Les grandes équipes de club du football français depuis 1950 (2)

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Avant de continuer ce que j’ai commencé la semaine dernière, je voudrais évoquer rapidement la stupidité de Serge Aurier, hélas beaucoup plus bête que méchant. Certes ce qu’il a dit dans cette vidéo enregistré samedi soir, qui pue la vulgarité et l’imbécilité, et qui dénote le manque de discernement de deux individus qui ont semble-t-il du sable à la place des neurones, est extrêmement blessant, notamment vis-à-vis de son entraîneur, Laurent Blanc, lequel était venu le chercher à Toulouse, avant de lui faire confiance cette année après une première année galère au PSG. Cela étant je crois sincèrement qu’il faut dire à propos d’Aurier : « Pardonne-lui, car il ne sait pas ce qu’il fait ». Décidément le football rend fou nombre de joueurs et de supporters, car ceux-là aussi sont parfois bêtes à lier, comme en témoignent les remarques de certains sur les réseaux sociaux, elles aussi affligeantes de médiocrité. Il est vrai que rien n’est fait pour rendre ce petit monde meilleur, surtout quand on voit les agissements du président de l’Olympique Lyonnais qui, « pour préserver son club » aux dires de ses plus fidèles soutiens, ne cesse de gémir à tout propos sur les arbitres et de critiquer le PSG, rival honni parce que trop puissant par rapport à son Olympique Lyonnais, ou ses rivaux pour la seconde place qualificative pour la Ligue des Champions, tout cela parce que financièrement son club a terriblement besoin des 30 millions octroyés aux participants à la phase de poules. Et oui, un stade de 60000 places ça coûte cher…surtout s’il est rempli trois ou quatre fois par an. Ce n’est pas pour rien que l’action OL Groupe vaut 1.99 euros, alors que son prix d’introduction était de 24 euros ! Je n’en dirai pas davantage, mais reconnaissons que le comportement de JM Aulas dans les médias est tout bonnement affligeant. Et lui, n’a pas l’excuse de la pure bêtise, même si ses tweets respirent la mauvaise foi ou l’ineptie.

Ceci dit, revenons à présent sur le sujet que j’ai commencé à développer dans l’article précédent, pour parler du FC Nantes des années 90, avec une génération de jeunes joueurs qui allaient faire leur chemin sur tous les terrains d’Europe et du monde. Et pas n’importe lesquels, puisqu’ils s’appelaient Deschamps (parti en 1989), Karembeu, Desailly (parti en 1992), Makelele, mais aussi Pedros ou encore Loko et N’Doram. Ces joueurs formés sous la direction de Suaudeau et Denoueix, donc à la meilleure école, ne resteront pas très longtemps dans le club pour la plupart d’entre eux, mais le F.C. Nantes aura le temps d’empocher un nouveau titre de champion en 1995 avec deux des trois meilleurs buteurs du championnat dans ses rangs (Loko et Ouedec), et surtout d’aller en demi-finale de la Ligue des Champions en 1996, battu par la Juventus de Vialli, R. Baggio, Ferrara ou Del Piero (0-2,3-2). Pour nombre de techniciens, l’équipe nantaise méritait d’aller en finale…parce qu’elle était sans doute la meilleure équipe européenne du moment. Elle l’aurait été encore davantage si le club n’avait pas laissé partir à l’intersaison Loko et Karembeu. Malgré tout, telle qu’elle était, avec Casagrande (gardien), Makelele, Ferri, Cauet, N’Doram, Ouedec, Gourvennec ou encore Pedros, cette équipe avait fière allure.  Hélas, jamais le F.C. Nantes n’allait retrouver une telle équipe, et cela pourrait durer encore longtemps, faute de moyens, l’argent étant devenu depuis le début du siècle le critère numéro un pour la réussite d’un club. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, à part le PSG, aucun club français ne réussit à conserver ses meilleurs jeunes joueurs, ces derniers partant s’exiler en Angleterre, où l’argent coule à flots grâce à de richissimes investisseurs (Chelsea, Manchester United, Manchester City…) et plus encore aux droits télévisés qui battent tous les records, sans oublier une ferveur inégalée pour le football (6 équipes de Londres en Premier League, 2 très gros clubs à Manchester  et une seule équipe en Ligue 1 à Paris ).

Fermons la parenthèse et voyons maintenant une autre équipe qui marquera à jamais le football français, le PSG des années 1995-1996-1997. Cela prouve au passage que le PSG a un passé…que nombre de gens oublient, même si l’écrin d’aujourd’hui est davantage flamboyant, et continuera de l’être dans les années à venir. A force de recruter des stars, le PSG arrivera à toucher son Graal, et gagnera la Ligue des Champions, comme l’a fait son adversaire en huitième de finale cette année, le FC Chelsea en 2012. Cela dit, le PSG a déjà une coupe européenne à son palmarès, même si ce n’est pas la plus prestigieuse, la Coupe des Coupes 1996, épreuve dont il a aussi été finaliste l’année suivante (battu par le FC Barcelone 1-0). Cela montre qu’à cette époque le PSG, version Canal+, avait déjà une très belle équipe (championne de France en 1994 et vainqueur de la Coupe de France en 1993-95-98), certes moins dominatrice que le PSG version qatari, mais avec quand même plusieurs joueurs de grande classe qui ont marqué leur époque en France et ailleurs. Parmi eux, outre Roche, Le Guen, N’Gotty, Fournier, Guérin, Colleter, Loko, il y avait Weah qui recevra le Ballon d’Or plus tard à l’AC Milan, sans oublier Ginola, les Brésiliens Valdo, Ricardo et Rai, Daniel Bravo (champion d’Europe avec les Bleus en 1984), et les champions du monde 1998 et d’Europe 2000 que furent le gardien Lama, et Youri Djorkaeff. Reconnaissons que cela faisait du beau monde au Parc des Princes, et à cette époque le PSG faisait partie des grands d’Europe, tout comme son rival marseillais jusqu’en 1993.

