Merckx ou la frénésie de la victoire

Voilà une information qui va faire plaisir à tous les amateurs de vélo : les organisateurs du Giro ont créé un Panthéon de la gloire du Tour d’Italie, plus grande épreuve à étapes de la saison cycliste juste après le Tour de France.  Et qui ont-ils choisi pour être le premier membre ? Eddy Merckx lui-même, quintuple vainqueur de l’épreuve (1968, 70, 72, 73, 74), le plus italien des Belges puisqu’il a fait presque toute sa carrière dans des formations italiennes (Faema, Faemino, Molteni), du moins à l’époque de ses plus grands succès, entre 1968 et 1976.

Eddy Merckx, c’est le coureur qui affiche le plus beau palmarès du cyclisme international ( voir article intitulé « Palmarès vélo des grandes épreuves sur route »).  On peut même dire qu’il est très nettement au-dessus de tous les autres coureurs, parce que son palmarès comporte  11 grands tours, 27 classiques, 3 titres de champion du monde sur route, plus celui conquis chez les amateurs, et le Grand Prix des Nations en 1973. Aucun autre coureur, pas même Hinault, Anquetil ou Coppi ne peut se comparer à lui en ce qui concerne le palmarès sur route, auquel il faut aussi ajouter de nombreux succès sur la piste, comme par exemple dix-sept six-jours (la plupart avec Patrick Sercu) ou encore deux titres de champion d’Europe à l’américaine (ancêtre du championnat du monde qui a vu le jour en 1995). En fait il ne lui manque sur la piste qu’un titre mondial en poursuite…mais il n’a jamais participé au championnat du monde. S’il l’avait voulu il aurait à coup sûr remporté plusieurs titres, comme il l’a prouvé en 1973 en remportant le tournoi de poursuite d’Amsterdam. Enfin, il ne faut surtout pas oublier son record du monde de l’heure battu à Mexico,  en octobre 1972, son heure sans doute la plus merveilleuse  en même temps que la plus dure, à l’issue d’une saison où il avait remporté le Tour de France, le Giro, Milan-San Remo, Liège-Bastogne-Liège, la Flèche Wallonne et le Tour de Lombardie.

Oui, aucun autre coureur n’a gagné autant de courses que lui, et plus encore autant de grandes courses, ce qui explique que beaucoup d’amateurs de vélo le considèrent comme le meilleur coureur de tous les temps. Rappelons qu’au cours de sa carrière il a participé à 1800 courses sur route et qu’il en a gagné 525, soit le chiffre monstrueux de 29 % de courses gagnées. C’est ce qui explique qu’on l’ait surnommé « le Cannibale », car s’il a remporté autant de succès c’est aussi parce qu’il avait un désir effréné de gagner la moindre course. Alors, même s’il est difficile de faire des comparaisons, peut-on considérer qu’il fut le meilleur des meilleurs ? Peut-être, même si pour ma part je pense que Coppi était légèrement devant lui en valeur absolue, ne serait-ce qu’en raison du fait qu’il fut le plus grand grimpeur que le cyclisme ait connu, tout en étant aussi fort rouleur que Merckx ne le fut. Cela dit, c’est une opinion toute personnelle, et je conçois que l’on puisse contester mon jugement, tellement Eddy Merckx fut brillant entre 1968 et 1976, sans parler de la difficulté de faire des comparaisons à vingt ans d’intervalle.

