Martine-Maurice Prat, le duo magique du grand F.C. Lourdes

Quand on évoque le rugby français dans son histoire, on pense toujours à ses attaquants. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils symbolisent mieux que quiconque le fameux « french flair » qui a si longtemps fasciné les Britanniques, même si les trois-quarts ne sont pas les seuls à avoir fait briller notre rugby. A ce sujet, les Britanniques ont eu eux aussi leurs génies de l’attaque, même si c’est plutôt à l’ouverture qu’ils  se sont illustrés (Jack Kyle, Cliff Morgan, Richard Sharp, David Watkins, Barry John etc.). En tout cas, parmi ces merveilleux représentants de l’attaque française, il y a deux hommes dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce site, Roger Martine et Maurice Prat, véritables frères siamois de la ligne de trois-quarts  lourdaise, prédécesseurs des frères Boniface que j’ai évoqués longuement dans un article intitulé « Merveilleux frères Boniface ».

Maurice Prat et Martine ont laissé ensemble une trace inoubliable dans notre rugby, s’inscrivant en lettres d’or dans la légende du rugby national et du XV de France, mais aussi dans celle du rugby tout court. D’ailleurs, comme l’a dit Jean Prat dans un livre de souvenirs, ils auraient été l’un sans l’autre, chacun de leur côté de remarquables trois-quarts centre, mais comme les Boniface plus tard, ils surent décupler leur rendement au bénéfice de l’équipe par une entente rare sur le terrain comme en dehors. Ils n’étaient pas frères dans la vie comme les Boni, mais ils étaient frères d’armes, en permanente communion sur le terrain et dans la vie de tous les jours. En fait, ils étaient unis par une même passion, qui les faisait discuter pendant des heures sur ce qu’ils avaient réussi…et parfois raté le dimanche précédent, ou dessiner chez l’un ou l’autre des combinaisons de jeu.

Toujours d’après Jean Prat, les deux hommes ne sont jamais contentés d’être complémentaires, chacun avec leur  vrai talent. Pourtant Martine était parfaitement capable « d’insuffler une charge explosive à toute ébauche d’attaque », alors que Maurice Prat avait toutes les qualités pour que son rôle fût magnifié par sa capacité à réussir des exploits personnels, sans parler de ses talents de défenseur, une défense jugée hermétique par tous les techniciens. Non, au contraire, ils cherchaient constamment à aller toujours plus loin dans ce qui n’avait pas encore été inventé par d’autres, tant en attaque qu’en défense.  Bref, ces deux hommes jouaient vraiment comme deux frères dans ce qui restera à jamais la plus belle ligne de trois-quarts que notre rugby ait connue jusque-là, et même peut-être après avec celle du Stade Montois des frères Boniface. Et comme pour ces derniers, on peut dire que si le talent ne va pas toujours par paire, deux grands attaquants se nourrissent chacun de réciprocité.

A ce propos, le plus étonnant entre les deux hommes fut que leur destin commun était loin d’être écrit à l’avance. Déjà parce que Maurice Prat débuta seulement à l’âge de 17 ans, à une époque où il pouvait déjà jouer chez les juniors. Mais comme il était très doué, à peine un an plus tard il devenait international junior au poste d’arrière, qui semblait celui où il pouvait le mieux s’exprimer. Sa vitesse qu’il avait améliorée en faisant de l’athlétisme, son courage, sa terrible défense, lui assuraient pour des années une place de choix à ce poste dans la plus grande équipe de club de notre rugby jusqu’à l’avènement du professionnalisme . Dans ce club, le F.C. Lourdes, il fut couronné champion de France à 20 ans, en 1948, premier des huit titres du F.C. Lourdes. Ensuite on lui demanda de jouer à l’aile de la troisième ligne, parce qu’il manquait quelqu’un, ce qui permit  de découvrir en lui un talent de bagarreur qu’on ne lui connaissait pas vraiment. Mais cette polyvalence allait de nouveau s’exercer avec un retour plus rapide que prévu à l’arrière…qui semblait être son vrai poste.

