aux numéros 9 des grandes nations du rugby. En tout cas, en deux matches contre les Fidji et l’Australie, Tillous-Bordes et plus encore Kockott ont démontré des qualités que l’on n’a jamais connues chez Parra. Doté d’un très bon jeu au pied, Kockott est rapide, puissant, et en plus c’est un gagneur dans tous les sens du terme, un de ces demis de mêlée capable de galvaniser son paquet d’avants, surtout quand le jus commence à faire défaut. Avant-hier soir, par exemple, il a remarquablement géré la fin de match, à un moment où les Français à 14, avec Atonio blessé, étaient sur le point de craquer. En outre son pied n’a pas tremblé quand il s’agissait de passer, à plus de 40 m, la pénalité de « la gagne » à 8 minutes de la fin du match

Oui, je pense que le XV de France a peut-être trouvé ses deux charnières pour la Coupe du Monde avec Tillous-Bordes et Lopez et celle qui aurait ma préférence composée de Kockott et Trinh-Duc. Là on a l’impression que c’est du solide, avec en outre dans les deux cas un buteur aussi prolifique et régulier que Parra. Mais notre XV national a sans doute aussi retrouvé un pack qui avance, comme en témoignent ses prestations contre les Fidgi et surtout contre l’Australie. Contre les Wallabies, les Français ont été dominés au début du match en mêlée, mais ils ont vite rectifié le tir et ont fini par être dominateurs, sauf tout à fait en fin de match. Ils disposent aussi d’un alignement qui leur a permis de récupérer bon nombre de lancers en touche. Et surtout, à côté des valeurs sûres que sont Dusotoir, Papé, Maestri ou Guirado, il a su trouver des joueurs comme les Toulonnais Menini et Chiocci, sans oublier le surpuissant pilier Atonio et le troisième ligne sud-africain Le Roux, qui a fait un match énorme samedi soir. Tout ce joli monde pouvant être accompagné à la Coupe du Monde par Picamoles, Nyanga ou même Haridornoquy qui, à Toulouse, retrouve une nouvelle jeunesse. Et derrière il y a aussi du beau monde, avec les révélations de Thomas et  Dumoulin, mais aussi Lamerat, plus des joueurs confirmés comme Fofana, Fritz, Huget ou Bastareaud, sans oublier Dulin et Spedding, pour ne citer qu’eux.

Au fait, j’observe que j’ai beaucoup parlé de joueurs étrangers ou d’origine étrangère, attribut qui semble beaucoup gêner nombre de Français qui ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de Kockott, Le Roux, Atonio, Spedding, ou encore Claessen, tous nés hors de notre pays. Ah les Français, ils ont quand même du mal avec les étrangers, même si leur nom se termine par a, i ou o, ce qui signifie qu’eux-mêmes sont nés de parents ou grands-parents issus de l’immigration, pour notre plus grand bonheur. Et oui, nombre de Français sont vraiment incorrigibles, alors qu’ailleurs ça ne choque pas grand-monde d’avoir dans son équipe nationale des joueurs étrangers, y compris en Nouvelle-Zélande alors que ce pays a une pépinière très riche en joueurs de talent. Certains s’en sont émus, mais les supporters des All Blacks se sont plutôt réjouis que l’on ait sélectionné le remarquable centre tongien Malakai Fekitoa.

