Platini trouvait normal d’avoir 3 fois de suite le Ballon d’Or…

ballon d'orDécidément le comportement de Michel Platini insupporte de plus en plus les amateurs « éclairés »de football. Après le fair-play financier qui aboutit à favoriser uniquement les clubs historiques, parfois lourdement surendettés au détriment de ceux qui appartiennent aux nouveaux riches sans dette, voilà qu’il se mêle de vouloir désigner le Ballon d’Or, récompense individuelle suprême du joueur de football. Au nom de quoi ? Parce qu’apparemment il a du mal à accepter que le Ballon d’Or revienne au meilleur joueur, reprochant à ceux qui votent pour cette distinction de choisir toujours les meilleurs, en l’occurrence depuis quelques années Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Cette préférence qu’il avait déjà manifestée par le passé, en criant haut et fort que Ribéry méritait davantage le Ballon d’Or que les deux autres nominés, finit par agacer tout le monde au point qu’Ancelotti a cru bon de dire que « Le poste de président de l’UEFA est important, je pense que prendre position sur le sujet du Ballon d’Or n’est pas correct ». Et c’est tout à fait vrai, même si Neuer, le gardien du Bayern Munich et de l’équipe d’Allemagne, ne déparerait pas au palmarès.

Cela étant, cette querelle n’existerait pas si la récompense qu’est le Ballon d’Or n’était pas devenue ce qu’elle est de nos jours, et était toujours décernée comme elle l’était auparavant, c’est-à-dire uniquement par des journalistes de France Football qui faisaient « le boulot » en leur âme et conscience, sans trop se soucier des désidératas des uns et des autres. Pour mémoire je rappellerais une fois encore que ce Ballon d’Or, a été créé il y a 57 ans par Gabriel Hanot, responsable à l’époque de la rubrique football de l’Equipe et de France-Football, pour récompenser le meilleur joueur européen de l’année. Gabriel Hanot qui avait beaucoup d’idées, puisque c’est aussi lui qui créa à peu près à la même époque la Coupe d’Europe des clubs champions, devenue aujourd’hui la Ligue des Champions. Hélas pour lui, qui aujourd’hui sait que cet ancien excellent footballeur au début du siècle précédent (12 fois international) est le créateur de deux évènements considérables du monde du football ? Plus personne ou presque, sauf ceux qui s’intéressent à l’histoire en général et à celle du sport en particulier.

Cela dit, même si beaucoup de choses ont changé, les idées sont restées, et c’est toujours la même ferveur qui entoure la remise du Ballon d’Or, évènement qui fait rêver tous les footballeurs, du plus grand au plus petit depuis 1956, année où Stanley Matthews obtint le tout premier trophée à l’âge de 41 ans devant les deux super cracks du Real Madrid à cette époque, Di Stefano et Kopa…qui lui étaient bien supérieurs. Cela dit Matthews était anglais, et Hanot avait un amour fou pour le football d’Outre-Manche, sans doute parce que les Anglais ont inventé ce jeu…ce qui montre qu’il est arrivé à certaines époques que le meilleur n’ait pas été couronné. C’est pour cela que nous sommes nombreux à dire que ce trophée, ô combien important pour un footballeur, l’est finalement beaucoup trop, parce qu’il dépend grandement de la qualité des équipiers qui sont autour de la « star ». L’an passé Ribéry avait bénéficié de l’exposition du Bayern Munich pour s’inscrire parmi les trois nominés, avec les éternels Messi et C. Ronaldo. Toutefois si Ribéry joue au Bayern, c’est parce que c’est un excellent  footballeur, remarque qui vaut pour tous les joueurs des grands clubs, y compris Neuer.

Alors qui emportera le Ballon d’Or cette année? Très certainement Cristiano Ronaldo, une troisième fois, comme Platini en son temps (qui n’avait pas protesté à l’époque !)…ce qui ne sera que justice, et je trouverais normal que Neuer soit son dauphin, d’autant qu’il est incontestablement le meilleur gardien actuel. Néanmoins les statistiques de C. Ronaldo sont toujours aussi hallucinantes, et malgré une Coupe du monde où lui et son équipe (Portugal) n’ont pas été souverains, son aura dans le monde du football est restée égale à celle des années précédentes, tout comme sa superbe sur un terrain. De plus, il reste la grande star du Real Madrid, et son apport dans le dixième titre européen (C1) du club madrilène fut constamment décisif tout au long de la campagne 2013-2014. En outre, et c’est la différence par rapport à Messi, joueur d’un seul club, il a aussi largement contribué à la victoire en Ligue des Champions de Manchester United en 2008, juste avant de rejoindre le Real Madrid.

Si je parle autant de la Ligue des Champions, c’est parce que cette récompense qu’est le Ballon d’Or désigne souvent un joueur qui a gagné une épreuve prestigieuse, même si le reste du temps il n’a pas fait des étincelles. Ce ne sera pas le cas cette année avec Ronaldo, s’il est le lauréat, malgré une Coupe du Monde décevante, comme en 2008, où il fut beaucoup moins brillant au Championnat d’Europe des Nations qu’en Champions League. Toutefois, il y a eu dans le palmarès des cas beaucoup plus choquants, outre celui de Stanley Matthews dont j’ai parlé précédemment.

