Le PSG tutoie le Gotha européen, n’en déplaise à J.M. Aulas

aulasCette fois la saison de football est bien lancée, en France et ailleurs. Ailleurs parce que même si plusieurs grands championnats n’ont pas repris, il y a les diverses coupes européennes ou nationales pour les occuper. Ainsi on a assisté hier soir à une des plus grosses surprises de ces dernières années, avec la lourde chute du FC Barcelone en finale de la Super coupe d’Espagne contre l’Athletic Bilbao (4-0 et 1-1). Preuve que le football n’est pas une science exacte, preuve aussi que le Barça ne peut pas forcément se passer impunément d’un de ses trois attaquants (Messi, Neymar et Suarez). Cette fois c’était Neymar qui était absent, mais c’est la même chose si c’est Messi et même Suarez. Ce qui est amusant c’est de voir la réaction des forumers français, trouvant presque normal que le Barça soit battu sans un de ses atouts majeurs, alors qu’ils ne soulignent jamais l’absence conjointe de Verratti, Motta, David Luiz et Ibrahimovic lors des confrontations entre le PSG et le FC Barcelone en ¼ de finale de la Ligue des Champions au printemps. Cela étant, chacun sait que dans notre pays on préfère soutenir le « gentil » Barça au « vilain » PSG, dont le principal défaut est d’être très riche…grâce aux capitaux du Qatar. Ah, la France et les Français ! Quel pays sommes-nous devenus ? Au fait, personne n’est choqué parmi ces pseudo supporters du Barça, profondément anti-PSG, de voir écrit sur le maillot de Messi et ses copains « Qatar Airways »!

Passons, et voyons à présent ce qui se passe chez nous dans notre bonne vieille Ligue 1. Déjà, on observe que le « méchant » PSG, est en tête du championnat après deux journées. Normal disent les nombreux détracteurs du club parisien, puisqu’ils ont un budget de 3 à 50 fois supérieur à celui de ses adversaires. Il a en effet nombre de joueurs de classe mondiale comme Ibrahimovic, Cavani, Pastore, Lucas, Matuidi, Verrati, Motta, Thiago Silva, David Luiz, Marquinhos, Maxwell et Aurier, et j’en oublie peut-être. Evidemment cela fait riche un tel effectif, surtout quand en plus on le renforce avec un des tous meilleurs joueurs de la dernière Coupe du Monde et de la Copa America, l’Argentin Di Maria. Là c’est le trop plein pour nos braves franchouillards, qui n’acceptent pas que les stars du ballon rond appartenant au PSG touchent entre 5 et 15 millions d’euros par an. On a même des remarques du style : « C’est une honte de donner autant d’argent à des types qui tapent dans un ballon » ! Comme si les joueurs du Real, du Barça, de Chelsea, des deux Manchester ou du Bayern ne touchaient pas des sommes de cet ordre ! Oui, certes, mais nous sommes en France, et 75% de gens préfèrent une victoire du Barça contre le PSG…ce qui est hallucinant.

Ce qui l’est encore plus, c’est que ces gens sont tellement haineux, à force sans doute d’être malheureux de leur sort individuel, qu’ils se répandent en grand nombre au moindre article sur le PSG, allant même jusqu’à regretter qu’on parle autant du club parisien. On pourrait leur rétorquer que s’ils n’aiment pas les articles sur le PSG, le mieux serait qu’ils ne les lisent pas. Mais cela semble au-dessus de leur compréhension. Ce qui est aussi incompréhensible, et je doute que cela existe ailleurs à ce point, c’est de reprocher à un joueur d’être né…à Marseille. Si j’écris cela c’est parce que dimanche soir, Stambouli, natif de la cité phocéenne, a été sifflé par des soi-disant supporters du PSG à son entrée sur le terrain. Ahurissant de bêtise et de stupidité ! C’est aussi ça la France ! Certes les siffleurs étaient sans doute une minorité, du moins il faut l’espérer, mais c’est quand même un signe que notre pays va très mal, beaucoup plus qu’on ne l’imagine. Les gens du Qatar doivent quand même être interloqués devant  « une (telle) inertie mentale qui se manifeste à la fois dans les actes et les propos », pour parler comme Théophraste.

Heureusement pour ces gens, pour ces Français à l’étroitesse d’esprit bien ancrée, ils ont leur héraut en la personne de l’ineffable J.M. Aulas, l’homme qui voulait récupérer les points perdus contre le RC Lens (par le biais d’un dépôt de bilan du club artésien) pour que son club, l’Olympique Lyonnais, ait quelques chances supplémentaires d’être champion de France 2014-2015. Imaginons Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, faire la même démarche? Quel tollé de la part des franchouillards, chacun y allant à son tour à propos des « valeurs », mot que l’on brandit allègrement…sans en connaître le sens (même Thauvin !!! a employé ce mot à propos du PSG)  ! Problème, le président du PSG a la classe des grands dirigeants, et jamais on ne le verra se livrer à ce genre de bassesse. Lui ne s’occupe que de son club. Mieux même, il ne cherche pas à recruter les meilleurs joueurs de ses concurrents nationaux, ce qu’il pourrait facilement faire vu les moyens dont il dispose, pour les affaiblir. Non, il respecte tout le monde, se contentant de vouloir à tout prix remporter la Ligue des Champions le plus rapidement possible, rêve absolu des investisseurs qataris, parce que ça installerait définitivement leur club dans le Gotha européen. La marque PSG, qui a déjà tellement évolué depuis 2011, serait à ce moment au niveau de celle des clubs historiques, type Real, Barça ou Manchester United, la différence de palmarès étant quasiment gommée par la notoriété de Paris, troisième destination le plus visitée au monde.

Cela d’ailleurs J.M. Aulas ne semble pas le comprendre, aveuglé par son envie d’être plus important qu’il n’est… ce qui est tellement français. Des Français qui évidemment apprécient son esprit gaulois, qui le porte à affirmer qu’il refuse de s’incliner devant le pouvoir de l’argent, symbolisé par le PSG. Et encore a-t-il de la chance J.M. Aulas que l’Olympique de Marseille, seul club français à avoir remporté la C1, soit devenu un club en proie à de grosses difficultés économiques, malgré la fortune personnelle de son actionnaire, laquelle aimerait bien vendre son club…si elle trouvait un acheteur. Mais qui voudrait acheter l’Olympique de Marseille ou l’Olympique Lyonnais ? Marseille ou Lyon ne sont pas des villes connues dans le monde entier (Bordeaux l’est davantage), et la France n’est pas une terre d’accueil facile pour des investisseurs étrangers, surtout pour le football, en raison d’une fiscalité hautement dissuasive. Résultat, si la notoriété de Paris permet de dépasser ce handicap, qui s’ajoute à une passion moindre pour le football en particulier et le sport en général, ce ne peut pas être le cas pour Lyon ou Marseille. Du coup, à part le PSG qui est sur une autre sphère, tous les autres clubs français sont condamnés à vivoter et à être des clubs moyens sur le plan européen, formant des joueurs pour les vendre plus tard. Et ce n’est pas avec son « grand stade » que l’Olympique Lyonnais pourra combler l’immense fossé qui le sépare des plus grands clubs de la planète.

Ce stade d’abord il faudra le payer, et le club d’Arsenal sait que ce n’est pas une mince affaire, même pour un club londonien. Il n’y a guère que les supporters lyonnais, idolâtrant leur « très grand président », pour croire que ce fameux stade va générer des revenus tels que l’Olympique Lyonnais va très vite se retrouver dans une situation financière florissante. A ce propos, on peut aussi noter que les Qataris ont très bien négocié leur arrivée à Paris, en obtenant très rapidement la gestion exclusive du Parc des Princes pour les 30 prochaines années à partir de 2014, contre un loyer fixe de 1 million d’euros annuel plus des bonus, ce qui leur permettra de pouvoir achever les travaux de rénovation commencés depuis l’an passé, avec pour objectif de disposer d’une enceinte de 60.000 places, voire même plus, après 2016. De quoi faire enrager encore davantage J.M. Aulas, qui en est réduit à payer en plusieurs fois des transferts de l’ordre de…5 millions d’euros, et à transférer son « futur Samuel Eto’o » à Tottenham (N’jie). Au fait, combien de temps gardera-t-il Fekir, «  »son nouveau Messi », ou encore Lacazette, l’homme qui vaut plus de 100 millions d’euros, puisqu’il est « bien meilleur » que Gareth Bale ? Certes, il est quelque peu revenu sur ces déclarations, mais quand il les a faites, cet hiver ou au printemps, il n’avait pas l’excuse de la canicule de juillet.