Cela étant, rassurons-nous, car si d’aventure les Français remportaient la finale de la Coupe du Monde en 2015 grâce à un essai en dernière minute de Spedding, transformé par Kockott, les supporters du XV de France seraient les premiers à oublier que ni l’un ni l’autre ne sont nés à Mirande ou à Bayonne. En revanche, malheur à eux si la France était éliminée en demi-finale par la faute d’un coup de pied contré. Je vois d’ici les forumers s’insurger sur le fait  d’avoir sélectionné ces joueurs formés à l’étranger, au détriment de joueurs nés à Lavelanet ou Castelnaudary. Que tout cela est triste ! C’en serait même risible, si cela n’avait pas des relents de chauvinisme exacerbé. Heureusement mes parents ne m’ont pas élevé de cette manière, ce qui fait que mon rugbyman préféré s’appelle S.B. Williams suite à la retraite de Wilkinson, mon coureur cycliste préféré est Alberto Contador, mon pilote de Formule 1 favori est Kimi Raikkonen malgré son problème de train avant cette année sur sa Ferrari et pour le football c’est Pastore. Ah j’oubliais, même si je ne connais rien au basket, j’ai une énorme admiration pour Tony Parker, notre emblématique basketteur NBA, né à Bruges (Belgique), fils d’une mère néerlandaise, d’un père américain et marié à une française. En somme un vrai représentant d’une grande partie de la population de notre pays. J’espère qu’à Rio de Janeiro, aux J.O. 2016, ce sera notre porte-drapeau, car nul n’a davantage l’amour du maillot bleu frappé du coq que lui.

Michel Escatafal


Un week-end de sport heureux…mais gâché par l’arbitrage

SoroTout d’abord je voudrais donner une information importante à mes lecteurs…parce qu’ils ne la liront pas nécessairement, pour nombre d’entre eux, sur les journaux ou les sites sportifs : la finale du championnat de France de rugby à XIII opposera Pia à Saint-Estève XIII Catalan le 5 mai prochain. Deux clubs du Roussillon qui vont s’affronter au stade Gilbert Brutus à Perpignan, ville dont je rappelle aussi qu’elle abrite le club phare du XIII en France, les Dragons Catalans, lesquels ont le droit de participer au championnat anglais, et s’y comportent d’ailleurs fort bien, puisqu’ils sont à ce jour cinquième au classement de cette Ligue. Et oui, c’est dommage, mais en France on a le plus souvent les informations sur le rugby à XIII « qu’en tout petit » dans la presse.

Passons à présent sur quelques évènements de ce week-end, en commençant par la victoire du PSG sur Evian-TG à Annecy. Qu’y-a-t-il d’extraordinaire allez-vous me dire sur cette victoire parisienne, qui est tout de même normale, vu la différence présumée de niveau entre ces deux clubs ? J’ai dit présumée, car ETG a éliminé la semaine dernière le PSG en Coupe de France, mais la Coupe n’était clairement pas la priorité du PSG, du moins de ses joueurs, lesquels voulaient surtout obtenir le titre de champion de France. Quant aux dirigeants et au staff technique du club haut-savoyard, j’ai comme l’impression qu’ils ne savent pas réellement choisir leurs objectifs. Si je dis cela c’est parce que je pense qu’au lieu de dépenser une tonne d’énergie à essayer de battre le PSG, tant en Coupe qu’en championnat, il aurait mieux valu qu’ils se concentrent sur leur maintien en Ligue 1, lequel du fait de cette nouvelle défaite est de plus en plus compromis. Il est vrai que dans notre pays on aime bien, l’espace d’un match, montrer que « le petit » peut rivaliser avec « le gros », surtout s’il a beaucoup d’argent…quitte à tout sacrifier, et notamment l’essentiel.

En France, en effet, avoir des moyens est très mal vu, y compris dans le football, ce qui explique la haine de certains spectateurs et amateurs de football, lesquels n’hésiteront pas à enregistrer avec satisfaction le comportement assez stupide d’un arbitre en mal d’autorité. Et hier, force est de constater que l’arbitrage du match ETG-PSG a été affligeant, allant jusqu’à mettre un carton rouge à Beckham pour une faute qui méritait à peine un jaune, sans parler de l’expulsion de l’adjoint d’Ancelotti et celles d’après-match sur Khlifa et Sirigu…qui était au vestiaire. Pour Verratti, c’était en revanche plus justifié, même si je ne suis pas de ceux qui confondent une agression sur un joueur et des mots. Mais sur ce plan, comme le dit Ancelotti, il devait être attentif ayant déjà eu un carton jaune. Il faut impérativement que le jeune milieu italien se calme, sous peine de ne pas devenir l’immense joueur qu’il promet d’être. Belle pioche du PSG quand même !