Le premier exemple qui me vient à l’esprit est celui de l’année 1982, quand Paolo Rossi remporta le trophée…parce qu’il avait marqué 6 buts lors de la Coupe du Monde en Espagne entre les quarts de finale et la finale, que l’Italie avait remportée. Le reste du temps, il a quasiment été aux abonnés absents. Il faut reconnaître que ses dauphins de l’époque, Giresse et Boniek méritaient le Ballon d’Or beaucoup plus que lui. Mais il peut arriver que gagner un grand trophée (Coupe du Monde, championnat d’Europe des Nations) en étant  le meilleur joueur du tournoi, ne suffise pas pour emporter l’adhésion.

Cet exemple concerne plus particulièrement un Français, Thierry Henry. Cette année là, en 2000, la France avait été sacrée championne d’Europe des Nations, en grande partie grâce à Thierry Henry. Et pourtant ce fut Figo qui fut désigné, sans doute parce qu’il jouait au Real Madrid et, nous avait-on dit, parce qu’Henry n’avait pas marqué en finale du championnat d’Europe. C’était quand même tiré par les cheveux, et à partir de là je n’ai plus considéré la remise du Ballon d’Or de la même manière. Pas parce que c’était un Français qui aurait dû avoir la récompense, la preuve puisque je suis de ceux qui pensaient l’an passé que Ribéry était loin du niveau de Ronaldo, Messi ou même Ibrahimovic, mais parce que je considérais qu’il y avait trop d’éléments qui échappaient à la logique des amateurs de football que nous sommes.

D’ailleurs Thierry Henry, bien qu’il ait figuré pendant 5 ou 6 ans parmi les tout meilleurs joueurs du monde, n’a jamais remporté le Ballon d’Or, ce qui est une profonde injustice. En 2003 on lui a préféré Nedved, probablement parce qu’il jouait à la Juventus de Turin. En dehors de cela je ne vois pas la raison d’avoir placé Nedved devant Henry, parce qu’en plus le buteur français avait survolé de toute sa classe la Coupe des Confédérations, sans compter qu’il avait gagné la Cup (avec Arsenal) et avait été sacré meilleur buteur mondial de l’année. Néanmoins il n’est pas le seul grand footballeur à n’avoir jamais gagné le Ballon d’Or, alors que beaucoup d’autres ayant moins de classe et au palmarès nettement moins fourni l’ont remporté.

Simonsen (1977) ou Belanov (1986) étaient d’excellents joueurs, mais franchement que leur nom figure parmi les lauréats et pas Ferenc Puskas et Sandor Kocsis (Hongrie), Mazzola et Riva (Italie), Schuster (Allemagne), Giresse, Tigana, Henry ou Iniesta a quelque chose de choquant. Et puisque je parle de Français, ils sont quand même 4 à avoir été élus Ballon d’Or, à savoir Raymond Kopa en 1958, Michel Platini à 3 reprises en 1983, 84 et 85 (le seul avant Messi à l’avoir eu trois fois de suite), Zinedine Zidane en 1998 et, plus surprenant, Jean-Pierre Papin (en 1991)  à l’époque où il jouait à l’Olympique de Marseille. La France figure ainsi en bonne place  parmi les pays ayant eu des lauréats (6 fois) juste derrière les Pays-Bas et l’Allemagne (7 fois)  et devant l’Angleterre, l’Italie et le Brésil (5 fois),  puisque depuis 1995 les non –européens jouant en Europe peuvent postuler.

D’ailleurs Georges Weah, l’ancien joueur du PSG, a été élu en 1995, et je regrette que Drogba ou Eto’o ne figurent pas au palmarès, car eux aussi l’auraient mérité. En revanche, coté club, la France est très loin (seulement l’OM avec Papin), ce qui veut dire que pour avoir le Ballon d’Or il fallait  ou il faut jouer en Italie, plus particulièrement à la Juventus et au Milan AC (16 trophées), en Espagne, au Real et au Barça (17 aussi), en Allemagne au Bayern ( 5 ) et en Angleterre à Manchester (4). Normal, c’est dans ces clubs et ces pays que l’on recrutait  les meilleurs joueurs…jusqu’à l’arrivée de nouveaux riches (comme on dit) russes (Chelsea), émiratis (Manchester City) ou qataris (PSG). Enfin, il vaut mieux être attaquant ou milieu de terrain (53 Ballons d’Or) que défenseur (4 Ballons d’Or) ou gardien de but (1 Ballon d’Or). Cela peut paraître injuste car à l’image de Yachine en 1963, un gardien comme Banks dans les années 60 (Angleterre), ou plus près de nous Barthez, Buffon (Italie) ou Casillas (Espagne) auraient mérité eux aussi le trophée. Et cette année ce ne serait pas un scandale si Neuer l’emportait…même si l’on sait qu’il terminera second ou troisième ce qui serait anormal, car Messi ne le mérite pas cette année autant que C. Ronaldo ou Neuer.

