En rouge et blanc…

collaratlético madrid

Avant de commencer mon propos, je voudrais souligner une fois encore l’extraordinaire performance de l’équipe de France de handball, qui vient de remporter son dixième titre international depuis 1992 (5 titres mondiaux, 2 titres olympiques et 3 titres européens) ce qui est tout simplement prodigieux. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, car on ne parle que de cela ou presque depuis hier soir, sauf pour souligner que ce nouveau titre mondial ne changera, hélas, rien à l’exposition médiatique du handball, qui continuera à être diffusé uniquement sur beIN SPORTS, les chaînes publiques ou gratuites ne s’y intéressant qu’à partir des demi-finales des grandes compétitions auxquelles participent notre merveilleuse équipe nationale…ce qui est lamentable. En outre, et c’est tout aussi triste, notre pays demeurera un pays en voie de développement en ce qui concerne les infrastructures, comparé à d’autres pourtant moins riches que nous. En revanche ils seront reçus demain par le président de la République, ce qui est quand même une forme de reconnaissance de la patrie à leur égard, une patrie qui, il faut le reconnaître, n’est pas très sportive, comparée aux pays voisins du nôtre, à commencer par l’Espagne.

En parlant de ce pays, cela me fait une transition toute trouvée pour évoquer le football espagnol et la Liga. Pour tout le monde, en France et dans le monde, s’il faut citer des clubs de football espagnols, on répondra tout naturellement et sans hésiter : le Real Madrid et le F.C. Barcelone. En revanche peu de gens évoqueront l’Atlético de Madrid qui, pourtant, est lui aussi un grand d’Europe, comme en témoignent son palmarès européen et ses performances récentes dans les compétitions organisées par l’UEFA, la plus belle étant évidemment la finale de la Ligue des Champions l’an passé, où le Real Madrid a fini par s’imposer dans les prolongations (4-1). Des prolongations arrachées après 93 minutes de jeu grâce à un but de Sergio Ramos, qui rappelait une précédente mésaventure en 1974 sur laquelle je reviendrai. Mais à peine quelques années auparavant, l’Atlético avait remporté deux fois la Ligue Europa en 2010 et 2012, année où un certain Falcao marquait 12 buts dans cette compétition, dont 2 en finale, et la Supercoupe de l’UEFA suite à ces deux triomphes dans la petite Coupe d’Europe.

Cela étant, le palmarès européen de l’Atlético de Madrid compte aussi une victoire dans feu la Coupe des Coupes (1962), mais aussi dans la Coupe Intercontinentale (1974), remplacée par la Coupe du Monde des clubs depuis 2005. En outre, comment ne pas parler de cette finale de Coupe d’Europe (en 1974) contre le grand Bayern Munich (Beckenbauer, Muller, le gardien Maier, Breitner, Hoeness) qui formait l’ossature de l’équipe qui allait enlever la Coupe du Monde quelques semaines plus tard contre les Pays-Bas de Cruyff. Un match où les Madrilènes furent crucifiés à la dernière minute de la prolongation sur un tir lointain de Schwarzenbeck, comme il n’en a sans doute plus réalisé un seul dans sa carrière, après que Luis Aragones (futur sélectionneur espagnol vainqueur de l’Euro 1988) ait marqué le premier but 5 minutes auparavant. Ensuite l’histoire sera cruelle, puisqu’à l’époque on faisait rejouer la finale deux jours après, l’Atlético s’inclinant lourdement dans le deuxième match (4-0), dans un stade à moitié vide, les Espagnols n’ayant pas récupéré de la déception du premier match. Il est vrai que n’être pas champion d’Europe pour quelques secondes et quelques centimètres a de quoi donner des regrets éternels ! A ce propos on notera que le Bayern Munich est un véritable bourreau pour les clubs espagnols, puisqu’il battit en finale de la Ligue des Champions 2001 le F.C. Valence dans la séance des tirs au but (5-4).

