Les petits guignols s’écharpent…et font beaucoup de mal à la Ligue1

aulas et labQuel match hier soir à Marseille entre l’OM et l’OL ! Enfin, quand j’écris quel match, c’est surtout parce qu’on va en parler longtemps, et non pas pour le spectacle offert qui ne fut pas extraordinaire, avec des Lyonnais à 11 contre 10 qui, une nouvelle fois, n’ont pas su bénéficier de l’avantage du nombre contre des Marseillais qui ont fait preuve de beaucoup de naïveté au cours de la première mi-temps. On observera d’ailleurs que, finalement, les Marseillais ont été plus dangereux à 10 contre 11, même s’ils ont bénéficié d’une part de chance, notamment avec ce tir de Valbuena sur le poteau dans les derniers instants de la rencontre, comme ils en avaient bénéficié quand Lacazette, seul face à Mandanda, avait lui aussi frappé sur un poteau. En cas de réussite de l’attaquant lyonnais, cela aurait définitivement noyé les Marseillais dans cette partie, car cela aurait fait 2-0 pour l’Olympique Lyonnais, ces derniers ayant bénéficié d’un penalty pour le mois généreux sur une faute loin d’être flagrante de Mandanda sur Lacazette.

Certains vont me dire que je ne suis pas très objectif, mais pour avoir vu et revu l’action, si Mandanda touche effectivement Lacazette, il est incontestable que Lacazette en rajoute énormément pour obtenir ce penalty. A ce propos, comme je ne suis pas un technicien, je vais reprendre les propos de Pascal Olmeta, ancien grand gardien français, qui a joué aussi longtemps à Lyon qu’à Marseille, et qui a dit en interview : « Mandanda, quand il sort, il a vu que Lacazette a poussé trop loin son ballon et il retire ses bras. Et l’arbitre siffle penalty ». Dont acte, il n’y avait pas réellement de quoi siffler un penalty, même si les supporters lyonnais aveuglés par leur chauvinisme ne seront pas d’accord avec ce jugement d’Olmeta…qui a l’avantage sur eux d’avoir connu le très haut niveau. Est-ce ce pénalty qui a mis le feu aux poudres ? Peut-être un peu, comme aussi la décision de l’arbitre, tout à fait justifiée celle-là, d’exclure Alessandrini pour une faute grossière sur Valbuena juste avant la mi-temps, ou encore l’action où Mendy est accroché par le défenseur central lyonnais Bisevac dans la surface de réparation, sans que l’arbitre ne siffle faute, mais qui valut au Marseillais un carton jaune pour simulation. Voilà pour le résumé du match, un match comme on en voit beaucoup dans notre Ligue 1, avec des décisions arbitrales plus ou moins justifiées, mais des décisions qu’on ne devrait pas constamment contester.

Et quand j’écris « on », cela s’adresse d’abord aux présidents de club. Certes, il y a des situations où cela est inévitable, surtout si l’arbitre s’est lourdement trompé, mais certains présidents ou entraîneurs se contentent de regretter que l’arbitre se soit trompé, car cela a coûté trois points à leur équipe, sans en rajouter, sinon pour dire que l’arbitre est un homme et qu’il peut faire des erreurs. Voilà une bonne réaction, et cela arrive heureusement assez souvent de la part de certains présidents. En revanche, je déteste plus que tout les présidents qui ne cessent de pleurnicher chaque fois que l’arbitre siffle contre leur équipe. Et j’en connais au moins deux qui figurent en première place dans ce genre de situation : J.M. Aulas et Vincent Labrune. Et s’il n’y avait que cela, mais ces deux présidents passent leur temps à s’écharper dans les médias, sans parler des piques sans cesse assénées par le président de l’Olympique Lyonnais, à travers ses tweets ou autres interviews auxquelles il répond. Et si le riche PSG, tellement jalousé par le président de l’OL, et le voisin stéphanois sont les cibles privilégiées de J.M. Aulas, l’Olympique de Marseille en fait aussi partie, parce que le président lyonnais ne supporte pas que son club soit mis sur un pied d’égalité avec le club phocéen. Du coup il ne cesse de donner des leçons au président de l’OM, ce qui lui permet de cibler bruyamment des joueurs marseillais, comme N’Koulou et Mandanda, ce dernier ayant été utilisé, aux dires de mauvaises langues, lors des négociations du contrat de Lopes, le gardien lyonnais. J’espère que c’est faux, parce que ce serait vraiment petit!

