En Formule 1, succéder à son père ne garantit pas le succès

verstappenIls sont nombreux les pilotes de Formule 1 à suivre la voie tracée par leur père, plus nombreux sans doute que dans nombre d’autres sports. Il est vrai que si l’on est né dans le milieu fermé de la discipline reine du sport auto, au demeurant une des plus suivies dans le monde, sur tous les continents, il est plus facile d’y avoir accès et de pouvoir espérer y atteindre le plus haut niveau… ce qui ne signifie pas pour autant que le succès soit immanquablement au rendez-vous, comme nous l’allons voir dans cet article.

Le premier dont je voudrais parler est le fils d’un triple champion du monde, Nelsinho Piquet, qui s’est surtout signalé en montrant qu’il avait la langue bien pendue, ce qui le conduit parfois à dire d’énormes bêtises, inversement proportionnelles au talent qu’il a montré sur la piste, bien loin des performances passées de son père Nelson (aujourd’hui âgé de 64 ans). Pour mémoire ce dernier fut triple champion du monde, comme je l’ai déjà dit, et compte à son palmarès 23 victoires, 24 poles en 207 grand prix dans les années 80, ce qui en fait un pilote de grande classe, juste derrière les plus grands de son époque (Prost, Senna notamment) et de l’histoire de la discipline. Si je parle de son fils Nelsinho, c’est parce que j’ai lu quelque part qu’en son temps il avait critiqué dans une interview Romain Grosjean, disant de lui qu’il avait eu beaucoup de chance (par rapport à lui) parce qu’il est arrivé chez Lotus au bon moment (2012), « avec un équipier (Kimi Raikkonen) plutôt faible et une très bonne voiture ».

Traiter Raikkonen de la sorte est une insulte faite à son père, pour la simple raison qu’Iceman, comme est surnommé le pilote finlandais, a des statistiques quasiment équivalentes à celle de Nelson Piquet, alors que lui, Nelsinho, n’a réussi comme performance notable au volant d’une voiture compétitive (Renault 2008 et 2009), qu’un seul podium. Et sa critique vis-à-vis de Romain Grosjean est aussi nulle, dans la mesure où Grosjean a toujours fait preuve de rapidité, malgré quelques grosses erreurs, ce qui lui a permis d’engranger une dizaine de podiums chez Lotus et de marquer 29 points au volant d’une Haas peu compétitive l’année passée. Mais comme si cela n’était pas suffisant, et c’est pour cela que j’évoque son nom, il a profité de cette interview pour s’attaquer à…Senna, une des deux ou trois icônes absolues de la F1 avec Fangio et peut-être Jim Clark ou Michael Schumacher pour ses 7 titres mondiaux et tous les records ou presque de l’histoire de la F1. Pour le jeune Piquet, en effet, « si Ayrton Senna avait commencé sa carrière dix ans plus tôt, il n’aurait probablement jamais gagné aucun championnat », précisant selon ses dires qu’il « était très rapide et commettait très peu d’erreurs, mais du point de vue de la compréhension de la mécanique de sa voiture, c’était un pilote très faible ».

Au passage on observera que Nelsinho Piquet aime employer le mot « faible », et surtout n’a pas peur du ridicule quand il l’emploie à propos de Senna et Raikkonen…infiniment supérieurs à lui, et intrinsèquement meilleurs que son père (surtout Senna). Comme je l’ai précisé antérieurement, Nelson Piquet ne sera jamais considéré comme une légende de la piste, parce qu’il bénéficia très longtemps de circonstances favorables dans sa carrière, à savoir l’extrême compétitivité des Brabham de Bernie Ecclestone à la fin des années 70 et, plus encore au début des années 80, avec le moteur turbo BMW. Mais quand il quitta cette équipe fin 1985 pour atterrir chez Williams, il montra ses limites face à Mansell, comme il les montrera plus tard chez Benetton face au jeune Michaël Schumacher (1991), qui précipita sa retraite.

Un peu plus tard, Nelsinho a quelque peu atténué ses propos, suite aux réactions indignés des amateurs de sport automobile, généralement très bien informés et très souvent bons connaisseurs de la F1, en affirmant que Senna « était un pilote très rapide et le meilleur en termes de vitesse pure », mais qu’ «il n’a pas eu le même répertoire pour la partie mécanique que la génération précédente ». Néanmoins le mal était fait, et il est passé aux yeux de tout le monde pour un charlot. Et si ce mot apparaît un peu fort, je rappellerais que Nelsinho Piquet restera pour l’éternité le seul pilote de F1, et sans doute du sport automobile, à avoir volontairement « crashé » sa voiture pour favoriser le résultat de son coéquipier Alonso lors du Grand Prix de Singapour en 2008, attitude totalement irresponsable qui ne sera pas suffisante pour lui permettre de conserver son volant.