Un dernier mot enfin, pour dire que je n’ai rien contre Monsieur Aulas, qui a fait du très bon travail à Lyon pour son Olympique Lyonnais, mais il gagnerait à faire preuve de plus de mesure, voire de modestie, ce qui lui permettrait de se réjouir de voir le PSG atteindre un niveau de notoriété tel que toute la Ligue 1 en profite. Qui aurait imaginé il y a cinq ou dix ans qu’on connaîtrait notre championnat en Thaïlande ou en Indonésie, voire même en Amérique du Nord? J.M. Aulas aime incontestablement la lumière, mais la lumière qu’il veut se créer semble l’aveugler au point parfois de perdre toute notion de bienséance. En outre, qu’il arrête ses tweets de gamin attardé, car ce n’est pas digne de quelqu’un comme lui. C’est bien de vouloir faire moderne, mais J.M. Aulas a 66 ans, un âge où généralement on est devenu sage. Cela étant, comme l’a écrit Pierre-Claude Nivelle de la Chaussée, « d’âge en âge, on ne fait que changer de folie ».

Michel Escatafal


Pauvre France, tu ne mérites pas tes champions !

RinerCette fois c’est fait : en 2024 la France ou plutôt Paris organisera les Jeux Olympiques, cent ans après les avoir organisés. Cela étant, l’organisation des J.O. n’a aujourd’hui rien à voir avec celle de 1924. D’abord parce qu’il y a beaucoup plus de sports concernés, ce qui implique que les Jeux se déroulent à travers tout le pays ou presque (on parle du Havre pour la voile en 2024). A ce propos on peut quand même s’interroger sur l’utilité de la présence de certains sports (on évoque le bridge en hiver, le bowling…) alors que le kilomètre ou la poursuite dans le vélo ont été rayés du programme. Passons. Ensuite les sommes mises en jeu sont de nos jours incomparablement supérieures à celles d’il y a cent ans, en euros constants. Rien que le montant de la campagne de candidature s’élèvera à 60 millions d’euros, nous dit le site Sport 24, et si le budget prévu ne devrait pas dépasser 6 milliards contre 12 milliards pour les J.O. de Londres en 2012, il reste quand même conséquent. Sur ce plan toutefois, soyons prudents, car chacun sait qu’il est très difficile de rester « dans les clous prévus » pour une telle manifestation, même si Paris dispose déjà de l’essentiel des installations sportives ou infrastructures pour recevoir les sportifs du monde entier en août, raison de plus pour approuver ce projet. D’ailleurs la quasi totalité de la classe politique est pour l’obtention de ces Jeux Olympiques, à l’exception notable de J.L. Mélenchon. Mais Mélenchon, combien de divisions ?

Au passage vous remarquerez que je considère comme acquis l’organisation de cette manifestation planétaire ayant lieu tous les quatre ans, car évidemment je n’imagine pas qu’une autre ville puisse nous priver de Jeux chez nous, après trois échecs presque consécutifs en 1992, 2008 et 2012. Ce serait un non-sens de ne pas accorder à la France ces Jeux qu’elle n’a pas organisés, je le répète, depuis cent ans, alors que par exemple l’Allemagne (Hambourg est candidate) les a organisés deux fois entre 1936 et 1972, sans parler des Etats-Unis (Boston est candidate) qui y ont droit régulièrement (quatre fois depuis 1904 et trois fois depuis 1932).

Et puisque nous parlons des J.O., je voudrais en profiter pour noter encore une fois les réactions démagogiques de nombre de personnes de notre pays, relativement aux sommes que perçoit le judoka Teddy Riner de la part du club de judo de la ville de Levallois (24.000 euros par mois). Voilà un phénomène bien français à propos d’un de nos deux ou trois plus grands champions, tous sports olympiques confondus. Un sportif connu planétairement pour ses performances, parce que le judo est un sport très important en Asie, en Europe, et même en Amérique. Un sportif qui a remporté à 26 ans un titre olympique, 7 titres de champion du monde, et 4 titres européens en individuel. Qui dit mieux ? Pas grand monde à la vérité, et rien que cela justifie ses émoluments, surtout si nous faisons la comparaison avec ce que touchent les footballeurs, y compris pour nombre d’entre eux en Ligue 2. Que veulent les censeurs au petit pied, toujours prêts à reprocher aux sportifs, aux hommes d’affaires, aux artistes etc. de gagner trop d’argent ? Mais cet argent ils ne le volent pas ! En outre dans le cas de Teddy Riner, même si la commune de Levallois est la plus endettée de France (11500 euros par habitant), ce n’est quand même pas son salaire, payé par son club de Levallois, qui est la cause de la dette de la ville qui dépasse 750 millions d’euros. Pourquoi stigmatiser un de nos plus brillants représentants au niveau du sport, qui s’entraîne régulièrement dans son club pour le plus grand bonheur des autres licenciés du judo levalloisien ?

Tout cela est vraiment écœurant, et suffit à démontrer que nombre d’habitants de notre pays marchent sur la tête. Il paraît que le Français déteste l’argent, mais si j’en crois un article fait sur le sujet l’an passé, les ménages français avaient parié 46.2 milliards d’euros en 2012 sur les jeux d’argent, soit une progression de 76% par rapport à l’an 2000. Pour des gens qui soi-disant n’aiment pas l’argent, l’attitude de nos compatriotes est plutôt étonnante. Bien sûr certains vont nous dire que c’est la misère qui les fait jouer, mais c’est aller un peu vite en besogne. En fait les Français sont comme les autres habitants de la planète, à savoir qu’ils aiment eux aussi avoir de l’argent. Problème, comparés à d’autres, ils semblent être surtout envieux et jaloux de ce qu’ils ne possèdent pas et que d’autres ont. C’est pour cela qu’ils n’aiment pas les footballeurs du PSG, alors que les Anglais, les Italiens ou les Espagnols sont beaucoup moins préoccupés par les salaires des joueurs de leurs grands clubs, à qui ils demandent simplement de remporter des titres.

Triste constat sur les habitants de mon pays, mais c’est hélas la réalité…ce qui explique nos échecs dans le sport et ailleurs. Ce n’est quand même pas un hasard si les affluences dans nos stades ou nos salles sont nettement inférieures en moyenne à celles de nos voisins européens ou amis américains. Et ce n’est pas non plus un hasard si notre pays n’a remporté qu’une seule C1 en football (OM en 1993), si un coureur de notre pays n’a pas gagné le Tour de France depuis 1985 (Hinault) et aucun grand tour depuis 1995 (Jalabert à la Vuelta), si la France n’a été qu’une seule fois championne d’Europe de basket (2013), si la France n’a jamais été championne du monde rugby, alors que ce sport n’est pratiqué au très haut niveau que par une dizaine de nations en étant généreux (en fait dans les Iles britanniques, en France, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et depuis peu en Argentine et en Italie), si la France n’a eu que huit athlètes champions olympiques depuis 1948 (Micheline Ostermeyer en 1948, Alain Mimoun en 1956, Colette Besson en 1968, Guy Drut en 1976, Pierre Quinon en 1984, Marie-Jo Pérec en 1992 et 1996, Jean Galfione en 1996 et Renaud Lavillenie en 2012), si etc., etc.

Et le pire est que si nos clubs enlèvent des titres continentaux ou planétaires, on les critique. Par exemple le RC Toulon que j’évoquais hier, parce que son équipe serait soi-disant composée de mercenaires ! Ridicule, stupide, idiot, imbécile, grotesque, insensé, dérisoire, minable ! Heureusement, comme disait Talleyrand, que « tout ce qui est excessif est insignifiant ». En attendant, je souhaite que le RC Toulon soit de nouveau champion d’Europe la saison prochaine, que le PSG gagne la Ligue des Champions en 2016, que Teddy Riner soit de nouveau champion olympique à Rio, que Renaud Lavillenie soit enfin champion du monde à la perche en août prochain, qu’Eloyse Lesueur retrouve tous ses moyens l’année prochaine et devienne championne olympique à la longueur à Rio…et que Contador, que nombre de Français ont tellement voué aux gémonies, réalise en juillet le fameux doublé Giro-Tour, qui lui permettrait de rejoindre Bernard Hinault au classement des victoires en grands tours (10), avec la possibilité de battre le record de Merckx (11) au cours de sa dernière saison l’année prochaine.

Michel Escatafal


La classe de Nasser Al-Khelaïfi…

Nasser Al-KhelaifiAlors que le PSG se débat avec le fair-play financier…quand ses propriétaires pourraient s’offrir sans problème Ronaldo ou Messi, alors que ledit PSG va être bientôt le seul grand club européen candidat à la Ligue des Champions à ne pas pouvoir recruter…alors qu’il n’a pas de dettes, il y a des présidents de club en France qui ne cessent de lui chercher des poux dans le tête…parce qu’il est riche. Et il n’y a pas que l’ineffable J.M. Aulas, qui essaie par tous les moyens de se singulariser depuis que son club ne domine plus financièrement et sportivement le football de club français, car maintenant s’y ajoute le président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot. Je rappelle au passage  que ce dernier a soutenu J.M. Aulas, quand ce dernier voulait annuler les résultats du RC Lens…pour récupérer les points perdus contre cette équipe en proie à d’inextricables difficultés financières !!!