Un dernier mot enfin, si je devais choisir le triplé le plus prestigieux ce serait celui de 1959 avec Di Stefano comme Ballon d’Or suivi de Kopa et John Charles (Gallois de la Juventus de Turin). Celui de 1974 avec Cruyff (Pays-Bas), Beckenbauer (Allemagne) et Deyna (Pologne) n’était pas mal non plus, tout comme celui de 1989 avec Van Basten, Baresi et Rijkaard, sans oublier ceux de 2009 et 2011 avec Messi, C. Ronaldo et Xavi, ou celui de 2012  avec Messi, Ronaldo et Iniesta. Cela dit un trio Ronaldo, Neuer, Messi a aussi beaucoup d’allure, ne serait-ce qu’en plaçant un gardien à un niveau inédit depuis 2006 avec l’Italien Buffon. Ce serait aussi le deuxième gardien allemand à être sur le podium après Oliver Kahn en 2001 et 2002. Ce dernier succédait sur ce podium au gardien tchèque Viktor en 1976, lequel fut en quelque sorte le successeur de Yachine, seul gardien, je le répète, à avoir été Ballon d’Or (1963).

Michel Escatafal


Le Ballon d’Or 2013 : une injustice…surtout pour les Français

ballon d'orPour clore définitivement ce chapitre ô combien longuet et fastidieux sur l’attribution à Cristiano Ronaldo du Ballon d’Or 2013, je voudrais rappeler simplement quelques évidences de bon sens. Tout d’abord, même si le Ballon d’Or doit récompenser les résultats de l’année sur le plan de la performance individuelle et en club ou en équipe nationale, il est d’abord une distinction personnelle. Or, sur ce critère strict, il est normal de privilégier en premier le talent pur si, bien évidemment, les statistiques individuelles sont en conformité avec ledit talent. Ainsi cette année il est tout à fait normal que le Ballon d’Or soit attribué à Cristiano Ronaldo aux dépens de Messi, lequel a été victime de trop nombreuses blessures pour espérer concurrencer son rival. A la limite même, Ibrahimovic aurait dû être mieux placé que Messi, car ses statistiques sont affolantes, tant en club qu’en équipe nationale, et il n’est jamais blessé.

Et Ribéry me direz-vous ? Et bien justement je n’en dis pas grand-chose, et j’en arrive à ce que l’on appelle la récompense au nom de l’équipe ayant remporté le plus grand nombre de trophées dans l’année, mais dans ce cas pourquoi privilégier un joueur plutôt qu’un autre. Oui pourquoi, d’autant que cela peut-être trois, quatre ou cinq joueurs qu’il faudrait récompenser et non un seul. Dans le cas du Bayern en 2013, le gardien Neuer, les arrières  Lahm et Alaba, le milieu Schweinsteiger ou Robben méritaient tout autant que Ribéry la distinction, en notant au passage que le collectif du Bayern en est tellement un, qu’aucun joueur ne se dégage réellement de cette équipe. C’est d’ailleurs ce qui différencie le Barça des années précédentes avec le Bayern 2013, car le Barça entre 2009 et 2012 comptait dans ses rangs le meilleur joueur du monde en valeur absolue, en tout cas un des deux meilleurs avec Cristiano Ronaldo, les deux étant très au-dessus de Ribéry. Il faut parfois être sérieux, même si nous parlons de sport !

J’observe à ce propos que l’histoire est là pour nous rappeler que, quel que soit le mode de désignation, ce n’est pas la première fois que pareille situation se produit. Je rappellerais par exemple qu’entre 1956 et 1959, si l’on fait exception de la désignation pour l’ensemble de son œuvre de Stanley Matthews (il avait alors 41 ans) en 1956, lors de l’attribution du premier Ballon d’Or, deux hommes se sont partagés le trophée chacun à tour de rôle, Di Stefano et Kopa, pour la simple raison que c’étaient les deux meilleurs joueurs du monde. Et si en 1958 ce fut Kopa qui gagna le Ballon d’Or sans que Di Stefano ne se place sur le podium, c’est tout simplement parce que Di Stefano jouait pour l’équipe d’Espagne…qui fut incapable de se qualifier pour la phase finale de la Coupe du Monde (éliminée par l’Ecosse). Il était donc logique que malgré la victoire du Real en Coupe d’Europe, et malgré le but marqué par Di Stefano lors de la finale contre l’AC Milan (victoire 3-2), Di Stefano ne figure pas parmi les lauréats du Ballon d’Or. Cela étant, entre 1956 et 1959, Di Stefano et Kopa ont totalisé sept podiums dans ce classement.

Platini, qui regrettait lundi soir que depuis 2011 il y ait toujours un duel Messi-Ronaldo, aurait dû se rappeler des années 1956 à 1959 au lieu de considérer le duel Messi-Ronaldo comme une anomalie…parce que Ribéry n’avait pas été choisi malgré tous ses titres avec le Bayern Munich.  Et si j’écris cela c’est pour poser la question suivante : qu’avait gagné Platini quand il remporta le premier de ses trois Ballons d’Or en 1983 ? Tout juste une Coupe d’Italie,  Avait-il été choqué d’avoir la distinction ? Je n’en ai pas le souvenir, et pourtant si on avait dû accorder le Ballon d’Or en 1983 en fonction des résultats, cela aurait été Félix Maggath qui l’aurait eu avec la victoire en C1 de son club, le Hambourg SV, en marquant le but de la victoire en finale,  ainsi que son titre de champion d’Allemagne. Autre chose, je ne me souviens pas avoir entendu Platini s’offusquer quand, en 2003, Thierry Henry fut devancé par Nedved (qui jouait à la Juventus comme autrefois Platini), alors qu’Henry avait remporté la Cup, mais aussi la Coupe des Confédérations et avait été meilleur buteur mondial de l’année.  Cela dit, la virulence de Platini ne s’explique-t-elle pas aussi par son désir de se démarquer de Sepp Blatter, le président de la FIFA ?