Ces propos et le rappel de ce triste épisode de la carrière de Nelsinho Piquet m’ont fait réfléchir à un phénomène courant dans les milieux artistiques (cinéma, variétés…), mais finalement très rare dans le sport, à savoir les avantages de la filiation pour poursuivre sur les traces du père ou de la mère. Certes, il n’est pas rare voir le fils essayer de marcher sur les pas de son père, mais sans aucune garantie de succès. C’est le cas notamment en Formule 1, puisqu’on compte sur les doigts d’une seule main les pilotes qui ont été dignes du talent de leur père. En fait ils ne sont que quatre à ma connaissance : Alberto Ascari dans les années 50, et plus récemment Damon Hill, Jacques Villeneuve et Nico Rosberg. Reconnaissons que cela fait très peu, mais en sport, contrairement au cinéma ou dans les variétés, le talent se reconnaît à coup de secondes, de mètres ou de centimètres. Mieux même, en Formule 1 c’est plutôt en dixièmes ou en centièmes de seconde que se fait la différence entre les meilleurs et les autres. Parfois même, un ou deux millièmes conditionnent tout le déroulement d’une course, par exemple à Monaco ou Budapest, circuits où il est très difficile de doubler un concurrent, et où la place en qualification est primordiale pour l’emporter.

Fermons la parenthèse pour revenir aux fils qui ont essayé d’imiter leur père dans la discipline reine du sport automobile. Comme je l’ai dit précédemment, il y a eu beaucoup d’appelés mais très peu d’élus. Parmi les appelés je citerais Gary et David Brabham, ou encore Michaël Andretti, lequel a fait une magnifique carrière dans les formules américaines, mais qui n’a pu être réellement jugé sur sa valeur en F1 parce qu’il a été l’équipier d’Ayrton Senna, sans oublier Nelsinho Piquet. Bien d’autres ont fait leurs classes dans les formules inférieures ou en endurance, mais avec des performances insuffisantes pour leur valoir les honneurs de la F1, et parmi ceux-ci je citerais chez les Français les fils Tambay et Prost. En revanche les fils Ascari, Hill, Villeneuve et Rosberg, ont parfois dépassé les pères ou, à tout le moins, les ont égalés…en attendant, peut-être l’arrivée de Mick Schumacher.

Comme mon blog évoque l’histoire du sport, je vais parler plus particulièrement d’Alberto Ascari, le plus ancien des quatre, qui fut avec Fangio le plus brillant pilote des années cinquante, en tout cas celui qui a le plus beau palmarès après l’Argentin, avec ses deux titres de champion du monde en 1952 et 1953 (sur Ferrari), ses 13 victoires et ses 14 pole position en 32 grand prix. Alberto était le fils du grand champion qu’était Antonio Ascari, mort sur le circuit de Montlhéry en 1925, alors qu’il était au sommet de son art. Alberto commencera sa vraie carrière en 1948 chez Alfa-Romeo, avant de passer très vite chez Ferrari, avec qui il obtiendra ses deux titres mondiaux au volant de la fabuleuse 500 F2 avec un moteur 2 litres.

En 1954 et 1955, Alberto Ascari signera chez Lancia, avec le fameux épisode de sa sortie de piste lors du Grand Prix de Monaco 1955, qui lui vaudra de plonger dans l’eau du port. Plus de peur que de mal, mais hélas le destin n’aura pas été clément bien longtemps avec lui, puisque après un séjour très court à l’hôpital de Monaco, il se rend à Monza le jeudi suivant (26 mai 1955) pour voir Castellotti essayer une Ferrari Sport. Bien qu’en tenue de ville, Ascari demande à essayer à son tour la voiture…ce qu’il fera sans être casqué. Il fera deux tours seulement avant d’être victime d’un accident fatal, mourant dans l’ambulance. Curieusement cet accident nous ramène à son père qui trouva la mort à Monthléry un 26 (26 juillet 1925), dans un accident, sans être casqué et au même âge (37 ans).

Enfin, je voudrais terminer en citant un ancien pilote de Formule 1 qui n’a pas connu un grand succès dans sa carrière ( 17 points marqués entre 1994 et 2003), malgré ses 107 grands prix disputés. Certes il n’a jamais eu de voiture réellement compétitive (Tyrrell, Arrows, Stewart, Minardi), mais s’il n’a jamais été appelé par une écurie plus huppée, c’est parce qu’il n’avait pas le talent suffisant pour conduire dans un top team. Néanmoins Jos Verstappen est en train de connaître une réussite qui sera exceptionnelle…avec son fils à peine âgé de 19 ans, devenu en 2016 un des tous meilleurs pilotes actuels, certains affirmant même qu’il est déjà le meilleur.

Cela demande confirmation, mais il pulvérise les records de précocité en carrière, avec à son compteur une victoire à Barcelone, où il résista comme un grand à Kimi Raikkonen sur Ferrari, mais aussi un meilleur tour en course au Brésil où, sous la pluie, il fit penser à un certain Ayrton Senna, la référence absolue dans les conditions les plus difficiles. Pour preuve de ses immenses qualités, contrairement à son père, il est déjà dans le baquet d’une des meilleures voitures de la grille, la Red Bull, après avoir fait ses classes dans une Toro Rosso. Autre preuve, il a au moins fait jeu égal avec un autre surdoué, l’Australien Ricciardo, en Formule 1 depuis 2014, le dominant même en fin de saison après avoir remplacé pour insuffisance de performances le Russe Kvyat, à partir du grand prix d’Espagne.