Sur le plan purement espagnol les Colchoneros, comme on appelle les joueurs de l’Atletico, ont remporté 10 titres de champion d’Espagne (le dernier l’an passé) et autant de Coupes d’Espagne (la dernière en 2013), sans parler de 2 Supercoupes d’Espagne en 1985 et 2014. Pour l’anecdote, l’Atlético Madrid fut fondé en 1903 par trois étudiants basques qui ont voulu donner à leur nouveau club le même nom que celui de Bilbao, ce qui explique aussi que les Colchoneros portent, comme les Basques de l’Atlétic Bilbao, le maillot rouge et blanc, certains affirmant que ces maillots coûtaient moins chers à confectionner que dans une autre couleur, parce que le rouge et le blanc étaient utilisés en literie pour faire des matelas (matelas se dit colchón en espagnol). Et puisque nous sommes dans l’histoire de l’Atlético de Madrid, il faut noter que l’essentiel de sa gloire est due au fait que ce club luttait presque d’égal à égal avec le Real Madrid et le F.C. Barcelone dans les années 60, même si le Real n’était plus le grand Real et si le Barça n’avait pas digéré sa défaite (injuste) en finale de la Coupe d’Europe 1961 contre Benfica.

Ce grand Real à l’époque avait encore de beaux restes, même s’il avait perdu quelques joueurs importants comme l’arrière Marquitos, le demi Zarraga, sans oublier Raymond Kopa qui avait quitté le club à la fin de la saison 1958-1959, et même si les Santamaria, Puskas, Di Stefano commençaient à ressentir le poids des ans. Quant au Barça, sa finale perdue en mai 1961 contre Benfica avait quelque peu disloqué l’équipe, notamment l’arrêt, le départ ou le déclin de quelques joueurs comme le gardien Ramallets, le meneur de jeu Suarez, qui quitta le club pour l’Inter de Milan, l’avant-centre brésilien Evaristo, les milieux Verges et Garay ou les attaquants anciennement hongrois comme Kubala, Kocsis et Czibor. Cependant cette équipe était malgré tout une des meilleures en Europe, ce qui n’empêcha pas l’Atlético de Madrid de remporter 3 Coupes d’Espagne entre 1960 et 1965, plus le championnat en 1966.

C’est à cette époque, en 1962, que l’Atlético remporta la deuxième édition de la Coupe des Coupes en battant en finale la Fiorentina (1-1 et 3-0) qui était tenante du titre. Cette finale fut jouée en deux temps, d’abord le 10 mai à Glasgow où les deux équipes ne parvinrent pas à se départager, Peiro et le remarquable Suédois de la Fiorentina, Kurt Hamrin, marquant chacun un but, les prolongations n’y changeant rien. Ensuite les deux clubs se mirent d’accord pour jouer le second match en septembre à Stuttgart, où cette fois les colchoneros l’emportèrent facilement (3-0), avec des buts de Jones, Mendoza et l’inévitable Peiro.

En revanche l’année suivante l’Atlético ne réussit pas à conserver son trophée face à Tottenham, qui écrasa les Madrilènes sur le score de 5-1, avec deux doublés de Jimmy Greaves (un des meilleurs joueurs anglais de l’histoire) et Dyson, plus un de White, Collar marquant pour l’Atlético sur pénalty. Au passage on notera que c’était la première victoire d’un club anglais dans une Coupe d’Europe. Il y en aura bien d’autres ! Cela dit, malgré le départ de son meilleur joueur, Peiro, pour le Torino (deuxième club de Turin) avant de rejoindre le grand Inter de Milan, l’Atlético remportera en 1966 le titre de champion d’Espagne, comme je l’ai dit précédemment, au nez et à la barbe du grand rival madrilène qu’était le Real qui, cette année-là, remporta sa sixième Coupe d’Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des Champions), avec comme vedettes le gardien Araquistain, et les attaquants Amancio, Grosso et…Gento, seul survivant de la grande équipe de la décennie 50.

