En rouge et bleu, en rouge et noir…(2)

stade toulousain 2008Partie 2

Je n’évoquerai pas trop longtemps le FC Lourdes, sur lequel j’ai écrit  un article en août 2011 (La plus belle histoire d’amour du rugby français : J. Prat et le F.C. Lourdes) ou encore celui que j’ai mis en ligne en février 2012 (Martine-Maurice Prat, le duo magique du grand F.C. Lourdes). Cela étant les plus anciens n’ont pas oublié cette finale ébouriffante de 1958, où le grand FC Lourdes terrassa le SC Mazamet de Lucien Mias. Jamais peut-être ce FC Lourdais ne fut plus majestueux, pour ne pas dire plus imbattable. Tous les ingrédients étaient réunis pour en faire une finale exceptionnelle, à commencer par la personnalité des deux plus grands capitaines de l’histoire de notre rugby amateur, Jean Prat, appelé par les Britanniques « Monsieur Rugby » et Lucien Mias, « le docteur Pack ». Mais ce match que tout le monde attendait était aussi une confrontation comme les Français les adorent, entre le grand méchant loup qu’était la constellation d’étoiles du FC Lourdes, et l’agneau (loin d’en être un!) qu’était l’équipe mazamétaine, laquelle disposait d’excellents joueurs comme l’ailier Lepatey, les demis Duffaut et Serin, le pilier Manterola, frère du Lourdais, et Aldo Quaglio qui fera une grande carrière internationale à XV et à XIII. La constellation lourdaise était effectivement formée avec des joueurs déjà semi-professionnels (cafetiers, hôteliers, marchands de médailles), ce qui signifie qu’ils s’entraînaient presqu’autant qu’ils le souhaitaient, et qui en plus avaient le goût du rugby récité à la perfection. Enfin ces joueurs étaient les meilleurs à leur poste en France pour la majorité d’entre eux, et peut-être pour certains les meilleurs tout court.

N’oublions pas qu’en 1958, l’équipe de France alla battre les Gallois chez eux à Cardiff (16-6) avec tous les trois-quarts lourdais, Rancoule, M. Prat, Martine, Tarricq, plus l’ouvreur Labazuy, plus les troisièmes lignes Barthe et Domec. Si l’on ajoute à ces joueurs J. Prat, le demi de mêlée F. Labazuy qui n’était pas sélectionnable à cause de son passé treiziste et P. Lacaze, qui allait être un des héros de la tournée en Afrique du Sud, on imagine facilement que jamais le rugby français n’avait connu une aussi forte équipe dans son histoire. En fait, non seulement les Lourdais avaient les meilleurs centres du monde, les meilleurs troisièmes lignes, mais ils se comportaient comme des professionnels, la musculation intensive en moins.

De la musculation le pack de l’AS Béziers des années 70 n’en faisait pas beaucoup par rapport à aujourd’hui, mais c’était le pack le plus surpuissant que l’on ait connu jusque-là. Il allait le prouver plus particulièrement lors de la finale du championnat de France 1978…contre l’AS Montferrandaise, qui allait encaisser un sévère 31-9. Et pourtant il y avait nombre de bons joueurs chez ceux que l’on n’appelait pas encore les « jaunards ». Ils étaient pourtant déterminés à faire tomber l’ogre biterrois qui avait dans ses rangs Cantoni à l’arrière, les demis Cabrol et Astre, la troisième ligne Pesteil, Estève et Saisset, la deuxième ligne Palmié et Sénal et la première ligne formée de Martin, Paco et A. Vaquerin. Cette équipe ressemblait énormément au RC Toulon de nos jours, si l’on ose la comparaison. Toutefois je la mettrais derrière le FC Lourdes, parce que l’apport au XV de France de cette formidable équipe biterroise fut beaucoup plus modeste. Il n’empêche, s’il y avait eu une Coupe d’Europe à l’époque, l’AS Béziers en aurait remporté au moins quatre ou cinq, un peu comme le FC Lourdes deux décennies plus tôt. Voir la lecture aussi de ce que j’ai écrit en septembre 2012 sur l’AS Béziers (L’A.S. Béziers, ancien « grand » du rugby français).

 A présent je vais parler de cette équipe toulousaine de 2008, qui mérite elle aussi de figurer au Panthéon du rugby français. Etait-elle la meilleure formation toulousaine que l’on ait connue jusque-là ? Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est qu’elle était extraordinairement complète avec un pack d’avants redoutable, que ce soit en troisième ligne (Sowerby, Dusautoir, Bouilhou), en seconde ligne (Pelous, Albacete) ou en première ligne (Human, Servat et Hasan). Mais derrière c’était tout aussi solide et brillant avec Medard ou Poitrenaud à l’arrière, Heymans, Kunavore, Jauzion et Donguy en trois-quart et une paire de demis exceptionnelle composée de J.B. Elissalde, que j’avais qualifié de « Mozart du rugby » et à qui j’avais consacré un article quand il prit sa retraite de joueur en 2011 (J.B. Elissalde, si grand par le talent…), associé à Byron Kelleher, les deux hommes étant sans doute à l’époque les deux meilleurs demis de mêlée de la planète. Et sur le banc des remplaçants il y avait aussi du beau monde avec Millot-Chluski, Lamboley ou Florian Fritz.

Si j’ai fait cette énumération de joueurs c’est d’abord pour constater que nous étions vraiment entrés de plain-pied dans le professionnalisme, avec des Sud-Africains (Sowerby et Human,), des Argentins (Albacete, Hasan), un Fidjien (Kunavore) et bien sûr le All Black Kelleher. Ensuite, c’est pour citer tous les joueurs qui ont battu en finale…l’AS Clermont Auvergne, le finaliste préféré des grandes équipes de rugby, parce qu’à part une fois (Bouclier de Brennus 2010), les « jaunards » ont toujours échoué en finale du championnat de France, du Top 14 ou de la Coupe d’Europe. Ils n’ont d’ailleurs jamais été aussi proches de remporter un titre que cette année-là, battus 20-26 avec deux essais de chaque côté. Mais le Stade Toulousain était une très grande équipe et l’AS Clermont une excellente équipe, ce qu’elle est toujours avec quelques joueurs de grande classe comme l’arrière anglais Abendanon, les trois-quarts français Fofana et Nakaitaci, l’ailier fidjien Nalaga ou encore le seconde ligne irlandais Cudmore, sans oublier les ex-internationaux français Bonnaire et Rougerie, hélas aujourd’hui vieillissants. Du beau monde, mais pas au niveau du Stade Toulousain de 2008 ou du Toulon 2013-2014 (avec Wilkinson) ou 2015.

