Le PSG tutoie le Gotha européen, n’en déplaise à J.M. Aulas

aulasCette fois la saison de football est bien lancée, en France et ailleurs. Ailleurs parce que même si plusieurs grands championnats n’ont pas repris, il y a les diverses coupes européennes ou nationales pour les occuper. Ainsi on a assisté hier soir à une des plus grosses surprises de ces dernières années, avec la lourde chute du FC Barcelone en finale de la Super coupe d’Espagne contre l’Athletic Bilbao (4-0 et 1-1). Preuve que le football n’est pas une science exacte, preuve aussi que le Barça ne peut pas forcément se passer impunément d’un de ses trois attaquants (Messi, Neymar et Suarez). Cette fois c’était Neymar qui était absent, mais c’est la même chose si c’est Messi et même Suarez. Ce qui est amusant c’est de voir la réaction des forumers français, trouvant presque normal que le Barça soit battu sans un de ses atouts majeurs, alors qu’ils ne soulignent jamais l’absence conjointe de Verratti, Motta, David Luiz et Ibrahimovic lors des confrontations entre le PSG et le FC Barcelone en ¼ de finale de la Ligue des Champions au printemps. Cela étant, chacun sait que dans notre pays on préfère soutenir le « gentil » Barça au « vilain » PSG, dont le principal défaut est d’être très riche…grâce aux capitaux du Qatar. Ah, la France et les Français ! Quel pays sommes-nous devenus ? Au fait, personne n’est choqué parmi ces pseudo supporters du Barça, profondément anti-PSG, de voir écrit sur le maillot de Messi et ses copains « Qatar Airways »!

Passons, et voyons à présent ce qui se passe chez nous dans notre bonne vieille Ligue 1. Déjà, on observe que le « méchant » PSG, est en tête du championnat après deux journées. Normal disent les nombreux détracteurs du club parisien, puisqu’ils ont un budget de 3 à 50 fois supérieur à celui de ses adversaires. Il a en effet nombre de joueurs de classe mondiale comme Ibrahimovic, Cavani, Pastore, Lucas, Matuidi, Verrati, Motta, Thiago Silva, David Luiz, Marquinhos, Maxwell et Aurier, et j’en oublie peut-être. Evidemment cela fait riche un tel effectif, surtout quand en plus on le renforce avec un des tous meilleurs joueurs de la dernière Coupe du Monde et de la Copa America, l’Argentin Di Maria. Là c’est le trop plein pour nos braves franchouillards, qui n’acceptent pas que les stars du ballon rond appartenant au PSG touchent entre 5 et 15 millions d’euros par an. On a même des remarques du style : « C’est une honte de donner autant d’argent à des types qui tapent dans un ballon » ! Comme si les joueurs du Real, du Barça, de Chelsea, des deux Manchester ou du Bayern ne touchaient pas des sommes de cet ordre ! Oui, certes, mais nous sommes en France, et 75% de gens préfèrent une victoire du Barça contre le PSG…ce qui est hallucinant.

Ce qui l’est encore plus, c’est que ces gens sont tellement haineux, à force sans doute d’être malheureux de leur sort individuel, qu’ils se répandent en grand nombre au moindre article sur le PSG, allant même jusqu’à regretter qu’on parle autant du club parisien. On pourrait leur rétorquer que s’ils n’aiment pas les articles sur le PSG, le mieux serait qu’ils ne les lisent pas. Mais cela semble au-dessus de leur compréhension. Ce qui est aussi incompréhensible, et je doute que cela existe ailleurs à ce point, c’est de reprocher à un joueur d’être né…à Marseille. Si j’écris cela c’est parce que dimanche soir, Stambouli, natif de la cité phocéenne, a été sifflé par des soi-disant supporters du PSG à son entrée sur le terrain. Ahurissant de bêtise et de stupidité ! C’est aussi ça la France ! Certes les siffleurs étaient sans doute une minorité, du moins il faut l’espérer, mais c’est quand même un signe que notre pays va très mal, beaucoup plus qu’on ne l’imagine. Les gens du Qatar doivent quand même être interloqués devant  « une (telle) inertie mentale qui se manifeste à la fois dans les actes et les propos », pour parler comme Théophraste.

Heureusement pour ces gens, pour ces Français à l’étroitesse d’esprit bien ancrée, ils ont leur héraut en la personne de l’ineffable J.M. Aulas, l’homme qui voulait récupérer les points perdus contre le RC Lens (par le biais d’un dépôt de bilan du club artésien) pour que son club, l’Olympique Lyonnais, ait quelques chances supplémentaires d’être champion de France 2014-2015. Imaginons Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, faire la même démarche? Quel tollé de la part des franchouillards, chacun y allant à son tour à propos des « valeurs », mot que l’on brandit allègrement…sans en connaître le sens (même Thauvin !!! a employé ce mot à propos du PSG)  ! Problème, le président du PSG a la classe des grands dirigeants, et jamais on ne le verra se livrer à ce genre de bassesse. Lui ne s’occupe que de son club. Mieux même, il ne cherche pas à recruter les meilleurs joueurs de ses concurrents nationaux, ce qu’il pourrait facilement faire vu les moyens dont il dispose, pour les affaiblir. Non, il respecte tout le monde, se contentant de vouloir à tout prix remporter la Ligue des Champions le plus rapidement possible, rêve absolu des investisseurs qataris, parce que ça installerait définitivement leur club dans le Gotha européen. La marque PSG, qui a déjà tellement évolué depuis 2011, serait à ce moment au niveau de celle des clubs historiques, type Real, Barça ou Manchester United, la différence de palmarès étant quasiment gommée par la notoriété de Paris, troisième destination le plus visitée au monde.

Cela d’ailleurs J.M. Aulas ne semble pas le comprendre, aveuglé par son envie d’être plus important qu’il n’est… ce qui est tellement français. Des Français qui évidemment apprécient son esprit gaulois, qui le porte à affirmer qu’il refuse de s’incliner devant le pouvoir de l’argent, symbolisé par le PSG. Et encore a-t-il de la chance J.M. Aulas que l’Olympique de Marseille, seul club français à avoir remporté la C1, soit devenu un club en proie à de grosses difficultés économiques, malgré la fortune personnelle de son actionnaire, laquelle aimerait bien vendre son club…si elle trouvait un acheteur. Mais qui voudrait acheter l’Olympique de Marseille ou l’Olympique Lyonnais ? Marseille ou Lyon ne sont pas des villes connues dans le monde entier (Bordeaux l’est davantage), et la France n’est pas une terre d’accueil facile pour des investisseurs étrangers, surtout pour le football, en raison d’une fiscalité hautement dissuasive. Résultat, si la notoriété de Paris permet de dépasser ce handicap, qui s’ajoute à une passion moindre pour le football en particulier et le sport en général, ce ne peut pas être le cas pour Lyon ou Marseille. Du coup, à part le PSG qui est sur une autre sphère, tous les autres clubs français sont condamnés à vivoter et à être des clubs moyens sur le plan européen, formant des joueurs pour les vendre plus tard. Et ce n’est pas avec son « grand stade » que l’Olympique Lyonnais pourra combler l’immense fossé qui le sépare des plus grands clubs de la planète.