 Tout cela pour dire que ces polémiques sur le Ballon d’Or sont à la fois dérisoires et ridicules, surtout dans notre pays…parce qu’un Français, fut-il impopulaire chez lui, était concerné. Gageons que si à la place de Ribéry, Lahm, Neuer ou un autre  avaient été en course pour une des trois premières places, cela n’aurait guère fait que quelques lignes dans les médias français. Au fait, plutôt que parler de Ribéry, ne ferait-on pas mieux d’évoquer aussi le fait qu’un seul gardien (Yachine) et seulement trois défenseurs (Beckenbauer deux fois, Sammer, Cannavaro) en aient été lauréats ? Est-ce qu’un Thiago Silva, pour ne citer que lui, ne l’aurait pas mérité aussi cette année ne serait-ce que sur les critères du palmarès? Après tout le capitaine du PSG et de la sélection brésilienne a enrichi le sien en 2013 d’un titre de champion de France et d’une victoire en Coupe des Confédérations, le Brésil battant en finale l’Espagne (championne du Monde), les deux pays ayant éliminé en demi-finales respectivement l’Uruguay (championne d’Amérique du Sud) et l’Italie (finaliste du dernier championnat d’Europe). Certes la Coupe des Confédérations n’est qu’une petite Coupe du Monde, mais vu le calibre des demi-finalistes (12 victoires en Coupe du Monde à eux quatre), on peut considérer qu’il s’agit d’un très beau trophée.

En conclusion, j’en profiterais pour rappeler une nouvelle fois que notre pays est décidément plein de contradictions…ce qui peut-être fait son charme. Nous aimons beaucoup donner des leçons à la terre entière, fustigeant très souvent le chauvinisme des autres, fustigeant aussi l’arbitrage qui nous serait très souvent défavorable, fustigeant encore le fait que les Français sont en quelque sorte mal-aimés, mais oubliant que nous sommes assommants à force de toujours nous plaindre, y compris quand nous avons de la chance. Il suffit de lire à ce propos les remarques acerbes sur le Paris Saint-Germain, parce que son actionnaire est le Qatar, alors que pour la première fois depuis des lustres nous avons une équipe capable de battre n’importe qui en Europe, alors que ce club repose sur des bases solides avec un projet à long terme, ce qui est une première dans notre pays, alors que ce club apporte enfin à la Ligue 1 la visibilité que mérite notre football avec plus de 2 millions de licenciés chez les hommes (un peu moins de 100.000 chez les femmes). Et oui, nous sommes ainsi, et c’est pour cela que nous attendons depuis si longtemps un titre mondial en F1 (depuis 1994), un vainqueur du Tour de France (depuis 1985), un vainqueur homme d’un tournoi du grand chelem en tennis (depuis 1983)…et une victoire en Ligue des Champions en football (depuis 1993). Peut-être le PSG, dès cette année, comblera-t-il une partie de ces perpétuelles déceptions, et là, du moins je l’espère, plus personne ne se souciera du nom de l’actionnaire du club, sinon ce serait à désespérer de notre pays et de ses valeurs.

Michel Escatafal


Ce n’était que l’équipe d’Ukraine…tirage préféré des Français

France-UkraineAujourd’hui nombre de Français se sentent plus légers que d’habitude. Oublié le ras-le-bol fiscal, oubliées les statistiques du chômage et de l’INSEE, très déprimantes! Bref, la nation est heureuse dans sa quasi-totalité, ce qui est le cas des autres pays dont l’équipe vient de se qualifier en barrages de la Coupe du Monde 2014. Ce matin, en écoutant France-Culture, j’ai même entendu sur cette station de radio, qui refuse le panem et circenses, évoquer la réconciliation nationale en Algérie, grâce à la qualification des Fennecs, comme on appelle les joueurs de l’équipe nationale de ce pays. C’est aussi la même joie collective en Grèce, pays si durement touché par la crise, ce qui a procuré un moment de bien-être à un peuple qui a beaucoup perdu au cours des dernières années. Et que dire du Portugal, guère en meilleure situation, qui a vu son équipe battre une valeureuse équipe de Suède, à l’issue d’un match magnifique où se sont affrontés deux des trois ou quatre meilleurs joueurs du monde, Cristiano Ronaldo et Zlatan Ibrahimovic.