Michel Escatafal


Jonny Wilkinson au Panthéon du rugby et des numéros 10

barry johnwilkinson2Partie 2

Avant de parler de ces monstres sacrés que furent Jack Kyle, Cliff Morgan, Richard Sharp et Barry John, prédécesseurs de Jonny Wilkinson au Panthéon des demis d’ouverture, revenons d’abord en quelques lignes sur la finale du Top 14, samedi soir, qui a permis au RC Toulon de réaliser un fantastique doublé, premier club français à réaliser cet exploit avec des équipes anglaises participant à la compétition. Au passage, on observera que les Toulonnais ont fait beaucoup mieux que l’autre finaliste de la Coupe d’Europe, les Saracens, ceux-ci ayant été battus par Northampton après prolongations, à l’issue d’une finale extrêmement disputée (24-20). Fermons la parenthèse pour noter que Jonny Wilkinson aura eu la fin de carrière qu’il méritait, en soulevant avec ses copains toulonnais le fameux Bouclier de Brennus, au terme d’un match où il aura réussi à titre personnel un sans-faute, tant au pied (15 points) qu’à la main. Que rêver de plus pour l’artiste anglais, symbole d’une équipe cosmopolite, où brillent de mille feux les internationaux français, anglais, italiens, argentins, sud-africains, australiens et néo-zélandais (en tout une demi-douzaine de champions du monde) ?

A ce propos j’en profite pour dire que ce qu’a construit Mourad Boudjellal depuis son arrivée au club il y a moins de dix ans est tout à fait admirable, ce qui donne à notre Top 14 une visibilité que les gens de la Fédération sont bien incapbles d’offrir à notre rugby. En écrivant cela je pense aussi à ceux qui ont un siècle de retard, et qui discutent sur le fait de savoir si le RC Toulon est encore une équipe française, un peu comme en football le Paris Saint-Germain. Quel débat ridicule, comme celui à propos des soi-disant « valeurs » qui s’attachent à des clubs qui ont dans leur effectif nombre de grands joueurs internationaux…appelés mercenaires par ces censeurs de pacotille. En tout cas, quand on a vu la rage de vaincre d’un Umaga, d’un Gregan, d’un Mehrtens, d’un Oliver ou d’un SB Williams, et de nos jours d’un Wilkinson, d’un Hayman, d’un Botha, d’un Ali Williams, d’un Giteau ou des frères Armitage, on se dit que le rugby français a bien de la chance d’avoir un président de club qui a su trouver les ressources pour faire venir des joueurs de ce calibre, suffisamment motivés pour remonter de Pro D2 en Top 14, et ensuite remporter des titres.

On comprend aisément la fierté de ce président de club atypique, quand il racontait après la remise du Bouclier de Brennus : « En deux ans, on a gagné trois titres, soit autant que le club en 100 ans. C’est magnifique pour la ville et magnifique pour le club ».Bravo aussi à Bernard Laporte, tellement décrié quand il était sélectionneur du XV de France, malgré des résultats à faire pâlir d’envie ses successeurs (Lièvremont et Saint-André), et qui a su fédérer, avec ses adjoints (Mignoni et Delmas) toutes ces stars et en faire une équipe très soudée, comme l’a si bien noté Alexandre Menini, joker médical (pilier gauche) qui était totalement inconnu il y a trois mois, et qui se retrouve aujourd’hui champion d’Europe, champion de France et sélectionné dans le XV de France… à 30 ans. Mieux qu’Alfred Roques au même âge ! Reste quand même à égaler l’extraordinaire pilier cadurcien des années 1950 et 1960.

Et maintenant, après avoir souligné encore une fois la classe sur et hors du terrain de Jonny Wilkinson, son humilité, sa retenue dans le succès comme dans la défaite, l’admiration qu’il suscite chez ses partenaires…et ses adversaires, comme en témoigne l’attitude des joueurs castrais après la finale, tellement dignes dans la défaite en participant à leur manière à l’hommage rendu à Wilkinson, je vais à présent évoquer les monstres sacrés auquel je compare le merveilleux ouvreur anglais. Des monstres sacrés qui ont marqué à leur manière leur époque, celle-ci étant évidemment très différente de celle d’aujourd’hui, faute d’avoir eu la chance de connaître le professionnalisme, ce qui a parfois privé très tôt le rugby de leur immense talent, leur carrière s’arrêtant alors qu’ils étaient encore très jeunes, sauf pour Jack Kyle.

En parlant de cet ouvreur irlandais, cela me fait une transition toute trouvée pour évoquer la figure de Jack Kyle, dont certains disaient à son époque qu’il était peut-être le meilleur joueur irlandais de l’histoire, grande vedette (on ne disait pas star chez nous à ce moment) de l’équipe d’Irlande qui remporta le grand chelem en 1948. C’était un ancien élève d’un lycée protestant, opérant au North of Ireland F.C., avant de devenir plus tard le docteur Kyle.  Il savait tout faire avec un ballon de rugby dans les mains, y compris buter  s’il le fallait. Si je dis cela c’est parce qu’il ne fut jamais le buteur attitré de l’équipe d’Irlande pendant les onze années que dura sa carrière internationale, entre 1947 et 1958. Celle-ci démarra dans le Tournoi contre l’équipe de France, qu’il avait affrontée l’année précédente à une époque où notre équipe n’avait pas encore réintégré le concert international, suite à sa rupture avec les Britanniques en 1931, ces derniers accusant le championnat de France d’être trop violent et de faits de professionnalisme. Jack Kyle, aux dires de Jean Prat qui l’avait bien connu, était à la fois un remarquable meneur de jeu, sachant surtout créer des occasions pour ses partenaires, et un joueur au pied de grand talent. Il fut un des premiers à utiliser avec efficacité les chandelles pour mettre le feu dans les défenses adverses, chose aujourd’hui banale dans le rugby professionnel, mais Kyle fut une sorte de précurseur à son époque. C’était aussi un excellent défenseur, ce qui prouve qu’il était un ouvreur très complet.

Autre remarquable demi d’ouverture dans les années 50, le Gallois Cliff Morgan. Il entra dans l’équipe du Pays de Galles un peu plus tard, très exactement en 1951 dans un match du Tournoi…contre l’Irlande de Jack Kyle.  Très vite Morgan s’imposa comme un très grand demi d’ouverture, dans un style différent de celui de Kyle. Ses crochets étaient déroutants, et il en usait tellement que parfois il en abusait. En fait son seul défaut était de vouloir trop en faire. Il n’empêche,  dans ses grands jours l’ouvreur gallois était diabolique. Les Français s’en aperçurent à plusieurs reprises, plus particulièrement en 1957, dans un match où nos tricolores furent héroïques mais où ils durent s’incliner contre des Gallois supérieurement emmenés par un Cliff Morgan superbe. Il arrêtera sa carrière très tôt, à l’âge de 28 ans (en 1958), alors que son talent était intact. En tout cas ces deux joueurs ont largement dominé la décennie 1950 à leur poste. La preuve, on parle encore d’eux à l’occasion. En fait le seul concurrent qu’ils auraient pu avoir à cette époque…jouait au centre la quasi totalité du temps, n’opérant à l’ouverture qu’à l’occasion : il s’appelait Roger Martine. Il suffit de lire le compte rendu du match opposant la France à l’Irlande en 1955, pour en être convaincu. Ce jour-là en effet, Roger Martine soutint largement la comparaison avec Jack Kyle, du moins jusqu’à sa blessure à l’épaule au début de la deuxième mi-temps…qui allait sans doute coûter à la France le grand chelem dans son match contre Galles, Martine ayant joué le match contre les Gallois en étant insuffisamment remis de cette blessure.