Parmi les meilleurs joueurs de l’Atlético à ce moment, on citera des noms connus comme le gardien Madinabeytia, les arrières Rivilla, Griffa, Rodriguez, le demi Glaria et son compère brésilien Ramiro, ancien coéquipier de Pelé à Santos (jusqu’en 1959), et les attaquants Jones (originaire de la Guinée Equatoriale), Chuzo, Mendoza et le plus connu de tous Collar, sans oublier Adelardo qui a joué 511 matches en rouge et blanc, soit 41 de plus que Collar (470). Tous ces joueurs sont les prédécesseurs les plus glorieux des héros les plus récents du club, qui ont emballé ces dernières années l’Europe du football, depuis le gardien belge Courtois, jusqu’à l’ancien joueur du PSG Rodriguez, en passant par Juanfran, Koké, Lopez, Adnan Turan, Miranda, Godin, Filipe Luiz et les buteurs stars que furent ou sont l’Uruguayen Forlan, le Colombien Falcao, surnommé le Tigre, et Diego Costa. Ces deux derniers jouent à présent en Angleterre, avec des fortunes diverses, Falcao, qui n’arrive pas à s’imposer à Manchester United et Diego Costa qui, au contraire, régale les supporters de Chelsea. Mais si l’un et l’autre ont quitté l’Atlético, il y a la relève qui est arrivée, avec Mandcuzik, Torres et notre Antoine Griezmann, qui a réussi très rapidement à convaincre l’entraîneur Simeone de sa grande valeur. Simeone, dont on évoque le nom au PSG pour l’été prochain en remplacement de Laurent Blanc. Par parenthèse, il était plutôt cocasse de lire hier une info du quotidien AS, qui croit savoir que l’Atlético Madrid allait trainer le Paris Saint-Germain devant la FIFA pour avoir approché leur entraîneur sans l’accord du club ibérique. Si l’information est juste, ce serait une nouvelle preuve de l’hypocrisie qui règne dans le monde du football, car cette pratique (accord du club pour une approche de l’un de ses joueurs ou entraîneurs) est évidemment très répandue.

Au passage, on notera que l’Atlético de Madrid était tombé en deuxième division au début des années 2000, en raison de multiples problèmes, notamment financiers. Cela ne les a pas empêché de rebondir, alors qu’en France des clubs comme le Stade de Reims, l’OGC Nice, l’AS Saint-Etienne, qui ont dominé le championnat de France pendant des périodes plus ou moins longues, n’ont jamais retrouvé le niveau qu’avaient ces clubs à l’époque où ils faisaient de bons résultats en Coupe d’Europe (2 finales de C1 pour le Stade de Reims en 1956 et 1959, une finale de C1 pour l’ASSE en 1976, et un quart de finale de C1 pour l’OGC Nice en 1960). L’Atlético de Madrid a tellement rebondi, que s’il y a globalement domination sur le plan national du Real et du Barça, sur ces cinq dernières années le palmarès européen de l’Atlético est quasiment égal à celui du Real Madrid, malgré un budget très inférieur. Il est vrai que le Real est le club champion des transferts en achetant pour des sommes considérables des joueurs comme Bale ( près de 100 M d’euros) ou encore comme Illaramendi (32 M d’euros) et Khedira… qui ne jouent quasiment pas, ce qui n’a pas empêché ce même Real d’avoir fait signer cet hiver le jeune Brésilien Luca Silva pour 14 Millions d’euros. Preuve que le fair-play financier ne s’applique pas à tout le monde !

A ce propos, je voudrais revenir de nouveau sur cette invention loufoque de l’UEFA, qui favorise les clubs installés, parfois très endettés, au détriment des nouveaux riches, comme le PSG ou l’AS Monaco en France. Ces deux clubs étaient, en effet, susceptibles à très court terme de s’immiscer au plus haut sommet des clubs de notre continent, jusqu’à la mise en place de ce fair-play financier, qui est venu briser leur élan, avec une interdiction scandaleuse de recruter les joueurs qu’ils veulent, les empêchant de lutter à armes égales avec les Manchester United, Real Madrid, FC Barcelone, Bayern Munich ou Chelsea. Si j’emploie le mot « scandaleuse », c’est parce que des clubs surendettés comme certains ténors en Angleterre ou en Espagne, dont l’Atlético de Madrid, semblent pouvoir acheter à tout va, alors que le PSG, sans dette, en est réduit à faire des comptes d’apothicaire pour recruter un joueur. A croire que l’on veut vraiment empêcher le club parisien de jouer dans la cour des grands !