Son modèle était Alvarez, l’arrière du grand Aviron Bayonnais des années quarante, qui fut le premier à s’intercaler dans la ligne de trois-quarts  pour créer le surnombre. Et avec toutes ses qualités, Maurice Prat ne pouvait que devenir le meilleur arrière de son époque, sauf qu’un jour il fut obligé d’effectuer un remplacement au poste de trois-quarts centre. Et le voilà avec le numéro 12 sur le dos, un numéro qu’il allait porter pendant presque dix ans dans son club et en équipe de France (30 sélections), dont il deviendra un joueur incontournable à partir de 1951, sa première cape lui étant octroyée contre l’Irlande à Dublin. Le moins que l’on puisse dire est d’ailleurs qu’il n’eut pas de chance à cette occasion, car le pack irlandais avait tellement étouffé celui du XV de France que celui-ci ne put délivrer quasiment aucun bon ballon à ses lignes arrières, alors que le fameux ouvreur Jack Kyle put au contraire construire le jeu à sa guise, d’autant que Jean Prat était absent.

Il faudra attendre un an pour que Maurice Prat revienne en équipe de France (le 12 janvier 1952) contre l’Ecosse avec Roger Martine auprès de lui, qui fêtait la première de ses vingt cinq sélections. C’était la première fois que la jeune paire de centres lourdaise jouait ensemble en équipe de France. Maurice Prat avait un peu plus de 23 ans et Roger Martine venait tout juste de fêter ses 22 ans. Débuts d’une longue association qui sévissait déjà sur tous les terrains de France, et qui allait s’affirmer jusqu’en 1958 sur le plan international. Au total ils allaient jouer à douze reprises ensemble dans le XV de France, dont neuf fois en association au centre de la ligne de trois quarts, les trois autres fois, Martine opérant à l’ouverture,  par exemple contre l’Italie en 1954 alors que Maurice Prat était associé à André Boniface. En fait les deux hommes auraient dû opérer plus souvent ensemble en équipe de France, mais  à cette époque il n’y avait ni Coupe du Monde, ni tournées d’été ou d’automne, et ni l’un, ni l’autre ne furent épargnés par les blessures, ce qui explique par exemple que Maurice Prat ait arrêté sa carrière en 1959, en même temps que son frère Jean, mais lui avait à peine 31 ans soit cinq ans de moins que son frère.

Roger Martine en revanche, continuera sa carrière quelques années de plus, y compris en équipe de France après avoir participé notamment à la fameuse épopée en Afrique du Sud en 1958, que j’ai longuement évoquée sur ce site sous le titre « Le plus bel été du XV de France ». Martine fut immense durant cette tournée, s’avérant l’incontestable maître à jouer des lignes arrière, sans son complice lourdais Maurice Prat, retenu à son auberge par l’afflux des pèlerins pour le centenaire des apparitions à la grotte de Lourdes. Et oui, à cette époque le rugby n’était pas professionnel, et tous les joueurs avaient un métier à côté du rugby ! En revanche, étant employé à EDF, Roger Martine n’était pas confronté à ce type de problème, et il en profita pleinement, au point sans doute de n’avoir jamais été aussi grand qu’il ne le fût lors de cette tournée, éclaboussant toutes ses prestations de toute sa classe au centre ou à l’ouverture.

On pourrait évidemment dire beaucoup d’autres choses sur ces deux merveilleux attaquants, mais l’essentiel est là, à savoir cette communion dans la passion d’un rugby d’attaque qui avait fait dire à une autre grande figure du rugby français, Amédée Domenech : « Si vous voulez voir du beau jeu, allez voir Lourdes ». Et c’est vrai que le F. C de Lourdes a emballé pendant plus de vingt ans les spectateurs du rugby, notamment pendant cette décennie 1950 où ce club a remporté cinq de ses huit titres de champion de France, avec sa merveilleuse paire de centres. Et si l’on devait se souvenir d’un seul exploit de nos duettistes, ce serait cette attaque que nous ont raconté maintes fois nos amis montois  (j’étais beaucoup trop jeune à l’époque pour assister au match) et qui avait permis à Lourdes de renverser le cours de la finale du championnat de France 1953 entre le F.C. Lourdes et le Stade Montois, à Toulouse.