Belle pioche aussi avec Pastore, qui finit sa saison en boulet de canon. Au moins, il aura fait taire tous ceux qui ne cessaient de parler à son propos de 42 millions d’euros…sans savoir exactement si c’est bien 42 millions qu’il a coûté. En outre, l’air des Alpes semble lui convenir à merveille, ce qui est normal vu ses origines italiennes, puisqu’il a marqué 3 buts à Evian TG depuis l’an passé. Mais quel joueur va être ce Pastore d’ici deux ou trois ans, quand il aura atteint sa pleine maturité! De plus, lui n’a pas été sanctionné par l’arbitre de la rencontre, ce qui est une forme d’exploit au vu de la distribution à laquelle s’est livré ledit arbitre. Trois ou quatre cartons rouges (je ne sais plus), y compris certains à la fin du match, sans parler d’ailleurs des erreurs en cours de match…presque toutes en défaveur du PSG.  Tout cela paraissait d’un ridicule incroyable, et ne fait pas la grandeur d’un championnat qui, pourtant, veut s’imposer parmi les meilleurs du continent.

Certains vont dire que si Lavezzi et Ibrahimovic avaient fait preuve d’un peu plus de réalisme, tout cela ne serait sans doute pas arrivé. Certes, mais le rôle d’un arbitre n’est pas d’être la personne dont on parle le plus dans un match de haut niveau. Or, qu’a-t-on retenu de cette rencontre ETG-PSG, sinon les erreurs et les sanctions infligées par un arbitre dépassé ? Dommage, car j’ai trouvé que le but de Pastore méritait d’être mis en exergue, comme l’action où Lavezzi manque l’immanquable. Cela étant, encore une fois, ce qui me gêne le plus dans tout cela est cette haine anti PSG, comme sans doute on ne l’a jamais ressentie dans le championnat de Ligue 1 depuis des lustres. J’ai lu en effet qu’un spectateur racontait, qu’ayant assisté au match, il avait l’impression que les spectateurs présents n’étaient pas vraiment des supporters de l’équipe d’Evian, mais plutôt des gens qui étaient d’abord anti-parisiens. Hélas, je reconnais bien là le pays dans lequel je suis né !

Passons au rugby à présent pour noter que le Top 14 est bien le meilleur des championnats européens. La preuve, ce sera une finale de Coupe d’Europe 100% française, avec le RC Toulon et l’ASM Clermont. Une belle finale à vrai dire entre les deux premiers de notre championnat, chacune de ces deux équipes étant composée à la manière du PSG, avec un nombre conséquent de joueurs étrangers. La différence aux yeux des nombreux non-sportifs qui peuplent les forums venant du fait que les capitaux, infiniment moindres toutefois, ne proviennent pas du Qatar. Du coup, curieusement le nombre d’étrangers dans ces deux équipes ne gêne personne ! Cela étant, on devrait assister à un grand match à Dublin, pour cette finale européenne entre deux formations ayant de très nombreux atouts pour s’imposer. Deux gros packs vont s’affronter, avec des joueurs à la fois très forts et très expérimentés. Et derrière ce ne sera pas mal non plus, avec côté clermontois  Sivivatu, Nalaga, Rougerie ou encore le meilleur joueur français du moment, Fofana, sorte de Philippe Sella des temps modernes, et de l’autre Michalak, Giteau, Bastaraud et bien sûr l’incomparable Jonny Wilkinson, qui prouve à 33 ans qu’il est encore au sommet de son art, comme en témoigne sa réussite au pied mais aussi son influence sur le jeu toulonnais. Bravo à Mourad Boudjellal pour avoir cru en lui quand plus personne n’y croyait, et pour l’avoir convaincu de rester un an de plus sur la rade.