A ce propos, quitte à passer pour un mauvais Français, comment peut-on comparer ces deux immenses footballeurs avec Ribéry ? On a encore vu hier soir la différence entre deux supers joueurs et un excellent footballeur, n’en déplaise aux supporters franchouillards qui veulent absolument voir Ribéry avec le Ballon d’Or. Hier soir, Ronaldo a marqué trois buts et Ibrahimovic deux. Par ailleurs on ne compte pas les situations périlleuses que ces deux géniaux attaquants ont provoqué, alors que Ribéry a certes fait un bon match, mais quand même un ton nettement en-dessous des deux autres. Cela n’a pas empêché les journaux sportifs et les autres de lui donner, comme aux autres joueurs français, des notes allant de 7/10 à 9/10 ou même 10…après avoir été traités de « moins que rien » la semaine dernière. Cela étant, il faut au moins reconnaître que cette fois ils se sont battus pour renverser une situation très compromise avant le coup d’envoi du match. Rien que pour cela on peut se réjouir, tout comme on aura eu le plaisir de voir notre équipe nationale briser cette malédiction dont je parlais hier, à savoir se qualifier pour une Coupe du Monde en Amérique.

Pour autant, le football français a-t-il retrouvé une grande équipe ? Sans doute pas, du moins pas encore, même si certains joueurs ont le niveau international, Ribéry évidemment, mais aussi Benzema, Cabaye, Matuidi ou Lloris, et plus encore ces deux futurs très grands joueurs que sont Varane et Pogba. Il est certain qu’avec ces deux surdoués de 20 ans, opérant dans deux des meilleurs clubs européens (Real et Juventus), notre football dispose de deux « diamants » à qui il ne manque déjà pas grand-chose pour être au plus haut sommet à leur poste respectif. C’est du moins l’avis de tous les techniciens, ce que je ne suis pas, mais, même si on ne l’est pas, on discerne chez eux la grande classe. Quelle tranquillité, quelle aisance, quelle sécurité chez ces deux jeunes gens à un âge où tant de footballeurs font encore leurs classes !

Tout cela pour dire qu’il ne faut peut-être pas trop s’enflammer devant cette victoire remportée sur un pays, l’Ukraine…que tout le monde souhaitait au moment du tirage au sort. L’Ukraine a montré hier soir ses limites, comme elle les avait montrées dans un groupe de qualification où la concurrence n’était pas plus féroce que dans le nôtre. C’est une des raisons pour lesquelles, hier sur ce même site, j’écrivais que la France allait se qualifier, et ce d’autant plus que notre équipe n’était pas en position de favori dans cette course à la qualification pour le Brésil, position que les sportifs français apprécient tout particulièrement.

Ils l’ont d’ailleurs prouvé en allant faire match nul en Espagne à Madrid pendant ces qualifications pour la Coupe du Monde, performance beaucoup plus probante que celle d’hier soir aux yeux de supporters non aveuglés par le chauvinisme. C’est aussi pour cela que je suis persuadé que notre équipe peut très bien aller jusqu’en quart de finale de cette Coupe du Monde 2014, pour peu que l’on ne tombe pas dans une poule de qualification trop difficile avant les huitièmes de finale. Il y a de la qualité dans cette équipe, une équipe dans laquelle Didier Deschamps a fait beaucoup de bricolage, lequel fait penser à celui de Lièvremont avant 2011, et Saint-André après cette date dans le rugby…ce qui n’a pas empêché le XV de France de passer tout près d’un titre mondial il y a maintenant deux ans.

Certes on va me dire que la concurrence est faible dans une Coupe du Monde de rugby jusqu’en huitième ou en quart de finale, mais si l’on regarde bien les qualifiés, c’est un peu la même chose dans une Coupe du Monde de football, le délayage ayant déjà été fait en qualifications dans la zone Europe. N’oublions pas que l’Australie, l’Iran, le Costa-Rica, le Honduras, pour ne citer qu’eux, iront au Brésil, alors que la Suède et la Roumanie n’iront pas. Cela dit, puisse l’Equipe de France de football, en juin-juillet de l’année prochaine, faire au moins aussi bien que son homologue du rugby en 2011 en Nouvelle-Zélande !

Michel Escatafal


Ibrahimovic mérite lui aussi le Ballon d’Or

ibrahimovicF. RibéryDécidément le Ballon d’Or de cette année suscite bien des commentaires en France, parce que Ribéry est concerné. Et lui commence à y croire plus que tout le monde au point, nous dit-on, d’avoir voulu se battre avec Gérard Houiller, ancien sélectionneur de l’Equipe de France et ancien entraîneur, entre autres du PSG (champion de France en 1986), de l’Olympique Lyonnais (champion de France en 2006 et 2007), et de Liverpool F.C. (vainqueur en 2001 de la Coupe UEFA, de la Cup et de la League Cup).

Pourquoi ce courroux de Ribéry contre Gérard Houiller ? Parce que cet entraîneur connu et reconnu, au palmarès imposant, a osé dire que « Ribéry n’est pas un joueur de classe mondiale qui te fait gagner l’équipe comme Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo ». On notera au passage que cette phrase n’est nullement dévalorisante pour Ribéry, car c’est un constat que peuvent faire de nombreux amateurs de football. D’ailleurs on ne se bat pas pour arracher Ribéry au Bayern de Munich, comme on se battrait pour arracher Messi au Barça ou Cristiano Ronaldo au Real Madrid, si ces deux joueurs étaient sur le marché.