Autre grand ouvreur britannique, l’Anglais Richard Sharp. Un surdoué parmi les surdoués, capable de démanteler n’importe quelle défense sur une de ses percées dont il avait le secret.  Ce fut le cas en 1960, lors d’un match à Colombes, où les Anglais obtinrent le match nul contre l’équipe de France, sans doute plus forte que sa rivale anglaise, sur un coup de génie de son ouvreur.  Celui-ci en effet réussit une magistrale percée, suite à une balle perdue en mêlée par les Français, donnant à son centre Weston l’essai du match nul…empêchant la France de réaliser le grand chelem. Sharp  ne comptera que 14 sélections internationales dans sa carrière, mais il laissera le souvenir d’un très grand joueur. En tout cas il m’a beaucoup marqué, puisqu’après Roger Martine ce fut ma seconde idole dans le rugby, celui pour qui je me prenais à cette époque avec un ballon ovale dans les mains.

Un peu plus tard, j’ai eu une profonde admiration pour un autre ouvreur gallois, Barry John, un des plus grands talents que le rugby ait connus,  un demi d’ouverture  qui forma avec l’immortel Gareth Edwards la plus emblématique des paires de demis de l’histoire du rugby. C’est peut-être à lui que je comparerais Wilkinson, si justement je devais faire une comparaison. Barry John fut surnommé The King lors de la tournée des Lions britanniques en 1971 en Nouvelle-Zélande, tellement il fut brillant dans le jeu et au pied. Il a largement contribué à faire de l’équipe galloise du début des années 70 une des équipes du vingtième siècle, au même titre que les équipes de France entre 1958 et 1960, ou encore que celle des  All Blacks en 1987. Barry John avait tout pour lui, et savait absolument tout faire avec un ballon de rugby. Remarquable buteur, il était aussi un génial inspirateur des lignes arrière galloises. Il le démontra par exemple dans les matches contre l’équipe de France en 1971 et 1972.

Dans le Tournoi 1971, à Colombes, c’est Barry John qui réussit à marquer un essai qui devait tout à sa classe, après que son pack eut réussi à ravir la balle sur introduction de Max Barrau, notre demi de mêlée. Avec Barry John à la baguette, accompagné de Gareth Edwards, les Gallois faisaient preuve d’une sérénité, d’un sang-froid et d’une maturité exceptionnelles. La classe de sa paire de demis donnait aux Gallois l’illusion qu’ils étaient imbattables. Et ils l’étaient effectivement,  puisqu’ils remportèrent tous leurs matches du Tournoi des Cinq Nations en 1971 et 1972. Ils l’étaient aussi avec  les Lions, équipe dont l’ossature était entièrement galloise, puisqu’ils remportèrent  en 1971 leur série de tests en Nouvelle-Zélande, développant un jeu qui enchanta tous les observateurs de cette nation phare du rugby mondial.

En 1972, Barry John crucifia de nouveau  les Français en marquant quatre pénalités, mais aussi en déployant une maîtrise sans pareille dans tous les compartiments du jeu. Edwards-John : fera-t-on mieux un jour ? Peut-être pas. En tout cas, s’il y avait eu une Coupe du Monde à cette époque, le Pays de Galles l’aurait à coup sûr emporté au moins une fois. Barry John n’aura jamais été champion du monde, contrairement à Jonny Wilkinson, mais son nom restera à jamais gravé dans la légende du rugby, un sport qu’il a abandonné très tôt (à 27 ans en 1972) alors qu’il était au sommet de son art. Jack Kyle, Cliff Morgan, Richard Sharp, Barry John : voilà une belle galerie de portraits de demis d’ouverture britanniques qui ont brillamment marqué leur époque. Je crois être assez objectif pour affirmer que Jonny Wilkinson a toute sa place dans cette galerie, qui le met en bonne compagnie dans la mémoire des amoureux du rugby, y compris des Français. Et pourtant jamais notre équipe de France n’avait connu pareil bourreau, tant en Coupe du Monde que dans le Tournoi. Nous lui pardonnerons d’autant plus volontiers qu’il est devenu le plus français des joueurs anglais, et qu’il nous aura fait profiter de son talent dans le Top 14 pendant cinq ans. Merci et bravo à Mourad Boudjellal (président du RCT) d’avoir cru en lui en 2009, alors que certains pensaient que sa carrière était finie !

Michel Escatafal


Jonny Wilkinson : tout chez lui n’est qu’ordre et beauté

wilkinson

Partie 1

Ce soir nous connaîtrons le nouveau champion de France de rugby, et même si tout le monde s’accorde à considérer le RC Toulon comme le grand favori de cette rencontre, bien malin qui pourrait prédire à coup sûr cette victoire annoncée, car, évidemment, le Castres Olympique ne se laissera pas faire. D’ailleurs, si certains étaient trop optimistes pour le club de Mourad Boudjellal, le résultat de l’an passé (victoire 19-14 du Castres O.) suffirait à leur rendre une lucidité égarée par la dernière victoire en Coupe d’Europe du RC Toulon. Une victoire au demeurant plus facile à obtenir sans doute que celle permettant de gagner le Bouclier de Brennus, qui reste quand même quelque chose de spécial dans notre pays, ce qui suffit à démontrer que professionnalisme ou pas, le rugby reste quand même le rugby.

Mais le match de ce soir va aussi revêtir un caractère particulier parce que ce sera le dernier de l’ouvreur du Rugby Club  de Toulon, Jonny Wilkinson, vedette mondiale du rugby et du sport tout court, un homme sur qui toutes les fées semblent s’être penchées sur son berceau. D’abord il a tout pour plaire, étant à la fois beau gosse et merveilleux joueur de rugby. Ensuite il a un talent hors-normes. Mais s’il est devenu un extraordinaire joueur, sans doute le meilleur  du nouveau siècle, c’est essentiellement grâce à son travail et son professionnalisme…ce qu’on aurait tendance à oublier, tellement il semble réciter une partition qu’il n’aurait pas eu besoin d’apprendre. Oui, Jonny Wilkinson est un professionnel accompli, qui cherche constamment la perfection sur et hors du terrain (voir la rapidité avec laquelle il a appris notre langue contrairement à tant d’autres joueurs étrangers),  et d’ailleurs si cela n’avait pas été le cas, jamais il ne serait revenu à son meilleur niveau après les innombrables blessures qui ont jalonné sa carrière entre 2004 et 2008. Aucun autre joueur ne se serait relevé de toutes ces difficultés…à moins d’être quelqu’un d’exceptionnel.

Ce mot exceptionnel convient parfaitement à Jonny Wilkinson, véritable icône en Grande-Bretagne,  au point d’être devenu officier de l’Ordre de l’Empire britannique, mais aussi en France à la fois chez les jeunes et les moins jeunes. Ô certes,  il doit bien avoir quelques défauts car c’est un homme, mais ils sont très bien cachés et couverts par une aura comme seuls les plus grands sportifs peuvent en posséder. Et encore pas tous, car son rayonnement est énorme et va bien au-delà de son sport. Certains sportifs sont immenses par leur palmarès et leur apport au sport qui les a fait roi, mais combien passeront à la postérité par l’influence qu’ils auront eu dans la meilleure époque de leur vie ? Sans être méchant, qui oserait comparer par exemple les meilleurs footballeurs de notre temps, malgré tous leurs trophées, avec Jonny Wilkinson dans ce domaine de l’influence ? Personne, bien évidemment, d’autant que lui n’a jamais éprouvé le besoin de s’afficher de manière aussi ridicule que certains de ses pairs, rugbymen ou autres, savent si bien le faire. Il n’a pas besoin de porter un smoking rouge pour paraître élégant parce qu’il l’est naturellement. Quand il parle on l’écoute, et ses propos sont toujours empreints d’intelligence, ce qui là aussi le différencie de la quasi-totalité des autres stars du sport, et plus particulièrement du football.