En tout cas, s’il y a bien un jeune pilote qui fait l’unanimité dans le paddock, c’est bien Max Verstappen, même si certains lui reprochent son arrogance et son extrême détermination (je suis très gentil!) pour empêcher un autre pilote de le dépasser. En revanche tout le monde souligne sa vitesse en qualifications où il fit jeu égal à la fin de la saison avec Ricciardo, un maître en la matière, et plus encore sa constance en termes de performance sur la durée d’un grand prix. Pour ma part, si je devais faire une comparaison avec d’autres cracks de la discipline je dirais qu’il ressemble à la fois à Prost et à Senna. Si je fais ce jugement, c’est parce que Coulthard (ancien excellent pilote chez Williams et Mac Laren) a dit à propos de Max Verstappen « qu’ au Brésil, sous la pluie, il a trouvé des trajectoires que l’on ne prend normalement jamais, et ça a fonctionné », ajoutant un peu plus tard que « Max est un pilote courageux et intelligent. Avec ces deux qualités, on a quelque chose de surhumain. »

Coulthard n’est évidemment pas le seul à avoir remarqué toutes les qualités de ce jeune homme, chevalier sans peur mais pas encore sans reproche, qui dispose évidemment d’une énorme marge de progression, ce qui me fait dire que le prochain champion du monde pourrait bien s’appeler Verstappen, malgré les inconnues de la nouvelle réglementation. Cela dit, compte tenue du savoir-faire de Red Bull en matière de châssis et de la nette progression du moteur Renault fin 2015 et au cours de l’année 2016, pareil pronostic n’a rien de farfelu, bien au contraire…même si à titre personnel je préférerais que le champion 2017 s’appelle Kimi Raikkonen. Mais pour cela il faudrait que la nouvelle Ferrari soit bien née, et convienne au style d’Iceman.

Michel Escatafal

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Vettel moins dominateur en 2014? Peut-être, heureusement !

senna prostSur le site web de Sport 365, j’ai vu un sondage qui posait la question de savoir si la domination de Vettel sur le monde de la Formule 1 était mauvaise pour la F1, et le résultat à l’heure où j’écris est OUI à 75%. Rien d’étonnant à cela, puisque Lewis Hamilton a dit que les « fans s’endorment » en raison de cette domination outrageante du pilote allemand, ce qui était un peu le cas autrefois à l’époque de Schumacher.  Cela dit, on aurait tort d’imputer à Vettel ce désenchantement qui touche nombre d’amateurs de F1, parce que pour moi les fautifs sont plutôt ses patrons de Red Bull. Ce n’est pas la première fois en effet qu’une voiture domine outrageusement la concurrence en F1. Au contraire même, c’est souvent le cas, et l’histoire est là pour en témoigner. En revanche, si cette suprématie s’exerce au seul profit d’un pilote, cela devient plus ennuyeux. C’est le cas de nos jours avec Vettel, comme ce fut le cas chez Ferrari à l’époque de Schumacher, ce qui contribue évidemment à améliorer les statistiques hallucinantes de l’un comme de l’autre dans la décennie précédente, mais enlève beaucoup d’intérêt à la course, puisque s’il y a bagarre celle-ci a lieu pour les places d’honneur.

C’est la raison pour laquelle j’ai regretté que pour remplacer Webber, qui abandonne la F1, les patrons de l’écurie Red Bull aient porté leur choix sur un pilote comme Ricciardo, alors qu’ils avaient la possibilité de prendre un pilote beaucoup plus expérimenté. On a parlé longtemps de Raikkonen, ce qui aurait fait l’unanimité chez les fans de la discipline, mais apparemment chez Red Bull on a eu peur que mettre deux pilotes de ce calibre pose plus de problèmes que d’avantages tangibles. Dommage ! Ce l’est d’autant plus que Ferrari, renouant avec une tradition ancienne, a décidé d’associer Alonso et Raikkonen, c’est-à-dire deux des quatre meilleurs pilotes du plateau. Bravo à la Scuderia, et carton jaune à Red Bull, sachant que Ricciardo ne sera pas un vrai concurrent pour Vettel la saison prochaine…ce qui pourrait nuire de nouveau à la Formule 1, si Newey construit en 2014 une machine invincible. Espérons que Ferrari, Mercedes, Mac Laren ou d’autres sachent fabriquer la voiture susceptible de contrecarrer les desseins de Red Bull. Après tout, avec un nouveau moteur, tout est possible, même si Red Bull sera quand même l’équipe favorite l’an prochain.