Pire encore pour Ribéry, en plus de ces joueurs vient à présent s’ajouter Ibrahimovic dans la liste de ceux qui peuvent espérer avoir ce fameux Ballon d’Or que tous les joueurs rêvent d’avoir. Et même si je ne suis pas un technicien, je trouverais assez normal que ce soit précisément la star du PSG qui l’obtienne enfin pour l’ensemble de son œuvre, celle-ci comprenant, outre tous les titres qu’il a glanés dans les grands championnats européens (Pays-Bas, Italie, Espagne et France), son énorme impact sur la montée en puissance du PSG parmi les meilleures équipes européennes. Je doute et je suis même convaincu que, malgré tout son talent, Ribéry ait été capable d’aider le club parisien a monter aussi haut et aussi vite que l’a fait Ibrahimovic, celui-ci disposant en plus d’un charisme incomparablement plus élevé que celui que peut avoir Ribéry.

En revanche je pense qu’avec Messi et Ronaldo, le club parisien aurait peut-être grandi aussi vite…mais cela reste à vérifier. Si je dis cela, c’est parce que Messi est la star du collectif barcelonais, comme Ronaldo est celle du collectif madrilène, et comme Ribéry en est une dans celui du Bayern Munich. Voilà pourquoi je pense que ceux qui élisent le Ballon d’Or, devraient cette fois ne pas tenir compte des palmarès de l’année pour en désigner le lauréat, comme c’est hélas trop souvent le cas, même s’il est arrivé que, malgré un palmarès en or, le meilleur joueur de l’année ne soit pas désigné.

Deux exemples suffisent à le démontrer : en 1960, Ferenc Puskas avait très largement participé à la conquête de la cinquième Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions) par le Real Madrid, en ayant été le meilleur buteur de l’épreuve (12 buts en 9 matches dont 4 en finale), avait permis aussi au Real de remporter la Coupe Intercontinentale, et avait terminé meilleur buteur du championnat d’Espagne avec 26 buts marqués. On ajoutera à cela que s’il y a bien un joueur qui aurait mérité un jour ce trophée, c’est bien lui, en rappelant qu’il fut aussi l’emblématique capitaine de la grande équipe de Hongrie, peut-être la meilleure équipe nationale que l’on ait connue (une défaite en six ans entre 1952 et 1956). Bref, si Ribéry connaît l’histoire de son sport, il reconnaîtra que Puskas aurait mérité autant que lui cette année le Ballon d’Or, déjà en 1960 et pour l’ensemble d’une carrière où il aura marqué 709 buts en 720 matches.

Autre joueur méritant lui aussi le Ballon d’Or, tant en 2000 qu’en 2003 ou en 2006, un ancien coéquipier de Ribéry en Equipe de France, Thierry Henry. Ce dernier avait été un acteur principal du succès de la France au Championnat d’Europe des Nations en 2000, à la Coupe des Confédérations en 2003 et à l’accession de l’Equipe de France en finale de la Coupe du Monde 2006. Outre ses titres de champion du Monde 1998 et d’Europe 2000 en équipe nationale, il a quasiment tout gagné en club (AS Monaco, Arsenal et F.C. Barcelone), y compris la Ligue des Champions et la Coupe du Monde des clubs quand il opérait au Barça. Il a un des plus beaux palmarès de l’histoire du football, et a marqué dans sa carrière en Equipe de France (51 buts en 123 matches) et dans les clubs où il a joué le remarquable total de 400 buts en 879 matches, dont une partie en jouant attaquant excentré.

Tout cela pour dire que même si c’est Ibrahimovic, Messi ou Cristiano Ronaldo qui enlèvent le Ballon d’Or, Ribéry n’aura pas trop à rougir de ne pas l’avoir obtenu…en pensant à Puskas ou Thierry Henry. Je ne sais pas s’il connaît bien l’ancien « Major Galopant », mais en revanche il sait très bien qui est Thierry Henry. Raison de plus pour ne pas s’offusquer des propos tenus à son égard par Gérard Houiller, lequel n’a fait que constater une évidence. Oui Ribéry est un grand joueur, mais Ribéry n’a jamais été et ne sera jamais une star comme Messi, Ronaldo ou Ibrahimovic de nos jours, ou comme Kopa, Platini et Zidane dans le passé, pour ne parler que des joueurs français.

Michel Escatafal


Du mercato à l’Allianz Riviera en passant par l’histoire de l’OGC Nice…

Stade du RayOuf, nous allons être tranquilles pour trois mois en attendant le prochain mercato de football! Que retenir de celui qui vient de se terminer ? Le transfert record de Bale (plus ou moins 100 millions d’euros) au Real Madrid, en partie compensé par le départ d’Ozil (Arsenal pour à peu près 50 millions), le meneur de jeu allemand…ce qui ne réjouit guère nombre d’aficionados madrilènes, peu convaincus par le fait que Bale soit, théoriquement, deux fois meilleur qu’Ozil. Un dernier mot enfin, le Paris SG est en train de devenir un grand club : la preuve, le club parisien malgré tous ses moyens, à coup sûr plus importants que ceux du Real, s’est « contenté » de son recrutement de juillet, ce qui est une bonne chose.