Ce stade d’abord il faudra le payer, et le club d’Arsenal sait que ce n’est pas une mince affaire, même pour un club londonien. Il n’y a guère que les supporters lyonnais, idolâtrant leur « très grand président », pour croire que ce fameux stade va générer des revenus tels que l’Olympique Lyonnais va très vite se retrouver dans une situation financière florissante. A ce propos, on peut aussi noter que les Qataris ont très bien négocié leur arrivée à Paris, en obtenant très rapidement la gestion exclusive du Parc des Princes pour les 30 prochaines années à partir de 2014, contre un loyer fixe de 1 million d’euros annuel plus des bonus, ce qui leur permettra de pouvoir achever les travaux de rénovation commencés depuis l’an passé, avec pour objectif de disposer d’une enceinte de 60.000 places, voire même plus, après 2016. De quoi faire enrager encore davantage J.M. Aulas, qui en est réduit à payer en plusieurs fois des transferts de l’ordre de…5 millions d’euros, et à transférer son « futur Samuel Eto’o » à Tottenham (N’jie). Au fait, combien de temps gardera-t-il Fekir, «  »son nouveau Messi », ou encore Lacazette, l’homme qui vaut plus de 100 millions d’euros, puisqu’il est « bien meilleur » que Gareth Bale ? Certes, il est quelque peu revenu sur ces déclarations, mais quand il les a faites, cet hiver ou au printemps, il n’avait pas l’excuse de la canicule de juillet.

Un dernier mot enfin, pour dire que je n’ai rien contre Monsieur Aulas, qui a fait du très bon travail à Lyon pour son Olympique Lyonnais, mais il gagnerait à faire preuve de plus de mesure, voire de modestie, ce qui lui permettrait de se réjouir de voir le PSG atteindre un niveau de notoriété tel que toute la Ligue 1 en profite. Qui aurait imaginé il y a cinq ou dix ans qu’on connaîtrait notre championnat en Thaïlande ou en Indonésie, voire même en Amérique du Nord? J.M. Aulas aime incontestablement la lumière, mais la lumière qu’il veut se créer semble l’aveugler au point parfois de perdre toute notion de bienséance. En outre, qu’il arrête ses tweets de gamin attardé, car ce n’est pas digne de quelqu’un comme lui. C’est bien de vouloir faire moderne, mais J.M. Aulas a 66 ans, un âge où généralement on est devenu sage. Cela étant, comme l’a écrit Pierre-Claude Nivelle de la Chaussée, « d’âge en âge, on ne fait que changer de folie ».

Michel Escatafal

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Le PSG, ce nouveau riche dérangeant…

uefaAujourd’hui je ne vais pas trop me fatiguer pour écrire un article (le trois cent unième), car je vais reprendre presque  intégralement une réponse que j’ai faite à propos d’un billet de Bruno Roger-Petit (Sport 24) sur le Fair Play Financier. Au passage je précise que c’est le seul forum sur lequel je glisse quatre ou cinq fois par an une réponse, tellement les interventions sur lesdits forums sont affligeantes de bêtises et font ressortir le manque de culture de la plupart des intervenants. C’est la raison pour laquelle j’en profite pour dire que sur mon site les commentaires sont sélectionnés, ce qui évite d’y lire poncifs et stupidités.

Fermons cette longue parenthèse introductive et parlons de nouveau de ce ridicule Fair Play Financier, tant vanté par Michel Platini, qui montre à quel point l’UEFA est influencée par les suggestions des clubs historiques, avec une mention spéciale pour le Bayern Munich, qui a beaucoup de mal à accepter l’irruption du PSG parmi les « grands d’Europe ». Et pourtant le PSG est un club sans problème, sans dette, bref un club que les Allemands devraient apprécier…s’il ne devenait pas un rival encombrant. Il est vrai que dans notre singulier pays, certains soi-disant amateurs de foot préfèrent les clubs étrangers, et ils sont plus nombreux qu’on croit. Il y en a même qui, sur les forums, disent « nous » (ridicule!!!) en parlant de Manchester United, du Real, du Barça, d’Arsenal ou de la Juventus, ce qu’ils ne font jamais ou presque pour les clubs de Ligue 1.

Amusant comme les Français n’aiment pas le PSG! J’ose espérer que ce n’est pas parce que les ressources de ce club proviennent de l’étranger. D’ailleurs ce ne serait pas logique, car l’actionnaire majoritaire de Manchester Utd est américain. J’ose espérer aussi que ce n’est pas parce que le PSG est un club opérant en Ligue 1, ce championnat tellement décrié…par les Français. Il paraît que le niveau y est très bas, et le spectacle très souvent nul. Pour le spectacle je veux bien, même si quelques clubs (Lorient par exemple) jouent un joli football, mais la Ligue 1 est loin d’être un championnat aussi facile qu’on le dit, et j’en ai pour preuve les difficultés qu’ont connues des joueurs comme Moutinho ou Falcao, ce dernier marquant beaucoup moins à Monaco qu’auparavant à l’Atlético Madrid.  Autre preuve, le jugement de Carlo Ancelotti, qui est mieux placé que quiconque pour apprécier la difficulté de notre championnat, lui qui, avec son armada de vedettes, avait dû subir la loi de Montpellier pour sa première demi-saison au PSG.

Certes les clubs français ont eu le tort de négliger la Coupe UEFA, seule la LdC les intéressant…parce que beaucoup plus lucrative. Mais il faut aussi comprendre les dirigeants de nos clubs, très étroitement surveillés par la DNCG, ce qui n’est pas le cas partout. Il y a aussi les différences de charges fiscales etc. Tout cela pour dire qu’en France, contrairement à d’autres pays, la plupart de nos clubs de Ligue 1 jouent chaque année pour leur survie avec le risque de descente en Ligue 2, ce qui explique les tactiques défensives de nombre d’équipes. Et oui, un club qui perd de l’agent et qui est trop endetté en Ligue 1 subit les foudres de la DNCG!

Le PSG (comme Manchester City) n’a évidemment pas ce type de problème, parce que son actionnaire est richissime…ce qui dérange les clubs « historiques ». On a toléré un temps l’irruption de Chelsea, mais on ne veut pas que le phénomène se répande trop, car la très lucrative Ligue des Champions paraît être une chasse gardée. Et il ne faut pas que le gâteau soit partagé en trop de parts, d’autant que cela pourrait donner des idées à d’autres investisseurs argentés. Pourtant le football y gagnerait, sachant que dix ou douze prétendants à la victoire en LdC ce serait mieux que trois ou quatre.

On me fera remarquer que l’AS Monaco en 2004 a été finaliste de la LdC contre le FC Porto. Certes, mais c’était en 2004. On me fera aussi remarquer que l’Atlético Madrid a été finaliste cette année, mais on oublie que l’Atlético ne pourrait pas opérer en Ligue 1 en raison de ses dettes. En revanche l’Atlético Madrid n’a pas l’air pour le moment dans la ligne de mire de l’UEFA, pas plus que les clubs russes qui offrent des salaires extraordinaires aux joueurs, en ce qui concerne le fameux FPF. Manchester United n’y est même pas du tout, ce qui lui a permis de dépenser  200 ou 250 millions pour se renforcer (bravo le FPF!), malgré ses dettes, alors que le PSG, qui n’a pas de dette, n’a pas le droit de dépenser…son argent. Pire encore, si un équipementier octroie 100M d’euros à un club comme Manchester United c’est normal. Si le PSG reçoit de l’argent d’un très gros sponsor, on le divise par deux. Encore bravo!

Un dernier mot enfin : comment le PSG (ou Manchester City) pourrait-il s’inscrire parmi les très grands clubs si son palmarès reste vierge de victoires en LdC? Or, chacun sait que pour gagner la LdC il faut à la fois de l’expérience et un effectif qualitatif et quantitatif surdimensionné. Pour avoir cela le PSG aurait dû recruter un ou deux fuoriclasse de plus, et ne pas être limité par le nombre de joueurs inscrits. A cause du FPF il n’a pas pu se renforcer comme il l’aurait voulu. Et le plus cocasse est qu’il lui a été nécessaire d’avoir recours à un artifice pour recruter Aurier. Oui, le club le plus riche de la planète, du moins celui qui est susceptible de disposer des plus importantes ressources grâce à son actionnaire, est obligé de quémander un prêt au Toulouse FC pour Aurier. On croit rêver…et pourtant nombre de Français trouvent cela normal, ce qui n’est pas le cas, ou beaucoup moins, à l’étranger. Au fait les Français méritent-ils un club comme le PSG?