Fermons la parenthèse pour dire que le président rémois n’est pas à une contradiction près vis-à-vis du PSG, qui ne lui procure pas un si grand plaisir, alors qu’en mars 2013 il avait tout fait pour récupérer un maillot de Beckham. Il devrait aussi se réjouir d’avoir dans notre championnat un club capable d’aligner autant de joueurs de classe mondiale. Par parenthèse, rien que pour la Copa America, le PSG aura une demi- douzaine de joueurs sélectionnés en équipe du Brésil, d’Argentine et d’Uruguay. Evidemment, ce n’est ni le cas de l’Olympique Lyonnais et encore moins de celui du Stade de Reims. Il est vrai que si Lyon est resté aujourd’hui, y compris cette année, à un niveau proche de ses meilleures années, entre 2000 et 2010, avec plusieurs jeunes issus du centre de formation, tel n’est pas le cas du Stade de Reims, dont on rappellera qu’il fut le club phare de ce que l’on n’appelait pas encore la Ligue1, en ayant été à six reprises champion de France entre 1949 et 1962. Rien que ça ! Et nous devons aussi ajouter que les Rémois ont remporté la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en 1953 et ont été deux fois finalistes (1956 et 1959) de la Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions).

A cette époque J.P. Caillot n’était pas né ou à peine, mais son père a dû lui dire que le Stade de Reims dans les années 50 était un club rassemblant la plupart des meilleurs joueurs français, certains étant même parmi les tous meilleurs européens à leur poste (Kopa, Fontaine, Piantoni, Vincent, Penverne, Jonquet). D’autre part il dominait largement le championnat de France quand il n’était pas engagé dans les joutes européennes. Enfin son budget était certainement le plus élevé avec, outre les joueurs cités précédemment, Colonna, Marche, Bliard, Rodzik, Muller, Wendling etc. Cela dit, contrairement au PSG de nos jours, même s’ils n’étaient  pas supporters du Stade de Reims, les gens respectaient ce club, notamment parce qu’il était le principal représentant de notre pays dans la Coupe d’Europe. Et puis Reims à l’époque n’était pas la propriété du Qatar, mais de la maison Pommery, Henri Germain, le président, ayant lui aussi sa marque de champagne. Bref tout cela sentait bon le terroir. Problème, parmi tous les grands clubs des années 1950, seul le Stade de Reims ne peut plus espérer jouer le moindre rôle en Europe…parce que manquant de moyens financiers comparé aux autres grands clubs historiques européens, lesquels finissent toujours par se relever des inévitables crises qui accompagnent leur histoire. La Juventus en a apporté une nouvelle preuve hier soir, en dominant le Real Madrid malgré ses stars achetées 50 ou 100 millions.

Seulement dans les pays voisins du nôtre, il y a une passion du football beaucoup plus saine que chez nous. Déjà les supporters respectent les joueurs, alors que chez nous des soi-disant supporters incultes en arrivent à interrompre l’entraînement d’une équipe, parce que celle-ci a des résultats insuffisants. Et ce n’est pas un conte puisque c’est arrivé ce matin à Nice. Et pourtant,  quand on regarde l’effectif niçois, qui peut imaginer que cette équipe puisse se mêler à la lutte pour les places européennes ? Au contraire, alors que l’on s’en prend à l’entraîneur (Claude Puel), on devrait le féliciter d’obtenir d’aussi bons résultats parce qu’il perd chaque année ses très bons joueurs. Voilà le problème du football français, et cela ne sert à rien de chercher des excuses aux difficultés de notre Ligue 1, et à son manque d’attractivité. En outre, si un investisseur reprend un club pour faire une belle équipe européenne, il sera vilipendé, dénigré par ces fameux pseudo-supporters qui n’accepteront pas cet investisseur s’il est par exemple qatari. Non, en France on veut être les meilleurs en étant des gagne-petit. Oui Ibrahimovic avait raison quand il disait que « la France ne mérite pas le PSG ».

Aujourd’hui, si le PSG est considéré comme un grand club et s’il donne de la visibilité à la Ligue 1, il le doit aux dirigeants qataris. Et si un club français doit remporter la Ligue des Champions dans les années qui viennent, ce sera le PSG. Nous sommes au XXIè siècle, et on n’y peut rien changer, en espérant que le fair-play-financier finisse par mourir de sa belle mort, du moins tel qu’il est, pour que cette victoire en Ligue des Champions ne tarde pas trop. Fermons la parenthèse pour noter, aussi, que 70% des Français souhaitaient la défaite du PSG contre le FC Barcelone en quart de finale de la Ligue des Champions! Imagine-t-on la même chose en Italie, Espagne, Allemagne ou Angleterre ?  Imagine-t-on aussi dans ces pays autant de soutiens à un dirigeant se permettant d’essayer de changer le résultat d’un championnat acquis sur le terrain, comme l’a fait J.M. Aulas, le président de l’OL ? Ah j’oubliais : Aulas est français, donc respectable même quand il manque de respect à son sport et à son championnat. Mais au fait, à qui appartient Chelsea ? A un Russe. A qui appartient Manchester United ? A une famille américaine. Et l’Inter de Milan etc. Autant de pays où cela ne gêne personne que le patron soit étranger. C’est ça la France, ou plutôt une certaine France parce que tout le monde n’a pas cette mentalité.

Et pourtant les Français vont devoir s’y faire, car aujourd’hui on annonce la possible vente des Girondins de Bordeaux à un Indien. J’en connais plus d’un qui avoir du mal à l’accepter ! Des Qataris, des Indiens…il ne manquerait plus que des Chinois, des Indonésiens ou des Emirati ! Que tout cela est ridicule ! Et bien moi, si ces gens veulent investir dans nos clubs de football, de basket ou de rugby, je dirais bravo…comme on le fait ailleurs. Pour ma part, je ne m’occupe pas de la nationalité des sportifs pour apprécier leurs performances. La preuve, mon sportif préféré s’appelle Contador, mon pilote de F1 préféré s’appelle Raikkonen, mon joueur de rugby préféré s’appelait Wilkinson, mais mon pilote de rallye préféré s’appelle Ogier, et mon athlète préféré s’appelle Mekhissi. Je suis très éclectique, et c’est valable aussi pour les sportives féminines, mon admiration sans borne allant à des jeunes femmes comme Kim Gevaert (Belgique), Christine Arron, Muriel Hurtis, Myriam Soumaré, Mary Pierce, Amélie Mauresmo, mais aussi auparavant à Chris Evert (Etats-Unis) ou Hanna Mandlikova (Tchéco-australienne).

Pour terminer je voudrais simplement faire remarquer à M. Caillot, que si le PSG est certes la meilleure équipe française, il n’écrase pas le championnat comme ce président rémois à l’air de le dire. J’ajoute même que le PSG souffre à présent, comme le Stade de Reims souffrait dans les années 50, de l’envie des équipes de faire le match de l’année contre eux. Et pour le PSG il y a, en plus, les soi-disant supporters qui en veulent terriblement à ce club…parce qu’il y a surtout des étrangers sur le terrain dans leur équipe (dans l’équipe type, il n’y a que Matuidi qui est français). Et alors, combien il y a d’Anglais à Arsenal ? Et l’attaque du FC Barcelone, n’est-elle pas composée de Messi (Argentine), Suarez (Uruguay) et Neymar (Brésil) ? Et hier soir, qui composait l’attaque de la Juventus ? Tevez (Argentine) et Morata (Espagne).

Tournons la page, et revenons à ce que j’écrivais auparavant pour signaler que si la victoire à trois points avait existé à cette époque, le Stade de Reims aurait été champion de France avec 2 points d’avance en 1949 (devant Lille), mais avec 8 points d’avance en 1953 (devant Sochaux), avec 8 points en 1955 (devant Toulouse), avec 13 points en 1958 (devant Nîmes), et avec 9 points en 1960 ( devant Nîmes) et grâce à la différence de buts en 1962 (devant le Racing de Paris). On le voit,  à part aux deux bouts de la période faste rémoise, il y avait une nette domination du Stade de Reims pendant une dizaine d’années. Cela M. Caillot doit le savoir ! En tout cas, si les succès du PSG ne le font pas « bander », moi je trouve particulièrement attristant sa prise de position vis-à-vis du RC Lens pour se maintenir en Ligue 1 avec plus de facilité. Et je ne crois pas que Mr Henri Germain aurait eu la même position que lui sur cette affaire. Cela m’amène à écrire, une nouvelle fois, combien j’apprécie la classe des dirigeants qataris face aux multiples attaques dont ils sont la cible. Messieurs Aulas et Caillot devraient s’inspirer de l’attitude de Nasser Al Khelaifi, ou de Roman Abramovitch (Chelsea) ou de Florentino Perez (Real Madrid), pour ne citer qu’eux. Ils ont de l’argent certes, mais ils ne s’occupent que de leur club !