Il a en effet réalisé tellement d’exploits qu’il est très difficile d’en faire ressortir quelques uns. Essayons malgré tout, même si l’exercice est ardu. D’abord il faut reconnaître qu’il avait la panoplie complète du grand routier, à la fois grimpeur, rouleur et sprinter.  Car grimpeur il était, même s’il a eu des difficultés face à des escaladeurs comme Fuente, Ocana qui lui infligea une sévère défaite dans la montée d’Orcières Merlette lors du Tour de France 1971 (Merckx arriva avec 8mn 42s de retard) , ou encore Thévenet qui le domina pendant le Tour de France 1975 à Saint-Lary, Pra-Loup et le lendemain dans l’Izoard. Il n’empêche, en 1969, Merckx accomplit un exploit qui restera  à jamais dans la légende du Tour de France, lors de la dix-septième étape Luchon-Mourenx-Ville-Nouvelle par le Tourmalet et l’Aubisque.  Ce jour-là, le magnifique champion belge s’offrit 140 km d’échappée en solitaire après avoir attaqué dans le Tourmalet, sous une chaleur caniculaire, pour franchir la ligne d’arrivée avec huit minutes d’avance sur ses premiers poursuivants…malgré une terrible défaillance dans les derniers kilomètres.

C’est ainsi qu’il remporta le premier de ses cinq Tours de France, avec une avance de 17mn 54s sur le second, Pingeon, et 22 mn 13s sur le troisième, Poulidor. Un exploit à la Coppi, reconnaissons-le, même s’il n’avait pas la facilité du campionissimo ou du Suisse Hugo Koblet. Au contraire, il écrasait les pédales vautré sur sa bicyclette, mais si le style laissait à désirer l’efficacité y était. Il se faisait mal, mais surtout il faisait encore plus mal aux autres. En tout cas, dans ce Tour de France 1969, il remporta tous les maillots distinctifs, le jaune bien sûr, mais aussi le vert du classement par points et celui du meilleur grimpeur. L’année précédente, en 1968, il gagna son premier Giro remportant aussi le grand prix de la montagne, ce qui montre que s’il n’était pas un pur grimpeur, il était quand même très efficace dès que la route s’élevait.

C’était aussi un formidable rouleur contre-la-montre, comme en témoignent les multiples victoires qu’il remporta dans les épreuves à étapes, en plus du Grand Prix des Nations en 1973 (véritable championnat du monde c.l.m. à l’époque). Mais Merckx était aussi un rouleur d’échappée, comme disaient les commentateurs belges, ce qui n’est pas toujours la même chose.  Cela étant, on ne compte plus les victoires qu’il remporta en solitaire, comme par exemple lors d’un inoubliable Paris-Roubaix en 1973. Cette année-là Eddy Merckx fut très grand dans « la reine des classiques », puisqu’il l’emporta après une chute où il avait percuté un photographe, ce qui ne l’empêcha pas de lacher Roger De Vlaeminck à un peu plus de 40 kilomètres de l’arrivée. Et lâcher De Vlaeminck dans Paris-Roubaix relève de l’exploit, quand on sait que ce dernier remporta l’épreuve à quatre reprises entre 1972 et 1977.

Ce même De Vlaeminck qui battit « le Cannibale » au sprint en 1975, avec qui il était échappé en compagnie de deux autres coureurs (Dierickx et Demeyer). Mais l’exploit de cette course ce fut Merckx qui le réalisa, dans la mesure où il creva à sept kilomètres de l’arrivée, ce qui aurait condamné tout autre coureur que lui. Et bien non, sa rage de vaincre était tellement forte qu’il réussit à revenir sur ses compagnons d’échappée, essayant même de les lâcher dès la jonction établie, pour finalement échouer d’un rien pour la victoire. Quelle furia, et pour nous, spectateurs ou téléspectateurs, quel plaisir des yeux !

Quelle furia aussi, après l’humiliation subie sur la fameuse montée vers Orcières-Merlette, dans l’étape suivante qui menait les coureurs d’Orcières à Marseille! Cette étape commençait par une descente de six kilomètres à partir du sommet de Merlette, puis le parcours offrait une déclivité plus douce pendant une centaine de kilomètres, à l’exception d’un obstacle constitué par  le petit col de Manse vers le trentième kilomètre. Ce parcours était idéal pour placer une offensive de grande envergure, comme on savait les organiser autrefois, et qui sait ? Mission fut alors donnée par le directeur sportif de la Molteni, Guillaume Driessens, au descendeur le plus intrépide du peloton, le Néerlandais Rinus Wagtmans équipier de Merckx, de foncer dès le départ avec évidemment Merckx et les autres équipiers dans la roue. Wagtmans remplit sa mission à la perfection. Il la remplit d’autant plus facilement qu’Ocana s’était attardé jusqu’au moment du départ pour répondre à une interview.