Alors que le Stade Montois menait très justement, le F.C. Lourdes conserva son titre sur deux attaques géniales où Maurice Prat et Roger Martine prirent une large part. A la 65è minute, sur une énième offensive lourdaise, une passe croisée de Maurice Prat donna un ballon d’essai à Martine, ce qui remettait les Lourdais dans le match. Ensuite, à la 76è minute, alors que les Bigourdans étaient encore menés de cinq points (16-11 pour les Montois), on vit Jean Prat arracher le ballon à François Labazuy qui s’apprêtait à faire une touche tout près de la ligne de but lourdaise, et faire une longue touche à destination de son frère Maurice qui était à l’affût, trompant la vigilance des Montois qui s’attendaient à une touche courte. Maurice Prat récupéra cette passe longue, plaça une accélération et donna à Roger Martine, qui poursuivit le mouvement en déchirant la défense landaise pour offrir à Manterola, venu de nulle part, un merveilleux essai de cent mètres.  Cet essai assomma  tellement les joueurs du Stade Montois, parmi lesquels figurait au centre le jeune André Boniface (19 ans à l’époque), que les Lourdais finirent par remporter ce match et le Bouclier de Brennus, dont les spectateurs parlèrent  pendant plusieurs décennies tellement son final fut emballant. Que de souvenirs pour les anciens, qui n’oublieront jamais Jean Prat, décédé le 25 février 2005, Roger Martine qui le retrouva au paradis des rugbymen une semaine après (le 3 mars) et Maurice Prat qui les a rejoints hier. Je suis sûr que ces trois-là reprendront la-haut leurs interminables conversations sur la meilleure manière de lancer une attaque.

Michel Escatafal

P.S. article du 14.02.2012 mis à jour suite au décès de Maurice Prat.


Kockott-Talès : une charnière pour le XV de France en 2015?

C.O.Avant de parler du match d’hier soir entre la France et la Nouvelle-Zélande, je voudrais simplement souligner le classement des buteurs du championnat de France de Ligue 1. Pourquoi ? Tout simplement parce que les trois premiers de ce classement sont trois des tous meilleurs attaquants de la planète football, à savoir Cavani, Falcao et Ibrahimovic. Qui a dit que la Ligue 1 n’est pas attractive ? Certes, pour le moment il n’y a que de deux clubs qui peuvent se payer de telles vedettes, le PSG et l’AS Monaco, mais est-ce très différent dans les autres pays ? Combien de clubs en Espagne peuvent rivaliser avec le Real et le Barça ? Un seul, et encore à certains moments : l’Atlético de Madrid. Idem pour l’Allemagne, où le Bayern écrase tout. Seule l’Angleterre a un petit cercle d’équipes, mais au classement final on retrouve toujours les deux Manchester, Chelsea, et ensuite Arsenal, voire Liverpool cette année. Reste le cas de l’Italie…qui n’a plus les moyens de faire venir de grandes stars, et où s’opère un nivellement par le bas, derrière la Juventus.

Un dernier mot sur le sujet, pour noter qu’il ne faut jamais juger un joueur arrivant dans un nouveau championnat sur ses premières prestations. On s’était enflammé à propos des débuts de Pastore au PSG il y a deux ans, avant de l’enterrer sans doute beaucoup trop vite. La preuve, pour sa vraie rentrée hier contre l’OGCN, après presque un mois et demi sans jouer, il a été très bon. Quant à son équipier Van der Wiel, international néerlandais et finaliste de la dernière Coupe du Monde, tout le monde parlait d’un flop terrible, avant de s’apercevoir que cette année il flambe dans l’équipe du PSG version Blanc, comme en témoignent ses six passes décisives cette saison, des passes décisives qui font le bonheur de Cavani et Ibrahimovic. Conclusion, mieux vaut éviter les jugements hâtifs sur les nouveaux arrivants dans un club…ce que les médias ont du mal à comprendre.