Cela dit, toutes ces qualités qu’on lui octroie ne nous empêchent pas de souligner son palmarès sportif, un palmarès tellement fourni qu’il aura gagné tout ce qui peut l’être en rugby…surtout si ce soir il devient champion de France. Son parcours en équipe nationale d’Angleterre (91 sélections), sans oublier ses 6 sélections chez les Lions (sélection des meilleurs joueurs britanniques), est remarquable, avec pour point d’orgue une victoire en Coupe du Monde (2003) à laquelle Wilkinson a très largement contribué en marquant 113 points, dont tous les points en demi-finale contre l’équipe de France (24), et en passant le fameux drop qui, dans les dernières secondes de la finale, permit à l’Angleterre de battre l’Australie chez elle, rendant la fierté à l’hémisphère Nord, jugé inférieur au Sud. Il a aussi remporté à quatre reprises le Tournoi des Six Nations, réussissant le grand chelem en 2003, année où il marqua 20 des 25 points de l’équipe d’Angleterre pour assurer la victoire sur une très bonne équipe de France (25-17).

 A un degré moindre, on soulignera le titre de champion d’Angleterre avec son club des Newcastle Falcons en 1998, et bien entendu ses deux victoires en finale de la Coupe d’Europe avec le RC Toulon (2013-2014), club à qui il a donné une notoriété tellement importante que, déjà, les incultes de l’histoire du rugby en font la meilleure équipe de tous les temps. Comme si l’on pouvait comparer les équipes à des époques différentes, et oublier les exploits du FC Lourdes, de l’AS Béziers, du SU Agen et, plus récemment, du Stade Toulousain. Fermons la parenthèse, et notons qu’à titre individuel Jonny Wilkinson a obtenu toutes les distinctions possibles offertes par son sport. Mais comment pourrait-il en être autrement avec les multiples records de points marqués dans le Tournoi des Six Nations, la Coupe du Monde ou les championnats nationaux et européens qu’il a disputés ?

Un dernier mot enfin à propos de Jonny Wilkinson, pour revenir sur les qualités qui lui ont permis d’être devenu ce qu’il est aujourd’hui, malgré ses blessures. D’abord il faut mettre en avant son jeu au pied, tout simplement fantastique et sans faille. Les qualificatifs manquent parfois pour expliciter ce que nous voulons dire, et c’est le cas avec Wilkinson. Gaucher naturel, mais capable de taper avec un égal bonheur ou presque des deux pieds (voir son drop du pied droit en finale de la Coupe du Monde 2003), il a toujours fait preuve d’une extrême régularité dans ses tirs au but, ce qui explique ses statistiques ébouriffantes (1246 points en équipe nationale et avec les Lions en 97 sélections soit presque 13 points par match). Mais Wilkinson, contrairement à d’autres grands ouvreurs-buteurs, n’est  pas que cela, car il sait aussi attaquer. Evoluant au poste de centre à ses débuts, avant de se fixer à l’ouverture, il est capable de conduire parfaitement le jeu d’attaque et de (bien) faire jouer ses partenaires. Et ce qui ne gâte rien, c’est aussi un excellent défenseur, n’hésitant pas à payer de sa personne chaque fois que les circonstances l’exigent.

Certes on lui a reproché à la fin de sa carrière internationale, surtout en Angleterre, des prises de risques insuffisantes, mais ces critiques furent loin de faire l’unanimité, surtout chez nous. Si je dis cela, c’est parce que nombre de Français considèrent que  Jonny Wilkinson fait bien partie des plus grands ouvreurs britanniques de l’histoire, même si certains opéraient dans un style différent. Je ne vais pas en citer beaucoup, mais c’est une occasion de rappeler aux plus jeunes que les Britanniques nous ont offert quelques demis d’ouverture de grande lignée comme l’Irlandais Jack Kyle, le Gallois Cliff Morgan, l’Anglais Richard Sharp ou encore le Gallois Barry John. Que des noms qui nous font rêver, même si pour certains d’entre eux j’en ai surtout entendu parler…parce que j’étais trop jeune pour apprécier leur immense talent.

Michel Escatafal


Le RC Toulon, Nibali et Ancelotti en haut de l’affiche

wilkinsonUn week-end de sport un peu particulier que cette Pentecôte 2013 ! Si je dis cela c’est parce que des évènements importants ont eu lieu dans trois sports parmi les plus médiatisés de la planète. Commençons par le vélo, avec la grosse option prise par Vincenzo Nibali sur la victoire dans le Giro. Le Sicilien est à sa place, dans la mesure où,  avec Contador et Froome, c’est le plus complet des coureurs à étapes. En outre, j’aime beaucoup ce coureur italien pour son tempérament bagarreur et son goût pour l’offensive, qui me fait penser à un autre grand champion que j’ai beaucoup admiré en son temps, Laurent Fignon. Voilà pour le vélo, en espérant pour les rescapés de ce Tour d’Italie que le temps soit moins exécrable qu’il ne l’a été ces derniers jours…ce qui paraît peu probable si l’on en croit les météorologistes.

Ensuite il y a le cas Ancelotti qui fait les grands titres des journaux français et espagnols. Ancelotti veut quitter le PSG pour aller au Real Madrid, afin de remplacer Mourinho, lequel est loin d’avoir réussi au Real Madrid aussi bien que dans les autres clubs où il est passé. Mais au fait, malgré les louanges parfois dithyrambiques qui lui sont adressées depuis qu’il a annoncé son envie de quitter le PSG, est-ce qu’Ancelotti a vraiment été l’homme providentiel qu’attendait le PSG pour lui faire franchir encore plus vite le pas qui le sépare encore des toutes meilleures équipes européennes ? La réponse est loin d’être aussi évidente qu’il n’y paraît, car, avec l’armada dont il disposait, remporter « seulement » un titre de champion de France et aller en quart de finale de la Ligue des Champions est quand même le minimum qu’on pouvait attendre d’un technicien aussi côté que lui. Bien sûr on me dira qu’il a réussi à gérer les egos de grands joueurs comme en possède aujourd’hui le PSG, mais là aussi c’est le moins qu’il ait pu faire, d’autant que les très grands joueurs (Ibrahimovic, Thiago Silva, Lavezzi, Pastore, Lucas ou Motta) ont toujours été titulaires, tout comme d’autres qu’on ne croyait pas aussi fort, comme Matuidi et Sirigu. La preuve, quand on regarde l’effectif parisien, on s’aperçoit que seuls une quinzaine de joueurs ont disputé la plupart des matches au cours de la saison, à savoir Sirigu, Jallet, Alex, Sakho, Silva, Maxwel, Matuidi, Verrati, Menez, Pastore, Lavezzi, Ibrahimovic, et Lucas après son arrivée en janvier, les autres se contentant de bouts de matches ou de remplacer les titulaires absents ou blessés.