Et là ce fut la cavalcade folle du groupe Merckx, une cavalcade qui allait durer cinq heures, où Ocana et son équipe allaient avoir la chance de pouvoir compter sur l’équipe Fagor-Mercier qui défendait le maillot vert de Cyrille Guimard…menacé par Eddy Merckx. L’écart entre le groupe de neuf coureurs, emmené par Merckx, et le groupe Ocana, composé d’une quarantaine d’unités, oscilla toute la journée entre 40s et 2mn, pour atteindre à l’arrivée 1mn 56s, ce qui permettait à Ocana de conserver son maillot jaune avec plus de 7 minutes d’avance. Il n’empêche, Ocana venait de comprendre que jamais Merckx n’abdiquerait jusqu’à Paris. En outre cette étape folle menée à une allure extraordinaire, proche de 50 kmh de moyenne, avait fait arriver les coureurs à Marseille très en avance sur l’horaire le plus optimiste, et plus encore avait failli provoquer l’élimination de cinquante coureurs. Pour une étape sans difficulté, quel bilan et quel spectacle ! Mais surtout, on venait de s’apercevoir que Merckx n’était jamais aussi grand que quand on le croyait battu. Pour lui,  l’alternative c’était vaincre ou mourir !

Eddy Merckx était tellement fort qu’il suscita aussi la haine chez ses détracteurs, supporters des autres coureurs, comme le crétin qui lui asséna un coup de  poing au foie dans le Puy-de-Dôme lors du Tour de France 1975, alors qu’il était à la poursuite de Bernard Thévenet échappé. Parfois c’étaient les organisateurs qui s’y mettaient. En disant cela je pense à ce Giro 1969, qui lui fut volé au bénéfice de son grand rival de l’époque, l’Italien  Felice Gimondi, en raison d’un contrôle positif… entaché de tellement d’irrégularités que personne n’y avait cru.  Cela dit, de tels comportements  n’étaient heureusement pas la règle, et même si les supporters italiens ou français avaient une préférence pour leurs coureurs, la majorité des aficionados respectaient le super champion belge.  Quant aux organisateurs, ils étaient très heureux d’avoir un animateur comme Eddy Merckx dans chacune de leurs épreuves, ce qui était une garantie de spectacle. Lui-même en arrivait presque à comprendre la frustration de ceux qui voulaient le voir tomber de son piédestal…à force de le voir gagner. « Je laissais dire les gens.  J’avais l’habitude de la jalousie », affirmera-t-il plus tard, presque fataliste.

Mais si Eddy Merckx fut grand, ce fut aussi par son approche de la course, et là encore on peut faire la comparaison avec d’autres coureurs du passé comme Coppi ou Louison Bobet, pour ne citer qu’eux. Rien n’était laissé au hasard dans sa préparation, notamment en ce qui concerne le matériel. Merckx était même un maniaque sur ce plan, comme en témoigne le fait qu’il ait eu chez lui une pièce spéciale ou séchaient  ses multiples boyaux, afin d’augmenter leur résistance. Il avait aussi, comme tout grand champion qui se respecte, une garde rapprochée avec des équipiers totalement dévoués à sa cause, qui n’hésitaient pas à affirmer fièrement : « Avec Eddy, nous savons où nous allons, et chacun y trouve son compte ». Cette attitude des équipiers est d’ailleurs la marque des plus grands. Nous l’avons connu par le passé avec Coppi, Bobet, Van Looy, Anquetil et, après Merckx, avec Hinault, Indurain ou plus près de nous Armstrong et  Contador.