Si j’ai donné un carton jaune au recrutement de Red Bull, c’est parce qu’en cas de domination excessive d’une équipe, il faut au moins pour assurer le spectacle deux pilotes d’un calibre supérieur. Dans ce cas, c’est toujours ou presque la même voiture qui gagne, mais il y a de beaux duels en course, qui font oublier cette suprématie et qui permettent de vibrer d’enthousiasme à chaque grand prix. Ce fut le cas à l’époque de Fangio-Moss chez Mercedes au milieu des années 50 (1954), comme ce fut aussi le cas avec Prost-Lauda chez Mac Laren au milieu des années 80 (1984 et 1985), ou encore et plus que tout lors des fameux duels entre Prost et Senna, toujours chez Mac Laren quelques années plus tard (1988-1989). En revanche les duos Clark-Hill chez Lotus en 1967 ou encore Prost-Mansell chez Ferrari en 1990, ne tinrent pas leurs promesses, mais cette fois les patrons d’écurie n’y étaient pour rien, car Clark et Prost étaient trop forts pour leur équipier, même si Graham Hill et Mansell étaient ou allaient être champions du monde. Ce sera la même chose en 1986 chez Mac Laren avec Prost, encore lui, et Keke Rosberg qui fut champion en 1982, Prost finissant champion du monde cette année-là, alors que Rosberg terminait le championnat avec 50 points de retard. Cela étant, il faut noter qu’en 1967, comme en 1986, Clark et Prost étaient loin de posséder la meilleure voiture, contrairement aux saisons 1955, 1984 et 1985 ou 1988 et 1989.

Bref, ce qui rend la Formule 1 intéressante, c’est la lutte pour être le meilleur et là Red Bull a tout faux et aura tout faux l’an prochain si la firme autrichienne continue de gagner , alors que si Ferrari domine la situation, il est certain qu’Alonso et Raikkonen feront le spectacle, comme ce sera aussi le cas si c’est Mercedes avec Hamilton et Rosberg. Il est d’ailleurs symptomatique de noter que les trois teams qui mènent le championnat constructeurs aujourd’hui, ont une stratégie opposée pour l’an prochain avec la nouvelle règlementation, Red Bull ayant décidé une fois pour toutes de tout miser sur un seul pilote, au risque de « se planter », alors que ses deux concurrents font confiance à des duos expérimentés pour aider au développement de la voiture, laquelle sera propulsée par un V6 turbocompressé. Et ce changement technique pourrait bien avoir plus de conséquences qu’on l’imagine, même si les ingénieurs de ces équipes sont tous très bons.

Toutefois, rien n’est écrit d’avance. Ainsi, en 1961, l’apparition d’un nouveau moteur de 1500 centimètres cube changea complètement la donne par rapport à l’année précédente. En 1960, ce fut Jack Brabham qui s’imposa au championnat du monde avec (43 points), devant son équipier Bruce Mac Laren (34 points), les deux pilotant une Cooper-Climax avec un moteur de 2500 centimètres cubes. Mais en 1961, ce fut Phil Hill qui l’emporta sur Ferrari (34 points) devant Wolfgang Von Trips (33 points), qui aurait été champion du monde s’il n’avait pas eu un accident qui entraîna sa mort à Monza (et celle de 12 spectateurs) sur une autre Ferrari. En revanche, l’année 1989, qui vit l’interdiction des moteurs turbo, se termina exactement comme l’année 1988, pour Mac Laren. Cette écurie, en effet, remporta le championnat en 1988 et en 1989, le seul changement intervenant entre les pilotes, Senna devenant champion du monde en 1988 sur sa Mac Laren V6 Honda Turbo (1.5l) avec 90 points devant Prost, sur la même voiture, avec 87 points. L’année suivante, c’est Prost qui s’imposa (76 points) avec la Mac Laren propulsée par un moteur atmosphérique V10 Honda (3.5l), devant Senna avec la même voiture (60 points), les deux pilotes ne laissant que des miettes à leurs adversaires de chez Ferrari ou Williams, même si leur domination fut moins nette en 1989.

Il est vrai que ces deux années, Mac Laren avait les deux meilleurs pilotes, la meilleure voiture et peut-être le meilleur moteur, ce qui était suffisant pour assurer un spectacle extraordinaire, les deux cracks ne se faisant aucun cadeau, au point qu’en 1989 Prost préféra s’en aller pour rejoindre la Scuderia, et nous offrir de nouveau un  duel d’anthologie avec son meilleur ennemi . Mais imaginons un instant que Prost n’ait pas eu Senna comme adversaire ou vice-versa, quel ennui pour les spectateurs et les téléspectateurs ! En 1988, par exemple, sur 16 grands prix Prost en aurait remporté 14 (7 victoires et 7 deuxièmes places) et Senna 11 (8 victoires et 3 deuxièmes places). Etant supporter de Raikkonen et appréciant beaucoup Alonso, j’aimerais bien que Ferrari réussisse à construire l’an prochain une machine susceptible de rivaliser avec Red Bull, voire même la battre. Là, je suis persuadé que personne ne s’ennuierait à la télévision ou dans les tribunes, avec deux pilotes aussi forts en course qu’Iceman et le Taureau des Asturies.