Un dernier mot enfin pour noter la disparition de Robert Soro, appelé le « Lion de Swansea », tellement il avait été brillant lors de la première victoire du XV de France contre le Pays de Galles (qui jouait alors à Swansea), décédé hier à l’âge de 90 ans. Il a été 21 fois international à la fin des années 40. Son gabarit était imposant pour l’époque (1.85m et 110 kg), et il jouait deuxième ligne. Il avait surtout fait carrière au F.C. Lourdes, avec qui il fut finaliste du championnat de France en 1945, battu par le SU Agenais (7-3) à la surprise générale parce que les Agenais avaient subi une sévère correction en poule de quatre (une trentaine de points d’écart), en raison notamment de la terrible puissance du pack lourdais, où figurait, outre Soro et son frère (3è ligne), un certain Jean Prat. Cette puissance ne fut cependant pas suffisante en finale pour annihiler les velléités du S.U. Agenais qui, après avoir été rapidement mené par un essai du troisième ligne centre Augé, se refit une santé en deuxième mi-temps pour marquer un drop et un essai transformé, mais aussi en profitant du manque de réussite de Jean Prat dans ses tirs au but.

Si j’évoque longuement cette finale, c’est également parce que cette défaite  inattendue du F. C. Lourdais provoqua dans les rangs de cette équipe une prise de conscience, qui allait lancer le grand Lourdes vers les sommets du rugby français. Jean Prat notamment, bien que très jeune à l’époque, ayant constaté à ses dépens  que la seule force d’un paquet d’avants, aussi puissant soit-il, n’était pas suffisante pour s’imposer face à un adversaire déterminé. Confirmation en fut apportée l’année suivante en finale face à Pau (défaite 11-0), qui déclencha le grand virage dans l’organisation lourdaise, avec un jeu à la fois mobile et complet où les trois-quarts apportaient leur pierre à l’édifice. Tout cela entraînant le départ des frères Soro, autour desquels s’articulaient toutes les combinaisons du pack. Cela n’enlève rien au mérite des frères Soro, ni à la grande classe dont a toujours fait preuve Robert Soro. Nul doute qu’au paradis des joueurs de rugby, Robert Soro et Jean Prat (décédé il y a 8 ans) sauront parler de cette révolution dans le jeu lourdais il y a plus de 65 ans.

Michel Escatafal


A qui peut-on comparer Pastore ? Angellilo, non plutôt Didi

pastoreDepuis deux matches, Javier Pastore crève l’écran…comme entre fin août et octobre de l’an passé, avant de devenir une sorte d’intermittent alternant les moments de grâce, plutôt rares, et une certaine médiocrité qui exaspérait jusque ses plus fidèles admirateurs. Un trou noir qui n’a pas fait les affaires du Paris Saint-Germain, au point que les Parisiens n’ont rien gagné l’an passé, et sont pour le moment tout juste sur le podium de la Ligue 1, ce qui fait dire à certains qu’il y a une Pastore dépendance, après nous avoir abreuvé de l’Ibra dépendance. En football, les choses vont vite, très vite, trop vite, alors que l’idéal est de travailler dans la durée tant pour le staff dirigeant que pour le staff technique. Problème, il y a des sommes très importantes en jeu, beaucoup diront même des sommes folles, ce qui ne facilite pas les choses, dans la mesure où les investisseurs paient parfois très chers leurs investissements et veulent en contrepartie un retour rapide…ce qui se justifie sur le plan économique.

Seulement voilà, le football est un sport, on peut même dire un jeu, joué par des hommes donc par essence faillibles. Même les tous meilleurs joueurs ont des périodes où ils sont moins bien que d’autres, mais, dans les plus grands clubs, le collectif est là pour compenser les difficultés passagères des stars, au point que certains en arrivent à dire des âneries du style : « Mais lui est toujours au top » !  C’est faux bien évidemment, mais au Barça de nos jours, comme autrefois au Real, une baisse de forme de Messi et ou Iniesta, ou de Di Stefano et ou Kopa, ne se voie ou ne se voyait pas trop…car il y a les autres, tous les autres, et la manière de jouer collectivement.