Michel Escatafal


L’Atlético de Madrid ne supporte pas les temps additionnels

costaCette année 2014 aura été vraiment incroyable en ce qui concerne les deux grands sports collectifs inventés par nos amis anglais, plus particulièrement en ce qui concerne les résultats, malmenant parfois l’histoire la plus ancienne. Si j’écris cela c’est parce qu’hier soir nous avons assisté à deux scenarios très différents en ce qui concerne les finales de la Ligue des Champions et de la Coupe d’Europe de rugby, scénarios qui nous font aussi réfléchir sur l’évolution de ces deux sports collectifs, l’un, le rugby, utilisant au maximum la technologie moderne, l’autre, le football, demeurant ancré dans ses certitudes devenues complètement obsolètes. Résultat, autant le rugby essaie d’être au plus près de la réalité d’un match, autant le football vit sur une planète ancienne qui fait penser aux aberrations des détracteurs de Galilée relatives au mouvement de la terre. Pas étonnant de la part de gens comme Michel Platini, croyant que la planète football n’a nullement évolué depuis le vingtième siècle, et qui a cru intelligent d’instaurer un fair-play financier démagogique…dans le seul but, aux yeux de ses détracteurs, de s’assurer un maximum de voix lors des prochaines élections de la FIFA ou de l’UEFA. Un fair-play financier qui permet à des clubs cumulant des dettes astronomiques de toutes sortes d’être « dans les clous » du dispositif, alors que l’on condamne à de lourdes sanctions, financières et sportives, d’autres clubs ayant un bilan équilibré sans aucune dette fiscale, sociale ou bancaire (cas du PSG). Et tout cela en faisant un calcul « au doigt mouillé », donc tout à fait arbitraire, des rentrées d’argent apportées par les sponsors.

Après cette longue introduction, passons à présent aux raisons de mon propos, en pensant à ce qui s’est passé hier soir entre le Real Madrid et l’Atlético. Peu m’importe que Real ait remporté cette Ligue des Champions, puisque je ne suis supporter d’aucune de ces deux équipes, mais en revanche je trouve hallucinant que dans les matches de football de ce niveau on fasse jouer quatre, cinq, six ou sept minutes d’arrêts de jeu, ce calcul étant fait plus ou moins lui aussi « au doigt mouillé », sauf évidemment en cas de très grave blessure ou de problème technique pendant le match. Pourquoi ne pas faire comme dans le rugby ou, en cas d’arrêt de jeu, l’arbitre du milieu donne l’ordre d’arrêter et de reprendre le chronomètre. Reconnaissons que cela a au moins le mérite d’être juste et équitable, la sirène annonçant la fin du temps règlementaire, sauf aux yeux des hiérarques des instances du football. Bien sûr il ne faut pas exagérer le recours aux procédés techniques modernes, afin de ne pas dénaturer le jeu, mais force est de reconnaître que la vidéo permet dans la quasi-totalité des cas de valider un essai ou une pénalité, sans parler des fautes grossières des joueurs. En revanche ce type d’exagération ne risque pas d’arriver au football…parce qu’on refuse obstinément d’avoir recours à la vidéo, y compris pour ce qui se passe dans la surface de réparation, d’où les innombrables protestations de joueurs, entraîneurs ou dirigeants de club. En revanche on n’hésite pas à infliger 20 millions d’euros d’amende au PSG ou à Manchester City…pour les punir d’être trop riches !

Et puisque je n’ai pas trop le temps, et que nous sommes sur un bloc consacré surtout à l’histoire du sport, je voudrais rappeler quelques faits qui ont marqué nos jeunes années (pour les plus anciens), et qui montrent que l’histoire se répète toujours, même si, comme l’affirmait Karl Marx (qui n’avait jamais joué au football), elle ne se répète pas nécessairement « la première fois comme une tragédie » et « la seconde comme une farce ». Encore que cela reste à démontrer, en voyant Diego Costa, l’avant-centre de l’Atlético Madrid, faire son apparition sur le terrain de la finale de Lisbonne samedi soir, alors qu’il était pourtant blessé aux adducteurs. Certes il y avait eu, dans les jours précédant le match, le remède de cheval employé par un mystérieux praticien de la médecine serbe, mais il ne fallait pas être un grand médecin pour savoir que Costa ne serait pas guéri en huit jours d’une lésion musculaire importante…qu’il avait aggravée en participant à la dernière journée du championnat d’Espagne, contre le FC Barcelone, la semaine précédente. Pire même, cela pourrait lui coûter sa place à la Coupe du Monde avec l’équipe d’Espagne. Cela rappelle, à ceux qui se souviennent de l’épopée des Verts de Saint-Etienne (en 1975-1976), le remplacement de Sarramagna par Rocheteau en finale de la Coupe d’Europe contre le Bayern de Munich, l’entraîneur stéphanois, Robert Herbin, tentant le tout pour le tout en faisant jouer blessé son atout numéro un de l’époque.

Rocheteau en effet, absent des terrains depuis plus d’un mois et en attente d’une opération pour le guérir d’un problème musculaire, avait quand même fait le déplacement avec ses camarades à Glasgow au cas où il pourrait apporter son génie et sa force de percussion, si la nécessité s’en faisait sentir, ce qui était le cas, le Bayern menant 1-0 depuis la minute 57. Et cela faillit marcher ! Pendant les huit dernières minutes l’attaque stéphanoise devint très dangereuse, Rocheteau et ses crochets donnant le tournis aux défenseurs allemands. Cela dit, malgré l’apport de l’Ange Vert, la finale se termina en tragédie, le Bayern de Maier, Beckenbauer, Muller, Hoeness et Rummenige l’emportant 1-0. En tragédie et non en farce, parce que Rocheteau était l’ultime recours pour les Stéphanois afin d’arracher une égalisation bien méritée. En revanche pour ce qui concerne Costa ce fut une farce, dans la mesure où il fut quasiment incapable de toucher le moindre ballon avant sa sortie à la neuvième minute.

Et puisque je parle de l’Atlético et de sa défaite par le Real samedi dernier en finale de la Ligue des Champions, cela me rappelle un épisode et un scénario ressemblant en tous points à celui que nous avons vécu lors de cette première finale cent pour cent madrilène dans l’histoire de la C1. Au passage, je devrais écrire finale qui opposait, pour la première fois depuis la création de la Coupe d’Europe des clubs champions, deux clubs issus de la même ville…ce qui aurait pu se produite avec Milan, Manchester, Lisbonne ou Londres, mais pas pour les clubs français, lesquels ont tellement de mal à composer une équipe de dimension européenne, ce qui en fait une exception en Europe! Fermons la parenthèse pour revenir à ce triste jour pour l’Atlético de Madrid que fut la victoire du Bayern Munich en finale de la C1, le 17mai 1974 à Bruxelles (4-0). Mais quand j’évoque le triste jour, ce fut plus encore le 15 mai, l’Atlético se faisant rejoindre par le Bayern, lors du premier match (il n’y avait pas à l’époque les tirs au but en cas d’égalité après prolongations) à la 94è minute. Exactement le même scénario que 40 ans plus tard, sauf que le buteur s’appelait à l’époque Schwarzenbeck et cette fois Sergio Ramos, sauf aussi que Schwarzenbeck marqua d’un tir de 20 mètres du pied droit et Ramos de la tête.