Mais Vincent Labrune n’est pas tout blanc non plus, et hier soir il a même été pitoyable faute de regretter en public ce qui venait de se passer dans le stade où évolue son club. Des jets de bouteilles sont sans excuse, et il se serait grandi en condamnant ces actes de voyous. Pour quelqu’un qui sait communiquer, c’est vraiment nul comme comportement ! Résultat, ces combats de coqs entre ces deux présidents, par médias interposés, ont fédéré leurs supporters dans la haine des autres, avec les conséquences désastreuses en termes d’image que cela peut amener. Et je crains, hélas, que cette guerre picrocholine et les incidents qu’elle génère ne leur servent pas de leçon, tellement l’égo de ces deux présidents est exacerbé, l’un (Labrune) ne supportant plus les sarcasmes blessants de l’autre (Aulas), qui par ailleurs ne cesse de se répandre dans les médias en invectivant sans cesse ses concurrents. Bref, ces deux personnages avides de lumière, sont une honte pour le football français et la Ligue 1, quel que soit le travail qu’ils font ou ont pu faire, en passant pour de mauvais comiques…d’autant que leur équipe respective est loin d’être au niveau de ce qu’ils aimeraient qu’elle soit.

Au fait, Mr Aulas, quand entendez-vous le président du Real, de Barcelone, de Manchester U ou City, du Bayern ou du PSG se comporter comme vous ? Jamais, parce que ce sont de grands présidents, à la mesure des moyens financiers dont ils disposent. Je n’en dirai pas davantage parce que ce que j’ai vu hier soir, comme tous ceux qui s’intéressent au football, sont affligés de ce qui s’est passé. Finalement, heureusement que ce ne sont pas les présidents qui jouent, car on ne sait pas ce qui pourrait arriver, les techniciens et les joueurs ayant généralement une attitude un peu plus raisonnable. Il est vrai qu’ils n’ont pas la responsabilité d’assurer les fins de mois, ni de présenter le bilan comptable à la fin de la saison, ce qui est la seule excuse que je puisse trouver à Messieurs Labrune et Aulas, l’un (Labrune) voulant coûte que coûte respecter les desiderata de l’actionnaire, pourtant très riche, et l’autre (Aulas) devant faire face à des dépenses extrêmement lourdes pour un club comme l’Olympique Lyonnais. C’est bien joli de dire à tout le monde que l’OL va avoir un beau stade, preuve que le club est à l’avant-garde de ce qui se fait en France et même ailleurs, mais…il faut le payer ce stade, et il faudra le rentabiliser, ce qui ne sera pas aussi simple que J.M. Aulas semble le laisser croire. Fermons-la ce chapitre, et soyons heureux qu’à travers ce match, nous ayons redécouvert que Lassana Diarra est presque redevenu ce qu’il était quand il jouait au Real Madrid, et que Lacazette retrouve des couleurs, tout cela ne pouvant qu’être favorable à l’Equipe de France en vue de l’Euro 2016.

Michel Escatafal


Le gros problème de Grosjean : suite…et fin ?

CevertGrosjeanAujourd’hui je vais parler de Formule 1, mais avant je veux évoquer le match d’hier soir entre l’OM et le PSG qui, évidemment, a permis au club parisien de rejoindre l’AS Monaco en tête du championnat, en battant son rival marseillais sans trop de difficultés, même en jouant à 10 les deux tiers de la partie. Un match une nouvelle fois gâché par l’arbitre, dont on avait l’air de dire qu’il figurait parmi les tous meilleurs du championnat de Ligue 1. On imagine ce que cela peut donner avec ceux qui sont moins bons, ou plutôt on sait ce que cela donne en repensant à l’expulsion de Thiago Silva au printemps dernier, laquelle a alimenté la polémique avec l’affaire Leonardo tout au long de l’été. Au fait, y-avait-il seulement penalty sur l’action qui a valu son expulsion à Thiago Motta ? Oui, si l’on regarde cela très vite, surtout en voyant Valbuena se rouler par terre de façon ridicule, mais sans doute non si on voit l’action deux ou trois fois au ralenti. Cela dit, passe encore pour le penalty accordé à l’OM, mais franchement expulser Thiago Motta dans la foulée est aberrant, aussi aberrant que mettre un carton jaune à Ibrahimovic et Cavani pour ne pas être sortis du terrain en courant, et aussi aberrant que n’avoir pas fini de mettre la main à la poche pour un tacle par derrière de Rod Fanni sur Cavani, action qui valait largement un carton jaune…mais qui aurait valu un rouge car le défenseur de l’OM avait déjà un jaune.