C’est justement ce collectif qui a manqué au Paris Saint-Germain depuis sa renaissance, grâce aux capitaux injectés par les investisseurs qataris, qu’on ne remerciera jamais assez de vouloir créer en France un club à dimension mondiale, comme l’ont toujours été depuis des décennies le Real Madrid et le F.C. Barcelone, mais aussi la Juventus de Turin, les deux Milan ou Manchester United. Tous les clubs que je viens de citer étaient déjà présent au plus haut niveau à l’époque de la naissance des compétitions européennes (Coupe d’Europe des clubs en 1955). En revanche, malgré des centaines de millions de livres englouties depuis une dizaine d’années par un milliardaire russe (Abramovitch) à Chelsea, ce club n’a réussi à remporter la Ligue des Champions que cette année. Curieusement d’ailleurs, au moment où sans doute son équipe était la moins forte depuis le début des années 2000. Cela fait partie des pieds de nez de l’histoire du football !

Et j’observe que ce club, devenu très grand sur le plan du palmarès, a eu du mal à digérer d’avoir enfin atteint son Graal. La preuve, c’est la première fois qu’un vainqueur de la Ligue des Champions est éliminé dans la phase de groupes. Cela prouve qu’il est très difficile pour un club d’arriver,  et plus encore de se maintenir au sommet, quand il n’a pas des décennies d’histoire au plus haut niveau, ce qui est le cas de Chelsea. Alors pourquoi se poser autant de questions, après seulement un an et demi d’existence, sur le nouveau PSG ? Pourquoi la presse sportive, la presse de football surtout, est-elle à ce point impatiente vis-à-vis d’un club à peine porté sur les fonds baptismaux, un club certes riche, très riche même, le plus riche aujourd’hui, mais un club monté de toutes pièces en moins d’un et demi ? Oui, pourquoi écrire tous les commentaires qu’on a pu lire suite à la défaite de Nice, alors que le Paris Saint-Germain n’était qu’à 5 points du leader lyonnais, et qu’il restait 69 points à prendre ?

Pourquoi avoir parié sur le renvoi d’un entraîneur parmi les plus prestigieux dans le monde, un entraîneur qui a tout gagné dans les clubs où il est passé, un entraîneur qui, comme je l’ai écrit dans un article précédent, était un des seuls à pouvoir attirer à Paris, c’est-à-dire en Ligue 1, des stars mondiales comme Ibrahimovic ou Thiago Silva, ce qui par parenthèse n’était jamais arrivé dans notre championnat, pas même à l’Olympique de Marseille à l’époque de Tapie (80-90) ou de Leclerc (60-70). Certains soi-disant supporters de football devraient quand même réfléchir avant d’invectiver le club parisien et son entraîneur, d’autant qu’il faut être carrément crétin et ou profondément inculte pour prétendre contester les choix techniques d’un Carlo Ancelotti. Ah les supporters, quelle mauvaise image ils donnent de la nature humaine, et cela est valable pour tous les sports !

Fermons la parenthèse, pour dire que cette fois il semble que l’entraîneur du PSG ait trouvé la formule qui convient à son équipe, et la cohésion qui va avec, seule façon pour une équipe de briller sur le plan national et international. Et cette renaissance coïncide avec le renouveau d’un footballeur extraordinairement doué, Javier Pastore, arrivé à Paris l’an passé pour une somme de 42 millions d’euros. Ah, ces 42 millions, qu’est-ce qu’ils auront pu peser sur Pastore, même si peut-être ils sont moins lourds à supporter pour le joueur que certains ne se l’imaginent. En tout cas, pour le supporter français de base, c’est presque un crime d’acheter un footballeur de 22 ans pour une somme pareille. Et oui, hélas, les habitants de notre pays n’aiment pas l’argent…du moins ils le disent ! En tout cas, même s’il ne commence que tout doucement à parler français, donc même s’il ne comprend pas tout, Pastore doit avoir autour de lui des tas de gens pour lui rappeler qu’il a coûté 42 millions d’euros, ce qui est pitoyable.