Là par contre, ce fut dans les deux cas une tragédie pour l’Atlético de Madrid, au point qu’on peut se demander s’il s’en remettra. Si je dis cela c’est parce que le club aurait, nous dit-on, plus de 500 millions d’euros de dettes, avec un arriéré d’impôts de plus de 100 millions. Cela étant son vainqueur en finale de la Ligue des Champions 2014, le Real Madrid, aurait lui aussi une dette globale de plus de 500 millions d’euros, même si le président du Real n’en reconnaît que 90 millions, dus exclusivement aux banques. Problème, si l’on en croit certaines associations, cette dette serait bien de plus de 500 millions dont une partie à l’administration publique, ce qui n’empêche pas le président du Real de vouloir rénover le stade Bernabeu, pour un coût de 400 millions d’euros, qui serait financé…en ayant recours « à une formule ingénieuse ». On comprend que tout cela fasse tousser les détracteurs du flair-play financier, ceux-ci estimant que le PSG et Manchester City, pas du tout endettés je le répète, n’auraient jamais dû être sanctionnés, les moyens de leurs actionnaires et de leurs gros sponsors étant en outre quasi illimités. Finalement Cantona a bien raison de parler de « politique » à propos de Michel Platini et de l’UEFA ! Au fait, moi qui voulais parler de rugby et du RC Toulon, je n’ai écrit que sur le football. Ce sera pour la prochaine fois.

Michel Escatafal


Le « fair-play financier », la plus stupide des fausses bonnes idées

FPFJe ne dois pas être très intelligent, sinon je ne me poserais pas la question : c’est quoi le « flair-play financier » ? Oui, désolé, mais je ne comprends pas pourquoi on a décidé à l’UEFA, dirigée par Michel Platini, de créer « ce machin », comme aurait dit le général de Gaulle. Car il s’agit bien d’un « machin » destiné à quelque chose, mais quoi ? Certes, on va me répondre que le « machin » en question est théoriquement destiné à égaliser les chances des clubs participant aux compétitions européennes, afin que ce ne soit pas toujours les mêmes qui gagnent. A priori c’est une bonne idée, mais, c’est trop beau pour être vrai, en précisant toutefois qu’on ne compte plus les clubs aux moyens financiers peu importants qui ont remporté une coupe européenne, à commencer par la Ligue des Champions ou, si l’on préfère, la C1, comme on dit dans le monde du football. Parmi ces clubs je citerais Nottingham Forest (2 fois en 1979 et 1980), Aston Villa (en 1982), le SV Hambourg (en 1983), le Steaua Bucarest (en 1986), le FC Porto 2 fois en 1987 et 2004), l’Etoile Rouge de Belgrade (en 1991), et même l’Ajax d’Amsterdam (4 fois en 1971, 1972, 1973 et 1995) ou encore le Benfica de Lisbonne (2 fois en 1961 et 1962), le Celtic de Glasgow (en 1967), le Feyenoord de Rotterdam (en 1970) .

J’ai même envie d’ajouter à ces noms l’Olympique de Marseille de Bernard Tapie qui, contrairement à ce qu’on croit, était loin d’avoir les moyens du club que l’équipe phocéenne avait battu en finale de 1973, le Milan AC. Preuve que ce ne sont pas toujours les clubs les plus puissants financièrement qui finissent par l’emporter, d’autant que, cette année, l’Atlético de Madrid pourrait très bien devenir champion d’Europe avec un budget nettement inférieur aux trois autres clubs qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des Champions, le Real Madrid, le Bayern de Munich et Chelsea, club qui prête ses nouvelles recrues un peu partout en Europe, ce qui est une manière d’investir sans faire exploser sa masse salariale et être à l’abri des tracasseries de l’UEFA…ce qui peut aussi générer de gros bénéfices (cas de Courtois ou Lukaku), sans trop creuser les pertes si le joueur n’est pas aussi doué qu’on l’imagine.

Quand je parle de clubs « les plus puissants financièrement », je devrais ajouter « en apparence », car certains clubs disposant soi-disant d’un budget illimité sont extrêmement endettés. Je n’en citerais que deux, sans doute les plus connus dans le monde, le Real et le FC Barcelone, qui à eux deux ont remporté 13 titres en C1 (9 pour le Real et 4 pour le Barça). Au passage je ferais observer que le Real, qui, à grands coups de millions prêtés par les banques, a acheté depuis plus de dix ans la plupart des meilleurs joueurs du monde (dont C. Ronaldo et Gareth Bale), n’a pas gagné une seule fois la Ligue des Champions depuis 2002. Comme quoi l’argent ne fait pas forcément le bonheur, au football comme ailleurs. Alors, me direz-vous, pourquoi cette tocade de l’UEFA à propos du « flair play financier » ?

Et bien, comme sans doute vous tous, je n’en sais rien, car je ne vois pas réellement ce que cela va changer dans le monde du football…sauf à pérenniser et à figer la situation actuelle dans la hiérarchie des clubs de football. Dit autrement, cela signifie aussi que l’UEFA ne veut pas que des riches investisseurs achètent des clubs susceptibles de bousculer la hiérarchie globale des clubs les plus réputés de la planète. En disant cela, je pense notamment à Manchester City et au Paris Saint-Germain, qui sont les clubs phares visés par le « flair play financier ». Par parenthèse, je note que Manchester City, appartenant depuis 2008 à un membre du Conseil exécutif de l’émirat d’Abou Dabi, et qui dispose donc de très gros moyens, n’a toujours pas dépassé le stade des huitièmes de finales de la Ligue des Champions depuis 2008, et s’est contenté d’un titre de champion d’Angleterre en 2012 et d’une Coupe d’Angleterre en 2011. Rien de bien extraordinaire, comparé à des clubs nettement moins riches. Cela étant, Manchester City, comme le PSG, a les moyens de frapper très fort sur le marché des transferts pour enfin figurer dans le dernier carré de la Ligue des Champions et, pourquoi pas, la remporter…sauf si l’UEFA l’empêche de recruter des joueurs ou à défaut lui interdit d’aligner ses recrues dans les compétitions européennes. Idem pour le PSG. Cela signifie que le Real Madrid, malgré son colossal endettement, pourra recruter qui il veut, et faire jouer ses recrues en Ligue des Champions, mais pas Manchester City ou le PSG, alors que le PSG affiche un déficit de 3.5 millions d’euros et n’a pas de dettes autres que celles vis-à-vis de son actionnaire.

Plus curieux encore, alors que le PSG a un contrat d’image et de sponsoring avec QTA (Autorité du Tourisme Qatarien) de 200 millions qui lui assure une visibilité totale à court et moyen-terme, l’UEFA fait des difficultés au club parisien, alors que tel autre club très endetté peut, s’il le désire, refaire à grands frais son stade…parce que tout investissement lié à la rénovation du stade n’entre pas en compte dans le calcul de la dette. Bref, même si ce financement du stade est monté intégralement grâce à des concours bancaires, le club ne risque rien vis-à-vis du « flair-play financier », alors qu’il n’accepte pas un sponsoring pur et dur en provenance d’un Etat… parmi les plus riches du monde. Ridicule!   Après tout si le Qatar a investi sur le PSG, et si un établissement qatari fait du sponsoring pour attirer l’attention sur le pays, ce n’est sans doute pas pour le plaisir de dépenser de l’argent, même s’il en a énormément, mais surtout pour avoir un retour, par exemple sur le tourisme, encore assez embryonnaire au Qatar par rapport à d’autres activités du pays. En outre le PSG est devenu une vitrine pour ce pays…au même titre qu’elle l’est et l’a été pour d’autres clubs dans d’autres pays.