Il faudra simplement que ses supporters grandissent, et ne tirent pas constamment sur Laurent Blanc, dont on rappellera que, pour le moment, il fait mieux que Carlo Ancelotti en termes de points, en attendant de démontrer qu’il peut faire beaucoup mieux en ce qui concerne la manière de jouer. En ne tirant pas non plus sur Pastore, voué pour le moment au destin de Didi au Real à l’époque de Di Stefano, Kopa et Puskas. Comme quoi, même avec un talent extraordinaire on peut avoir du mal à faire l’unanimité ! C’est le football, et comme dit le musicien et compositeur espagnol Luis Eduardo Aute : « un monde sans football serait terrible. Je ne peux l’imaginer ! »

Et puisqu’on parle de talent, une question me vient à l’esprit : Ribéry est-il oui ou non un joueur capable d’être au niveau des plus de l’histoire ? N’ayant joué au football que dans les cours de récréation ou dans une équipe de lycée, j’avoue que je ne saurais répondre par moi-même à cette question. Cela dit, ayant la possibilité de regarder la télévision, et ayant de la mémoire, je n’arrive pas à imaginer Ribéry au niveau de Messi ou de Ronaldo, pour ne parler que des attaquants contemporains. Certes il ne joue pas tout à fait au Bayern le même rôle que les deux autres dans leur équipe respective, mais il me semble que Ribéry est loin d’avoir la même influence dans le collectif du Bayern que Messi dans celui du Barça ou C. Ronaldo dans celui du Real.

En fait, en évoquant le mot collectif, c’est surtout le collectif du Bayern de Munich qui sert Ribéry et, pour ceux qui n’en seraient pas convaincus, il suffit de voir ses statistiques et même le poids de son influence en Equipe de France (12 buts en 74 sélections). On me fera remarquer que Messi comme Ronaldo sont loin d’avoir le même rayonnement  en équipe nationale que dans leur club respectif, mais il est quand même supérieur à celui de Ribéry, même si ce dernier est un grand joueur, le meilleur français en tout cas. Cela étant s’il décroche le Ballon d’Or 2013, ce qui est vraisemblable après avoir été élu joueur européen de l’année, il fera partie des lauréats comme le furent Belanov, Simonssen, Papin ou Sammer plutôt que comme l’ont été les trois autres Français à l’avoir, Kopa, Platini et Zidane ou comme aurait dû l’être Thierry Henry, battu par Nedved en 2003.

Autre réflexion qui me vient à l’esprit, la capacité des clubs français à évoluer au niveau européen. Tous les joueurs, y compris les meilleurs, qui opèrent en France, affirment que notre championnat est très difficile. Carlo Ancelotti, dont l’expérience n’est plus à démontrer, s’en est aussi rendu compte, comme en témoigne son échec lors de sa première année au PSG, où le club francilien, malgré un effectif infiniment supérieur quantitativement et qualitativement, a dû s’incliner contre la modeste équipe de Montpellier. Et l’an passé, l’OM a menacé jusqu’au bout les Parisiens, la différence ne se faisant que dans les tous derniers matches. Et pourtant nos clubs sont inexistants dans le concert européen, sauf le PSG la saison dernière.

Cependant en termes de budget, malgré les récriminations des présidents de certains clubs, nos équipes françaises ne sont pas plus mal loties que dans nombre de pays, à commencer par le Portugal qui devance largement la France à l’indice UEFA, sans parler du Danemark ou Chypre aux moyens infiniment moindres. Si j’écris cela c’est parce qu’un club danois (Ejsberg) et un autre qui est chypriote (Apollon Limassol) ont éliminé l’AS Saint-Etienne (actuel troisième de Ligue1) et l’OGC Nice du tour préliminaire de la Ligue Europa, tout comme l’OM battu l’an passé par un autre club chypriote, l’AEL Limassol, en Ligue Europa (3-0 au match retour). Ahurissant !

En revanche les clubs des grands championnats ont tous, ou presque, réussi à se qualifier pour la suite de cette Ligue Europa, ce qui n’améliorera pas notre classement européen, lequel détermine le nombre de clubs engagés directement dans les compétitions européennes. Et, malgré son « recrutement malin », on ne se fait guère d’illusions sur le sort de l’Olympique de Marseille dans sa poule de Ligue des Champions, avec comme opposants le Borussia Dortmund, Arsenal et Naples. Rien que du lourd, du trop lourd sans doute, comme on a pu le voir dimanche soir, où l’OM a été battu par le nouvel ogre de notre championnat, l’AS Monaco, seule équipe à pouvoir rivaliser avec le PSG cette année. Un PSG qui en revanche a bénéficié d’un tirage beaucoup plus clément avec l’Olympiakos, Benfica et Anderlecht, ces deux derniers clubs ayant un présent très inférieur à leur passé.