Néanmoins il y a un espoir, avec la plainte déposée par des supporters du PSG…qui pourrait bien mettre à mal cette institution dont Platini, président de l’UEFA, est si fier, mais qui contrevient au droit communautaire de l’U.E., et qui empêche les clubs qui en ont les moyens d’investir. Comment le PSG peut-il jouer à armes égales avec un plafond d’investissement en joueurs limité à 60 millions d’euros, alors que d’autres comme Manchester United ont pu dépenser 200 millions cet été , et qu’ils sont prêts à investir 90 millions d’euros aujourd’hui pour embaucher Hummels (défenseur central) et De Bruyne (milieu)? A croire que tout le monde peut recruter qui il veut…sauf le PSG ! A propos, comment le PSG peut-il attirer quelques uns des meilleurs joueurs de la planète avec 60 millions d’euros, généreusement octroyés par l’UEFA, alors que cette somme est devenue presque banale sur le marché des transferts ? Et quand j’écris cela ce n’est pas une galéjade, dans la mesure ou un joueur comme Otamendi, défenseur de Valence, a une clause libératoire de 80 Millions d’euros. Quelle blague de la part de l’UEFA, qui en plus ne veut même pas tenir compte des règles fiscales, lesquelles ne sont pas du tout les mêmes en Angleterre, en Allemagne ou en France !

Michel Escatafal


La Celeste, l’équipe la plus titrée du football mondial

celesteNombre de gens s’interrogent pour savoir comment un pays de la taille de l’Uruguay, dont l’équipe nationale est le prochain adversaire de l’équipe de France ce mercredi à Montevideo, 83 ans après y avoir disputé la première Coupe du Monde (dans l’indifférence générale chez nous), a pu obtenir autant de bons résultats tout au long de son histoire footballistique, une histoire qui la place parmi les plus grandes nations du football mondial, et parmi les trois grands pays d’Amérique du Sud, terre bénie de la balle ronde. L’Uruguay est, en effet, un des rares pays qui ont remporté à plusieurs reprises la Coupe du Monde de football. Sur ce plan le football uruguayen a un avantage sur le nôtre, mais apparemment ce n’est plus le seul, car l’âge d’or du football uruguayen qui semblait passé depuis longtemps, est peut-être en train de renaître. En témoigne sa victoire face au Paraguay en finale de la Copa America 2011, l’équivalent en Amérique du sud du Championnat d’Europe des Nations, un an après avoir atteint les demi-finales de la Coupe du Monde en Afrique du Sud.

L’Uruguay, petit pays de 3,5 millions d’habitants comptant 187.500 licenciés, soit quasiment 12 fois moins que chez nous, a la particularité de faire partie des « grands du football » presque depuis l’avènement de ce sport, ce qui est loin d’être le cas du football français. Son équipe est appelée la Celeste, avec son maillot bleu ciel au col blanc orné de quatre étoiles, et ses shorts et bas noirs.  Pourquoi quatre étoiles ? Parce que son palmarès compte, outre ses deux victoires en Coupe du Monde (1930-1950), deux autres aux Jeux Olympiques en 1924 et 1928, auxquelles il faut ajouter quinze Copas America, tout cela faisant de l’Uruguay la meilleure équipe de la décennie 1920-1930, et le pays de football le plus titré toutes compétitions confondues…devant l’Argentine et le Brésil.

A l’époque il faut noter que les J.O. avaient valeur de championnat de monde, puisque la première édition de la Coupe du Monde eut lieu en 1930. Elle fut organisée en Uruguay…et fut remportée par la sélection uruguayenne. Comme ses deux grands rivaux sud-américains,  les incontournables Brésil et Argentine, l’Uruguay a compté quelques uns des plus grands joueurs de tous les temps, même s’ils sont moins connus que les Brésiliens Didi, Pelé, Zico ou Ronaldo ou les Argentins Kempes, Maradona ou Messi. Rien que dans les années 20 ou 30, des joueurs comme Scarone ou Andrade furent sans doute les deux meilleurs joueurs de cette époque, et figurent parmi les plus grands joueurs du vingtième siècle, sans oublier le buteur patenté que fut Jose Pedro Cea qui marqua 13 buts en 27 sélections entre 1923 et 1932. Comme Scarone et Andrade, il remporta la Coupe du Monde 1930 et fut deux fois champion olympique en 1924 et 1928 avec une sélection commandée par José Nasazzi, surnommé « le grand capitaine », l’équivalent aujourd’hui d’un Thiago Silva, élu aussi meilleur joueur de la Coupe du monde 1930.