Michel Escatafal


En Formule 1, 2013 ne ressemblera pas à 1963

Lotus25Red BullL’année 2013 en F1 sera-t-elle un grand cru comme on l’entend dire un peu partout, d’autant que la précédente a été marquée par une indécision qui a perduré jusqu’au dernier grand prix ? En allant même plus loin, en octobre il y avait encore quatre candidats au titre mondial, à savoir Vettel qui finira par l’emporter, Alonso, mais aussi Raikkonen et Hamilton, même si pour les deux derniers leurs chances étaient minimes. En outre, comme je le disais dans un article précédent, sur 20 courses nous avons eu 8 vainqueurs différents (Vettel et Webber sur Red-Bull, Alonso sur Ferrari, Hamilton et Button sur Mac Laren, Raikkonen sur Lotus, Maldonado sur Williams, Rosberg sur Mercedes), ce qui démontre que la hiérarchie a quand même été fluctuante au cours de la saison, et qui situe l’intensité de la lutte.

Et cette année donc, que se passera-t-il d’autant qu’en vu du changement de règlementation moteur en 2014, les évolutions seront minimes, ce qui signifie que la hiérarchie ne devrait pas beaucoup fluctuer cette saison. Cela dit, avant d’évoquer les forces en présence il pourrait y avoir un grand changement…dans l’administration de la Formule 1, avec le départ possible de son grand argentier, Bernie Ecclestone. Si ce changement est souligné, c’est parce que Bernie Ecclestone dirige la F1 depuis 40 ans (1973). Quel bail, et, disons-le tout net, quel bilan même si certains trouvent à redire sur ledit bilan, notamment à propos de la répartition d’une partie des revenus basée sur la performance…et l’ancienneté, ou encore sur la diminution du nombre de grands prix en Europe. Une chose est sûre cependant : Bernie Ecclestone a fait de la Formule 1 une institution florissante, crise économique ou pas. Oh certes, il y a eu des périodes plus roses que d’autres sur le plan financier, mais la F1 continue de faire recette et de se développer. Il est simplement dommage pour nous Français que, désormais, il faille soit être abonné à Canal+, soit disposer d’une parabole pour assister aux grands prix à la télévision (RTL télévision en Allemagne continue à retransmettre les grands prix). Frustrant quand même pour de nombreux fans!

Voilà pour la partie « coulisses » si j’ose dire. A présent passons à la partie sportive. Sans être grand clerc, on peut supposer qu’on retrouvera les meilleurs aux meilleures places, et ce, quelles que soient les évolutions sur les voitures, comme évoqué précédemment, ou sur les pneus. Quand je dis les meilleurs, c’est tous les meilleurs et pas seulement une écurie qui domine les autres. Il y aura à coup sûr Red Bull et son moteur Renault avec Vettel, le champion du monde en titre, qui essaiera de remporter son quatrième titre et égaler Prost, mais aussi Ferrari avec Alonso, qui a raté le titre de très peu l’an passé, bien secondé cette année par Massa, surtout s’il commence 2013 comme il a fini 2012. Mais il ne faut pas oublier Mac Laren et son moteur Mercedes, qui a certes perdu son leader, Hamilton, mais qui avec Button et l’espoir Perez dispose encore d’un bon tandem de pilotes. Il y a également deux teams qui seront sans doute aussi aux avant-postes, à savoir Lotus équipé aussi par Renault avec Kimi Raikkonen, peut-être le meilleur pilote en valeur absolue, et Grosjean, capable des plus beaux exploits…mais aussi des pires bourdes, et Mercedes qui s’est considérablement renforcé avec la venue du très rapide Hamilton, lui-même accompagné de Rosberg, qui figure parmi les pilotes de pointe depuis plusieurs années, même s’il risque fort de souffrir face à son très véloce nouveau coéquipier.

En parlant d’Hamilton, il est clair que ce sera un vrai plus pour Mercedes de disposer d’un pilote au sommet de son art, à la place de Michael Schumacher, lequel, malgré de beaux restes, ne pouvait pas réparer des ans l’irréparable outrage. Hamilton a-t-il eu raison de quitter son cocon familial chez Mac Laren, écurie dans laquelle il avait grandi et où on lui pardonnait tout ? L’avenir nous le dira, mais si Mercedes a réussi à mettre la main dans l’intersaison sur quelques modifications avantageuses pour sa voiture, Hamilton sera à n’en pas douter très dangereux pour Red Bull, Ferrari, Mac Laren et Lotus. N’oublions pas qu’il sait gagner (21 victoires) et qu’il est très vite en qualifications (26 pole positions).