Un dernier mot enfin : qui s’est indigné dans les années 50 au moment où le Real Madrid a remporté cinq fois de suite l’ancêtre de la Ligue des Champions (Coupe d’Europe des clubs champions), entre 1956 et 1960? Personne, et pourtant le club madrilène achetait systématiquement les meilleurs joueurs de la planète, ce qui lui permettait d’avoir dans ses rangs le meilleur défenseur du monde (Santamaria) et les quatre plus grand joueurs de l’époque, Di Stefano, Kopa, Puskas et Didi. Et le Real des années 2000, avec Ronaldo (le Brésilien), Figo, Zidane, Beckham, appelés les « galactiques », qui s’en souciait ? Personne. Alors pourquoi chercher des poux dans la tête au PSG, à Manchester City, qui, après tout, ne font qu’appliquer les mêmes méthodes que le Real d’autrefois et d’aujourd’hui, que le Barça d’autrefois et d’aujourd’hui, que l’Inter de Milan, le Milan AC et la Juventus autrefois ? Et le Bayern de Munich et Manchester United, n’ont-t-ils pas de gros sponsors, et ne paient-ils pas leurs vedettes au même tarif que celles du PSG ou de City ? Alors pourquoi toutes ces tracasseries pour certains clubs ? Je m’interroge, et j’espère qu’en cas de sanctions qui empêcheraient les clubs d’investir comme ils l’entendent, les tribunaux trancheront en leur faveur. De toute façon, quoi qu’il arrive, il y aura toujours des clubs plus riches que d’autres…et ce sera ma conclusion pour ce débat qui serait sans fin si l’on n’y met pas un terme.

Michel Escatafal


C’était il y a bientôt 56 ans…et il n’en reste plus beaucoup

Brésil 1958Alors que tout le monde en France et en Europe ne parle que du tirage au sort de la Ligue des Champions, et plus particulièrement chez nous de celui du Paris Saint-Germain qui sera opposé à Chelsea, tirage a priori très difficile pour le club parisien, alors aussi que l’on vient d’apprendre le décès, à l’âge de 100 ans, de l’ancien gardien de but René Llense, doyen des joueurs internationaux français, qui a participé aux Coupes du mondes 1934 et 1938, je voudrais évoquer aujourd’hui l’équipe nationale du Brésil 1958, une des quatre ou cinq plus fortes de l’histoire du football, qui vient de voir disparaître son capitaine lors de la Coupe du monde 1958, Bellini. Evidemment, pour nombre d’internautes dont l’histoire commence à l’an 2000, cette équipe ne présente plus guère d’intérêt, mais dans cette équipe il y avait quand même des joueurs qui s’appellent ou s’appelaient Pelé, que tout le monde ou presque considère comme le meilleur footballeur de tous les temps, mais aussi Gilmar, Djalma et Nilton Santos, Bellini, Orlando, Zito, Didi, Garrincha, Vava, Zagalo, sans oublier De Sordi, Altafini, Mauro, Zozimo et Pepe. Que des noms de joueurs qui étaient tous les meilleurs ou parmi les meilleurs à leur poste. Bref, une constellation d’étoiles qui valait bien celle de l’équipe d’Espagne 2008-2010, qui fait référence de nos jours. En fait, pour nombre d’amateurs de football, il n’y a guère que la Hongrie de période 1952-1956 ou le Brésil 1970, qui puisse soutenir réellement la comparaison avec les champions du monde 1958.

Si j’évoque cette équipe aujourd’hui, c’est parce que la « grande faucheuse », comme on disait à l’époque du Moyen Âge ou de la Renaissance, continue son œuvre macabre et envoie au paradis des footballeurs les derniers rescapés de cette formation qui avait enfin délivré tout un peuple, surtout après la terrible déconvenue du Maracana contre l’Uruguay en 1950. Elle aurait pu attendre quand même un peu plus longtemps, car trois d’entre eux étaient décédés entre les mois de juillet et août dernier, à savoir Djalma Santos (23 juillet), De Sordi (24 août) et Gilmar (25 aout). Elle avait d’ailleurs opéré de la même manière en 2002, avec les décès de Mauro, Vava et Dida. Au total, ils ne sont plus que sept encore en vie (Zito, Pepe, Zagallo, Pelé, Dino Santi, Moacir et Altafini qui était surnommé à l’époque Mazzola (en souvenir de Valentino Mazzola, père de Sandro, super joueur décédé en 1949 dans un accident d’avion à Superga avec l’équipe du Torino), ce qui signifie que quinze footballeurs sur les vingt-deux qui ont remporté la Coupe du Monde 1958 ont disparu, dont huit qui ont disputé la finale le 29 juin 1958 à Stockholm contre l’équipe de Suède qui, elle, compte cinq rescapés parmi ceux qui disputèrent cette finale (Parling, Gustavsson, Borjesson, Hamrin, Simonsson), les six autres (Svensson, Bergmark, Axbom, Liedholm, Gren et Skoglund) ayant eux aussi rejoint leur paradis.

Reprenons à présent un à un les joueurs qui nous ont quittés depuis 1958, en commençant par le gardien remplaçant Castilho, décédé en 1987. Autre remplaçant, l’arrière gauche Oreco, mort en 1985, alors que le défenseur central, Zozimo, remplaçant en 1958 mais titulaire lors de la finale en 1962, est décédé en 1977. Un autre champion du monde remplaçant en 1958, titulaire en défense centrale en 1962 en étant devenu le capitaine de l’équipe, Mauro, est mort en 2002. Un an plus tard ce sera au tour de Martins, demi remplaçant en 1958, de disparaître. Par parenthèse, ce joueur a fait partie des rares joueurs brésiliens qui s’expatriaient à l’époque en jouant au Valence FC de 1958 à 1961. Enfin, dernier remplaçant à décéder (en 2002), l’attaquant Dida (6 sélections et 4 buts), qui aurait eu sa place partout ailleurs, mais barré par meilleur que lui à l’époque, notamment un certain Garrincha.

L’évocation de ce nom, ô combien prestigieux, me permet de faire la transition toute trouvée avec les joueurs décédés qui ont le plus largement participé à remporter la Coupe du Monde en 1958, en commençant par Bellini, décédé la semaine dernière, qui était un excellent arrière central dans le système en 4-4-2 du Brésil. Ce n’était pas le meilleur joueur de cette équipe mythique, mais comme ce sera le cas pour Didier Deschamps quarante ans plus tard pour la France, il restera à jamais dans l’histoire comme le premier footballeur brésilien à avoir brandi le trophée récompensant l’équipe vainqueur d’une Coupe du Monde, mais aussi comme un de ceux qui ont largement participé à la victoire en se comportant avec calme et précision au moment où l’équipe en avait besoin. Bellini gagnera aussi la Coupe du Monde suivante au Chili, mais, en 1962, il n’était plus titulaire. Autre défenseur emblématique de cette fameuse équipe du Brésil 1958, Nilton Santos, arrière gauche de grand talent, peut-être le meilleur à son poste à l’époque, décédé le 27 novembre dernier.