Tout cela pour dire que dans le cas Ancelotti, il faut savoir raison garder…sauf à considérer que sans sa présence sur le banc, peut-être qu’Ibrahimovic, Thiago Silva ou Lavezzi ne seraient pas venus. Alors, et maintenant ? Et bien, il finira sans doute par partir au Real, mais ce ne sera pas sans conditions, ni pour lui, ni pour le Real. On peut même imaginer qu’il est un formidable atout dans la manche des dirigeants parisiens pour faire venir à Paris Cristiano Ronaldo ou pourquoi pas un autre grand joueur du Real, ou encore pour faire en sorte que le Real ne marche pas sur les plates-bandes du PSG pour un gros renfort qui ne manquera pas d’arriver à Paris d’ici la fin juillet. De toutes façons, contrairement à ce que de nombreux forumers ou journalistes pensent, cela ne va pas déstabiliser le PSG, car la seule chose qui pourrait le faire ce serait le départ des Qataris, comme l’a rappelé très justement Leonardo…car ils ont l’argent. Or, comme il n’est pas question pour les Qataris de  se désengager, bien au contraire, Ancelotti ou pas sur le banc n’est pas aujourd’hui le plus important, surtout que son remplaçant sera nécessairement un « tout bon ». En plus, compte tenu de l’ampleur du projet parisien et des moyens mis à sa disposition, les entraîneurs de renom ne peuvent qu’être flattés d’être sollicités par le PSG.

Dernière chose, j’ai du mal à accepter les explications affichées ou non d’Ancelotti pour expliquer son envie de départ. Par exemple quand il dit que « le Real est une possibilité », comme s’il voulait nous prendre pour des idiots. De même, quand j’entends dire qu’il a été froissé de  l’impatience manifestée par les décideurs qataris à propos des résultats du club francilien en novembre-décembre, cela me fait doucement rire, dans la mesure où il est parmi les deux ou trois entraîneurs les mieux payés au monde.  Comme l’a fait justement remarquer ce matin le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, il était quand même normal qu’après une série de trois défaites qui hypothéquaient la saison du club, on lui demande des explications. On notera à ce propos que c’est après ces explications que le PSG s’est de nouveau remis sur de bons rails, notamment avec le passage en 4-4-2 qui, à présent, fait la force de l’équipe, et qui a permis à certains joueurs importants de s’exprimer au mieux de leurs possibilités, par exemple Pastore et Lucas.

Passons enfin au sujet que je voulais traiter en priorité, à savoir la victoire du RC Toulon en Coupe d’Europe de rugby, une victoire qui m’a fait un immense plaisir. Pourquoi ? Non pas parce que j’ai une dent contre l’ASM Clermont, mais pour les efforts faits par un homme, Mourad Boudjellal, pour faire évoluer son club en particulier, et le rugby en général vers plus de professionnalisme. Cet homme en effet a apporté au rugby français son savoir-faire industriel, et c’est ce dont le Top 14 avait besoin. Point n’est besoin d’être grand clerc pour savoir que l’évolution du rugby vers plus de professionnalisme est irréversible. Et dans ce cas, il nous faut des grands clubs, comme le Stade Toulousain, l’ASM Clermont, le Racing, le Stade Français ou le RC Toulon, pour ne citer qu’eux, avec des joueurs venus du monde entier qui apportent un plus dans les championnats européens, à commencer par le notre. Il est bien pour le Top 14 qu’il y ait à côté de Dusotoir, Pascal Papé, Fofana ou Michalak, des joueurs comme Mac Allister, Sivivatu, Botha ou Wilkinson. Et c’est bon aussi pour tout le rugby européen, à travers les clubs ou franchises qu’ils soient français, anglais, gallois, écossais ou irlandais, ce qui nous permet d’avoir une Coupe d’Europe de très haut niveau. Et ce qui fait plaisir, c’est de voir que chaque année un club du Top 14 figure parmi les favoris de la compétition ou la gagne, cas ces dernières années du Stade Toulousain, de Clermont et à présent Toulon.

Le RC Toulon, qui a retrouvé en cinq ans son rang de place forte du rugby français (3 fois champion de France en 1931, 1987 et 1992 et 6 fois finaliste entre 1948 et 2012), après être remonté de la Pro D2 en 2008. Une progression extraordinaire…que l’on espère pour le PSG, même si la concurrence en football est largement supérieure. Une progression tellement extraordinaire que l’on a du mal à y croire, et à laquelle personne ne croyait sauf cet homme de défi qu’est Mourad Boudjellal, lequel a beaucoup payé de sa personne et a mis de gros moyens à la disposition du club pour faire venir quelques uns des meilleurs joueurs du monde. Parmi ceux-ci on citera le All Black Tana Umaga, le Sud-Africain Victor Madfield, l’Australien Georges Gregan, un autre All Black, Andrew Merthens, Bakies Botha le pendant de Madfield en deuxième ligne, Sonny Bill Williams qui était en 2008 le meilleur treiziste du monde…et Jonny Wilkinson, le fantastique ouvreur anglais, sans doute un des plus grands joueurs de l’histoire à son poste au même titre qu’un Barry John.

Et si j’insiste pour Wilkinson, c’est parce que Mourad Boudjellal fut sans doute le seul à avoir cru en lui en 2009, après une multitude de blessures qui laissaient penser que le corps de Jonny Wilkinson ne pouvait plus supporter les rigueurs et la dureté du rugby professionnel, après une carrière qui l’avait vu débuter au plus haut niveau en 1997 à l’âge de 18 ans, carrière dont le point d’orgue était un titre de champion du monde pour l’Angleterre, équipe qu’il a longtemps portée à bout de bras, notamment en 2003 lors de la Coupe du Monde en Australie. Je l’admire tellement Wilkinson, que j’ai écrit sur ce site un article où je l’avais qualifié de « plus que parfait ». Et pourtant il fut très souvent le bourreau du XV de France, mais cela démontre simplement que j’aime le rugby et ses grands joueurs…quelle que soit leur nationalité. Fermons la parenthèse pour souligner que Mourad Boudjellal mérite une statue pour avoir su  organiser la résurrection du merveilleux numéro 10 anglais, alors que beaucoup parlaient de lui au passé. Et c’est un juste retour des choses que, grâce à Jonny Wilkinson, le RC Toulon ait remporté samedi le plus beau titre de son histoire, avec cette Coupe d’Europe, victoire qui récompense l’énorme investissement personnel de Mourad Boudjellal pour son club.

Oh certes, Wilkinson n’était pas seul dans cette équipe constellée de stars planétaires du rugby (les frères Armitage*, Giteau, Bastareau, Michalak, Rossouw, Masoe, Fernandez-Lobbe, Botha, Sheridan ou Jenkins), mais  Wilkinson a été tout au long de l’épreuve l’âme de l’équipe, sorte d’assurance tous risques pour une formation qui savait pouvoir compter presque à 100% sur son ouvreur-buteur. La preuve, nous l’avons dans le fait qu’un point seulement séparait les deux équipes de Toulon et Clermont en finale, point que l’on trouve dans une transformation manquée par Parra sur un des deux essais clermontois, alors que Wilkinson a fait de nouveau un sans-faute dans les tirs au but. Et puisque je parle des deux buteurs, comment ne pas être confondu devant le match ô combien décevant du demi de mêlée clermontois, joueur dont j’ai toujours dit qu’il était surtout un excellent buteur, alors que Wilkinson fut non seulement remarquable buteur dans cette finale européenne, mais aussi excellent dans le jeu. Là est toute la différence entre un très bon joueur, Parra, comme il y en a beaucoup en France, et un très grand joueur, Wilkinson, comme il y en a très peu dans le monde, ce qui lui a valu le trophée du meilleur joueur européen, même si pour ma part je n’accorde qu’une valeur très relative à cette distinction…indiscutable cette année.