Cela dit, s’il a des détracteurs, Pastore a aussi des admirateurs, et j’en fais partie, car j’aime les artistes. Pour moi en effet, enfant né dans le rugby, Pastore me rappelle Pierre Danos, ce qui signifie qu’il est fait pour jouer merveilleusement bien du piano, mais qu’il n’est pas du tout fait pour les déménager. C’est un artiste Pastore, un joueur capable de jouer une partition où l’improvisation n’est jamais absente. C’est un merveilleux technicien, qui caresse la balle plus qu’il ne la frappe. En ce sens je me rappelle du surnom, Patte de velours,  que l’on donnait à son compatriote Angellilo, argentin comme lui d’origine italienne, et qui fut une des grandes vedettes du Calcio dans les années 50 et 60. Il n’opérait pas dans le même registre que Pastore aujourd’hui (le football non plus n’était pas le même), car c’était d’abord un avant-centre et un buteur (meilleur buteur du Calcio en 1958-1959 avec 33 buts inscrits), mais il avait cette élégance, cette gestuelle qu’ont les danseurs de tango argentins.

En fait je comparerais davantage Pastore au Brésilien Didi, le meneur du jeu de la grande équipe du Brésil, double championne du monde en 1958 et 1962. Lui aussi a beaucoup souffert de son transfert retentissant au Real Madrid en 1959…qui n’avait nul besoin de lui, même s’il était considéré comme un des trois ou quatre meilleurs footballeurs de la planète, ayant le handicap d’opérer un peu dans le même registre que Di Stefano, ce qui explique en grande partie son échec. Et pourtant c’était un génie du football, comme en témoigne ce que Pelé lui-même disait de lui : « Je ne suis rien comparé à Didi. C’est mon idole, mon modèle. Je ne lui arriverai jamais à la cheville. Les premières figurines que j’ai achetées étais des figurines de Didi ». Sinon, sur le plan de l’élégance, de la technique, de la gestuelle, on peut faire la comparaison entre Didi et Pastore. Comme le Brésilien, on a l’impression que Pastore conduit le ballon avec amour. Comme lui aussi, la balle dans ses pieds ressemble à une rose aussi belle que fragile. Autre chose, comme Didi à son époque, Pastore sait très bien que c’est le ballon qui doit courir vite et non le joueur. Simplement il faudra dans les années à venir qu’il apprenne à être simple et appliqué en toutes occasions, comme Didi savait l’être…ce qui lui permettra d’acquérir cette sérénité qui lui manque encore, et qui lui donnera la régularité dans l’excellence.

Tout cela pour dire que la manière de jouer de Pastore ne supporte pas la médiocrité…et c’est son drame. C’est pour cela que je loue Carlo Ancelotti pour la patience dont il a su faire preuve avec « El Flaco » (surnom de Pastore qui veut dire en espagnol « le Maigre »). Ancelotti, en effet, a compris que derrière cette élégance un peu provocante dans ses passes et ses coups de reins, il y avait une merveilleuse inspiration à laquelle il suffit d’ajouter un minimum de méthode pour transformer le prodige argentin en véritable chef d’orchestre. Et quand dans cet orchestre il y a des exécutants de grand talent, cela ne peut que donner des représentations de grande qualité…quand tout le monde joue au diapason. C’est la raison pour laquelle je suis persuadé que l’orchestre PSG, avec à la baguette Pastore, est capable dès cette année d’aller très, très loin en Ligue des Champions, tout en étant à même de renouveler régulièrement des prestations suffisamment solides pour s’épargner des déboires dans son championnat domestique.

Michel Escatafal


Le PSG, meilleure équipe du monde ? C’est pour bientôt !

Certains d’entre vous vont peut-être penser que j’ai trop fait la fête hier soir, en proposant un titre pareil à cet article, mais ce n’est pas le cas. Alors pourquoi écrire cela ? Tout simplement parce que tous les ingrédients sont réunis pour qu’il en soit ainsi. D’ailleurs, si l’on regarde bien l’histoire des plus grandes équipes du siècle précédent, plusieurs d’entre elles se sont bâties de la même manière que le Paris Saint Germain F.C. version qatarie. Certes, on pourra toujours trouver des différences, parfois même très importantes d’un club à l’autre, mais dans l’ensemble Paris dispose de tous les ingrédients qui ont formé les plus grandes équipes de club de l’histoire.