Et les autres équipes ? Et bien elles seront derrière les grosses écuries, avec quelques pilotes qui vont jouer très gros pour leur avenir. Par exemple Hulkenberg, qui va disposer d’une très bonne voiture avec la Sauber (seule équipe dirigée par une femme, Monica Kaltenborn)  équipée comme d’habitude d’un moteur Ferrari. Hulkenberg, pour qui cette année sera déterminante, pourrait être la grande confirmation de cette saison. En revanche personne n’attend grand-chose de son coéquipier, le Mexicain Guttiérez, qui n’a pas fait d’étincelles dans les catégories inférieures, au contraire de son équipier et du Finlandais (24 ans) Bottas, qui courra sur la Williams à moteur Renault. Néanmoins, Bottas aura fort à faire avec Maldonado, vainqueur l’an passé du Grand Prix d’Espagne. Pour Maldonado, le problème est le même que pour Grosjean, à savoir canaliser sa fougue en course. Plus facile à dire qu’à faire ! D’ailleurs c’est à ça que l’on reconnaît les cracks des autres. Combien d’erreurs pour Vettel, Raikkonen ou Alonso ? Très, très peu !

Parmi les espoirs de la discipline qui vont jouer très gros cette année, il y en a deux qui opèrent chez Toro Rosso, la filiale de Red Bull : l’Australien Ricciardo et le Français Jean-Eric Vergne. Pour l’instant ils sont quasiment à égalité, l’un (Ricciardo) étant plus rapide en qualifications, l’autre (Vergne) allant plus vite en course. Les deux jeunes gens (bientôt 24 ans pour Ricciardo et 23 ans pour Vergne)  ont donc tout intérêt à progresser d’ici la fin de la saison 2013, car au bout il pourrait y avoir un volant chez Toro Rosso, Webber finissant par être remplacé un jour ou l’autre. Pour le moment, si cela n’a pas été fait, c’est parce que les deux pilotes Toro Rosso ne sont pas au niveau d’un Webber, certes dominé par Vettel, mais très bon quand même, ce qui le situe juste derrière Vettel, Alonso, Raikkonen et Hamilton. Progresseront-ils suffisamment pour aspirer au grade supérieur que représente le passage de Toro Rosso à Red Bull ? Peut-être, mais pas certain, en espérant que Vergne balaiera cette interrogation, ce qui ferait un Français de plus dans une écurie de pointe.

Et puisque je parle des Français, il faut noter que cette année nous en aurons quatre en Formule 1, avec Pic au volant d’une Caterham à moteur Renault, et Bianchi au volant d’une Marussia à moteur Cosworth. On se croirait presque revenu dans les années 80 ! Fermons la parenthèse pour noter que l’un comme l’autre ne sont pas équipés pour jouer dans la cour des grands, ni même des moyens, leur voiture ayant forcément des ambitions très limitées. Mais nombre de grands champions sont passés par des écuries mineures avant d’éclater chez les grands. Ce fut le cas d’Arnoux (Martini), d’Ayrton Senna (Toleman), de Damon Hill (Brabham qui n’avait plus rien à voir avec l’écurie de B. Ecclestone), ou encore de Fernando Alonso (Minardi), voire Vettel (Toro Rosso) et Raikkonen (Sauber). On connaît la suite pour tous ces champions. Espérons pour nos jeunes français qu’ils tireront leur épingle du jeu, au point d’avoir la possibilité de rejoindre un grand team.

Enfin, pour terminer, comme ce blog est consacré aussi et même surtout par certains côtés à l’histoire du sport, je voudrais évoquer l’année 1963, qui fut historique à plus d’un titre…mais qu’on ne souhaite pas revoir en 2013. Pourquoi ? Tout simplement parce que le duo des surdoués, comme on appelait Colin Chapman, le père de la prestigieuse Lotus 25 (entre autres), et Jim Clark, le meilleur pilote de la décennie 60, véritable successeur de Fangio, ont écrasé la concurrence puisqu’ils ont remporté 7 des 10 grands prix programmés. Et comme si cela ne suffisait pas, Jim Clark a réalisé 7 pole position, et est devenu champion du monde avec 54 points contre…29 aux deux pilotes BRM, Graham Hill et Richie Ginther. Une domination presque totale du couple constructeur-pilote le plus génial de la F1. Même des binômes comme Ferrari-Schumacher ou Red Bull version Newey-Vettel n’ont jamais exercé une telle hégémonie sur la Formule 1 !