Un dernier mot enfin pour saluer un autre personnage qui fut pour beaucoup dans cette victoire européenne du RC Toulon, Bernard Laporte. Autant je n’appréciais guère le ministre des Sports qu’il fut, autant en revanche on ne peut que le féliciter d’avoir aidé le club toulonnais à grandir. Laporte a certes échoué dans la conquête du titre mondial en 2007, mais à côté de cet échec que de succès à la tête de l’équipe de France (4 victoires dans le Tournoi dont 2 grands chelems) entre 2000 et 2007) ou du Stade Français (champion de France 1998) ! Je crois qu’il fallait le dire, d’autant que le contraste est frappant entre son palmarès et celui de ses prédécesseurs ou successeurs en club ou en équipe de France. D’ailleurs qu’a-t-il manqué au XV de France en 2003 ou 2007 pour ne pas être champion du monde ? Simplement un Jonny Wilkinson . Imagine-t-on une paire de demis composée de Galthier ou Michalak associés à Wilkinson en 2003 ou une paire Elissalde-Wilkinson en 2007 ? Oui, dans ce cas la France aurait été imbattable.  Après tout ce n’est pas la faute de Laporte si Wilkinson est né anglais ! Reste à présent à B. Laporte et à Jonny Wilkinson à réaliser le doublé Top 14 et Coupe d’Europe avec leur club du RC Toulon, inédit pour un club français. Même le Stade Toulousain n’y est jamais parvenu, c’est dire ! Pour être franc, je pense que le Stade Toulousain de Guy Novès et J.B. Elissalde a les meilleures chances de remporter cette année, et une nouvelle fois, le fameux Bouclier de Brennus, à moins que Wilkinson…

Michel Escatafal

*A propos de Delon Armitage, certains se sont offusqués de son geste vis-à-vis de Brock James alors qu’il filait à l’essai. Ceux-là ne connaissent pas l’histoire du rugby. Il suffit de se rappeler, par exemple, le geste de J.P. Bastiat en demi-finale du championnat de France 1973, où l’on vit l’immense avant dacquois aplatir un essai au milieu des poteaux en narguant les joueurs biterrois de la grande époque, vaincus sur le score de 23-3 ! Ce geste ne porta pas bonheur à l’US Dax qui perdit, contre toute attente, sa cinquième finale contre le Stado Tarbais (12-18).


Un week-end de sport heureux…mais gâché par l’arbitrage

SoroTout d’abord je voudrais donner une information importante à mes lecteurs…parce qu’ils ne la liront pas nécessairement, pour nombre d’entre eux, sur les journaux ou les sites sportifs : la finale du championnat de France de rugby à XIII opposera Pia à Saint-Estève XIII Catalan le 5 mai prochain. Deux clubs du Roussillon qui vont s’affronter au stade Gilbert Brutus à Perpignan, ville dont je rappelle aussi qu’elle abrite le club phare du XIII en France, les Dragons Catalans, lesquels ont le droit de participer au championnat anglais, et s’y comportent d’ailleurs fort bien, puisqu’ils sont à ce jour cinquième au classement de cette Ligue. Et oui, c’est dommage, mais en France on a le plus souvent les informations sur le rugby à XIII « qu’en tout petit » dans la presse.

Passons à présent sur quelques évènements de ce week-end, en commençant par la victoire du PSG sur Evian-TG à Annecy. Qu’y-a-t-il d’extraordinaire allez-vous me dire sur cette victoire parisienne, qui est tout de même normale, vu la différence présumée de niveau entre ces deux clubs ? J’ai dit présumée, car ETG a éliminé la semaine dernière le PSG en Coupe de France, mais la Coupe n’était clairement pas la priorité du PSG, du moins de ses joueurs, lesquels voulaient surtout obtenir le titre de champion de France. Quant aux dirigeants et au staff technique du club haut-savoyard, j’ai comme l’impression qu’ils ne savent pas réellement choisir leurs objectifs. Si je dis cela c’est parce que je pense qu’au lieu de dépenser une tonne d’énergie à essayer de battre le PSG, tant en Coupe qu’en championnat, il aurait mieux valu qu’ils se concentrent sur leur maintien en Ligue 1, lequel du fait de cette nouvelle défaite est de plus en plus compromis. Il est vrai que dans notre pays on aime bien, l’espace d’un match, montrer que « le petit » peut rivaliser avec « le gros », surtout s’il a beaucoup d’argent…quitte à tout sacrifier, et notamment l’essentiel.

En France, en effet, avoir des moyens est très mal vu, y compris dans le football, ce qui explique la haine de certains spectateurs et amateurs de football, lesquels n’hésiteront pas à enregistrer avec satisfaction le comportement assez stupide d’un arbitre en mal d’autorité. Et hier, force est de constater que l’arbitrage du match ETG-PSG a été affligeant, allant jusqu’à mettre un carton rouge à Beckham pour une faute qui méritait à peine un jaune, sans parler de l’expulsion de l’adjoint d’Ancelotti et celles d’après-match sur Khlifa et Sirigu…qui était au vestiaire. Pour Verratti, c’était en revanche plus justifié, même si je ne suis pas de ceux qui confondent une agression sur un joueur et des mots. Mais sur ce plan, comme le dit Ancelotti, il devait être attentif ayant déjà eu un carton jaune. Il faut impérativement que le jeune milieu italien se calme, sous peine de ne pas devenir l’immense joueur qu’il promet d’être. Belle pioche du PSG quand même !

Belle pioche aussi avec Pastore, qui finit sa saison en boulet de canon. Au moins, il aura fait taire tous ceux qui ne cessaient de parler à son propos de 42 millions d’euros…sans savoir exactement si c’est bien 42 millions qu’il a coûté. En outre, l’air des Alpes semble lui convenir à merveille, ce qui est normal vu ses origines italiennes, puisqu’il a marqué 3 buts à Evian TG depuis l’an passé. Mais quel joueur va être ce Pastore d’ici deux ou trois ans, quand il aura atteint sa pleine maturité! De plus, lui n’a pas été sanctionné par l’arbitre de la rencontre, ce qui est une forme d’exploit au vu de la distribution à laquelle s’est livré ledit arbitre. Trois ou quatre cartons rouges (je ne sais plus), y compris certains à la fin du match, sans parler d’ailleurs des erreurs en cours de match…presque toutes en défaveur du PSG.  Tout cela paraissait d’un ridicule incroyable, et ne fait pas la grandeur d’un championnat qui, pourtant, veut s’imposer parmi les meilleurs du continent.