Michel Escatafal


En rouge et bleu, en rouge et noir…(1)

ToulonPartie 1

Alors que le football français est en train de se ridiculiser, avec les sorties de J.M. Aulas qui veut récupérer un titre de champion de France par tous les moyens, y compris en enfonçant un autre club professionnel, le RC Lens, la France du rugby est en train de vivre son âge d’or au niveau des clubs. Et pour cause, une nouvelle fois un club français, le RC Toulon, vient de remporter la Coupe d’Europe, qui plus est en battant  en finale un autre club français, l’AS Clermont-Auvergne (déjà battue en 2013). C’est quand même la quatrième fois depuis 2010 (Stade Toulousain) que cette compétition continentale enregistre un succès français, ce qui suffit à démontrer que notre Top 14 est bien au sommet du rugby de club en Europe, et sans doute dans le monde. D’ailleurs, si l’on regarde le palmarès depuis sa première édition en 1996, on s’aperçoit que les clubs français l’ont emporté à 8 reprises contre 6 à l’Angleterre et 6 aux franchises provinciales irlandaises. Ces huit victoires ont été remportées par 3 clubs, à savoir le CA Brive (1997), dont c’est le seul vrai titre de gloire, le Stade Toulousain (1996, 2003, 2005 et 2010) et le RC Toulon ces trois dernières années, exploit unique dans les annales.

Bravo donc au RC Toulon de Mourad Boudjellal, qui vient de réussir un triplé retentissant, et bravo aussi aux valeureux Auvergnats de Clermont (club autrefois appelé AS Montferrand), qui n’ont pas démérité et qui ont cru en leurs chances jusqu’au bout, même s’il faut bien admettre qu’ils ont été dominés par leurs vainqueurs. Des vainqueurs que nombre de crétins qualifient de « mercenaires », parce que dans l’effectif du RC Toulon il y a nombre de joueurs d’origine étrangère (Néo-Zélandais, Australiens, Sud-Africains, Anglais, Gallois, Ecossais, Fidjiens, Argentins, Italiens, Géorgiens), soit autant que de joueurs français dans l’effectif global. Mais quand il s’agit de jouer des matches à élimination directe, la proportion de joueurs étrangers est infiniment plus importante, puisque dans la finale de samedi à Twickenham il y avait 14 joueurs étrangers contre 7 français. C’est quelque chose d’insupportable aux yeux de soi-disant amateurs de rugby, qui n’ont toujours pas compris que la professionnalisation du rugby est aujourd’hui bien réelle, et que l’on n’y peut rien changer.

Pour ce qui me concerne, je ne boude pas mon plaisir, et tant pis si les champions d’Europe s’appellent Halpfenny, Mitchell, Hernandez, Wulf, Habana, Giteau, Masoe, Armitage, Smith, Fernandez-Lobbe, Williams, Botha, Hayman ou Chilachava. Pour les franchouillards, il restait quand même Bastareaud, Tillous-Borde, Taofifenua, Guirado, Orioli, Chiocci et Menini. On notera au passage que lesdits « mercenaires » ne sont pas n’importe qui, parce qu’ils sont tous internationaux dans leur pays, au même titre que les Français, et qu’il y a parmi eux des champions du monde comme Habana, Juan Smith et Botha (Afrique du Sud), ou encore comme Hayman et Williams (Nouvelle-Zélande). Bref du très beau monde pour pouvoir composer une fantastique équipe, dont certains affirment qu’elle est la plus belle équipe de club de l’histoire. Est-ce vraiment le cas ?

D’abord je vais répondre qu’il est impossible de comparer des équipes à des époques différentes, et ceux qui connaissent le rugby pour l’avoir pratiqué, savent bien que ce n’est plus le même jeu qu’il y a 20, 40 ou 60 ans. Pour autant les bases sont les mêmes, comme la forme du ballon, et j’ai la faiblesse de croire que les artistes des années 1950 ou 60 avaient autant de rugby dans les veines que ceux d’aujourd’hui. La principale différence, en plus des règles, c’est que de nos jours les jeunes gens sont plus grands, plus forts physiquement et qu’ils courent plus vite. Normal me direz-vous quand on sait qu’en 1954 le record du monde du 100m était de 10s2 (manuel) donc autour de 10s40 électrique, alors qu’aujourd’hui il est de 9s58. En outre le rugby est aujourd’hui un sport professionnel, avec tout ce que cela comporte, notamment le fait que les joueurs ne fassent que ça, sans parler des séances de musculation intenses qui n’ont rien à voir avec les muscles acquis par nos anciens piliers dans les travaux des champs.

 Toutefois il n’est pas inintéressant de s’essayer à cette comparaison, comme a voulu le faire l’Equipe sur son site web. Pour ma part je comparerais le Toulon 2013 à 2015 au FC Lourdes des années 50, au Béziers de la décennie 70 et au Stade Toulousain 2008. C’est subjectif, mais j’assume mon choix, même si on aurait pu choisir le SU Agen des années 1962, 1965 ou 1966 avec ses Dehez, Razat, Hiquet, Lacroix, Zani, Sitjar, Fort, Lasserre ou Malbet, une équipe qui comptait dans ses rangs un étranger, italien, Franco Zani, sans doute le meilleur troisième ligne centre du monde à cette époque. Une équipe aussi capable d’offrir une sarabande d’offensives, au point que les Britanniques tressèrent des lauriers au rugby français et à son championnat, qui pouvait offrir un aussi magnifique spectacle que celui de la finale SU Agen-AS Béziers en finale du championnat de France 1962 (14-11), ou celui de la finale 1965 contre le CA Brive (15-8). A ce propos, on pourrait rappeler à J.M. Aulas une anecdote relative à cette finale, que n’aurait jamais dû jouer le seconde ligne briviste Normand, expulsé en demi-finales contre le Stade-Montois, et qui fut requalifié par le président de la FFR, Jean Delbert…pour ne pas diminuer les chances du CA Brive. Le président du SU Agen de l’époque, futur président de la FFR, n’y trouva rien à redire et ne s’adressa pas au CNOSF pour récupérer le titre perdu sur le terrain. Pauvre JM Aulas qui n’accepte pas que le PSG soit tellement plus riche que son Olympique Lyonnais!!!

Fermons cette parenthèse burlesque pour revenir au sport, au vrai, pour dire aussi qu’on pourrait comparer ce Toulon de Mourad Bodjellal au Stade Toulousain de 1989 qui battit en finale le…RC Toulon à l’issue d’un match d’anthologie, avec notamment cet essai de 90 mètres suite à une pénalité jouée à la main par Rougé-Thomas, lequel donna à Cigagna. Mal replacés, les joueurs toulonnais furent surpris. La balle arriva dans les mains du « magicien » Codorniou, qui fit un impeccable cadrage pour Charvet, lequel, après une course folle, marqua  un de ces essais qui ont fait la légende de ce sport, un essai dont tous ceux qui ont vu le match, au Parc des Princes ou à la télévision, se rappellent encore. Quelle accélération de Charvet flanqué à ses côtés de Rancoule, fils de l’ailier lourdais des années 50 ! Et oui, on en parle encore, comme on parlera longtemps de l’essai de Mitchell samedi dernier. Dans cette équipe toulousaine il y avait aussi J. Cazalbou, Janik, Cigagna, Cadieu, Morin, Soula et les frères piliers Portolan, de quoi composer une très belle équipe.

Michel Escatafal


France-Brésil, une union presque fusionnelle dans le sport

senna

thiago silvaEntre la France et le Brésil il y a une union presque fusionnelle en sport. Les deux pays ont souvent été confrontés, notamment dans deux sports hyper médiatisés, le football et la Formule 1. Il se trouve que la France et le Brésil sont deux nations parmi les plus fortes du football. Le Brésil a remporté 5 fois la Coupe du Monde, la première en 1958 en battant en demi-finale l’Equipe de France emmenée par Kopa, mais aussi Fontaine, Piantoni, Vincent, Kaelbel et Jonquet. C’est d’ailleurs lui qui fut le véritable héros (malheureux) de cette fameuse demi-finale qui opposait les deux meilleures équipes de la compétition.