 Ces quelques mots sur la carrière d’Eddy Merckx ne sont à l’évidence qu’un pâle résumé de toutes ses victoires, petites ou grandes*, et de sa contribution à la légende du vélo. Et pour ne rien gâcher, après avoir mis fin à sa carrière en 1978 (un an trop tard sans doute) à l’âge de 33 ans, il a su réussir sa reconversion en devenant un important fabricant de cycles, connu dans le monde entier. Oui, vraiment Eddy Merckx est un grand Monsieur, et les amateurs de vélo ne peuvent que lui dire merci pour les spectacles qu’il leur a offerts.

Michel Escatafal

*Champion du monde amateurs (1964), champion du monde professionnel (1967,71,74), Tour de France (1969,70,71,72,74), Tour d’Italie (1968,70,72,73,74), Tour d’Espagne (1973), Tour de Suisse (1974), Milan-San Remo (1966,67,69,71,72,75,76), Paris-Roubaix (1968,70,73), Liège-Bastogne-Liège (1969,71,72,73,75), Tour des Flandres (1969,75), Flèche Wallonne (1967,70,72), Tour de Lombardie (1971,72), Gand-Wevelgem (1967,70,73), Amstel Gold Race (1973,75), Paris-Nice (1969,70,71), Dauphiné Libéré (1971), Tour de Romandie (1968), Grand Prix des Nations (1973), Record de l’heure (1972).


A propos de Rik Van Steenbergen, dit Rik 1er

Hier a eu lieu la vingt et unième édition du Mémorial Rik Van Steenbergen à Aartselaar remporté par le Néerlandais Kenny Van Hummel (Skil), devant l’Allemand Greipel et le Russe Galimzyanov. Bien entendu, si aujourd’hui je parle de cet évènement ce n’est pas pour évoquer uniquement une course intéressante, mais surtout pour se remémorer la carrière de Rik Van Steenbergen, sans doute un des plus grands coureurs de l’histoire du vélo. Dans mon classement basé sur les grandes courses du calendrier historique, je le situe juste devant des coureurs comme Kubler, Fignon, Lemond et Magni, et immédiatement derrière les 15 coureurs ayant le plus beau palmarès. C’est dire ! Et en plus, il faut ajouter que c’était un des meilleurs pistards que le cyclisme ait produit, étant un des très rares coureurs à avoir battu (une fois) Coppi en poursuite.

A titre personnel je me souviens très bien de lui, car il a remporté quelques uns de ses plus beaux succès à une époque où je commençais à m’intéresser au sport en général, et au vélo en particulier. Mais c’est surtout par mon père que je me suis intéressé à lui, car il admirait profondément le sprinter qu’était Rik 1er, surnommé ainsi par comparaison avec un autre immense coureur belge portant le même prénom que lui, Rik Van Looy. Van Steenbergen avait débuté dans la vie comme…rouleur de cigares, mais très tôt il allait devenir un grand champion. En effet à l’âge de 20 ans (en 1944), il était déjà triple champion de Belgique, sur route, en poursuite et en omnium. Et vingt ans après, il courait toujours et tenait encore le haut du pavé sur la piste, notamment dans « les six jours » (40 victoires), avec parmi ses équipiers des coureurs comme Severeyns, Ockers, Bugdhal, De Bruyne, Bahamontes (à Madrid), Motta, De Bakker, Faggin…et son gendre Pall Lykke, mari de sa fille aînée.

Son palmarès est bien évidemment extraordinaire (1053 victoires recensées dont 338 sur la route et 715 sur piste), avec sur la route trois titres de champion du monde (1949, 1956 et 1957), trois de champion de Belgique, mais aussi une ou plusieurs victoires dans quelques unes des plus grandes classiques,  Milan San-Remo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, ces deux dernières à deux reprises. A cela il faut ajouter la Flèche Wallonne en 1949 et 1958. Si je mets à part la Flèche Wallonne, c’est parce qu’en 1949 il allait affronter dans la classique belge le grand Fausto Coppi lui-même, qu’il allait battre finalement, mais au prix d’une de ces polémiques qui illustrent l’histoire du cyclisme sur route. En effet, à environ 100 km de l’arrivée, le campionissimo plaça un de ces démarrage dont il avait le secret, auquel un seul coureur put répondre, l’Italo-Belge Pino Cérami. En revanche les autres coureurs, dont Rik Van Steenbergen, ne pouvaient suivre. Bien entendu, compte tenu des multiples raids solitaires victorieux de Coppi, tout le monde se disait que la course allait se terminer par la victoire du crack italien, d’autant que son compagnon d’échappée, Cérami, ne rechignait pas à la besogne pour relayer.