Bref, il va falloir que la Ligue se penche sérieusement sur l’arbitrage, au moment où notre championnat prend de la valeur avec deux équipes de calibre européen, ce qui ne lui était pas arrivé depuis une vingtaine d’années, sauf que désormais il y a le PSG et l’AS Monaco très au-dessus des autres, à commencer par l’Olympique de Marseille. Néanmoins, même si les Phocéens ne tirent pas dans la même catégorie que Parisiens et Monégasques, ils sont quand même les meilleurs des autres, contrairement à l’Olympique Lyonnais qui est en train de sombrer…comme c’était hélas à prévoir. Une trajectoire qui me fait irrésistiblement penser à celle du Stade de Reims au début des années 60, et à celle de l’AS Saint-Etienne vingt ans plus tard. Quand on pense au temps qu’il a fallu à ces deux équipes pour retrouver un peu de leur lustre passé, il y a de quoi être inquiet pour l’Olympique Lyonnais…et son futur nouveau stade.

Fermons cette longue parenthèse de football et passons à la Formule 1, pour là aussi évoquer l’histoire de ce sport à travers la tragédie que fut le 6 octobre 1973, la mort de François Cevert, lequel eut été à coup sûr le premier pilote français champion du monde, si le sort n’en avait pas voulu autrement. Quel champion fut ce jeune homme bien sous tous rapports, sur qui les dieux s’étaient penchés avec bienveillance en lui donnant talent, gloire, intelligence et beauté, sans oublier cette détermination qui est la marque des grands ! Avec lui, point de jérémiades, point de ridicules polémiques pour tout et rien, mais un professionnalisme exacerbé, qui lui avait permis de s’imposer comme le successeur naturel dans son équipe d’un triple champion du monde qui se retirait de la compétition.

Bien que très rapide et très ambitieux, il avait appris la patience auprès de Jackie Stewart, copiant son instinct de chasseur, sachant que ce dernier finirait par lui laisser la place un jour ou l’autre. Et, fin 1973, il était près à lui succéder, mais la mort en décida autrement. Il est vrai qu’à cette époque il fallait être prudent en anticipant sur l’avenir, car la sécurité était loin d’être optimale en Formule 1, malgré des progrès par rapport à quelques années auparavant. L’accident qui coûta la vie à François Cevert lors des essais qualificatifs du grand prix des Etats-Unis à Watkins Glen allait en témoigner, hélas. C’est dans un virage à la sortie d’un raidillon que François Cevert perdit le contrôle de sa voiture tapant le rail à droite puis à gauche, avant d’aller s’empaler sur la tranche d’une barrière de protection, qui n’avait de réelle protection que le nom. Heureusement un tel accident n’aurait pas les mêmes conséquences de nos jours, et j’en profite une nouvelle fois pour saluer les efforts faits à son époque par le président de la Fédération Internationale du Sport automobile (entre 1978 et 1991), J.M. Balestre (décédé en 2008).