Certains vont dire que si Lavezzi et Ibrahimovic avaient fait preuve d’un peu plus de réalisme, tout cela ne serait sans doute pas arrivé. Certes, mais le rôle d’un arbitre n’est pas d’être la personne dont on parle le plus dans un match de haut niveau. Or, qu’a-t-on retenu de cette rencontre ETG-PSG, sinon les erreurs et les sanctions infligées par un arbitre dépassé ? Dommage, car j’ai trouvé que le but de Pastore méritait d’être mis en exergue, comme l’action où Lavezzi manque l’immanquable. Cela étant, encore une fois, ce qui me gêne le plus dans tout cela est cette haine anti PSG, comme sans doute on ne l’a jamais ressentie dans le championnat de Ligue 1 depuis des lustres. J’ai lu en effet qu’un spectateur racontait, qu’ayant assisté au match, il avait l’impression que les spectateurs présents n’étaient pas vraiment des supporters de l’équipe d’Evian, mais plutôt des gens qui étaient d’abord anti-parisiens. Hélas, je reconnais bien là le pays dans lequel je suis né !

Passons au rugby à présent pour noter que le Top 14 est bien le meilleur des championnats européens. La preuve, ce sera une finale de Coupe d’Europe 100% française, avec le RC Toulon et l’ASM Clermont. Une belle finale à vrai dire entre les deux premiers de notre championnat, chacune de ces deux équipes étant composée à la manière du PSG, avec un nombre conséquent de joueurs étrangers. La différence aux yeux des nombreux non-sportifs qui peuplent les forums venant du fait que les capitaux, infiniment moindres toutefois, ne proviennent pas du Qatar. Du coup, curieusement le nombre d’étrangers dans ces deux équipes ne gêne personne ! Cela étant, on devrait assister à un grand match à Dublin, pour cette finale européenne entre deux formations ayant de très nombreux atouts pour s’imposer. Deux gros packs vont s’affronter, avec des joueurs à la fois très forts et très expérimentés. Et derrière ce ne sera pas mal non plus, avec côté clermontois  Sivivatu, Nalaga, Rougerie ou encore le meilleur joueur français du moment, Fofana, sorte de Philippe Sella des temps modernes, et de l’autre Michalak, Giteau, Bastaraud et bien sûr l’incomparable Jonny Wilkinson, qui prouve à 33 ans qu’il est encore au sommet de son art, comme en témoigne sa réussite au pied mais aussi son influence sur le jeu toulonnais. Bravo à Mourad Boudjellal pour avoir cru en lui quand plus personne n’y croyait, et pour l’avoir convaincu de rester un an de plus sur la rade.

Un dernier mot enfin pour noter la disparition de Robert Soro, appelé le « Lion de Swansea », tellement il avait été brillant lors de la première victoire du XV de France contre le Pays de Galles (qui jouait alors à Swansea), décédé hier à l’âge de 90 ans. Il a été 21 fois international à la fin des années 40. Son gabarit était imposant pour l’époque (1.85m et 110 kg), et il jouait deuxième ligne. Il avait surtout fait carrière au F.C. Lourdes, avec qui il fut finaliste du championnat de France en 1945, battu par le SU Agenais (7-3) à la surprise générale parce que les Agenais avaient subi une sévère correction en poule de quatre (une trentaine de points d’écart), en raison notamment de la terrible puissance du pack lourdais, où figurait, outre Soro et son frère (3è ligne), un certain Jean Prat. Cette puissance ne fut cependant pas suffisante en finale pour annihiler les velléités du S.U. Agenais qui, après avoir été rapidement mené par un essai du troisième ligne centre Augé, se refit une santé en deuxième mi-temps pour marquer un drop et un essai transformé, mais aussi en profitant du manque de réussite de Jean Prat dans ses tirs au but.

Si j’évoque longuement cette finale, c’est également parce que cette défaite  inattendue du F. C. Lourdais provoqua dans les rangs de cette équipe une prise de conscience, qui allait lancer le grand Lourdes vers les sommets du rugby français. Jean Prat notamment, bien que très jeune à l’époque, ayant constaté à ses dépens  que la seule force d’un paquet d’avants, aussi puissant soit-il, n’était pas suffisante pour s’imposer face à un adversaire déterminé. Confirmation en fut apportée l’année suivante en finale face à Pau (défaite 11-0), qui déclencha le grand virage dans l’organisation lourdaise, avec un jeu à la fois mobile et complet où les trois-quarts apportaient leur pierre à l’édifice. Tout cela entraînant le départ des frères Soro, autour desquels s’articulaient toutes les combinaisons du pack. Cela n’enlève rien au mérite des frères Soro, ni à la grande classe dont a toujours fait preuve Robert Soro. Nul doute qu’au paradis des joueurs de rugby, Robert Soro et Jean Prat (décédé il y a 8 ans) sauront parler de cette révolution dans le jeu lourdais il y a plus de 65 ans.

Michel Escatafal


Gauchers de génie dans le sport – partie 2 (rugby)

Je vais aborder à présent  un sport où les gauchers ont une influence d’autant plus importante sur le jeu, que les points marqués le sont toujours très souvent avec les pieds. Il s’agit évidemment du rugby. Ceux que j’ai choisis, un peu par hasard, me font penser à certains moments bien particuliers de ce jeu, que nous sommes très nombreux en France à aimer avec passion. Pour commencer je veux évoquer Michel Vannier (photo), un joueur très controversé à l’époque, qui fait resurgir des souvenirs à la fois heureux et douloureux. Heureux grâce aux victoires du XV de France, auxquelles il a largement contribué avec ses mains et son pied gauche, douloureux en raison d’une vilaine blessure qui l’a éloigné des terrains pendant un an, après avoir risqué l’amputation.

Tout d’abord il faut préciser que Michel Vannier était déjà un cas avant même qu’il ne fût connu, parce qu’il était né à Etain dans la Meuse, un département où rares sont les joueurs de rugby passés à la postérité. Cela dit, Vannier était un joueur extrêmement doué, comme en témoigne le fait qu’il ait été lauréat du Concours national du jeune rugbyman, avant de devenir international juniors dans la même équipe qu’André Haget, Vincent Cantoni, André Save et Jean Barthe, qui furent par la suite internationaux à XV et à XIII. Comme en témoigne aussi le qu’il ait été international militaire d’athlétisme sur 100m et 200m, ce qui explique son extrême rapidité. Mais c’était aussi un remarquable buteur, ayant marqué avec son pied gauche plus de 180 points pour l’Equipe de France. Les plus anciens ont encore en mémoire ce formidable coup de botte qui lui permettait  de passer des drops de 50 mètres et de s’en servir pour dégager son camp et soulager son équipe.

Bref, un très grand arrière comme le rugby français n’en a peut-être jamais eu d’aussi complet, même s’il fut très critiqué chez nous alors qu’il était unanimement apprécié par les Britanniques, lesquels le considéraient comme le meilleur arrière du monde! Dommage qu’il ait perdu presque deux ans de rugby au plus haut niveau, ayant été blessé gravement lors de la tournée en Afrique du Sud en 1958, victime de son courage qui lui valut une rupture des ligaments de son genou droit, l’action dans laquelle il subit sa blessure ayant permis à son équipe d’éviter un essai. Après une longue rééducation, Brin d’Osier, comme on l’appelera plus tard, réintègra naturellement le XV de France (en 1960). Et, à l’occasion d’un fameux France-Afrique du Sud en février 1961, il réalisa une prestation qui lui valut d’être porté en triomphe et de recueillir l’admiration de ses adversaires. Ce chef d’oeuvre avait d’autant plus de valeur pour lui, que c’est contre des Sud-Africains ( Natal) qu’il fut victime de sa grave blessure à Springs.