Ici même j’ai souvent parlé du Real Madrid des années 50, et c’est la raison pour laquelle je ne vais pas insister outre mesure sur ce qui fit la gloire de ce club. Cela étant, comment le Real est devenu le club le plus titré de l’histoire du football ? Grâce d’abord à l’ambition de ses dirigeants, notamment un certain Santiago Bernabeu qui décida un jour de tout reconstruire dans ce club, comme sont en train de le faire les nouveaux dirigeants qataris du PSG. Le Real décida notamment la construction d’un stade digne de l’ambition de son président, l’actuel Stade Santiago Bernabeu (anciennement Chamartín), parce qu’un grand club doit avoir un grand stade à sa disposition. Le stade dans le football, c’est un peu l’église dans le village ou la cathédrale dans une grande ville, et il personnalise le club. C’est pour cela que les dirigeants qataris du  PSG ont raison de vouloir rester au Parc des Princes, en l’aménageant pour le rendre davantage conforme à leurs ambitions.

D’ailleurs tous les grands clubs européens ont leur enceinte propre ou assimilée, chacun des supporters de football connaissant le Nou Camp (Barça), Old Trafford (Manchester United), ou Guiseppe Meazza (les deux clubs de Milan), à défaut de connaître l’histoire du club. C’est la raison pour laquelle je ne vois pas le PSG évoluer au Stade de France, trop éloigné du cœur de Paris…et trop impersonnel. Le public doit communier avec son équipe, surtout en Ligue des Champions où tous les matches se jouent sur des détails, ce qui pousse les joueurs à cravacher  pour parler comme Lucien Muller l’entraîneur monégasque dans les années 80, qui employait ce mot pour expliquer la différence de compétitivité entre les clubs français et les grands clubs européens.

Mais cravacher ne suffit pas pour s’offrir un présent et plus encore un avenir radieux, comme celui auquel aspire le PSG. Il faut en effet autre chose, à commencer par avoir un grand entraîneur pour diriger le staff technique. Or, justement, avec Carlo Ancelotti, qui figure parmi les meilleurs techniciens dans le monde du football, le PSG dispose de cette perle rare. N’oublions pas qu’Ancelotti a réussi partout où il est passé (deux fois vainqueur de la Ligue des Champions en 2003 et 2007 avec le Milan A.C. et doublé Championnat- Cup avec Chelsea en 2010), et, à ce titre, il dispose d’une aura qu’aucun entraîneur français ne peut revendiquer.

A ce propos, ce n’est pas faire injure à Antoine Kombouaré, en disant qu’il ne pouvait pas faire aussi bien qu’Ancelotti, parce que pour gagner une Ligue des Champions il faut autre chose de plus que la simple expérience de la Ligue 1. Certains me feront remarquer que José Mourinho a bien débuté un jour dans la carrière d’entraîneur, sauf qu’avant de devenir le « Spécial One », il fut l’adjoint de Bobby Robson et de Van Gaal au Barça, puis entraîneur de Benfica avant d’arriver au F.C. Porto, avec qui il allait gagner sa première Ligue des Champions (2004).

En outre, ce que les ignorants des affaires du football oublient, c’est que pour faire venir des grands joueurs dans un club, y compris en y mettant le prix, il faut des dirigeants et un entraîneur qui en  imposent. En écrivant cela, je pense évidemment à ce que je lis ça et là sur les forums des journaux, certains disant qu’Ancelotti n’a pas fait mieux que Kombouaré…ce qui reste à démontrer, même si le PSG a échoué de très peu dans sa quête du titre de champion de France, Montpellier remportant le titre avec énormément de réussite. Fermons la parenthèse, pour noter que le PSG n’a pas réussi cet hiver à faire venir quelques très grands joueurs pourtant sur le retour, Beckham, Kaka, ou des joueurs encore en devenir, Pato, parce que le PSG et la Ligue 1 n’étaient pas assez attractifs à leurs yeux. Or cet été, le PSG est devenu le club phare dans le monde en matière de transferts…grâce à la présence d’Ancelotti auprès de Leonardo, lui aussi très connu sur le plan européen.