Voilà pour cette introduction sur le football, certes un peu longue, mais nécessaire quand on lit ce qui se dit un peu partout dans les journaux sportifs, avec en plus les commentaires de forumers souvent incultes sur le sport qu’ils commentent ce qui, toutefois, n’est pas toujours le cas, notamment sur le rugby. Et cela me fait une transition toute trouvée pour évoquer le match d’hier soir entre la France et la Nouvelle-Zélande. Un match que les Français ont perdu, sans avoir été dominés. Un match qu’ils auraient pu gagner avec sans doute un peu plus d’ambition au départ, comme je le soulignais récemment. Un match qui montre à quel point les Français forment une équipe dangereuse…quand on ne les attend pas, et contre les meilleurs. Un match aussi, qui a clairement souligné les forces et les faiblesses de notre équipe en vue de la Coupe du Monde dans deux ans. Au fait, serons-nous prêts pour cette compétition à laquelle les Néo-Zélandais, mais aussi les Sud-Africains, les Australiens et les Anglais se préparent dans le calme, comme seules savent le faire les grandes nations, à l’exception de la France, seule grande nation de rugby à n’avoir pas gagné la plus prestigieuse des compétitions, dont elle fut pourtant à l’origine de sa création (Président Ferrasse).

En écrivant ces lignes j’ai l’impression d’avoir tout dit ou presque sur la rencontre d’hier soir, ce que certains trouveront un peu réducteur, mais qui est certainement très pertinent. Oui, le XV de France pouvait gagner ce match. Oui, les Néo-Zélandais n’ont jamais été très sereins dans cette rencontre. Oui, les Français ont été battus sur deux ou trois actions qu’ils n’ont pas su convertir en points au tableau d’affichage, contrairement aux All Blacks qui n’ont pas besoin de beaucoup d’occasions pour y parvenir, à commencer par leur magnifique buteur, Dan Carter, lequel d’ailleurs est aussi et surtout un merveilleux joueur de rugby. Voilà où se situe la différence entre les All Blacks et les Bleus, les All Blacks n’étant pas les seuls à les battre dans les matches à gros enjeu. Et quand le XV de France bat la Nouvelle-Zélande, il est généralement défait par la suite, comme si en franchissant cet Everest, on avait l’impression qu’il ne savait pas en redescendre. Rappelons-nous la Coupe du Monde 2007, mais aussi celle de 1999 !

Sur le plan des joueurs, qu’ai-je retenu de cette soirée au Stade de France ? D’abord que nous avons toujours une mêlée très solide. Les années passent, mais c’est une constante pour le XV de France de mettre en difficulté tous ses adversaires sur cette phase de jeu…où il marque l’essentiel de ses points grâce aux pénalités qu’il récolte. Preuve au passage, que ceux qui critiquent l’apport des étrangers dans nos clubs de Top 14 on tort, puisque, arrivée de grands joueurs de l’hémisphère Sud ou pas, notre mêlée est dominatrice, y compris avec des piliers qui ne jouent pas nécessairement tous les matches du Top 14. Ensuite j’ai beaucoup aimé la partie de l’arrière Brice Dulin , sorte de feu-follet surdoué, qui adore relancer à la main comme le font ou l’ont fait les meilleurs à son poste. Autre surdoué, le centre Fofana, que je comparerais un peu à Jacky Bouquet, un nom qui parlera à ceux qui ont appris à jouer au rugby dans les années 50 ou 60. Pourquoi cette comparaison avec le fameux ouvreur ou trois-quart centre du CS Vienne ? Parce qu’outre ses dons d’attaquant, il a aussi comme seul défaut de « vouloir y aller seul » et d’oublier ceux qui sont auprès de lui. Cela étant, Fofana a seulement 25 ans, et donc tout l’avenir devant lui. En outre, tel qu’il est aujourd’hui, cela reste un « monstre » à son poste, car il défend aussi très bien, ce qui fait qu’il n’a guère d’équivalent dans le monde. Et comme Fritz a lui aussi fait un très bon match, notamment en défense, voilà le XV de France paré au centre jusqu’à la Coupe du Monde. N’oublions pas que Fritz (30 ans en janvier) forma avec Jauzion une paire de trois-quarts centre digne des meilleures de l’histoire de notre rugby.