Un rêve que l’Olympique Lyonnais n’aura jamais atteint, au grand dam de JM Aulas. Et pourtant l’OL des années 2000 était une belle équipe, mais comme le FC Nantes au cours de la décennie précédente, l’Olympique Lyonnais manquait trop de ressources financières pour pouvoir lutter contre les grosses écuries européennes. Certes, avec un peu de chance l’OL aurait pu faire comme l’AS Monaco en 2004, et aller en finale de la Ligue des Champions, par exemple en 2006 ou 2007, mais l’OL comme l’AS Monaco, ne pouvait pas lutter sur la durée avec les mastodontes britanniques, espagnols ou allemands, infiniment plus riches. L’Olympique Lyonnais des années 2002 à 2008 avait de très belles équipes, mais il ne pouvait pas garder ses meilleurs joueurs. Sans avoir de très grandes stars type celles du PSG d’aujourd’hui, Ibrahimovic, Di Maria, Thiago Silva, Thiago Motta ou David Luiz, l’OL a pu compter dans ses rangs d’excellents joueurs comme les Brésiliens Sonny Anderson, Juninho, Cris, Caçapa, Fred, Bastos, l’Argentin Lisandro Lopez mais aussi le Malien Diarra, le Portugais Thiago, le Suédois Kallstrom, le Ghanéen Essien et les Français Abidal, Reveillère, Malouda, Benzema, Ben Arfa, Diarra, Squillaci, Coupet, Clément, Clerc, Toulalan, Govou, Wiltord et Rémy. Nombre de ces joueurs étaient issus du centre de formation (Benzema, Ben Arfa, Rémy, Govou, Clerc, Clément), dont un, Benzema, est devenu une grande star au Real Madrid. Comme je l’ai évoqué précédemment, son manque de moyens obligera au fil des ans l’Olympique Lyonnais à vendre la plupart de ses meilleurs joueurs, comme Abidal, Malouda, Essien, Tiago, Ben Arfa, Diarra, Rémy, Toulalan, tous finissant par partir à l’étranger. C’est le drame des clubs français, à part le PSG, qui ne peuvent pas retenir leurs meilleurs joueurs faute de moyens. Et ce n’est pas le grand stade de Lyon qui fera de l’OL un club aussi riche et puissant que le Bayern, le Barça, le Real, la Juventus, les deux Manchester, Chelsea, Arsenal ou le PSG.

Il n’empêche, reconnaissons qu’au milieu des années 2000, l’Olympique Lyonnais avait une très belle équipe, comme le FC Nantes de Suaudeau et Denoueix avant lui ou l’AS Saint-Etienne de Rocheteau, Piazza, Larqué et l’Olympique de Marseille de Skoblar et Magnusson. Le Stade de Reims de Kopa, Fontaine, Piantoni était un cran au-dessus, tout comme le PSG de l’époque Rai, Weah, Ginola, Djorkaeff, Lama et Valdo. Enfin, je mettrai tout en haut l’OM des années 1990 à 1993 et le PSG de nos jours, pour la qualité de son effectif. Espérons que demain soir, le club parisien confirmera sa montée en puissance et battra Chelsea pour s’assurer une place en quarts de finale. Ce ne sera pas facile, car le FC Chelsea compte nombre de très grands joueurs, mais ayons confiance. Cela ferait tellement de bien au football français d’avoir de nouveau un club en finale ou mieux, vainqueur de la Ligue des Champions…en attendant la création inéluctable d’une ligue européenne avec les plus grands clubs européens.

Michel Escatafal


France-Brésil, une union presque fusionnelle dans le sport

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thiago silvaEntre la France et le Brésil il y a une union presque fusionnelle en sport. Les deux pays ont souvent été confrontés, notamment dans deux sports hyper médiatisés, le football et la Formule 1. Il se trouve que la France et le Brésil sont deux nations parmi les plus fortes du football. Le Brésil a remporté 5 fois la Coupe du Monde, la première en 1958 en battant en demi-finale l’Equipe de France emmenée par Kopa, mais aussi Fontaine, Piantoni, Vincent, Kaelbel et Jonquet. C’est d’ailleurs lui qui fut le véritable héros (malheureux) de cette fameuse demi-finale qui opposait les deux meilleures équipes de la compétition.

En effet, et cela on l’oublie très souvent, au moment de la blessure de Jonquet son arrière central, victime d’un choc avec Vava l’avant-centre brésilien, le score était de 1 à 1. Cela voulait dire que rien n’était fait, et la manière dont Fontaine avait marqué son but à Gilmar, le gardien brésilien, laissait penser que les Français auraient pu en marquer d’autres si elle avait pu jouer à égalité de chances. N’oublions pas qu’à l’époque, il n’y avait pas de remplacement possible, ce qui signifie que la France a joué à 10 pendant une heure. Imaginons que ce soit l’inverse qui se soit produit et que dans le choc, ce soit Vava qui ait été blessé. On peut penser que les Brésiliens auraient été beaucoup moins dangereux, et que les Français déjà très forts en attaque auraient eu encore plus de facilité pour défier la défense brésilienne. La France aurait sans doute gagné la Coupe du Monde…même si cette affirmation repose sur des si. D’ailleurs si la Hongrie n’avait pas été envahie par les troupes soviétiques en 1956, provoquant l’exil de ses meilleurs attaquants, c’est elle qui aurait gagné la Coupe du Monde en Suède en 1958.

Fermons la parenthèse et revenons à notre sujet pour noter que depuis cette époque, il y a eu de nombreux France-Brésil et la France l’a parfois emporté. Par exemple lors de la Coupe du Monde 1986, que nous aurions pu et dû gagner si Platini avait été en forme, la France avait éliminé le Brésil aux tirs au but. Qui ne se souvient, parmi les plus de 40 ans, du dernier tir de Luis Fernandez prenant à contre-pied le gardien brésilien, et propulsant la France en demi-finale où elle se fera éliminer par l’Allemagne, pourtant beaucoup moins forte. Parions que si la France n’avait pas joué sa prolongation contre le Brésil, elle l’eut emporté.

Bien entendu, nous ne pouvons pas éviter de parler de cette fameuse finale du Stade de France en 1998, où les Français l’emportèrent (3 à 0) avec deux buts de la tête de Zidane. Cette victoire qui fit chavirer tout un peuple dans le bonheur, fut un des deux plus grands succès d’une équipe bâtie par Aimé Jacquet à partir de 1996. Il est même permis de dire que l’équipe qui remporta deux ans plus tard le championnat d’Europe des Nations (en 2000) fut peut-être, au même titre que la Hongrie des années 50 ou le Brésil de 1970, la plus grande équipe de tous les temps.