En effet, et cela on l’oublie très souvent, au moment de la blessure de Jonquet son arrière central, victime d’un choc avec Vava l’avant-centre brésilien, le score était de 1 à 1. Cela voulait dire que rien n’était fait, et la manière dont Fontaine avait marqué son but à Gilmar, le gardien brésilien, laissait penser que les Français auraient pu en marquer d’autres si elle avait pu jouer à égalité de chances. N’oublions pas qu’à l’époque, il n’y avait pas de remplacement possible, ce qui signifie que la France a joué à 10 pendant une heure. Imaginons que ce soit l’inverse qui se soit produit et que dans le choc, ce soit Vava qui ait été blessé. On peut penser que les Brésiliens auraient été beaucoup moins dangereux, et que les Français déjà très forts en attaque auraient eu encore plus de facilité pour défier la défense brésilienne. La France aurait sans doute gagné la Coupe du Monde…même si cette affirmation repose sur des si. D’ailleurs si la Hongrie n’avait pas été envahie par les troupes soviétiques en 1956, provoquant l’exil de ses meilleurs attaquants, c’est elle qui aurait gagné la Coupe du Monde en Suède en 1958.

Fermons la parenthèse et revenons à notre sujet pour noter que depuis cette époque, il y a eu de nombreux France-Brésil et la France l’a parfois emporté. Par exemple lors de la Coupe du Monde 1986, que nous aurions pu et dû gagner si Platini avait été en forme, la France avait éliminé le Brésil aux tirs au but. Qui ne se souvient, parmi les plus de 40 ans, du dernier tir de Luis Fernandez prenant à contre-pied le gardien brésilien, et propulsant la France en demi-finale où elle se fera éliminer par l’Allemagne, pourtant beaucoup moins forte. Parions que si la France n’avait pas joué sa prolongation contre le Brésil, elle l’eut emporté.

Bien entendu, nous ne pouvons pas éviter de parler de cette fameuse finale du Stade de France en 1998, où les Français l’emportèrent (3 à 0) avec deux buts de la tête de Zidane. Cette victoire qui fit chavirer tout un peuple dans le bonheur, fut un des deux plus grands succès d’une équipe bâtie par Aimé Jacquet à partir de 1996. Il est même permis de dire que l’équipe qui remporta deux ans plus tard le championnat d’Europe des Nations (en 2000) fut peut-être, au même titre que la Hongrie des années 50 ou le Brésil de 1970, la plus grande équipe de tous les temps.

Il faut noter enfin qu’en 2006, c’est encore une fois l’équipe de France, emmenée par un Zidane des grands jours qui élimina le Brésil de la Coupe du Monde en ¼ de finale, alors que les Sud-américains étaient comme d’habitude les grands favoris de l’épreuve. Au total, si nous regardons bien, il y a bien longtemps que le Brésil ne bat plus la France en compétition officielle. J’ai bien écrit en compétition officielle, puisque les Brésiliens ont battu l’équipe de France 1-0 en 2011 et 3-0 en 2013, lors de matches amicaux. Cela dit, même si l’écart s’est resserré ces dernières années entre les deux nations, les joueurs brésiliens demeurent très prisés des recruteurs européens et français. Parmi ceux-ci on citera les anciens Marseillais Paolo Cesar et Jairzinho, ce dernier étant considéré dans les années 70 comme un des tous meilleurs attaquants du monde, mais aussi Carlos Mozer qui appartenait à la grande équipe de 1991 (finaliste de la C1), les anciens parisiens des années 90 Rai, Ricardo, Valdo, Leonardo, plus Ronaldinho (2001 à 2003), qui fut Ballon d’Or en 2005, ou encore les Lyonnais, dans les années 2000, Anderson, Cris et Juninho. Enfin, depuis l’avènement du Paris Saint-Germain parmi les grands clubs de la planète, le Brésil nous a donné quelques uns de ses plus beaux joyaux actuels, lesquels sont de nos jours défenseurs pour la plupart. N’oublions que la ligne de défense du PSG qui vient d’éliminer Chelsea de la Ligue des Champions était composée de quatre défenseurs de la Seleçao, à savoir Thiago Silva, David Luiz, Marquinhos et Maxwell. A cette constellation on ajoutera Lucas, ailier virevoltant, sans doute un des plus grands espoirs du football mondial, qui fait penser à Garrincha par sa vitesse et ses dribbles déroutants, la finition en moins.

Et en formule 1, est-ce que la France a souvent battu le Brésil ? En fait les seuls vrais duels entre Français et Brésiliens se résument surtout à ceux ayant opposé Prost à Senna entre 1988 et 1990, c’est-à-dire avec des machines identiques ou très proches. Il y a bien eu des duels entre Prost et Piquet au début des années 1980, mais quelle que soit la qualité du pilote brésilien, il se situait un ton en dessous d’Alain Prost, même s’il fut quand même triple champion du monde. D’ailleurs quand il eut à affronter Mansell chez Williams, puis ensuite Schumacher, il eut beaucoup de difficultés. Or Mansell chez Ferrari avec Prost n’exista pas, le Français se montrant nettement supérieur.

D’ailleurs aucun équipier ne résista à Prost durant sa carrière sauf un : Ayrton Senna. Là ce fut un duel atteignant des sommets extraordinaires entre deux des 5 ou 6 plus grands champions de tous les temps. Résultat ? Senna prit nettement le dessus en qualifications, preuve si besoin en était qu’il fut sans doute le pilote le plus rapide qui ait jamais existé (avec peut-être Jim Clark dans les années 60), mais en course en revanche de domination franche il n’y eut pas. Prost était en effet très rapide sur la durée d’une course, et l’écart avec Senna diminuait au fil des tours, sauf si la piste était mouillée. En tout cas, entre 1988 et 1990, Prost fut champion en 1989, Senna en 1988 et 1990, et chaque fois avec un écart de points très minime. Depuis cette époque bénie pour la Formule 1, en nette perte d’audience, nous n’avons jamais retrouvé de duels de cette intensité et de ce niveau, n’en déplaise à ceux qui, ignorant l’histoire, ont trouvé beaucoup de vertus au duel de l’an passé entre Hamilton et Rosberg.

Michel Escatafal


Vélo (piste et route), football et Formule1 ont bien rempli ce week-end

pervis et baugéAvant de parler Formule 1, je voudrais souligner quelques faits d’armes ou péripéties ayant eu lieu au cours de la dernière semaine, à commencer par les championnats du monde de cyclisme sur piste où les Français ont brillé, comme d’habitude, ce qui a permis de mettre en valeur des noms comme ceux de F. Pervis (deux titres en kierin et au km), de Baugé qui a remporté son cinquième titre mondial en vitesse (évidemment je ne compte pas son déclassement en 2011 pour trois contrôles manqués), de Morice (médaille de bronze en poursuite), de Coquard et Kneisky (or dans l’américaine), et enfin de d’Almeida et Sireau qui ont conquis avec Baugé la médaille d’or de la vitesse par équipes. Voilà, c’est fait, en espérant que, comme c’est le cas pour les handballeurs, on parle d’eux à d’autres moments qu’aux championnats du monde. Et oui, la France c’est aussi ça : à part le football et quelques privilégiés emblématiques comme Tony Parker ou Renaud Lavillenie, on oublie vite les autres sportifs, même s’ils sont les meilleurs dans leur discipline. On ne parle d’eux que quand ils gagnent ou s’ils ont un problème personnel, par exemple lié au dopage.

La France c’est encore les remarques acerbes de quelques soi-disant amateurs de vélo, qui au lieu de se réjouir d’avoir assisté au commencement du duel Froome-Contador, ont profité du Tour d’Andalousie la semaine dernière pour évoquer…le dopage, sujet que les Français adorent. Lors de la première arrivée au sommet, c’était Contador qui était dans le collimateur parce qu’il avait remporté la première manche, devant Froome. Le lendemain, ce dernier battait à son tour Contador, et certains mettaient cela sur le compte de je ne sais quel produit. Bref, les soi-disant supporters du cyclisme s’en sont donné à cœur joie ! Encore heureux (pour eux) que Baugé ou Pervis soient français, parce sinon…

Autre remarques qui concernent le football, et qui m’attristent profondément, le PSG malgré les moyens quasi illimités de son actionnaire est toujours cruellement frappé par le fameux fair-play financier, invention de Michel Platini pour empêcher les riches investisseurs de chambouler la hiérarchie avec les clubs qu’ils achètent ou sont susceptibles d’acheter. Si j’écris cela une nouvelle fois (désolé si je me répète), c’est parce que je lis qu’Arsenal négocierait actuellement avec Palerme le transfert de Dybala, joueur argentin suivi depuis un certain temps par le PSG. Et le pire est que ce club pourrait emporter la mise pour 30 millions d’euros. Oui, j’ai bien lu quelque part pour 30 millions, somme dérisoire pour l’actionnaire qatari, mais considérable pour le PSG qui n’a pas le droit de dépenser plus de 65 millions pour l’année…alors qu’il n’a aucune dette et que son résultat est à l’équilibre dans les faits. J’ai dit dans les faits, parce que l’UEFA a divisé par deux l’apport de son principal sponsor qatari. Au fait pourquoi diviser par deux ? Pourquoi pas par trois ? Ou alors pourquoi se préoccuper de la qualité de ce contrat de sponsoring, à partir du moment où ce n’est pas de l’argent « sale » ? Décidément personne ne pourra reprocher à Michel Platini de favoriser le football français, et son club phare le PSG ! Tout le monde peut dépenser des dizaines, voire même des centaines de millions en transfert…sauf le PSG. Est-ce normal ?