Cela étant, pour ceux qui ont lu l’épopée brésilienne de 1958, il y avait deux grandes vedettes, comme on disait à l’époque, Didi le meneur de jeu et Garrincha. Ce dernier fut peut-être le meilleur ailier que le football ait connu jusqu’à son époque, voire après. Avec ses jambes torses, son dribble, toujours le même, était irrésistible. Rares, très rares furent les défenseurs à savoir le contenir, au point pour certains de devenir fous à force de voir ce diable de joueur leur échapper, malgré leur attention à surveiller le côté où il enclenchait son dribble. Il fut sélectionné à 50 reprises dans la Seleçao, marquant 12 buts dont 4 pendant la Coupe du Monde 1962, où il remplaça plus qu’avantageusement Pelé blessé, marquant 2 buts très importants contre l’Angleterre en poules éliminatoires et 2 en demi-finale contre le Chili, pays organisateur. C’était d’ailleurs un excellent buteur malgré son poste excentré, puisqu’il marqua 232 buts en 531 matches avec Botafogo, où il fit l’essentiel de sa carrière avant de se perdre dans l’alcool et les déboires conjugaux, finissant sa vie sportive complètement ruiné. Il mourra en 1983 à l’âge de 50 ans.

J’ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce site de Didi, pour souligner qu’il nous a quittés en 2001, après avoir été deux fois champion du monde pendant ses 68 sélections dans l’équipe du Brésil. En revanche je n’ai jamais évoqué le nom de De Sordi, mort le 24 août 2013. De Sordi était arrière droit et a compté 22 sélections pour la Seleçao, et son rôle ne fut pas négligeable dans la Coupe du Monde 1958. Rappelons que c’était lui l’arrière droit lors du fameux match contre la France, où il était chargé de marquer un autre grand joueur disparu quelques jours auparavant (le 13 août), Jean Vincent.

Un autre défenseur, arrière central titulaire aux côtés de Bellini pendant la Coupe du Monde en Suède, est mort en 2010. Il s’agit d’Orlando (30 sélections), qui a longtemps joué à Vasco de Gama où il a fini sa carrière, après avoir aussi opéré en Argentine (Boca Junior) de 1961 à 1965, et au F.C. Santos jusqu’en 1969. A propos de Santos, c’est le moment de parler du plus grand gardien brésilien de l’histoire de la Seleçao, Gilmar, lequel a joué pendant sept ans (1962-1969) dans ce club que Pelé a rendu célèbre, après avoir opéré aux Corinthians entre 1951 et 1961. Gilmar, qui est mort le 25 août 2013, était un très grand gardien, calme, brillant sur sa ligne, qui a maintes fois sauvé son équipe.

On n’oubliera pas que le premier à lui avoir inscrit un but dans la Coupe du Monde 1958 était…Just Fontaine, meilleur buteur de cette Coupe du monde avec l’invraisemblable total de 13 buts, sur une magistrale ouverture de Kopa. Gilmar sera tout aussi brillant lors de la Coupe du Monde 1962, participant lui aussi largement à la deuxième victoire consécutive du Brésil, comme Djalma Santos (aucun lien de parenté avec Nilton), disparu le 23 juillet dernier, remarquable arrière droit, sélectionné à 98 reprises dans l’équipe du Brésil. Enfin, parmi ces champions du monde 1958, il y a un joueur qui mérite à lui seul, surtout pour nous Français, un chapitre à part, l’avant-centre Vava, mort en 2002.

Certes ce n’est pas un des joueurs qui ont le plus porté le maillot du Brésil, car il ne compte qu’une vingtaine de sélections, ce n’était pas non plus un technicien comme les Brésiliens en découvrent des dizaines chaque année, mais c’était un redoutable buteur, puisqu’il a marqué 15 buts dans sa carrière internationale, dont 9 en Coupe du Monde (5 en 1958 et 4 en 1962). Sur bien des plans Vava aura été un joueur très particulier. En effet, cet ancien demi ou comme nous disons aujourd’hui milieu de terrain, est devenu avant-centre lors de son arrivée à Vasco de Gama. Il ne fut sélectionné la première fois qu’en 1958, juste avant la Coupe du Monde, commençant l’épreuve comme remplaçant d’Altafini avant de prendre sa place. Il sera deux fois champion du monde en 1958 et en 1962, marquant le premier but en demi-finale contre la France en 1958, puis deux buts en finale. Quatre ans plus tard, il scellera la victoire en finale contre la Tchécoslovaquie. Autre particularité, il jouera avec succès en Espagne, précisément à l’Altlético de Madrid entre 1958 et 1961.

Cela dit, pour nous Français, ce qu’on retient d’abord de Vava, c’est d’avoir blessé Robert Jonquet (décédé en 2008), notre arrière central en demi-finale de la Coupe du Monde 1958, alors que les deux équipes étaient à égalité. Que se serait-il passé si Vava n’avait pas blessé Jonquet ? Nul ne peut le dire, car contrairement à tout ce qu’on peut lire un peu partout, nos Français avaient fait jusque-là jeu égal avec les Brésiliens, et si ces derniers l’emportèrent finalement (5-2), c’était parce que notre équipe a joué à 10 la totalité de la deuxième mi-temps, le remplacement d’un joueur blessé étant interdit à cette époque. Je ne sais pas si au paradis des footballeurs Vava a retrouvé Jonquet, mais sûrement que si l’un prétend que sans cette blessure du défenseur français le sort du match n’en aurait pas été changé, l’autre répliquera que sans ce fait de jeu le nom du vainqueur aurait pu être différent. C’était il y a presque 56 ans, mais pour nombre d’amateurs de football en France nés dans l’immédiat après-guerre, la question reste posée.

Michel Escatafal


Ken Norton a affronté et parfois battu les plus grands

NortonAujourd’hui j’aurais pu parler de la Ligue des Champions, comme le font tous les journaux et sites web, et notamment de l’impuissance des clubs français dans les épreuves européennes, à l’exception évidemment du Paris Saint-Germain, en attendant que l’AS Monaco rejoigne les Parisiens dans la Ligue des Champions, épreuve majeure pour les clubs du sport majeur dans  le monde. On a beau dire, mais pour être un grand d’Europe de nos jours, il faut avoir des joueurs comme Ronaldo ou Ramos au Real, Messi, Neymar, Alves  ou Iniesta au Barça, Ribery et Robben au Bayern, Van Persie et Rooney à Manchester United, ou encore Ibrahimovic, Cavani et Thiago Silva au PSG et bientôt Moutinho et Falcao à Monaco. En revanche, malgré toutes leurs qualités, N’Koulou, Diawara, Valbuena ou Gignac pour l’OM, comme Bisevac, Gonalons et Grenier pour l’Olympique Lyonnais, sont trop limités pour permettre à leur équipe de s’imposer face simplement à une équipe comme Arsenal, loin d’être une terreur, tout comme d’ailleurs contre des équipes comme celles du FC Porto ou du FC Bâle, qui pourtant ont des moyens inférieurs à ceux de Lyon ou Marseille. On a beau recruter « malin », comme dit le président de l’OM, cela ne compense pas le talent pur.

Après ce préambule footballistique, qui colle à l’actualité, je vais de nouveau évoquer un sport que j’aime énormément malgré sa décomposition, la boxe. Si j’ai employé le mot décomposition, certes un peu fort, c’est hélas parce que la boxe professionnelle n’arrive pas à se guérir de ses démons, avec ses multiples catégories et ses multiples fédérations, dont on ne sait pas quelle est la plus responsable. Cela dit, malgré toutes ses imperfections, la boxe professionnelle, qui n’existe plus guère en France, génère encore des sommes extraordinaires quand ses organisateurs proposent un grand combat. Ce fut le cas dans la nuit de samedi à dimanche où l’invaincu américain de 36 ans Floyd Mayweather (45 combats, 45 victoires dont 26 par KO) était opposé au jeune mexicain Saul Alvarez (23 ans), certes fort de ses 42 victoires en 44 combats, mais trop tendre pour battre celui qui est considéré comme le meilleur boxeur du nouveau siècle.