A peu près à la même époque, je veux aussi évoquer un autre arrière encore plus oublié que Vannier…parce qu’il était roumain. Il s’appelle Alexandru Penciu, et aurait sans aucun doute fait une belle carrière au niveau international s’il était né dans un grand pays de rugby, une carrière qu’il acheva en 1974 à l’âge de 41 ans, après être devenu un joueur légendaire de l’équipe de Roumanie. Même si sa réputation n’a pas l’éclat qu’elle aurait mérité, en raison du peu de contacts internationaux que son équipe nationale entretenait avec les grandes nations du rugby, elle a quand même traversé les frontières de son pays, grâce  aux matches que l’équipe de Roumanie jouait chaque année contre le XV de France. En 1960, par exemple, alors que le XV de France était tout auréolé de son tournoi victorieux, les Roumains lui infligèrent une cruelle défaite (11-5) à Bucarest, en grande partie à cause du pied de Penciu qui réussit deux drops et une transformation.

Il n’avait pas les dons de Vannier, mais c’était un remarquable arrière quand même, assez rapide  pour qu’on lui confiât un certain temps le rôle d’ailier, et de surcroît excellent buteur. D’ailleurs, c’est sur une pénalité de Penciu que la Roumanie battit de nouveau l’équipe de France le 11 novembre 1962. L’année d’après, le 15 décembre 1963, ce même Penciu réussit le drop qui permit à l’équipe de Roumanie d’arracher le match nul au XV de France. Un peu plus tard il deviendra le capitaine de cette équipe roumaine que le XV de France battra 8-3 en novembre 1965. Il opèrera au poste d’ailier, face à Darrouy en novembre 1966 à Bucarest (9-3 pour la France), marquant de nouveau les points roumains sur pénalité.  L’année suivante, en décembre 1967, ayant retrouvé son poste d’arrière, il inscrira les trois points de son équipe grâce à une pénalité, insuffisants toutefois pour empêcher la défaite de son pays (11-3). Ce sera la dernière fois qu’il rencontrera l’équipe de France, un pays qu’il retrouvera entre 1978 et 1980, pour entraîner l’équipe de l’US Oyonnax.

Mais  Penciu s’est aussi fait connaître en Grande-Bretagne, où son équipe de club, le Steaua de Bucarest, rencontra lors d’une tournée en 1955 les équipes galloises de Swansea (victoire 19-3) et de Cardiff à l’Arms Park (défaite 6-3), devant une foule digne de celle du Tournoi, et l’équipe anglaise des Harlequins, qui fut tenue en échec par le Steaua (9-9). Ces trois matches permirent aux Britanniques de se faire la même opinion sur Penciu que celle qu’avaient les Français, lesquels le considéraient comme un des meilleurs arrières du monde. Cela lui valut aussi d’être surnommé dans son pays «Alexandre le Grand », sans que les Britanniques trouvent l’appellation exagérée. Il est vrai qu’avec le Steaua, Penciu a remporté dans son pays cinq titres de champion national, et neuf Coupes de Roumanie. Tous ces titres en ont fait naturellement un élément incontournable de l’équipe de Roumanie, dont il a porté à 37 reprises les couleurs entre 1953 et 1967. Comme je l’ai écrit précédemment, son coup de pied était d’une longueur remarquable, ce qui lui permettait de tenter des drops de très loin, comme lors d’une finale du championnat de Roumanie (en 1964) contre l’autre grand club de l’époque, le Grivita Rosie Bucuresti, où il botta avec son pied gauche un drop phénoménal de 55 mètres, permettant d’assurer le succès de son équipe (6-0). En fin de carrière, il partit jouer et entraîner le club de Rovigo en Italie, devenant de ce fait le premier grand joueur roumain à évoluer à l’étranger.

Dans les années 70, il y eut en France un autre joueur qui n’a pas fait la carrière internationale qu’il méritait, le Biterrois Henri Cabrol, que l’on a appelé « Monsieur Finale », tellement il paraissait transcendé chaque fois que son club, l’AS Béziers, arrivait en finale du championnat de France…ce qui était une habitude (7 fois avec Cabrol à l’ouverture pour 6 titres). Lui aussi disposait d’un pied gauche de très grande qualité, avec une longueur et une précision remarquable, ce qui ne l’empêchait pas d’être aussi un très bon leader d’attaque. Cet ensemble de qualités aurait dû lui valoir de porter à de nombreuses reprises le maillot frappé du coq, ce qui ne fut pas le cas pour des raisons que tout le monde (ou presque) ignore, d’autant que le XV de France a compté jusqu’à sept Biterrois en équipe de France en 1972. Cela étant, bien que ne comptant que six capes d’international, Cabrol restera à jamais comme un des meilleurs demis d’ouverture de notre rugby. Et si quelqu’un en doutait, il suffit de se rappeler son drop plein de sang-froid à la toute dernière minute de la finale du championnat de France en 1974, privant ainsi le R.C. de Narbonne et Walter Spanghero d’un titre cent fois mérité. Tous ceux qui ont vu le match se rappellent de cette touche avec lancer narbonnais, chipé par Palmié et dévié sur Astre, qui d’une longue passe transmet à Cabrol, lequel au milieu de quatre Narbonnais tape un drop dans la foulée (du pied gauche) qui passe très haut au milieu des poteaux, plongeant dans le malheur des Narbonnais qui se voyaient déjà en train de soulever le bouclier de Brennus.

Plus près de nous, les deux autres gauchers dont je voudrais parler, l’Anglais Wilkinson et le Néo-Zélandais Dan Carter,  sont deux des plus grands ouvreurs de l’histoire du rugby, en même temps que les deux meilleurs buteurs de tous les temps, du moins pour le nombre de points marqués en match international, car rien ne dit qu’ils sont supérieurs à ce que furent Puig-Aubert (années 40 et 50), Don Clarke (années 50 et 60) ou Grant Fox (années 80 et 90). J’ai déjà longuement écrit sur Jonny Wilkinson, l’actuel ouvreur toulonnais, notamment dans un article où je l’avais appelé Le plus que parfait.  J’aurais aussi pu écrire la même chose sur Dan Carter qui, lui aussi, a su se faire apprécier des Français, mais sur un temps beaucoup plus court, puisque malheureusement pour lui, il n’a joué que cinq matches en raison d’une grave blessure (rupture partielle du tendon d’Achille) contractée au début de son séjour à Perpignan, lors d’un match au Stade de France entre l’USAP et le Stade Français. Depuis il s’est parfaitement  remis et a repris le cours de ses exploits avec les All Blacks, devenant même champion du monde l’an passé, bien qu’ayant été blessé pendant la Coupe du Monde. C’est un joueur comme Wilkinson, doué d’un jeu au pied remarquable, mais aussi excellent joueur de ballon. Bref, un demi d’ouverture comme nous aimerions en avoir un en France.  En attendant il nous reste l’espoir de le voir revenir chez nous, ce à quoi semble s’activer le Racing Métro. Tant mieux s’il vient en 2013, car cela nous fera avec Wilkinson et un autre All Black, McAlister,  un trio d’ouvreurs comme aucune autre ligue n’en a sur la planète rugby.

Michel Escatafal