Fermons cette nouvelle parenthèse douloureuse pour les fans de F1 qui n’ont plus 20 ans, pour reparler de Romain Grosjean, pilote franco-suisse de Lotus. Ce dernier, malgré des progrès évidents, est une sorte d’anti-Cevert, plus particulièrement en ce qui concerne l’amour que le public lui porte. Grosjean, en effet, agace nombre de personnes qui ne pensent qu’à devenir des supporters…à condition de cesser ses supplications ou lamentations à destination de ceux qui travaillent avec lui. Si j’écris cela c’est en raison de son attitude sur le podium du Grand Prix de Corée qu’il venait de terminer à la troisième place, estimant que la deuxième lui revenait de droit aux dépens de son équipier Kimi Raikkonen. Certes, ce dernier s’était manqué en qualification dans son tour rapide, certes, sans l’intervention de la voiture de sécurité, Romain Grosjean aurait certainement terminé deuxième derrière l’intouchable duo que forment Vettel et sa Red Bull, mais la voiture de sécurité fait partie de la course, et, au moment du redépart, Raikkonen était troisième et Grosjean deuxième. Problème pour ce dernier, il a fait une erreur…et celle-ci a été immédiatement exploitée par Raikkonen, lequel est peut-être en valeur absolue le plus fort en course.

A ce propos, plus ça va et plus le remarquable pilote finlandais me fait penser à Alain Prost, qui n’était peut-être pas un avion à réaction en qualifications, comme Raikkonen, mais qui était imbattable en course, sauf peut-être par Senna et encore, comme en témoigne l’intensité de leurs duels à la fin des années 80 chez Mac Laren. Cela dit, pour revenir à Romain Grosjean, ce dernier doit savoir qu’avoir Raikkonen derrière soi est la certitude qu’équipier ou pas, Raikkonen cherchera à gagner ou en tout cas à être le mieux placé possible, sauf en cas de titre mondial en jeu, ce qui n’est pas le cas. Et j’ai trouvé pitoyable son mécontentement vis-à-vis de tout le monde pour n’avoir pas pu récupérer sa seconde place perdue, je le répète, sur une erreur de sa part. Si Grosjean avait fait la même chose à Raikkonen, je suis certain qu’Iceman n’aurait pas eu besoin de message de son directeur des opérations sur piste pour afficher une certaine bonne humeur sur le podium.

Le plus grave est que Romain Grosjean semble oublier que Kimi Raikkonen est troisième du championnat, et qu’il a une centaine de points d’avance sur lui au classement. Grosjean oublie aussi qu’il revient de très loin, compte tenu des nombreuses bourdes qui ont émaillé sa carrière depuis deux saisons. Alors, bien qu’il soit en progrès et qu’il n’ait pas fait d’erreurs grossières depuis quelques courses, pourquoi aurait-il eu droit à la deuxième place au détriment de Raikkonen, en rappelant que ce dernier s’arrange toujours pour amener de gros points à son équipe, quelles que soient les circonstances. D’ailleurs j’ai apprécié le fait que le directeur de l’équipe Lotus, Bouiller, ait précisé que Grosjean « était libre de l’attaquer (Raikkonen). En revanche je n’ai pas du tout aimé, et je ne suis pas le seul, quand j’ai lu les misérables explications de Grosjean, affirmant qu’il n’avait pas entendu ce qu’on lui avait dit à la radio, et surtout qu’il « est quasiment impossible de dépasser sur ce circuit »…ce que Raikkonen a bien réussi à faire avec lui. Enfin, pourquoi dire aussi : « La voiture de sécurité nous a encore empêchés de gagner une course », alors que Vettel a pris une seconde à Raikkonen et à Grosjean lui-même en un seul tour, après le second redémarrage de la voiture de sécurité.

Voilà pourquoi Romain Grosjean n’a pas la côte auprès des fans de Formule 1, en France et ailleurs. Souhaitons-lui l’an prochain, délivré de la pression que lui a imposé Raikkonen ces deux dernières saisons, de se comporter en vrai champion, et de se battre autant qu’il est nécessaire…sans attendre un traitement de faveur, qu’on ne lui donnera pas nécessairement. Quant à son futur équipier, sans doute Hulkenberg, il est d’ores et déjà certain qu’il ne lui fera aucun cadeau, d’autant qu’il l’a dominé en 2009 en GP2, puisque Grosjean avait 15 points de retard sur le pilote allemand au championnat, quand il remplaça Nelsinho Piquet chez Renault. Et sur une voiture qui ne vaut pas la Lotus, Hulkenberg a fait la démonstration chez Sauber qu’il était à la fois fiable et rapide. Attention Grosjean, Kimi s’en va chez Ferrari, mais celui qui arrive est très bon !

Michel Escatafal