Résultat, Mayweather s’est emparé ou a conservé les titres WBC et WBA des super-welters. Tel que c’est parti, j’ai bien l’impression que si sa carrière ne s’éternise pas, ou s’il ne fait pas le ou les combats de trop comme Manny Pacquiao, Mayweather va finir par rejoindre dans la légende Rocky Marciano qui, dans les années 50 et dans la catégorie poids lourds, s’était retiré invaincu, ce que les plus grands parmi les plus grands champions n’ont pas réussi à faire (Joe Louis, Mohammed Ali, Joe Frazier, Georges Foreman, Mike Tyson chez les poids lourds ou Ray Robinson, Carlos Monzon, Marvin Hagler, Ray Leonard chez les poids moyens).

Cela étant, même si Mayweather a copieusement dominé son adversaire lors de ce combat, il s’est trouvé un juge, l’Américaine C.J. Ross, pour avoir mis à égalité les deux boxeurs, ses collègues, ayant en revanche vu le même match que nous tous, donnant Mayweather large vainqueur.  Cette dame, pourtant très expérimentée, n’en était pas à son coup d’essai, puisque c’est elle qui avait largement participé à la défaite du Philippin Manny Pacquiao, en raison d’un jugement très sévère qui préfigurait le début du vrai déclin de Pacquiao. Dommage à ce propos que Pacquiao n’ait jamais voulu ou pu au temps de sa splendeur affronter Mayweather, dans ce qui aurait constitué le premier très grand combat du vingt et unième siècle, le seul d’ailleurs qui aurait peut-être pu soutenir la comparaison avec ceux du vingtième siècle dans les catégories d’un peu moins de 70 kg. Fermons la parenthèse pour noter que cette juge américaine a décidé d’abandonner ses activités dans la boxe, ce qui de toute façon aurait été le cas, car atteinte par la limite d’âge.

En évoquant plus haut les noms de Frazier, Foreman ou Ali, j’en profite pour noter qu’un de leurs grands rivaux, sinon leur seul grand rival, Ken Norton, est décédé la semaine dernière à l’âge de 70 ans. Le drame de Ken Norton aura été d’être né à la même époque que ces monstres sacrés que furent Ali, Frazier et Foreman, tous trois ayant été parmi les plus grands poids lourds de l’histoire. Parmi ses 42 victoires, ce très bon puncheur (33 victoires avant la limite) aura atteint la célébrité en 1973 en battant Ali, alors que ce dernier s’était mis en tête de redevenir le seul et vrai champion du monde des poids lourds. Cette défaite aux points, due au fait que Norton brisa la mâchoire d’Ali au deuxième round, allait rendre célèbre pour la postérité Ken Norton…qui n’était quand même pas n’importe qui. La preuve, lors de la revanche quelques mois plus tard entre les deux boxeurs, Ali ne l’emporta que d’extrême justesse, tout comme lors de la belle en 1976, où la décision donnant Ali vainqueur, qui lui permettait de conserver ses titres WBA et WBC, fut très controversée, Norton s’estimant volé par ce verdict, même si l’arbitre et les juges ont penché tous trois pour une victoire de justesse au profit d’Ali. En tout cas pour ce dernier, Norton fut sans doute le meilleur adversaire qu’il ait rencontré avec Joe Frazier, du moins celui qu’il domina le plus difficilement.

Les défaites de justesse furent d’ailleurs une des spécialités de Ken Norton, car après avoir été nettement vaincu par Georges Foreman, alors à son sommet (en 1974), il sera battu de très peu face à celui qui allait devenir la nouvelle terreur des rings en 1978, Larry Holmes, surnommé l’assassin d’Easton, qui détint pendant plus de sept ans un titre mondial chez les lourds. Au moment de ce combat Norton détenait le titre WBC, suite à la destitution de Léon Spinks, son cadet de dix ans,  qui avait refusé de l’affronter pour mettre en jeu le titre qu’il avait conquis contre Ali  en février. Le combat entre Norton et Holmes eut lieu en juin 1978 à Las Vegas (Caesar Palace) et il fut de toute beauté, les derniers rounds étant d’une violence inouïe.

Prenant tour à tour l’avantage, Norton fit preuve à cette occasion d’un courage extraordinaire contre un adversaire plus jeune que lui de six ans, notamment dans la treizième reprise où il était en perdition face à un adversaire qui a remporté 44 de ses 69 victoires par K.O. Cela n’empêcha pas toutefois Norton, surnommé The Black Hercules,  de remporter la quatorzième reprise, et peut-être la quinzième, les deux combattants finissant à égalité, deux des trois juges donnant la décision à Holmes pour un point. Ce sera le chant du cygne de Ken Norton, qui hélas allait ensuite disputer les combats dits de « trop ». Son après-boxe sera marquée par un grave accident de voiture, et par une petite carrière cinématographique, qui laissera évidemment un souvenir moins impérissable que celle qu’il fit comme boxeur, qui lui valut de devenir membre de l’International Boxing Hall of Fame, récompense bien méritée pour l’ensemble de l’œuvre de cet ancien Marines.

Michel Escatafal


L’AS Monaco fait partie de la grande histoire du football français

AS MonacoCette fois c’est fait, le PSG a un entraîneur, et ce sera Laurent Blanc. Si hier je n’en ai pas parlé, c’est tout simplement que je pensais plutôt à Makelele pour un entraîneur français, en notant toutefois que Laurent Blanc a déjà entraîné les Girondins de Bordeaux et l’équipe de France. Au passage, j’observe encore une fois la bêtise de nombre de forumers, lesquels après s’être mis en rage quand Ancelotti a remplacé Kombouaré (début 2012) en sont aujourd’hui à pleurer le départ du technicien italien. Mais qu’a fait Ancelotti avec un effectif de très grande qualité ? Un titre de champion de France et un quart de finale de Ligue des Champions…exactement le même bilan que Laurent Blanc à Bordeaux, avec un effectif sans commune mesure avec celui du PSG version 2012-2013. Blanc n’avait pas à Bordeaux, et de très loin, l’équivalent de Thiago Silva, Thiago Motta, Pastore, Lucas, Ibrahimovic, Lavezzi ou Menez. Quant à son bilan avec l’équipe de France, il a été plus qu’honorable jusqu’en quart de finale du Championnat d’Europe des Nations (battu par l’Espagne vainqueur de l’épreuve). J’observe également que Ferguson avait pensé à lui pour lui succéder, louant ses qualités. Enfin, je voudrais rappeler qu’avant d’être entraîneur, ce fut un des meilleurs joueurs du monde à son époque, avec un palmarès dont peu de footballeurs peuvent se prévaloir.

Cela va occulter pendant quelque temps la polémique ridicule qu’ont déclenchée la plupart des dirigeants des clubs français, et qui suscite beaucoup plus l’inquiétude de ceux qui savent réagir froidement aux évènements. En effet, au moment où la France est en train de faire la une des journaux étrangers parlant de sport et de football avec des transferts à sensation (Falcao, Rodriguez et Moutinho), la Ligue de football professionnel veut que l’AS Monaco ait son siège en France, afin que le club de la principauté, détenu par un milliardaire russe, soit soumis aux mêmes charges que les clubs français. Chose curieuse, quand l’AS Monaco est descendu en deuxième division, et a même failli tomber en National, cet avantage monégasque ne gênait personne, et pas davantage non plus quand, en 2004, l’équipe alors entraînée par Didier Deschamps alla jusqu’en finale de la Ligue des Champions. Alors pourquoi cette soudaine envie de mettre des bâtons dans les roues à Monaco ?