Mais l’Uruguay fut aussi un énorme réservoir de grands joueurs dans les années 50, dans la foulée de sa victoire à la Coupe du Monde 1950, où elle avait battu le Brésil chez lui, dans le match décisif qui se disputait au Maracana devant 173.850 spectateurs. On imagine la peine du peuple brésilien qui n’a toujours vécu que par, pour, et avec le football. Parmi ces super joueurs, on peut citer le véloce Ghiggia, Miguez (27 buts en 39 sélections), le remarquable gardien Maspoli, le demi Andrade (homonyme du meilleur joueur des années 20), Varela et sans doute le plus doué de tous, le redoutable milieu-attaquant Schiaffino. Ce dernier a fait ensuite les beaux jours du Milan AC entre 1954 et 1960 et de l’AS Roma jusqu’en 1962. Il a aussi eu la particularité, comme Ghiggia (12 sélections pour Uruguay et 5 pour l’Italie), d’avoir été international pour son pays d’origine l’Uruguay (21 fois), mais aussi pour son pays d’adoption l’Italie (4 fois). A l’époque il était permis de porter le maillot de plusieurs pays, même en ayant joué la Coupe du Monde, comme ce fut le cas pour le merveilleux défenseur central du Real Madrid qu’était José Santamaria (sélectionné pour l’Uruguay et l’Espagne). Ensuite dans les années 60 et 70 la grande vedette fut un gardien, à l’époque le meilleur au monde, Mazurkiewicz.

Aujourd’hui l’Uruguay n’a plus autant de joueurs de ce calibre, mais de temps en temps elle révèle un très grand joueur, comme par exemple Forlan, ancien attaquant de l’Atlético de Madrid qui opère aujourd’hui à l’Internacional de Porto Alegre (Brésil), qui fut désigné comme meilleur joueur de la Coupe du Monde 2010 et co-meilleur buteur (5 buts), un joueur dont l’AS Nacy-Lorraine n’avait pas voulu après un essai de quelques mois (bravo !). Forlan a remplacé dans le cœur des Uruguayens Enzo Francescoli, que les Français ont bien connu dans les années 80, puisqu’il a joué quatre ans au Racing entre 1986 et 1989, et un an à Marseille entre 1989 et 1990, avant d’aller exercer ses talents en Italie à Cagliari et au Torino. C’était un magnifique technicien, reconnu de tous y compris de Zidane, qui a donné à son fils le prénom de Francescoli, Enzo. Mais Forlan n’est plus aujourd’hui l’hirondelle faisant le printemps, car il a reçu le renfort de Luis Suarez (26 ans) qui a joué à l’Ajax d’Amsterdam, avec qui il fut champion des Pays-Bas (2011), mais aussi sacré meilleur buteur des Pays-Bas en 2010 avec 35 buts, avant de partir à Liverpool, et peut-être de rejoindre cet été le Real Madrid. Un autre attaquant uruguayen figure aussi parmi les meilleurs attaquants du monde, Cavani, qui a marqué 104 buts en 139 matches avec l’équipe de Naples, et qui est convoité par les plus grands clubs européens, notamment le Paris Saint-Germain.

Malgré tout le gisement de footballeurs uruguayens semble quelque peu tari, par rapport aux années 20, 30 ou 50, contrairement à celui de ses voisins sud-américains, Brésiliens et Argentins. Cela ne veut pas dire pour autant que la Celeste ne compte pas quelques bons joueurs, en dehors de Forlan, Suarez ou Cavani, mais à l’image de leur capitaine Lugano, qui a joué au Paris Saint-Germain, ils ont généralement des difficultés à s’imposer dans les clubs européens de haut niveau. Bref, a priori pas de quoi faire trop peur à leurs prochains adversaires français, à part précisément la paire Suarez-Cavani, susceptible de causer de sérieux tourments aux meilleures défenses. Cela étant, il ne faudra pas que l’équipe de Didier Deschamps prenne l’Uruguay à la légère, car cette formation est solide, à défaut d’être géniale. En outre, les joueurs qui la composent seront d’autant plus motivés qu’ils doivent montrer leur valeur aux yeux des recruteurs européens.

Michel Escatafal