Il faut noter enfin qu’en 2006, c’est encore une fois l’équipe de France, emmenée par un Zidane des grands jours qui élimina le Brésil de la Coupe du Monde en ¼ de finale, alors que les Sud-américains étaient comme d’habitude les grands favoris de l’épreuve. Au total, si nous regardons bien, il y a bien longtemps que le Brésil ne bat plus la France en compétition officielle. J’ai bien écrit en compétition officielle, puisque les Brésiliens ont battu l’équipe de France 1-0 en 2011 et 3-0 en 2013, lors de matches amicaux. Cela dit, même si l’écart s’est resserré ces dernières années entre les deux nations, les joueurs brésiliens demeurent très prisés des recruteurs européens et français. Parmi ceux-ci on citera les anciens Marseillais Paolo Cesar et Jairzinho, ce dernier étant considéré dans les années 70 comme un des tous meilleurs attaquants du monde, mais aussi Carlos Mozer qui appartenait à la grande équipe de 1991 (finaliste de la C1), les anciens parisiens des années 90 Rai, Ricardo, Valdo, Leonardo, plus Ronaldinho (2001 à 2003), qui fut Ballon d’Or en 2005, ou encore les Lyonnais, dans les années 2000, Anderson, Cris et Juninho. Enfin, depuis l’avènement du Paris Saint-Germain parmi les grands clubs de la planète, le Brésil nous a donné quelques uns de ses plus beaux joyaux actuels, lesquels sont de nos jours défenseurs pour la plupart. N’oublions que la ligne de défense du PSG qui vient d’éliminer Chelsea de la Ligue des Champions était composée de quatre défenseurs de la Seleçao, à savoir Thiago Silva, David Luiz, Marquinhos et Maxwell. A cette constellation on ajoutera Lucas, ailier virevoltant, sans doute un des plus grands espoirs du football mondial, qui fait penser à Garrincha par sa vitesse et ses dribbles déroutants, la finition en moins.

Et en formule 1, est-ce que la France a souvent battu le Brésil ? En fait les seuls vrais duels entre Français et Brésiliens se résument surtout à ceux ayant opposé Prost à Senna entre 1988 et 1990, c’est-à-dire avec des machines identiques ou très proches. Il y a bien eu des duels entre Prost et Piquet au début des années 1980, mais quelle que soit la qualité du pilote brésilien, il se situait un ton en dessous d’Alain Prost, même s’il fut quand même triple champion du monde. D’ailleurs quand il eut à affronter Mansell chez Williams, puis ensuite Schumacher, il eut beaucoup de difficultés. Or Mansell chez Ferrari avec Prost n’exista pas, le Français se montrant nettement supérieur.

D’ailleurs aucun équipier ne résista à Prost durant sa carrière sauf un : Ayrton Senna. Là ce fut un duel atteignant des sommets extraordinaires entre deux des 5 ou 6 plus grands champions de tous les temps. Résultat ? Senna prit nettement le dessus en qualifications, preuve si besoin en était qu’il fut sans doute le pilote le plus rapide qui ait jamais existé (avec peut-être Jim Clark dans les années 60), mais en course en revanche de domination franche il n’y eut pas. Prost était en effet très rapide sur la durée d’une course, et l’écart avec Senna diminuait au fil des tours, sauf si la piste était mouillée. En tout cas, entre 1988 et 1990, Prost fut champion en 1989, Senna en 1988 et 1990, et chaque fois avec un écart de points très minime. Depuis cette époque bénie pour la Formule 1, en nette perte d’audience, nous n’avons jamais retrouvé de duels de cette intensité et de ce niveau, n’en déplaise à ceux qui, ignorant l’histoire, ont trouvé beaucoup de vertus au duel de l’an passé entre Hamilton et Rosberg.

Michel Escatafal


Tout ce qui est excessif est dérisoire…y compris sur le football

Silva-LuizAujourd’hui c’est le 14 juillet, jour de fête nationale en France, mais aussi jour de deuil en Amérique du Sud ( le mot n’est pas trop fort même si ce n’est que du football), plus particulièrement en Argentine et, même encore au Brésil, avec une nouvelle fois la démonstration de l’imbécillité des amateurs de foot sud-américains, notamment les Brésiliens, fous de joie parce que les Argentins ont été vaincus en finale de la Coupe du Monde, hier soir, par les Allemands. Comme si cela pouvait les consoler de leurs déboires ! Autre démonstration de cette sottise, les commentaires des pseudos techniciens français à propos de David Luiz et Thiago Silva, oubliant simplement que la charnière centrale ne fait pas à elle seule une équipe, surtout quand celle-ci manque cruellement de grands joueurs. J’y reviendrai plus tard, puisque c’est en grande partie le sujet de mon article.

Mais avant de parler football et Coupe du Monde, je voudrais revenir sur deux sportifs français qui ont fait (un peu) la une des journaux ces derniers jours. Il s’agit de Christophe Lemaitre et Camille Muffat. Pour Lemaitre, l’affaire est entendue, ce n’est pas lui le grand sprinter que notre athlétisme attend depuis si longtemps, à savoir depuis la retraite de… Roger Bambuck à la fin des années 60 (voir mon article sur ce site « Lemaitre fera-t-il mieux que Bambuck ? A voir… ». L’autre sportif, ou plutôt sportive, Camille Muffat qui, à 25 ans, met un terme à une carrière déjà extrêmement brillante, mais qui aurait pu l’être beaucoup plus encore sans cette décision beaucoup trop prématurée, surtout en pensant au motif invoqué, un différend avec son entraîneur, Fabrice Pellerin. De quand datait les différents avec ce technicien? Personne n’en sait trop rien parmi les observateurs, mais c’est sans doute un problème récurrent qui a fini par prendre le dessus sur toute ambition future, notamment les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016.

Cette décision de Camille Muffat est d’autant plus surprenante que cette jeune femme a vraiment l’air très équilibrée, comme elle en a toujours fait la preuve dans et hors des bassins. Je n’ai pas été très surpris par les décisions qu’avait prises en son temps Laure Manaudou, autre star de notre natation, mais en revanche Camille Muffat cela m’interpelle. Ne connaissant rien au milieu de la natation, je ne vais pas juger Fabrice Pellerin, mais cela ne m’empêche pas de faire le rapprochement avec la décision de Yannick Agnel de quitter avec fracas le même entraîneur, pour s’exiler aux Etats-Unis avec le succès que l’on sait. Peut-être tout simplement que Pellerin n’est qu’un remarquable technicien, oubliant que ses nageurs ou nageuses, qu’il a connus à 10 ou 12 ans à Nice…ont grandi. Et c’est d’autant plus vraisemblable que, comme Camille Muffat, Yannick Agnel est un jeune homme qui lui non plus ne fait pas la une des magazines people, comme le fit ou le fait encore (mais on s’en moque totalement à présent) Laure Manaudou.