En fait cette affaire ne trompe personne, dans la mesure où chacun sait bien que c’est l’accession à la Ligue des Champions qui est en jeu. Or, justement, compte tenu du fait qu’une place est quasiment réservée au PSG, et que l’indice UEFA de la France ne cesse de baisser, il ne resterait plus qu’une place à pourvoir…qui échoirait à l’AS Monaco. Du coup, les autres clubs de Ligue 1 se battraient uniquement pour obtenir le droit de participer aux préliminaires de cette épreuve ou à la Ligue Europa, peu rémunératrice. Et surtout qu’on ne vienne pas nous dire que ce n’est pas le motif de cette fronde anti monégasque, car nous ne le croirions pas. Décidément notre pays est vraiment particulier, surtout si l’on songe que cette montée en puissance de l’AS Monaco ne peut qu’être un plus pour le football français, notamment en termes de visibilité à l’étranger ce qui, in fine, ne peut que profiter à tous les autres clubs dans la mesure où cela fera augmenter les recettes des droits télévisés.

Passons sur ces péripéties minables, car il n’y a pas d’autres mots, avec notamment le possible boycott des autres clubs de Ligue 1, pour évoquer à présent l’histoire de l’AS Monaco, je devrais dire plutôt la riche histoire de ce club parmi les plus brillants que nous ayons eu. Sept titres de champion de France en 1961, 1963, 1978, 1982, 1988, 1997 et 2000, plus quatre Coupes de France en 1963 (doublé), 1980, 1985 et 1991, sans oublier la Coupe de la Ligue en 2003. Et sur le plan européen, ce n’est pas mal non plus, puisque l’AS Monaco a été, à deux reprises, finaliste d’une coupe européenne, d’abord en 1992 de feu la Coupe des Coupes, et en 2004 de la Ligue des Champions. Et oui, quel palmarès, avantages fiscaux ou pas!

Parlons d’abord de ce qui fut sans doute la plus belle période de l’ASM, c’est-à-dire le début des années 60. En fait, Monaco a pris le relais du grand Stade de Reims, déclinant au début des années 60. Et un joueur symbolisa parfaitement cette passation de pouvoirs, puisqu’il a connu la grande époque rémoise du président Germain, et l’épopée monégasque qui lui succéda. Ce joueur, qui fera parler de lui plus tard en devenant le premier sélectionneur à avoir remporté un titre avec l’équipe de France (champion d’Europe des Nations en 1984), était Michel Hidalgo. C’est même lui qui marqua de la tête le but qui aurait pu être celui de la victoire, lors de la première finale de la Coupe d’Europe, en 1956, Reims menant 3-2 à moins d’une demi-heure de la fin. Et c’est l’année suivante qu’Hidalgo arriva à l’AS Monaco, pour faire partie d’une équipe très brillante entraînée par Lucien Leduc, un entraîneur qui a la particularité d’avoir été viré de son poste alors que son équipe était en tête du championnat avec sept  points d’avance (O.M. en 1972). Depuis cette date, la même mésaventure est arrivée à Antoine Kombouaré, l’an passé avec le PSG.

Fermons la parenthèse pour noter que cette équipe de l’AS Monaco du début des années 60, avait dans ses rangs, outre Michel Hidalgo, des joueurs de grand talent comme les arrières Novak, Casolari et Artelesa, le demi Biancheri, et les attaquants Douis, Hess, Djibrill, Cossou, Théo, Roy et le Hollandais Carlier. Quelle belle équipe, et en plus elle offrait un spectacle de grande qualité, tout comme le grand Stade de Reims de Jonquet, Penverne, Kopa, Piantoni, Fontaine et Vincent. Seule ombre au tableau, cette magnifique équipe monégasque n’arrivera pas à s’imposer sur le plan européen, malgré un effectif comprenant des joueurs de grande classe. Il est vrai qu’en 1964, c’est le vainqueur de l’épreuve, le grand Inter de Milan d’Helenio Herrera, qui élimina l’AS Monaco en huitième de finales.

Ensuite il faudra attendre une quinzaine d’années pour retrouver l’AS Monaco au sommet, très exactement en 1978, les Monégasques réussissant un exploit rarissime, à savoir remporter le titre de champion après avoir été champion de deuxième division l’année précédente. Cette formation comptait dans ses rangs le gardien Ettori, les arrières Vanucci, Gardon, Courbis, les demis Moisan et J. Petit, et des attaquants comme Dalger et le Franco-Argentin Noguès qui entouraient l’Italo-Argentin Delio Onnis, qui sera le meilleur buteur de l’histoire du club avec 223 buts (429 buts pendant toute sa carrière). A noter que l’entraîneur de cette équipe était de nouveau Lucien Leduc, véritable porte-bonheur du club.

C’est un de ses adjoints, Gérard Banide, qui sera l’entraîneur de l’équipe qui remportera le quatrième titre de l’histoire du club en 1982, avec des joueurs dont on allait beaucoup parler d’abord lors de la Coupe du Monde en Espagne en 1982 et au championnat d’Europe 1984, à savoir Ettori toujours là, mais aussi Amoros, Bellone, ou encore Bijotat, meneur de jeu de l’équipe de France vainqueur des J.O. en 1984. Un peu plus tard ce sera l’époque où l’entraîneur s’appelait Arsène Wenger, l’homme que tout le monde attend sur le banc du PSG l’an prochain, cause du refus, nous dit-on, de tous les entraîneurs de renom qui ont été contactés par le club parisien. Wenger sera entraîneur entre 1987 et 1995, période pendant laquelle l’AS Monaco devint champion de France en 1988 et gagna la Coupe de France en 1991, ce qui lui permit de disputer la Coupe des Coupes en 1991-1992, et d’arriver en finale (victoire du Werder Brême) de cette épreuve aujourd’hui disparue. Cette équipe comprenait évidemment nombre de joueurs de grande qualité, avec toujours Ettori dans les buts, mais aussi des défenseurs comme Sonor et Mendy, des milieux comme Rui Barros, Dib, Passi et le jeune Youri Djorkaeff (champion du monde en 1998), et en attaque un futur Ballon d’Or (sous les couleurs de l’AC Milan, Georges Weah.

En 1997, l’AS Monaco retrouve la première place en France avec Jean Tigana aux commandes. Cette équipe de 1997 avait la particularité d’être très jeune, et de compter dans ses rangs pas moins de quatre futurs champions du monde 1998 et d’Europe 2000, Fabien Barthez, Thierry Henry, Emmanuel Petit et David Trezeguet, auxquels il fallait ajouter Benarbia, Anderson, Ikpeba, Scifo, Collins et Di Meco, qui avait gagné la Ligue des Champions avec l’OM en 1993. Très belle équipe en vérité, qui, avec l’apport de Willy Sagnol et avec un duo d’attaquants Henry-Trezeguet, allait parvenir jusqu’en demi-finale de la Ligue des Champions, éliminée par la Juventus de Zidane. Trois ans plus tard, en 2000, l’AS Monaco allait de nouveau devenir champion de France, avec comme entraîneur Claude Puel, joueur emblématique du club par sa fidélité (601 matches joués). Ce sera le dernier titre de l’ASM, mais on n’omettra pas de signaler qu’en 2004, comme je l’ai évoqué précédemment, l’AS Monaco entraînée par Didier Deschamps, avec des joueurs comme Roma le gardien, Givet, Rodriguez, Evra, Bernardi, Giuly, Rothen et l’ancien joueur du Real Morientes, a fait un parcours extraordinaire en Ligue des Champions en éliminant successivement le Lokomotiv de Moscou, puis le Real Madrid et enfin Chelsea, avant de s’incliner en finale contre le F.C. Porto (3-0). Ce sera le chant du cygne du club de la Principauté, en attendant que celui-ci retrouve tout son lustre…s’il est autorisé à disputer le championnat.

Michel Escatafal