Dernière remarque liée au football avant d’aborder le sujet de la Formule 1, le ridicule d’un certain Jean-Michel Aulas, lequel n’en finit plus de twitter depuis que l’Olympique Lyonnais est en tête de la Ligue 1, en arrivant à écrire des âneries sans nom, se moquant entre autres de ses voisins stéphanois (traités d’autistes !), quand il ne vilipende pas les arbitres pour avoir oublié un pénalty, omettant de dire qu’à la fin de la saison les erreurs d’arbitrage se compensent et ne faussent pas l’issue du championnat. Imagine-t-on Nasser Al-Khelaïfi ou Florentino Pérez se livrer à ce genre de facéties ? Rien que cela montre que l’Olympique Lyonnais ne tire pas dans la même catégorie que le Real Madrid ou le PSG, n’en déplaise aux supporters lyonnais, dont certains trouvent géniale la communication de J.M. Aulas . En tout cas, si cette année l’Olympique Lyonnais est champion de France, c’est tout simplement parce qu’il n’était pas européen (éliminé en phase préliminaire de la Ligue Europa), et sans doute aussi parce que les Rhodaniens furent sortis très tôt de la Coupe de la Ligue et de la Coupe de France, contrairement à l’AS Monaco ou le PSG, encore en course sur quatre compétitions, y compris en Ligue des Champions.

Et à propos de cette compétition, j’ai hâte de voir ce que vont faire les jeunes lyonnais l’an prochain face aux grands d’Europe, ce qui nous permettra de voir la réelle valeur du groupe lyonnais, vu que l’Olympique Lyonnais n’a pas d’argent pour recruter, comme en témoignent les résultats d’OL Groupe, dont le résultat net affiche un solde négatif de 9.4 millions d’euros, certes moins élevé que l’an passé (14,1 millions), mais quand même très important. Ce résultat est d’autant plus inquiétant qu’il est permis de se demander combien de temps il pourra garder des joueurs comme  Lacazette et Fekir, qui font l’objet d’attentions des plus grands clubs européens, prêts à leur donner beaucoup plus que ce que peut faire l’OL. Il paraît que le grand stade va résoudre tous les problèmes économiques de ce club, ce que je souhaite, même si j’ai du mal à voir l’avantage à court ou moyen terme de disposer de sa propre enceinte achetée à crédit, surtout si l’on en a une à disposition pour quelques millions d’euros annuels (pour le Parc des Princes, dont le PSG a la concession pour 30 ans, c’est environ 1,5 millions par an). N’oublions pas que ce stade va coûter plus de 400 millions d’euros, et qu’il faudra rembourser les dettes. Après on parle de 70 à 100 millions de revenus futurs supplémentaires grâce à ce nouveau stade et ses annexes (à voir!), à condition que l’Olympique Lyonnais fasse chaque année la Ligue des Champions…ce  qui est le cas par exemple du Bayern Munich, sauf que le Bayern aura toujours plus de moyens à sa disposition que l’OL, les charges en Allemagne, par exemple, étant nettement moindres qu’en France. On verra bien, même si je le répète, je souhaite le meilleur pour l’Olympique Lyonnais.

kimi et sebastianCette fois j’arrête mes réflexions sur les autres sports, pour enfin aborder le sujet de la Formule1 et les essais de pré-saison qui se sont déroulés ces dernières semaines, notamment ceux de Barcelone ce dernier week-end. Mais avant toutes choses  je voudrais évoquer brièvement le décès (hier) de Gérard Ducarouge, qui fut un très grand ingénieur, que ce soit chez Ligier, Alfa-Romeo et Lotus, où il côtoya avec bonheur le jeune Ayrton Senna. Fermons cette triste parenthèse, car la vie continue, et posons une première question sur la saison à venir de Formule 1 (premier G.P. en Australie le 14 mars) : le team Mercedes a-t-il été rattrapé partiellement ou totalement ? Réponse : non, comme en témoignent les performances de Rosberg le week-end dernier à Barcelone…avec des pneus médium. Rien à voir donc avec les super tendres utilisés par Lotus, qui ont permis à Grosjean et Maldonado de se situer aux premier et troisième rangs de la hiérarchie. Derrière les Lotus et la Mercedes on notera la bonne performance de Ricciardo au volant de la Red Bull, mais aussi celle de Kimi Raikkonen sur la nouvelle Ferrari, sans utiliser des pneus super tendres. Enfin, juste derrière Raikkonen, on aperçoit déjà une Williams-Mercedes (Massa) qui n’a jamais réellement cherché la performance.

Bien évidemment, lesdites performances sont à prendre avec des pincettes, mais elles signifient quand même quelque chose. Apparemment la Lotus est bien née et elle va disposer du moteur Mercedes, le même que celui de Rosberg et Hamilton, moteur dont disposeront aussi les pilotes Williams (Massa et Bottas) qui ont brillé l’an passé. Le moteur Renault semble lui aussi s’être amélioré cette année, ce dont va bénéficier Ricciardo et son coéquipier Kvyat, mais aussi Toro-Rosso, qui avec le très jeune Vestappen au volant a obtenu un prometteur huitième temps à Barcelone. Cela dit, l’écurie qui semble avoir le plus progressé semble être Ferrari, à la fois au niveau du moteur, constat confirmé par Nasr qui avait déjà utilisé le précédent, mais aussi au niveau du châssis. Néanmoins, aux yeux de tous les observateurs, Mercedes et son carburant miracle fourni par Petronas restent quand même devant. Si je parle de miracle à propos de l’essence fourni par la pétrolier malaisien, c’est parce que des experts affirment que cela offre une quarantaine de CV supplémentaires au moteur Mercedes, qui plus est grâce à un procédé parfaitement légal. Pas comme en 1983, où Alain Prost et Renault furent privés d’un titre mondial à cause d’une essence non conforme qui aidait grandement le moteur BMW de la Brabham de Piquet.

Au cours de ces essais hivernaux, la SF15-T a fait montre de qualités que Raikkonen a pu exploiter, ce qu’il n’avait jamais réussi à faire avec la voiture de l’an passé…ce qui a fait considérablement baisser sa côte, au point d’être considéré par ceux qui ne connaissent la F1 que depuis trois ans comme un has-been. Il l’était d’autant plus devenu à leurs yeux que son coéquipier s’appelait  Fernando Alonso, lequel avait l’énorme avantage d’être chez Ferrari depuis cinq ans, et d’en être le leader incontesté, comme il l’était quand il avait pour coéquipier Massa, lequel a retrouvé le goût de piloter chez Williams après avoir été dans les faits un numéro 2 triste au sein de la Scuderia . En outre, alors qu’en début de saison Raikkonen accumulait les pépins y compris des accrochages où il n’était nullement impliqué, par exemple à Monaco alors que le podium s’offrait à lui, Alonso de son côté ne souffrait d’aucun problème. Enfin, chacun affirme que sur le plan « politique » Alonso est sans doute le meilleur. Quand j’écris « politique », cela signifie qu’il s’est toujours arrangé pour avoir l’équipe à son entière disposition. A ce propos, et cela n’est jamais souligné, on notera que l’écart entre les deux pilotes s’est considérablement réduit en fin de saison au point de faire quasiment jeu égal lors des derniers grands prix, Raikkonen bénéficiant de toutes les attentions de l’équipe technique de la Scuderia.

Cependant, loin de moi l’idée d’écrire qu’Alonso n’a pas été meilleur que Raikkonen en cette année 2014, Alonso ayant réussi à mieux tirer son épingle du jeu que son coéquipier finlandais, dont tout le monde sait qu’il lui faut une voiture réglée pour lui pour en tirer la quintessence. Dans ce cas, c’est un des tous meilleurs, peut-être même le meilleur. En revanche, il y a un problème récurrent chez lui, lié au réglage du train avant, qui doit absolument lui convenir. Néanmoins si Alonso et Raikkonen avaient disposé d’une Mercedes, ils auraient eux aussi fait un et deux au championnat du monde. Pour en revenir à ce fameux train avant, Kimi avait d’ailleurs connu un peu le même problème chez Mac Laren, avant sa première arrivée chez Ferrari, puisque d’après Pat Fry, quand  il avait pour coéquipier Montoya, « ils ont consommé sept suspensions avant différentes tout au long de la saison », ce qui a fait dire à l’ingénieur britannique que « pour tirer le meilleur de Kimi, vous devez avoir la voiture pour le faire » (toile F1.com).