En tout cas le sport français, si peu riche en grands champions dans les sports les plus médiatisés, va perdre une nageuse encore très jeune, qui a détenu deux records du monde (400 et 800m en petit bassin), qui a été championne du monde (400m en petit bassin), quatre fois championne d’Europe (petit bassin), et surtout qui a remporté 3 médailles au J.O. de Londres (or sur 400m, argent sur 200m  et bronze avec le relais 4x200m). Une nageuse aussi qui est l’archétype de l’exemple du sportif à la « tête bien faite », comme aurait dit Montaigne. J’aurais pu aussi parler du Tour de France, mais comme il reste encore deux semaines de course, j’aurais tout le temps pour évoquer cette Grande Boucle, qui a perdu son principal favori, ou plutôt un des deux favoris (Froome), parce que Contador semble être vraiment de nouveau à son meilleur niveau. Si c’est le cas, sauf accident ou maladie, il remportera son huitième grand tour, ce qui le rapprochera encore un peu plus de Merckx et Hinault.

Reste maintenant à évoquer la Coupe du Monde de football qui vient de s’achever, à l’issue d’une saison harassante où nombre de grands joueurs n’étaient plus à leur meilleur niveau, les joueurs, de plus en plus sollicités par leurs clubs, n’étant pas des robots. Certes on me fera remarquer que la moitié des joueurs du Bayern, qui après leur titre mondial en clubs sont allés jusqu’en demi-finale de la Ligue des Champions, font aussi partie de cette équipe d’Allemagne qui a remporté le titre de championne du monde pour la quatrième fois, mais il faut quand même noter que le Bayern se promène littéralement en Bundesliga, comme aucun autre grand club ne peut le faire ailleurs, que ce soit en Angleterre, en Espagne, en Italie, au Portugal ou en France. Cela étant,  toujours à propos des joueurs du Bayern, il y a aussi un autre élément important dans cette victoire allemande : le Bayern de Munich est le principal fournisseur de la Mannschaft, puisque 5 joueurs du Bayern étaient hier soir dans l’équipe qui a battu l’Argentine en finale de la Coupe du Monde hier soir (Neuer, Lham, Boateng, Schweintsteiger, Muller). Aucune autre grande sélection ne peut se comparer à l’Allemagne sur ce plan, preuve que, même si le football a évolué, pour remporter des titres avec la sélection nationale, mieux vaut s’appuyer sur une ossature de club, comme ce fut le cas précédemment pour l’Espagne et le FC Barcelone. Et si besoin était d’en faire un supplément de démonstration, regardons où en est l’équipe d’Angleterre, malgré ses nombreux clubs très riches et multi titrés en compétition de clubs.

Cela dit, est-ce que l’Allemagne mérite son titre? Oui et non, parce que cette équipe n’est quand même pas du niveau de certaines qui l’ont précédée, notamment celle de 1974 (Beckenbauer, Gerd Muller, Hoeness, Netzer, Breitner etc.). Ensuite, hier soir, elle a eu la chance de tomber sur une équipe d’Argentine qui pourra s’en vouloir éternellement de n’avoir pas converti les trois ou quatre grosses occasions qu’elle s’est procuré. En écrivant cela, je pense d’abord à Higuain, qui nous a fait une réplique de l’occasion qu’avait eu Dugarry en 1998, en finale contre le Brésil, à la différence que l’Equipe de France n’avait pas eu le temps de ressasser cette maladresse de notre avant-centre parce qu’elle avait gagné 3-0. Mais plus encore qu’Higuain, qui n’est pas un super joueur, pas plus que Palacios, et sans doute qu’Aguerro, beaucoup moins efficient que Lavezzi dans un style différent, je pense surtout à Messi, qui a raté son match et même sa Coupe du Monde.

Cela n’a pas empêché la FIFA de lui octroyer le titre de meilleur joueur, ce qui s’assimile à une drôlerie, alors que Di Maria, James Rodriguez, Lahm ou quelques autres auraient davantage mérité cette distinction. En citant le nom de Di Maria, c’est sans doute lui qui a le plus manqué à cette solide équipe d’Argentine, nombre d’observateurs objectifs et connaisseurs affirmant qu’avec lui, l’Argentine aurait fini par l’emporter. En tout cas il aurait à coup sûr mieux fait qu’Aguerro, et il aurait mis terriblement en danger la défense allemande par les brèches qu’il aurait créées. Autre cocasserie, pourquoi l’AS Monaco dépense-telle autant d’énergie à chercher un gardien pour concurrencer Subasic…alors qu’elle avait sous la main un des deux ou trois gardiens qui ont été les plus remarquables pendant ce Mondial brésilien ? Le football est vraiment peuplé de mystères !

Un dernier mot enfin, dans le même registre, pour évoquer Thiago Silva et David Luiz, à propos desquels ont lit tout et n’importe quoi, en notant au passage que si le Brésil avait été éliminé par le Chili, personne ne se poserait de questions sur le futur duo en défense du PSG. Tout juste aurait-on dit que, comme Messi et Ronaldo, Thiago Silva avait évolué à un niveau inférieur à se réputation. En revanche tout le monde dirait que David Luiz est bien le crack annoncé. Puis est venu le match contre l’Allemagne (défaite 7-1) et celui contre les Pays-Bas pour la médaille de bronze (défaite 3-0), et là ces deux joueurs sont devenus des tocards. « Tout ce qui est excessif est dérisoire », comme disait Beaumarchais! Et c’est d’autant plus vrai que le Brésil a survécu jusqu’en demi-finale grâce à sa défense centrale et à Neymar, qui animait à lui seul l’attaque brésilienne.

Problème, contre l’Allemagne, ni Neymar (blessé) ni Thiago Silva n’étaient là, laissant David Luiz désespérément seul. Certes ce magnifique joueur, technicien et lutteur de premier ordre, a sans doute besoin d’avoir près de lui le Thiago Silva du Milan AC, de sa première saison au PSG ou de la Coupe des Confédérations 2013 gagnée par le Brésil, mais c’est quand même un grand joueur. En outre les milieux du PSG, Motta, Verratti ou Cabaye,et Matuidi ne sont pas ceux du Brésil, totalement inexistants. Du coup David Luiz, à qui Scolari avait confié le brassard de capitaine en demi-finale,  s’est cru obligé d’essayer de jouer les sauveurs, ce qui était impossible face à des formations aussi bien organisées que l’Allemagne et les Pays-Bas.