J’ai aimé aussi la prestation du troisième ligne Lauret, jeune joueur hyper actif opérant au Racing-Métro, club qui, par parenthèse, recrute de nombreuses stars étrangères. Lauret a fait un gros match, la seule restriction à son encontre étant qu’il lui faut canaliser son énergie pour éviter des fautes coûteuses en points. Mais il n’a que 24 ans, ce qui autorise tous les espoirs. Rémi Talès en revanche n’est plus un espoir, mais c’est un ouvreur qui m’a étonné hier par sa solidité et par sa manière d’attaquer la défense all black. On voit qu’il a commencé sa carrière au Stade Montois, sorte de temple du rugby offensif. Il avait déjà été très bon en finale du championnat de France contre le RC Toulon en juin dernier, passant deux drops dans les dix dernières minutes. En outre son entente avec le demi de mêlée Kockott est excellente. Et si c’était ça l’avenir du XV de France avec la charnière castraise, d’autant que Kockott est un excellent buteur ? A condition cependant que Kockott opte pour l’équipe de France en 2014, et surtout à condition qu’il soit sélectionné par Philippe Saint-André, ce qui voudrait dire se passer de l’inévitable Morgan Parra.

Morgan Parra, parlons-en justement. Je ne voudrais surtout pas que l’on croit que je fais une fixation sur ce demi de mêlée, d’autant que je ne le connais que comme spectateur ou téléspectateur de rugby. Cela dit, soyons sérieux, sa prestation hier encore n’était pas du niveau d’un numéro neuf international. Qu’on le veuille ou non, Parra ne sera jamais un grand demi de mêlée, ralentissant tous les ballons d’attaque, faisant toujours le pas de trop, et extrayant les ballons avec une désespérante lenteur. Il n’a, me dira-t-on, pas encore 25 ans, mais il est ainsi depuis ses débuts en Equipe de France, et même s’il est très courageux en défense, même s’il a un tempérament batailleur (parfois trop !), même s’il est « malin » comme le souligne souvent le commentateur de France 2, c’est quand même insuffisant pour ne pas trouver meilleur que lui dans le pays. En fait, comme je ne cesse de le préciser, son seul véritable atout est sa fiabilité comme buteur jusqu’à 45 m des poteaux. C’est la raison pour laquelle je ne lui en veux nullement d’avoir manqué une pénalité aussi facile que cruciale hier soir, juste avant la mi-temps. Après tout, cela ne lui arrive quasiment jamais, et tous ceux qui ont buté dans leur vie de rugbyman réagiront comme moi.

Malheureusement il n’a pas manqué que ce coup de pied, à commencer par ceux qu’il a délivrés derrière sa mêlée, toujours trop longs. Il y a aussi cette mêlée à cinq qu’il a provoquée en première mi-temps où sa légendaire lenteur est apparue de manière criante, comme elle est apparue en deuxième mi-temps où il se fait reprendre dans la course par un joueur adverse dans ses vingt deux mètres. Bref, Parra n’est pas l’homme qu’il faut au XV de France pour la prochaine Coupe du Monde. Un dernier mot enfin à ce sujet : pourquoi, hier soir, Saint-André a-t-il fait rentrer Doussain à deux ou trois minutes de la fin ? Encore un mystère du sélectionneur, à moins de se dire qu’il espérait un improbable coup de folie du Toulousain, preuve qu’il savait bien que c’était impossible avec Parra. Folie, un mot totalement incompatible avec le jeu du joueur clermontois, mais un mot qui a caractérisé les plus belles heures du XV de France…et la peur qu’il a toujours inspiré à ses adversaires, y compris aux plus forts.

Michel Escatafal