En tout cas la voiture de cette année, dessinée par son ancien ingénieur chez Lotus, Allison, lui convient beaucoup mieux,  et je suis persuadé que cette saison on retrouvera le vrai Kimi, avec comme nouveau coéquipier Vettel, dont le style de pilotage se rapproche du sien, et qui est aussi son ami. La preuve il vient de s’acheter une maison…en Finlande! Un Vettel qui n’a guère fait mieux qu’Iceman l’an passé, puisque tout quadruple champion du monde qu’il était, il fut lui aussi dominé par le presque débutant Ricciardo, qui avait eu beaucoup de mal en course face à J.E. Vergne chez Toro Rosso. Et oui, c’est ça la Formule 1, et ceux qui écrivent sur les forums feraient bien d’acquérir cette culture historique sans laquelle il est impossible de tirer des conclusions. Qui se rappelle que Sébastien Bourdais tenait la dragée haute à Vettel à ses débuts chez Toro-Rosso en 2008? Personne, parce qu’à partir du moment où les deux hommes ont eu la nouvelle voiture, Vettel a su en tirer profit immédiatement, contrairement à Bourdais qui à partir de mai est devenu « un tocard », ce qu’il n’était pas évidemment.

Mais si l’on remonte quelques années auparavant, qui aurait imaginé que Mansell puisse devenir champion du monde après avoir raté le titre en 1986 avec la Williams-Honda, battu par Prost qui disposait d’une Mac-Laren inférieure, ce même Prost qui fut son équipier et le domina copieusement chez Ferrari en 1990 (71 points contre 37). Mansell ratera encore le titre en 1987, toujours sur Williams-Honda, battu par son équipier Nelson Piquet, pourtant moins rapide que lui. Cela ne l’empêcha pas de devenir champion du monde en 1992, en écrasant la concurrence avec sa Williams-Renault, comme rarement un pilote ne le fit, battant son coéquipier (Patrese) de plus de 50 points (52) et Schumacher sur Benetton-Ford, troisième du championnat du monde, de 55 points. Cette année-là le binôme Mansell- Williams-Renault était absolument imbattable, remportant 8 des 10 premiers grands prix, ce qui lui permit d’assurer son titre mondial alors qu’il restait 5 grands prix à courir. Lui qu’on avait tellement moqué pour ses fautes grossières, pour ses manques en termes de réglage, venait d’administrer la preuve qu’avec une voiture qui lui convenait, il était presque invincible.

Voilà quelques considérations qui demanderaient de plus amples développements, mais ce sera pour une prochaine fois. Cela dit, j’en profite pour noter qu’hier Alain Prost  a eu 60 ans. Que le temps passe vite, surtout quand on pense qu’Ayrton Senna est mort depuis bientôt 21 ans! Prost-Senna, Senna-Prost, peu importe qui était le meilleur, mais ce que je sais c’est que ce fut l’un des plus beaux duels que le sport automobile et le sport tout court nous ait offert.  Une sorte de Coppi-Koblet ou Coppi-Bartali en cyclisme ou pourquoi pas, et sans chauvinisme, un duel du type de celui que vont nous offrir cette année, si la malchance ne s’en mêle pas, Contador et Froome, séparés de deux secondes à la fin du Tour d’Andalousie, le troisième étant à plus de 2mn30s après 5 étapes.  Pardon pour cet article fourre-tout, mais j’ai pris plaisir à l’écrire, et j’espère que vous éprouverez le même plaisir à le lire.

Michel Escatafal


En rouge et blanc…

collaratlético madrid

Avant de commencer mon propos, je voudrais souligner une fois encore l’extraordinaire performance de l’équipe de France de handball, qui vient de remporter son dixième titre international depuis 1992 (5 titres mondiaux, 2 titres olympiques et 3 titres européens) ce qui est tout simplement prodigieux. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, car on ne parle que de cela ou presque depuis hier soir, sauf pour souligner que ce nouveau titre mondial ne changera, hélas, rien à l’exposition médiatique du handball, qui continuera à être diffusé uniquement sur beIN SPORTS, les chaînes publiques ou gratuites ne s’y intéressant qu’à partir des demi-finales des grandes compétitions auxquelles participent notre merveilleuse équipe nationale…ce qui est lamentable. En outre, et c’est tout aussi triste, notre pays demeurera un pays en voie de développement en ce qui concerne les infrastructures, comparé à d’autres pourtant moins riches que nous. En revanche ils seront reçus demain par le président de la République, ce qui est quand même une forme de reconnaissance de la patrie à leur égard, une patrie qui, il faut le reconnaître, n’est pas très sportive, comparée aux pays voisins du nôtre, à commencer par l’Espagne.

En parlant de ce pays, cela me fait une transition toute trouvée pour évoquer le football espagnol et la Liga. Pour tout le monde, en France et dans le monde, s’il faut citer des clubs de football espagnols, on répondra tout naturellement et sans hésiter : le Real Madrid et le F.C. Barcelone. En revanche peu de gens évoqueront l’Atlético de Madrid qui, pourtant, est lui aussi un grand d’Europe, comme en témoignent son palmarès européen et ses performances récentes dans les compétitions organisées par l’UEFA, la plus belle étant évidemment la finale de la Ligue des Champions l’an passé, où le Real Madrid a fini par s’imposer dans les prolongations (4-1). Des prolongations arrachées après 93 minutes de jeu grâce à un but de Sergio Ramos, qui rappelait une précédente mésaventure en 1974 sur laquelle je reviendrai. Mais à peine quelques années auparavant, l’Atlético avait remporté deux fois la Ligue Europa en 2010 et 2012, année où un certain Falcao marquait 12 buts dans cette compétition, dont 2 en finale, et la Supercoupe de l’UEFA suite à ces deux triomphes dans la petite Coupe d’Europe.

Cela étant, le palmarès européen de l’Atlético de Madrid compte aussi une victoire dans feu la Coupe des Coupes (1962), mais aussi dans la Coupe Intercontinentale (1974), remplacée par la Coupe du Monde des clubs depuis 2005. En outre, comment ne pas parler de cette finale de Coupe d’Europe (en 1974) contre le grand Bayern Munich (Beckenbauer, Muller, le gardien Maier, Breitner, Hoeness) qui formait l’ossature de l’équipe qui allait enlever la Coupe du Monde quelques semaines plus tard contre les Pays-Bas de Cruyff. Un match où les Madrilènes furent crucifiés à la dernière minute de la prolongation sur un tir lointain de Schwarzenbeck, comme il n’en a sans doute plus réalisé un seul dans sa carrière, après que Luis Aragones (futur sélectionneur espagnol vainqueur de l’Euro 1988) ait marqué le premier but 5 minutes auparavant. Ensuite l’histoire sera cruelle, puisqu’à l’époque on faisait rejouer la finale deux jours après, l’Atlético s’inclinant lourdement dans le deuxième match (4-0), dans un stade à moitié vide, les Espagnols n’ayant pas récupéré de la déception du premier match. Il est vrai que n’être pas champion d’Europe pour quelques secondes et quelques centimètres a de quoi donner des regrets éternels ! A ce propos on notera que le Bayern Munich est un véritable bourreau pour les clubs espagnols, puisqu’il battit en finale de la Ligue des Champions 2001 le F.C. Valence dans la séance des tirs au but (5-4).

Sur le plan purement espagnol les Colchoneros, comme on appelle les joueurs de l’Atletico, ont remporté 10 titres de champion d’Espagne (le dernier l’an passé) et autant de Coupes d’Espagne (la dernière en 2013), sans parler de 2 Supercoupes d’Espagne en 1985 et 2014. Pour l’anecdote, l’Atlético Madrid fut fondé en 1903 par trois étudiants basques qui ont voulu donner à leur nouveau club le même nom que celui de Bilbao, ce qui explique aussi que les Colchoneros portent, comme les Basques de l’Atlétic Bilbao, le maillot rouge et blanc, certains affirmant que ces maillots coûtaient moins chers à confectionner que dans une autre couleur, parce que le rouge et le blanc étaient utilisés en literie pour faire des matelas (matelas se dit colchón en espagnol). Et puisque nous sommes dans l’histoire de l’Atlético de Madrid, il faut noter que l’essentiel de sa gloire est due au fait que ce club luttait presque d’égal à égal avec le Real Madrid et le F.C. Barcelone dans les années 60, même si le Real n’était plus le grand Real et si le Barça n’avait pas digéré sa défaite (injuste) en finale de la Coupe d’Europe 1961 contre Benfica.