Déjà l’année précédente, cette Lotus Climax révolutionnaire avec son châssis-caisson avait failli d’entrée remporter le championnat, manquant le titre pilotes à cause d’une petite rondelle oubliée par un mécanicien fatigué, alors que Clark était largement en tête du Grand Prix d’Afrique du Sud, ce qui profita à Graham Hill sur BRM. Mais en 1963,  cette machine d’avant-garde fonctionna à plein régime, malgré les difficultés qu’avaient les pilotes à s’enfoncer dans le cockpit en position très allongée, ce qui ne pouvait convenir qu’à un pilote jockey, et encore au prix de multiples torticolis. Il n’empêche, après un Grand Prix de Monaco qu’il avait copieusement dominé jusqu’à une panne de boîte à vitesses à quelques encablures de l’arrivée, Clark s’imposa à Spa avec 4mn54s d’avance sur Bruce Mac Laren (Cooper Climax), à Zandvoort avec un tour d’avance sur Gurney (Brabham Climax), à Reims où le second, le Sud-Africain Maggs sur Cooper, termina à plus d’une minute, à Silverstone avec 25s d’avance sur la Ferrari de Surtees qui profita au maximum de la puissance de son moteur. Au Nurburgring, en revanche, Clark laissera la victoire à Surtees à cause de son moteur Climax qui n’a cessé de « ratatouiller » tout au long du grand prix, Clark finissant sa course à plus d’une minute. Mais en Italie, la Lotus retrouva toute sa superbe, et Clark s’imposa avec 1mn35s d’avance sur Ginther, une victoire qui lui donnait d’ores et déjà le titre de champion du monde à trois grands prix de la fin. Est-ce parce que le titre était déjà joué ? Toujours est-il que Clark ne finit qu’à la troisième place à Monza derrière les deux BRM de Graham Hill et Richie Ginther. Mais à Mexico, Clark reprit sa suprématie, ce qui lui permettait d’égaler les records d’Ascari et Fangio en remportant 6 grands prix la même année. Il complètera ce triomphe en s’imposant pour la septième fois à East London (Afrique du Sud) tout à fait en fin d’année (le 28 décembre) en dominant Gurney (Brabham Climax) et Hill sur BRM. Quelle démonstration du binôme Lotus-Clark. C’était il y 50 ans tout juste !

Michel Escatafal


Une saison 2012 de F1 qui restera dans l’histoire (Partie 1)

vettelLa saison 2012 de Formule 1 s’étant terminée de la même façon que l’an passé, avec le titre de champion du monde de Sebastian Vettel, on pourrait penser que la discipline reine du sport automobile n’a guère évolué d’une année à l’autre. C’est vrai d’une certaine manière, mais c’est faux sur le plan des résultats et de l’intérêt suscité par les 20 grands prix. Vrai, parce qu’il n’y a pas eu de réelle révélation de pilotes au cours de la saison, à part peut-être la confirmation du talent d’Hulkenberg, voire de Maldonado et Perez,  mais faux parce que sur 20 courses nous avons eu huit vainqueurs différents (Vettel et Webber sur Red-Bull, Alonso sur Ferrari, Hamilton et Button sur Mac Laren, Raikkonen sur Lotus, Maldonado sur Williams, Rosberg sur Mercedes), ce qui suffit à démontrer que la hiérarchie a quand même été fluctuante au cours de la saison. Cependant, et on ne le dira jamais assez, les meilleurs pilotes sont finalement devant tous les autres. La preuve, les quatre premiers du championnat sont ou ont été champions du monde, à savoir Vettel, Alonso, Raikkonen, Hamilton, tout comme le cinquième, Button. Tout sauf un hasard !

En écrivant cela, j’ai l’impression que tout est dit, même si pour moi ce n’est pas tout-à-fait le cas, car je n’irais pas jusqu’à écrire qu’il s’agit des cinq meilleurs pilotes en valeur absolue. Je vais même en étonner quelques uns en disant que si je suis d’accord pour les quatre premiers, dans l’ordre ou le désordre, je placerais pour ma part à la cinquième place Felipe Massa, qui pourtant termine à la septième place, derrière Mark Webber (sixième), et loin derrière Button en nombre de points (122 contre 188). Pourquoi ai-je choisi Massa comme cinquième homme dans cette hiérarchie ? Tout simplement  parce que Massa court sur Ferrari, et que son équipier s’appelle Alonso. Certes, on me fera remarquer qu’Alonso a marqué 278 points dans la saison, soit plus du double de son équipier, mais cette énorme différence s’est faite dans la première partie de la saison, où Massa n’était pas encore redevenu le Massa des années 2006 à 2009 (année de son très grave accident). Non seulement cette difficulté à retrouver son vrai niveau avait altéré sa confiance, mais en plus il a vécu cette année avec au-dessus de sa tête le risque de perdre son volant chez Ferrari…qui ne l’a pas ménagé, et qui par conséquent ne l’a pas aidé à se reconstruire complètement et rapidement. En revanche, depuis Monza, ou si l’on préfère depuis que son contrat a été prolongé d’une saison, Massa est clairement au même niveau qu’Alonso, pour ne pas dire plus.

Voilà pourquoi je classe Massa devant Button et Webber, lesquels ont surtout pour eux de disposer d’une machine très performante. D’ailleurs on a  beau regarder les statistiques et les performances, on a beau évaluer la part de malchance de chacun dans son équipe, il ressort clairement que Button est loin de Lewis Hamilton, un peu comme Webber vis-à-vis de Vettel. Ces deux pilotes, même s’ils n’en avaient pas le statut, ont plutôt été des seconds rôles dans leur équipe, en raison de la domination exercée par leur leader. Etait-ce une question de pneus, notamment du côté de Button, comme il semble le prétendre? Je ne crois pas, même si les commentateurs de TF1 ne cessaient de nous vanter Button sur ce plan-là. Non, tout simplement Hamilton est un pilote hyper vite, en qualifications comme en course, comme du reste Vettel, et il est tout à fait normal que l’un et l’autre soient devant leur coéquipier.