Résultat, le PSG a fait signer l’un des trois meilleurs attaquants du monde, Ibrahimovic, mais aussi le meilleur défenseur, Thiago Silva, sans oublier le futur meilleur joueur de la planète, Verratti, et un des plus grands espoirs brésiliens, Luca Moura, ces joueurs venant s’ajouter à quelques autres de très bonne notoriété comme Lavezzi ou Van der Wiel. Tout cela permettant au PSG d’avoir d’ores et déjà une ossature qui fait rêver, avec un des tous meilleurs gardiens européens, Sirigu, un jeune argentin qui promet énormément, Javier Pastore, plus quelques valeurs sûres comme Thiago Motta, Néné, Alex, Sissoko, qui s’ajoutent aux internationaux français complétant l’effectif comme Jallet, Matuidi ou Ménez. Et en citant ces noms, je ne parle que de ceux qui sont peu ou prou toujours sur la feuille de match.

Alors que manque-t-il au PSG pour qu’il devienne la meilleure équipe européenne ? Peu de choses, une fois que tous ces joueurs formeront une véritable équipe, autour de l’épine dorsale composée de Sirigu, Thiago Silva, Verratti, Pastore ou Moura et Ibrahimovic. Peu de choses…et beaucoup à la fois, dans la mesure où pour franchir le dernier pas le rendant irrésistible, il faudra sans doute ajouter à l’effectif du PSG un joueur comme C. Ronaldo. Viendra-t-il finalement au PSG, comme certains l’ont susurré ces derniers jours ? Je parie que oui, et même que cela se fera plus vite qu’on ne le pense…pour la simple raison que seuls les qataris peuvent se permettre en cette période de crise économique mondiale d’investir la somme à nécessaire pour attirer un joueur comme C. Ronaldo. Ce sera pour la saison 2012-2013, et là qui peut oser dire que le PSG ne sera pas la meilleure équipe du monde ?

Et qui empêchera le PSG d’être le nouveau Real des années 50 (Santamaria, Kopa, Di Stefano, Puskas, Gento), le nouvel  Inter de Milan des années 60 (Facchetti, Picchi, Mazzola, Suarez, Corso), le nouvel Ajax du début des années 70 (Krol, Haan, Neeskens, Rep, Cruyff, Keizer), le nouveau Bayern de Munich juste après (Maier, Beckenbauer, Breitner, Hoeness, Muller), le nouveau Milan A.C. du début des années 90 (Maldini, Rijkaard, Gullit, Van Basten…et Ancelotti), ou le nouveau Barça des années 2000 (Puyol, Piqué, Xavi, Iniesta, Messi, Eto’o, Henry), pour ne parler que des équipes qui ont dominé outrageusement leur époque et qui nous ont fait rêver ? Reconnaissons que ce serait un merveilleux cadeau offert par les investisseurs qataris au football français, celui-ci ayant dû se contenter jusque-là des miettes du festin européen  avec 1 victoire pour  l’O.M. et 5 finales en C1(13 victoires pour l’Espagne) , plus une victoire du PSG et 2 finales en C2 (8 victoires pour l’Angleterre), et 4 finales en C3 (9 victoires pour l’Italie).

Et oui, jusqu’à présent nos clubs ne faisaient pas le poids face aux Britanniques, aux Allemands, aux Espagnols, aux Italiens, aux Portugais, aux Néerlandais. Pour mémoire, entre 1964 et 1974, la France n’a obtenu comme meilleurs résultats que deux places de quart de finaliste dans les 3 coupes européennes. Et nous ne faisons guère mieux depuis l’an 2000, avec une place de finaliste en Ligue des Champions (A.S. Monaco en 2004) et dans la Coupe de l’UEFA (O.M. en 2004) devenue Ligue Europa, ce qui est peu, très peu.  Il est temps que ça change, ce qui nous incite à crier : Allez le PSG !!!

Michel Escatafal