Oui, décevant de voir tant de gens démolir allègrement deux joueurs qui appartenaient, il y a moins d’un mois encore, au Gotha du football. Cristiano Ronaldo a-t-il réussi sa Coupe du Monde? Réponse : non. Et Messi, comme je l’ai écrit précédemment ? Réponse : non. Si Zidane n’avait pas marqué deux buts en finale en 1998 au Stade de France, sa Coupe du Monde aurait-elle été une réussite? Réponse : non. N’oublions pas qu’il n’a pas été décisif jusqu’en finale, et qu’il fut même expulsé contre l’Arabie Saoudite! Et pourtant c’était Zidane. Platini en 1986 fut, lui aussi, l’ombre de lui-même au Mexique, manquant même son tir au but…et je pourrais continuer ainsi longtemps, y compris en parlant de Di Stefano (qui vient de rejoindre le paradis des footballeurs ces derniers jours), totalement transparent en 1962 au Chili. Bref, je crois que le système médiatique est en train de s’emballer à propos de Thiago Silva et David Luiz, qui ont très mal fini une compétition qui, dans leur pays, devait leur revenir. Problème, il y avait quatre ou cinq autres équipes, voire même plus, dans cette Coupe du Monde, y compris l’Equipe de France, qui avaient davantage de grands joueurs que le Brésil ou qui étaient mieux équilibrées et organisées. Alors, sachons raison garder, et si le PSG récupère Di Maria, comme apparemment ce sera le cas, le club francilien aura une équipe très, très forte. Et, comme l’a dit Courbis, s’il le faut Marquinhos jouera défenseur central et D. Luiz au milieu…où il est tout à fait excellent.

Michel Escatafal


Indigné par la manière dont on traite, en France, les équipes ou sportifs qui gagnent

ogieribrahimovicDans un article de l’Equipe rapporté hier sur le site web du journal, on y lit que Sébastien Ogier, le nouveau champion du monde des rallyes, successeur de Sébastien Loeb, considère qu’il « n’est pas arrogant »  bien qu’il admette ne pas avoir la langue dans sa poche. Pourquoi cette remarque? Parce que certains Français se disant amateurs de rallyes pensent qu’il « a le melon », pour parler comme eux. Ne le connaissant pas, ou plutôt ne le connaissant qu’à travers ses exploits (13 victoires en 68 rallyes WRC), je peux simplement affirmer que ce jeune homme m’a l’air d’être bien sous tous rapports, à la fois ambitieux et respectueux de ses adversaires, sachant en outre reconnaître ses erreurs quand il lui arrive d’en faire. Voilà pourquoi je fustige les gens qui le critiquent parce qu’il a refusé, dès ses débuts en WRC, de reconnaître la supériorité de Loeb, à l’époque où ils étaient tous deux chez Citroën. Personnellement je trouve cela admirable, ce qui en disait long sur son ambition. Et même après s’être « planté » à l’occasion en essayant de rivaliser avec « le maître », il ne s’en laissait pas décontenancer, se disant que son heure finirait par arriver, considérant que Loeb était le seul pilote capable de le battre à la régulière, mais qu’il n’était pas invincible, ce qui lui a valu d’être jugé « arrogant » par nombre de Français.

Non, pour ma part je ne considère pas Sébastien Ogier comme arrogant, chose que ses détracteurs semblent confondre avec le fait d’être ambitieux pour devenir le meilleur, un phénomène bien français. Si j’écris cela une nouvelle fois, c’est tout simplement parce que dans notre pays, les gens sont souvent très méchants vis-à-vis de leurs champions, comme en témoigne la manière dont on a traité Laurent Blanc à son arrivée à la tête du PSG. En revanche, en poursuivant dans le football, je dirais que je ne supporte pas l’attitude d’un Menez ou d’un Sakho, qui n’acceptent pas ou n’ont pas accepté la concurrence dans un club qui, aujourd’hui, figure parmi les plus grands d’Europe, ce qui lui vaut nombre de remarques désagréables…parce que ses capitaux ne sont pas français. A ce propos, j’ai été stupéfait de lire ce matin que Zlatan Ibrahimovic a été convoqué par la commission de discipline de la LFP, pour son geste envers les remplaçants toulousains au Parc des Princes, geste où il avait joué au pistolero. Comme tout cela est ridicule ! Décidément je redis une nouvelle fois que nous ne méritons pas les champions que nous avons, surtout quand on voit les tacles assassins de certains défenseurs, sans que cela ne prête à conséquence pour leurs auteurs à part peut-être un carton jaune.

Cela étant, quand on repense à l’affaire Leonardo, on ne s’étonne plus de rien dans le petit monde de notre Ligue1. Une Ligue 1 dont les clubs, à part le PSG évidemment, ne cessent de se ridiculiser dans les compétitions européennes, à commencer par l’Olympique Lyonnais et les Girondins de Bordeaux, tenus en échec ou battus respectivement hier soir par un club de milieu de tableau portugais et un club israélien, aux moyens nettement inférieurs aux leurs. Plutôt que gémir continuellement contre l’Etat, plutôt que réclamer des droits télés supérieurs, plutôt qu’essayer de faire délocaliser fiscalement l’AS Monaco, bref, plutôt que chercher des poux dans la tête de Monaco ou d’Ibrahimovic, les dirigeants de notre Ligue professionnelle feraient mieux de se réjouir d’avoir dans ses rangs deux équipes comme le PSG et l’AS Monaco, avec toutes leurs stars internationales. Ce ne sera pas avec l’OL, les Girondins, l’OGC Nice, l’AS Saint-Etienne, ni même l’OM que notre indice UEFA remontera, tous ces clubs étant déjà quasiment éliminés dans leur compétition européenne. Ce n’est pas non plus avec les clubs que j’ai cités que les droits télés vont augmenter, ou que les images de notre Ligue 1 vont s’exporter à l’étranger. Vraiment nous sommes un drôle de pays, avec des habitants jamais contents de leur sort, et toujours envieux du sort des autres…même si ces autres sont plus malheureux que nous.

En tout cas, pour ma part, je dis qu’en tant qu’amateur de football, je suis heureux de voir le PSG s’installer sur le toit de l’Europe, comme à l’époque bénie du Stade de Reims de Kopa, de l’AS Saint-Etienne de Rocheteau ou de l’OM de Papin, la différence se situant dans le fait que le PSG de nos jours est infiniment plus riche que les trois clubs que je viens de citer, et donc qu’il peut s’offrir à peu près qui il veut sur la planète football…ce qui ne l’empêche pas d’investir sur l’avenir avec ses Verratti, Marquinhos, Lucas, Rabiot ou Ongenda, tous âgés de 20 ans et moins, ce que les Rémois, les Stéphanois et les Marseillais de la grande époque n’avaient pas su faire une fois arrivés au sommet. Ce qui explique aussi, que toutes ces belles aventures dans les années 50 (Reims), 70 (Saint-Etienne) ou 90 (Marseille) aient duré ce que durent les roses, l’espace de quelques saisons.