Or, à une dizaine de km de l’arrivée et contre toute attente, les deux fugitifs sont rejoints par trois coureurs belges, Ward Peeters, De Mulder et Van Steenbergen, les cinq hommes se disputant la victoire à Liège, là où se situait l’arrivée à l’époque. Bien évidemment  ce sprint ne pouvait échapper à Van Steenbergen, redoutable routier-sprinter, qui l’emportait devant Coppi, ce qui était normal. Ce qui l’était moins, en revanche, c’est que Van Steenbergen, Peeters et un peu plus tard De Mulder aient pu rejoindre Coppi et Cérami qui se relayaient parfaitement. Coppi n’était-il pas le meilleur rouleur du peloton ? En réalité Van Steenbergen avait sans doute bénéficié du sillage des voitures pour revenir. Coppi ne dira rien, mais il n’en pensait pas moins, sentant qu’il avait été volé d’une victoire qu’il avait méritée amplement.  Par contre les spectateurs belges exultaient, prétendant que le plus fort avait gagné…ce qui n’était certainement pas vrai.

Cela dit Rik van Steenbergen n’avait pas forcément besoin des suiveurs pour gagner une course, bien au contraire. Par exemple au championnat du monde 1957 à Waregem, quand il revint à la régulière sur un petit groupe qui s’était détaché dans la côte dite du Renard. Dans ce petit groupe figuraient De Bruyne, qui avait attaqué le premier, immédiatement suivi par Jacques Anquetil et Louison Bobet qui au début collaborèrent avec De Bruyne…avant de le laisser se débouiller seul, car De Bruyne était un redoutable sprinter. Cela permit à Van Steenbergen et Darrigade de revenir sur les échappés et de disputer le sprint, que Darrigade aurait pu remporter s’il n’avait commis l’erreur de lancer le sprint face au vent avec De Bruyne et Van Steenbergen dans sa roue. Finalement ce fut Van Steenbergen qui l’emporta devant Bobet et Darrigade, à l’issue d’un sprint d’anthologie où Van Steenbergen se dégagea juste à l’endroit et au moment où il le fallait.

Ce fut un exploit parmi tant d’autres du grand  « Rik 1er », que ce soit sur la route où sur la piste. Il remporta en effet cinq fois le Critérium de l’Europe à l’Américaine (1958 à 1961 et 1963), mais aussi le Critérium de l’Europe de l’Omnium (1960). Il faillit récidiver en 1962 (à 38 ans), puisqu’il ne fut battu que par Rudi Altig, double champion du monde de poursuite et de treize ans son cadet. Ce ne fut pas son dernier exploit, car il continua de courir à un haut niveau sur la piste jusqu’en 1966, à l’âge de quarante deux ans. En fait, d’après la légende, Rik Van Steenbergen voulait continuer sa carrière  jusqu’à ce que chacun de ses enfants puisse avoir un immeuble en héritage à Anvers. Il aura réussi dans son entreprise au-delà de toute espérance, mais chacun est convaincu que cet appât du gain l’a sans doute condamné à « courir le cachet », surtout l’hiver, ce qui l’a privé de quelques succès retentissants supplémentaires dans les classiques d’un jour, même si sur ce plan il figure parmi les tous premiers. Il décèdera à 78 ans le 15 mai 2003, rejoignant ainsi le paradis des coureurs cyclistes où l’attendaient quelques uns de ses grands rivaux de l’époque, Coppi, Bobet ou encore Fred De Bruyne.

Michel Escatafal