Ce grand Real à l’époque avait encore de beaux restes, même s’il avait perdu quelques joueurs importants comme l’arrière Marquitos, le demi Zarraga, sans oublier Raymond Kopa qui avait quitté le club à la fin de la saison 1958-1959, et même si les Santamaria, Puskas, Di Stefano commençaient à ressentir le poids des ans. Quant au Barça, sa finale perdue en mai 1961 contre Benfica avait quelque peu disloqué l’équipe, notamment l’arrêt, le départ ou le déclin de quelques joueurs comme le gardien Ramallets, le meneur de jeu Suarez, qui quitta le club pour l’Inter de Milan, l’avant-centre brésilien Evaristo, les milieux Verges et Garay ou les attaquants anciennement hongrois comme Kubala, Kocsis et Czibor. Cependant cette équipe était malgré tout une des meilleures en Europe, ce qui n’empêcha pas l’Atlético de Madrid de remporter 3 Coupes d’Espagne entre 1960 et 1965, plus le championnat en 1966.

C’est à cette époque, en 1962, que l’Atlético remporta la deuxième édition de la Coupe des Coupes en battant en finale la Fiorentina (1-1 et 3-0) qui était tenante du titre. Cette finale fut jouée en deux temps, d’abord le 10 mai à Glasgow où les deux équipes ne parvinrent pas à se départager, Peiro et le remarquable Suédois de la Fiorentina, Kurt Hamrin, marquant chacun un but, les prolongations n’y changeant rien. Ensuite les deux clubs se mirent d’accord pour jouer le second match en septembre à Stuttgart, où cette fois les colchoneros l’emportèrent facilement (3-0), avec des buts de Jones, Mendoza et l’inévitable Peiro.

En revanche l’année suivante l’Atlético ne réussit pas à conserver son trophée face à Tottenham, qui écrasa les Madrilènes sur le score de 5-1, avec deux doublés de Jimmy Greaves (un des meilleurs joueurs anglais de l’histoire) et Dyson, plus un de White, Collar marquant pour l’Atlético sur pénalty. Au passage on notera que c’était la première victoire d’un club anglais dans une Coupe d’Europe. Il y en aura bien d’autres ! Cela dit, malgré le départ de son meilleur joueur, Peiro, pour le Torino (deuxième club de Turin) avant de rejoindre le grand Inter de Milan, l’Atlético remportera en 1966 le titre de champion d’Espagne, comme je l’ai dit précédemment, au nez et à la barbe du grand rival madrilène qu’était le Real qui, cette année-là, remporta sa sixième Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions), avec comme vedettes le gardien Araquistain, et les attaquants Amancio, Grosso et…Gento, seul survivant de la grande équipe de la décennie 50.

Parmi les meilleurs joueurs de l’Atlético à ce moment, on citera des noms connus comme le gardien Madinabeytia, les arrières Rivilla, Griffa, Rodriguez, le demi Glaria et son compère brésilien Ramiro, ancien coéquipier de Pelé à Santos (jusqu’en 1959), et les attaquants Jones (originaire de la Guinée Equatoriale), Chuzo, Mendoza et le plus connu de tous Collar, sans oublier Adelardo qui a joué 511 matches en rouge et blanc, soit 41 de plus que Collar (470). Tous ces joueurs sont les prédécesseurs les plus glorieux des héros les plus récents du club, qui ont emballé ces dernières années l’Europe du football, depuis le gardien belge Courtois, jusqu’à l’ancien joueur du PSG Rodriguez, en passant par Juanfran, Koké, Lopez, Adnan Turan, Miranda, Godin, Filipe Luiz et les buteurs stars que furent ou sont l’Uruguayen Forlan, le Colombien Falcao, surnommé le Tigre, et Diego Costa. Ces deux derniers jouent à présent en Angleterre, avec des fortunes diverses, Falcao, qui n’arrive pas à s’imposer à Manchester United et Diego Costa qui, au contraire, régale les supporters de Chelsea. Mais si l’un et l’autre ont quitté l’Atlético, il y a la relève qui est arrivée, avec Mandcuzik, Torres et notre Antoine Griezmann, qui a réussi très rapidement à convaincre l’entraîneur Simeone de sa grande valeur. Simeone, dont on évoque le nom au PSG pour l’été prochain en remplacement de Laurent Blanc. Par parenthèse, il était plutôt cocasse de lire hier une info du quotidien AS, qui croit savoir que l’Atlético Madrid allait trainer le Paris Saint-Germain devant la FIFA pour avoir approché leur entraîneur sans l’accord du club ibérique. Si l’information est juste, ce serait une nouvelle preuve de l’hypocrisie qui règne dans le monde du football, car cette pratique (accord du club pour une approche de l’un de ses joueurs ou entraîneurs) est évidemment très répandue.

Au passage, on notera que l’Atlético de Madrid était tombé en deuxième division au début des années 2000, en raison de multiples problèmes, notamment financiers. Cela ne les a pas empêché de rebondir, alors qu’en France des clubs comme le Stade de Reims, l’OGC Nice, l’AS Saint-Etienne, qui ont dominé le championnat de France pendant des périodes plus ou moins longues, n’ont jamais retrouvé le niveau qu’avaient ces clubs à l’époque où ils faisaient de bons résultats en Coupe d’Europe (2 finales de C1 pour le Stade de Reims en 1956 et 1959, une finale de C1 pour l’ASSE en 1976, et un quart de finale de C1 pour l’OGC Nice en 1960). L’Atlético de Madrid a tellement rebondi, que s’il y a globalement domination sur le plan national du Real et du Barça, sur ces cinq dernières années le palmarès européen de l’Atlético est quasiment égal à celui du Real Madrid, malgré un budget très inférieur. Il est vrai que le Real est le club champion des transferts en achetant pour des sommes considérables des joueurs comme Bale ( près de 100 M d’euros) ou encore comme Illaramendi (32 M d’euros) et Khedira… qui ne jouent quasiment pas, ce qui n’a pas empêché ce même Real d’avoir fait signer cet hiver le jeune Brésilien Luca Silva pour 14 Millions d’euros. Preuve que le fair-play financier ne s’applique pas à tout le monde !

A ce propos, je voudrais revenir de nouveau sur cette invention loufoque de l’UEFA, qui favorise les clubs installés, parfois très endettés, au détriment des nouveaux riches, comme le PSG ou l’AS Monaco en France. Ces deux clubs étaient, en effet, susceptibles à très court terme de s’immiscer au plus haut sommet des clubs de notre continent, jusqu’à la mise en place de ce fair-play financier, qui est venu briser leur élan, avec une interdiction scandaleuse de recruter les joueurs qu’ils veulent, les empêchant de lutter à armes égales avec les Manchester United, Real Madrid, FC Barcelone, Bayern Munich ou Chelsea. Si j’emploie le mot « scandaleuse », c’est parce que des clubs surendettés comme certains ténors en Angleterre ou en Espagne, dont l’Atlético de Madrid, semblent pouvoir acheter à tout va, alors que le PSG, sans dette, en est réduit à faire des comptes d’apothicaire pour recruter un joueur. A croire que l’on veut vraiment empêcher le club parisien de jouer dans la cour des grands !

Néanmoins il y a un espoir, avec la plainte déposée par des supporters du PSG…qui pourrait bien mettre à mal cette institution dont Platini, président de l’UEFA, est si fier, mais qui contrevient au droit communautaire de l’U.E., et qui empêche les clubs qui en ont les moyens d’investir. Comment le PSG peut-il jouer à armes égales avec un plafond d’investissement en joueurs limité à 60 millions d’euros, alors que d’autres comme Manchester United ont pu dépenser 200 millions cet été , et qu’ils sont prêts à investir 90 millions d’euros aujourd’hui pour embaucher Hummels (défenseur central) et De Bruyne (milieu)? A croire que tout le monde peut recruter qui il veut…sauf le PSG ! A propos, comment le PSG peut-il attirer quelques uns des meilleurs joueurs de la planète avec 60 millions d’euros, généreusement octroyés par l’UEFA, alors que cette somme est devenue presque banale sur le marché des transferts ? Et quand j’écris cela ce n’est pas une galéjade, dans la mesure ou un joueur comme Otamendi, défenseur de Valence, a une clause libératoire de 80 Millions d’euros. Quelle blague de la part de l’UEFA, qui en plus ne veut même pas tenir compte des règles fiscales, lesquelles ne sont pas du tout les mêmes en Angleterre, en Allemagne ou en France !

Michel Escatafal