Alors de grâce, que la Ligue de Football Professionnelle fasse de son mieux pour que nos arbitres soient plus performants, ce qui leur évitera de se mettre une pression telle qu’un des leurs expulse un Thiago Silva, modèle d’exemplarité sur un terrain, pour une simple demande d’explication. Qu’elle supprime cette ridicule Coupe de la Ligue, qui n’intéresse personne, plutôt que vouloir diminuer le nombre d’équipes de Ligue 1 dans le championnat. Qu’elle fasse entrer les clubs de Ligue 1 directement en seizièmes de finale de la Coupe de France pour les clubs encore qualifiés dans les compétitions européennes, si elle veut alléger le calendrier, et tout sera plus simple pour nos clubs professionnels. En somme, que les dirigeants de la LFP fassent en sorte que notre Ligue1 soit plus attractive pour que des investisseurs arrivent plus nombreux dans nos clubs, d’autant que ces clubs vont disposer de très beaux outils de travail avec des stades neufs ou remis à neuf (dans la perspective de l’Euro 2016), dont certains, si cela continue, ne serviront que pour des concerts de chanteurs de variétés.  Et oui, on a l’impression que dans notre petit monde du football professionnel, la devise est : Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ! Au fait, je voulais parler aujourd’hui d’Alberto Contador, mais je suis tellement ulcéré par certaines décisions ou réactions dans notre beau pays, que j’évoquerai le Pistolero la prochaine fois.

Michel Escatafal


Et si les Qataris en avaient assez du foot français…

T. Silva et M. CastroDans le football l’actualité va toujours très vite. De plus, outre les résultats, il y a des évènements particuliers comme par exemple les disparitions ou arrêts de la compétition. En disant cela je pense à deux hommes au destin très différent, mais qui rappellent des souvenirs à ceux qui en ont déjà beaucoup…en raison de leur âge. Ces deux hommes dont je veux dire deux mots sont Pierre Pleimelding et Alex Ferguson. Le premier est pleuré par sa famille et quelques proches, parce qu’il est décédé il y a quelques jours. Il a eu droit à quelques lignes dans la presse spécialisée, plus quelques autres dans la presse locale, en Alsace, où il a fini sa vie. Tout juste a-t-on noté que cet attaquant, qui a un palmarès vierge mais qui fut une fois international (Espagne en novembre 1978), grand voyageur devant l’Eternel y compris dans sa carrière d’entraîneur, était le fils d’un autre Pleimelding, René de son prénom. Cet  excellent défenseur, qui compta lui aussi une sélection en Equipe de France (en 1953 contre la Yougoslavie), fit partie de la meilleure équipe qu’ait jamais eu le Toulouse F.C., vainqueur de la Coupe de France 1957 et grand rival à l’époque du Stade de Reims, avec des joueurs de classe comme le gardien Roussel, Boucher, Bocchi, Cahuzac, Brahimi, Derreudre, Di Loreto, Rytkonen et Bouchouk.

En revanche le départ de Manchester United d’Alex Ferguson a évidemment un tout autre impact dans le monde du football. Mieux même, le désormais (presque) ex-manager du club mancunien s’offre, de son vivant, une sortie digne de celles que l’on délivre à ceux qui viennent de mourir. C’est à qui couvrira le plus de fleurs l’entraîneur de M.U., à la fois joueurs anciens ou en activité, et dirigeants. Cet homme était considéré presque comme un saint, en même temps qu’un sorcier, à en croire tous ceux qui l’encensent, pour avoir accumulé autant de succès en 27 ans passés à la tête de son équipe (depuis novembre 1986)…non sans avoir failli être viré en 1990 pour insuffisance de résultats, ce dont personne ne parle jamais.

Cela dit, son palmarès à Manchester United est extraordinaire avec, entre autres, 2 Ligues des Champions (1999 et 2008),une Coupe des Coupes (1991), une Coupe Intercontinentale (1999) et un titre de champion du monde des clubs (2008), plus 13 titres de champion d’Angleterre entre 1993 et 2013, sans oublier 5 FA Cup entre 1990 et 2004. Peu d’entraîneurs peuvent en effet se targuer d’une telle collection de succès, à laquelle il faut ajouter 3 titres de champion d’Ecosse avec le FC Aberdeen (entre 1980 et 1985) et une Coupe des Coupes avec ce même club en 1983. Preuve quand même que l’homme a du talent pour coacher, contrairement à ce que l’on peut entendre parfois, certains soulignant qu’il était à la tête d’un club qui a vu passer dans ses rangs des cracks comme Brian Robson, Garry Neville, Paul Scholes, David Beckham,  Ryan Giggs, C. Ronaldo ou Wayne Rooney, sans oublier les Français Cantona, Barthez ou Blanc.  Autant de joueurs dont il n’avait pas l’équivalent en Ecosse, à Aberdeen.

Personnellement, ne connaissant pas l’homme, je ne sais si c’est un saint, mais on ne peut qu’être admiratif devant l’œuvre accomplie pendant toute la durée de ses mandats. Bonne retraite à lui, et bonne chance à son successeur, lequel va avoir à assumer un lourd héritage. Cependant  le nouveau coach de M.U. (sans doute l’entraîneur d’Everton, David Moyes) aura à sa disposition beaucoup d’argent pour confectionner son équipe et la renforcer,  après une élimination prématurée en Ligue des Champions cette année. A ce propos les supputations ne vont tarder, et les journaux britanniques, à commencer par le Daily Mail,  ont déjà commencé à spéculer sur les possibles transferts, assurant même que C. Ronaldo serait de nouveau mancunien l’an prochain, et Rooney placé sur la liste des transferts. Au fait, lequel  atterrira   au PSG l’an prochain ? Dans les deux cas de figure, le club parisien ferait un gros coup, si toutefois les dirigeants de QSI ont toujours foi en leur club, après tout ce qu’on lui fait subir dans notre misérable Ligue 1.

Et oui, la question se pose, et je me demande si les Qataris ne vont pas finir par en avoir très vite marre d’être la cible de beaucoup de monde à Paris et en France. Décidément, avoir un chéquier bien garni pose problème dans notre pays, y compris dans le monde du football qui, pourtant, véhicule beaucoup d’argent. Et ce n’est pas à l’AS Monaco qu’on fera croire le contraire, puisque les dirigeants de ce club, qui a participé très largement aux plus belles heures de notre football, sont en proie à une vindicte de la plupart des autres clubs de Ligue 1, qui veulent les délocaliser chez nous pour concurrence fiscale déloyale…ce qui ne les a jamais gêné ou si peu auparavant. Et après on s’étonnera d’être dépassé par le Portugal à l’indice UEFA ! Et après on s’étonnera que de nouveaux investisseurs à gros moyens préfèrent investir dans d’autres championnats que le nôtre ! Et après on s’étonnera que notre championnat n’intéresse personne en Europe ! Décidément le peuple français, auquel j’appartiens, a réellement un problème avec l’argent, ne supportant pas que des gens en  aient et d’autres non.