Enfin pour terminer ce petit tour d’horizon, je vais évoquer la fin d’un stade qui a servi de terrain de jeux à un des dix meilleurs clubs de l’histoire du football français, l’Olympique Gymnase Club de Nice. Ce club en effet a été quatre fois champion de France en 1951, 1952, 1956 et 1959, et trois fois vainqueur de la Coupe en 1952 (doublé), 1954 et 1997. Mais l’OGC Nice a été aussi trois fois deuxième du championnat en 1968, 1973 et 1976, deux ans avant d’aller en finale de la Coupe de France, battu par l’AS Nancy de Michel Platini, sorte de chant du cygne du club de la Côte d’Azur. Certes les Niçois remportèrent par la suite la Coupe de France, en 1997, et furent finalistes de la Coupe de la Ligue en 2006, mais il s’agit surtout dans ces deux derniers cas de performances sans lendemain. Sur le plan européen, là aussi il faut remonter aux années 50 pour trouver trace de performances significatives, avec deux quarts de finale en 1957 et 1960, et une finale de Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) où les Niçois furent battus par le F.C. Barcelone (1952).

Evidemment comme on peut le constater à travers cette énumération de titres, l’essentiel de la gloire niçoise se situa dans la décennie 50, où l’OGC Nice fut le seul club à pouvoir rivaliser avec le grand Stade de Reims de Kopa, Fontaine, Piantoni, Vincent, Penverne et Jonquet. Ces Niçois s’appelaient en 1952, l’année de leur doublé, Domingo leur excellent gardien, Firoud, Poitevin, l’Argentin Gonzales, Belver, le Luxembourgeois Nuremberg, un autre Argentin, Carniglia, qui deviendra entraîneur du grand Real (1957 à 1959), Coutreux, Cesari, Ben Tifour, sans oublier Antoine Bonifaci, seul joueur français avec Kopa à s’expatrier dans la décennie 50, lui aussi avec succès (champion d’Italie en 1954 avec l’Inter de Milan). Mais l’équipe de 1954 n’était pas mal non plus avec le renfort de joueurs comme Mahjoub, Just Fontaine et le surdoué ex-Hongrois Joseph Ujlaki, lequel aura eu la malchance d’arriver à son sommet au même moment que Raymond Kopa.

Cela dit, l’équipe qui remporta son dernier titre en 1959 était aussi remarquable tant par son jeu que par ses individualités, avec Lamia dans les buts, les arrières Gonzales et Chorda, les demis Cornu et Milazzo, et devant Foix, Barrou, Alba, l’inusable Nuremberg et le meneur de jeu argentin de grande classe Alberto Muro. Quelle équipe là aussi ! Elle arrivera jusqu’en quart de finale de la Coupe d’Europe, éliminée seulement par le Real Madrid de Di Stefano et Puskas, après avoir battu ce même Real au stade du Ray lors du match aller (3-2).

La deuxième belle période de l’OGC Nice aura lieu dans les années 70, mais à un niveau nettement inférieur. Et pourtant il y avait du beau monde dans l’équipe de 1978, battu en finale de la Coupe, avec Baratelli dans les buts, mais aussi les arrières Zambelli, Katalinski l’international yougoslave bosniaque, les milieux Guillou et Jouve, ou les attaquants Toko, Huck et Bjekovic, autre international yougoslave (serbe), qui était un excellent buteur (85 buts en 143 matches avec l’OGCN). Evidemment l’équipe qui remporta la Coupe de France en 1997, face à Guingamp, n’avait rien à voir avec celle de 1978 et encore moins avec celles des années 50. Qui se rappelle de Valencony le gardien, des arrières Savini, Salimi, Tatarian et Gomis, des milieux Fugen, De Neef, Gioria, Onorati ou des attaquants Chaouch et Kubica ? Peu de monde en dehors peut-être des supporters niçois. En tout cas, une finale entre cet OGC Nice et l’En Avant Guingamp, montre à quel point la Coupe de France peut réserver des surprises, surtout quand on pense que cette année-là il y avait parmi les huit quart de finalistes deux clubs de National (Créteil et Clermont Foot), et deux clubs de deuxième division (Laval et Troyes), comme on disait à l’époque.

Fermons la parenthèse pour dire que le stade du Ray était vraiment indigne de nos jours d’une ville comme Nice avec sa vétusté et ses 18 ou 19.000 places. Il sera remplacé à partir de ce mois par une enceinte très moderne de 35.000 places (l’Allianz Riviera), en espérant que l’équipe de l’OGC Nice se maintienne en Ligue 1, et redevienne une des meilleures de notre championnat. Combien d’équipes ont vu refaire leur stade depuis une vingtaine d’années et ont sombré par la suite ? Le RC de Lens est en Ligue 2, le FC Nantes vient tout juste de remonter en Ligue 1 après un long purgatoire en Ligue 2, le RC Strasbourg est en National, Le Mans FC vient d’être relégué en Divion d’Honneur avec son stade flambant neuf de 25.000 places, tout comme le Grenoble Foot 38 avec son beau stade des Alpes de 20.000 places. Cela dit, il y a au moins des gens qui sont heureux de pouvoir disposer de pareilles enceintes : les rugbymen. Ceux du F.C. Grenoble, club en plein renouveau depuis son accession en Top 14, et à un degré moindre le RC Toulon qui va jouer ses matches de gala à l’Allianz Riviera de Nice. Et avec le RCT, champion d’Europe, des matches de gala il y en aura fatalement lors de la venue du Stade Toulousain, de Clermont-Auvergne ou encore du Racing Métro, sans oublier les matches de H Cup.

Michel Escatafal