En fait, seuls Alonso et Raikkonen ont rivalisé sur l’ensemble de la saison avec Vettel et Hamilton, d’autant que la Ferrari F2012 comme la Lotus E20 n’étaient pas au niveau de la Red Bull RB8 et de la Mac Laren MP4-27. Et si Alonso comme Raikkonen ont été candidats au titre jusqu’à la fin de la saison, ils le doivent essentiellement à leur régularité dans la haute performance. Certes Iceman, comme on appelle le Finlandais, avait une voiture à la fois fiable et rapide, mais la Lotus n’était pas tout-à-fait au niveau de ses rivales. Cela dit, elle a permis à Raikkonen de se retrouver à une inespérée troisième place au championnat du monde, parfaitement méritée au demeurant quand on sait que Raikkonen a franchi 20 fois sur 20 le drapeau à damiers, et chaque fois (sauf une) dans les points. A comparer avec Romain Grosjean !

En disant cela, je veux évoquer les pilotes français, à commencer par Sébastien Grosjean, à qui j’ai consacré un article sur ce site. Pour moi, il a été le moins bon des trois sur l’ensemble de la saison, même s’il est sans doute le plus doué. Rapide, voire même très rapide, Grosjean l’est, au point d’avoir fait jeu égal avec Raikkonen sur l’ensemble de la saison en qualifications, même si Raikkonen a inversé la tendance du début de saison, où il a souffert de son absence des circuits pendant deux ans. Mais reconnaissons que sur un tour, le samedi, Grosjean est capable d’aller très vite. Hélas, en course c’est souvent très différent, et je préfère ne pas parler de ses départs où il a clairement un problème. Certains diront qu’il n’est pas le seul jeune pilote à faire des bêtises, ce qui est vrai, mais ce n’est pas une excuse. Résultat, à matériel égal, Raikkonen a marqué deux fois plus de points que Grosjean. A méditer pour lui si, comme c’est vraisemblable, il continue à faire équipe avec le pilote finlandais, dont il devrait s’inspirer plutôt qu’essayer coûte que coûte de le battre, et dont il devrait aussi adopter le comportement avant un grand prix, en évitant par exemple d’évoquer un podium ou la victoire, ce qui a pour seul effet de lui mettre un peu plus de pression.

Vergne aurait-il fait mieux chez Lotus ? J’aurais tendance à répondre par l’affirmative, étant persuadé qu’il aurait fini davantage de grands prix. Cependant la vraie comparaison ne peut se faire qu’avec son équipier, en l’occurrence Ricciardo, qui est lui aussi très jeune dans le métier. En termes de résultats sur la saison, les deux hommes ont quasiment fait jeu égal, Ricciardo se montrant légèrement supérieur en qualifications, mais Vergne rétablissant l’équilibre en course. En tout cas, ces deux jeunes pilotes ont la chance de pouvoir continuer leur apprentissage dans une écurie de moindre notoriété l’année prochaine (Toro Rosso), avant éventuellement de faire le grand saut l’année suivante. Pour me faire une véritable idée de Vergne je préfère attendre la fin 2013, d’autant qu’au moins un des pilotes Toro Rosso aura la possibilité d’intégrer la grande équipe Red Bull (maison mère) en cas de résultats probants, ce qui leur mettra une pression supplémentaire. Cela dit Vergne, comme Grosjean, semble satisfait de lui-même, même s’il estime qu’il doit mieux faire l’an prochain.

Et Charles Pic, desservi par son matériel, la modeste Marussia, que vaut-il exactement ? Là aussi il faut patienter jusqu’à la fin de la prochaine saison. Il faut noter à son propos que ses références avant de disposer d’un volant en Formule1 n’étaient pas extraordinaires. Et pourtant il s’est très bien comporté cette année en dominant souvent son équipier, l’expérimenté pilote allemand Timo Glock. Est-ce suffisant pour en faire un grand espoir ? Difficile à dire, dans la mesure où Glock n’est quand même pas un des tous meilleurs pilotes du plateau. En tout cas Pic, jeune homme de 22 ans, est considéré par nombre d’anciens pilotes comme un sérieux espoir pour les années à venir. C’est aussi le cas des dirigeants de sa nouvelle équipe (Caterham) qui lui ont fait signer un contrat de longue durée (deux ans plus une autre en option), ce qui signifie qu’ils pensent que Charles Pic deviendra vite suffisamment fort pour qu’ils puissent monnayer son départ vers une écurie plus prestigieuse. Il faudra pour cela qu’il commence par être meilleur que son équipier, dont on ne connaît toujours pas le nom.

Michel Escatafal