Pourquoi suis-je aussi amer ? Parce que j’ai peur qu’à faire constamment de l’anti-PSG, les Qataris finissent par se dire que s’ils veulent investir dans le football, il serait mieux pour eux qu’ils aillent le faire en Angleterre ou en Italie, pays fous de foot, plutôt qu’en France où leur simple nationalité devient un problème. Il suffit pour cela de lire les déclarations de certains forumers, certes limités intellectuellement, mais qui disent tout haut ce que beaucoup d’autres pensent tout bas. Et comme en plus les Qataris ont les moyens de leur ambition, alors là cela devient catastrophique, et ce, même si grâce à leur argent le PSG peut  remporter une Ligue des Champions. C’est typiquement français comme réaction, mais c’est ainsi. Et je me demande si ce climat général  délétère vis-à-vis du club parisien ne déteint pas sur le corps arbitral. Oh certes, loin de moi l’idée que lesdits arbitres sont malhonnêtes, mais ils ont tellement peur qu’on les accuse de favoritisme vis-à-vis du Paris Saint-Germain, qu’ils en rajoutent à la moindre faute des Parisiens.

La preuve, cela fait deux matches coup sur coup du PSG où l’arbitrage est indigne d’un championnat comme veut l’être la Ligue1. Résultat, en deux matches, les Parisiens ont pris un nombre invraisemblable de cartons, dont trois rouges, alors que deux d’entre eux sont totalement injustifiés, plus particulièrement le dernier lors du match contre Valenciennes, attribué à Thiago Silva, joueur exemplaire s’il en est, parce qu’il a eu le malheur de se trouver…sur le chemin de l’arbitre. On a beau regarder et regarder la vidéo amenant ce carton rouge, on ne trouve rien, oui je dis bien rien, de répréhensible de la part du défenseur brésilien, alors qu’au contraire on voit un arbitre vert de rage, qui voit immédiatement rouge contre ce même joueur… qui n’en pouvait mais. Mais le plus affligeant de tout cela, c’est que la Commission de discipline n’a pas désavoué l’arbitre, mais a donné deux matches à Thiago Silva, comme s’il avait fait un tacle assassin. Tout cela est grandguignolesque et ridicule. A croire que l’on fait tout pour maintenir un semblant de suspens pour la fin du championnat en ce qui concerne le titre de champion de France. L’espère quand même que ce n’est pas le cas !

Tout cela est un bien mauvais message envoyé aux joueurs étrangers de renom qui souhaiteraient évoluer dans notre championnat, un championnat où l’on ne supporte pas qu’un club soit riche, ce qui fait qu’on ne lui pardonne rien, y compris à ses dirigeants. Je n’ose imaginer la sanction qui va être appliqué à Leonardo, le directeur sportif du PSG, qui a certes été assez stupide pour bousculer un peu l’arbitre du match, mais qui n’a quand même pas eu le comportement de quelqu’un de violent, quoiqu’en disent certains qui soutiennent l’arbitre. D’ailleurs, il suffit de regarder la vidéo de Canal+ sur cet incident pour voir que l’arbitre n’a nullement eu peur. Pour ma part je n’ai vu que ces images de Canal +, où l’on voit effectivement Leonardo donner un coup d’épaule à l’arbitre…qui continue sans problème son chemin sans vraiment prêter attention à Leonardo. S’il s’était senti agressé, vu l’état de ses nerfs durant la partie, nul doute  qu’il aurait réagi aussitôt.

Voilà, j’arrête avec ça, parce que j’ai honte de mon pays, et je ne suis pas le seul. J’espère simplement que les Qataris seront assez patients pour attendre que les choses se normalisent vis-à-vis de leur club, et que les Français se rendront compte que le renom de notre football passe par l’arrivée d’investisseurs étrangers, comme par exemple en Angleterre. En tout cas, comme certains le suggèrent, on pourrait faire des paris pour savoir combien l’arbitre va distribuer de cartons pour un match du PSG. Et je suis persuadé qu’on aurait des surprises, d’autant que pour ce qui concerne le match PSG-Valenciennes, la rencontre a été parfaitement correcte et sans incident entre les joueurs, ce qui n’a pas empêché l’arbitre de distribuer presqu’autant de cartons qu’il y a eu de fautes parisiennes. Avec ce constat, tout est dit !

Michel Escatafal


Le PSG, meilleure équipe du monde ? C’est pour bientôt !

Certains d’entre vous vont peut-être penser que j’ai trop fait la fête hier soir, en proposant un titre pareil à cet article, mais ce n’est pas le cas. Alors pourquoi écrire cela ? Tout simplement parce que tous les ingrédients sont réunis pour qu’il en soit ainsi. D’ailleurs, si l’on regarde bien l’histoire des plus grandes équipes du siècle précédent, plusieurs d’entre elles se sont bâties de la même manière que le Paris Saint Germain F.C. version qatarie. Certes, on pourra toujours trouver des différences, parfois même très importantes d’un club à l’autre, mais dans l’ensemble Paris dispose de tous les ingrédients qui ont formé les plus grandes équipes de club de l’histoire.

Ici même j’ai souvent parlé du Real Madrid des années 50, et c’est la raison pour laquelle je ne vais pas insister outre mesure sur ce qui fit la gloire de ce club. Cela étant, comment le Real est devenu le club le plus titré de l’histoire du football ? Grâce d’abord à l’ambition de ses dirigeants, notamment un certain Santiago Bernabeu qui décida un jour de tout reconstruire dans ce club, comme sont en train de le faire les nouveaux dirigeants qataris du PSG. Le Real décida notamment la construction d’un stade digne de l’ambition de son président, l’actuel Stade Santiago Bernabeu (anciennement Chamartín), parce qu’un grand club doit avoir un grand stade à sa disposition. Le stade dans le football, c’est un peu l’église dans le village ou la cathédrale dans une grande ville, et il personnalise le club. C’est pour cela que les dirigeants qataris du  PSG ont raison de vouloir rester au Parc des Princes, en l’aménageant pour le rendre davantage conforme à leurs ambitions.

D’ailleurs tous les grands clubs européens ont leur enceinte propre ou assimilée, chacun des supporters de football connaissant le Nou Camp (Barça), Old Trafford (Manchester United), ou Guiseppe Meazza (les deux clubs de Milan), à défaut de connaître l’histoire du club. C’est la raison pour laquelle je ne vois pas le PSG évoluer au Stade de France, trop éloigné du cœur de Paris…et trop impersonnel. Le public doit communier avec son équipe, surtout en Ligue des Champions où tous les matches se jouent sur des détails, ce qui pousse les joueurs à cravacher  pour parler comme Lucien Muller l’entraîneur monégasque dans les années 80, qui employait ce mot pour expliquer la différence de compétitivité entre les clubs français et les grands clubs européens.

Mais cravacher ne suffit pas pour s’offrir un présent et plus encore un avenir radieux, comme celui auquel aspire le PSG. Il faut en effet autre chose, à commencer par avoir un grand entraîneur pour diriger le staff technique. Or, justement, avec Carlo Ancelotti, qui figure parmi les meilleurs techniciens dans le monde du football, le PSG dispose de cette perle rare. N’oublions pas qu’Ancelotti a réussi partout où il est passé (deux fois vainqueur de la Ligue des Champions en 2003 et 2007 avec le Milan A.C. et doublé Championnat- Cup avec Chelsea en 2010), et, à ce titre, il dispose d’une aura qu’aucun entraîneur français ne peut revendiquer.

A ce propos, ce n’est pas faire injure à Antoine Kombouaré, en disant qu’il ne pouvait pas faire aussi bien qu’Ancelotti, parce que pour gagner une Ligue des Champions il faut autre chose de plus que la simple expérience de la Ligue 1. Certains me feront remarquer que José Mourinho a bien débuté un jour dans la carrière d’entraîneur, sauf qu’avant de devenir le « Spécial One », il fut l’adjoint de Bobby Robson et de Van Gaal au Barça, puis entraîneur de Benfica avant d’arriver au F.C. Porto, avec qui il allait gagner sa première Ligue des Champions (2004).

En outre, ce que les ignorants des affaires du football oublient, c’est que pour faire venir des grands joueurs dans un club, y compris en y mettant le prix, il faut des dirigeants et un entraîneur qui en  imposent. En écrivant cela, je pense évidemment à ce que je lis ça et là sur les forums des journaux, certains disant qu’Ancelotti n’a pas fait mieux que Kombouaré…ce qui reste à démontrer, même si le PSG a échoué de très peu dans sa quête du titre de champion de France, Montpellier remportant le titre avec énormément de réussite. Fermons la parenthèse, pour noter que le PSG n’a pas réussi cet hiver à faire venir quelques très grands joueurs pourtant sur le retour, Beckham, Kaka, ou des joueurs encore en devenir, Pato, parce que le PSG et la Ligue 1 n’étaient pas assez attractifs à leurs yeux. Or cet été, le PSG est devenu le club phare dans le monde en matière de transferts…grâce à la présence d’Ancelotti auprès de Leonardo, lui aussi très connu sur le plan européen.

Résultat, le PSG a fait signer l’un des trois meilleurs attaquants du monde, Ibrahimovic, mais aussi le meilleur défenseur, Thiago Silva, sans oublier le futur meilleur joueur de la planète, Verratti, et un des plus grands espoirs brésiliens, Luca Moura, ces joueurs venant s’ajouter à quelques autres de très bonne notoriété comme Lavezzi ou Van der Wiel. Tout cela permettant au PSG d’avoir d’ores et déjà une ossature qui fait rêver, avec un des tous meilleurs gardiens européens, Sirigu, un jeune argentin qui promet énormément, Javier Pastore, plus quelques valeurs sûres comme Thiago Motta, Néné, Alex, Sissoko, qui s’ajoutent aux internationaux français complétant l’effectif comme Jallet, Matuidi ou Ménez. Et en citant ces noms, je ne parle que de ceux qui sont peu ou prou toujours sur la feuille de match.

Alors que manque-t-il au PSG pour qu’il devienne la meilleure équipe européenne ? Peu de choses, une fois que tous ces joueurs formeront une véritable équipe, autour de l’épine dorsale composée de Sirigu, Thiago Silva, Verratti, Pastore ou Moura et Ibrahimovic. Peu de choses…et beaucoup à la fois, dans la mesure où pour franchir le dernier pas le rendant irrésistible, il faudra sans doute ajouter à l’effectif du PSG un joueur comme C. Ronaldo. Viendra-t-il finalement au PSG, comme certains l’ont susurré ces derniers jours ? Je parie que oui, et même que cela se fera plus vite qu’on ne le pense…pour la simple raison que seuls les qataris peuvent se permettre en cette période de crise économique mondiale d’investir la somme à nécessaire pour attirer un joueur comme C. Ronaldo. Ce sera pour la saison 2012-2013, et là qui peut oser dire que le PSG ne sera pas la meilleure équipe du monde ?

Et qui empêchera le PSG d’être le nouveau Real des années 50 (Santamaria, Kopa, Di Stefano, Puskas, Gento), le nouvel  Inter de Milan des années 60 (Facchetti, Picchi, Mazzola, Suarez, Corso), le nouvel Ajax du début des années 70 (Krol, Haan, Neeskens, Rep, Cruyff, Keizer), le nouveau Bayern de Munich juste après (Maier, Beckenbauer, Breitner, Hoeness, Muller), le nouveau Milan A.C. du début des années 90 (Maldini, Rijkaard, Gullit, Van Basten…et Ancelotti), ou le nouveau Barça des années 2000 (Puyol, Piqué, Xavi, Iniesta, Messi, Eto’o, Henry), pour ne parler que des équipes qui ont dominé outrageusement leur époque et qui nous ont fait rêver ? Reconnaissons que ce serait un merveilleux cadeau offert par les investisseurs qataris au football français, celui-ci ayant dû se contenter jusque-là des miettes du festin européen  avec 1 victoire pour  l’O.M. et 5 finales en C1(13 victoires pour l’Espagne) , plus une victoire du PSG et 2 finales en C2 (8 victoires pour l’Angleterre), et 4 finales en C3 (9 victoires pour l’Italie).

Et oui, jusqu’à présent nos clubs ne faisaient pas le poids face aux Britanniques, aux Allemands, aux Espagnols, aux Italiens, aux Portugais, aux Néerlandais. Pour mémoire, entre 1964 et 1974, la France n’a obtenu comme meilleurs résultats que deux places de quart de finaliste dans les 3 coupes européennes. Et nous ne faisons guère mieux depuis l’an 2000, avec une place de finaliste en Ligue des Champions (A.S. Monaco en 2004) et dans la Coupe de l’UEFA (O.M. en 2004) devenue Ligue Europa, ce qui est peu, très peu.  Il est temps que ça change, ce qui nous incite à crier : Allez le PSG !!!

Michel Escatafal